L’activité physique et le sport sont-ils bons à pratiquer lorsqu’on est atteint de polyarthrite rhumatoïde ?

Voici la traduction d’une synthèse d’étude parue en 2009. Elle a été réalisée par la revue Cochrane qui est réputée pour être la revue la plus prestigieuse et la plus fiable puisque les conflits d’intérêts sont scrupuleusement analysés.

Programmes d’exercice physique (entrainement cardio-respiratoire et/ou renforcement musculaire) chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde

Contexte. Il n’existe pas encore de synthèse sur l’ensemble de la littérature portant sur l’efficacité et l’innocuité des prises en charge mettant en place des programmes d’activité physique (avec une intensité, une durée et une fréquence d’effort suffisante pour améliorer les capacités aérobies et/ou musculaire).

 Objectifs. Evaluer l’efficacité et l’innocuité à court-terme ( < de 3 mois) et long-terme ( plus de trois mois) de programmes d’activité physique (entrainement cardio-respiratoire et/ou renforcement musculaire) réalisés à sec ou dans l’eau, chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Pour cela nous avons mis à jour une précédente revue Cochrane (Van den Ende, 1998) et réalisé des catégories en fonction des types d’exercices pratiques dans les programmes.

 Méthode de recherche documentaire.  Une recherche dans la littérature parue jusqu’en décembre 2008 sur de nombreuses bases de données fut réalisée pour recueillir des essais contrôlés randomisés (ECRs).

 Critères de sélection. Les ECRs qui incluaient un programme d’exercice respectant les critères suivants furent retenues : a) exercices réalisés à une fréquence d’au moins deux fois par semaine pendant au moins de 20 minutes ; b) durant au moins 6 semaines ; c) les exercices cardio-respiratoires devaient être réalisés à une intensité où la fréquence cardiaque devait être à au moins 50% de la fréquence cardiaque maximale et/ou les exercices de renforcement musculaire devaient être réalisés de 30 à 50% de la répétition maximale ; et d) devaient être réalisés sous supervision. Les ECRs devaient également inclure au moins un de ces outils de mesure : capacités fonctionnelles, capacités cardio-respiratoires, force musculaire, douleur, score d’activité de la maladie ou examens radiologiques.

 Recueil des données et analyse. Deux groupes d’auteurs indépendants ont sélectionnée les études éligibles, ont noté leur qualité méthodologique et extraits les données. Une analyse qualitative (synthèse ayant le plus fait la preuve de sa fiabilité) fut réalisée ainsi qu’une analyse quantitative des données (sur la taille des effets) lorsque cela était approprié.

 Principaux résultats. Au total, 8 études furent inclues dans cette mise à jour (deux nouvelles etudes). Quatre des huit etudes ont reçu la note d’au moins 8/10 concernant la rigueur de leur méthodologie. Dans cette mise à jour 4 différents types d’exercices furent mis en évidence : (1) des exercices réalisés à sec sollicitant la filière aérobie, dont il existe une preuve modérée de l’effet positif sur les capacités aérobie à court terme (la taille de l’effet étant de 0.98 [IC 95% 0.29 à 1.68] ). (2)  des exercices réalisés à sec sollicitant la filière aérobie et la force musculaire, dont il existe une preuve modérée de l’effet positif sur les capacités aérobie à court terme (taille de l’effet de 0.99 [IC 95% 0.01 à 0.93]. (3) des exercices réalisés dans l’eau sollicitant la filière aérobie dont les preuves sont limitées concernant l’effet positif sur les capacités fonctionnelles et cardio-vasculaires à court terme. (4) des exercices réalisés à sec sollicitant la filière aérobie, dont il existe une preuve modérée de l’effet positif sur les capacités aérobie à long terme dont il existe une preuve modérée d’un effet positif sur le capacités cardio-respiratoires et la force musculaire.

En ce qui concerne l’innocuité, aucun effet indésirable ne fut relevée dans aucune des études.

 Conclusion des auteurs. L’entrainement cardio-respiratoire combiné à du renforcement musculaire est à recommander dans la prise en charge conventionnelle chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde.

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Publié par Nelly Darbois

Kinésithérapeute à domicile à Saint-Alban Leysse et ses environs (Savoie), rédactrice scientifique, journaliste santé.

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