L’essentiel à savoir sur les biothérapies (anti-tnf entre autres) et leur efficacité sur la polyarthrite rhumatoïde

Voici ce que l’on sait de l’efficacité des différentes biothérapies présentes sur le marché à l’heure d’aujourd’hui. Il s’agit de la traduction d’un texte paru en février 2013 sur le site de la revue Cochrane.

Biothérapies pour la polyarthrite rhumatoïde : une synthèse des revues Cochrane.

Publiée en février 2013

Le sommaire de cette revue Cochrane présente ce que l’on sait des recherches sur les effets des biothérapies dans le cadre de la polyarthrite rhumatoïde (PR).
La synthèse montre que chez les patients atteints de PR ;
– abatacept, adalimumab, etanercept, infliximab et rituximab améliorent probablement les signes de la polyarthrite rhumatoïde tels que le nombre d’articulations douleureuses ou enflées et le handicap
– anakinra améliore probablement les signes de la polyarthrite rhumatoïde tels que le nombre d’articulations douloureuses ou enflées et le handicap, mais pas autant que les précédents
Nous n’avons pas d’informations suffisamment fiables concernant les effets secondaires et les complications. Cela est particulièrement vrai pour les effets indésirables rares mais graves. Les effets indésirables éventuels sont des infections graves ou des infections des voies respiratoires supérieures. Les complications rares sont certains types de cancer.

Qu’est ce que la polyarthrite rhumatoïde (PR) et que sont les biothérapies ?
Lorsque vous avez une polyarthrite rhumatoïde, votre système immunitaire, qui combat normalement les infections, s’attaque à la jonction entre vos articulations, ce qui les inflamme. Cette inflammation entraîne la rougeur, le gonflement, la raideur et la douleur de vos articulations. Les petites articulations de vos pieds et de vos mains sont généralement atteintes en premier. Si l’inflammation continue sans être contrôlée par un traitement, cela peut altérer les articulations. Une fois que l’articulation est abimée, elle ne peut pas être réparée, c’est pour cela que le traitement précoce de la polyarthrite rhumatoïde est important.
Les biothérapies sont un ensemble de médicaments qui diminue l’efficacité du système immunitaire et réduit l’inflammation des articulations. C’est parce l’efficacité du système immunitaire est diminuée qu’il est ensuite plus difficile de combattre les infections ; le traitement vise à stabiliser le système immunitaire hyperactif. L’intérêt de réduire l’inflammation est d’éviter les dommages aux articulations.

Voici les principaux bénéfices et risques auxquels sont confrontés les patients souffrant de PR qui suivent une biothérapie :
Ils concernent les patients  « ACR 50 » [50 étant le score au test ACR sur lesquels de nombreux critères sont renseignés : nombre d’articulations atteintes, durée de la raideur matinale, présence du facteur rhumatoïde etc. ; cela signifie que les patients ont eu au moins 50% d’amélioration sur certains de ses paramètres ; pour mieux comprendre, voir cet article]

* Parmi les patients recevant de l’abatacept, 44/100 améliorent les signes de la PR contre 21/100 de ceux recevant un placebo (amélioration de 23%)
* Parmi les patients recevant de l’adalimumab, 49/100 améliorent les signes de la PR contre 21/100 de ceux recevant un placebo (amélioration de 28%)
* Parmi les patients recevant de l’infliximab, 43/100 améliorent les signes de la PR contre 21/100 de ceux recevant un placebo (amélioration de 22%)
* Parmi les patients recevant de l’rituximab, 52/100 améliorent les signes de la PR contre 21/100 de ceux recevant un placebo (amélioration de 31%)

Effets secondaires :
* Parmi les patients recevant de l’adalimumab, 8/100 ont abandonnée l’étude à cause des effets secondaires contre 5/100 de deux recevant un placebo (différence absolue de 3%)
* Parmi les patients recevant de l’anakinra, 9/100 ont abandonnée l’étude à cause des effets secondaires contre 5/100 de deux recevant un placebo (différence absolue de 4%)
* Parmi les patients recevant de l’infliximab, 11/100 ont abandonnée l’étude à cause des effets secondaires contre 5/100 de deux recevant un placebo (différence absolue de 6%)
* Il y eu peu ou pas de différence d’abandon du traitement à cause des effets secondaires entre les patients prenant de l’abatacept, de l’etanercept et du rituximab et ceux prenant un placebo.

Résumé

Contexte. Les biotherapies modificatrices de la maladie et anti-rhumatoïdes (DMARDs) sont très efficaces dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) mais il manque des études permettant de comparer leur efficacité.
Objectifs. Comparer l’efficacité et l’innocuité d’abatacept, d’adalimumab, d’anakinra, d’etanercept, d’infliximab et de rituximab chez les patients atteints de PR.
Principaux résultats. A partir des six revues Cochrane, nous avons recueillis des données de 7 études sur l’abatacept, 8 sur l’adalimumab, 5 sur l’anakinra, 4 sur l’etanercept, 4 sur l’infliximab et 3 sur le rituximab. La méthode de comparaison indirecte montrait une efficacité similaire concernant le critère principal d’efficacité pour toutes les biothérapies avec trois exceptions.

Anakinra était moins efficace qu’etanercept avec un Odds Ratio (IC 95% ; p value) de 0.34 (0.14, 4.75 ; p=0.046) ; et l’adalimumab était plus efficace que l’anakinra, 2.20 (1.01, 4.75 ; P=0.046). En terme d’innocuité, l’adalimumab était plus susceptible de
conduire à des abandons du traitement par rapport à etanercept avec un Odds Ratio de 1.89 (1.18 à 3.04 ; p=0.009) ; anakinra plus fréquemment qu’etanercept, 2.05 (1.27 à 3.29 ; p=0.003) ; et etanercept moins fréquemment qu’infliximab 0.37 (0.19 à 0.70 ; p=0.002).
Conclusions des auteurs. A partir de ces comparaisons, anakinra semble moins efficace qu’etanercept et adalimumab. Etanercept semble être la biothérapie entrainant le moins d’abandon à cause des effets secondaires par rapport à adalimumab, anakinra et infliximab. L’hétérogénéité des populations dans les études étudiées implique ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Ces résultats devraient tout de même éclairer les praticiens et les patients sur leurs choix de traitement contre la polyarthrite rhumatoïde.

Référence :
Singh JA, Christensen R, Wells GA, Suarez-Almazor ME, Buchbinder R, Lopez-Olivo MA, Tanjong Ghogomu E, Tugwell P. Biologics for rheumatoid arthritis: an overview of Cochrane reviews. Cochrane Database of Systematic Reviews 2009, Issue 4. Art. No.: CD007848. DOI: 10.1002/14651858.CD007848.pub2

Dernière mise à jour : 9 février 2009

Lien :
http://summaries.cochrane.org/CD007848/biologics-for-rheumatoid-arthritis-an-overview-of-cochrane-reviews

Publié par Nelly Darbois

Kinésithérapeute à domicile à Saint-Alban Leysse et ses environs (Savoie), rédactrice scientifique, journaliste santé.

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