Phytothérapie et polyarthrite rhumatoïde : efficacité de certaines huiles

Traduction du résumé d’une revue Cochrane parue en 2011 très intéressante, mettant en évidence, entre autre, l’efficacité de certaines huiles contre les symptômes de la PR.

La phytothérapie dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde

Contexte. La phythothérapie a été identifiée comme un traitement potentiellement bénéfique dans le cadre de la polyarthrite rhumatoïde (PR).

 Objectifs. Mettre à jour une précédente revue de littérature (Cochrane) portant sur la phytothérapie dans le cadre de la PR.

 Méthode de recherche. Nous avons recherché dans les bases de données suivantes : la Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL, The Cochrane Library), dans MEDLINE, EMBASE, AMED, CINAHL, Web of Science, des résumés d’études (de 1996 à 2009), quelque soit leur langue, ainsi qu’en octobre 2010 sur la plateforme internationale d’enregistrement des essais cliniques WHO.

 Critères de sélection. Essais contrôlés randomisés comparant l’efficacité de la phytothérapie à un placebo ou à un autre élément de contrôle dans le cadre de la PR.

 Recueil des données et analyse. Deux auteurs ont sélectionné les études respectant les critères d’inclusion, leur ont assigné un risque de biais et en ont extrait les données.

 Principaux résultats. Douze nouvelles études furent rajoutées à la version précédente, ce qui fait que 22 études sont inclues au total.

Les résultats de sept études indiquent un potentiel effet bénéfique de l’acide gamma-linolénique (AGL) contenue dans l’huile d’onagre, dans l’huile de graine de bourrache et dans l’huile de pépins de cassis sur la réduction de la douleur (différence moyenne (DM) -32.83 points, intervalle de confiance (IC) de 95% -56.25 à -9.42 sur une échelle de 0 à 100) ; améliore le handicape (DM -15.75% IC 95% -27.06 à 4.44%) ; ainsi qu’une augmentation des effets indésirables (AGL 20% versus placebo 3%), ce qui n’était pas statistiquement significatif (risque relatif de 4.24, IC 95% de 0.78 à 22.99).

Trois études ont comparé l’efficacité de Tripterygium wilfordii (Lei gong teng [plante vivace, une sorte de vigne, originaire de Chine, du Japon et de Corée]) à un placebo et une à la sulfasalazine et ont indiqué une amélioration de certains paramètres, mais les données n’ont pas pu être comparé en raison de l’hétérogénéité des interventions et des résultats. Une étude a reporté de graves effets indésirables de la prise de Tripterygium wilfordii Hook F par voie orale. Dans toutes les études, les effets indésirables étaient faibles à modérés et ont disparu après arrêt du traitement.

Deux études ont comparé la prise de Phytodolor® à la prise d’un placebo mais les données sont très pauvres pour pouvoir être analysées.

Les autres études concernaient d’autres essais à base de différentes plantes.

 Conclusion des auteurs. Il existe de nombreuses propositions de traitements phytothérapiques dans le cadre de la polyarthrite rhumatoïde mais encore peu de preuves de leur efficacité étant donné la faiblesse des études. Il y a une preuve modérée concernant l’efficacité de l’AGL contenue dans certaines huiles (comme les huiles d’onagre, de graine de bourrache et d’huile de pépins de cassis) concernant des bénéfices sur certains symptômes de la PR, mais aucune preuve concernant l’efficacité de Phytodolor®. Les produits à base de Tripterygium wilfordii pourraient réduire certains symptômes, bien que la consommation par voie orale de ce produit est associée à de graves effets indésirables.De nombreuses autres études existent concernant les traitements phytothérapiques mais sont entachées de nombreux biais. De nouvelles recherches dans le domaine sont nécessaires, notamment par le biais d’essais cliniques bien conçus utilisant critères de suivi défini par le Collège Américain de Rhumatologie (ACR) et suivant les recommandations CONSORT concernant la méthodologie des essais et l’analyse des résultats.

Un autre article tire de cette revue décrit plus spécifiquement les effets de la prise d’AGL sur la douleur et la fonction.

 Concernant la douleur :

les personnes qui prennent des huiles d’onagre, de graine de bourrache et de pépins de cassis (dont la substance active est l’acide gamma-linolénique (AGL)) diminuent leur score douloureux de 33 points (elles le diminuent de 9 à 56 points) sur une échelle de 0 à 100 après 6 mois de traitement (33% d’amélioration en valeur absolue) ;

les personnes qui prennent un placebo diminuent leur score douloureux de 19 points après le traitement.

 Concernant les capacités fonctionnelles :

les personnes qui prennent de l’AGL améliorent leur capacité fonctionnelle de 16% ;

les personnes qui prennent un placebo l’améliorent de 5%.

Autre résumé disponible directement sur le site Cochrane, en français, contenant certaines informations plus complètes :  http://summaries.cochrane.org/fr/CD002948/phytotherapie-contre-la-polyarthrite-rhumatoide

Arthrose et CBD

Publié par Nelly Darbois

Kinésithérapeute à domicile à Saint-Alban Leysse et ses environs (Savoie), rédactrice scientifique, journaliste santé.

Un avis sur « Phytothérapie et polyarthrite rhumatoïde : efficacité de certaines huiles »

  1. Merci pour cet article qui met bien en valeur de façon précise et scientifique les effets de la phytothérapie sur la polyarthrite rhumatoïde. Votre approche donne du crédit aux traitements naturels car vous mettez bien en valeur l’effet supérieur des plantes par rapport à l’effet Placebo.
    Il y a cependant d’autres approches naturelles qui peuvent fonctionner sur ce problème. Voici des éléments à ce propos sur cet article :
    https://www.alternativesante.fr/articulations/les-traitements-naturels-meilleurs-que-les-traitements-officiels

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