Vous sentez une petite boule derrière votre genou, surtout lorsque vous tendez la jambe ? Il peut s’agir d’un kyste poplité, aussi appelé kyste de Baker.
Il est souvent associé à une arthrose, une lésion du ménisque ou une autre irritation du genou.
Dans la majorité des cas, il ne nécessite pas de traitement particulier. Mais lorsqu’il devient douloureux, gêne la marche ou provoque un gonflement du mollet, voici ce qu’il est possible de faire.
Rédigé par Nelly Darbois, ex kiné et rédactrice scientifique.
Sommaire
Qu’est-ce qu’un kyste poplité ?
Un kyste poplité est une poche remplie de liquide située derrière le genou, dans ce qu’on appelle le creux poplité. Il se forme généralement à partir de liquide synovial provenant de l’articulation du genou.
Imaginez une petite poche qui se remplit progressivement parce que le genou produit ou fait circuler davantage de liquide. Elle peut rester très discrète, ou au contraire devenir suffisamment volumineuse pour donner une sensation de tension derrière le genou.
Vous pouvez par exemple remarquer une petite masse lorsque vous êtes debout, jambe tendue, qui devient beaucoup moins visible lorsque vous pliez le genou. C’est un signe classique du kyste poplité.
Certaines personnes ne ressentent absolument rien : le kyste est alors découvert par hasard lors d’une échographie ou d’une IRM (et ce n’est pas grave).

Kyste poplité et arthrose : pourquoi sont-ils souvent associés ?
Chez l’adulte, un kyste poplité apparaît souvent dans un genou qui présente déjà un problème.
L’arthrose du genou est l’une des situations fréquemment associées au kyste de Baker. Une lésion du ménisque, un traumatisme ou certaines maladies inflammatoires du genou peuvent également être en cause.
Dans une étude portant sur 130 personnes ayant une arthrose du genou, 33 avaient également un kyste de Baker. Ces patients présentaient davantage de symptômes au départ que ceux ayant une arthrose sans kyste.
Après traitement conservateur (cela veut dire, tout sauf la chirurgie), les symptômes s’amélioraient à trois mois dans les deux groupes. À six mois, l’amélioration était toutefois moins bonne chez les personnes ayant un kyste associé à leur arthrose (Abate, 2021).
Cela explique pourquoi, en cas de kyste poplité associé à une arthrose, la prise en charge ne consiste pas forcément à s’occuper uniquement de la poche située derrière le genou.
Kyste poplité : quel traitement ?
Si votre kyste poplité ne vous gêne pas, il n’est généralement pas nécessaire de le traiter. Une surveillance peut suffire.
S’il est douloureux ou vous gêne au quotidien, plusieurs possibilités existent :
- adapter temporairement vos activités ;
- traiter la douleur et l’inflammation lorsque cela est indiqué ;
- faire des séances de kiné, pour être supervisé notamment dans l’adaptation de votre activité ;
- réaliser une ponction ;
- traiter le problème du genou à l’origine du kyste.
La chirurgie est beaucoup plus rarement recommandée. Elle peut notamment être envisagée lorsque les symptômes persistent malgré les traitements conservateurs ou lorsqu’une lésion du genou doit elle-même être traitée.
Le point important est donc de ne pas considérer le kyste comme un problème complètement indépendant. Lorsqu’une affection du genou entretient l’accumulation de liquide, son traitement peut contribuer à limiter l’augmentation du kyste.
Kyste poplité : repos ou pas ?
Vous avez un kyste poplité et vous vous demandez s’il faut arrêter complètement de bouger ?
Pas forcément.
Le repos complet est très, très rarement nécessaire. En revanche, si une activité déclenche clairement votre douleur ou augmente le gonflement, il est logique de la réduire temporairement.
Par exemple, si vous pouvez marcher 30 minutes sans problème mais qu’une heure de randonnée fait nettement gonfler votre genou et provoque une douleur derrière celui-ci, vous pouvez réduire momentanément la durée de vos sorties.
L’objectif est plutôt de moduler votre activité en fonction de vos symptômes que de mettre systématiquement la jambe au repos. La modification des activités fait partie des traitements non chirurgicaux proposés en cas de kyste génant.
Dans une étude portant sur des personnes ayant une arthrose et un kyste de Baker, les recommandations après les traitements comprenaient notamment :
- une restriction temporaire de l’utilisation de la jambe,
- puis la reprise d’activités légères comme la piscine ou le vélo,
- avant un retour progressif aux activités sportives (Abate, 2021).
Peut-on marcher avec un kyste poplité ?
Oui. Avoir un kyste poplité ne signifie pas qu’il faut arrêter de marcher.
C’est seulement si la marche provoque une douleur importante ou une augmentation nette du gonflement qu’il faut réduire la durée ou l’intensité, et la ré-augmenter progressivement.
Le kyste peut devenir plus douloureux lorsque l’activité augmente et parfois limiter la flexion ou l’extension complète du genou.

Kyste poplité et vélo : faut-il arrêter ?
Si vous pouvez pédaler sans douleur importante et sans aggravation durable de vos symptômes, vous n’avez pas besoin d’arrêter. Les mouvements du vélo entretiennent la mobilité de votre genou et votre musculature, ce qui est une bonne chose.
À l’inverse, si chaque séance provoque une augmentation importante de la douleur ou du gonflement derrière le genou, réduisez temporairement la durée ou l’intensité.
Par exemple, vous pouvez tolérer 20 minutes de vélo tranquille mais pas une sortie d’une heure avec des côtes. Dans ce cas, il n’est pas forcément nécessaire de supprimer complètement le vélo : vous pouvez simplement ne pas dépasser 20-30minutes de vélo, et limiter les côtes.
Dans l’étude d’Abate et ses collègues, les patients étaient autorisés à reprendre des activités légères, notamment le vélo ou la piscine, puis à augmenter progressivement leurs activités (Abate, 2021).
Comment faire dégonfler un kyste poplité ?
Il n’existe pas de méthode permettant de faire dégonfler rapidement et à coup sûr tous les kystes poplités.
La première question est de savoir pourquoi le kyste s’est formé. S’il existe une arthrose, une lésion méniscale ou une inflammation du genou, cette affection peut continuer à favoriser l’accumulation de liquide.
Le traitement peut alors associer adaptation des activités, traitement de la douleur, rééducation et, dans certaines situations, ponction ou injection.
Kyste poplité et bas de contention : est-ce utile ?
Un bas de contention ne fait pas disparaître un kyste poplité.
Il peut être utilisé dans certaines situations où la jambe est gonflée, mais il ne traite ni la poche elle-même ni la cause du kyste.
Par contre, cela peut parfois soulager lorsqu’on porte le bas.
Combien de temps dure un kyste poplité ?
On dispose notamment de données chez des personnes ayant une arthrose du genou et ayant bénéficié d’une prothèse totale du genou. Dans cette étude, 85,3 % des kystes étaient encore présents environ un an après l’intervention. À près de cinq ans, 33 % étaient toujours visibles : la majorité avait donc disparu au cours de cette période (Hommel, 2020).
La taille initiale du kyste semblait également avoir une influence : les kystes plus petits avaient davantage de chances de disparaître que les plus gros (Hommel, 2020).
Attention toutefois à ne pas en tirer une durée « normale » de cinq ans : cette étude concernait des personnes ayant subi une prothèse totale du genou pour arthrose. Elle ne permet pas de prédire combien de temps votre propre kyste va durer.
Je n’ai pas identifié d’études donnant des chiffres sur l’évolution chez une personne « lambda ». Et c’est d’ailleurs compréhensible, car beaucoup de personnes « lamba » ayant un kyste ne vont pas forcément consulter.
Mon expérience me laisse penser qu’il est fréquent que la gène liée à un kyste dure seulement quelques semaines, tout au plus quelques mois.
Peut-on ponctionner un kyste poplité ?
Oui, une ponction du kyste poplité peut être proposée dans certaines situations.
À l’aide d’une aiguille, le professionnel de santé retire une partie du liquide contenu dans la poche. La ponction peut être réalisée sous guidage échographique, notamment lorsque l’anatomie ou la localisation du kyste le justifie.
Une injection peut également être associée dans certaines situations.
Mais attention : ponctionner le kyste ne garantit pas qu’il ne reviendra pas.
Si l’articulation continue à produire et à faire circuler beaucoup de liquide, le kyste peut se remplir à nouveau. Les récidives sont notamment plus fréquentes chez les personnes plus âgées et lorsque le kyste est associé à des lésions dégénératives du ménisque.
Dans l’étude d’Abate, les traitements utilisés chez les personnes ayant une arthrose et un kyste de Baker comprenaient notamment le retrait du liquide du kyste et, selon les situations, des injections d’acide hyaluronique ou de corticoïdes (Abate, 2021).
La ponction est donc une option parmi d’autres, et non une solution systématique.
Kyste poplité rompu : comment le reconnaître ?
Un kyste poplité peut exceptionnellement se rompre.
Vous pouvez alors avoir l’impression que quelque chose s’est brusquement produit derrière le genou :
- douleur soudaine,
- gonflement du mollet,
- rougeur ou sensation de liquide qui descend dans la jambe.
Le problème est que ces symptômes ressemblent beaucoup à ceux d’une thrombose veineuse profonde (plus souvent appelée phlébite).
Une revue publiée en 2026 décrit justement la rupture du kyste de Baker comme une situation pouvant être confondue avec une thrombose veineuse profonde. Les auteurs indiquent que l’échographie Doppler constitue l’examen de première intention, notamment pour rechercher une thrombose. La plupart des cas évoluent favorablement avec un traitement conservateur (Zmerly, 2026).
Un mollet qui devient brutalement douloureux et gonflé doit donc être évalué médicalement, plutôt que d’être automatiquement attribué à la rupture d’un kyste déjà connu.
La rupture est généralement prise en charge de manière conservatrice (sans chirurgie). Dans les situations persistantes ou récidivantes,
- une aspiration,
- une injection,
- ou d’autres traitements peuvent être envisagés.
Une intervention chirurgicale est réservée à certaines situations particulières (Zmerly, 2026).
Combien de temps d’arrêt de travail pour un kyste poplité ?
La durée d’un éventuel arrêt est donc décidée individuellement par le médecin, en fonction de votre état et de votre activité professionnelle, et pas de la maladie et du symptôme. C’est valable pour les kystes poplités comme pour n’importe qu’elle pathologie.
Il n’existe aucune durée prédéfinie d’arrêt de travail pour un kyste poplité.
Un même kyste peut être compatible avec le travail pour une personne et très handicapant pour une autre.
Prenons deux exemples :
- vous travaillez principalement assis et votre kyste provoque seulement une petite gêne : aucun arrêt n’est forcément nécessaire ;
- vous travaillez sur un chantier, restez debout plusieurs heures, montez des escaliers et devez porter des charges : une douleur importante au genou peut rendre temporairement votre travail impossible.
📚 SOURCES
- Abate M, 2021. Baker’s Cyst with Knee Osteoarthritis: Clinical and Therapeutic Implications. Article complet sur PubMed Central
- Hommel H, 2020. The fate of Baker’s cysts at mid-term follow-up after total knee arthroplasty. Article sur PubMed
- Zmerly H, 2026. Ruptured Baker’s Cyst Demystified: Current Evidence, Diagnostic Strategies, and Treatment Options for an Under-Recognized Condition. Article complet sur PubMed Central

Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
