Bas de contention : dangereux dans quel cas ?

bas de contention dangereux

Vous souhaitez savoir dans quel cas les bas de contention sont dangereux à porter ? Est-ce qu’il existe des modèles plus dangereux que d’autres ?

Mes réponses de kiné, basées sur mes recherche dans les études scientifiques qui suivent des personnes portant des bas de contention le jour ou la nuit.

♻️ Dernière mise à jour : janvier 2024.
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Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique

Comment savoir si les bas de contention sont dangereux ?

Les bas de contention sont utilisés depuis plusieurs décennies. Ils sont souvent prescrits par des médecins, kinés ou autres professionnel(le)s de santé.

Il y a 2 manières de conclure que les bas de contention peuvent être dangereux ou non :

  • soit en réfléchissant de manière théorique, par rapport à l’effet mécanique supposé de la compression sur la circulation sanguine et le corps en général ;
  • soit en regardant comme vont les gens qui en portent par rapport à ceux qui n’en portent pas. Et en observant les effets indésirables plus fréquents chez celles et ceux qui en portent.

Dans quels cas mettre des bas de contention est dangereux ?

Voici la liste des 6 contre-indications au port de bas de contention : les situations où l’on estime que les risques d’effets secondaires liés au pas dépassent les bénéfices qu’on peut en tirer.

  1. Maladie artérielle périphérique soupçonnée ou avérée, y compris des antécédents de pontage artériel périphérique. Notamment l’arthériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), car la pression exercée est jugée comme pouvant aggraver l’insuffisance artérielle cutanée.
  2. Neuropathie périphérique sévère (comme la neuropathie diabétique) ou autre cause de déficience sensorielle
  3. Allergie au matériau des bas
  4. Gonflement massif de la jambe ou œdème pulmonaire dû à une insuffisance cardiaque congestive.
  5. Problèmes au niveau de la peau ou des tissus mous, y compris greffe de peau récente, peau fragile de type ” papier de soie “, gangrène, dermatite suintante et cellulite grave.
  6. Déformation extrême de la jambe, ou forme ou taille inhabituelle de la jambe empêchant un ajustement correct.

Si vous n’êtes pas dans un de ces 6 cas de figure, mettre des bas de contention (y compris la nuit) n’est probablement pas dangereux pour vous.

Si en les portant vous observez des choses désagréables (irritation de la peau, sensation désagréable d’être comprimé), les enlever permettra de rapidement mettre fin à ce problème.

Vous pourrez aussi envisager d’en porter de nouveaux d’une autre taille (plus grand), moins compressifs, ou encore dans une autre matière.

Source : Lim 2014

situations où il est dangereux de porter des bas de contention

À quel danger on s’expose si on met des bas de contention alors que c’est contre-indiqué ?

Les effets secondaires liés au port des bas de contention dépendent de votre état de santé de départ.

Voici quelques réactions qu’on a observé chez certaines personnes qui ont mis des bas alors qu’elles avaient des contre-indication au port des bas. Ces effets secondaires restent tout de même relativement rares.

  • Aggravation de l’ischémie : encore moins bonne circulation du sang dans des artères dans lesquelles le sang circulait déjà mal
  • Irritation ou décoloration de la peau et formation d’ampoules : chez les personnes allergiques au matériau des bas
  • Lésions cutanées liées au port de bas trop serrés : si vous avez une neuropathie, vous risquez de ne pas sentir si les bas vous compressent trop, car vous avez une moins bonne sensibilité.

Source : Lim 2014

Est-ce que certains types de bas de contention sont plus dangereux ?

En France, il existe des normes de qualité pour la fabrication et la commercialisation des bas de contention. C’est la norme Afnor G30 102B.

Cette norme permet de quantifier si les bas compriment beaucoup ou non. La compression est mesurée au niveau de la cheville et elle est exprimée au choix :

  • en hecto Pascal (hPa) ;
  • en millimètres de mercure (mmHg) (1,33 mmHg = 1 hPa).

Sachant que 1,33 mmHg = 1 hPa.

On parle ainsi de bas de contention de classe 1, 2, 3 ou 4, selon la compression. Les bas de classe 2 étant les plus fréquents.

Plus votre bas de contention est compressif (donc plutôt classe 3 ou 4), plus il est susceptible qu’il vous comprime trop et qu’il soit source d’effets secondaires désagréables, sans pour autant dire qu’ils sont « dangereux ».

Vous pouvez aussi faire attention à la matière de vos bas de contention : certains sont plus chaud ou rugueux que d’autres, et peuvent donc être plus désagérables à porter ou générer plus de réactions cutanées.

Source : Wollina 2006

Que faire si on les bas de contention sont contre-indiqués dans votre cas ?

Si vous pensez avoir besoin de bas de contention mais que vous avez une contre-indication à les porter, vous pouvez en discuter avec votre médecin traitant ou spécialiste.

En fonction de votre état de santé, des alternatives sont possibles :

  • porter des bandes de compression élastiques ;
  • utiliser des bandages multicouches, souvent posés par du personnel infirmier ;
  • porter des bas de contention sous surveillance.

Voir aussi : que faire en cas de chevilles gonflées ?

***

Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !

Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES

 Lim CS, Davies AH. Graduated compression stockings. CMAJ. 2014 Jul 8;186(10):E391-8. doi: 10.1503/cmaj.131281. Epub 2014 Mar 3. PMID: 24591279; PMCID: PMC4081237.

Contre-indication en cas de pathologie veineuse, ici.

Wollina U, Abdel-Naser MB, Verma S. Skin physiology and textiles – consideration of basic interactions. Curr Probl Dermatol. 2006;33:1-16. doi: 10.1159/000093926. PMID: 16766877.

CLOTS Trials Collaboration; Dennis M, Sandercock PA, Reid J, Graham C, Murray G, Venables G, Rudd A, Bowler G. Effectiveness of thigh-length graduated compression stockings to reduce the risk of deep vein thrombosis after stroke (CLOTS trial 1): a multicentre, randomised controlled trial. Lancet. 2009 Jun 6;373(9679):1958-65. doi: 10.1016/S0140-6736(09)60941-7. Epub 2009 May 26. PMID: 19477503; PMCID: PMC2692021.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

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