Névralgie d’Arnold : que disent vraiment les études sur les bienfaits des traitements ?

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La névralgie d’Arnold est une pathologie qui a été beaucoup traité sur le web francophone ces dernières années.

Cependant, je n’ai pas réussit à mettre la main sur un article ou une vidéo s’appuyant sur les données scientifiques récentes à ce sujet, notamment concernant l’efficacité des différentes prises en charge, kiné ou non.

Cet article est là pour y remédier 🙂 !

♻️ Dernière mise à jour : 24 juin 2024.
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Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique

C’est quoi une névralgie d’Arnold ?

La névralgie d’Arnold se manifeste par une très forte douleur derrière la tête, vers le bas. Associée à des troubles de la sensibilité notamment au toucher dans cette zone.

En général la crise douloureuse dure seulement quelques secondes ou quelques minutes. Elle peut irradier devant la tête et devenir plus chronique.

Pourquoi on l’appelle comme ça ?

Car la douleur est localisée sur le territoire d’un nerf appelé nerf d’Arnold, du nom du chirugien qui l’a découvert au 19ème siècle. En anglais, on parle plutôt de névralgie occipitale, car ce nerf est situé dans la région occipitale, vers l’occiput, l’os du crâne en haut de la colonne vertébrale.

La moyenne d’âge des gens touchés est de 50 ans. Et c’est la cause du 8 douleurs du visage sur 100. [Source : Djavaherian 2023]

Schéma montrant où la douleur est souvent ressentie. Source : Ha SW, Choi JG, Son BC. Occipital Neuralgia from C2 Cavernous Malformation. Asian J Neurosurg. 2018 Apr-Jun;13(2):442-445. doi: 10.4103/1793-5482.181131. PMID: 29682056; PMCID: PMC5898127.

À quoi cela est dû ?

Il y a plusieurs hypothèses retenues pour expliquer potentiellement ces douleurs.

Le nerf d’Arnold est assez large et il peut donc être assez facilement comprimé, ce qui peut entraîner ces douleurs. Ce qui peut le comprimer :

  • une hypertophie musculaire ;
  • des spasmes ou tensions musculaires. D’où le fait qu’on associe souvent au stress et à l’anxiété ce syndrome ;
  • des traumatismes au niveau du crâne ou de la colonne vertébrale ;
  • une malformation d’Arnold-Chiari ou des malformations artérioveineuses.

[Source : Djavaherian 2023]

Comment être sûr que c’est bien ça ?

Comme pour n’importe quelle pathologie, quand vous consultez pour ce problème, votre médecin ou kiné fait un diagnostic différentiel : il ou elle élimine d’autres pathologies qui pourraient entraîner des symptômes similaires pour finalement retenir le diagnostic de n’évralgie d’Arnold.

Votre médecin va aussi essayer de déterminer la cause à l’origine, même si c’est plus difficile.

En général, un simple examen clinique et interrogatoire suffit. En cas de doute, votre professionnel de santé prescrit parfois des examens complémentaires pour éliminer d’autres pathologies qui pourraient donner des symptômes similaires et nécessiter une prise en charge spécifique.

Dans 2/3 des cas, la douleur est présente d’un seul côté.

D’autres pathologies présentant des symptomes similaires : migraine, céphalée en grappe, céphalée de tension, hémicranie continue, cervicalgie non spécifique.

Certaines équipes de recherche suggèrent de confirmer le diagnostic en recourant aux blocs nerveux : injecter un produit anesthésiant près du passage du nerf pour voir si la douleur est soulagée.

[Source : Djavaherian 2023]

Est-ce qu’on peut en guérir sans rien faire ?

Nous ne disposons pas de données de qualité montrant l’évolution de ce syndrome avec ou sans traitement. Notamment car certaines personnes ne consultent pas forcément pour ce problème.

Mon expérience m’a déjà emmené à rencontré des personnes qui ont eu une seule crise de ce type dans leur vie (du moins, au moment où je les ai rencontré 🙂). Crise qui a pu passer sans traitement spécifique.

Donc oui, a priori, la névralgie peut évoluer favoralement et les douleurs disparaître totalement sans traitement spécifique.

Quels sont les traitements suggérés ?

Plusieurs prises en charge différentes peuvent être proposées.

🟦 Laisser faire le temps sans intervention particulière, simplement en vous rassurant.

La douleur peut finir par passer toute seule.

🟦 Instaurer un traitement conservateur : immobilisation du cou avec un collier cervical, séances de kiné, application de chaud ou de froid.

Il n’y a pas d’essai clinique de qualité permettant d’étayer l’efficacité et les effets secondaires associés à ces pratiques.

🟦 Prendre des médicaments : anti-inflammatoires non stéroïdiens, antidépresseurs tricycliques, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, anticonvulsivants.

Là encore, il y a peu d’essais clinique de qualité comparant les effets de ces médicaments comparativement les uns aux autres ou par rapport à un placebo.

Enfin, il existe des gestes un peu plus invasifs. Pour chacun, il existe des études cliniques rarement répliquées et conduites sur un petit nombre de personnes (une dizaine ou à peine plus), sans forcément que ces techniques soient comparées à l’évolution naturelle.

Des effets secondaires potentiels sont aussi décrits.

🟦 Injections d’anesthésiques locaux avec un stéroïde, guidées par échographie.

🟦 Injections de toxine botulique de type A.

Décrite comme ayant moins d’effets secondaires potentiels que les autres techniques.

🟦 Destruction du nerf par radiofréquence thermique (cryoneurolyse).

Effets secondaires potentiels décrits :

  • troubles sensitifs ;
  • formation de névrome douloureux ;
  • à des températures inférieures à -70 degrés Celsius, une blessure nerveuse est possible.

🟦 Destruction du nerf par neurolyse chimique à l’alcool ou au phénol.

Effets secondaires potentiels décrits :

  • troubles sensitifs ;
  • formation de névrome douloureux.

🟦 Neuromodulation des nerfs occipitaux à l’aide de stimulateurs nerveux provisoires plus implantés.

Effets secondaires potentiels décrits :

  • infection du site chirurgical ;
  • déplacement ou fracture des électrodes ou du générateur après l’opération.

🟦 En dernier recours : décompression chirurgicale du nerf.

Effets secondaires potentiels décrits :

  • nausées intermittentes et vertiges ;
  • risque théorique de développer un syndrome de désafférentation.

Une étude non repliquée incluant 111 patient(e)s a traité :

  • 78 personnes par dénervation via radiofréquence ;
  • 37 par injection de toxine botulique ;
  • 5 par implantation d’un système de stimulation nerveuse dans 5 cas.

Les résultats montrent que la dénaturation par radiofréquence a produit 89,4 % de bons et très bons résultats au-delà de 6 mois, comparé à 80 % pour la toxine botulique et 80 % pour la stimulation nerveuse, avec deux complications graves observées après la dénaturation par radiofréquence : 1 décès et une hémiplégie permanente.

Source : Finiels 2016

La kinésithérapie et les exercices sont-ils utiles ?

Des séances de kiné sont parfois prescrites pour une névralgie. Après un temps de bilan, votre kiné pourra vous aider à identifier les situations qui déclenchent ou soulagent la douleur.

Il ou elle pourra également vous proposer des installations, des exercices qui permettent de soulager au moins transitoirement la douleur.

Il n’y a pas forcément d’exercice-type : cela dépend vraiment de votre état à l’instant t et de comment vous répondez ou non aux éventuelles manipulations, posutres ou exercices.

Il n’y a pas de preuve forte ou modérée dans la littérature académique pour étayer la pertinence des séances de kiné, d’ostéopathie, de chiropractie, des exercices ou d’un autre thérapie de thérapie manuelle.

***

Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !

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📚 SOURCES

Djavaherian DM, Guthmiller KB. Occipital Neuralgia. [Updated 2023 Mar 6]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK538281/

Finiels PJ, Batifol D. The treatment of occipital neuralgia: Review of 111 cases. Neurochirurgie. 2016 Oct;62(5):233-240. doi: 10.1016/j.neuchi.2016.04.004. Epub 2016 Aug 18. PMID: 27546882.

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Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

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