Entrepreneuriat – 21 faits pour y voir plus clair

entrepreneuriat succès et échecs les faits

Je viens de terminer un livre qui s’appuie sur les données empiriques pour décrire et expliquer ce qui conduit aux succès et aux échecs dans l’entrepreneuriat. Je pense que son contenu peut intéresser toutes les personnes qui :

  • s’interrogent sur la pertinence ou non de lancer leur propre entreprise ;
  • souhaitent se mettre à leur compte, mais étudient un peu le sujet en amont pour maximiser les chances de succès de leur projet ;
  • lancent leur propre entreprise et rencontrent des difficultés ;
  • renoncent à leur projet entrepreneurial face aux difficultés rencontrées ;
  • s’interrogent à titre de curiosité sur ce qu’on sait sur le succès, les échecs et l’intérêt économique de la création de nouvelles entreprises.

Dans cet article, je récapitule tout ce qui m’a le plus marqué ! Et qui je pense vous sera utile si vous vous reconnaissez dans un des profils types susceptible d’être intéressé par le livre.

Sommaire

  • Présentation du livre
  • Les faits
    • Milieu rural
    • Secteur d’activité
    • Profil-type de l’entrepreneur ou l’entrepreneuse
    • Les jeunes
    • Profil-type de la start-up
    • Les femmes
    • Politiques publiques

Le livre sur les données empiriques autour de l’entrepreunariat

Il s’agit de The Illusions of Entrepreneurship – The Costly Myths The Entrepreneurs, Investors and Policy Makers Live. Publié chez Yale University Press, en anglais.

L’auteur s’appuie sur de nombreuses études transversales menées dans différents pays du monde 🇫🇷 🇺🇸 🇪🇸 🇧🇷 🇨🇲 🇯🇵.

Principalement aux États-Unis certes, mais il tente autant que possible de s’appuyer sur des données provenant d’autres pays pour vérifier le caractère plus ou moins universel de ses affirmations.

couverture du livre sur les informations factuelles sur l'entrepreneuriat
La couverture du livre

Voici les faits les plus intéressants et pertinents selon moi que j’ai retenu. Et qui bousculent parfois nos a priori initiaux sur le sujet 😁!

Les faits et données sur l’entrepreneuriat

J’ai essayé de catégoriser un peu les différentes informations dans des thématiques qui font souvent l’objet de questionnements spécifiques.

Entrepreneuriat en milieu rural

🟢 Les États-Unis ne sont pas l’un des pays où l’on entreprend le plus. Les gens sont plus susceptibles de créer des entreprises dans des endroits plus pauvres et plus agricoles que dans des endroits plus riches et plus dépendants de la fabrication.

Choix du secteur d’activité

🟢 La plupart des entrepreneurs et entrepreneuses ne choisissent pas les secteurs les plus rentables, mais plutôt ceux qui présentent les taux d’échec les plus élevés.

🟢 Les entrepreneurs ne choisissent pas leurs secteurs d’activité parce qu’ils sont propices à la création d’entreprises, mais plutôt parce qu’ils les connaissent et qu’il est facile d’y créer des entreprises.

Profil-type de l’entrepreneur ou l’entrepreneuse

🟢 L’entrepreneur type n’est pas un magnat de la Silicon Valley, mais plutôt un homme blanc, marié et dans la quarantaine, qui a créé son entreprise parce qu’il ne voulait pas travailler pour quelqu’un d’autre et qui essaie simplement de gagner sa vie.

🟢 Les facteurs psychologiques expliquent très peu la différence entre les entrepreneurs et les autres personnes, beaucoup moins que les facteurs démographiques comme l’âge, la race et le sexe.

🟢 Réfléchir aux opportunités commerciales n’est pas quelque chose que beaucoup d’entrepreneurs font ; il y a plus de gens qui créent des entreprises avant d’avoir identifié une idée commerciale que l’inverse.

L’entrepreneuriat des jeunes

🟢 L’esprit d’entreprise n’est pas l’apanage des jeunes ; les personnes d’âge moyen sont plus susceptibles que quiconque d’être entrepreneurs.

Profil-type d’une startup

🟢 Contrairement aux représentations de la plupart des gens, la start-up typique est une entreprise à domicile très ordinaire, pas très innovante, qui démarre et reste minuscule.

🟢 Les équipes d’entrepreneurs sont très rares ; l’entreprise typique est lancée par une personne seule ; et lorsque plus d’une personne participe à la création d’une entreprise, ce sont généralement deux conjoints qui travaillent ensemble.

🟢 La plupart des start-ups ne réussissent pas ; l’entrepreneur type crée une entreprise qui disparaît dans les cinq ans et considère que les efforts qu’il a déployés pour créer cette société ont échoué.

L’entrepreneuriat des femmes

🟢 Le manque d’accès à l’argent et aux opportunités commerciales, la faiblesse du capital humain et le manque de désir d’autonomie n’expliquent pas pourquoi les femmes sont moins susceptibles que les hommes de créer une entreprise ; en revanche, un intérêt moindre pour la gestion de leur propre entreprise l’explique.

🟢 Les femmes sont tellement moins susceptibles que les hommes de créer des entreprises que le sexe est l’un des meilleurs indicateurs dont nous disposons pour déterminer qui est un entrepreneur et qui ne l’est pas.

🟢 Par rapport aux start-ups dirigées par des hommes, les nouvelles entreprises dirigées par des femmes ont un chiffre d’affaires plus faible, moins d’employés, moins de productivité, moins de bénéfices et un taux de survie plus faible.

🟢 Les performances moindres des nouvelles entreprises dirigées par des femmes dépendent en grande partie des objectifs financiers moins élevés des femmes entrepreneurs. (Et ce n’est pas mal en soi !)

Entrepreneuriat et politiques publiques

🟢 Encourager la création d’entreprises est une mauvaise politique publique parce que nous n’avons aucune preuve que les gens créent trop peu ou les mauvaises entreprises en l’absence d’intervention gouvernementale, et beaucoup de preuves que ces politiques conduisent les gens à créer des entreprises marginales qui sont susceptibles d’échouer, d’avoir un faible impact économique et de générer peu d’emplois.

🟢 Nos politiques publiques en faveur de l’esprit d’entreprise – les paiements de transfert, les prêts, les subventions, les réductions d’impôts, les exemptions de réglementation et les lois sur la faillite – fonctionnent ; elles augmentent le nombre de start-ups (aux États-Unis, mais ce raisonnement est valable je pense pour la France).

🟢 Nous n’avons aucune preuve que la création de nouvelles entreprises entraîne la croissance économique ; au contraire, la croissance économique incite probablement les gens à créer des entreprises.

🟢 Investir un dollar ou une heure de temps dans la création d’une nouvelle entreprise moyenne est une plus mauvaise utilisation des ressources que d’investir les mêmes ressources dans l’expansion d’une entreprise existante moyenne.

🟢 Toute la croissance de l’emploi créée par une cohorte donnée de nouvelles entreprises se produit au cours de sa première année ; chaque année suivante, la cohorte perd plus d’emplois par la faillite d’une entreprise qu’elle n’en crée par son expansion.

🟢 Les emplois dans les jeunes entreprises sont moins bien rémunérés, offrent moins d’avantages et sont plus susceptibles de disparaître au fil du temps que les emplois dans les entreprises existantes.

Il y a d’autres pépites dans ce bouquin, qui date de 2005, mais dont les propos sur l’entrepreneuriat ont toutes les raisons d’être toujours d’actualité. J’espère ne pas être la seule à avoir entretenu sur le sujet autant d’idées reçues 🙂 !

Vous avez aimé cet article, vous souhaitez être tenu au courant des nouveaux articles dédiés aux kinés paraissant sur ce blog ? Laissez votre mail ci-dessous, vous recevrez un mail à chaque nouvelle publication 👇.

Mes autres articles sur des sujets similaires :

Publié par Nelly Darbois

J'aime écrire des articles qui répondent aux questions des internautes en me basant sur mon expérience et des recherches approfondies dans la littérature scientifique internationale. J'habite en Savoie 🌄❄️ où je travaille comme kiné et créatrice de contenu pour des revues scientifiques et des sites web.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :