Des vidéos et des articles sur la bosse de bison (l’accumulation de graisse sous la nuque formant une bosse), on en trouve des tonnes. Mais lorsqu’il s’agit d’aller regarder ce qui se dit vraiment dans la littérature médicale internationale… Surprise !
Il y a bien moins de choses. Voici les 5 choses qui me semblent intéressantes à connaître.
♻️ Dernière mise à jour : 10 mai 2024.
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Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Sommaire
Il y a plus de contenu récréatif que scientifique sur la bosse de bison
Vous le savez si vous venez régulièrement par ici : tous mes articles sont conçus sur des recherches dans la plus grande base de donnée internationale des études en médecine : Pubmed.
Voici le nombre de publications scientifiques qui traitent spécifiquement de la bosse de bison :
Seulement 34 études. Ce chiffre est un ordre de grandeur : il existe d’autres façons de nommer cette particularité physique, et parfois le mot clé n’est pas dans le titre.
Cependant, j’ai mené des recherches plus approfondies et le constat est clair : on sait finalement peu de choses sur la bosse de bison, bien qu’il y ait énormément de contenus grand public à son sujet.
On peut confondre bosse de bison et attitude en cyphose dorsale
Il y a souvent une confusion entre ces 2 choses :
- la bosse de bison, dont on parle principalement dans cet article ;
- une attitude en cyphose dorsale, assez fréquence.
Dans le premier cas, vous avez une accumulation de graisse ou de tissu adipeux dans la région supérieure du dos, près de la base du cou. Localisée entre la 3ème vertèbre cervicale et la 3ème vertèbre thoracique [Wang 2022].
Dans le second cas, c’est une courbure excessive de la colonne vertébrale dans la région thoracique (haut du dos), cela n’a rien à voir avec le tissu adipeux. Cette courbure excessive peut être due au vieillissement, à des troubles de la croissance, à des blessures, à des maladies de la colonne vertébrale (comme la maladie de Scheuermann), etc.
La bosse de bison a une apparence externe distincte et peut être palpable sous la peau.
Il y a plusieurs causes possibles derrière une bosse de bison
Voici les causes les plus décrites à l’origine d’une bosse de bison :
- ++ l’avancée en âge, couplée à une simple prédisposition génétique : on parle de cause « idiopathique »,
- certaines affections médicales telles que la maladie de Cushing,
- l’utilisation prolongée de corticostéroïdes ;
- effet secondaire (lipodystrophie) des médicaments antirétroviraux pris par les personnes ayant le sida (VIH).
Source : Carrese 2019

Dans l’immense majorité des cas, il n’y a pas de pathologie sous-jacente qui explique cette pathologie.
C’est pour cela que si vous en avez parlé à votre médecin, il ou elle vous a simplement rassuré sans vous envoyer faire des examens supplémentaires, car vous n’aviez aucun signe qui laissait penser à un autre problème sous-jacent.
Un traitement principalement esthétique
La bosse de bison n’est pas dangereuse ou douloureuse, il n’y a donc pas de traitement particulier sans plainte particulières. Certaines personne la trouvent inesthétique ou source de gène, notamment pour bien bouger le cou dans les différents plans.
Voici les différents traitements qu’on voit souvent décrits :
- exercices de mobilité de la région cervicale et thoracique et des épaules : cela ne joue pas directement sur la graisse et a peu de chance d’avoir un quelconque impact spécifique sur la bosse ou de s’en débarasser ;
- massage manuel ou avec des dispositifs tels que les pistolets de massage : si sur le moment cela peut un peu répartir différemment les graisses, elles reviennent rapidement se disposer à leur endroit initial ;
- liposuccion, pratiquée en chirurgie esthétique, non remboursée par la sécurité sociale [Wang 2022] ;
- lipectomie pour les formes plus importantes [Chen 2019] : les cellules graisseuses sont enlevées et la peau est retendue.
Les exercices du cou et des épaules, vraiment inutiles ?
Les exercices de renforcement musculaire ou de mobilité du cou ne vont pas faire disparaître la graisse formant la bosse de bison.
Par contre, ils peuvent participer à entretenir la souplesse du cou, indispensable dans la vie de tous les jours pour :
- arriver à conduire en sécurité en se retournant si besoin ;
- dormir confortablement dans la position qu’on souhaite, y compris sur le ventre, etc.
Comme on est plus à risque de s’enraidir au niveau du cou lorsqu’on a cette particularité anatomique, incorporer une routine d’exercices (disons, au moins une fois par semaine) peut être pertinent.
Cela peut avoir potentiellement un petit effet positif sur votre posture « plus redressée ». Car en faisant régulièrement des exercices, on prend généralement plus conscience de sa posture et on peut spontanément plus souvent penser à se redresser, tirer ses épaules vers l’arrière, ce qui peut rendre la bosse moins visible.
Vous pouvez la faire pendant des moments off, par exemple en attendant que l’eau pour votre thé bout, en regardant vos enfants jouer au parc, etc.
Voici les 3 exercices qui me semblent les plus pertinents et simples à mettre en place.
➡️ Exercice 1 : partir vers l’arrière.
Matériel nécessaire : une chaise.
Position de départ : vous êtes assis sur la chaise, les fesses bien au fond, le dos contre le dossier.
Position d’arrivée à maintenir au moins 10 secondes : vous avez emmener vos 2 bras joints au-dessus de votre tête le plus haut et loin possible vers l’arrière, en regardant le plus possible vers le haut et l’arrière. Le haut de votre dos appuit sur le haut du dossier, vous tirez les épaules vers l’arrière et essayez de serrer les omoplates.
Démonstration :

➡️ Exercice 2 : dire non très loin.
Sans matériel.
Position de départ : debout ou assis.
Position d’arrivée : vous tournez le plus loin possible la tête vers la droite sans l’incliner, vous restez 2/3 secondes, puis vous faites pareil côté gauche. Répétez 5 fois de chaque côté.
Démonstration :

➡️ Exercice 3 : la poule.
Sans matériel.
Position de départ : debout ou assis.
Position d’arrivée : vous faites reculez le plus possible le menton vers l’arrière sans pencher la tête vers le bas ou le haut, vous restez 2/3 secondes. Répétez 10 fois.

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Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !
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📚 SOURCES
Carrese E, Morandi U, Stefani A, Aramini B. Total thyroidectomy in HIV positive patient with buffalo hump and taurine neck. Int J Surg Case Rep. 2019;61:64-66. doi: 10.1016/j.ijscr.2019.07.020. Epub 2019 Jul 19. PMID: 31349157; PMCID: PMC6660579.
Hoenig LJ. The Buffalo Hump of Cushing Syndrome. Clin Dermatol. 2022 Sep-Oct;40(5):617-618. doi: 10.1016/j.clindermatol.2021.08.018. Epub 2021 Aug 18. PMID: 36509510.
Wang G, Zhao J, Zhang X, Yang S, Zhang W, Xie H. Liposuction to improve the dorsocervical fat pad in esthetic need: Anatomical study and clinical case series. J Cosmet Dermatol. 2022 Nov;21(11):5942-5951. doi: 10.1111/jocd.15255. Epub 2022 Aug 9. PMID: 35866350.
Chen S, Gui XE, Cao Q, Routy JP. Clinical outcome after lipectomy in the management of patients with human immunodeficiency virus-associated dorsocervical fat accumulation: An observational cohort study. Medicine (Baltimore). 2019 Jun;98(25):e16112. doi: 10.1097/MD.0000000000016112. PMID: 31232958; PMCID: PMC6636914.

Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

