On a diagnostiqué à vous-même ou à votre enfant la maladie d’Osgood-Schlatter ?
Il est probable que vous n’en n’ayez jamais entendu parlé avant ça…
Kiné, je réponds aux questions les plus fréquentes sur le traitement, combien de temps ça dure, si l’alimentation joue, s’il est possible de faire du sport et comment.
♻️ Dernière mise à jour : 26 octobre 2024.
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Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Sommaire
Comment être sûr que c’est bien une maladie d’Osgood-Schlatter ?
La maladie d’Osgood-Schlatter (douleur au genou) survient principalement chez les enfants et les adolescents en pleine croissance, généralement entre 10 et 15 ans.
Elle se produit lorsque la tubérosité tibiale, le point d’attache du tendon rotulien sur le tibia, devient irritée ou enflammée en raison de tensions répétées causées par l’activité physique.
Un simple examen clinique et un interrogatoire peuvent suffire à poser le diagnostic, par le médecin traitant.
Une radiographie est parfois réalisée en cas de doute sur le diagnostic, notamment pour éliminer une fracture ou d’autres problèmes osseux.

Les symptômes sont très caractéristiques :
- Douleur au genou (généralement sous la rotule) surtout lors d’activités physiques (course, saut, montée et descente d’escaliers).
- Sensibilité ou douleur à la pression sur la tubérosité tibiale, juste en dessous de la rotule.
- Gêne ou douleur lors de mouvements, notamment en se mettant à genou, s’accroupissant ou en se relevant.
- Raideur dans le genou, surtout après une période de repos ou le matin au réveil.
- Enflure légère autour de la tubérosité tibiale.
- Douleur d’un seul côté : c’est seulement chez 2 à 3 enfants sur 10 que les deux genoux sont touchés (Osgood-Schlatter bilatéral).
- Survient pour la première fois entre 10 et 15 ans.

À quoi est-elle due : les causes ?
Voici les caractéristiques qu’on retrouve souvent (mais pas toujours) chez les enfants et adolescentes à qui on diagnostique un Osgood-Schlatter :
- être de sexe masculine ;
- avoir entre 10 et 12 ans pour les fills, 12 et 14 ans pour les garçons ;
- avoir beaucoup grandit d’un coup ;
- activité sportive intense ou excessive, impliquant des courses et des sauts répétitifs, comme le basket-ball, le football, l’athlétisme, la course à pied et la gymnastique ;
- des facteurs plus anatomique (Lucenti 2022).
Source : James 2023
Quel est le traitement à mettre en place ?
Il existe environ 300 publications scientifiques qui traitent de ce syndrome.
J’ai identifié les études les plus pertinentes permettant d’identifier les traitements les plus étudiés ou ceux pour lesquels les patients que j’ai rencontré me posaient le plus de questions.
En voici une synthèse.
Notez qu’il existe très très peu d’études qui comparent l’efficacité de telle ou telle prise en charge par rapport à un autre type de prise en charge, ou à ne rien faire de particulier.

Le traitement de la maladie d’Osgood-Schlatter repose sur deux principaux axes :
- adapter le niveau d’activité physique ;
- soulager la douleur.
Mise au repos
En cas de maladie d’Osgood-Schlatter, les douleurs sont souvent accentuées lorsque l’enfant est debout, notamment s’il marche, court ou saute longtemps. Le principal axe de traitement est donc le repos relatif.
Les recommandations varient considérablement :
- certains médecins recommandent un arrêt total des activités sportives, tant à l’école qu’en dehors ;
- d’autres adoptent une approche plus libérale, permettant une pratique sportive modérée.
✅ Conseil : Si votre enfant accepte d’arrêter complètement le sport, vous pouvez le faire pendant un mois (le temps de calmer l’inflammation), suivi d’une reprise progressive. Pendant cette période, des activités douces peuvent être envisagées, tant qu’elles ne provoquent pas de douleur.
Si l’arrêt du sport représente un drame pour votre enfant, il est possible de lui permettre de pratiquer à condition qu’il soit en mesure d’adapter son intensité et sa fréquence d’activité en fonction de sa douleur.
Étirements
Les étirements des muscles du mollet (comme le triceps sural et le muscle gastrocnémien) et de la cuisse (quadriceps, ischio-jambiers) peuvent être recommandés pour aider à soulager les douleurs associées à la maladie d’Osgood-Schlatter.
Voici quelques avantages et inconvénients de cette pratique.
✅ Avantages
- Les étirements peuvent aider à relâcher les muscles et tendons, réduisant ainsi la pression sur la zone douloureuse.
- Ils favorisent la souplesse du genou s’il s’enraidit.
❌ Inconvénients
- Aucune étude clinique ne prouve que les étirements réguliers conduisent à une diminution de la douleur ou à une reprise plus rapide des activités sportives.
- Les étirements peuvent être contraignants, en particulier pour les enfants, et peuvent aggraver l’inflammation.
Attelle, genouillère, orthèse
L’utilisation d’orthèses de genou appliquant une pression sur le tendon rotulien peut aider à réduire la charge de traction exercée sur son point d’insertion.
Il s’agit d’une supposition théorique, pour laquelle il n’y a pas vraiment de preuve empirique de qualité.
Orthèse de genou pour Osgood-Schlatter
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Médicaments
Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être prescrits pour soulager la douleur, bien qu’ils n’aient pas d’effet curatif. Il en va de même pour d’autres analgésiques.
L’application de froid peut être une alternative parfois suffisante. Le TENS peut aussi être testé.
Traitement kiné
Les séances de kinésithérapie sont parfois recommandées, mais les approches peuvent varier.
- Certains kinésithérapeutes privilégient les étirements et le renforcement musculaire.
- D’autres se concentrent sur le soulagement des douleurs à travers des techniques comme le kinesiotaping, la cryothérapie ou le massage.
Votre kinésithérapeute peut vous aider à adapter l’activité physique de votre enfant selon ses besoins et ses capacités : c’est selon moi le principal intérêt des kinés, car c’est souvent quelque chose de difficile à faire soi-même.
Alimentation
Il n’y a pas de preuve d’une effet direct de l’alimentation sur ce syndrome (mise à part les conseils généraux de bonne hygiène alimentation :
- apport en protéines et glucides suffisant,
- consommation de vitamines grâce aux fruits et légumes,
- bonne hydratation,
- éviter le surpoids qui augmente les contraintes sur l’os.
Quels sports sont autorisés ?
Il n’y a aucun sport qui n’est formellement contre-indiqué en cas d’Osgood-Schlatter.
Ceux les plus à risque d’augmenter les douleurs sont tous ceux impliquant des sauts : gym, trampoline, athlétisme, danse, etc.
Et ceux les moins à risque sont ceux en décharge : natation, waterpolo, natation synchronisée, vélo, etc.
Il s’agit d’arriver à adapter la fréquence d’entraînement, l’intensité des séances en fonction de ce qui est supportable, quelque soit le sport envisagé.
Changer d’activité sportive reste un scénario envisageable, mais sans qu’il n’y ait de contre-indication formelle.
Combien de temps durent les douleurs ou la gêne ?
Une équipe de recherche a suivi 50 personnes chez qui on avait diagnostiqué un Osgood-Schlatter, mais ne recevant pas de traitement :
- 8 sur 10 n’étaient pas gênés dans leurs activités : la moitié d’entre-eux ressentant seulement une gène en s’agenouillant, l’autre moitié aucune ;
- une minorité d’entre-eux avaient des douleurs ou une instabilité de rotule ;
- la moitié avaient à la radio des ruptures dans la continuité osseuse au niveau de la tubérosité tibiale, l’autre moitié avait seulement un gonflement des tissus mous de cette zone.
Qu’en retenir ? Il est possible d’avoir la maladie d’Osgood-Schlatter sans avoir mal. En cas d’apparition de la douleur, elle peut disparaître même avant que le problème structurel soit terminé (= avant la fin de la croissance), et ce parfois même sans traitement spécifique.
Source : Krause 1990
Plus récemment, 126 enfants et ados âgés d’en moyenne 13 ans au moment du diagnostic de maladie d’Osgood-Schlatter ont été suivis. Eux étaient symptomatiques : ils avaient mal au genou.
La majorité pratiquaient des activités sportives en club, principalement du foot, basket, athlétisme, handball, sports de combat. 10 ne pratiquaient aucun sport.
La moitié de ces enfants a été suivi pent plus de 3 ans, l’autre moitié pendant moins de 3 ans, et seulement 6 des 126 enfants avaient encore des douleurs à la fin du suivi.
En moyenne, les symptômes de la maladie d’Osgood-Schlatter pendant ou après l’activité sportive ont été rapportés comme durant en moyenne 19,1 mois (3 à 48 mois) sans différences selon le sexe ni le sport.
Plus précisément :
- 1 enfant sur 2 peut s’attendre à ne plus avoir du tout de gène au plus tard 16 mois après le début des symptômes, et 4/5 après 2 ans ;
- 8 enfants sur 10 sont gếnés encore pour s’agenouiller ou lors du contact direct sur la tubérosité tibiale sans que ce soit invalidant ;
- 3 enfants sur 10 ont du changer leur activité sportive pour d’autres disciplines à cause des douleurs.
Source : Gaulrapp 2022
Y a-t-il des complications possibles ?
Il n’y a pas de complications graves possibles, même en continuant les sportifs aggravant les symptômes.
Les seules complications décrites sont :
- l’augmentation des douleurs, qui peuvent alors parfois survenir aussi au repos et la nuit, sans rien faire ;
- esthétiques : la tubérosité
***
Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !
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📚 SOURCES
Smith JM, Varacallo M. Osgood-Schlatter Disease. [Updated 2023 Aug 4]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK441995/
Krause BL, Williams JP, Catterall A. Natural history of Osgood-Schlatter disease. J Pediatr Orthop. 1990 Jan-Feb;10(1):65-8. PMID: 2298897.
Gaulrapp H, Nührenbörger C. The Osgood-Schlatter disease: a large clinical series with evaluation of risk factors, natural course, and outcomes. Int Orthop. 2022 Feb;46(2):197-204. doi: 10.1007/s00264-021-05178-z. Epub 2021 Aug 24. PMID: 34427770.
Lucenti L, Sapienza M, Caldaci A, Cristo C, Testa G, Pavone V. The Etiology and Risk Factors of Osgood-Schlatter Disease: A Systematic Review. Children (Basel). 2022 Jun 2;9(6):826. doi: 10.3390/children9060826. PMID: 35740763; PMCID: PMC9222097.
Corbi F, Matas S, Álvarez-Herms J, Sitko S, Baiget E, Reverter-Masia J, López-Laval I. Osgood-Schlatter Disease: Appearance, Diagnosis and Treatment: A Narrative Review. Healthcare (Basel). 2022 May 30;10(6):1011. doi: 10.3390/healthcare10061011. PMID: 35742062; PMCID: PMC9222654.

Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

