J’ai arrêté d’être kiné il y a 2 ans : mon bilan

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Cela fait plus de 2 ans que j’ai pris en charge mon dernier patient en tant que kiné. À ma connaissance, il existe peu de témoignages de kiné français dans ce cas de figure, alors que beaucoup de professionnels se demandent comment c’est « l’après ».

Je fais donc dans cet article le bilan de ces 2 années, et les suites prévues pour moi, en espérant que quelques éléments puissent vous être utiles !

♻️ Dernière mise à jour : 23 novembre 2025
Rédigé par Nelly Darbois, ex-kiné et rédactrice scientifique

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Pourquoi j’ai arrêté d’exercer la kinésithérapie ?

Un ensemble de facteurs m’ont conduit à diminuer puis arrêter la kiné.

Le principal étant le besoin d’avoir plein d’activités différentes (que je peux faire évoluer souvent) et de ne pas arriver à me contenter d’une seule.

La kinésithérapie salariée et libérale dans une moindre mesure restent des activités réglementées, qui doivent s’effectuer dans un certain cadre.

Avant d’avoir mon deuxième enfant j’arrivais à cumuler la kiné comme activité rémunératrice principale tout en faisant plein de choses à côté (enseignement, bénévolat associatif, recherche). J’ai anticipé que cela allait être plus dur avec 2 enfants en bas âge et j’ai donc été pro-active et fait évoluer ce cadre.

Après avoir développé pendant 4 ans d’autres activités en parallèle de mon activité de kiné à domicile à temps partiel, notamment la rédaction web santé et l’édition d’un blog santé, puis le consulting sur Wikipédia, j’ai finalement décidé d’arrêter définitivement la kiné pour développer mieux ces autres activités. C’était en août 2023.

Y a-t-il beaucoup de kinés français qui arrêtent d’exercer la profession ?

Dans son dernier rapport en date sur la démographie des kinés, l’Ordre national des kinés dit ceci :

Toutefois, des obstacles existent. La modification du rapport au travail observée dans la société française, associée à la très faible valorisation financière des actes de kinésithérapie dans un contexte de forte inflation, favorise l’exercice de la profession à temps partiel voire l’arrêt total. Certains kinésithérapeutes complètent le temps d’exercice par d’autres activités plus rémunératrices, en lien ou non avec la santé.
Ces tendances sociétales mériteront d’être analysées plus finement à l’avenir, notamment pour déterminer s’il existe des particularités de
l’exercice de la kinésithérapie qui vont dans un sens ou dans un autre.

Cependant, il ne s’appuie pas sur des chiffres précis, qui n’existent pas à ma connaissance à l’heure actuelle (n’hésitez pas à m’écrire en commentaire si vous avez connaissance de statistiques sur le sujet !).

Il existe par contre quelques études sur les physiothérapeutes d’autres pays.

J’ai par exemple trouvé cette étude qui s’appuie sur les réponses données par 1 800 kinés pratiquant aux États-Unis suite à l’envoi d’un questionnaire (Zarek 2025).

Elle montre que les kinés travaillent travaillent beaucoup plus d'heures par semaine entre 24 et 34 ans, et diminuent drastiquement leur nombre d'heures travaillées à partir de 60 ans environ
Elle montre que les kinés travaillent travaillent beaucoup plus d’heures par semaine entre 24 et 34 ans, et diminuent drastiquement leur nombre d’heures travaillées à partir de 60 ans environ

Mais aussi la probabilité que les kinés n’aient pas arrêté d’exercer en fonction de l’âge (à partir de 50 ans) :

Mais aussi la probabilité que les kinés n'aient pas arrêté d'exercer en fonction de l'âge (à partir de 50 ans) :

Et estime que 1,42 % des kinésithérapeutes de moins de 50 ans quitteront la profession chaque année pour changer de carrière.

À quoi ressemble mon quotidien 2 ans après avoir arrêté la kiné ?

Mes journées sont une succession peu planifiées d’activités qui mélangent, soirées et week-end compris, des activités « persos » et professionnelles ».

Je n’ai pas de jour dédié à telle ou telle activité. J’ai des tâches à faire de manière régulière que je peux programmer pour des mois à l’avance. Je m’avance donc sur ces tâches.

Au cours d’une même journée, je peux :

  • créer du contenu sous format texte ou vidéo pour mes différents sites internet professionnels ou LinkedIn ;
  • répondre à des mails de clients ou partenaires ;
  • être en visio ou au téléphone avec des clients en lien avec mon activité Wikipédia ;
  • créer du contenu sous format texte ou vidéo pour Solution Démocratique, le parti que j’ai co-créé ;
  • aller récupérer mes enfants le midi et jouer au tennis avec eux sur le temps de pause ;
  • créer ou mettre à jour des pages Wikipédia pour mes clients ;
  • aller à la bibliothèque avec mes enfants ;
  • rencontres des élus locaux ou nationaux dans le cadre de mes activités Solution Démocratique ;
  • enregistrer avec un invité, en visio, un épisode de mon podcast Wikipédia Stratégique ;
  • donner une conférence dans les suites de la publication de mon livre, Le pouvoir discret de Wikipédia.

J’ai une vague idée du temps que je consacre à ces différentes activités, sans grande certitude. Je travaille beaucoup, comme toujours, et je n’ai aucun impératif de présence professionnelle à tel ou tel endroit, ce qui me convient grandement.

Je ne coupe jamais vraiment à 100% (par choix).

Je centralise mes appels ou visios sur 2 demi-journée, les mardi matin et vendredi après-midi, pour travailler 100% en asynchrone le reste du temps.

Est-ce que certaines choses me manquent ?

Une des remarques qui revient le plus lorsque j’échange avec d’anciens collègues kinés est : « ça te manque pas les patients ?« .

Et bien non, je ne me suis pas dit cela une seule fois. Pourtant, j’aimais vraiment le relationnel avec la plupart des patients.

Mais j’ai mon quota d’interactions sociales satisfaisantes avec la vie de famille et la vie associative, en plus des contacts ponctuels par téléphone ou visio avec des clients ou collègues pour mon activité sur Wikipédia.

Et j’ai toujours l’impression de rendre service individuellement lorsque je reçois des mails ou commentaires sous mes articles ici ou mes vidéos YouTube, en plus des retours des clients que j’accompagne sur Wikipédia.

Absolument rien ne me manque dans mon activité de kiné (sinon, je pense que j’aurais repris à petites doses !).

Est-ce que le bilan est positif ?

Le bilan est extrêmement positif, et je prends le temps d’apprécier chaque jour ce quotidien que j’ai pu créer, grâce au travail mais sans doute aussi une part de chance.

Ce que je dis le plus aux kinés qui se questionnent sur changer d’activité

En tant qu’ex kiné j’ai forcément beaucoup de kinés dans mon réseau. Et j’en rencontre même de nouveaux régulièrement. Je suis donc souvent au contact de kinés qui se posent des questions sur leur activité, et qui m’en parlent.

Ce n’est d’ailleurs pas propre aux kinés, mais à beaucoup de personnes de 35-45 ans de mon entourage !

Je n’ai aucune réponse toute faite ou « conseil » généraliste à apporter, cela dépend de tellement de paramètres. Mais ce qui revient souvent dans nos discussions c’est :

  • que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs ;
  • que la profession de kiné conventionnée classique a beaucoup d’atouts et est généralement bien rémunérée par rapport aux salaires et revenus médians des Français, ce qui parfois rend le cap de la transition professionnelle difficile à passer.

***

Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !

Ces articles pourraient également vous intéresser :

SOURCES

CNOMK, Démographie des masseur-kinésithérapeutes, 2024. Ici en PDF

Zarek P, Ruttinger C, Armstrong D, Chakrabarti R, Hess DR, Manal TJ, Dall TM. Current and Projected Future Supply and Demand for Physical Therapists From 2022 to 2037: A New Approach Using Microsimulation. Phys Ther. 2025 Mar 3;105(3):pzaf014. doi: 10.1093/ptj/pzaf014. PMID: 40037340; PMCID: PMC11879330.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

3 commentaires sur « J’ai arrêté d’être kiné il y a 2 ans : mon bilan »

  1. J’imagine que la profession de Kiné est particulièrement rémunérée car je ne connais pas de kiné qui prenne en consultation une seule personne, ils s’occupent de 3 parfois 4 patients en même temps ce qui augmente les actes. Là où le médecin ne prend qu’une seule personne dans son cabinet. J’ai toujours trouvé cela choquant car pour ma part je ne me sens jamais prise en charge correctement chez un kiné. D’autant qu’avec les appareillages, il s’agit plus d’une surveillance que d’un véritable soin… Votre décision de mieux gérer votre temps et de le partager avec vos enfants est certainement plus épanouissant pour vous et pour eux. Bien cordialement.

    1. Un soin individuel à 17 euros ( tarif sécu), ce n’est pas tenable aujourdh’ui, je vous invite à vivre une journée de kiné afin de vous rendre compte que le problème ne sont pas les kinés mais bien la sécu.

    2. Bonsoir,
      J’ai exercé 20 ans en cabinet et exerce depuis 23 ans exclusivement à domicile le tout en ne prenant qu’un patient à la fois…et je ne suis pas seul à choisir d’exercer comme cela , avec bien trop d’heures de travail.
      Mais je soutiens la réponse anonyme qui vous a été faite : c’est devenu très mal rémunéré donc prendre un patient à la fois est difficilement soutenable, surtout face aux frais d’un cabinet.
      Je félicite Nelly pour avoir su ne pas se laisser aller à « rester la tête dans le guidon » et avoir ainsi fait ses choix.
      Et je la remercie encore pour ses posts.

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