Arrêter le métier de kiné : quelles solutions ?

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Comment arrêter le métier de kiné ? Quels conseils de reconversion professionnelle pour un kiné en détresse ?

Chaque mois, des centaines de kinésithérapeutes cherchent des informations à ce sujet sur internet. J’ai moi-même toujours eu une activité en parallèle de la kinésithérapie depuis que j’ai mon diplôme de kiné, en 2012.

J’aime plein de choses dans notre métier de kiné, et moins d’autres. Cumuler 2 activités professionnelles est donc l’option que j’ai choisi.

👉 Dans cet article, j’ai décidé de partager avec vous toutes mon expérience, mes recherches et mes réflexions, souvent avec des collègues kinés, sur la reconversion professionnelle quand on est kiné au départ.

Mon but n’est bien évidemment pas de vous convaincre de changer de métier : cela fait plusieurs années que j’aurais la possibilité matérielle et financière d’arrêter totalement de travailler comme kiné, et pourtant, je n’ai pas fait ce choix. Je sais qu’il y a 1 000 raisons de se réjouir d’être kiné, et que certain(e)s travaillent 40 ans (ou plus !) avec passion 💙.

Je veux simplement montrer qu’une issue est (en théorie…) possible pour toutes celles et ceux qui se sentent emprisonnés dans leur métier de kiné.

Toute remarque ou témoignage est bienvenu en commentaire ! Bonne lecture 🙂.

♻️ Dernière mise à jour : janvier 2023.
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Sommaire

Pourquoi vouloir changer de métier quand on est kiné ?

À ma connaissance, il n’existe pas de statistiques sur le nombre de kinés en France qui souhaitent se reconvertir. En tout cas, le sujet revient régulièrement dans les discussions à peu prêt à tous les endroits que j’ai fréquenté comme kiné :

  • durant les pauses repas avec mes collègues kinés hospitaliers ou en centre de rééducation ;
  • dans les groupes Facebook entre kinés, sur les réseaux sociaux ;
  • dans mes discussions avec d’autres collègues kinés libéraux vers chez moi.

Et je fais le pari que chaque kiné a au moins un exemple de collègue qui s’est reconverti ! Je liste à ce sujet les expériences de reconversion de quelques amis et connaissances kiné 😁.

Autre élément : voici les expressions tapées quelques dizaines de fois sur Google par des kinés en France, chaque mois (certaines vous feront sans doute sourire !) :

  • Kiné en détresse reconversion ;
  • quelle reconversion possible pour un kiné
  • la kiné ne sert à rien
  • kiné métier fatiguant.
Des expressions tapées dans Google probablement par des kinés en désir de reconversion professionnelle ! La kiné ne sert à rien, témoignage reconversion kiné, arrêter le métier de kiné, kiné métier fatiguant
Des expressions tapées dans Google probablement par des kinés en désir de reconversion professionnelle !

Se reconvertir, changer de voie, n’est bien sûr pas propre aux kinés.

Je n’ai pas trouvé de données empiriques qui énumèrent les motivations principales à changer de métier quand on est kiné. Alors je liste simplement les avantages et inconvénients des métiers de kiné que je perçois.

Avantages du métier de kiné ☑️

Voici quelques-uns des avantages que je vois à la profession de kiné par rapport à d’autres professions.

  • La sécurité de l’emploi : à l’heure où j’écris ces lignes, il y a 1659 offres d’emploi de poste de kiné en France rien que sur Pôle-Emploi. À titre de comparaison, il y a actuellement seulement 63 offres d’emploi pour ma seconde activité professionnelle, la rédaction web.
  • La mobilité géographique : si l’on souhaite changer de région, on rencontre peu de difficultés par rapport à d’autres métiers plus en tension. Rien que sur Pôle-Emploi, il y a des dizaines d’offres dans tous les départements, y compris les plus côtés comme la Côte d’Azur.
  • Le salaire : qu’on soit en salariat ou en libéral, on gagne en tant que kiné plutôt plus que le salaire médian en France (2 000 euros net pour un temps plein en 2020 ; Insee). On peut bien sûr trouver que ce n’est pas assez par rapport à d’autres professions où les études soient moins longues ou le travail jugé moins pénible ; néanmoins, cela reste un fait : on se situe, même ramené à l’heure, plutôt dans la moitié française plus aisée quand on est kiné. Voir mon article sur le salaire des kinés salariés en France.
  • Le feedback, la reconnaissance des patient(e)s, le sentiment d’avoir rendu service: c’est un critère bien sûr difficile à évaluer objectivement. Il me semble cependant qu’en tant que kiné, on a plus de retours fréquents de patients satisfaits que dans d’autres professions (par exemple, dans le digital, dans les ressources humaines, ou lorsqu’on fait de la prospection téléphonique).
  • Le capital sympathie : quand on dit qu’on est kiné, ça fait plutôt classe. Kiné revient assez fréquemment dans les sondages où l’on demande aux Françaises et Français quels sont les professionnels qu’ils préfèrent (source : Harris 2015).
  • La diversité des postes : trouver un poste en salariat tout comme en libéral est en général possible. On a donc le choix du statut (indépendant ou salariés). Mais aussi des types de population avec lesquelles on souhaite travailler : enfants, personnes âgées, sportifs. Et des structures : centres de rééducation, hôpital public ou privé, cabinet libéral, soins à domicile, établissement thermal, etc.

Inconvénients du métier de kiné ❌

Je trouve qu’il est encore plus difficile de lister des inconvénients qui font plutôt l’unanimité. Voici ma tentative !

  • La subordination aux médecins, chirurgiens ou à l’Assurance maladie : une étude menée sur des kinés autrichien(ne)s montre d’ailleurs qu’une source d’insatisfaction des kinés salariés est le manque d’autonomie et de reconnaissance (Latzke 2021). C’est d’ailleurs une des raisons qui m’a conduit à arrêter le salariat pour le libéral. En libéral, certains kinés sont insatisfaits du conventionnement avec l’Assurance maladie qui limite leur possibilité de pratiquer plus librement leurs tarifs, même quand le patient est prêt à payer de sa poche. Cela aussi m’insatisfait (d’autant plus que notre marge de manœuvre est très faible !), c’est pour cela que j’ai une autre activité professionnelle (la rédaction web santé) qui me permet de fixer mes tarifs directement avec les bénéficiaires, sans intermédiaire !
  • La fatigue mentale ou physique : il est reconnu que les kinés (et les professionnels de santé en général) sont exposés à des niveaux de stress élevés (Puhanic 2022).
  • Le manque de stimulation intellectuelle au bout d’un certain temps, la routine ou l’impression d’avoir fait le tour du métier. C’est personnellement ce point précis qui a fait que j’ai toujours consacré une part importante de mes semaines à d’autres activités professionnelles ou associatives me permettant de ressentir une stimulation intellectuelle différente / plus importante.
  • L’impression de ne pas pouvoir répondre aux attentes des patient(e)s : certain(e)s patient(e)s sont très demandeurs et éternellement insatisfait(e)s. Cela n’est pas forcément de leur faute, eux les premiers aimeraient sans doute être différents… Mais on n’a parfois pas d’emprise là-dessus. On peut se mettre dans des situations désagréables voire intenables, qui débouchent parfois sur un burn-out à force de ne pas arriver à donner satisfaction aux personnes que l’on accompagne. Mais certain(e)s kinés ne ressentiront jamais cela.
  • L’isolement, le manque de contacts professionnels : c’est quelque chose de surtout décrit chez les kinés libéraux, dans l’étude dont j’ai déjà parlé sur la satisfaction des kinés autrichien(ne)s (Latzke 2021).

Dans les publications sur la satisfaction professionnelle des kinés et soignant(e)s, il est rapporté que les facteurs intrinsèques (l’environnement de travail) déterminent plus la satisfaction au travail que les facteurs extrinsèques (le salaire, la possibilité d’évoluer) (Puhanic 2022).

La balance avantages/inconvénients est défavorable pour vous ? J’énumère maintenant quelques alternatives à la profession de kiné. D’abord sans trop changer de voie ; puis en repartant complètement à 0 ou presque.

Je donne quelques éléments sur les différentes professions (salaires, formation nécessaire, missions). Je ferai peut-être du contenu plus détaillé sur celles que je connais le mieux si vous le souhaitez (faites-moi dans ce cas vos demandes en commentaire).

12 idées de professions où l’on conserve ses compétences de kiné

Vous n’avez pas envie de « repartir à 0 » ? Vous souhaitez ré-utiliser certaines de vos connaissances ou compétences acquises comme kiné ? Voici une sélection de métiers qui permettent cela ! Avec des idées de salaire, et quelques avantages et inconvénients.

Je vous mets aussi quelques notes personnelles pour les métiers que j’ai exercé ou envisagé.

Il n’y a pas que les soins hors nomenclature / déconventionnés comme solution pour quitter la kinésithérapie conventionnée auprès des patient(e)s !

12 idées de métiers pour des kinés libéraux ou salariés qui veulent se reconvertir dans une autre profession

Enseignant(e) en école de kiné

Le nom officiel est « cadre formateur/formatrice Masseur-kinésithérapeute en IFMK ».

Mission : délivrer des cours aux étudiant(e)s kiné quand ils sont à l’école, gérer des plannings, superviser le retour de stages, le mémoire.

Salaire : à partir de 2300 euros brut/mois. 6 semaines de congés payés pendant les périodes de vacances scolaires + 5 jours

Contrainte : vous devrez habiter à côté d’un des 51 IFMK en France (il n’y en n’a pas dans tous les départements).

Formation : il vous faudra un diplôme de cadre de santé (bac+5) ou un Master.

Certains kinés deviennent cadre de santé formateur en école d’infirmier (IFSI) ou dans des écoles pour d’autres paramédicaux (notamment les ergothérapeutes).

Il est aussi possible d’intervenir en IFMK pour donner ponctuellement des cours. Ce que j’ai fait pendant plusieurs années. L’heure de cours est rémunérée aux environs des 25 euros brut. Le temps de préparation n’est pas rémunéré. Autant dire que ramené à l’heure, c’est très mal payé si l’on prend le temps de bien préparer, mettre à jour et faire évoluer ses cours. Vous pouvez aussi être rémunéré pour faire passer l’oral du mémoire ou des examens. Là, c’est un peu mieux rémunéré, et le temps de préparation est moins important.

Consultant/ Formateur en formation continue

Des organismes de formation continue cherchent des kinés pour des missions ponctuelles ou régulière, ou une embauche. Voir par exemple ma liste d’organismes de formation continue en ligne pour kinés.

Mission : délivrer des cours en présentiel ou en distanciel à destination de professionnels (soignants le plus souvent). Parfois les cours sont déjà tout faits, parfois ce sera à vous de les créer

Salaire : variable, à peu près égal au salaire d’un kiné salarié.

Contrainte : déplacements fréquents en région ou sur toute la France.

Formation : le DE de kiné peut suffire.

De nombreux kinés montent aussi leur propre organisme de formation continue pour délivrer des formations prises en charge par le DPC ou le FIF-PL. Celles et ceux que je connais continuent cependant à pratiquer en libéral ou en salariat en parallèle.

Prof dans les filières professionnelles santé

Dès le lycée, certains jeunes se spécialisent dans le secteur de la santé et du social (accompagnement, soins et services à la personne, etc.). Il s’agit des formations qui peuvent déboucher sur des bacs professionnels ou technologiques. Dans des lycées ou des Centres de formation pour apprentis (CFA).

Mission : préparer et enseigner des cours théoriques ou pratiques à des adolescents dans des matières plus ou moins en lien avec la santé. Organiser et corriger des examens. Gérer potentiellement des retours de stage.

Salaire : un professeur de lycée professionnel de classe normale commence à 1891 euros brut/mois et finit à 3264 euros brut/mois.

Contrainte : tous les élèves présents dans ces formations n’ont pas forcément choisi vraiment d’être là. Contrairement à la formation continue des adultes, il y a peut-être plus de risque de devoir faire de la discipline ou d’être confronté à certaines personnes moins motivées.

Formation : le DE de kiné peut suffire.

J’avais postulé pour être prof santé en lycée (pour le simple plaisir d’expérimenter autre chose). J’avais eu quelques touches, mais pour des tout petits contrats (quelques jours) à plus de 40 km de chez moi.

Intervenant en entreprise

En France, l’État incite financièrement les entreprises à investir dans des actions en faveur de la santé et de la qualité de vie au travail. La plupart des entreprises ont donc des budgets (parfois très importants) pour cela. Et les kinés font partie des professionnels qui peuvent dispenser ce type d’action.

Mission : animer des conférences, des ateliers voire des consultations individuelles auprès des salariés d’une entreprise.

Salaire : il s’agit de prestations délivrées sous un statut de société ou d’auto-entrepreneur, sans salaire fixe. Les demi-journées d’intervention sont facturées généralement plusieurs centaines d’euros.

Contrainte : beaucoup de kinés et d’autres professionnels souhaitent développer cela. Il y a donc une forte concurrence, il faut savoir démarcher ou faire jouer le bouche à oreille pour obtenir des contrats.

Formation : le DE de kiné peut suffire.

Cadre de santé

L’évolution classique du kiné salarié !

Mission : le cadre de santé gère une équipe de kinés ou d’autres professionnels de santé dans un établissement de santé. Notamment les plannings, les absences imprévues, l’organisation du travail.

Salaire : un peu plus élevé que celui de kiné salarié.

Contrainte : il faut souhaiter occuper des fonctions de management, avec tout de même des supérieurs au-dessus de soi !

Formation : obtenir le diplôme de cadre de santé en institut de formation de cadre de santé.

Coach sportif

Possibilité de travailler dans des salles de sport, des associations ou même à son compte, par exemple en faisant des séances à domicile, en entreprise ou en extérieur.

Mission : délivrer des cours de sport ou superviser des entraînements avec des objectifs bien-être, santé, perte de poids ou sportif.

Salaire : les profs de sport en salle commencent souvent au SMIC. Il est possible de travailler comme indépendant et de facturer directement ses clients. Revenus très variables selon l’activité.

Contrainte : métier nécessitant de l’énergie physique et mentale.

Formation : le fait d’avoir le DE de kiné permet d’obtenir directement sa carte d’éducateur sportif. Il n’y a pas besoin de formations complémentaires au DE de kiné pour commencer à travailler comme coach sportif. Cf l’article L.212-8 du Code du sport pour plus d’informations sur ce qu’on a le droit de faire ou non en libéral ou salarié en tant que « coach sportif ».

Copywriter / Rédacteur web santé

Mission : écrire des textes sur des sujets de santé pour des sites internet appartenant à des médias, des entreprises, des commerçants, des personnalités.

Salaire : en salarié, certains commencent au SMIC ou à peine plus. En freelance, les revenus sont très variables. Certains n’arrivent pas à s’en sortir, d’autres gagnent jusqu’à plus de 5 000 euros net/mois.

Contrainte : métier qui se pratique essentiellement derrière son ordinateur.

Formation : le DE de kiné peut suffire, mais il faut avoir de l’expérience professionnelle ou bénévole dans la rédaction.

💡 J’ai écrit un article complet sur la profession de rédacteur web santé.

Autre professionnels de santé ou vétérinaire

Il existe de nombreuses passerelles pour accéder à des métiers de la santé humaine ou vétérinaire lorsqu’on a déjà un DE de kiné. En vrac, on peut citer : médecin, psychologue, diététicien, vétérinaire, assistant vétérinaire, sage-femme, infirmier, etc.

Mission : délivrer des examens, des soins et des actions de prévention pour la santé physique et/ou mentale.

Salaire : très variable selon le métier et le statut.

Contrainte : nécessite tout de même de reprendre quelques années d’études, même pour des profession comme celle d’infirmier(e) ou de psychologue.

Formation : il faut obligatoirement repasser par une formation à la faculté ou en école de quelques années, même si une partie de la formation peut être évitée grâce au DE. Et l’accès peut être facilité par rapport à des étudiant(e)s sortant du bac.

Maître de conférence / enseignant-chercheur

Il existe depuis quelques années une filière d’enseignants-chercheurs dans les disciplines maïeutique, sciences de la réadaptation et de la rééducation et sciences infirmières.

Mission : délivrer des cours à des étudiants en faculté et mener des projets de recherche (tout en cherchant des financements), encadrer des projets de recherche d’étudiant(e)s.

Salaire : un maître de conférence de classe normale commence à 2298 euros brut/mois et finit à 4026 euros brut/mois.

Contrainte : peu de postes encore ouverts au regard du nombre de kinés disposant d’un doctorat.

Formation : il faut disposer a minima d’un doctorat (BAC +8) donc faire une thèse. Et parfois derrière un post-doc (+2 ans) et/ou une qualification.

C’est une voie vers laquelle j’ai hésité à me tourner. J’ai d’ailleurs suivi un Master Recherche quelques années après mon DE de kiné. Puis j’ai envisage de faire une thèse avec un financement. Mais je n’avais pas envie de consacrer 3 ans de ma vie (voire plus) à un unique projet de recherche, et il est difficile de faire quelque chose à côté d’une thèse. J’ai découvert la rédaction web en santé et j’ai préféré abandonner la voie académique (où nos papiers rédigés pendant des années ne sont parfois jamais lu!).

Salarié d’une entreprise santé / marketing / commercial

De nombreuses entreprises privées du secteur de la santé (telles que Doctolib pour l’une des plus connues) ont besoin de salariés. Et ces entreprises sont parfois intéressées par des profils de professionnels de santé reconvertis, avec l’œil du terrain.

Mission : très variable selon le type de poste que vous visez. Ça pourra être de démarcher (virtuellement ou physiquement) des établissements ou des professionnels de santé. De rédiger du contenu santé pour la presse ou des sites internet. De concevoir des nouveaux produits (physiques ou digitaux), etc.

Salaire :variable, du SMIC jusqu’à plus de 3000 euros net/mois, et plus en évoluant.

Contrainte : vous êtes en concurrence avec des diplômés d’écoles de commerce ou de marketing. Ils et elles n’ont pas le background santé, mais d’autres points forts.

Formation : un diplôme ou une expérience professionnelle dans le marketing / le commerce sera sans doute nécessaire.

J’ai l’occasion de collaborer tous les mois avec des entreprises de ce secteur en tant que consultante ou rédactrice. C’est très enrichissant d’être confrontée à cet univers très différents de celui des établissements de santé. J’ai aussi régulièrement des propositions pour être embauchée comme salariée par ces entreprises, car le profil kiné du terrain les intéresse. Mais je ne souhaite pas me salarier à nouveau à l’heure actuelle.

Entrepreneur

De nombreux et nombreuses kiné créent des start-up. Souvent en parallèle de leur métier de kiné.

Mission : infinie ! Tout dépend des idées que vous avez, d’avec qui vous collaborez, des financements que vous trouvez… Au début d’un projet entrepreneurial, on touche souvent un peu à tout : recherche et développement, vente, communication, recherche de partenariats et financement, comptabilité, etc.

Salaire : extrêmement variable. Certains chefs d’entreprises n’arriveront jamais à se sortir de salaires (voire auront des dettes), d’autres gagneront des milliers d’euros net.

Contrainte : il faut avoir une idée et se sentir emballer par le lancement et le développement d’un projet entrepreneurial ! Et réussir à trouver non pas le produit parfait à ses yeux (ça s’est assez facile), mais le produit parfait pour des gens qui en ont besoin !

Formation : le DE de kiné suffit techniquement/réglementairement.

💡 J’ai écrit un article qui délivre 21 faits sur l’entrepreneuriat, à l’encontre des idées reçues sur le sujet !

Je suis moi-même ce qu’on appelle une « solopreneure ». Je délivre des services de conseil et de rédaction mais je travaille seule (sous le statut de professionnelle de santé libérale avec activité secondaire).

Praticien de santé ou du bien-être déconventionnés

J’ai volontairement mis en dernier cette alternative car c’est celle que je vois la plus souvent citée ! Il n’y a donc rien d’original à la suggérer. La liste des pratiques exercées en non conventionnés par des kinés est quasi infinie : acupuncture, massages bien-être, hypnothérapeute, microkiné, kinésiologue, ostéopathe, prof de pilates, prof de yoga etc.

Mission : accompagner physiquement ou psychiquement des personnes dans le but qu’elles se sentent mieux, qu’elles remplissent leur objectif de santé, de bien être ou autre.

Salaire : les praticiens de soins déconventionnés facturent souvent à 40-50 euros les 45 minutes ou l’heure brut, voire plus. Mais les plannings ne sont pas forcément aussi remplis que ceux des kinés, surtout en début d’exercice.

Contrainte : après avoir été habitué à gérer des patients qui ne payaient pas leurs soins, il faut arriver à passer à un modèle où leurs séances sont rarement voire prises en charge par l’assurance maladie/les mutuelles.

Formation : le DE peut suffire pour les soins non conventionnels mais les kinés font souvent des formations continues complémentaires. Pour des pratiques réglementées, il faut un diplôme, Master ou un DU. Par exemple, vous pouvez être psychopraticien rien qu’avec le DE de kiné, mais vous devrez avoir un Master ou d’autres diplômes si vous voulez vous appeler psychologue ou psychothérapeute.

J’ai moi-même une activité non conventionnée très « nichée ». Je propose des téléconsultations individuelles facturées 100 euros l’heure à des personnes atteintes d’hyperhidrose. Pathologie au sujet de laquelle je crée des articles factuels basés sur la littérature scientifique internationale depuis 11 ans. J’ai 0 à 4 téléconsultation par mois.

Il existe au moins 12 autres groupes de professions (sûrement beaucoup plus) pour lesquelles on peut mettre à profit son expérience en tant que kiné !

Des métiers de kiné qui ont complètement changé de voie

Je suis sûre que vous avez autour de vous des exemples de kinés qui ont complètement changé de voie. Qui exercent maintenant des jobs qui n’ont rien à voir avec la kiné (même si l’on peut toujours trouver des liens !).

En théorie, le fait d’avoir suivi des études de kiné et d’avoir exercé cette profession n’empêche aucunement de bifurquer totalement !

Voici la liste des professions qu’on choisit de faire des personnes de mon entourage qui ont été kiné à un moment de leur vie, et plus maintenant.

  • Ébéniste
  • Développeur web
  • Data scientist
  • Gardienne de refuge
  • Webdesigner
  • Horticultrice
  • Community manager
  • Architecte d’intérieur
  • Agent immobilier
  • Mère au foyer
  • Product manager
  • Graphiste
  • Influenceur

4 idées pour envisager de continuer le métier de kiné… autrement ?

Êtes-vous sûre(e) et certain(e) à 10 000 % d’avoir vraiment fait le tour de TOUTE la profession de kiné ? Dans cette partie, je détaille toutes les voies à explorer comme kiné. Au cas où certaines vous inspirent !

Basculer vers le libéral (ou salariat)

À ma connaissance, des kinés basculent à succès depuis le libéral vers le salariat, ou l’inverse. Les motivations sont multiples et on trouve des avantages et des inconvénients aux 2 !

En salariat, on peut travailler dans de nombreux endroits différents :

  • hôpitaux publics ou privés ;
  • centres de rééducation / soins de suite et réadaptation généralistes ou spécialisés (sportifs, grands brûlés, pédiatrie, neurologie, gériatrie, éducation thérapeutique) ;
  • établissements thermaux. Dans certains, on fait exclusivement du massage, et parfois des cours de sport aquatique. Dans d’autres, les missions sont plus variées : éducation thérapeutique, coaching, sorties marche, etc ;
  • services de soins à domicile pour les enfants (SESSAD), où l’on intervient à leur domicile ou sur leur lieu de scolarisation.

Si l’on souhaite changer souvent d’emploi et de région, l’intérim est aussi une option à considérer.

💡 En plus de consulter les offres d’emploi sur les sites comme Pôle-Emploi, Physiorama et FHF (liens en fin d’article), n’hésitez pas aussi à postuler directement auprès des établissements, via des candidatures spontanées. C’est ainsi que j’ai obtenu la plupart de mes posts salariés, en Corse, en Bretagne, dans le Jura ou en Savoie.

En libéral aussi, les possibilités sont multiples :

  • exercer la kinésithérapie exclusivement à domicile ;
  • travailler seul en cabinet, ou à plusieurs. En tant que remplaçant, assistant/collaborateur ou titulaire. En maison de santé pluridisciplinaire, en solo, en gros cabinet très équipé (gymnase, balnéo) ou au contraire avec un minimum de choses ;
  • intervenir auprès d’équipes sportives (à temps partiel) ;
  • intervenir en SSR ou en clinique ;
  • développer des cours collectifs (Pilates, yoga, gym, marche, éducation thérapeutique, ateliers prénataux, etc.).

Se spécialiser

Certains kinés décident de se spécialiser dans un seul secteur. Pour différentes raisons : par passion, par désir intellectuel, pour être reconnu comme expert, pour se démarquer…

Voici les secteurs dans lesquels les kinés se spécialisent de plus en soins conventionnés(selon les noms des spécialités associés au mot kiné dans les recherches Google qui ressortent le plus) :

Si vous souhaitez en découvrir plus à ce sujet, j’ai conçu des guides sur développement de patientèle en kiné en accord avec ses attentes et envies.

Travailler à mi-temps

Certaines personnes apprécient leur métier de kiné clinicien. Mais à condition de ne pas y consacrer trop d’heures dans la semaine… C’est totalement mon cas ! Je me suis donc organisée ainsi :

  1. quand j’étais en salariat, je travaillais à 80 % ;
  2. quand j’ai eu mon deuxième enfant, le salariat même à 80 % n’était plus assez flexible pour conjuguer d’autres activités professionnelles. Je suis donc passée en libéral (aussi pour d’autres raisons) ;
  3. je réalise 30 à 50 prises en charge/semaine maximum en libéral, avec 5 à 8 semaines sans patient(e)s/an. Uniquement comme kiné à domicile pour limiter les charges (et parce que j’aime bien ce mode d’exercice).

Je sais que de nombreuses personnes travaillent ainsi, à mi-temps kiné cabinet ou domicile, et :

  • à temps partiel en tant que cadre formateur en école de kiné ;
  • formateur en formation continue ;
  • entrepreneur à leur compte ;
  • intervenant en entreprise ;
  • kiné auprès d’équipes sportives.

Voici pour les jobs complémentaires les plus fréquents ! Mais je connais aussi des kinés développeurs web ou rédacteur web santé 🙂!

Faire des téléconsultations

Plusieurs plateformes généralistes proposent de mettre en relation des kinés et des patient(e)s. Cependant, la demande côté patient(e)s pour ce type de service est encore très faible. Il y a probablement plus de kinés que de patient(e)s sur ces plateformes !

Des entreprises commencent à développer des services plus ciblés aux patient(e)s, en partenariat parfois avec des établissements de santé. Et recrutent des kinés pour superviser à distance des rééducations.

Cela se fait particulièrement aux États-Unis, mais on commence à voir cela un peu en France (lien en fin d’article dans les ressources).

Une piste à explorer si vous êtes attiré par l’idée de travailler depuis chez-vous, ce qu’on appelle le full-remote !

Comment financer sa reconversion professionnelle quand on est kiné ?

Le financement de votre reconversion professionnelle va dépendre de nombreuses choses :

  • votre statut actuel (libéral ou salarié ?) ;
  • votre statut depuis que vous avez commencé à exercer ;
  • si vous avez déjà obtenu certains financements dans le cadre de la formation continue ou non ;
  • l’année où vous décidez de vous reconvertir (les lois au sujet du financement de la formation professionnelle changent TRÈS souvent) ;
  • votre future activité : avez-vous besoin de suivre une formation ? Combien de temps ?

Voici quelques conseils. À suivre bien sûr une fois que vous avez déterminé quelle profession vous souhaitez exercer. Bien que parfois, le mode de financement soit un des éléments qui nous permet de trancher quand on hésite !

  1. Si vous avez besoin de vous former, contactez les établissements qui dispensent la formation que vous visez. Rien qu’en visitant leurs sites internet, vous aurez déjà des informations sur les pistes de financement possible. Contactez-les dans tous les cas. Ils ont souvent des personnes dont le travail est justement d’aider les futurs étudiants à financer leur formation ! Ça peut être une faculté, une école ou un organisme privé.
  2. Demandez également à des kinés de votre entourage qui se sont reconvertis comment ils s’y sont pris. Vous pouvez aussi trouver des exemples dans le Groupe Facebook des kinés qui veulent se reconvertir (lien en fin d’article).
  3. Envisagez de vous auto-financer en mettant de l’argent de côté. Ou en continuant à travailler un peu comme kiné le temps que votre autre profession décolle ou que vous trouviez un emploi.
  4. Contactez un organisme qui accompagne dans la reconversion professionnelle. Je ne sais pas cependant si ces organismes utilisent des méthodes vraiment efficaces. J’imagine qu’ils font du mieux qu’ils peuvent.

Voici également une liste (non exhaustive) des 10 financements possibles pour un kiné en reconversion :

  • prêt bancaire ;
  • congé de formation professionnelle (CFP), pour les salariés ;
  • compte personnel de formation (CPF), pour tout le monde. Il a remplacé le CIF ;
  • financement d’une formation par Pôle-Emploi (si vous êtes demandeur d’emploi, après la fin d’un CDD ou si vous avez eu une rupture conventionnelle) et rémunération des formations pôle-emploi ;
  • aide de retour à l’emploi (si vous êtes demandeur d’emploi) ;
  • FIF-PL (surtout pour les formations dans le secteur des soins non conventionnés) ;
  • formation en alternance (nom officiel : Pro A : reconversion ou promotion par l’alternance) ;
  • budget interne de l’établissement de santé dans lequel vous travaillez ;
  • bourse d’établissements de santé ou de l’ARS (pour les filières santé) ;
  • chèque formation (délivré par les Conseils régionaux).

J’ai moi-même bénéficié d’un congé de formation professionnelle (CFP) lorsque j’étais kiné hospitalière. J’ai pendant 1 an conservé 80 % de mon salaire sans travailler comme kiné, en suivant mon master 2 Recherche à l’université. Master intégralement financé dans le cadre du CPD (+ allers-retour jusqu’au lieu de formation). C’était très confortable. Mon projet était ensuite de continuer sur une thèse avec un financement CIFRE, mais j’ai finalement décidé de ne pas poursuivre.

Conclusion : faut-il arrêter le métier de kiné ?

Bien évidemment, ce n’est pas à moi de trancher à votre place sur est-ce qu’il faut ou non arrêter le métier de kiné !

Je crois qu’il est normal qu’un jour où l’autre on se pose la question. En tout cas, c’est le cas d’à peu prêt tous les kinés de mon réseau perso, moi compris 🙂 !

Pour des raisons intrinsèques, propres à l’activité de kiné. Mais aussi extrinsèques, par exemple en cas de gros changement dans sa vie personnelle (comme avoir un enfant ou un gros soucis de santé).

Vouloir arrêter le métier de kiné est une chose. Mais pour répondre à cette question, on est obligé de se demander quoi faire à la place : que faire de tout ce temps qui se libère ? Comment subvenir tout de même à ses besoins financiers (et ses engagements actuels) ?

J’espère vous avoir donné dans cet article quelques pistes ! Si vous avez une expérience à partager, des questions, n’hésitez pas à les laisser en commentaire. Je vous laisse également avec quelques liens et ressources complémentaires !

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📚 SOURCES & RESSOURCES

Insee. Salaire médian en 2020.

Kiné Actu : Reconversion professionnelle, pourquoi ils semblent de plus en plus nombreux à y songer. 2020

Kinés devenus maîtres de conférence puis de nouveau cliniciens. Kiné Hurst KM. Experiences of new physiotherapy lecturers making the shift from clinical practice into academia. Physiotherapy. 2010 Sep;96(3):240-7. doi: 10.1016/j.physio.2009.11.009. Epub 2010 Jan 15. PMID: 20674657.

Sondage Harris. 2015. Métier préféré des français.

Puhanić P, Erić S, Talapko J, Škrlec I. Job Satisfaction and Burnout in Croatian Physiotherapists. Healthcare. 2022; 10(5):905. https://doi.org/10.3390/healthcare10050905

Salaire enseignant IFMK : grilles

Salaire enseignant lycée professionnel : grilles.

Salaire maître de conférence : grilles.

Joint Academy : entreprise qui développe le télé soin par des kinés.

Trouver un job de kiné salarié : Physiorama, Pôle-emploi, Fédération hospitalière de France

CPF : ce site pour consulter vos droits de formation quelque soit votre statut actuel

Site et annuaire du FIF PL surtout pour les formations dans le secteur des soins déconventionnés

Le Groupe Facebook : Kinés en détresse, penser à une reconversion professionnelle

photo de nelly darbois, kinésithérapeute et rédactrice web santé
Rédigé par Nelly Darbois

J’aime écrire des articles qui répondent aux questions des internautes en me basant sur mon expérience et des recherches approfondies dans la littérature scientifique internationale.

J’habite en Savoie 🌞❄️ où je travaille comme kiné et communicante pour des revues scientifiques et des sites web.
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Publié par Nelly Darbois

J'aime écrire des articles qui répondent aux questions des internautes en me basant sur mon expérience et des recherches approfondies dans la littérature scientifique internationale. J'habite en Savoie 🌄❄️ où je travaille comme kiné et créatrice de contenu pour des revues scientifiques et des sites web.

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