5 infos pour vous rassurer sur le rejet d’une prothèse de hanche

symptome rejet prothèse de hanche

Vous avez peur d’avoir un « rejet » de votre prothèse de hanche ? Vous vous demandez quels sont les symptômes d’un « rejet » ?

La crainte d’un rejet de prothèse est quelque chose que j’ai vu très souvent chez mes patient(e)s après une opération de la hanche. Pourtant, c’est un phénomène extrèmement rare, et qui n’est d’ailleurs pas vraiment un « rejet ».

Je tente de vous rassurer avec cet article ! Bonne lecture !

♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023.
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Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique

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guide de récupération sur les suites d'une prothèse de hanche, écrit par une kiné

1 – Ne confondons pas rejet d’organe et rejet de prothèse

Le terme « rejet » est utilisé à la fois par les patient(e)s pour décrire le rejet d’un organe transplanté et le rejet d’une prothèse de hanche. Mais ce sont deux situations différentes sur le plan médical et mécanique.

Rejet d’un organe : Il s’agit d’une réaction du système immunitaire de l’organisme receveur contre un organe transplanté, généralement parce qu’il est perçu comme étranger.

Cela peut entraîner le dysfonctionnement ou l’échec de l’organe transplanté (et potentiellement le décès) si cela n’est pas traité très rapidement.

Rejet d’une prothèse : le « rejet » est souvent utilisé pour décrire la réaction du corps à une prothèse ou un implant médical. Contrairement au rejet d’organe, il ne s’agit pas d’une réponse immunitaire contre un objet étranger, mais plutôt d’une réaction du corps à la présence de la prothèse.

Et cela se manifeste par une inflammation, qui peut être plus importante selon les personnes. Cette inflammation entraîne rougeur, gonflement et douleurs dans la hanche en regard de la prothèse.

Il ne s’agit pas d’un « rejet » : l’inflammation est au contraire un signe que votre corps est en train de s’adapter à votre prothèse. L’inflammation permet de délivrer dans le corps des substances qui aident les tissus abimés par l’opération à cicatriser.

Même en cas de réaction inflammatoire importante, il est extrèmement rare qu’il faille retirer ou changer la prothèse de hanche.

Lorsqu’un(e) chirurgienne décide de retirer une prothèse, c’est le plus souvent dans le cas d’un descellement (la prothèse n’est plus en place), d’une usure, d’une infection ou d’une allergie aux métaux.

2 – Il est rare de devoir changer ou enlever une prothèse

De nombreuses études sont réalisées pour suivre l’évolution des personnes dans les jours, mois et années qui suivent l’opération de la hanche.

Les chercheur(e)s notent la fréquence des gens qui ont besoin d’être à nouveau opéré à cause d’un problème avec leur prothèse. On parle dans ce cas de « reprise de prothèse« , « changement de prothèse » ou « révision de prothèse ».

Ce taux de reprise de prothèse de hanche est estimé à 8 % à 10 ans (Karachalios 2018). Cela veut dire que sur 100 personnes opérées d’une prothèse totale de hanche, 8 d’entre-elles auront besoin d’une nouvelle opération de leur hanche dans les 10 ans qui suivent.

Voici les raisons les plus fréquentes qui conduisent à une nouvelle opération de la hanche sur un échantillon de 535 patient(e)s aux États-Unis (Kelmer 2021) :

  • défaillance mécanique (37 %) [voir mon article : descellement après prothèse de hanche]
  • métallose (21 %) : lorsqu’une prothèse articulaire en métal est en place, des frottements entre les surfaces métalliques peuvent entraîner l’usure de la prothèse, libérant ainsi des particules métalliques dans les tissus environnants. Cela peut déclencher une réaction inflammatoire et provoquer des problèmes à long terme (plusieurs années) ;
  • luxation ou instabilité (15 %) [voir mon article : luxation après prothèse de hanche],
  • une fracture autour de la prothèse, souvent suit à une chute (10 %),
  • infection (10 %),
  • hématome ou une mauvaise cicatrisation de la plaie (3 %),
  • douleur ou raison inexpliquée (4 %).

Comme vous le voyez, le « rejet » de la prothèse n’est pas listé. Une reprise de prothèse est parfois nécessaire mais cela est lié à des phénomènes que l’on arrivez assez bien à décrire.

Voir aussi : quelle est la durée de vie d’une prothèse de hanche ?

3 – Dans les rares cas où la prothèse a besoin d’être changée, c’est en moyenne 8 ans après l’opération

Dans l’étude que j’ai déjà cité, l’équipe de recherche a aussi regardé au bout de combien de temps avait lieu le changement de prothèse de hanche dans les cas où un problème survenait :

  • en moyenne, la prothèse était reprise au bout de 8 ans ;
  • la reprise de la prothèse survenait dans les 2 ans après la première opération chez moins d’1 personne sur 3.

Conclusion : il est non seulement peu fréquent qu’une reprise de prothèse de hanche soit nécessaire (moins d’1 cas sur 10) mais en plus, chez ces 1 personne sur 10, seulement 1/3 d’entre-elles ont besoin que leur prothèse soit reprise dans les 2 ans qui suivent la première opération de la hanche.

Source : Kelmer 2021

4 – Les douleurs et le gonflement ne sont pas des symptômes suffisants pour diagnostiquer un « rejet »

Les douleurs après une opération de la hanche sont extrèmement fréquentes (pour ne pas dire systématiques).

La plupart des personnes ont besoin ont moins quelques jours de médicaments antalgiques plus ou moins forts. Certaines auront besoin plusieurs semaines de ces médicaments, même si à la base elles n’aiment pas recourir aux médicaments.

Ces douleurs sont souvent aussi associés à un gonflement, un oedème de la cuisse autour de la cicatrice, qui peut descendre aussi dans le genou, la jambe et le pied.

Ces symptômes ne sont pas les signes d’un rejet de votre prothèse.

Ce sont les signes d’une inflammation, tout à fait normale après une opération. Pour mettre en place la prothèse, votre chirurgien(ne) a du ouvrir et abimer des tissus.

Pour qu’ils puisse cicatriser naturellement, votre corps réagit avec l’inflammation.

Si ces douleurs et ce gonflement vous inquiètent, vous pouvez bien sûr en parler avec votre médecin traitant, kiné ou chirurgien(ne). Ces dernières sauront vous rassurer.

Il est rare que ces seuls symptômes nécessitent de faire des examens complémentaires (pris de sang, radio) pour s’assurer que tout va bien, car ils sont assez classiques et pas le signe d’un rejet de prothèse.

Ce sont d’autres symptômes comme du pus qui sort de la plaie, de la fièvre, ou des douleurs empêchant la marche et entraînant énormément de douleurs plusieurs mois après l’opération qui nécessitent (parfois) de pousser plus loin les examens.

5 – Votre médecin traitant ou kiné peut vous rassurer si votre chirurgien(ne) n’est pas disponible

Je sais qu’on est parfois gếné à l’idée de solliciter notre chirurgien(ne) lorsqu’on est inquiet après l’opération.

Cependant, il est toujours possible d’appeler son sécrétariat : les professionnel(le)s sont habitués à gérer ce type d’inquiétude et sauront vous indiquer ce que vous pouvez faire (prendre un rdv avec le chirurgien(ne), prendre rdv avec votre médecin traitant, ou attendre la radio de contrôle).

Si vous n’arrivez pas à joindre votre chirurgien(ne), ou si vous privilégiez l’avis de quelqu’un d’autre, vous pouvez vous tourner vers votre médecin traitant, votre kiné ou votre infirmier(e).

Ces 3 professionnel(le)s de santé sont habitués aux suites des prothèses de hanche. En posant vos questions, vous pourrez être rassuré(e) si cet article n’a pas suffit !

Et bien sûr, en cas de signe potentiellement non typique d’une évolution normale d’une prothèse de hanche, ces professionnel(le)s sauront vous indiquer ce qu’il convient de faire !

***

J’espère avoir réussi à répondre un peu à vos questions ! Je suis disponible pour échanger en commentaire sous l’article, au besoin !

Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une prothèse de hanche, j’ai aussi conçu ce guide au format ebook :

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📚 SOURCES

Kelmer G, Stone AH, Turcotte J, King PJ. Reasons for Revision: Primary Total Hip Arthroplasty Mechanisms of Failure. J Am Acad Orthop Surg. 2021 Jan 15;29(2):78-87. doi: 10.5435/JAAOS-D-19-00860. PMID: 32404682.

Karachalios T, Komnos G, Koutalos A. Total hip arthroplasty: Survival and modes of failure. EFORT Open Rev. 2018 May 21;3(5):232-239. doi: 10.1302/2058-5241.3.170068. PMID: 29951261; PMCID: PMC5994632.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

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