Vous remarquez que vos douleurs sont plus importantes la nuit après une fracture ?
Vous vous demandez si c’est normal, quand s’inquiéter, est-ce que ça peut être le signe d’une complication ?
Je vous rassure à ce sujet !
Résumé : il est très fréquent d’avoir plus mal la nuit après une fracture. Cela s’explique par des fluctuations hormonales, l’immobilité ou au contraire les mouvements involontaires, l’arrêt d’efficacité des médicaments et l’angoisse plus fréquente la nuit.
♻️ Dernière mise à jour : 18 mars 2024.
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Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
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Sommaire
1- Les hormones fluctuent la nuit : l’inflammation est plus élevée
Lorsque nous nous endormons, notre corps entre dans un état de récupération et de régénération. Pendant cette période, de nombreuses fonctions biologiques changent, y compris notre production hormonale.
Cela est dû aussi à l’alternance du jour et de la nuit : nos hormones sont aussi régulées en fonction de la luminosité et d’autres signaux que notre corps perçoit.
Après une fracture, notre corps déclenche une réponse inflammatoire pour aider à guérir la zone blessée. Cette réponse inflammatoire est une partie importante du processus de guérison, car elle permet d’envoyer des cellules immunitaires et des facteurs de croissance vers le site de la fracture pour favoriser la réparation des tissus endommagés.
Certains de ces changements hormonaux peuvent influencer l’inflammation dans notre corps.
Notamment :
- la production de certaines hormones anti-inflammatoires, telles que le cortisol, diminue naturellement la nuit,
- la production de certaines cytokines pro-inflammatoires peut augmenter. Elles amplifient la réponse inflammatoire dans le corps.
Cela peut entraîner une augmentation de la douleur et de l’inconfort associés à la fracture. Particulièrement en deuxième partie de nuit.
2- Vous pouvez bouger sans faire exprès le membre blessé
Une autre cause de douleur la nuit après une fracture est le mouvement involontaire du membre blessé pendant le sommeil.
Lorsque nous dormons, notre corps passe par différentes phases de sommeil, y compris des phases de mouvements involontaires et de changements de position.
Si vous avez une fracture, il est possible que vous bougiez inconsciemment le membre blessé pendant la nuit, ce qui peut augmenter votre douleur. Par exemple, en changeant de position, ou en vous tournant d’un côté.
🟢 Soyez rassuré cependant : depuis plus de 12 ans que j’ai obtenu mon DE de kiné, je n’ai JAMAIS été au contact de quelqu’un qui s’était aggravé sa fracture durant son sommeil.
Même si vous faites un « mauvais mouvement », ce mouvement ne dure pas longtemps. L’augmentation de douleur est transitoire et vous n’allez pas « tout casser » en bougeant dans votre sommeil si vous avez du matériel chirurgical, ni aggraver le foyer de fracture.
💡 Vous pouvez vous caller avec des coussins sous vos membres ou derrière votre dos pour trouver des positions plus confortables.
3- L’immobilité peut augmenter les douleurs
Lorsque vous avez une fracture, il est souvent recommandé de limiter le mouvement du membre blessé pour favoriser la consolidation. Mais c’est un juste équilibre à trouver car l’immobilisation prolongée n’est pas bonne non plus !
1️⃣ L’immobilité prolongée peut entraîner une stagnation du flux sanguin dans la région de la fracture.
Il peut y avoir une accumulation de fluides, de toxines et d’autres substances inflammatoires autour de la zone blessée. Ce qui peut provoquer une augmentation de la douleur.
2️⃣ Le manque de mouvement peut entraîner raideur des articulations et des muscles.
Cela peut aggraver la douleur et rendre plus difficile le mouvement du membre lorsqu’il est sollicité, notamment pendant la nuit lorsque nous changeons de position pendant le sommeil.
💡 Certaines personnes soulagent leur douleur en allant faire quelques pas ou en s’étirant la nuit.
4- Les médicaments contre la douleur peuvent cesser de faire effet pendant la nuit
Votre médecin ou chirurgien(ne)s vous a probablement prescrit des médicaments pour soulager vos douleurs dans les semaines qui suivent la fracture : paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) voire opioïdes.
La plupart de ces médicaments font effet seulement quelques heures après la prise.
Si vous prenez des médicaments contre la douleur juste avant de vous coucher, ils ne font souvent plus effet au milieu ou en fin de nuit.
💡Vous pouvez réfléchir aux horaires de prise de médicament contre la douleur en fonction de vos difficultés pour dormir. Vous pourriez décider d’en prendre moins la journée et plus la nuit (en respectant bien sûr les doses prescrites).
5- On est souvent plus angoissé la nuit
Pendant la journée, vos activités et vos interactions sociales peuvent agir comme des distractions, réduisant ainsi votre sensibilité à la douleur.
Cependant, la nuit, lorsque vous êtes au repos et seul avec vos pensées, vous êtes plus susceptible de remarquer la douleur de manière plus prononcée ou avoir des pensées négatives et des craintes sur la récupération et l’avenir, ce qui peut amplifier votre anxiété.
De plus, certaines hormones, telles que la sérotonine et la dopamine, qui régulent l’humeur et procurent une sensation de bien-être, peuvent être moins actives la nuit. Cela peut entraîner une augmentation de l’anxiété et une perception accrue de la douleur.
💡 Plus de 1000 personnes ayant eu une fracture de l’humérus, du radius, du plateau tibial ou de la cheville ont été interrogées sur leur sommeil dans mois ayant suivi leur fracture [Shulman 2015].
- 2 à 4 personnes sur 10 selon le type de fracture décrivaient des troubles du sommeil dans les 3 mois suivant la fracture ;
- moins de 2 personnes sur 10 avaient encore des troubles du sommeil 1 an après la fracture ;
- les personnes se décrivant comme les plus angoissées étaient celles qui avaient le plus de troubles du sommeil. Plus que celles qui décrivaient avoir plus de séquelles physiques de leur fracture.
📝 Qu’en retenir : quoi que vous fassiez, les douleurs vont s’estomper au fil des mois et des semaines. Une meilleure instalation, une adaptation de vos médicaments, l’application de froid sur la zone blessée peuvent aider à soulager les douleurs la nuit.
***
Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération, j’ai conçu ce guide au format ebook :
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📚 SOURCES
Lu K, Barron JO, Israel H, Cannada LK. Sleep disturbances in orthopaedic trauma patients. OTA Int. 2019 Jul 9;2(4):e040. doi: 10.1097/OI9.0000000000000040. Erratum in: OTA Int. 2019 Dec 27;2(4):e063. PMID: 33937668; PMCID: PMC7997085.
Swanson C. Sleep Disruption and Bone Health. Curr Osteoporos Rep. 2022 Jun;20(3):202-212. doi: 10.1007/s11914-022-00733-y. Epub 2022 Apr 30. PMID: 35488985; PMCID: PMC10108658.
Shulman BS, Liporace FA, Davidovitch RI, Karia R, Egol KA. Sleep disturbance after fracture is related to emotional well-being rather than functional result. J Orthop Trauma. 2015 Mar;29(3):e146-50. doi: 10.1097/BOT.0000000000000217. PMID: 25072285.

Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.



Bonjour Nelly,
J’ai 65 ans et je fais de l’ostéoporose. Je ne désire pas prendre de médicaments comme le fosamax, pour traiter mon ostéoporose. On m’a suggéré l’hormonothérapie bio-identique, mais rendue à mon âge, étant en ménopause depuis 10 ans, il est un peu tard pour la prendre à titre préventif, pour l’ostéoporose.
Pour faire court, j’aimerais savoir si un spécialiste en particulier pourrait me monter un programme pour renforcer mes vertèbres avant que ne survienne un tassement. J’en suis à ma 6e côte fêlée, depuis 2016, et lors de ma dernière, il y a 3 semaines, il y avait eu 6 mois que ça c’était produit. J’aurais sûrement besoin d’exercice pour cette partie de mon corps aussi.
Je ne sais pas si tu pourrais aussi me conseiller, concernant le stimulateur vertébral proposé par Luc Lallemand en France. Je suis du Québec et je n’ai pas réussi à trouver des avis sur ce stimulateur. Selon ton avis, est-ce quelque chose qui pourrait vraiment bien fonctionner pour faire régresser mon ostéoporose au niveau de mes vertèbres ou est-ce préférable de faire des exercices adaptés à ma situation. J’hésite, car c’est assez cher, surtout en le faisant livrer au Canada.
J’aimerais améliorer ma situation ou au mieux, éviter le plus possible une dégradation de mes os.
Je fais de la randonnée en montagne, qui je crois est bonne pour mes os des hanches et de mes jambes, mais pas pour les vertèbres, selon Luc Lallemand.
Merci pour tes réponses, ce sera très apprécié.
Bonjour,
Merci pour ta confiance.
Je parle des choses qu’on peut mettre en place en cas d’ostéopose (hormis médicament) dans cet article :
https://kinedarbois.fr/2023/11/18/remede-de-grand-mere-pour-consolider-les-os/
Je ne crois pas en l’intérêt d’un tel stimulateur (pas d’études cliniques, faible plausibilité théorique).
Bonne continuation !