Prévention des chutes chez les personnes âgées à domicile

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De nombreuses personnes se préoccupent de la prévention des chutes chez les personnes âgées à domicile. Les chutes de sa hauteur sont effet plus fréquentes chez une personne qui avance en âge, chez les « seniors ».

Que vous soyez vous-même une personne à risque de chute, ou que vous soyez aidant-e ou soignant-e, cet article répond aux questions que se posent le plus souvent les personnes au contact de gens vivant au domicile, en EHPAD ou en foyer-logement, et à risque de chute.

Pour répondre à ces questions, je m’appuie à la fois sur :

  • 👩🏽‍⚕️ mon expérience de kiné depuis 2009, et plus particulièrement de kiné exclusivement à domicile depuis 2019. En tant que kinésithérapeute à domicile, nous avons très souvent l’occasion de prendre en charge des personnes âgées de plus de 65 ans. Quelque soit le motif de la prescription pour ces personnes et leurs pathologies, les kinésithérapeutes évaluent en général l’équilibre de ces personnes pour voir s’il est pertinent de mettre en place des choses pour prévenir le risque de chute ;
  • 📚 mes recherches approfondies dans la littérature scientifique internationale (toutes les références en fin d’article).

Plusieurs dizaines d’études montrent que le fait de pratiquer régulièrement des exercices physiques (et pas seulement de l’activité physique) est un bon moyen de prévenir le risque de chute.

Voici plus de détails sur l’intérêt des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre pour prévenir les chutes. Pour qui ? Comment ? A quelle fréquence ? Quels effets ? Est-ce la même chose pour les personnes à domicile, en EHPAD, en foyer logement ? Comment concrètement et réalistement prévenir le risque de chute des personnes âgées sur la base de nos connaissances actuelles ?

Dernière mise à jour : mars 2022

Sommaire

  1. Pourquoi les personnes âgées tombent (en général) plus souvent ?
    1. Changements physiologiques et environnementaux avec l’âge
    2. Facteurs de risque de chute
    3. Évaluer le risque de chute
  2. Prévention des chutes dans les lieux de vie collectifs non médicalisés
    1. Pour qui ?
    2. Quels exercices ?
    3. À quelle fréquence ? Quel dosage ?
    4. Seul, avec un kiné ou en groupe ?
    5. Effet des exercices sur le risque de chute
  3. Prévention des chutes à domicile
  4. Prévention des chutes en EHPAD, maison de repos, milieu hospitalier
  5. Faut-il suivre des séances de kinésithérapie pour la prévention des chutes ?
  6. Où trouver un livret PDF d’exercices de prévention des chutes ?
  7. Que faire d’autres que les exercices pour la prévention des chutes ?
  8. Résumé : comment prévenir la chute d’une personne âgée à domicile

Pourquoi les personnes âgées tombent souvent ?

Avec l’avancée en âge, nos capacités d’équilibre diminuent et nous sommes plus à risque de chute. Nous allons voir :

Changements physiologiques et environnementaux avec l’âge

Même en dehors de toute pathologie, des modifications ont lieu dans notre corps et dans notre environnement au fur et à mesure qu’on avance en âge. Bien sûr il existe de grandes variabilités individuelles : certaines personnes vieilliront physiologiquement plus vites que d’autres, pour des raisons génétiques mais aussi en fonction de comportements qu’elles ont adopté ou de l’environnement dans lequel elles ont évolué. D’autres au contraire changement bien moins vite.

Le « vieillissement » (on pourrait dire tout simplement aussi « changement ») physiologique touche tout ce qui compose notre corps :

  • nos cellules ;
  • nos gènes ;
  • nos tissus (peau, os, etc.) ;
  • nos molécules.

Vous trouverez beaucoup d’informations en français à ce sujet dans n’importe quel livre de physiologie humaine, ont sur de nombreux sites internet. Tapez simplement des mots clés dans votre moteur de recherche tels que « physiologie du vieillissement », « physiopathologie du vieillissement ».

Voici quelques exemples de changements physiologiques qui ont potentiellement un impact sur le risque de chute :

  • notre métabolisme change. On perd de la masse maigre (os, muscles, organes) et on prend de la masse grasse ;
  • notre sommeil est altéré (moindre en quantité, de moins bonne qualité, plus de réveils) ;
  • notre vision diminue ;
  • notre sensibilité proprioceptive diminue. Les capteurs que l’on a partout sur le corps et qui permettent de déclencher des réflexes pour éviter de tomber sont moins compétents ;
  • notre capacité respiratoire diminue.

Ces modifications débutent pour certaines parfois entre 20 et 40 ans, et sont plus importantes au fur et à mesure qu’on avance en âge. Avec bien sûr, ne l’oublions pas, de grande différence entre chaque individu !

Facteurs de risque de chute des personnes âgées

Plusieurs dizaines d’études cherchent ce qu’on appelle les facteurs de risque de chute. Certains de ces facteurs sont dits intrinsèques : propres à la personne. Ils sont plus fréquents chez les personnes qui, toutes choses égales par ailleurs, chutent. Mais cela ne veut pas dire forcément qu’ils causent directement les chutes.

C’est pour cela que même en agissant dessus, il n’est pas certain que l’on diminue significativement le risque de chute.

Ces études montrent par exemple que les personnes de plus de 60 ans chutent plus souvent si elles ont (Jehu 2021) :

  • 👁️ une moins bonne vue ;
  • 🧠 des problèmes cognitifs (mémoire, troubles de l’attention, etc.) ;
  • 🙄 déjà chuté au cours de l’année passée ;
  • 🧑🏻‍🦯 une marche moins rapide (inférieure à 0,6 mètres/seconde) ;
  • 💊 plus de 4 médicaments, ou des médicaments psychotropes ;
  • 🫀 de l’hypotension orthostatique (chutes de tension) (Mol 2019).

Également, il existe des facteurs de risque extrinsèques, en lien avec l’environnement :

  • habitat mal adapté ;
  • sédentarité, vie moins active.

Évaluer le risque de chute des personnes âgées

Comment savoir si une personne âgée est à risque de chute plus élevé que la moyenne ?

On peut déjà regarder si elle a des facteurs de risque identifiés.

Il existe également des tests ou des échelles que peuvent faire passer les médecins ou les kinésithérapeutes. Les plus répandus en France sont :

  • le test de Tinetti ;
  • le Timed Up and Go test ;
  • l’échelle de Berg ;
  • la mesure de la vitsse de marche sur 10 mètres lancés ;
  • le test assis-debout (Chair Stand Test) ;
  • l’échelle de Stratify / Saint Thomas (surtout en SSR).

Il n’y en a pas un qui se démarque particulièrement. Les équipes de recherche conseillent d’en utiliser 2 pour avoir un aperçu plus fin du risque de chute (Park 2018).

Certains kinés ou médecins vont également tester simplement l’équilibre unipodal de la personne : arrive-t-elle à rester plus de 10 secondes en équilibre sur une jambe sans se tenir ? C’est un test extrêmement simple et rapide à mettre en place, et dont la fiabilité a aussi été testée.

Comme toujours en médecine/rééducation, il est bon de se demander ce que l’on va faire des résultats de ces tests avant d’y recourir.

Tester pour tester n’a pas vraiment d’intérêt (à part parfois satisfaire son besoin de « faire quelque chose »).

Est-ce que par exemple, selon les résultats des tests, on va mettre en place des choses différentes ? Dans la plupart des cas, je trouve le recours aux tests inutiles. J’y ai recours uniquement dans des contextes particuliers, pour :

  • solliciter une prise en charge en soin de suite et de réadaptation ou en hôpital de jour ;
  • rendre des comptes à une famille ou un professionnel qui a vraiment exprimé le souhait de quantifier un peu l’évolution de l’équilibre de son proche u de son patient.

Plusieurs facteurs de risque de chute ont été identifiés chez les personnes âgées. Il est parfois possible d’agir dessus pour limiter la fréquence des chutes.

Prévention des chutes des personnes âgées vivant en lieu de vie non médicalisé

Il est plus facile de mener des études sur des personnes vivant dans des lieux collectifs. C’est pour cela qu’il y a plus d’études sur la prévention des chutes chez ce type de personnes. Nous allons donc parcourir ces études dans un premier temps. Nous pourront en tirer des enseignements y compris pour les personnes qui vivent à leur domicile.

Quels types de personnes concernées ?

Plusieurs dizaines d’études sur l’effet de l’exercice sur les chutes ont été réalisées chez des personnes de plus 65 ans qui vivent dans des lieux dits communautaires. Il s’agit par exemple en France des foyers-logements ou des résidences séniors, dans le privé comme dans le public : des lieux dont les locaux où les services proposés sont adaptés aux personnes âgées ou à mobilité réduite. Il s’agit cependant de lieux non médicalisés. Du personnel médical ou para-médical peut venir ponctuellement mais n’est pas présent en permanence sur les lieux. Les personnes résidant dans ce type de lieu sont donc des personnes conservant une certaine autonomie.

De nombreuses études ont été réalisées sur ce type de personnes afin de trouver des interventions qui permettent de réduire leur risque de chute. Parmi elles, 108 études ont comparé l’effet de la pratique régulière d’exercices physiques comparativement à l’absence d’une telle pratique. Ces études ont été menées dans 25 pays sur plus de 20 000 personnes. Les participant.es avaient en moyenne 76 ans et 77 % étaient des femmes. Elles étaient ou non à risque de chute.

L‘insuffisance cardiaque n’est pas une contre-indication à l’exercice physique. Les personnes qui sont déjà tombées et qui ont eu une fracture du fémur peuvent aussi bénéficier de séances de rééducation pour limiter le risque d’une nouvelle chute : on parle alors de prévention secondaire. Même chose après une chute ayant entraîné par exemple :

Les kinésithérapeutes identifient éventuellement les facteurs de chute de la personne. En voici quelques-uns :

  • une aide technique de marche non adaptée ;
  • un sol glissant, ou recouvert de tapis ;
  • une installation du mobilier et des sanitaires non optimale ;
  • de l’hypotension orthostatique ;
  • un vertige positionnel.

Quels exercices réaliser ?

Est-ce que tous les types d’exercice sont intéressants à pratiquer pour prévenir les chutes ? Par exemple, est-ce que le fait de marcher a le même effet que de réaliser des exercices d’équilibre spécifiques ?

Ces études permettent de dire que pour prévenir les chutes il vaut mieux :

  • faire plusieurs types d’exercices ;
  • faire des exercices d’équilibre (avec ou sans matériel. Le Tai-Chi peut être considéré comme une activité sollicitant l’équilibre, comme le pilates ou le yoga. Peu importe la façon dont on appelle l’activité !);
  • faire des exercices fonctionnels (comme se relever plusieurs fois d’une chaise) ;
  • faire des exercices contre résistance (par exemple, pousser un poids avec le pied en marchant sur le côté).

Le fait de simplement marcher ou danser ne semble pas suffire pour prévenir le risque de chute. Concernant les effets de séances composées principalement d’étirements ou sollicitant l’endurance, il n’y a pas d’études qui permettent de connaître leurs effets.

Exercice d'équilibre pour la prévention des chutes
De nombreux exercices d’équilibre peuvent être réalisés sans matériel particulier. Les kinésithérapeutes peuvent identifier les plus pertinents en fonction des capacités fonctionnelles et d’équilibre de chaque personne. Ici, un exercice relativement complexe.

A quelle fréquence réaliser des exercices ?

Les exercices réalisés dans les études avaient lieu au moins une fois par semaine durant une trentaine de minute à une heure, et jusqu’à trois fois ou plus. Ils étaient répétés sur plusieurs semaines ou mois, souvent au moins 12 semaines.

Bien qu’il n’y ait pas encore beaucoup de données pour connaître la fréquence idéale, il semble que les effets des exercices physiques soient meilleurs lorsqu’ils sont réalisés 3 fois par semaine plutôt qu’une fois par semaine.

Faut-il mieux réaliser ces exercices seul ou en groupe

Il n’y a pas de données suffisantes pour recommander plutôt la pratique en groupe ou seul. En l’absence de telles données, le risque de chute des personnes à qui s’adressent les programmes est un facteur déterminant pour choisir de réaliser ces séances seul ou en groupe. Si la personne est à risque de chute élevé, mieux vaudra qu’elle réalise ses exercices sous supervision et en individuel afin que sa sécurité soit assurée.

Il est tout à fait possible que l’exercice physique est un effet même réalisé en parfaite autonomie, sans kinésithérapeute ou autre professionnel guidant les exercices. Cependant, certaines personnes peuvent avoir besoin d’un professionnel pour assurer leur sécurité ou pour savoir comment procéder et être motivé.es.

Le risque de chute est-il vraiment diminué ?

L’exercice physique dans les conditions décrites précédemment réduit vraiment le risque de chute chez ces personnes. Précisément, il réduit le risque de chute dans le temps d’environ un quart par rapport à des personnes n’en pratiquant pas. Que cela signifie-t-il concrètement ?

Cela signifie que si on prend au hasard 1 000 personnes de plus de 65 ans et qu’on les suit durant un an :

  • 850 chutes surviendront si elles ne pratiquent pas d’exercices physique ;
  • 655 chutes surviendront si elles pratiquent de l’exercice physique, soit 1/4 en moins.

Il y a moins de chutes dans les groupes de personnes pratiquant de l’exercice physique, mais aussi moins de personnes chuteuses (qu’elles tombent un ou plusieurs fois). Si 480 personnes font 1 ou plusieurs chutes en un an, elles seront 72 de moins dans un groupe pratiquant ces exercices.

Prévention des chutes chez les personnes âgées : résultats via l'exercice physique
Selon les chiffres de la Cochrane

Est-ce que les exercices ont un effet aussi sur d’autres paramètres, comme le nombre de factures ou d’hospitalisations, la consommation de soins médicaux ou la qualité de vie générale ? Il y a moins de données concernant ces autres indicateurs. Il semble tout de même que l’exercice physique réduit aussi le risque de fracture d’environ 1/4.

Les exercices et la kinésithérapie peuvent aussi diminuer la peur de tomber des personnes âgées de plus de 65 ans.

Y a-t-il des effets secondaires lorsqu’on pratique des exercices ?

Dans les études, des effets secondaires en lien avec la pratique de l’exercice physique sont parfois relevés. Il s’agit dans l’extrême majorité des cas de douleurs ou troubles d’origine musculo-squelettique sans aucune gravité. Sur les 23 000 personnes, seules 2 ont eu des effets secondaires plus conséquent : une fracture secondaire et une hernie discale, qui ont été attribuées à la pratique des exercices.

Pratiquer régulièrement des exercices physiques permet de limiter la fréquence des chutes des personnes âgées vivant dans des lieux de vie collectifs non médicalisés, avec un risque d’effets secondaires faible et jugés peu graves.

Prévention des chutes des personnes âgées vivant à domicile

Chez les personnes âgées vivant à domicile, des programmes d’exercices physiques associés à de l’éducation sur la prévention des chutes ou des visites à domicile pour en évaluer la sécurité sont parfois réalisés. Les personnes bénéficiant de ces programmes tombent probablement moins et moins souvent, mais les personnes vivant à domicile sont moins étudiées que les personnes vivant en milieu communautaire.

Là encore, mieux vaut privilégier des exercices physiques sollicitant la force, la fonction et l’équilibre, que de simplement marcher. Mais cela est à adapter au cas par cas. Par exemple, certaines personnes (ou leurs proches en cas de troubles cognitifs) peuvent souhaiter avant tout maintenir les capacités de marche en extérieur ; dans ce cas, un accompagnement à la marche peut être pertinent.

Chez les personnes qui ont un cancer (qu’elles soient âgées ou non), l’exercice physique peut améliorer la force, la souplesse et l’équilibre, mais il y a encore trop peu de données pour connaître avec précision ses effets. La seule étude recensée ne montrait pas de diminution du risque de chute.

Chez les personnes âgées ayant déjà chuté, la rééducation d’un syndrome post-chute est parfois nécessaire. Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson peuvent aussi tirer des avantages de la kinésithérapie, mais sur d’autres paramètres que la fréquence des chutes.

Des exercices pratiqués régulièrement limitent aussi le risque de chute des personnes âgées vivant à domicile.

Prévention des chutes en EHPAD, maison de repos, milieu hospitalier

Il existe aussi des études menées plus spécifiquement sur ces lieux de vie. Une synthèse de la collaboration Cochrane recense une soixantaine d’études sur le sujet, incluant plus de 6000 personnes résidant en EHPAD (Crocker 2013). Les exercices physiques étaient délivrés par des professionnels de la rééducation (kinésithérapeutes, ergothérapeutes).

Là encore, il y a de bonnes raisons de penser que l’exercice physique en EHPAD est bénéfique pour limiter la fréquence des chutes. Tous les résident-es ne peuvent cependant pas forcément suivre de tels exercices, ou ne le souhaitent pas.

Faut-il suivre des séances de kinésithérapie pour la prévention des chutes ?

En France, les médecins prescrivent régulièrement des séances de kinésithérapie pour la prévention des chutes chez les personnes âgées. Ces séances sont prises en charge à 100 % par la sécurité sociale et les complémentaires santé. Même chose pour les personnes résidant en foyer de vie ou en EHPAD. Il s’agit dans ce cas de séances individuelles, réalisée en cabinet ou par un-e kinésithérapeute à domicile.

Dans ce contexte, il est souvent pertinent de recourir à des kinés pour la prévention du risque de chute des personnes âgées. Il s’agit d’un choix de société de prendre en charge collectivement ce type de prestation, sur lesquels en tant que citoyen nous n’avons pas de marge d’action (voir mon article sur l’amélioration de la reconnaissance des soignants et le RIC Constituant).

D’autres professionnels peuvent aussi avoir développé des compétences pour superviser ce type d’exercices :

  • enseignant-es d’activité physique adaptée ;
  • coachs sportifs ;
  • infirmier et infirmières ;
  • aides-soignant-es ;
  • auxiliaires de vie ;
  • ergothérapeutes ;
  • psychomotricien-nes.

Dans la plupart des cas, leur prise en charge est payante (parfois en partie déductible des impôts). Selon votre lieu de vie, certaines communes, établissements de santé ou départements proposent des séances collectives d’activité physique adaptée à destination des séniors, en partie ou en totalité prises en charge. Souvent sous forme d’atelier. Renseignez-vous directement auprès d’eux. C’est le cas également pour certaines mutuelles.

Certain-es de ces professionnels, et notamment les kinés et ergothérapeutes, peuvent aussi vous donner des pistes pour la prévention des chutes au-delà de la « simple » supervision d’exercices :

  • aménagement du logement,
  • surveillance des troubles orthostatiques,
  • choix de l’aide technique à la marche la plus adaptée, etc.

Enfin, certaines personnes sont en mesure par elles-même de réaliser des exercices pertinents. Par exemple, en se rendant sur des parcours de santé, ou même simplement à leur domicile. Des applications, des vidéos et des livrets sur la prévention des chutes existent.

🔗 À lire : kiné à domicile pour personne âgée

Les kinésithérapeutes font parti des professionnels pouvant assurer la prévention des chutes chez les séniors. Particulièrement pour les personnes les plus à risque de chute et qui ont besoin d’être supervisées individuellement. En France, une prise en charge financière à 100 % est possible par la sécu et les mutuelles.

Où trouver un livret PDF d’exercices de prévention des chutes ?

Voici une sélection de brochures gratuites en PDF présentant certains exercices sollicitant la force et l’équilibre, accessibles aux personnes qui souhaitent prévenir leur risque de chute :

  • Livret de la sécurité sociale australienne (très synthétique, vous avez tout sur 2 pages, les exercices les plus simples et faciles à mettre en place. En anglais mais les images peuvent suffire) ;
  • SSR du CH de Créteil, page 12-19 (très facile, surtout pour les personnes ayant du mal à tenir debout sans l’aide des mains) ;
  • Bureau de prévention des accidents suisse, page 45-57 (niveau intermédiaire, beaucoup d’exercices et d’idées, pas tous illustrés) ;

Également, 2 vidéos (vous en trouverez de nombreuses autres sur internet avec des mots clés comme « exercices sénior », « exercices d’équilibre sénior », « gym sénior ») :

Exercices faciles avec une chaise sollicitant équilibre et force
Exercices faciles sollicitant l’équilibre et la force avec explications

Ces exercices sont trop faciles pour vous ou votre proche ? Cherchez du contenu pas spécifiquement destiné aux séniors, ou consultez un professionnel (kiné, APA, coach sportif, etc.).

Ces exercices sont trop difficiles pour vous ou votre proche ? Une prise en charge en kinésithérapie à domicile ou en cabinet semble adaptée pour trouver les exercices adaptés.

Que faire d’autre que les exercices pour la prévention des chutes ?

Il est possible d’intervenir sur d’autres facteurs pour prévenir les chutes. Voici un ensemble de choses qui peuvent être réalisées par un-e kinésithérapeute à domicile, un-e ergothérapeute faisant une visite à domicile, ou plus rarement un médecin ou un kiné depuis son cabinet :

  • aménager l’habitat par des mesures simples (éclairage adapté, pose de barres d’appui dans les couloir, les toilettes ou sur le lit, fixer les tapis ou les enlever, etc.),
  • corriger certains troubles de la vision (opération de la cataracte) ou des troubles du rythme cardiaque (pose d’un pacemaker),
  • corriger une hypotension (une chute de tension qui provoque des vertiges) par le port de bas ou chaussettes de contention, ou en donnant des conseils pour se relever plus doucement ;
  • réexaminer régulier et méthodiquement l’intérêt de chaque médicament de l’ordonnance susceptible de favoriser les chutes ;
  • encourager l’activité physique régulière, l’exposition au soleil, l’apport alimentaire suffisant en calcium, la diminution de la consommation de tabac, d’alcool et de caféine.

⚠️ La prise de vitamine D ou de calcium ne permettent pas de limiter la survenue de fracture en cas de chute (JAMA 2019).

Il est difficile d’évaluer de manière quantifiée et précise l’impact de chacune de ces interventions prises isolément ou même de l’ensemble de ces interventions. Cependant, elles sont théoriquement cohérentes. Et plusieurs études (Cochrane 2018) montrent que ces interventions, associés à la pratique d’exercice physique régulière, peuvent diminuer la fréquence des chutes (mais pas d’autres paramètres tels que la fréquence d’hospitalisation).

Aménager le lieu de vie et limiter le risque de chute liée à un problème de tension fait partie des autres mesures que les kinés peuvent mettre en place pour prévenir le risque de chute.

Résumé : prévention des chutes des personnes âgées

Pratiquer des exercices physiques après 65 ans diminue le risque de chuter / de chuter souvent (mais ne semble pas avoir d’impact sur d’autres choses, comme la qualité de vie, les fractures, les hospitalisations).

Mieux vaut privilégier des exercices d’équilibre, des exercices fonctionnels et des exercices contre résistance que de l’activité physique pure (marche ou danse).

Pratiquer idéalement ces exercices 2 à 3 fois par semaine durant 30 minutes à 1 heure au moins 3 mois. Dans la vraie vie, le plus que l’on peut, c’est déjà ça ! Pas envie ? Il n’y a pas à culpabiliser, les effets positifs étant faibles ou incertains à l’échelle de la population même en pratiquant très souvent.

D’autres choses peuvent être mises en place par des kinés, ergothérapeutes et médecins pour prévenir le risque de chute (aménagement de l’habitat, correction des troubles orthostatiques, etc.).

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📘 Références 📘

Il existe des milliers d’études (et surtout, de synthèses d’études) sur la prévention des chutes chez les personnes âgées. Cela questionne d’ailleurs sur l’intérêt de continuer éternellement les recherches sur le sujet.

Voici les synthèses d’études sur lesquelles je me suis appuyée pour rédiger cet article. Je les ai sélectionné en fonction de ces 4 critères :

  • pertinence au regard des questions des internautes sur le sujet (questionnement lui-même objectivé via Answerthepublic) ;
  • date de publication la plus récente possible ;
  • accessibilité (via sci-hub) ;
  • sérieux de la revue dans laquelle la synthèse est publiée.

À noter que les dernières recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) sur la prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée datent de 2005 (ici).

Jehu DA, Davis JC, Falck RS, Bennett KJ, Tai D, Souza MF, Cavalcante BR, Zhao M, Liu-Ambrose T. Risk factors for recurrent falls in older adults: A systematic review with meta-analysis. Maturitas. 2021 Feb;144:23-28. doi: 10.1016/j.maturitas.2020.10.021. Epub 2020 Nov 2. PMID: 33358204.

Mol A, Bui Hoang PTS, Sharmin S, Reijnierse EM, van Wezel RJA, Meskers CGM, Maier AB. Orthostatic Hypotension and Falls in Older Adults: A Systematic Review and Meta-analysis. J Am Med Dir Assoc. 2019 May;20(5):589-597.e5. doi: 10.1016/j.jamda.2018.11.003. Epub 2018 Dec 21. PMID: 30583909.

Park SH. Tools for assessing fall risk in the elderly: a systematic review and meta-analysis. Aging Clin Exp Res. 2018 Jan;30(1):1-16. doi: 10.1007/s40520-017-0749-0. Epub 2017 Apr 3. PMID: 28374345.

Gafner SC, Allet L, Hilfiker R, Bastiaenen CHG. Reliability and Diagnostic Accuracy of Commonly Used Performance Tests Relative to Fall History in Older Persons: A Systematic Review. Clin Interv Aging. 2021 Aug 28;16:1591-1616. doi: 10.2147/CIA.S322506. PMID: 34483656; PMCID: PMC8409789.

Cochrane. L’exercice physique pour la prévention des chutes chez les personnes âgées en milieu communautaire. 2019

Cochrane. L’exercice physique pour réduire les chutes chez les personnes vivant avec le cancer et au-delà. 2018

Cochrane. Les interventions fondées sur l’évaluation individuelle du risque de chute et les interventions à composantes visant à prévenir les chutes chez les personnes âgées non institutionnalisées. 2018

Cochrane. Interventions pour la prévention des chutes chez les personnes âgées vivant dans la communauté. 2013

Cochrane. Exercice pour améliorer l’équilibre chez les personnes âgées. 2012

Crocker T, Forster A, Young J, Brown L, Ozer S, Smith J, Green J, Hardy J, Burns E, Glidewell E, Greenwood DC. Physical rehabilitation for older people in long-term care. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013, Issue 2. Art. No.: CD004294. DOI: 10.1002/14651858.CD004294.pub3

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Sherrington C, Fairhall N, Kwok W, Wallbank G, Tiedemann A, Michaleff ZA, Ng CACM, Bauman A. Evidence on physical activity and falls prevention for people aged 65+ years: systematic review to inform the WHO guidelines on physical activity and sedentary behaviour. Int J Behav Nutr Phys Act. 2020 Nov 26;17(1):144. doi: 10.1186/s12966-020-01041-3. PMID: 33239019; PMCID: PMC7689963.

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Publié par Nelly Darbois

Kinésithérapeute à domicile à Saint-Alban Leysse et ses environs (Savoie), rédactrice scientifique, journaliste santé.

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