Entorse de cheville Grade 1 : quelle durée ? (+ Conseils)

Vous avez une entorse de la cheville de grade ou stade 1 (= légère) ou vous êtes un étudiant en kiné avec des questions sur la durée de guérison ?

Combien de temps durent les gonflements, les douleurs, les ecchymoses, l’immobilisation, la rééducation, la marche avec des béquilles, l’interruption du travail et du sport, etc.

En tant que kiné, je réponds à vos questions. Sur la base de mon expérience et des études scientifiques publiées dans le monde entier sur le sujet

Pour vous rassurer 🙂.

Message à retenir : les entorses de cheville de grade 1 peuvent prendre de quelques jours à 5/6 semaines pour guérir. La douleur et l’enflure peuvent persister plus longtemps, parfois jusqu’à un an. Cependant, vous pouvez souvent reprendre toutes vos activités en quelques semaines le plus souvent !

♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023.
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Si vous souhaitez plus d’informations sur cette période de rééducation et les exercices qu’il est possible de faire, j’ai dédié un ebook à ce sujet.

couverture de l'ebook sur la rééducation d'une entorse de cheville

Qu’est-ce qu’une entorse de la cheville de grade 1 ?

Les blessures à la cheville peuvent englober toute une série de problèmes, allant de la simple torsion de cheville sans lésion des ligaments, jusqu’au ligament totalement rompu avec un arrachement osseux.

Entorses de la cheville de grade 1 = entorses de stade 1 = entorses légères de la cheville

Contrairement aux entorses de grade 2 et 3, les entorses de grade 1 impliquent des dommages minimes au ligament, avec seulement de légers étirements ou des déchirures mineures des fibres .

Lorsque vous avez une entorse de grade 1 vos ligaments restent habituelement fonctionnels pour stabiliser votre cheville.

Bien qu’il existe une ligne directrice générale suggérant que les entorses de grade 1 guérissent plus rapidement que les entorses de grades 2 et 3, la réalité est plus nuancée.

Par exemple, la gravité de l’entorse n’est pas toujours en lien avec l’intensité de la douleur : vous pouvez avoir très mal et avoir une entorse de grade 1 avec un ligament très peu abimé.

schéma entorse cheville grade 1 2 ou 3

Comment savoir si mon entorse de la cheville est de grade 1 ?

Il n’est pas toujours facile de savoir si une entorse de la cheville est de grade 1 ou 2 . Même par un professionnel de santé !

Cependant, la gravité de l’entorse n’est pas nécessairement liée au temps de guérison.

Même si vous connaissez le degré de votre entorse de la cheville, le processus de traitement et de récupération sera similaire !

Certains signes indiquant que vous pourriez avoir une entorse de grade 1 comprennent une légère douleur, un gonflement et une sensibilité autour de la cheville. Ainsi que des difficultés à prendre appui sur le pied avec l’entorse.

Si vous avez une entorse de grade 2, vous pouvez ressentir une douleur, un gonflement et une sensibilité modérés, et avoir des difficultés à mettre du poids sur le pied affecté.

Comme vous pouvez le constater, il n’y a pas beaucoup de différence !

photo d'une entorse de cheville de grade 1
Mon entorse de cheville de grade 1 🙂

Combien de temps le gonflement persiste après une entorse de grade 1 ?

L’enflure est une préoccupation courante après une entorse de la cheville. Voici les principaux points à retenir concernant le gonflement.

L’enflure est due à l’accumulation de liquides dans les différentes couches de tissu de la cheville, en réponse à l’inflammation du ligament et des zones environnantes.

Ce processus inflammatoire sert à faciliter la réparation des tissus endommagés en apportant des substances essentielles à la zone blessée via ces fluides, accélérant ainsi le processus naturel de guérison.

En règle générale, le gonflement atteint son apogée dans les premiers jours qui suivent la blessure .

Cependant, même en cas d’entorse de la cheville de grade 1, l’enflure peut persister et rester perceptible pendant deux à trois mois.

Un gonflement isolé ne devrait pas être une source de préoccupation majeure. Au fil des mois, voire des années, la cheville retrouvera progressivement sa taille habituelle, un phénomène qui se vérifie même pour les entorses les plus sévères.

La présence d’un gonflement n’est pas nécessairement liée à des difficultés à marcher ou à pratiquer des activités sportives. En fait, cela peut sembler contre-intuitif, mais les personnes présentant un œdème important de la cheville sont souvent encore capables de bouger aussi bien que celles présentant peu ou pas de gonflement !

Voir aussi : Combien de temps dure le gonflement après une entorse de la cheville ?

Combien de temps dure l’hématome en cas d’entorse de la cheville de grade 1 ?

Un hématome est du sang sous la peau. Après une entorse, de minuscules vaisseaux sanguins, appelés capillaires, peuvent se rompre. Cela peut même se produire à partir d’une simple prise de sang, et ce n’est pas en soi une préoccupation importante.

L’hématome lui-même n’est pas directement visible, mais ce qui est souvent observé après une entorse, ce sont des ecchymoses. Les ecchymoses peuvent présenter différentes nuances, notamment le jaune, le violet, le rouge ou le vert, en raison du sang qui s’échappe de ses vaisseaux.

Cela devient souvent un sujet de préoccupation pour les patients.

Les différentes couleurs d’une ecchymose sont liées aux composants de l’hémoglobine, un composant du sang. Même s’il reste dans les vaisseaux sanguins, il n’affecte pas la coloration de la peau.

Cependant, une fois échappée, la peau prend ces teintes.

Au début, la peau apparaît rouge, gonflée et sensible, et avec le temps, les couleurs deviennent plus prononcées. Il n’est pas rare que l’ecchymose s’étende, mais cette expansion, lorsqu’elle est isolée, n’est pas le signe d’une entorse plus grave.

Comparés aux gonflements, les ecchymoses et les hématomes ont tendance à avoir une durée plus courte. Leur présence peut durer de quelques jours à quelques semaines, s’étendant rarement jusqu’à quelques mois.

Comme pour le gonflement, cette réaction est considérée comme « normale » en réponse au traumatisme physique mineur associé à une entorse de grade 1. La présence d’ecchymoses n’implique pas nécessairement une entorse de la cheville plus grave.

Quelle est la durée typique de la douleur suite à une entorse de la cheville de grade 1 ?

Tout d’abord, explorons ce qui cause la douleur après une entorse de grade 1 avant d’examiner combien de temps elle dure habituellement.

Quelles sont les causes de la douleur ?

Une entorse de la cheville de grade 1 génère de nombreux petits débris provenant des fibres ligamentaires déchirées. Ces fragments entrent en contact avec diverses substances chimiques, déclenchant une réponse inflammatoire (Basbaum 2009).

La réponse inflammatoire donne lieu à la production de nouveaux composés chimiques qui activent des capteurs spécifiques (nocicepteurs) au sein du ligament de la cheville. Ces capteurs transmettent ensuite les signaux de douleur au cerveau via les nerfs.

La douleur immédiate ressentie à la suite d’une entorse de la cheville est appelée douleur aiguë. Si cette douleur persiste au-delà de quelques mois, elle est qualifiée de douleur chronique (ce qui est rare dans le cas d’une entorse).

La douleur immédiate après une entorse est une réponse normale et utile. Il favorise le repos de la cheville, permettant au ligament de cicatriser correctement.

Combien de temps dure la douleur à la cheville ?

Les données existantes sur la durée de la douleur après une entorse de la cheville (grades 1, 2 et 3) suggèrent ce qui suit (van Rijn 2008) :

  • La douleur diminue rapidement dans les deux premières semaines suivant l’entorse.
  • Jusqu’à deux personnes sur trois ne ressentiront plus aucune douleur après un an.
  • Jusqu’à neuf personnes sur dix ne ressentiront plus de douleur après trois ans.

Il n’y a aucune corrélation entre la gravité de l’entorse et la durée de la douleur. Même avec une entorse de grade 3, vous pourriez faire partie de ceux qui ne ressentent presque aucune douleur après deux semaines !

La douleur causée par une entorse de la cheville diminue considérablement au cours des deux premières semaines, jusqu’à deux personnes sur trois ne ressentant plus de douleur après un an maximum .

Qu’indique une douleur persistante ?

Sur la base des connaissances scientifiques actuelles, on estime qu’il faut entre 6 semaines et 3 mois pour qu’un ligament guérisse complètement (Hubbard 2008). Ainsi, une douleur persistante pendant trois mois peut raisonnablement s’expliquer par ce facteur.

Au-delà de ce délai de trois mois, plusieurs raisons peuvent expliquer des douleurs prolongées entorses de la cheville. Ces causes peuvent être classées en deux groupes.

Causes locales : des anomalies anatomiques supplémentaires peuvent s’être développées au niveau de votre cheville parallèlement à la lésion ligamentaire initiale.

La liste de ces anomalies est longue (y compris les lésions du cartilage, les éperons osseux, la ténosynovite, les lésions nerveuses, etc.).

Déterminer la cause précise de la douleur peut parfois être difficile, et cela ne conduit pas nécessairement à des options de traitement plus spécifiques au-delà de la gestion des symptômes.

Causes neurologiques : Un dysfonctionnement des mécanismes de gestion de la douleur de votre système nerveux peut jouer un rôle dans la douleur persistante.

Voir aussi : Mon entorse de cheville me fait toujours mal après 3 semaines/mois/années : pourquoi + traitement

Quelle est la durée typique d’immobilisation après une entorse de grade 1 ?

La durée de l’immobilisation varie en fonction de plusieurs facteurs, dont la gravité de l’entorse, s’il s’agit d’une première occurrence et de vos préférences personnelles :

  • Vous avez envie de reprendre une activité le plus rapidement possible, même si cela comporte un risque légèrement plus élevé ?
  • Ou préférez-vous être prudent(e), même si cela implique une période de récupération plus longue ?

Les kinés et les médecins jouent un rôle en vous guidant dans ce processus décisionnel. Il n’existe pas de période d’immobilisation minimale universelle.

Pour les entorses de la cheville de grade 1, l’immobilisation sert principalement à soulager la douleur. Elle est généralement réalisée à l’aide d’une attelle ou d’une attelle de type aircast, ou parfois sans aucune immobilisation.

Dans la plupart des cas, cette immobilisation ne dure que quelques jours, voire quelques semaines au maximum.

Est-il dangereux de marcher avec une entorse de la cheville de grade 1 ?

Marcher avec une entorse de la cheville de grade 1 peut être réalisable, avec quelques ajustements. Vous devrez peut-être utiliser des béquilles, limiter votre distance de marche et augmenter progressivement votre niveau d’activité.

Il est peu probable que marcher avec une entorse de la cheville de grade 1 aggrave la blessure, à condition de suivre une augmentation progressive de l’activité.

La principale préoccupation est le risque de retorsion de votre cheville et d’aggravation de l’instabilité. Cependant, vous pouvez atténuer ce risque en évitant les terrains accidentés et en vous abstenant de courir au début.

Combien de temps aurez-vous besoin de béquilles ?

Pour les entorses de la cheville de grade 1, la période de récupération s’étend sur quelques semaines. 

Vous pouvez commencer à marcher avec des béquilles dès le premier jour, et généralement, les béquilles ne sont plus nécessaires après quelques jours, en fonction de votre douleur et de la stabilité perçue.

Vous pouvez réintroduire progressivement la course à pied dès trois semaines après l’entorse, mais cela doit être fait de manière progressive.

Voir aussi : Mes meilleurs conseils de kiné pour marcher après une entorse à la cheville

Quand puis-je retourner au travail après une entorse légère de cheville ?

La période pendant laquelle vous pouvez reprendre le travail dépend en grande partie de la nature de votre travail , notamment s’il implique de marcher ou de rester debout longtemps.

Certaines personnes n’auront peut-être pas besoin de congés, tandis que d’autres auront besoin de plusieurs jours, voire semaines.

C’est une question à discuter avec votre médecin, votre kiné et un représentant de votre lieu de travail.

En cas d’entorse de la cheville de grade 1, la période habituelle d’arrêt de travail est de trois semaines maximum.

Combien de temps dois-je m’abstenir de toute activité après une entorse de la cheville de grade 1 ?

Vous trouverez ci-dessous un tableau décrivant les délais habituels de reprise de diverses activités après une entorse de la cheville de grade 1 :

ActivitéUne longueur de temps
Vous pouvez à nouveau conduireQuelques jours à quelques semaines
Vous pouvez reprendre le vélo1 semaine à 6 semaines
Vous pouvez reprendre progressivement la marche sur terrain accidentéQuelques jours ou semaines
Vous pouvez progressivement reprendre la course à piedQuelques semaines
Vous pouvez reprendre d’autres activités sportives1 à 6 mois selon l’activité et son intensité
Vous êtes complètement guériQuelques semaines à quelques mois
Durée de guérison après une entorse de la cheville de grade 1

La durée peut varier en fonction de facteurs spécifiques , notamment :

  1. Le type d’entorse que vous avez subie.
  2. Qu’il s’agisse d’une première occurrence ou d’une récidive.
  3. L’état actuel de votre douleur, de votre inconfort et de votre instabilité.
  4. Votre niveau d’activité avant la blessure.

Dans des études examinant les temps de guérison après une entorse de la cheville, des personnes ont déclaré se sentir complètement guéris en seulement 2 semaines, tandis que d’autres ont mis jusqu’à 36 mois . Cela représente deux extrêmes (Pepper 2008) !

Les kinés ou les médecins qui supervisent votre rétablissement en cas d’entorse de cheville tiendront compte de ces différents facteurs pour vous guider dans la reprise progressive des activités.

De plus, il convient de noter que vos chances de mieux récupérer (Choi 2020) sont plus élevées si :

  • Vous avez une entorse de grade 1 (bien que cela contraste avec une revue systématique de 2008 qui a révélé que la rupture du ligament n’augmente pas le risque d’une récupération plus mauvaise ou plus longue, Pepper 2008).
  • Votre IMC se situe entre 18 et 25.
  • Tu es jeune.

À l’inverse, des facteurs tels que votre sexe, votre niveau d’activité antérieur et votre profession ne semblent pas influencer de manière significative votre rétablissement.

Restez optimiste : la grande majorité des gens peuvent reprendre leurs activités après avoir subi une entorse de la cheville de grade 1 🙂.

Comment accélérer le temps de guérison d’une entorse de la cheville de grade 1 ?

Lorsqu’il s’agit de guérir votre entorse de la cheville de grade 1, il n’existe pas de pilule magique, de thérapie manuelle ou de technique miraculeuse qui puisse accélérer la guérison ! Même si après avoir lu cet article, vous partir tout de même peut-être en quête 🙂 !

Le conseil le plus efficace est de maintenir autant d’activité que possible tout en gardant à l’esprit plusieurs choses :

  1. Douleur : Il est acceptable de participer à des activités si la douleur est gérable.
  2. Progression : Évitez de tenter des activités intenses comme la course à pied quelques jours seulement après votre entorse de la cheville de grade 1, surtout si vous avez évité de mettre du poids dessus pendant quelques jours.
  3. Commencez par marcher progressivement à l’intérieur et à l’extérieur (avec ou sans béquilles), en augmentant progressivement les distances, les durées et l’intensité.
  4. Lorsque la douleur est tolérable et que vous ne vous sentez plus instable, vous pouvez réintroduire progressivement la course à pied sur un terrain plat et stable.

Ne vous sentez pas coupable si vous ne respectez pas strictement les séances de kiné recommandées parce que vous pensez que vous allez bien ou si vous rencontrez des difficultés pour prendre rendez-vous. Tout devrait toujours bien se passer !

Vous pouvez déjà accéder à une pléthore de vidéos et d’articles en ligne proposant des exercices pour les entorses de la cheville.

Personnellement, j’encourage plus mes patient(e)s à reprendre leurs activités quotidiennes plutôt qu’à faire tel ou tel exercice.

Si vous rencontrez des limitations particulières (comme de grosses difficultés à plier la cheville plusieurs semaines après l’entorse), des exercices personnalisés adaptés à vos besoins seront plus adaptés. Le temps jouera également un rôle important dans votre guérison, quelles que soient vos actions.

Message à retenir : La récupération d’une entorse de la cheville de grade 1 prend généralement quelques jours à environ 5 à 6 semaines. La douleur et l’enflure peuvent persister pendant une période prolongée, parfois jusqu’à un an. Dans de nombreux cas, vous pouvez souvent reprendre vos activités habituelles en quelques semaines seulement !

***

Voici ce que je voulais vous dire à ce sujet. Je vous souhaite une très bonne récupération ! Vos commentaires ou questions sont les bienvenus au besoin 🙂.

Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une entorse de cheville, j’ai aussi conçu ce guide au format ebook :

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES

Sharma GK, Dhillon MS, Dhatt SS. The influence of foot and ankle injury patterns and treatment delays on outcomes in a tertiary hospital; a one-year prospective observation. Foot (Edinb). 2016 Mar;26:48-52. doi: 10.1016/j.foot.2015.12.001. Epub 2015 Dec 13. PMID: 26895255.

Gribble PA, Kleis RE, Simon JE, Vela LI, Thomas AC. Differences in health-related quality of life among patients after ankle injury. Front Sports Act Living. 2022 Aug 3;4:909921. doi: 10.3389/fspor.2022.909921. PMID: 35992155; PMCID: PMC9382240

Choi WS, Cho JH, Lee DH, Chung JY, Lim SM, Park YU. Prognostic factors of acute ankle sprain: Need for ultrasonography to predict prognosis. J Orthop Sci. 2020 Mar;25(2):303-309. doi: 10.1016/j.jos.2019.04.012. Epub 2019 Jun 7. PMID: 31151752.

Sport : Steinberg N, Adams R, Ayalon M, Dotan N, Bretter S, Waddington G. Recent Ankle Injury, Sport Participation Level, and Tests of Proprioception. J Sport Rehabil. 2019 Nov 1;28(8):824-830. doi: 10.1123/jsr.2018-0164. PMID: 30300059.

Swelling : Pugia ML, Middel CJ, Seward SW, Pollock JL, Hall RC, Lowe L, Mahony L, Henderson NE. Comparison of acute swelling and function in subjects with lateral ankle injury. J Orthop Sports Phys Ther. 2001 Jul;31(7):384-8. doi: 10.2519/jospt.2001.31.7.384. PMID: 11451309.

Hubbard -Turner, Tricia & Hicks-Little, Charlie. (2008). Ankle Ligament Healing After an Acute Ankle Sprain: An Evidence-Based Approach. Journal of athletic training. 43. 523-9.

Persistent pain: Pina, Matthew & Messina, James & Geaney, Lauren. (2021). Persistent Nerve Injury and CRPS After Ankle Sprains. Techniques in Foot & Ankle Surgery. Publish Ahead of Print.

Badekas, T., Takvorian, M., & Souras, N. (2013). Treatment principles for osteochondral lesions in foot and ankle. International orthopaedics, 37(9), 1697–1706

Pain: Basbaum, A. I., Bautista, D. M., Scherrer, G., & Julius, D. (2009). Cellular and molecular mechanisms of pain. Cell, 139(2), 267–284

Pepper 2008. van Rijn RM, van Os AG, Bernsen RM, Luijsterburg PA, Koes BW, Bierma-Zeinstra SM. What is the clinical course of acute ankle sprains? A systematic literature review. Am J Med. 2008 Apr;121(4):324-331.e6

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Understanding Grade 1 Ankle Sprain Recovery Time: PT’Tips!

Are you experiencing a Grade 1 ankle sprain, or are you a physical therapy student with questions about recovery time?

How long will the swelling, pain, bruising, immobilization, rehabilitation with crutches, work and sports hiatus, and more last?

As a physical therapist, I can answer all of your frequently asked questions. Based on my experience and scientific studies published worldwide on the subject, you can rest assured for the rest of your recovery journey 🙂.

Take-home message: Grade 1 ankle sprains might take a few days to 5/6 weeks to heal. Pain and swelling can persist for longer, sometimes up to a year. However, you can often resume all your activities within just a few weeks!

Whats is Grade 1 Ankle Sprain?

Ankle injuries can encompass a range of issues, from twisted ankles to sprains and torn ligaments.

Grade 1 ankle sprains = mild ankle sprains.

Unlike Grade 2 and 3 sprains, Grade 1 sprains involve minimal damage to the ligament, with only slight stretching or minor fiber tears.

Grade 1 sprains typically maintain their function as stabilizers for the ankle.

While there is a general guideline that suggests Grade 1 sprains recover more quickly than Grade 2 and 3 sprains, the reality is more nuanced.

Medical recovery, much like the rules of language, can be subject to exceptions and variations influenced by various parameters that may not always be straightforward.

For example, the severity of the sprain does not always correlate with the progression of pain.

ankle sprain diagram grade 1, 2 or 3

How do I know if my ankle sprain is Grade 1?

It’s not always easy to tell if an ankle sprain is Grade 1 or 2. Even by a healthcare professional!

However, the severity of the sprain doesn’t necessarily correlate with the length of recovery time.

Even if you know the grade of your ankle sprain, the treatment and recovery process will be similar!

Some signs that you may have a grade 1 sprain include mild pain, swelling, and tenderness around the ankle. You may also be able to put weight on the affected foot without much difficulty.

If you have a grade 2 sprain, you may experience moderate pain, swelling, and tenderness, and may have difficulty putting weight on the affected foot.

As you can see, there’s not much difference!

My Grade 1 ankle sprain
My Grade 1 ankle sprain 🙂

How long does swelling persist following a Grade 1 ankle sprain?

Swelling is a common concern after sustaining an ankle sprain, particularly among. Here are the key takeaways regarding swelling.

Swelling occurs due to the accumulation of fluids within the different layers of ankle tissue, a response to the inflammation of the ligament and surrounding areas.

This inflammatory process serves to facilitate the repair of damaged tissues by delivering essential substances to the injured area via these fluids, thereby expediting the natural healing process.

Typically, swelling reaches its peak in the first few days immediately following the injury.

However, it’s important to note that even with a Grade 1 ankle sprain, swelling can persist and remain noticeable for two to three months.

Isolated swelling shouldn’t be a major cause for concern. Over the course of months or even years, the ankle will gradually return to its usual size, a phenomenon that holds true even for more severe sprains.

Interestingly, the presence of swelling doesn’t necessarily correlate with difficulties in walking or engaging in sports activities. In fact, it may seem counterintuitive, but individuals with significant ankle edema are often still capable of performing as well as those with little to no swelling.

See also: How long does swelling last after ankle sprain?

What’s the recovery time for a bruised Grade 1 sprained ankle?

A hematoma, in essence, is a pool of blood beneath the skin. When your ankle experiences instability, tiny blood vessels, known as capillaries, can rupture. Interestingly, this can even occur from a simple blood test, and it’s not inherently a significant concern.

The hematoma itself isn’t directly visible, but what’s often observed post-sprain is bruising. Bruises can display various shades, including yellow, purple, red, or green, as a result of blood escaping from its vessels.

This often becomes a point of concern for patients.

The different colors in a bruise are linked to the components within hemoglobin, a component of blood. While it remains within blood vessels, it doesn’t affect skin coloration.

However, once it escapes, the skin takes on these hues.

Initially, the skin appears red, swollen, and sensitive, and over time, the colors become more pronounced. It’s not uncommon for the bruise to expand, but this expansion, when isolated, is not indicative of a more severe sprain.

Compared to swelling, bruising and hematomas tend to have a shorter duration. Their presence can last from a few days to a few weeks, rarely extending to a few months.

As with swelling, this reaction is considered « normal » in response to the minor physical trauma associated with a Grade 1 sprain. Presence of bruising doesn’t necessarily imply a more severe ankle sprain.

What’s the typical duration of pain following a Grade 1 ankle sprain?

First, let’s explore what leads to pain after a Grade 1 sprain before delving into how long it usually lasts.

What Causes the Pain?

A Grade 1 ankle sprain generates numerous small debris from the torn ligament fibers. These fragments come into contact with various chemical substances, triggering an inflammatory response (Basbaum 2009).

The inflammatory response gives rise to the production of new chemical compounds that activate specific sensors (nociceptors) within the ankle ligament. These sensors then transmit the pain signals to the brain via nerves.

The immediate pain experienced following the ankle sprain is referred to as acute pain. If this pain persists beyond a few months, it’s categorized as chronic pain (which is rare in the case of a sprain).

Immediate pain after a sprain is a normal and useful response. It encourages rest for the ankle, allowing the ligament to heal properly.

How Long Does Ankle Pain Endure?

Existing data on pain duration after ankle sprains (Grade 1, 2 and 3) suggest the following (van Rijn 2008):

  • Pain rapidly diminishes within the initial two weeks post-sprain.
  • Up to two out of three individuals will experience no further pain after a year.
  • Up to nine out of ten individuals will be pain-free after three years.

It’s important to note that there is no correlation between the sprain’s severity and the duration of pain. Even with a Grade 3 sprain, you could be one of those who experience almost no pain after two weeks 🦾!

Pain from an ankle sprain significantly decreases within the first two weeks, with up to two out of three people being pain-free after a maximum of one year.

What Does Persistent Pain Indicate?

Based on current scientific knowledge, it is estimated that it takes between 6 weeks and 3 months for a ligament to fully heal (Hubbard 2008). Therefore, persistent pain for three months can be reasonably explained by this factor.

Beyond this three-month period, several reasons can account for prolonged ankle sprain pain. These causes can be categorized into two groups.

Local causes: Additional anatomical abnormalities may have developed in your ankle alongside the initial ligament injury.

The list of these abnormalities is extensive (including cartilage injuries, bone spurs, tenosynovitis, nerve injuries, and more).

Determining the precise cause of the pain can sometimes be challenging, and it may not necessarily lead to more specific treatment options beyond symptom management.

Neurological causes: Dysfunction in your nervous system’s pain management mechanisms may play a role in persistent pain.

See also : Sprained Ankle Still Hurts after 3 Weeks/Months/Years: Why+ Treatment

What’s the typical duration of immobilization following a Grade 1 ankle sprain?

The duration of immobilization varies depending on several factors, including the sprain’s severity, whether it’s a first occurrence, and your personal preferences:

  • Are you eager to get back to activity as quickly as possible, even if it entails a slightly higher risk?
  • Or do you prefer to err on the side of caution, even if it means a longer recovery period?

Physical therapists and doctors play a role in guiding you through this decision-making process. There is no one-size-fits-all minimum immobilization period.

For Grade 1 ankle sprains, immobilization primarily serves the purpose of alleviating pain. It is typically achieved using an aircast-type splint or brace, or sometimes with no immobilization at all.

In most cases, this immobilization is required for just a few days, and at most, a few weeks.

Is it safe to walk with a Grade 1 ankle sprain?

Walking on a Grade 1 ankle sprain can be feasible, with some adjustments to your walking approach. You may need to use crutches, limit your walking distance, and progressively increase your activity level.

Walking on a Grade 1 ankle sprain is unlikely to exacerbate the injury, provided you follow a gradual increase in activity.

The primary concern is the risk of re-twisting your ankle and worsening instability. However, you can mitigate this risk by avoiding uneven terrain and refraining from running initially.

How long will you need crutches?

For Grade 1 ankle sprains, the recovery period spans a few weeks. You can start walking with crutches on the first day, and typically, crutches are no longer necessary after a few days, depending on your pain and perceived stability.

You can gradually reintroduce running as early as three weeks after the sprain, but it should be approached with caution and in a controlled manner.

See also : My best PT-Tips for walking after a sprained ankle

When can I return to work after a Grade 1 ankle sprain?

The period during which you can resume work largely hinges on the nature of your job, particularly whether it involves substantial walking or standing.

Some individuals may not require any time off, while others might need several days or even weeks.

This is a matter to be discussed with your doctor, physical therapist, and a representative from your workplace.

In the case of an ankle sprain, the typical period for taking time off work is a maximum of three weeks.

How long should I refrain from activities after a Grade 1 ankle sprain?

Below is a table outlining the typical timeframes for resuming various activities following a Grade 1 ankle sprain:

ActivityLength of Time
You can drive againA few days to a few weeks
You can resume cycling1 week to 6 weeks
You can gradually return to walking on uneven terrainA few days or weeks
You can gradually return to runningA few weeks
You can resume other sports activities1 to 6 months depending on the activity and its intensity
You are completely healedA few weeks to a few months
Recovery time after Grade 1 ankle sprain

These timeframes provide a general overview, but the duration can vary based on specific factors, including:

  1. The type of sprain you’ve experienced.
  2. Whether it’s a first-time occurrence or a recurrence.
  3. The current state of your pain, discomfort, and instability.
  4. Your pre-injury activity level.

In studies examining healing times after ankle sprains, individuals have reported feeling completely healed in as little as 2 weeks, while others took as long as 36 months. These represent two extremes (Pepper 2008)!

The physical therapists or doctors overseeing your ankle sprain recovery will consider these various factors to guide you through the gradual resumption of activities.

Additionally, it’s worth noting that your chances of making a better recovery (Choi 2020) are higher if:

  • You have a Grade 1 sprain (though this contrasts with a 2008 systematic review that found ligament rupture does not increase the risk of a poorer or longer recovery, Pepper 2008).
  • Your BMI falls within the range of 18 to 25.
  • You are young.

Conversely, factors such as your gender, prior activity level, and occupation do not seem to significantly influence your recovery.

Maintain an optimistic outlook: the vast majority of individuals can return to their activities after experiencing a Grade 1 ankle sprain 🙂.

Ways to Shorten Your Grade 1 Ankle Sprain Recovery?

When it comes to healing your Grade 1 ankle sprain, there isn’t a magic pill, manual therapy, or miraculous technique that can speed up the recovery!

The most effective advice is to maintain as much activity as you can while keeping in mind two crucial factors:

  1. Pain: It’s acceptable to engage in activities if the pain is manageable.
  2. Progression: Avoid attempting vigorous activities like running just a few days after your Grade 1 ankle sprain, especially if you’ve avoided putting weight on it for a few days.
  3. Start by gradually walking indoors and outdoors (with or without crutches), progressively increasing the distances, durations, and intensity.
  4. When the pain is tolerable, and you no longer feel unstable, you can gradually reintroduce running on level and soft terrain.

Don’t feel guilty if you don’t strictly adhere to recommended physical therapy sessions because you believe you’re doing well, or if you face difficulties scheduling appointments. Everything should still be fine!

You can already access a plethora of online videos and articles offering ankle sprain exercises.

While there are many variations, I believe it’s better to gradually return to your daily activities!

If you encounter specific limitations, personalized exercises tailored to your needs will be beneficial. Time will also play a significant role in your healing, regardless of your actions.

Take-home message: Recovery from Grade 1 ankle sprains typically spans from a few days to approximately 5 to 6 weeks. Pain and swelling may endure for an extended period, occasionally up to a year. Nevertheless, in many cases, you can often return to your regular activities within just a few weeks!

***

Here’s what I wanted to tell you about this! I wish you a very good recovery! Do you have any comments or questions? Your comments are welcome 🙂 !

You may also like:

 📚 SOURCES

Choi WS, Cho JH, Lee DH, Chung JY, Lim SM, Park YU. Prognostic factors of acute ankle sprain: Need for ultrasonography to predict prognosis. J Orthop Sci. 2020 Mar;25(2):303-309. doi: 10.1016/j.jos.2019.04.012. Epub 2019 Jun 7. PMID: 31151752.

Sport : Steinberg N, Adams R, Ayalon M, Dotan N, Bretter S, Waddington G. Recent Ankle Injury, Sport Participation Level, and Tests of Proprioception. J Sport Rehabil. 2019 Nov 1;28(8):824-830. doi: 10.1123/jsr.2018-0164. PMID: 30300059.

Swelling : Pugia ML, Middel CJ, Seward SW, Pollock JL, Hall RC, Lowe L, Mahony L, Henderson NE. Comparison of acute swelling and function in subjects with lateral ankle injury. J Orthop Sports Phys Ther. 2001 Jul;31(7):384-8. doi: 10.2519/jospt.2001.31.7.384. PMID: 11451309.

Hubbard -Turner, Tricia & Hicks-Little, Charlie. (2008). Ankle Ligament Healing After an Acute Ankle Sprain: An Evidence-Based Approach. Journal of athletic training. 43. 523-9.

Persistent pain: Pina, Matthew & Messina, James & Geaney, Lauren. (2021). Persistent Nerve Injury and CRPS After Ankle Sprains. Techniques in Foot & Ankle Surgery. Publish Ahead of Print.

Badekas, T., Takvorian, M., & Souras, N. (2013). Treatment principles for osteochondral lesions in foot and ankle. International orthopaedics, 37(9), 1697–1706

Pain: Basbaum, A. I., Bautista, D. M., Scherrer, G., & Julius, D. (2009). Cellular and molecular mechanisms of pain. Cell, 139(2), 267–284

Pepper 2008. van Rijn RM, van Os AG, Bernsen RM, Luijsterburg PA, Koes BW, Bierma-Zeinstra SM. What is the clinical course of acute ankle sprains? A systematic literature review. Am J Med. 2008 Apr;121(4):324-331.e6

Recovery time : Sharma GK, Dhillon MS, Dhatt SS. The influence of foot and ankle injury patterns and treatment delays on outcomes in a tertiary hospital; a one-year prospective observation. Foot (Edinb). 2016 Mar;26:48-52. doi: 10.1016/j.foot.2015.12.001. Epub 2015 Dec 13. PMID: 26895255.

Gribble PA, Kleis RE, Simon JE, Vela LI, Thomas AC. Differences in health-related quality of life among patients after ankle injury. Front Sports Act Living. 2022 Aug 3;4:909921. doi: 10.3389/fspor.2022.909921. PMID: 35992155; PMCID: PMC9382240.

photo de nelly darbois, kinésithérapeute et rédactrice web santé

Written by Nelly Darbois

I enjoy writing articles that answer your questions, drawing on my experience as a physiotherapist and scientific writer, as well as extensive research in international scientific literature.

I live in the French Alps☀️🏔️, where I enjoy the simple pleasures of life (+ I’m a Wikipedia consultant and the founder of Wikiconsult).

Broken Toe Swelling not Going Down: Why & What to Do?

One of the most common concerns my patients have after breaking one or more toes is: Is it normal for my toes to remain swollen for a long time?

Can edema persist for several weeks or even months? How can we reduce this swelling?

This article aims to:

  • Answering any questions you may have regarding toe swelling after a fracture.
  • Reassure you: this is a completely harmless phenomenon, even if it persists!

As usual, to provide you with information as precise and objective as possible, I rely on:

  • My experience as a physiotherapist at home, in hospital and in rehabilitation since 2009.
  • Research carried out in international scientific literature.

Good reading ! And go to the comments to share any experiences, comments, or questions 🙂!

Take-home message: Toes may remain swollen for several months after a fracture. This is not a sign of complication or seriousness and there is no specific technique to definitively eliminate this swelling more quickly.

Last update: October 2023
Disclaimer: Affiliate links. Complete disclosure in legal notices.

Swollen toe, edema after a fracture: are they the same thing?

In common parlance, we speak of swollen or swollen toe(s) when the toe(s) concerned have a larger volume than normal.

The medical term used is “ toe edema ,” which means the same thing.

Toe edema = swollen toe(s) = swollen toe(s)

After a toe fracture, whether it has been operated on or not, it sometimes happens that the entire foot is swollen : the forefoot or even the ankle, or even the calf.

We can measure this edema with a tape measure, and compare this measurement with the other side. Personally, I don’t find this useful, because:

1/ the measurement is not very reliable (especially for the toe);

2/ this does not give us a path for action based on what we observe because in any case edema is not in itself a sign of a problem to be treated.

This is a very common, if not constant, phenomenon and does not necessarily mean there is a problem.

Often, the skin on the affected toe may also change color or texture. It can become:

  • Stretched, cracked, hard,
  • Brilliant,
  • Red,
  • Bruising (blue, purple, yellow) may appear. Sometimes these bruises can extend from your feet to your hip.

Although this may sometimes seem impressive, it is again a common development after a toe fracture, whether it has been operated on or not . This shouldn’t necessarily worry you.

Picture: Broken big toe, swelling, hematoma
Broken big toe, swelling, hematoma

Why do toes swell after a fracture?

It is very likely that your toes will swell after a fracture. This is a normal and physiological phenomenon.

However, edema can vary in intensity from person to person, depending in part on genetic factors.

Swollen toe after fracture without surgery

The swelling results from the accumulation of fluids in the different layers of tissue of the toes. It is linked to inflammation of different tissues.

The inflammation that causes swelling is a completely healthy and even therapeutic reaction! It is an automatic response of our immune system, inherited from our ancestors . This inflammation helps repair damaged tissues.

It brings to the injured area, through liquids, all the substances necessary to help the damaged structures heal naturally as quickly as possible.

Sometimes, nonsteroidal anti-inflammatory drugs (NSAIDs) are prescribed for the first few days after the fracture. This limits this inflammatory phenomenon, but does not stop it completely, because it has some advantages 🙂.

There is also a whole debate on the benefit of anti-inflammatories after trauma.

After a toe fracture, inflammatory reactions occur in the toes, causing swelling and edema. This is normal, common, and means your body is doing everything it can to promote good healing and a successful recovery!

Why do some people have more edema?

We know some of the factors that influence the severity of edema. You are more likely to have more severe and persistent edema if:

  • you suffer from certain illnesses (such as hypothyroidism, vein problems, or heart failure);
  • you are overweight or obese;
  • you lost a lot of blood during the fracture.

You are not alone! Every day, dozens of people search the internet for information about the duration of their toe swelling after a fracture, which lasts for 4 weeks, 6 weeks, or longer.

broken toe still swollen after 6 or 4 weeks
Request in Google!

Swollen toe after surgery

Sometimes (it is rare) toe fractures are operated on.

In this case, the inflammation is even more present. Because to stabilize the fracture, your surgeon damaged certain tissues to reach the area to be treated.

Inflammation allows these damaged tissues to be repaired.

Swollen foot after toe fracture

When a fracture occurs, there may be an inflammatory response and therefore swelling.

They affect not only the area immediately surrounding the fracture (and therefore the toe), but also neighboring structures, including the ankle and sometimes even the calf.

This is why you may also find your foot swollen.

Does swelling mean our fracture is serious?

No, there is no direct relationship between swelling and the severity of the fracture.

Some people can have swelling in their toe for a very long time even though they simply suffered a small contusion: a simple shock without bone or ligament damage.

Or a simple sprain: a stretching of a ligament, without the bone being affected either.

So swelling of the toe is neither an absolute sign of toe fracture, nor a sign of seriousness!

How long does toe swelling last?

Even if you have consulted a healthcare professional who has been able to examine you, determining a priori the duration of your toe swelling is very difficult.

Because many factors (over which we do not necessarily have control) come into play.

In some people who have broken their toe, the swelling will only last a few days. The swelling will go away before the bone is completely consolidated.

In others, the swelling will last longer than the consolation. So maybe 4, 6, 8 weeks. Sometimes even several months .

You can still resume your daily activities, even with swelling! It is the consolation of the bones that determine whether or not we can return to our “previous life”, whether or not there is edema.

Swelling is not necessarily associated with pain.

See this more comprehensive article on healing time for a broken toe.

Why can toe swelling persist for several months for some people?

I know it’s frustrating sometimes not to know “why” the swelling lasts longer for us than for others.

I’ll give you some possible causes, even if most often, we don’t really know why the toes and feet and ankles remain more swollen in certain people!

Here are some possible explanations:

Prolonged inflammation : In you, the inflammation in response to the fracture may be more intense or last longer than in others. This can lead to swelling that persists.

Type of fracture : Complex fractures, open fractures (with a skin wound), or those that involve multiple toes or major joints are more likely to cause persistent swelling.

Poor circulation of fluids : If you spend a lot of time sitting or standing statically, fluids can accumulate more in the lower limbs. And cause this swelling.

How to reduce toe swelling?

The passage of time is by far your best ally !

I completely understand that you want  to find a way to deflate your toes or foot as quickly as possible  : you are worried that it looks different compared to your other toes.

Sometimes the edema may even bother you, or you may find it unsightly.

However, I must be honest with you:  we do not necessarily have a “miracle” or even simply effective solution to significantly accelerate this deflation .

The solutions available against edema

Ultrasound in physiotherapy and other means of physiotherapy (application of cold,  electrotherapy via TENS),  massage ,  manual lymphatic drainage, pressotherapy (compression boots), kinesio-taping are not effective in the short and long term to reduce edema.

The following advice can be followed to have a  short-term action on edema (especially in the foot) , but as soon as they are no longer applied, it is very likely that the edema will return:

Swollen toes don’t mean no activity

Important and often counter-intuitive thing:  just because a limb is swollen does not mean it will necessarily make it difficult  to resume walking or even sport!

This is valid in the days following the fracture but also longer afterwards.

The edema will decrease over days, weeks or months no matter what you do . Place your leg at an angle, avoid a static sitting or standing position, wear compression stockings… all of this can help limit edema.

In the meantime, go about your life, simply adapting according to pain and discomfort!

***

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If you feel the need to learn more about the recovery period after a toe fracture, I wrote this guide in eBook format:

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You may also like:

 📚 SOURCES

There are no specific studies on edema after toe fracture, but there are more general studies on edema of the lower limbs in the context of fracture or operation, which allow us to better understand this mechanism.

Horst K, Greven J, Lüken H, Zhi Q, Pfeifer R, Simon TP, Relja B, Marzi I, Pape HC, Hildebrand F. Trauma Severity and Its Impact on Local Inflammation in Extremity Injury-Insights From a Combined Trauma Model in Pigs . Front Immunol. 2020 Jan 9;10:3028. doi: 10.3389/fimmu.2019.03028 . PMID: 31993054; PMCID: PMC6964795.

Pierce A, Pittet JF. Inflammatory response to trauma: implications for coagulation and resuscitation. Curr Opin Anaesthesiol. 2014 Apr;27(2):246-52. doi: 10.1097/ACO.0000000000000047. PMID: 24419158; PMCID: PMC4124829.

Publication plus générale sur les fractures des orteils : Van Vliet-Koppert ST, Cakir H, Van Lieshout EM, De Vries MR, Van Der Elst M, Schepers T. Demographics and functional outcome of toe fractures. J Foot Ankle Surg. 2011 May-Jun;50(3):307-10. doi: 10.1053/j.jfas.2011.02.003. Epub 2011 Mar 25. PMID: 21440463.

Image: Zhang J, Li Z, Ma X, Feng H. A pathological toe fracture as the first presentation of cervical cancer: A case report. Medicine (Baltimore). 2019 Jan;98(3):e14190. doi: 10.1097/MD.0000000000014190. PMID: 30653171; PMCID: PMC6370133.

photo de nelly darbois, kinésithérapeute et rédactrice web santé

Written by Nelly Darbois

I enjoy writing articles that answer your questions, drawing on my experience as a physiotherapist and scientific writer, as well as extensive research in international scientific literature.

I live in the French Alps☀️🏔️, where I enjoy the simple pleasures of life (+ I’m a Wikipedia consultant and the founder of Wikiconsult).

Camptocormie & Parkinson : que faire ? Avis kiné et études

Ces 4 dernières années, j’ai pris en charge régulièrement des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ou d’un syndrome parkinsonien.

Et la plupart d’entre-elles étaient préoccupées par le fait d’être de plus en plus penchées vers l’avant, à cause de ce qu’on appelle la camptocormie.

Je récapitule dans cet article tout ce qui me semble intéressant à connaître à ce sujet.

En me basant sur mon expérience de kiné, et sur des recherches documentaires dans les études médicales publiées un peu partout dans le monde.

J’espère que cet article vous sera utile ! Si vous avez des remarques, des compléments d’information, des expériences ou des questions à partager, rendez-vous en commentaire 🙂.

♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

C’est quoi la camptocomie quand on a Parkinson ?

La camptocormie, c’est le fait d’avoir courbure excessive vers l’avant de la colonne vertébrale, généralement au niveau de la région thoracique, et sans faire exprès.

Pour conserver l’équilibre et ne pas basculer vers l’avant, on a tendance (sans s’en rendre compte) à plier aussi les genoux et les hanches lorsqu’on a une camptocormie. La photo ci-dessous l’illustre :

photo camptocormie
Quelqu’un qui a une camptocormie, au niveau du thorax

Cette courbure excessive peut s’accentuer pendant la marche ou la position debout et peut s’atténuer en position couchée. On dit dans ce cas qu’elle est partiellement réductible : elle peut se réduire selon notre position.

photo camptocormie parkinson
Autre personne ayant une camptocormie

Quelle différence avec le fait d’être bossu (= gibbosité dans le language médical, cyphose ou cyphoscioliose) ?

La principale différence, c’est que quand on est bossu, cela n’est quasimment pas réductible : la colonne vertébrale est vraime fixée structurellement comme ça.

On parle de camptocormie dans le cas de Parkinson car justement, la maladie ou le syndrôme parkinsonien est la principale cause de camptocormie.

Les personnes qui ont une camptocormie ont le haut du dos arrondi et sont plus penchées vers l’avant. Elles ont aussi souvent les genoux plus pliés.

Radio d'une personne avec camptocormie et parkinson
Radio d’une personne avec camptocormie et parkinson. Image : Mei 2022

Quelles sont les causes de la camptocormie ?

La camptocormie est quelque chose qu’on connaît et étudie depuis au moins le 19ème siècle (Srivanitchapoom 2016).

La cause la plus fréquente de camptocormie est justement la maladie de Parkinson, ou un syndrôme Parkinsonien.

Les autres causes sont :

  • la dystonie,
  • l’atrophie multisystémique,
  • la maladie d’Alzheimer,
  • la myopathie,
  • la maladie des motoneurones,
  • la myasthénie,
  • ou la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique.

Et les causes possibles mais encore plus rares sont :

  • des réactions indésirables aux médicaments (Sodium valproate, Clozapine, Olanzapine, Pramipexole, Ropinirole : Srivanitchapoom 2016)
  • une hernie discale,
  • de l’arthrose,
  • un traumatisme de la colonne vertébrale,
  • un trouble paranéoplasique,
  • une maladie psychiatrique,
  • des prédispositions génétiques, sans « cause » identifiée.

On parle de « cause » mais le terme plus précis serait « association » : la camptocormie est le plus souvent associée à la maladie de Parkinson, et parfois à d’autres pathologies.

Mais pourquoi concrètement quand on a Parkinson, on a plus de risque d’avoir une camptocormie, d’être vouté ?

Quel lien entre camptocormie et Parkinson ?

Le lien entre la maladie de Parkinson et la camptocormie n’est pas complètement compris. Il est probablement dû à la combinaison de facteurs neurologiques et musculaires.

Quand on a la maladie de Parkinson, on a certaines cellules du cerveau qui s’abiment. À cause de ça, certains de nos muscles et la commande de ces muscles peut moins bien fonctionner.

Or, ce sont nos muscles qui nous permettent de ne pas être voutés. Si nos muscles sont moins forts, on peut avoir tendance à être plus vouté.

La maladie de Parkinson entraîne aussi des troubles de la posture pas forcément dûs à la perte musculaire.

Est-ce que toutes les personnes qui ont Parkinson seront touchées un jour par la camptocormie ?

Non, tous les gens qui ont Parkinson ne développent pas forcément une camptocormie. Et cela n’arrive pas forcément toujours au bout d’une même durée d’évolution de la maladie.

Environ 3 à 17 % des personnes atteintes de Parkinson ont aussi une camptocormie. C’est donc une minorité.

Source : Fasano et al. 2017

Il n’existe pas de traitement permettant de prévenir l’apparition de la camptocormie.

En revanche, maintenir le plus possible une certaine souplesse et un certain niveau d’activité physique peut probablement limiter l’intensité de la camptocormie, et la gène qu’elle occasionne.

La camptocormie survient plus souvent chez les personnes ayant Parkinson et :

  • les femmes plus âgées ;
  • une maladie qui évolue depuis plus longtemps et une forme plus grave ;
  • des troubles cognitifs,
  • une dose quotidienne plus élevée de lévodopa,
  • plus de problèmes moteurs et dedysfonctionnements autonomes tels que l’incontinence urinaire et la constipation.

Source : Srivanitchapoom 2016

Quelles sont les conséquences de la camptocormie ?

Mes patient(e)s atteint(e)s de Parkinson et de camptocormie ne décrivaient pas forcément la même gène :

  • certain(e)s étaient surtout géné(e)s esthétiquement, socialement, par leur apparence ;
  • d’autres décrivaient des douleurs dans le dos ;
  • d’autres étaient génés pour se lever ou marcher, ayant la ensation d’avoir mojns d’équilibre ;
  • d’autres avaient des difficultés pour s’habiller ;
  • d’autres étaient surtout inquiets quand à l’évolution possible ;
  • d’autres enfin ne décrivaient aucune gène ou préoccupation particulière par rapport à ça.

Voici les conséquences possibles (mais pas systématiques !) décrites dans les études menées sur des personnes qui ont Parkinson ET une camptocormie (par rapport aux personnes ayant Parkinson sans camptocormie) :

  • l’embarras personnel ;
  • l’instabilité posturale,
  • impact sur la fonction respiratoire (controversé),
  • risque plus important de thrombose veineuse profonde (caillot qui se forme dans une veine).

Source : Srivanitchapoom 2016

photos de personnes ayant une maladie de Parkinson avec une camptocormie avancée
Camptocormie importante (cela n’évolue pas forcément tout le temps vers une attitude autant penchée vers l’avant). Image : Srivanitchapoom 2016

Est-ce qu’il faut faire un IRM pour diagnostiquer la camptocormie ?

Souvent, la camptocormie est diagnostiquée simplement cliniquement, en observant la personne.

Une équipe de recherche canadienne (Fasano et al. 2017) a voulu préciser ce qu’on pouvait mettre derrière camptocormie, et a établit qu’il fallait un certain degré d’angulation au niveau des hanches et du thorax pour paler de camptocormie :

  • au moins 30° au niveau du pivot lombaire (L1-Sacrum, flexion de la hanche, c’est-à-dire la camptocormie inférieure) ;
  • et/ou au moins 45° au niveau du pivot thoracique (de C7 à T12-L1, c’est-à-dire la camptocormie supérieure).

Cela en position debout.

Certain(e)s médecins font passer des radios ou des IRMs. Souvent plutôt pour éliminer d’autres problèmes, car le fait de faire un IRM ou de mesurer précisément le degré de déformation ne donne pas plus de pistes de traitement.

Faire un IRM ou une radio est souvent facultatif quand on a une camptocormie.

Quel est le traitement de la camptocormie, avec ou sans Parkinson ?

Comme vous le savez peut-être si vous êtes un(e) habitué(e) de Fonto Media, j’aime m’appuyer sur les études publiées dans les revues scientifiques pour évoquer les différents traitements d’un problème, leur efficacité et leurs risques.

En plus bien sûr de mon expérience.

Ça tombe bien, il y a en a plus de 200 sur la camptocormie en général :

Études dans pubmed sur camptocormie et parkinson
Ce moteur de recherche, Pubmed, c’est l’équivalent de Google, mais pour les études médicales. Là, cela indique qu’il y a 272 études portant principalement sur la camptocormie.

Et plusieurs dizaines spécifiquement sur la camptocormie et Parkinson :

Études dans pubmed sur camptocormie et parkinson
Environ 84 études spécifiquement sur camptocormie et parkinson

Je vous fais donc un résumé de ce qui me semble le plus pertinent, tiré de ces publications.

Certains des traitements (comme le corset) sont spécifiques à la camptocormie, d’autres sont des traitements plus généraux de Parkinson.

Adaptation du traitement médicamenteux (dopamine notament)

De nombreuses personnes atteintes de Parkinson ont un traitement par voie orale à base de dopamine (souvent de la levodopa). Il ne semble pas que ce traitement ait un impact significatif sur la camptocormie.

Source : Toshitaka

Rééducation, kiné et exercices contre la camptocormie ?

J’ai déjà dédié un article complet à la kinésithérapie en cas de Parkinson, et plus généralement à la pratique d’exercices réguliers et au maintien d’une activité physique.

Tout cela a un impact positif sur plusieurs choses en cas de Parkinson :

  • la vitesse de marche,
  • l’équilibre,
  • et les capacités fonctionnelles.

Mais qu’en est-il de l’impact spécifique sur la camptocormie ?

Biomécaniquement, il est raisonnable de penser qu’en ayant un dos plus musclé, on aura tendance à moins être penché vers l’avant.

Mais est-ce que c’est vérifié chez les gens qui justement font spécifiquement des exercices de renforcement musculaire, des étirements, ou qui maintiennent des activités physiques sollicitant l’ensemble des groupes musculaires ?

Nous ne disposons pas de beaucoup de données à ce sujet.

Une étude a suivi 37 personnes atteintes de parkinson et de camptocormie. Elles étaient réparties en 2 groupes, chaque groupe faisant pendant 4 semaines 5 séances par semaine d’1 heure composée :

  • pour un groupe, d’étirements, renforcement musculaire, marche, exercices d’équilibre ;
  • pour l’autre groupe, des exercices actifs d’auto-correction avec des retours visuels et proprioceptifs, des exercices de stabilisation passive et active du tronc ainsi que des tâches fonctionnelles

Une personne évaluait ensuite si les personnes étaient plus ou moins inclinées après le programme d’entrainement, sans savoir à quel groupe elles appartenaient.

L’observateur a constaté que les personnes du groupe réalisant les auto-étirements s’étaient plus redressées que les autres.

Qu’en retenir ? Plus vous serez actif, plus vous aurez des chances de limiter l’aggravation de la camptocormie. Des exercices d’auto-grandissement peuvent être adaptés, mais encore faut-il être prêt à y consacrer autant de temps !

Source : Gandolfi 2019

La stimulation cérébrale profonde du noyau pallidum interne

C’est un traitement général de Parkinson, réservé aux personnes les plus atteintes.

Il est parfois proposé spécifiquement pour la camptocormie, mais on a encore très peu de recul dessus.

Dans une étude chinoise menée sur 12 personnes atteintes de Parkinson, un peu moins d’un an après la stimulation, l’angle mesuré avait diminué d’environ 40 % au niveau thoracique et 20 % au niveau lombaire.

Les effets secondaires liés à ce geste ne sont pas reportés dans la principale synthèse de littérature sur le sujet.

Source : Lai 2021 ; Wang 2023

photo avant après du traitement de la camptocormie
Photos avant-après sur les personnes les plus améliorées après la stimulation. Image : Lai 2022

Corset contre la camptocormie ?

Des corsets sur-mesure ou des orthèses de série sont parfois proposés conte la camptocormie. Lorsque leur effet est évalué, ils sont portés au moins 9 heures par jour, sur plusieurs mois.

Le port de corset n’a pas pour ambition de « guérir » la camptocormie mais simplement de limiter son ampleur, et de soulager les douleurs ou faciliter la mobilité.

Si des effets positifs sur la douleur ont pu être constaté, l’amélioration sur la posture et le redressement semble mineur voire inexistant.

Source : Margraf 2016

Voir aussi : mon avis de kiné sur les correcteurs de posture.

Injections de toxine botulique ou de lidocaine ?

Seul un petit nombre de personnes semblent améliorées par des injections de toxine botulique ou de lidocaine. Lorsqu’amélioration il y a, elle semble de seulement environ 10°.

Source : Margraf 2016

Chirurgie contre la camptocormie ?

La chirurgie correctrice est parfois proposée, mais c’est le traitement sur lequel on a le moins de recul. Les complications sont relativement fréquentes, même si l’opération a un impact positif sur la posture.

Elle consiste à fixer plusieurs vertèbres à l’aide de plaques, tiges et vis.

Source : Chan 2018

Perfusions sous-cutanées continues d’apomorphine ?

C’est un des autres traitements donnés pour lutter contre certains symptômes moteurs de parkinson. Le médicament est administré en petites quantités à travers un petit cathéter ou une aiguille sous la peau, souvent au niveau de l’abdomen. Cette méthode permet un contrôle précis de la dose et peut aider à maintenir des niveaux stables de dopamine dans le cerveau.

Son impact sur la camptocormie a été testé uniquement sur un tout petit nombre de personnes.

Source : Margraf 2016

Porter un sac à dos ?

Une équipe de recherche a proposé à un patient non amélioré par tous les traitements testés de porter un sac à dos de 6 kg. Le port du sac à dos améliorait la captocormie. Cela se comprend bien biomécaniquement : le poids du sac à dos oblige à se redresser.

Source : Margraf 2016

camptocormie parkinson traitements

Existe-t-il des médecins spécialistes de la camptocormie ?

À ma connaissance, il n’existe pas de médecins spécialisés uniquement dans la camptocormie. Mais certains médecins peuvent avoir développé une expertise particulière parce qu’ils ou elles voient très régulièrement des personnes particulièrement génées par ce problème.

La probabilité est plus forte que vous trouviez ces médecins parmis les spécialités médicales suivantes :

  • rhumatologie ;
  • médecine physique et réadaptation ;
  • chirurgie orthopédique du rachis ;
  • neurologues.

Comment les trouver ?

  • Tapez « médecin » et « camptocormie » dans Google Maps. Vous tomberez peut-être ainsi sur des médecins disposant de sites internet où ils ou elles évoqunt leur travail en lien avec la camptocormie
  • Vous pouvez également demander à votre médecin traitant ou kiné s’il ou elle estime que ce soit pertinent de voir un médecin plus spécialisé, et s’il ou elle a des noms à vous recommander.

Résumé : camptocormie et Parkinson, que faire ?

Mon but avec cet article était de vous présenter l’ensemble des traitements proposés contre la camptocormie en cas de Parkinson. Et ce qu’on sait aujourd’hui de leurs effets et risques. Afin que vous puissiez vous faire votre propre avis sur leur intérêt pour vous.

Si vous souhaitez plus d’informations à leur sujet, j’ai mis en fin d’article le lien vers les publications scientifiques plus complètes (en anglais) qui détaillent les études testant ces traitements.

Quel est le meilleur traitement ?

Je pense que je ne suis pas la personne qui peut décider cela à votre place. Chaque piste de traitement a son lot plus ou moins certain et important d’amélioration potentielle. Mais aussi de contraintes voire d’effets indésirables.

C’est selon moi à vous de peser le pour ou le contre de chaque traitement (mais aussi, du fait peut-être de ne rien mettre en place de spécifique) en fonction des critères qui sont importants pour vous !

Vous pouvez aussi bien sûr en discuter avec vos professionnel(le)s de santé de confiance (kiné, médecin) afin d’avoir un retour plus personnalisé !

***

Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :

Des remarques, des questions ? Je suis disponible en commentaire (vous pouvez aussi me faire aussi savoir si vous souhaitez plus d’informations sur les exercices potentiellement intéresants) !

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES

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Gandolfi M, Tinazzi M, Magrinelli F, Busselli G, Dimitrova E, Polo N, Manganotti P, Fasano A, Smania N, Geroin C. Four-week trunk-specific exercise program decreases forward trunk flexion in Parkinson’s disease: A single-blinded, randomized controlled trial. Parkinsonism Relat Disord. 2019 Jul;64:268-274. doi: 10.1016/j.parkreldis.2019.05.006. Epub 2019 May 3. PMID: 31097299.

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nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Neuropathie des petites fibres : que disent les études sur l’espérance de vie, la guérison, l’invalidité ?

Vous (ou l’un(e) de vos proches ou patient(e)s) est atteint(e) d’une neuropathie des petites fibres, et vous trouvez peu d’informations à ce sujet sur internet ?

Mon but avec cet article (comme avec la plupart des articles que j’écris par ici depuis 4 ans !) est de vous apporter des informations les plus fiables, utiles et documentées possibles, par rapport aux questions que vous vous posez probablement.

Notamment sur l’espérance de vie, les traitements, l’évolution, la possibilité d’être en invalidité, etc.

En m’appuyant sur mon expérience de kiné et les recherches dans les études médicales internationales.

Rendez-vous également en commentaire pour toute remarque, question, témoignage !

Remerciements à Évelyne L qui est à l’origine de mon envie d’écrire sur ce sujet 🙂.

♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Je résume tout ça au format vidéo !

Quels sont les symptômes de la neuropathie des petites fibres ?

Imaginez que vos nerfs sont comme des fils électriques qui transmettent des informations entre différentes parties de votre corps et votre cerveau.

Une neuropathie se produit lorsque ces fils (les nerfs) sont endommagés, ce qui peut causer des problèmes de communication entre les parties du corps.

Les nerfs de notre corps sont composés de différentes sortes de fibres, certaines plus grandes et d’autres plus petites.

La neuropathie des petites fibres signifie que ces fibres nerveuses plus fines et proches de la surface de la peau sont endommagées ou ne fonctionnent pas correctement.

Les symptômes

La neuropathie des petites fibres peut provoquer ces symptômes.

  • picotements, des fourmillements, fasciculations ou des engourdissements dans les zones touchées, comme des « épingles et des aiguilles » dans la peau ;
  • une sensation de brûlure ou de douleur lancinante ;
  • des démangeaisons intenses et persistantes, même en l’absence de toute irritation évidente de la peau ;
  • une sensibilité excessive à la chaleur, au froid et au toucher léger.
  • une insensibilité ou une diminution de la perception de la douleur, ce qui peut entraîner des blessures sans qu’elles soient remarquées immédiatement ;
  • des symptômes plus généraux tels que la fatigue, troubles du sommeil, anxiété ou dépression. Car un sous-type de ces petites fibres commande les organes et autres composants du corps gérant ces choses là.

Ces symptômes sont surtout au niveau des pieds, des membres inférieurs et des mains, mais aussi dans d’autres parties du corps. C’est pour ça qu’on parle de neuropathie « longueur dépendante » : cela signifie que les nerfs les plus éloignés du tronc / du buste, qui sont plus longs, sont les plus touchés.

photo d'une main et d'un pied avec neuropathie des petites fibres
Main et pied d’une personne avec une neuropathie des petites fibres. Image : Paniagotides 2023

Le diagnostic

Le diagnostic est souvent fait en plusieurs temps. Après des observations et des questions, votre médecin traitant ou neurologue vous a probablement fait réalisé des examens complémentaires.

Il n’existe pas pour cette maladie de critères très clairs et qui font consensus pour dire avec certitude que c’est une neuropathie des petites fibres ou non.

  • Électromyogramme : cet examen permet d’évaluer si les grosses fibres neurveuses fonctionnent bien. Mais ça ne permet pas d’évaluer le fonctionnement des petites fibres. On le fait quand même parfois pour éliminer une autre maladie.
  • Biopsie cutanée : on prélève des cellules de votre peau pour analyser au microscope comment les terminaison des nerfs fonctionnent.
  • D’autres tests encore moins connus, notamment évaluant votre transpiration.
  • Prise de sang : surtoutpour éliminer d’autres problèmes de santé.

Source : Cascio 2022

photo d'une biopsie cutanée ontrant une neuropathie des petites fibres
À gauche, l’image montre qu’il En d’autres termes, il y a moins de fibres nerveuses dans la peau que ce qui est considéré comme normal (à droite). Image : Mastropaolo 2023

Quelles sont les causes d’une neuropathie des petites fibres ?

Chez la moitié des gens atteints, il n’y a pas de cause sous-jacente identifiée à la neuropathie des petites fibres.

On dit dans ce cas qu’elle est « idiopathique », et c’est probablement que vous aviez des prédispositions génétiques à développer ce type de maladie.

Chez l’autre moitié des personnes, quelque chose en est à l’origine :

  • une maladie héréditaire, comme la Maladie de Fabry ;
  • une infection : maladie de Lyme, hépatite C, VIH ;
  • une cause toxique : alcool, chimiothérapie, certains médicaments ou vaccins ;
  • une maladie auto-immune : Syndrome d’Ehlers-Danlos, lupus, Polynévropathie démyélinisante inflammatoire chronique, maladies rhumatismales (troubles du tissu conjonctif non différenciés, polyarthrite rhumatoïde, arthropathie psoriasique), syndrome de Gougerot Sjögren, etc.
  • un problème métabolique : diabète sucré (= de type II), carence en vitamine B12, etc.

Source : Cascia 2022

Neuropathie des petites fibres et vaccin covid : lien ?

Plusieurs centaines de personnes par mois, rien qu’en France, se demandent s’il y a un lien entre le fait d’avoir eu un vaccin contre le Covid-19 et l’apparition d’une neuropathie des petites fibres.

neuropathie des petites fibres et vaccin covid
Jusqu’à 1000 personnes par mois tapent dans Google neuropathie des petites fibres et vaccin covid

Plusieurs équipes de recherche ont rapportés des cas de neuropathie des petites fibres diagnostiquées après la réalisation d’un vaccin.

Il s’agit par contre d’une simple association vaccin COVID / maladie des petites fibres, sans qu’on ait pu mettre en évidence un lien causal sûr.

Comme pour les cas de syndrome de Guillain-Barré (un autre type de neuropathie), qui est plus étudié :

Notre étude rapporte une association entre la vaccination COVID-19 au premier dosage avec le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 et le syndrome de Guillain-Barré, représentant une incidence excessive estimée de 5,8 cas du syndrome pour un million de premières doses administrées. La cause de cette association reste floue, et le risque excessif demeure comparable aux précédents cas de syndrome de Guillain-Barré associés à d’autres vaccins. Le risque par rapport aux avantages de la vaccination est très faible. Des études ultérieures sont nécessaires pour confirmer ces observations, établir une relation de causalité, explorer les mécanismes pathogènes et examiner les effets d’autres préparations vaccinales contre la COVID-19 utilisées ailleurs dans le monde.

Keh 2023

Il y a encore moins d’études et de recul sur le lien entre le vaccin covid et la neuropathie des petites fibres, par rapport au lien avec le syndrome de Guillain Barré.

Voici ce que dit une équipe de recherche à ce sujet :

Plus de 220 millions d’Américains ont été entièrement vaccinés avec le vaccin Pfizer, Moderna ou Janssen. Cependant, seuls 338 incidents ont été signalés comme « neuropathie périphérique » ou « paresthésie » avec le vaccin Pfizer dans le système de déclaration des événements indésirables liés à la vaccination, 257 avec le vaccin Moderna et 34 avec le vaccin Janssen.
De plus, les catégories symptomatiques plus larges dans la base de données surestiment probablement l’incidence de la neuropathie des petites fibres confirmée par biopsie cutanée.
Par conséquent, l’incidence rare de cette complication potentielle ne devrait pas décourager la vaccination pour prévenir les risques plus élevés de morbidité et de mortalité liés à l’infection par le SARS-CoV-2.

Bernheimer 2023
Neuropathie des petites fibres et vaccin covid : lien
Ce tableau liste les effets secondaires touchant les nerfs les plus fréquemment reportés après un vaccin contre le Covid-19. On voit que la neuropathie des petites fibres et moins fréquemment reportée que d’autres problèmes (paralysie faciale de Bell notamment). Source : Finsterer 2023

Quelle est l’évolution d’une neuropathie à petites fibres ?

Les personnes que j’ai rencontré et qui étaient atteintes de ce type de neuropathie étaient plutôt dans l’incertitude sur l’évolution habituelle.

Selon ma perception, elles dressaient même un tableau plus noir de ce qu’on sait de l’éolution des personnes à qui on a diagnostiqué ça (et qu’on suit pendant parfois pendant des années).

Voilà ce qu’on sait de l’évolution de la neuropathie des petites fibres :

  • les symptômes sont plus présents au fil du temps mais l’évolution est lente ;
  • 13 à 36 % des personnes atteintes ont aussi leurs grosses fibres atteintes au fil du temps (ce qui peut engendrer plus de symptômes) ;
  • quelques années après le début des symptômes, vous atteignez le plus souvent un plateau : la maladie n’évolue plus !
  • Encore mieux : plus de la moitié des patient(e)s atteint(e)s de cette maladie et suivis pendant 2 ans soient étaient restés stable, soient s’étaient améliorés.

Source : Cascio 2022

Voici la conclusion de la principale étude qui suit des gens avec cette maladie neurologique :

Nos données suggèrent que la neuropathie des petites fibres a une évolution bénine chez la majorité des patient(e)s et ne restreind pas gravement la qualité de vie.

Flossdorf 2018

Bien sûr mon but n’est pas de minimiser l’impact que peut avoir la neuropathie des petites fibres sur certaines personnes. Mais simplement de rassurer sur le fait que les symptômes peuvent parfois ne plus empirer voire même régresser (= être moins importants).

neuropathie des petites fibres évolution

L’espérance de vie est-elle diminuée à cause de la neuropathie des petites fibres ?

Il n’y a pas beaucoup de données sur est-ce que les personnes qui ont cette maladie décèdent en moyenne plus tôt que des personnes qui ne l’ont pas.

C’est déjà une bonne chose : cela veut dire qu’il est peu probable que l’espérance de vie soit beaucoup réduite avec cette maladie, connue et étudiée depuis plus de 40 ans.

Il semble que la mortalité soit augmentée de 18 % chez les personnes qui ont une neuropathie des petites fibres par rapport à celles qui n’en n’ont pas.

Mais surtout chez les personnes qui ont une autre maladie, et particulièrement le diabète pour la moitié d’entre-elles.

En fait, les personnes décèdent plus des complications liées au diabète ou à d’autres maladies qu’elles ont plutôt qu’à la neuropathie des petits fibres.

causes de décès avec une neuropathie des petites fibres
Une équipe de recherche a suivi pendant plusieurs années l’évolution de personnes ayant la neuropathie des petites fibres. Ellesont relevé lesquelles étaient décdées et de quoi. Ce tableau liste ces personnes décédées et montrent que toutes sans exceptions avaient d’autres pathologies en plus (colonne tout à droite), certaines avaient même plus de 10 pathologies associées. La vause du décès est aussi indiquée dans la colonne « Cause of death »

Source : Johnson 2021

L’invalidité est-elle fréquente en cas de neuropathie des petites fibres ?

Certaines personnes peuvent être moins valides à cause de la neuropathie des petites fibres. Cela peut s’expliquer par au moins 3 choses :

  • leurs muscles et la commande de leurs muscles fonctionnent moins bien à cause de l’atteinte des nerfs ;
  • elles bougent moins à cause de la douleur. Elles peuvent avoir des complications liées à l’inactivité et la sédentarité ;
  • elles ont d’autres pathologies associées qui provoquent un handicap.

Si vous avez des gênes dans votre quotidien, dans votre vie perso ou professionnelle, votre médecin pourra vous proposer de monter un dossier auprès de la MDPH (en France) : la Maison départementale des personnes handicapées.

C’est cette structure qui vous permettra d’obtenir par exemple la reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH), ou certaines indemnités ou compensations de salaire.

Peu importe que les difficultés que vous rencontriez soit due à la neuropathie des petites fibres ou à autre chose : ce qu’on évalue, c’est votre état de santé, vos difficultés, indépendamment de leur cause.

Quels traitement pour la maladie des petites fibres ?

Chose déjà rassurante : il existe des dizaines et des dizaines d’équipes de recherche dans le monde qui s’intéressent spécifiquement à cette maladie neurologique.

Regardez ci-dessous : c’est le nombre d’études sur la neuropathie des petites fibres, publiées dans des revues scientifiques.

études dans pubmed sur la neuropathie des petites fibres
Il existe plus de 300 publications scientifiques portant spécifiquement sur la maladie des petites fibres

Ce sont sur ces études que je m’appuie dans tout l’article, et particulièrement pour cette partie consacrée aux traitements.

Le plus grand axe de traitement reste cependant la prise en charge des pathologies associées ou sous-jacente à la neuropathie, comme le diabète. Et je ne traiterai pas ici de ces traitements.

Les immunoglobulines (lg)

Les « immunoglobulines » (ou Ig) sont des protéines produites par le système immunitaire pour aider à combattre les infections et d’autres problèmes de santé.

Dans le contexte de la neuropathie des petites fibres, le traitement par immunoglobulines intraveineuses (IVIG) est parfois utilisé.

Les IVIG sont des préparations qui contiennent un grand nombre d’anticorps dérivés de dons de sang de personnes en bonne santé.

Le traitement par IVIG est parfois utilisé pour tenter d’atténuer les symptômes et réduire l’inflammation qui peut contribuer aux dommages nerveux dans ce type de neuropathie.

Mais il s’agit d’un traitement dont la balance bénéfice risque a jusqu’à présent été peu étudiée.

L’étude de meilleure qualité que j’ai pu identifier sur le sujet (Gibbons 2023) ne montre pas d’effet supérieur du traitement par IVIG par rapport au placebo sur les patient(e)s atteint(e)s de neuropathie des petites fibres.

Le traitement de la douleur

Des traitements médicamenteux ou sans médicaments sont parfois proposés, surtout quand c’est la douleur qui est la gène principale :

  • anticonvulsivants (gabapentine et prégabaline),
  • antidépresseurs tricycliques (amitriptyline et nortriptyline),
  • anesthésiques topiques (à appliquer sur la peau) : lidocaïne topique à 5 %,
  • narcotiques et non narcotiques,
  • antiarythmiques,
  • glace ;
  • chaud ;
  • massage ;
  • stimulation électrique nerveuse transcutanée (TENS).
  • anti-inflammatoires non stéroïdiens et inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine peuvent également être utilisés ; ils sont souvent moins efficaces que les médicaments précédemment mentionnés ;
  • médicaments opioïdes : compte-tenu du risque de dépendance et des lourds effets indésirables, ils devraient être réservés uniquement aux cas réfractaires ;
  • relaxation ;
  • activité physique ;
  • thérapie cognitivo-comportementales.

Source : Johnson 2021

photo neuropathie des petites fibres exmen
Cet examen permet de voir comment se comportent les terminaisons des nerfs dans la peau, à leur extrémité. Grâce à une bipsie cutanée. En haut, c’est une personne avec une neuropathie des petites fibres : on voit qu’il y moins de terminaisons nerveuses (flèches) que dans l’échantillon du bas, prélevé sur une personne sans neuropathie.

Comment « choisir » parmi tous ces traitements ? Faut-il tout tester ?

En fonction de votre cas particulier, toutes les solutions ne sont pas forcément bonnes à prendre.

Il n’existe toutefois pas de bonnes ou de mauvaises combinaisons de solutions dans l’absolu. Vous êtes la seule personne à même de décider de ce qui vous convient le mieux.

En pratique, vous le faites probablement en utilisant un cahier des charge plus ou moins consciemment.

Vous vous dites probablement que, dans l’idéal, les solutions à adopter pour gérer votre douleur doivent le plus possible :

  • sembler efficaces à première vue, être plausibles (vs. farfelues) ;
  • être susceptibles d’être réellement efficaces (au regard des connaissances scientifiques disponibles) ;
  • être financièrement abordables ;
  • être agréables à mettre en œuvre ;
  • être dénuées de risques d’effets secondaires ;
  • vous rendre autonome ;
  • être pratique à appliquer ;
  • générer des effets positifs collatéraux pour votre santé physique et mentale (comme la pratique d’une activité physique régulière) ;
  • être jugées acceptables pour votre entourage (familial, amical, etc.) ;
  • être jugées acceptables par les professionnels de santé qui s’occupent éventuellement de vous (votre médecin, votre kiné, etc.).

Selon nos sensibilités respectives, il est bien sûr parfaitement normal d’accorder une importance différente à chacun de ces critères. C’est pourquoi il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises solutions pour vous indépendamment de votre propre appréciation.

Pour certain·es, ingérer des médicaments sera hors de question en raison d’une forte crainte du risque d’effets secondaires (justifiée ou non, là n’est pas la question). 

Pour d’autres, c’est une solution indispensable.

Pour certain·es, envisager de faire plus d’activité physique sera perçu comme très désagréable.

Pour d’autre, ce sera un véritable plaisir.Pour certain·es, recourir aux massages d’un·e professionnel·le est une évidence. Pour d’autres, c’est rentrer dans une situation de dépendance.Etc.

Ma position en tant que professionnel est que je préfère ne pas juger des valeurs et préférences des une·s et des autres. En conséquence, je ne juge pas du bouquet de solutions que choisissent les gens pour gérer leur douleur.

Existe-t-il un taitement naturel pour neuropathie des petites fibres ?

Voici une liste non exhaustive des solutions ou remèdes de grand-mère présentés comme naturels et parfois proposé par des professionnels de la santé ou du bien-être pour soulager les douleurs d’une neuropathie des petites fibres :

  • l’ostéopathie ;
  • la chiropraxie ;
  • un magnétiseur ;
  • l’acupuncture ;
  • l’homéopathie ;
  • certains compléments alimentaires ou régimes alimentaires ;
  • des baumes ou crèmes à apppliquer, notamment à base de plante.

Voici très honnêtement ce que j’en pense : on a déjà du mal à être sûr qu’il y a un effet significatif de traitements plus étudiés et qui reposent sur des bases théoriques plus solides.

Ces traitements ne sont donc pas ceux vers lesquels je propose de se tourner. Libre à vous bien sûr de vous faire votre propre avis sur le sujet !

Est-ce que la kinésithérapie peut apporter quelque chose ?

En France, des séances de kinésithérapie sont assez souvent prescrites en cas de neuropathie entraînant des gènes importantes.

Selon les kinés sur qui vous tombez, des choses très différentes peuvent vous être proposées. Souvent plusieurs. Un petit échantillon :

  • des conseils pour faire face à la douleur et à la gêne dans votre quotidien. C’est l’attitude que j’adopte le plus souvent ; et je renvois vers d’autres kinés si les personnes n’adhèrent pas à cette approche ;
  • un bilan sur notre niveau d’activité physique quotidien, et une discussion des bénéfices potentiels pour vous à l’augmenter, pou vous aider à identifier si la balance bénéfices/risque/contrainte est favorable dans votre cas. C’est aussi quelque chose que je propose toujours. Je parle bien d’activité physique (= bouger) et pas forcément de sport ;
  • des exercices de renforcement musculaire ou d’étirement. Sans nom d’approche particulière, ou type Pilates, McKenzie. Je propose aussi des exercices d’auto-rééducation aux personnes qui en font explicitement la demande ;
  • du massage, des mobilisations/manipulations/de la thérapie manuelle, du TENS, des ultrasons, ou d’autres techniques dans le but de soulager la douleur à court terme.

Il n’existe pas d’études évaluant l’effet de la kinésithérapie spécifiquement sur des personnes avec ce type de neuropathie.

Où trouver des témoignages sur la neuropathie des petites fibres ?

Il existe en France plusieurs associations regroupant des personnes atteintes de la neuropathie des petites fibres :

  • Association française contre les neuropathies périphériques ;
  • Association française des neuropathies des petites fibres et Charcot Marie Tooth
  • Alliance française neuropathies périphériques.

Peut-être faites-vous partie des personnes qui ne souhaient pas rejoindre d’association, mais ééchanger avec d’autres personnes concernées dans un cadre encore moins formel.

Pour cela, vous trouverez des témoignages dans des groupes Facebook comme Entraide neuropathie des petites fibres ou sur des forums comme celui de Carenity.

Neuropathie des petites fibres et prothèse de genou ?

Vous pouvez aussi bien sûr échanger aussi librement ici en commentaire sous cet article. Comme Evelyne, qui a laissé ce message sur ma chaîne Youtube :

témoignage neuropathie des petites fibres
Témoignage d’Évelyne sur ma chaîne Youtube

Voilà ce que je réponds à Évelyne aujourd’hui, maintenant que j’ai creusé plus à fond le sujet.

Vous avez indiqué que plusieurs chirurgien(ne)s avaient jugé pertinent l’opération a priori.

Mais un seul a jugé cela non pertinent, sur la base d’un résultat sur un seul patient.

En 2018, environ 100 000 personnes ont reçu une prothèse du genou en France (source : acteurs de santé).

Et le nombre de personnes ayant une neuropathie des petites fibres est d’environ 53/10000.

Cela veut dire qu’il est raisonnable de penser qu’environ cinquante personnes se font opérer chaque année avec cette neuropathie (qui n’est pas une contre-indication formelle à l’opération).

Il est vrai qu’avoir des troubles sensitifs et des douleurs neuropathiques expose potentiellement à plus de douleur après l’opération : celles liées à l’opération pour la prothèse de genou + les douleurs neuropathiques.

Cependant, aucune report de cas n’a été publié dans la littérature permettant d’étayer un résultat significativement moins bon de la pose d’une prothèse de genou en cas de neuropathie des petites fibres.

Une étude menée sur des personnes ayant un syndrôme de Sjögren montre qu’il n’y a pas de différence significative en termes de résultat, à condition de prendre quelques précautions médicales avant l’opération (Songlin 2022)

***

J’espère que cet article aura répondu à certaines de vos questions ! Si vous avez des remarques, des compléments d’info à apporter, un témoignage à partager, des questions : rendez-vous en commentaire 🙂.

Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur les meilleurs moyens pragmatiques de rester en forme, j’ai conçu ce guide de 71 pages au format ebook :

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES

Cascio MA, Mukhdomi T. Small Fiber Neuropathy. [Updated 2022 Dec 12]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK582147/

Keh RYS, Scanlon S, Datta-Nemdharry P, Donegan K, Cavanagh S, Foster M, Skelland D, Palmer J, Machado PM, Keddie S, Carr AS, Lunn MP; BPNS/ABN COVID-19 Vaccine GBS Study Group. COVID-19 vaccination and Guillain-Barré syndrome: analyses using the National Immunoglobulin Database. Brain. 2023 Feb 13;146(2):739-748. doi: 10.1093/brain/awac067. PMID: 35180300; PMCID: PMC8903477.

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Flossdorf P, Haupt WF, Brunn A, Deckert M, Fink GR, Lehmann HC, Wunderlich G. Long-Time Course of Idiopathic Small Fiber Neuropathy. Eur Neurol. 2018;79(3-4):161-165. doi: 10.1159/000487717. Epub 2018 Mar 8. PMID: 29518780.

Johnson SA, Shouman K, Shelly S, Sandroni P, Berini SE, Dyck PJB, Hoffman EM, Mandrekar J, Niu Z, Lamb CJ, Low PA, Singer W, Mauermann ML, Mills J, Dubey D, Staff NP, Klein CJ. Small Fiber Neuropathy Incidence, Prevalence, Longitudinal Impairments, and Disability. Neurology. 2021 Nov 30;97(22):e2236-e2247. doi: 10.1212/WNL.0000000000012894. Epub 2021 Oct 27. PMID: 34706972; PMCID: PMC8641968.

Gibbons CH, Rajan S, Senechal K, Hendry E, McCallister B, Levine TD. A double-blind placebo-controlled pilot study of immunoglobulin for small fiber neuropathy associated with TS-HDS and FGFR-3 autoantibodies. Muscle Nerve. 2023 May;67(5):363-370. doi: 10.1002/mus.27745. Epub 2022 Nov 29. PMID: 36367813.

Association : https://www.neuropathies-peripheriques.org/

Li S, Chen X, Ma R, Li S, Xu H, Lin J, Weng X, Qian W. Total Knee Arthroplasty in Patients with Primary Sjögren’s Syndrome: A Retrospective Case-Control Study Matched Patients without Rheumatic Diseases. J Clin Med. 2022 Dec 15;11(24):7438. doi: 10.3390/jcm11247438. PMID: 36556054; PMCID: PMC9786774.

Images : Panagiotides NG, Zimprich F, Machold K, Schlager O, Müller M, Ertl S, Löffler-Stastka H, Koppensteiner R, Wadowski PP. A Case of Autoimmune Small Fiber Neuropathy as Possible Post COVID Sequelae. International Journal of Environmental Research and Public Health. 2023; 20(6):4918. https://doi.org/10.3390/ijerph20064918 / Mastropaolo M, Hasbani MJ. Small Fiber Neuropathy Triggered by COVID-19 Vaccination: Association with FGFR3 Autoantibodies and Improvement during Intravenous Immunoglobulin Treatment. Case Rep Neurol. 2023 Jan 27;15(1):6-10. doi: 10.1159/000528566. PMID: 36742446; PMCID: PMC9891845. / Sène D, Cacoub P, Authier FJ, Haroche J, Créange A, Saadoun D, Amoura Z, Guillausseau PJ, Lefaucheur JP. Sjögren Syndrome-Associated Small Fiber Neuropathy: Characterization From a Prospective Series of 40 Cases. Medicine (Baltimore). 2013 Sep;92(5):e10-e18. doi: 10.1097/MD.0000000000000005. PMID: 23982054; PMCID: PMC4553978.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

7 choses à savoir sur l’avenant 7 des kinés en 2025 !

Régulièrement, l’Assurance maladie française met à jour les règles qui permettent aux patient(e)s d’obtenir un remboursement de leur séance de kiné en cabinet libéral ou à domicile.

En 2023, c’est l’Avenant 7 qui fait évoluer ces règles.

Et cela impacte les kinésithérapeutes, qui doivent revoir leur manière de travailler, au moins sur le plan administratif.

À partir du 22 février 2024 (pour la plupart), un certain nombre de choses vont changer. Et certaines sont d’ailleurs déjà effectives depuis fin août 2023 ! J’essaie de les synthétiser de manière compréhensible, après l’avoir lu à la source en intégralité !

Vous trouverez aussi en fin d’article le lien vers ce fameux avenant 7, si vous avez envie de vous délecter de ses 32 pages au format pdf !

Dernière mise à jour : 7 février 2024. Abonnez-vous pour être tenu au courant des nouvelles mises à jour, très fréquentes !
Déclaration de liens d’intérêt : aucun en lien direct avec le sujet. Déclaration complète en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Pour ce qui est augmentation des rémunérations (revalorisation), les mesures prendront effet au plus tôt le 22 février 2024 (délai incompressible de 6 mois à partir de la date de publication du décret, cf références en fin d’article). Un grand merci à Florence Arnol qui m’a signalé ceci sur LinkedIn !

1. Les cotations de kiné à domicile sont simplifiées et augmentées

Les indémnités de déplacement pour les patients vus en kiné à domicile passeront toutes à 4 € (conte 2,5€ pour certaines actuellement).

Au plus tôt, ces IFD seront montées à 4€ le 1er juillet 2025.

Vous pouvez aussi facturer des IK montagne même si c’est que votre adresse pro ou que le domicile du patient qui est en zone montagne.

Enfin, il est plus clairement acté qu’il n’y a pas besoin qu’il soit écrit « kiné à domicile » sur l’ordonnance pour pouvoir facturer le déplacement. Peu importe qu’il y ait la mention ou non dessus, vous pouvez faire la séance à domicile et la facturer comme une séance à domicile.

Et ce depuis fin août 2023 (source : ameli.fr) !

Découvrez aussi mon ebook basé sur mon expérience de kiné à dom pendant 4 ans :

ebook kiné à domicile

2. La lettré clé des actes kinés est (un peu) augmentée

La lettre clé des actes kinés sera revalorisée de 3 %. 

Actuellement, la lettre clé est de 2,15, elle passera à 2,21 € (et 2,43€ dans les départements d’outre mer dont la Mayotte). Cela veut dire qu’on multiplie le coefficient de chaque acte par 2,15 pour savoir comment le facturer.

Par exemple, un acte au coefficient de 7,5 : 2,15*7,5= 16,13 € actuellement.

À partir de février 2024, on fera 7,5*2,21=16,61 €

Le 1er juillet 2025, il y aura encore du nouveau (il ne faut pas être pressé 🙂):

Les actes cotés AMS 7,5 (= les plus fréquents) passeront à 8,1 puis à 8,4 en juillet 2027

Enfin, en juillet 2026 :

Les actes cotés AMS 9,5 passeront AMS 9,8

3. Les actes de balnéothérapie sont (un peu) augmentés

Le coefficient des actes de balnéothérapie gagne +0,5.

Soit :

  • +1,7 en bassin
  • +2,7 en piscine

Par rapport à un acte normal.

4. Création de nouveaux AMK pour certains actes en pédiatrie et gériatrie

Un nouvel acte AMK/AMC 16 est crée pour l’enfant en situation de polyhandicap ou de paralysie cérébrale).

Cet acte ne s’appellera plus AMK/AMC mais TER.

On dira donc TER 16.

Un nouvel acte AMK 10 est aussi crée pour les patient(e)s de plus de 70 ans chez qui on repère une fragilité.

Patient(e) vu dans le cadre d’une prise en charge pour autre chose, ou pour lequel on a une ordonnance pour « repérer » cette fragilité.

5. Certains actes sont renommés, d’autres supprimés

Il y aura aussi du nouveau dans la façon de nommer les actes, avec par exemple la DRA pour Rééducation pour déviation du rachis ou AM pour rééducation des amputations, parmis d’autres joyeusetés !

Voici les noms des 20 nouveaux élus :

Nouvelle lettre désignant l’acteÀ quoi ça correspond en language humain
APMAmputations
ARLAffections respiratoires, maxillo-faciales et ORL
DRADéviations du rachis
NMIAffections neuromusculaires ou rhumatismales inflammatoires
PLLSoins palliatifs
RABRééducation abdominale et périnéo-sphinctérienne
RAMRachis non opéré
RAORachis opéré
RAV Affectations vasculaires
RIC (ça, je connais !)Membre inférieur opéré soumise à référentiel (par exemple, la prothèse de genou)
RIMMembre inférieur non opéré soumise à référentiel
RPMBrûlures
RPEDéambulation du sujet âgé (fin de l’AMK 6)
RSCMembre supérieur opéré soumise à référentiel
RSMMembre supérieur non opéré soumise à référentiel
TERConséquences des affections orthopédiques et rhumatologiques sur au moins 2 territoires (membres, ou rachis et
membres)
VICMembre inférieur opéré non soumis à référentiel
VIMMembre inférieur non opéré non soumis à référentiel
VSCMembre supérieur opéré non soumis à référentiel
VSMMembre supérieur non opéré non soumis à référentiel
Les nouveaux noms très sexys des actes, une NGAP toute neuve !

Votre logiciel kiné se mettra à jour automatiquement le 22 février avec ces nouveaux actes (ou alors, changez de logiciel pour vos télétransmissions !).

Par exemple :

  • PLL = soins palliatifs = AMK ou AMC 12 avant = coefficient 12 maintenant
  • NMI = affections neurologique = AMK ou AMC 9 ( rééducation de l’hémiplégie = coefficient 9 maintenant.

Voici un aperçu de ces nouveaux actes et de leur correspondance avec les anciens :

nouveaux actes kiné 2024

Vous pouvez télécharger ci-dessous l’ensemble de ces infographies récapitulatives (8 au total) ⬇️ :

Il sera possibile de facturer 2 actes le même jour.

À condition d’avoir 2 prescriptions distinctes, pour des affections en rapport avec des articles NGAP différents, portant sur deux régions anatomiques distinctes et réalisés lors de deux séances distinctes.

aperçu avenant 7 pour les kinés

6. Les kinés peuvent renouveler eux-même les ordonnances

Vous avez une prescription pour 15 séances de rééducation dans le cadre d’une douleur au coure irradiant dans le bras ?

Vous estimez avec votre patient(e) que plus de séances sont nécessaires ?

Vous n’avez plus besoin de « réclamer » une nouvelle ordo au médecin.

Vous pouvez vous-même renouveler l’ordonnance, dans la limite d’un an à la date de prescription initiale, et en informant la personne ayant fait la prescription initiale.

Une copie de cette prescription renouvelée doit être transmise via votre logiciel de télétransmission avec un numéro de prescripteur crée pour l’occasion (291991123), votre logiciel s’adapte normalement !

Cela est possible depuis fin août 2023 ! (source : ameli.fr)

Voir aussi : quelle est la durée de validité d’une ordonnance de kiné ?

7. Et des nouveautés bonus !

Voici les autres nouveautés apportées par l’avenant 7.

Je les mets ici en vrac car elles concernent à ma connaissance une minorité de kinés.

📍 La pratique du télésoin par les kinés est élargie, mais nécessite toujours de voir au moins une fois les patient(e)s « en vrai ».

Les télésoins sont rénumérés et remboursés comme les actes classiques au cabinet.

📍 Vous pourrez facturer un RQD (10 euros) si vous sollicitez une télé-expertise pour un(e) de vos patient(e)s, maximum 2 fois par an par patient(e).

En gros, c’est solliciter une téléconsultation pour avoir un avis d’un(e) professionnel(le) de santé expert(e) sur une problématique que rencontre un(e) de vos patient(e)s.

📍 Vous aurez aussi des aides forfaitaires supplémentaires sous condition :

  • 350 euros pour l’équipement de vidéotransmission ;
  • 175 euros pour l’équipement en appareils médicaux connectés

📍Les règles d’installation en libérale pour les nouveaux diplômés sont plus restrictives. Il faut au choix d’abord :

  • exercer au moins 2 ans en établissement de santé ;
  • ou travailler en libéral au moins 2 ans dans une zone sous dotée ou très sous-dotée (pour au moins 6000 actes réalisés).

Au passage, la façon dont sont définies ces zones et les aides d’installation sont un peu modifiées. Voir mon article sur le zonage des kinés.

En résumé : 3 choses principales à retenir

Vous avez du mal à garder en tête les choses importantes ? Vous pouvez bien sûr enregistrer cet article dans vos marque-page pour y revenir autant que nécessaire.

Ou cliquer sur le petit coeur en bas à droite qui s’affiche, pour créer une marque-page spécifique sur Fonto Media (quelque chose que j’ai mis en place récemment pour tenter d’améliorer la façon de s’y retrouver sur mon site).

Le petit coeur qui s’affiche en bas à droite pour enregistrer cet article en marque page

S’il fallait résumer en 3 points pour aller à l’essentiel :

  1. Vous pouvez renouveler vous-même des ordonnances avec un nombre max de séances dessus, ou une durée limitée, dans la limite d’un an à la date de prescription.
  2. Vous toucherez un peu plus pour chaque acte facturé.
  3. Vous pourrez facturer 4 euros par déplacement pour toutes les personnes vues à domicile, même si ce n’est pas écrit sur l’ordonnance.

***

Je pense avoir fait le tour de ces nouveautés ; si vous avez des remarques, des compléments d’infos, des questions : rendez-vous en commentaire !

Je mettrai à jour l’article autant que nécessaire 🙂 Et tous ceux du site également, ainsi que mes ebooks dédiés aux kinés.

Sujets qui reviennent toujours dans les discussions entre kinés, j’ai crée ces ebooks et e-learnings :

ebooks et e-learning pour les kinésithérapeutes

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📚 SOURCES

L’avenant 7 au format PDF ou sur le site de Légifrance

Communiqué d’ameli.fr de septambre 2023, pour les dates d’entre en vigueur des premières mesures ici

L’article concernant les 6 mois incompressibles avant application : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045355571

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Combien de séances de kiné pour une tendinite de l’épaule ?

Et si vous n’aviez tout simplement pas besoin de kiné ? Et si le nombre de séances de kiné pour une tendinite de l’épaule s’élevait à… Zéro ?

Un peu surprenant n’est-ce pas ? En fait, ce nombre peut effectivement aller de zéro à… Autant que vous et votre kiné le voudront !

Enfin, sauf si vous aspirez à ce que vos séances soient toutes remboursées. Auquel cas, il faut connaître un peu la réglementation à ce sujet.

C’est la question du nombre de séances remboursées.

Et puis, on peut aussi légitimement se demander : combien de séances de kiné sont nécessaires pour traiter une tendinite ?

C’est la question du nombre de séances nécessaires. Ici, un détour par la question de l’intérêt de la kinésithérapie pour les tendinites de l’épaule paraît incontournable.

Après un point synthétique sur ce qu’est une tendinite de l’épaule, c’est bien de ces questions dont je traite dans cet article. Puissent mes réponses vous éclairer autant que possible !

Bonne lecture ! 🙂

♻️ Dernière mise à jour : septembre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Tendinite de l’épaule : de quoi parle-t-on ?

Qu’est-ce qu’une tendinite de l’épaule ? Figurez-vous que les spécialistes mondiaux de la question aimeraient bien le savoir !

Et oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, en 2023 les chercheurs travaillent encore à déterminer ce qu’est vraiment une tendinite de l’épaule. Pourtant, si on sait que :

  • « tendinite » signifie « inflammation d’un tendon »,
  • n’est-il pas logique de penser qu’une tendinite de l’épaule, c’est une inflammation d’un tendon de l’épaule ?

En fait, on n’en sait pas grand-chose. Aujourd’hui, dire que quelqu’un à une tendinite de l’épaule est plus une supposition qu’une certitude.

En général, on parle de tendinite de l’épaule dans les cas où :

  • une personne a manifestement sursollicité son épaule,
  • et qu’on ne sait pas comment expliquer la douleur autrement.

« Tendinopathie » est un terme plus général que le terme « tendinite ».

Une tendinite est une tendinopathie, mais une tendinopathie peut ne pas être une tendinite (ce peut être une tendinose, par exemple, un problème de tendon qui n’est pas de nature inflammatoire).

« Coiffe des rotateurs » désigne un groupe de muscles de l’épaule. Muscles dont on suppose que certains tendons peuvent créer de la douleur s’ils sont inflammés.

On parle parfois aussi de tendinite calcifiante lorsque des calcifications se forment dans un ou plusieurs tendons.

Que dit la recherche scientifique sur les tendinites de l’épaule ?

On distingue les tendinites d’épaule d’apparition récente, inférieures à 3 mois, de celles qui persistent au-delà de 3 mois.

Dans le premier cas, on suppose que quelque chose a été abîmé ou perturbé, sans vraiment savoir de quoi il s’agit (ça pourrait ne pas être un problème de tendon).

Pour les tendinites persistantes, les dernières recherches suggèrent que les douleurs pourraient s’expliquer par un état inflammatoire multilocalisé (Lo, 2022 ; Lo, 2023).

C’est-à-dire qu’on retrouve des traces d’inflammation à plusieurs endroits différents comme :

  • les tendons des muscles de l’épaule ;
  • la bourse synoviale sous-acromiale (sorte de petit sac) ;
  • l’articulation gléno-humérale (celle entre l’humérus et l’omoplate) ;
  • le sang.

La recherche à sujet est toujours en cours, et cette explication mérite d’être encore plus amplement vérifiée.

Combien de séances de kiné remboursées pour une tendinite de l’épaule ?

L’Assurance maladie rembourse jusqu’à 25 séances de kiné si vous avez une prescription médicale spécifique pour votre tendinite de l’épaule.

En général, les mutuelles compléteront la part non remboursée par l’Assurance maladie.

Source : cette page web du site ameli.fr.

Est-il possible d’avoir plus de 25 séances ?

À partir de 25 séances, il est encore possible de bénéficier de séances supplémentaires aux conditions suivantes :

  • que votre kiné remplisse un formulaire de demande d’accord préalable ; dans ce formulaire, il devra justifier pourquoi vous nécessitez d’autres séances ;
  • que vous envoyiez ce formulaire au médecin conseil du service médical de votre caisse d’assurance maladie ;
  • que ce même service médical accepte la demande (l’absence de réponse dans un délai de 15 jours vaut acceptation).

En cas d’acceptation de la demande, le nombre de séances remboursées est limité au nombre demandé par votre kiné. Pour aller au-delà, il faudra que votre kiné fasse une nouvelle demande d’accord préalable.

Source : cette page web du site ameli.fr

Combien de séances de kiné pour guérir une tendinite de l’épaule ?

Combien de séances de kiné sont nécessaires pour venir à bout d’une tendinite ? Et cela peu importe si ces séances sont remboursées ou non ?

Idéalement, on aurait envie de se dire que les 25 séances remboursées par l’Assurance maladie devrait être le maximum nécessaire.

Autrement dit, on aurait envie de se dire que la plupart des tendinites de l’épaule guérissent au bout de 25 séances de kinésithérapie. Hélas, c’est loin d’être aussi simple

Je vous explique pourquoi de ce pas.

Quelques connaissances importantes pour bien comprendre la réponse

Si vous lisez ces lignes, c’est sans doute que vous souhaitez plus que repartir d’ici avec un simple chiffre en tête…

Vous voulez plus qu’un simple « pour guérir votre tendinite, il vous faut tel ou tel nombre de séances de kiné ». Vous voulez comprendre le pourquoi de la réponse.

Pour cela, posons-nous d’abord quelques questions :

  • Comment évolue une tendinite de l’épaule si on ne la traite pas ?
  • Est-ce que ça peut disparaître tout seul complètement ?
  • Est-ce que ça peut rester stable indéfiniment ?
  • Est-ce que ça peut s’aggraver dans le temps, jusqu’au point où il n’est même plus possible d’utiliser son épaule ?
  • Est-ce que ça fini par s’améliorer, mais pas en dessous d’un certain seuil (c’est-à-dire qu’il pourrait rester des séquelles) ?
  • Est-ce que ça fluctue dans le temps, avec des périodes où ça fait plus mal que d’autres ?

Se poser ce type de questions, c’est s’interroger sur ce qu’on appelle l’histoire naturelle (ou évolution naturelle) du problème « tendinite de l’épaule ». C’est-à-dire s’interroger sur l’évolution d’une tendinite de l’épaule si on ne s’en occupe pas.

Admettons qu’une tendinite de l’épaule toute fraîche guérisse complètement en 3 mois max, quoi qu’on fasse. Dans ces conditions, à quoi ça sert finalement la kiné ? Est-ce que ça permet :

  • de diminuer cette durée de 3 mois ?
  • de réduire le risque de séquelles, sans réduire la durée ?
  • d’avoir moins mal pendant les 3 mois, même si dans tous les cas ça durera 3 mois ?
  • de prendre son mal en patience ? De faire passer le temps ?

Selon les réponses à ses questions, on peut imaginer que certains d’entre vous préféreront peut-être se passer de kiné. Ce qui signifie que pour eux, le bon nombre de séances sera zéro.

Les réponses à ces questions ne sont pas les mêmes selon qu’on considère les tendinites de moins ou de plus de 3 mois. Examinons maintenant chacune de ces situations.

Tendinites de l’épaule de moins de 3 mois (récentes)

En 2023, on ne sait pas grand-chose sur les tendinites d’apparition récente. D’ailleurs, on appelle ça « tendinite », mais sans aucune certitude qu’il y ait véritablement un problème de tendon. Ce n’est qu’une supposition.

En général, on va parler de tendinite à l’épaule quand :

  • la personne concernée a manifestement sursollicité son épaule (par exemple dans un contexte artistique, professionnel ou sportif) ;
  • on ne sait pas vraiment comment expliquer autrement la douleur.

Comment évolue ce genre de douleur en ne faisant rien de spécial ? C’est ce que nous allons voir.

Comment évolue une tendinite récente si on ne fait rien ?

Dans le cas des tendinites d’apparition récente, on suppose que quelque chose a été endommagé ou perturbé. On suppose que cela pourrait être un tendon, mais sans aucune certitude.

On peut estimer grossièrement qu’une tendinite d’apparition récente nécessite au pire des cas entre 45 jours et 3 mois pour disparaître.

J’ai écrit à ce sujet un article complet : Tendinite de l’épaule : temps de guérison, que je vous invite à consulter pour en savoir plus.

Quel intérêt de la kiné pour ce type de tendinite ?

Quel peut être l’intérêt de la kiné pour soigner une tendinite de l’épaule qui va durer au pire au maximum 3 mois ? On peut envisager les bénéfices suivants :

  • réduire cette durée de 3 mois ;
  • réduire les séquelles (par exemple des pertes de force), sans diminuer la durée ;
  • atténuer les douleurs, sans diminuer la durée ;
  • se rassurer ;
  • passer le temps.

Si le bénéfice « passer le temps » est une certitude, à ma connaissance le reste des bénéfices possibles n’est démontré par aucune étude scientifique.

Attention, cela ne veut pas dire que la kiné ne marche pour rien. Cela veut simplement dire qu’à ce jour, on ne peut que supposer.

Ceci étant dit, pour être tout à fait juste, il faut aussi mentionner que la kinésithérapie puisse avoir des désavantages :

  • augmenter le temps de guérison au-delà de 3 mois ;
  • générer des séquelles (par exemple, des douleurs au niveau cervical) ;
  • majorer les douleurs d’épaule ;
  • inquiéter plus que rassurer.

Ici encore, à ma connaissance, la recherche scientifique est absente sur ce sujet. Dans ces conditions, il revient à chacun :

  • de mettre en balance les risques et bénéfices possibles de la kinésithérapie pour son cas,
  • puis de décider pour lui-même si le jeu en vaut la chandelle.

Combien de séances de kiné dans ces circonstances ?

En un sens, on ne sait pas combien il faut de séances de kiné pour venir à bout d’une tendinite de l’épaule récente. Et oui, on ne sait même pas si la kiné à vraiment un intérêt dans ce cas !

Dans un autre sens, comme il est quand même possible d’imaginer un intérêt, on pourrait dire autant que vous voulez (du moment que vous êtes prêt à y passer du temps et à payer bien sûr 🙂).

Cependant, pour celles et ceux qui voudraient absolument un chiffre, je pense possible d’estimer un nombre de séances.

Pour les tendinites de plus de 3 mois, les recherches scientifiques les plus récentes portent sur des ensembles de 8 séances de kiné (sans compter le travail personnel quotidien !) (Dubé, 2023).

Ainsi, si l’on suppose :

  • qu’il ne faut pas plus de séances pour une tendinite récente qu’une tendinite persistante,
  • alors 8 séances de kiné paraît une limite maximale raisonnable.

Tendinites de l’épaule de plus de 3 mois (persistantes)

À en croire les recherches les plus récentes, les tendinites de l’épaule de plus de 3 mois pourraient venir d’un état inflammatoire multilocalisé. Une théorie qui reste encore à consolider.

Comment évoluent les tendinites de plus de 3 mois si on ne s’en occupe pas ? C’est ce que nous allons voir dans la section suivante.

Comment évolue une tendinite persistante si on ne fait rien ?

Pour les tendinites de plus de 3 mois, au moins 6 mois supplémentaires n’est pas une situation rare. Et ça peut malheureusement être bien plus long.

(Pour plus de détails, voir mon article dédié : Tendinite de l’épaule : temps de guérison.)

Une étude publiée 2023 a cherché à évaluer différentes méthodes de kinésithérapie sur 123 personnes atteintes d’une tendinite d’épaule persistante (Dubé, 2023). Pour plus de la moitié d’entre elles, le problème était là depuis plus de 2 ans.

Quel est l’intérêt de la kiné dans ses conditions ?

Quel intérêt de la kiné pour ce type de tendinite ?

Pour une tendinite persistante, que peut-on attendre de la kiné ? En principe, on peut espérer qu’elle permette à court, moyen et long terme :

  • de réduire les douleurs ;
  • d’utiliser son épaule pour refaire des choses de la vie de tous les jours qu’on aurait arrêtés de faire à cause de la douleur ;
  • de mieux vivre avec les douleurs restantes.

D’un autre côté, il est bon de rappeler qu’une kinésithérapie mal conduite pourrait bel et bien avoir des effets opposés.

Que dit la science sur les effets de la kiné sur les tendinites d’épaule de plus de 3 mois ?

Bonne nouvelle : la kinésithérapie a des effets positifs sur tous les aspects importants ! (Dubé, 2023) (Des effets modestes, certes, mais remarquables quand même.)

Combien de séances de kiné dans ces circonstances ?

Combien de séances de kiné sont nécessaires pour améliorer significativement une tendinite persistante de l’épaule ?

À ce jour, il faut savoir que les approches en kinésithérapie les plus efficaces sont :

⚫ des exercices de renforcement musculaire ou des exercices de contrôle moteur (pour ces derniers, le principe est : d’abord trouver des façons plus indolores que d’autres d’effectuer des mouvements simples ; ensuite incorporer ces façons dans des gestes plus élaborés) ;

⚫ des séances éducatives incluant :

  • des connaissances sur l’anatomie et le fonctionnement d’une épaule normale ;
  • des informations sur le fonctionnement de la douleur ;
  • des conseils sur la gestion de la douleur ;
  • des informations sur le stress et sa gestion ;
  • des conseils et informations d’hygiène de vie (activité physique, sommeil et alimentation).

Dans une des études scientifiques les plus récentes au jour où j’écris cet article, on a testé une prise en charge kiné d’un nombre max de 8 séances de 30’ (2 éducatives + 6 d’exercices, étalées sur 12 semaines ; à noter que ces séances étaient complétées par un travail personnel quotidien de 15’ !).

Par ailleurs, il faut souligner le résultat principal de cette étude (Dubé, 2023) :

2 séances éducatives seules + 6 vidéos à visionner à la maison (durée totale inférieure à 1 heure)

font aussi bien que

2 séances éducatives + 6 séances d’exercices supervisées+ 15 minutes d’exercices à faire tous les jours chez soi pendant 12 semaines !

Autrement dit, sur la base de cette recherche, vous pouvez vous en tirer avec 2 séances (bien conduites) seulement. Les améliorations pouvant se faire sentir jusqu’à deux ans après.

Autant dire qu’avec les 25 séances remboursées par l’Assurance maladie, il y a de la marge ! (Voir plus, avec une demande d’accord préalable justifiée.)

J’en profite pour adresser un grand merci à Marc-Olivier Dubé pour avoir prestement partagé son article de recherche avec moi, et pour avoir répondu à mes questions !

Quatre informations bonus sur le nombre de séances de kiné

Je vous propose ici quelques informations générales sur la question du nombre de séances de kiné. Celles-ci sont valables pour tout type de situations, et pas uniquement pour les tendinites de l’épaule :

⚫ il faut que vous puissiez discuter avec votre kiné du nombre et de la fréquence des séances à tout moment de la prise en charge.

⚫ Il est important que vous puissiez vous sentir libre d’aborder ce sujet avec le professionnel dès que vous en ressentez le besoin.

⚫ Il peut être justifié que le nombre et la fréquence des séances évolue au fil du temps, en fonction de vos progrès par exemple.

⚫ Il est fondamental que votre prise en charge commence par une évaluation qui permettra :

  • de définir des objectifs thérapeutiques clairs ;
  • de discuter de la conduite à tenir en cas d’atteinte ou non de ces objectifs. Ces deux derniers aspects étant étroitement liés à la question du nombre de séances de kiné dont vous pourriez avoir besoin.

combien de séance de kiné pour tendinite épaule synthèse

Si vous avez des questions, des remarques des expériences à partager, n’hésitez pas, rendez-vous dans les commentaires ! 🙂

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📚 SOURCES

Lo, C. N., van Griensven, H., & Lewis, J. (2022). Rotator Cuff Related Shoulder Pain: An Update of Potential Pathoaetiological Factors. New Zealand Journal of Physiotherapy, 50(2). DOI: 10.15619/NZJP/50.2.05

Lo CN, Leung BPL, Sanders G, Li MWM, Ngai SPC. The major pain source of rotator cuff-related shoulder pain: A narrative review on current evidence. Musculoskeletal Care. 2023 Jun;21(2):285-293. doi: 10.1002/msc.1719. Epub 2022 Nov 30. PMID: 37316968.

Dubé M, Desmeules F, Lewis JS, et al Does the addition of motor control or strengthening exercises to education result in better outcomes for rotator cuff-related shoulder pain? A multiarm randomised controlled trial British Journal of Sports Medicine 2023;57:457-463. doi: 10.1136/bjsports-2021-105027.

Lafrance S, Ouellet P, Alaoui R, Roy JS, Lewis J, Christiansen DH, Dubois B, Langevin P, Desmeules F. Motor Control Exercises Compared to Strengthening Exercises for Upper- and Lower-Extremity Musculoskeletal Disorders: A Systematic Review With Meta-Analyses of Randomized Controlled Trials. Phys Ther. 2021 Jul 1;101(7):pzab072. doi: 10.1093/ptj/pzab072. PMID: 33609357.

Lombardi I Jr, Magri AG, Fleury AM, Da Silva AC, Natour J. Progressive resistance training in patients with shoulder impingement syndrome: a randomized controlled trial. Arthritis Rheum. 2008 May 15;59(5):615-22. doi: 10.1002/art.23576. PMID: 18438933.

Ingwersen KG, Jensen SL, Sørensen L, Jørgensen HR, Christensen R, Søgaard K, Juul-Kristensen B. Three Months of Progressive High-Load Versus Traditional Low-Load Strength Training Among Patients With Rotator Cuff Tendinopathy: Primary Results From the Double-Blind Randomized Controlled RoCTEx Trial. Orthop J Sports Med. 2017 Aug 28;5(8):2325967117723292. doi: 10.1177/2325967117723292. PMID: 28875153; PMCID: PMC5576542.

Maenhout AG, Mahieu NN, De Muynck M, De Wilde LF, Cools AM. Does adding heavy load eccentric training to rehabilitation of patients with unilateral subacromial impingement result in better outcome? A randomized, clinical trial. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2013 May;21(5):1158-67. doi: 10.1007/s00167-012-2012-8. Epub 2012 May 12. PMID: 22581193.

Photo d'Albin Guillaud, kinésithérapeute

Rédigé par Albin Guillaud

Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.

Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️

En savoir plus sur moi

Paternalisme médical : qu’est-ce que c’est ? Réflexions d’un kiné

Vous vous posez des questions sur ce qu’on met derrière l’expression « paternalisme médical » ?

Sur les différents arguments de celles et ceux qui soutiennent parfois de prendre des décisions à la place des patient(e)s « pour la bonne cause » ?

Arthur Filleul est kiné et passionné de ces questions. Il a notamment fait un master d’éthique qui lui a permis de creuser le sujet du paternalisme médical.

Je le remercie beaucoup d’avoir répondu à mes questions sur ce sujet !

Nelly

♻️ Dernière mise à jour : 15 septembre 2023.

Qu’est-ce qui t’as fait t’intéresser en tant que kiné au paternalisme médical ?

Dès mes études de kiné, en tant que stagiaire, j’avais parfois l’impression qu’on menait des rééducations plus pour nous que pour les personnes en soin. C’est-à-dire selon nos objectifs, nos valeurs, nos attentes…

Plus que d’essayer de faire émerger les attentes et envies des personnes. 

Après mes études de kiné j’ai poursuivi par un Master de Recherche où j’ai pu travailler sur les “besoins perçus” des personnes vivant avec de la douleur chronique, le tout à travers des méthodes de recherche qualitative.

Là je me suis vraiment rendu compte que très souvent on répondait à ce que l’on évaluait nous en tant que kiné (perte de mobilité, douleurs, etc.), mais ce n’était clairement pas toujours ce que les personnes attendaient de nous !

Tout ça m’a conduit à m’intéresser à ce qu’était le paternalisme, et sa relation avec le principe “d’autonomie”. De là j’ai entrepris de poursuivre mes études par un Master d’éthique. 

Peux-tu donner une définition simple de “paternalisme médical” ?

De manière générale, l’idée du paternalisme c’est de protéger les gens d’eux-mêmes, c’est-à-dire tout faire pour qu’ils ou elles prennent les décisions qui semblent être “les meilleures” pour elles, de notre point de vue.

Par exemple vis-à-vis de leur santé si on parle du monde de la santé. 

Ce paternalisme peut vraiment prendre des formes très différentes, du simple “conseil de vie” paternaliste, à des décisions bien plus radicales, unilatérales, sans prendre en considération l’avis, l’autonomie de la personne, voire en bafouant ses droits.

On parle souvent de “paternalisme médical”, parce que pour pouvoir faire preuve de paternalisme, cela nécessite un certain “pouvoir”, historiquement il est donc lié à la profession et au statut de médecin.

Mais il est vrai qu’avec les avancées récentes du monde de la santé, les pouvoirs semblent se répandre à différents niveaux et à différents acteurs et actrices.

On peut donc penser aux autres professions de santé, mais également à des tiers intervenant dans les processus de soin (état, tutelle, curatelle, assurances complémentaires, mutuelles etc.).

C’est quoi en général un “comportement paternaliste” ? 

Un « comportement paternaliste » ce sont les actions qu’on met en place envers la personne en soin dans le but de prendre des décisions vis-à-vis de sa santé sans prendre en considération ses envies, ses attentes.

Cela suppose que l’on sait ce qui est “le mieux” pour elle.

Un “ton paternaliste” ?

Un ton paternaliste pourrait s’illustrer par ces petites phrases :

  • “Ne vous inquiétez pas je sais ce qui est bon pour vous” ;
  • “C’est compliqué, je ne peux pas tout vous expliquer, vous ne comprendriez pas…” ;
  • “ Faites ce que je vous dis, c’est pour votre bien”

Ce ton et ces remarques paternalistes, elles permettent également de “blâmer” le patient lorsqu’il ne suit pas bien son régime conseillé “sans sel”, ses “exercices thérapeutiques”, son traitement médicamenteux etc.

Note de Nelly : on parle parfois aussi de « regard paternaliste ». Cela englobe une vision plus large de la vie où une personne adopte une attitude supérieure et décide pour les autres dans divers contextes, notamment politique.

Durant les études de médecine ou de droit, on parle parfois de modèle paternaliste. C’est quoi ?

Le modèle paternaliste, c’est celui qui crée une hiérarchie dans les savoirs.

C’est l’idée que c’est le corps médical ou paramédical qui possèdent les savoirs et qui ont donc la légitimité de prendre les décisions unilatéralement.

Le modèle paternaliste est donc avant tout un modèle de “théories de la connaissance” avant d’être un modèle de réflexions éthiques.

Et le paternalisme bienveillant, c’est quoi ?

C’est une excellente question, et je crois que c’est ce qui rend le plus difficile ces réflexions sur le paternalisme. Je crois que la plupart des attitudes et actions paternalistes proviennent de cette envie d’être bienveillant.e, c’est-à-dire d’agir de manière bien intentionnée !

Aucun professionnel de santé ne souhaite le mal de son patient, au contraire, on souhaite le protéger, et ainsi être bienveillant… Mais ne franchit-on pas alors la barrière de l’autonomie décisionnelle ?

Est-ce toujours si “bienveillant” que cela alors ? Dois-t-on vraiment protéger les gens “d’eux-mêmes” et de leur propre santé ? 

Donc de manière générale, et par charité intellectuelle,  je pars du principe que tous les actes paternalistes se basent sur une idée “bienveillante”.

Je crois que le problème ici est le terme bienveillant, bien qu’il soit très à la mode, il n’a à mon avis aucun intérêt dans les réflexions éthiques. Il n’apporte aucune réflexion intéressante et agit comme un argument décisif alors qu’il est vide de sens.

Qui décide de ce qui est bienveillant ? Le patient ? Le pro de santé ? Le “bien-être collectif” ? Il ne suffit pas de vouloir agir avec bienveillance pour aboutir à des comportements perçus comme bienveillants.

Note de Nelly : ces réflexions rejoignent aussi celles qu’on peut avoir dans le contexte politique. C’est d’ailleurs pour cela que je suis investie dans la mise en place en France du référendum d’initiative citoyenne constituant : cet outil (qui existe dans d’autres pays mais pas en France) donne aux citoyen(ne)s un pouvoir direct dans le processus de prise de décision.

paternalisme médical bienveillant

3 exemples de situations ou un(e) kiné ou un(e) médecin fait preuve de paternalisme ?

Prenons trois cas cliniques, que je raconterai sous formes de petits récits.

Paternalisme par un(e) médecin

Madame F apporte ses résultats de prise de sang et d’imagerie à son médecin. Celui-ci décide de cacher volontairement à sa patiente certaines informations relatives aux résultats des examens.

Sa justification est qu’il estime que divulguer ces informations, qui ne sont vraiment pas très bonnes il est vrai, causerait “plus de mal que de bien” à sa patiente et à son entourage.

En effet, il connaît cette famille depuis longtemps et perçoit bien la manière dont cela va affecter leur moral et ajouter du stress supplémentaire.

Ainsi de manière paternaliste, le ou la médecin cherche à protéger la personne et sa famille, en dépit du droit à l’information médicale.

Paternalisme par un(e) kiné

Pour le ou la kiné, on peut penser à une personne, Monsieur T, venant consulter sa kiné pour des douleurs au genou. En arrivant chez sa kiné, cette dernière réalise un bilan diagnostic kinésithérapique complet et estime qu’elle peut prendre en soin cette personne.

La kiné, en se basant sur son interprétation des dernières données issues de la littérature scientifique, prescrit un plan de traitement à base d’exercices thérapeutiques, à conduire quatre fois par semaine pendant 6 semaines.

La kiné explique à Monsieur T qu’il devra faire ses exercices en autonomie et ne venir qu’une fois par semaine au cabinet au début, puis une fois toutes les deux semaines ensuite pour ré-évaluer les progrès.

En effet, elle estime que la personne n’a rien à gagner à venir en cabinet, que c’est une perte de temps pour les deux parties et que c’est simplement des exercices à la maison. Selon elle, Monsieur T semble tout à fait capable de réaliser tout cela chez lui.

Monsieur T peut alors se demander pourquoi ce programme et pas un autre ? Quelles sont les chances de succès de ce traitement ?

Si un exercice ne me convient pas ou me fait mal ? Pourquoi je ne peux pas venir faire mes exercices sous sa supervision en cabinet ?

Il n’a été à aucun moment convié à donner son avis sur le plan de traitement, sur les modalités de celui-ci. Il n’a alors pas osé poser de questions et a simplement dit qu’il allait suivre ce programme et ce plan de traitement.

Cet exemple a pour but de mettre de l’avant l’idée que les décisions relatives au plan de traitement, ainsi que les modalités du soin ont été prises de manière unilatérale, sans prendre en considération l’avis et les attentes du patient.

Par son comportement paternaliste, la kinésithérapeute a alors limité Monsieur T dans son autonomie décisionnelle. 

Paternalisme par un(e) chirurgien(ne)

Enfin, un dernier exemple pourrait être vis-à-vis d’une intervention chirurgicale. En venant en consultation chirurgicale pour son genou, Madame G, décrit des douleurs apparues il y a quelque temps, la radio ne montre aucun signe de traumatismes aigus.

Le chirurgien après son examen clinique décide de planifier immédiatement une intervention chirurgicale.

Pourtant Madame G a très peur des opérations depuis qu’une amie à elle ne s’est pas réveillée d’une anesthésie générale… Mais puisqu’on ne lui propose aucune autre option de traitement, ni même le temps d’obtenir un autre avis chirurgical, elle décide d’accepter.

Le chirurgien agit comme si la seule possibilité était la chirurgie, ignorant les préférences du patient et imposant une décision unilatérale.

Il y a encore des gens qui défendent le paternalisme médical de nos jours ?

Évidemment il reste des défenseurs du paternalisme médical, l’éliminer totalement reste très difficile à justifier, et c’est une question importante de savoir si c’est nécessaire. 

Voici quelques cas et arguments pro-paternalisme médical

  • En médecine d’urgence les décisions sont prises rapidement et les personnes sont parfois inconscientes. On préfère alors les sauver avant de leur demander leur avis ! Ce qui peut paraître “normal” mais reste un acte paternaliste.
  • Lorsque l’autonomie de la personne est jugée trop faible, en cas de problématique psychiatrique importante par exemple. Il serait alors justifiable de décider à la place des personnes la manière dont elles devraient agir.
  • Lorsque les décisions en santé semblent trop complexes, certains peuvent estimer qu’il est nécessaire de soulager les patients de ces décisions, sans leur demander leur avis.
  • Un argument qui revient régulièrement est qu’on peut justifier des actes paternalistes à court terme car cela aurait des bénéfices à long terme. Mais que la personne aurait du mal à l’accepter et qu’il faut donc décider à sa place, pour son “bien” à long terme.
  • Certains maintiennent une vision paternaliste qui est celle que, de par leurs formations, les professionnels de santé possèdent les connaissances nécessaires pour prendre les meilleures décisions pour le bien-être de leur patient et que les impliquer dans les décisions n’apporte pas nécessairement une plus-value.

Quels sont les arguments de celles et ceux qui condamnent le paternalisme médical ?

 Il y en a tellement ! Mais j’en garderai trois ici : 

  • Le premier argument serait celui du respect de l’autonomie de la personne. Cette personne est la seule qui a le droit de prendre des décisions vis-à-vis de sa propre santé. Elle est la seule qui connaît ses préférences de traitement, ses valeurs, ses besoins. 
  • Le deuxième serait de dire que certes les connaissances et compétences médicales  sont importantes et nécessaires à la prise de décision, mais cette prise de décision ne peut pas être le privilège d’une partie sur l’autre. Toutes les décisions doivent être prises en accord avec les attentes de la personne en soin. 
  • Je pense que la lutte contre le paternalisme permet également de lutter contre les discriminations dans le monde de la santé. Lorsque l’on a des préférences, une culture, une religion qui apparaissent comme minoritaires, il semble que l’on est plus sujet à rencontrer des décisions paternalistes. 

Si on veut éviter d’être paternaliste, 5 conseils de choses à mettre en place ?

Je n’aime pas vraiment donner des conseils, mais à titre d’exemples voici quelques idées que j’essaye de garder en tête ou mettre en place, à titre personnel. 

  1. Je ne suis pas là pour répondre à mes propres besoins, mais à ceux des personnes venant en soin. 
  2. Je n’ai aucune “attente” préalable vis-à-vis de cette personne. Je n’attend pas nécessairement que la personne soit “active” dans son traitement, qu’elle adopte “les bons comportements de santé”. Mais je me tiens à sa disposition pour le faire si c’est sa demande !
  3. Pour répondre aux besoins perçus par les personnes il est nécessaire de laisser beaucoup de temps à l’écoute et favoriser la discussion afin de comprendre les attentes, préoccupations, inquiétudes etc. Pas que pendant le bilan, mais durant l’ensemble des séances.
  4. Je demande le consentement de la personne avant chaque test, manipulation, exercice, le tout en informant de pourquoi il me semble pertinent, les autres traitements possibles, en laissant la place aux questions et au refus possiblement !
  5. Garder du temps pour faire le lien avec les autres problématiques de santé, expliquer du mieux possible ce qui se passe, être ouvert à répondre aux questions etc. 

Note de Nelly : je rejoins le positionnement d’Arthur sur plusieurs de ces points, mais pas tellement pour les points 1 et 2.

En tant que professionnelle, j’ai également des attentes, des obligations, des contraintes, des besoins.

Pour moi la relation kiné-patient(e) est une réaction d’égale à égale où je ne suis pas « au service » des personnes qui me consultent (j’espère ne pas déformer les propos d’Arthur, ou ne pas lui faire dire des choses qu’il ne dit pas !).

Je présente aux patient(e)s ma manière de travailler (par rapport aussi à mes attentes) au regard des attentes qu’elles expriment.

Ensuite, c’est à elles de choisir : est-ce qu’elles pensent que cela peut répondre à leurs attentes ? Si non, je les renvoie vers d’autres kinés qui pourront peut-être mieux répondre à leurs attentes.

Je ne suis donc pas « à disposition » des personnes : je propose une manière de fonctionner, et je leur fais confiance pour qu’elles tranchent par elles-même si oui ou non ça peut coller à leurs attentes.

J’en dis plus à ce sujet dans mon article sur le massage en kiné.

Comment réagir en tant que patient(e) si on estime que quelqu’un fait preuve de paternalisme et qu’on n’aime pas ça ?

C’est clair que ce n’est pas évident. Déjà il faut s’en rendre compte, je rencontre des patients qui pensent que c’est normal qu’on ne leur demande pas leur avis ou qu’on ne leur explique pas leurs résultats d’examens ou leurs traitements médicamenteux.

Note de Nelly : j’ai déjà aussi rencontré des personnes qui réagissent ainsi. Ou qui expriment clairement le fait de vouloir qu’un pro décide à leur place de ce qu’elles « doivent faire » (par exemple, quand précisement reprendre la conduite après une fracture).

Ces situations sont délicates car je ne réponds pas à leurs attentes en ne donnant pas de date précise, mais seulement des éléments pour qu’elles prennent elles-même leur décision…

Dans un premier temps je pense que demander simplement à son ou sa professionnel.le de santé si elle peut prendre le temps de réexpliquer les résultats reçus ou les intérêts/inconvénients de tel ou tel traitement

C’est plus facile à dire qu’à faire, mais si vous sentez que vos besoins / attentes ne sont pas pris en compte, exprimez-vous ! Dites le, expliquez que ce n’est pas ce que vous attendez de votre kiné/médecin. 

Vous avez également le droit de demander un deuxième avis ! Si vous n’êtes pas certain.e de la décision qui vient d’être prise, prenez votre temps et n’hésitez pas à demander un deuxième avis. 

Si le paternalisme en arrive à des décisions encore plus problématiques, vous pouvez sans aucun problème changer de kiné ou de professionnel de santé. C’est votre droit, utilisez-le. 

Il existe également des associations de défense des droits des patients, au sein ou en dehors des établissements de santé, elles sont là pour vous aider notamment si vous souhaitez déposer plainte. 

Est-ce qu’il y a des études empiriques sur le paternalisme médical ?

En effet, il existe des études empiriques sur le thème du paternalisme, la plupart cherchent à investiguer “l’acceptabilité” des décisions paternalistes dans le monde de la santé.

Mais les résultats sont très difficilement extrapolables tant cela dépend du contexte à la fois de soin : réanimation, soins intensifs, hospitalisation psychiatrique, soins de réadaptation etc. Mais également du contexte socio-politique de l’étude. 

***

J’espère que cet article vous aura été utile ; le sujet traité ici se prête particulièrement bien à l’expression de différents points de vue, alors, si vous avez des remarques, des choses à ajouter : votre commentaire est le bienvenu, vous avez un espace dédié à ce sujet en fin d’article 🙂.

Vous trouverez aussi en sources et ressources les coordonnées du groupe Philosophie et kiné de la Société française de physiothérapie dont Arthur est membre, pour les plus intéressé(e)s !

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES & RESSOURCES

Filleul, A., Drolet, M.-J. & Hudon, A. (2023). Démasquer le paternalisme latent
en santé : apports du philosophe Ruwen Ogien. Canadian Journal of Bioethics /
Revue canadienne de bioéthique, 6(2), 107–119. https://doi.org/10.7202/1101132ar

Pourquoi les kinésithérapeutes devraient-ils lire le philosophe Ruwen Ogien ? Arthur Filleul, Anne Hudon, Marie-Josée Drolet. Kinésithérapie, la Revue.

GI Philosophie et Kinésithérapie à la Société française de physiothérapie, ici

Rédigé par Arthur Filleul

Je suis kinésithérapeute et je travaille uniquement au domicile des personnes. Je suis également titulaire d’un M2 de Recherche Clinique (Grenoble/Montréal) & un M2 d’éthique (Nantes).

J’habite en Bretagne et suis très intéressé par les réflexions philosophiques (éthiques/épistémologiques) dans le cadre de la santé et de la kinésithérapie notamment.

# Si vous souhaitez rejoindre nos réflexions communes entre kinésithérapeutes au sujet de la philosophie chez la Société française de physiothérapie
# Si vous souhaitez lire notre article publié en lien avec le paternalisme et le philosophe Ruwen Ogien (gratuit et en français)

Vous êtes sur le site de Nelly Darbois, ex kiné et rédactrice scientifique

Comment aider la motricité d’un bébé : Guide d’un kiné !

De nombreux jeunes parents se demandent ce qu’il est bon de faire (ou de ne pas faire) pour accompagner la motricité de leur bébé, qu’il ou elle ait ou non des difficultés dans son développement.

Dans cet article, je laisse le clavier à Jonathan, kiné spécialié en pédiatrie. Après des rappels théoriques, il répond aux questions les plus fréquentes des internautes sur le développement moteur du bébé.

Vous verrez que nous ne partageons parfois pas le même point de vue : ce sera à vous de vous faire votre propre avis sur la question 🙂, en fonction des justifications qui vous parlent le plus !

Bonne lecture !

Nelly

♻️ Dernière mise à jour : septembre 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : Jonathan vends des prestations en lien avec la motricité pour les parents de bébés et jeunes enfants.

Qu’est-ce qu’on entend par « motricité d’un bébé » ?

La motricité d’un bébé désigne l’ensemble des fonctions qui permettent le contrôle et la mise en place des mouvements.

Contrairement à une idée préconçue, elle ne se limite pas aux activités de mouvement pur. Elle implique également des compétences parallèles telles que l’équilibre, les fonctions nerveuses et musculaires, etc.

La motricité peut être de deux types : réflexe ou volontaire.

  • Les mouvements réflexes sont instinctifs et involontaires
  • Les mouvements volontaires sont intentionnels et contrôlés.(1)

On parle aussi de motricité globale ou fine.

  • La motricité globale concerne les mouvements de l’ensemble du corps comme ramper, marcher et sauter.
  • La motricité fine englobe les mouvements plus précis des mains et des doigts pour saisir de petits objets ou écrire.

Dans cet article, je me concentrerai sur la motricité globale volontaire du bébé.

Motricité et développement moteur : quelles différences ?

La motricité et le développement moteur sont deux concepts distincts mais étroitement liés.

  • La motricité représente l’ensemble des mouvements et des capacités motrices d’un individu à un moment donné.
  • Le développement moteur est le processus continu par lequel un individu acquiert et améliore ses compétences motrices tout au long de sa vie. Il s’agit d’un processus dynamique et évolutif basé sur la pratique et l’expérimentation. Il dépend de nombreux facteurs tels que :
    • la croissance,
    • la maturation neurologique,
    • l’expérience,
    • l’environnement,
    • et la stimulation sensorielle. Ces processus mènent à un changement permanent dans les capacités du bébé à créer un mouvement.(2)

Le développement moteur est donc l’ensemble des étapes d’apprentissage à réaliser pour acquérir une compétence motrice complexe.

Note de Nelly : personnellement, je ne vois pas vraiment d’application concrète de ces distinctions ! Avec les parents comme les pros, j’utilise ces 2 concepts indifféremment.

Comment se développe la motricité d’un bébé ?

Pour comprendre le développement de la motricité, plusieurs théories ont émergées. Cependant, à ce jour, aucune d’entre elles ne permet de pleinement expliquer dans sa totalité tous les processus. Chacune apporte des informations complémentaires.

Note de Nelly : Jonathan nous fait ici des rappels théoriques. Pour celles et ceux en quête d’infos actionnables, vous pouvez sauter cette partie !

L’une des premières théories est celle de la « boucle fermée » d’Adams (1971), selon laquelle les mouvements sont sélectionnés et initiés à partir d’une trace dans la mémoire. Par retour – feedback –, le mouvement de base est ensuite modifié par des boucles de rétroaction pour correspondre aux « traces de mouvements » dans la mémoire.

Ces boucles mouvement-feedbacksont obtenues par la pratique répétée du mouvement. Cependant, des études ont démontré que l’on peut apprendre sans ce feedback sensoriel.

A suivi la théorie des schémas par Schmidt dite des boucles ouvertes. Selon celle-ci, des schémas de programme moteur généralisés sont créés à partir des schémas de mouvement antérieurs.

Pour réaliser un nouveau mouvement, on fait appel au mouvement connu le plus proche. Puis un système de schéma de reconnaissance évalue le mouvement qui se produit pour le transformer et atteindre l’objectif. Cependant, cette théorie n’explique pas d’où viennent les schémas de programme moteur généralisés.(2)

Vient la théorie des systèmes dynamiques, qui considère le mouvement comme émergeant d’une interaction entre la personne, la tâche à accomplir et l’environnement.(2)

Selon cette approche, le corps humain se compose de différents systèmes eux-mêmes divisés en sous-systèmes qui interagissent entre eux.

Les interactions entre ces systèmes peuvent aider ou contraindre le mouvement. Ainsi, les mouvements les plus adaptés se stabilisent au cours de l’exercice moteur et à travers des cycles d’exploration et de répétition. La dynamique du mouvement configure elle-même la solution motrice optimale. (1)

Plus récemment, est apparue la théorie de la sélection des groupes neuronaux, également connue sous le nom de darwinisme neuronal. Elle propose un processus sélectif des neurones impliqués dans la motricité. Ce processus se décompose en trois phases :

  1. La création du neurone, des synapses jusqu’à la mort neuronale.
  2. La phase de sélection des neurones par l’expérience. Le “câblage” des neurones est modifié en fonction des interactions avec l’environnement. Plus il est utilisé, plus les connexions se densifient et créent des répertoires neuronaux primaires et secondaires. Inversement, en cas de non-utilisation, les liaisons entre les neurones diminuent.
  3. La création de « cartes spécialisées », qui correspondent à la connexion entre différents répertoires proches.

Lors du développement du cerveau, se créent régulièrement des connexions entre les neurones, permettant à de nouvelles compétences motrices d’émerger.

Si la nouvelle compétence motrice est utilisée par l’enfant, alors cette connexion se renforcera et améliorera la compétence.

À l’inverse, sa non-utilisation entraînerait la suppression de ces connexions.

Les mécanismes qui permettent le développement moteur de l’enfant ne sont pas encore bien déterminés. Mais il y a une certitude, c’est par la réalisation de leurs propres expériences dans leur environnement que les bébés développent leur motricité. Ils réalisent leurs propres expériences qui façonnent leur développement moteur.(4)

Quelles sont les étapes du développement moteur ?

Le développement moteur se déroule à travers un processus continu de progression et de régression, favorisant l’apprentissage des compétences motrices. On parle alors plus volontiers de transitions motrices.

Dans cet ensemble de transitions motrices, certaines se différencient les unes des autres ;  on parlera alors d’étapes motrices.

Dans l’étude du Motor assessment of the developing infant« (5) en vue de la réalisation d’une échelle d’évaluation de l’enfant (l’infant motor scale assessment), 84 étapes motrices ont été initialement identifiées.

Après analyse, 58 étapes motrices ont été retenues en raison de leur différenciation suffisante pour permettre un suivi médical précis.

Ces étapes motrices ne se déroulent pas toutes dans un ordre chronologique strict. Certaines se développent simultanément et l’ordre peut varier d’un enfant à l’autre.

Pour représenter cette variabilité, j’utilise le concept de « chemins moteurs ».

développement motricité bébé

Parmi les 58 étapes motrices identifiées, voici celles que je considère comme les plus importantes.

Sur le dos

  • Les mouvements d’enroulement du bassin (les genoux remontent vers la poitrine) ;  
  • Les regroupements, les mains viennent vers la bouche ;
  • Les mouvements de pédalage ;
  • Les mains attrapent les genoux puis les pieds ;
  • Les pieds à la bouche ;
  • Le basculement sur le côté en bloc ;
  • Le basculement sur le côté en dissociation des ceintures ;
  • Les retournements dos → ventre.

Depuis la position ventrale (= sur le ventre)

  • La position de sphinx (appuis sur les avant-bras) ;
  • « Le parachutiste » : bras et jambes se décollent ;
  • L’agrandissement ;
  • Les mouvements de bassin ;
  • Les retournements ventre → dos ;
  • Mouvement de « la boussole » : possibilité de s’orienter à 360° autour d’un axe qui passe par le ventre ;
  • Les « pompes » bassin au sol ;
  • Le rampé ;
  • La position assise tripode ;
  • Assise « petite sirène » ;
  • La position assise sans support des mains ;
  • La position et la marche à quatre pattes ;
  • La position et la marche de « l’ours » ;
  • La position à genoux redressée ;
  • Le chevalier servant ; 
  • Debout ; 
  • Et enfin l’accroupissement.

Les étapes du développement moteur jusqu’à la marche autonome sont plus nombreuses et diversifiées que les traditionnelles : se retourner, ramper, s’asseoir, faire du quatre pattes, debout et marcher.

À quel âge un bébé réalise-t-il les différentes étapes motrices ?

L’étude « Motor assessment of the developing infant«  (5) a examiné l’âge auquel les différentes étapes motrices sont généralement atteintes chez les nourrissons, en se basant sur le suivi d’un échantillon de 2200 bébés.

Les âges indiqués comme « maximum » correspondent à l’âge auquel 90 % des enfants ont atteint cette étape.

Voici les résultats :

  • Les retournements : entre 3 et 9 mois
  • Le rampé : entre 4 et 9 mois
  • Le quatre pattes : entre 5 et 13 mois
  • La position assise : entre 4 et 8 mois
  • La position de chevalier servant : entre 6 et 11 mois
  • La marche autonome : entre 9 et 18 mois

Il est important de souligner qu’il existe une grande variabilité interindividuelle entre les enfants. Autour de l’âge de 6 à 10 mois, c’est la période où les écarts de compétences motrices entre les bébés sont les plus importants.

Note de Nelly : chez les enfants porteurs d’handicap ou atteints de certaines particularités génétiques, ces âges d’acquisition peuvent être décallés. J’en parle dans cet article sur le développement moteur des enfants porteurs de trisomie 21.

Évolution du score AIMS dans le temps selon les différents percentiles. (5)

Note de Nelly : cette grille est parfois utilisée par des pédiatres ou kinés spécialisés en pédiatrie. On observe comment l’enfant se compote sur le plan moteur, on calcule un score, puis on regarde où se situe l’enfant par rapport aux autres enfants du même âge. Un peu comme on fait pour le poids et la taille, mais là, c’est pour le développement moteur.

Comment savoir si votre enfant se développe normalement ?

Pour évaluer le développement moteur de votre enfant, il vous faut  distinguer les pathologies innées, présentes dès la naissance, des pathologies acquises ultérieurement.

Les pathologies innées sont plus rares et certaines peuvent être diagnostiquées avant la naissance. Elles incluent : le torticolis congénital, la paralysie cérébrale, les trisomies, les maladies génétiques rares…

« Selon les approches et classifications médicales, 1% à 2% des enfants seraient porteurs d’un handicap sévère à moyennement sévère, sachant que le handicap peut se révéler progressivement. » (6)

Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge

Les pathologies acquises sont beaucoup plus fréquentes. Certaines études estiment que 30% des enfants pourraient souffrir de plagiocéphalie positionnelle. (7)

Note de Nelly : on trouve même des études qui trouvent qu’1 bébé sur 2 a une plagiocéphalie ou brachycéphalie positionnelle (= tête plate) ! AVec ces fréquences, on peut aussi s’interroger s’il s’agit vraiment d’une « pathologie » ou c’est une simple caractéristique de développement.

Pour évaluer si votre enfant présente des signes de troubles moteurs, il est essentiel de l’observer attentivement. Vérifiez que votre enfant tourne bien la tête de droite à gauche et notez la forme de sa tête, si elle est ronde ou si elle commence à s’aplatir.

Observez également les progrès réguliers de votre enfant. Chaque semaine, il devrait faire des acquisitions, même si elles sont discrètes. La qualité des mouvements est également un élément-clé à considérer. Les mouvements doivent devenir de plus en plus fluides, harmonieux, amples et précis avec l’âge.

L’âge peut servir de repère, mais il ne doit pas être utilisé seul.

Il m’est arrivé de recevoir au cabinet un enfant de 20 mois n’ayant pas une marche autonome mais présentant une motricité de très bonne qualité sans source d’inquiétude. 

À l’inverse d’un patient de 11 mois qui marchait depuis une semaine, mais présentait des déficiences dans sa motricité.

Un développement normal se caractérise par une progression régulière des compétences motrices, tant sur leur qualité que de leur diversité (acquérir toutes les étapes motrices et les compétences annexes) dans une large fenêtre d’âge. 

Que faire si je m’inquiète en tant que parent d’un retard de développement ?

Si vous vous inquiétez d’un éventuel retard de développement chez votre enfant, il est important d’écouter vos préoccupations tout en évitant de vous alarmer excessivement.

Commencez par observer attentivement votre enfant. Identifiez les aspects spécifiques qui suscitent votre inquiétude (ex. mouvements paraissant anormaux) ou simplement des pressions de votre entourage concernant l’âge des étapes de développement.

Si vos inquiétudes persistent, il est recommandé de discuter de la situation avec votre pédiatre ou le médecin qui suit votre enfant. Ils pourront évaluer la situation de manière plus approfondie et vous donner des conseils adaptés.

Note de Nelly : je recommande aussi de limiter le nombre d’avis sollicités. J’ai déjà rencontré des parents qui (plein de bonnes volonté) avaient consulté jusqu’à 6 professionnel(le)s différents (médecin traitant, pédiatre, neuropédiatre, 2 kinés, ostéopathe) pour avoir un avis sur une plagiocéphalie positionnelle.

En multipliant les avis, on multiplie la probabilité d' »alerte » qui n’a pas forcément lieu d’être.

Consulter un·e kiné, ostéopathe, pédiatre, médecin… Quelle différence ?

En cas de doute et de questionnement, la première intention est de consulter le médecin ou pédiatre qui suit l’enfant. Son rôle est de faire un bilan global pour s’assurer qu’il n’y a pas de “pathologie grave”.

Une fois cette hypothèse écartée, votre médecin pourra vous orienter vers un·e kinésithérapeute spécialisé·e pour effectuer une évaluation plus détaillée concernant la motricité de votre enfant.

Le ou la kinésithérapeute vous proposera des interventions appropriées pour ses difficultés ou sa pathologie.

Concernant les pratiques de rééducations, pour une meilleure efficacité, les études mettent en avant la nécessité de réaliser des exercices et d’adapter des stimulations au quotidien.

Les techniques de thérapie manuelle comme l’ostéopathie, n’ont pas fait leurs preuves. (8)

Donc 1- le médecin pour éliminer la possibilité de quelque chose de grave. 2- Le ou la kiné pour un accompagnement avec des pratiques à mettre en place à la maison.

Comment fait-on un diagnostic (para)médical d’un retard moteur ?

Pour diagnostiquer un retard moteur, il est important de prendre en compte plusieurs éléments en plus de l’âge de l’enfant, en raison de la variabilité naturelle entre les individus.

Voici quelques outils utilisés dans l’évaluation (para)médicale :

  • La présence d’hypertonie ou d’hypotonie. Note de Nelly : l’hypertonie signifie que les muscles de l’enfant sont plus tendus ou raides que la normale. Cela peut rendre les mouvements plus difficiles et entraîner une posture rigide. L’hypotonie, c’est l’inverse : les muscles de l’enfant sont moins toniques que la normale, ce qui peut donner une sensation de faiblesse musculaire et rendre les mouvements moins coordonnés.
  • Le suivi de la présence des réflexes archaïques et de leur intégration (9) ;
  • L’utilisation d’échelles standardisées comme  la Bayley-4 et la Brunet – Lezine, version révisée. Elles ne sont pas spécifiques à la motricité ; 
  • L’Alberta Infant Motor Scale qui est la suite de Motor Assessment of the Developing Infant, mais pour laquelle il n’existe pas de formation en France.

Le diagnostic (para)médical d’un retard se fonde sur la présence de plusieurs éléments qui interpellent. Des échelles standardisées permettent d’évaluer la différence par rapport à ce qui est attendu.

À partir de quand peut-on stimuler un bébé, et comment ?

Qu’entend-on par “stimulation” ?

Une stimulation est l’ensemble des activités, interactions avec les autres et avec les environnements, qui entraînent une réaction chez le bébé.

Dès la période prénatale, le bébé est déjà exposé à des stimulations. Il réagit par exemple aux pressions exercées sur le ventre de sa mère ou aux bruits extérieurs.

À la naissance, il se trouve immergé dans un « bain de stimulations ».
La question n’est donc pas de savoir à partir de quand stimuler le bébé, mais comment adapter l’environnement, les interactions et les activités pour proposer des stimulations adaptées.

Dans la poursuite de ce paragraphe, nous nous concentrerons sur les stimulations visant à favoriser le développement moteur du bébé.

Dès les premiers jours de vie, des techniques telles que le portage physiologique, peuvent être utilisées pour stimuler le bébé. Par la suite, les stimulations doivent être ajustées en fonction des compétences motrices du bébé, en cherchant à trouver un équilibre entre pas assez de stimulations et le risque de sur-stimulation.

En effet, une sur-stimulation peut amener le bébé à se replier sur lui-même pour se protéger, ou entraîner des réactions de tension à l’origine de troubles ou pathologies motrices.

Note de Nelly : je n’ai jamais rien lu ou constaté de tel.

Il est donc possible de stimuler son enfant dès la naissance en lui apportant un environnement adapté.

Peut-on mettre son bébé sur le ventre ?

La position sur le ventre, également appelée tummy time, est une pratique recommandée pour favoriser le développement moteur du bébé(10). Les recommandations indiquent de placer le bébé sur le ventre pendant 5 à 10 minutes par jour dès la naissance.

Il est possible de diviser cette durée en 10 sessions d’une minute, puis de les augmenter progressivement.

Le tummy time présente l’avantage de prévenir les torticolis positionnels et la plagiocéphalie (déformation de la tête). (8)

Il est important de rappeler la nécessité de placer les bébés strictement sur le dos lorsqu’ils sont en phase de sommeil pour prévenir le risque de mort subite du nourrisson.

Mettre assis son bébé avant qu’il y arrive tout seul : qu’en penser ?

Personnellement, je ne recommande pas de le faire.

Sur le plan du développement moteur, il est déconseillé de placer artificiellement un bébé en position assise avant qu’il ne puisse y parvenir de lui-même. Cette pratique augmente le risque de bloquer le développement des compétences motrices essentielles, acquises lors des phases au sol et du quatre pattes.

Il est préférable de permettre à votre bébé de progresser à son rythme en le laissant explorer et développer ses compétences motrices à partir de positions telles que le ventre ou le dos. La position assise viendra elle-même, comme toutes les autres étapes du développement moteur.

Note de Nelly : je constate que beaucoup de mes collègues kinés spécialisés en pédiatrie font comme Jonathan cette recommandation : ne pas asseoir son bébé avant qu’il y arrive tout seul. Je ne partage pas leur avis, et je connais pas de données empiriques qui justifient leur avis.

Pour moi il n’y a pas une position plus mauvaise qu’une autre : l’importance est dans la variété. Les choses peuvent cependant être un peu différentes pour les enfants porteurs de polyhandicap et plus à risque de rencontrer des difficultés motrices.

Qu’est-ce que la motricité libre et comment la pratiquer ?

La motricité libre est un concept qui vise à favoriser le développement moteur des enfants en leur permettant d’explorer leur environnement de manière autonome. La motricité libre a été popularisée par Emmi Pikler (11), une pédiatre hongroise.

Pour pratiquer la motricité libre, voici les grands principes de ce concept :

  • Ne pas installer Bébé dans une position dans laquelle il ne sait pas se mettre seul.
  •  Éviter l’utilisation de dispositifs tels que les transats ou les parcs qui pourraient restreindre les mouvements du bébé.
  • Choisir des vêtements adaptés.
  • Proposer et utiliser des objets et des matériaux de la vie quotidienne pour favoriser les explorations motrices du bébé.
  • La présence et l’encouragement des parents jouent un rôle essentiel dans la pratique de la motricité libre.
  • Prévoir de grands espaces d’activité sécurisés.
  • Laisser bébé évoluer pieds nus un maximum.

La motricité libre, c’est laisser son enfant exprimer sa motricité pour lui permettre de faire ses propres découvertes.

Quels matériels et jeux utiliser – ou pas ! – pour la motricité de Bébé ?

Lorsqu’il s’agit de choisir le matériel et les jeux pour favoriser la motricité de Bébé, il est essentiel de procéder à une évaluation objective des bénéfices potentiels et des risques possibles associés à chaque objet ou activité.

Les transats (et autres cocons pour bébé) ont tendance à restreindre les mouvements de Bébé. On privilégiera le temps au sol sur de grands « tapis de motricité » lors des phases actives et les portages physiologiques si Bébé a besoin d’être rassuré et calmé.

Le siège auto pour la voiture a pour objectif de bloquer Bébé afin d’éviter des blessures graves en cas d’accident. Son utilisation doit donc être réservée uniquement à la voiture. Lorsque vous sortez Bébé de la voiture, vous pouvez le porter dans les bras ou en écharpe. Avantage supplémentaire, cela économise votre dos en évitant de porter le poids du siège auto.

Les arches et les mobiles ont tendance à fixer le regard de Bébé vers le haut et à limiter les amplitudes de mouvement. Si elles sont placées trop en arrière, elles entraînent également de l’extension qui est un facteur de risque pour les torticolis et la plagiocéphalie du nourrisson.

Si vous utilisez une arche, privilégiez un placement au-dessus du ventre. Limiter le temps d’utilisation, voire enlever complètement l’arche. À la place, lorsque votre enfant est sur le tapis, vous pouvez proposer quelques jeux (2 ou 3) directement sur le tapis.

Les trotteurs (youpala) devraient pour moi ne pas être utilisés. Ils sont, en proportion d’utilisation, la première cause de traumatisme crânien chez les enfants qui ne marchent pas. Ils sont même interdits de vente au Canada.(12)

De même pour les jumpers, ils ne permettent pas à l’enfant de développer ses compétences motrices, notamment les réflexes de protection.(13)

Les jeux musicaux doivent être choisis en fonction des réactions de Bébé. Chez certains nouveau-nés, les bruits trop forts ou secs comme les grelots peuvent entraîner un réflexe d’extension. À l’inverse, certains bruits blancs ou musiques peuvent calmer Bébé.

En fonction de l’évolution de Bébé, il est possible d’utiliser des objets de la vie quotidienne tels que des casseroles, des cuillères ou des coussins de canapé pour encourager son exploration et sa motricité.

Le pousseur peut être un objet intéressant, mais il est important de l’utiliser de manière appropriée.

Évitez de tenir les roues pour aider Bébé à se redresser. Il doit être capable de gérer son équilibre et de se protéger avant cela. Laissez Bébé faire tomber le pousseur pour qu’il apprenne à gérer sa stabilité.

Les bébés n’ont pas besoin d’une quantité importante de matériels ou de jeux pour se développer. Ils doivent être adaptés aux compétences de l’enfant et ne pas le bloquer dans ses mouvements.

Note de Nelly : beaucoup de personnes s’interrogent aussi sur l’intérêt de faire des parcours de motricité, notamment avec du matériel tels que des modules de motricité (des gros blocs de couleur en mousse).

La crèche de ma fille, sachant que j’étais kiné, m’avait d’ailleurs proposé de venir faire des ateliers d’éveil motricité basés sur des parcours moteur. Bien sûr, si cela vous fait plaisir, vous pouvez vous lancer dans ce genre de choses.

Mais ce n’est absolument pas un pré-requis pour qu’un bébé ou un enfant se déeloppe bien.

L’exposer à des endroits différents (et sécurisés) avec des objets différents (chez soi, au parc, dans l’herbe, dans le sable, dans de la famille, à la crèche, dans des lieux parents enfants etc.) est suffisant !

***

Voilà pour cet article dédié à la motricité des bébés ! Si vous avez des informations complémentaires à apporter, des remarques, des questions : rendez-vous en commentaire !

Je pense que Jonathan se fera un plaisir de vous répondre 🙂.


1.         Rivière PJ, Le développement moteur et perceptivo-moteur du nourrisson (p.25). 

2.         Zwicker JG, Harris SR, A reflection on motor learning theory in pediatric occupational therapy practice. Can J Occup Ther Rev Can Ergother, févr 2009;76(1)(p. 29‑37). 

3.         Hadders-Algra M, Early human motor development: From variation to the ability to vary and adapt. Neurosci Biobehav Rev. 2018;90:411‑27.

4.         Adolph KE, Learning to Move. Curr Dir Psychol Sci. 28 juin 2008;17(3)213‑8. 

5.         Piper MC, Darrah J. Motor assessment of the developing infant. Philadelphia: Saunders; 1994. 210 p.

6.         Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge. Chiffres_cles_petite_enfance_handicap.pdf [Internet]. Disponible sur: https://www.hcfea.fr/IMG/pdf/Chiffres_cles_petite_enfance_handicap.pdf

7.         HAS. Fiche Mémo Prévention des déformations crâniennes positionnelles et mort inattendue du nourrisson.pdf. 2020. 

8.         Haute Autorité de Santé [Internet]. [cité 19 nov 2020]. Prévenir la plagiocéphalie sans augmenter le risque de mort inattendue du nourrisson. Disponible sur: https://www.has-sante.fr/jcms/p_3160772/fr/prevenir-la-plagiocephalie-sans-augmenter-le-risque-de-mort-inattendue-du-nourrisson

9.         Zafeiriou DI. Primitive reflexes and postural reactions in the neurodevelopmental examination. Pediatr Neurol. juill 2004;31(1):1‑8. 

10.       Morea A, Jessel J. Comparing the effects of varied and constant preferred items on improving tummy time for typically developing infants. J Appl Behav Anal. juill 2020;53(3):1367‑82. 

11.       Pikler E, Caffari-Viallon R. Grandir autonome. Toulouse: Érès; 2017. 

12.       Claudet I, Fédérici S, Debuisson C, Laporte-Turpin E, Micheau P, Pajot C, et al., Utilisation du trotteur (baby-trot, youpala): une conduite à risque, Arch Pédiatrie, déc 2006;13(12):1481‑5. 

13.       Devouche E, Provasi J, Apter-Gordey G, Bijeljać-Babic R, Bobin-Bègue A, Le développement du bébé de la vie fœtale à la marche: sensoriel, psychomoteur, cognitif, affectif, social, 2019.   

photo du kiné spécialisé en pédiatrie Jonathan Gillaux de Bébé Agile

Rédigé par Jonathan Gillaux

Je suis kinésithérapeute spécialisé en pédiatrie en région toulousaine. En plus d’une activité en cabinet libéral, j’aide les parents à accompagner sereinement la motricité de leur enfant de la naissance à la marche.

Je partage, via des conférences, un blog et les réseaux sociaux des informations actualisées sur la motricité du bébé.

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Vous êtes sur le site de Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Kiné dans l’armée : comment le devenir ? Interview & conseils !

Vous souhaitez devenir kiné dans l’armée ? Ou vous vous demandez à quoi ça ressemble la kinésithérapie militaire, comment trouver un emploi dans ce secteur, quel est le salaire, à quoi ressemble le quotidien…

J’ai eu le plaisir de poser toutes ces questions à Michel Poujade, qui a travaillé 30 ans comme kiné militaire en France !

Bonne lecture !

♻️ Dernière mise à jour : septembre 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : Michel est auteur de plusieurs ouvrages cités ici. Lien Amazon affilié.

Réponses de Michel Poujade, kiné militaire. Interrogé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Sommaire
Je résume tout ça au format vidéo

Quelles sont les études à suivre pour devenir kiné militaire ?

Il faut :

  • obtenir le diplôme d’état de kiné (même sans avoir d’expérience),
  • être Français(e),
  • être âgé de moins de 32 ans (pour être militaire de carrière) ;
  • et avoir un casier judiciaire vierge.

Note de Nelly : il n’existe pas de formation continue à suivre après le diplôme de kiné pour exercer comme kiné militaire ! Vous pouvez donc enchainer directement les études de kiné et un poste dans l’armée.

comment devenir kiné militaire guide

Est-ce que les gens qui travaillent dans l’armée peuvent avoir leur formation de kiné de payée pour devenir ensuite kiné militaire ?

Oui  c’est arrivé pour quelques étudiants médecins de l’école du Service de santé des armées de Lyon qui avaient effectué plusieurs 1° année de médecine avec un échec dans le cadre d’une réorientation.

Mais c’est à la marge. 

Note de Nelly : depuis 2018, le service des armées peut participer à financer la formation des études de kiné, avec une allocation financière spécifique de formation.

Le montant de l’allocation varie de 2 000 à 20 000€/an durant 1 à 4 ans d’études. Les étudiant(e)s s’engagent, une fois diplômés, à servir au sein du Service de santé des armées pour une durée égale au double des années financées.

Comment trouver un emploi de kiné militaire ?

Note de Nelly : il existe 3 types de postes / statuts différents qu’on peut occuper en tant que kiné dans l’armée :

  1. kiné réserviste : pour 5 à 30 jours par an. C’est donc un job qui n’est pas à temps plein, comme sapeur pompier volontaire.

    Pendant ses périodes d’activité, le réserviste perçoit la même solde et bénéficie de la même couverture sociale qu’un militaire « pro ». Les réservistes peuvent effectuer des opérations extérieures pour une durée de 5 semaines à 4 mois. ;
  2. kiné militaire sous contrat : les militaires sous contrat signent un contrat avec le ministère de la Défense pour une durée maximale de dix ans (renouvelable mais pas forcément). Il s’agit de jobs à temps plein.
  3. kiné militaire de carrière : les militaires de carrière le restent sans durée limitée avec une sécurité de l’emploi. Là encore, ce sont des jobs à temps plein.

Il faut contacter le Direction du service de santé des armées sur Paris (DRSSA). Plus précisément le bureau des ressources humaines et le service MiTHA (Militaire Infirmier Technicien des Hôpitaux des armées MiTHA).

Ce sont eux qui définissent les postes à pourvoir sur le territoire dans les hôpitaux militaires.

Il y a un Cadre MITHA RH qui s’occupe des filières paramédicales.

Il n’y a pas de poste pour l’instant dans les unités, hormis pour les MK réservistes du service de santé des armées. ( ce qui est pour moi incohérent !).

Note de Nelly : on trouve parfois aussi directement des annonces sur Physiorama ou d’autres sites d’annonces de remplas ou postes de kiné pour des postes qui se libèrent dans les hôpitaux militaires.

Pour être réserviste, il faut prendre contact avec le service de recrutement régional le plus proche de chez vous (liste en fin d’article), la section de recrutement et d’information de la réserve militaire.

kiné militaire trouver un poste
Une erreur s’est glissée dans l’image, il faut lire : à temps plein

Quel est le salaire d’un kiné militaire ?

La solde militaire d’un MK est calquée sur l’échelle indiciaire des MK de la fonction publique avec les mêmes échelons avec une prime spécifique autour de 20% (soit entre 2200 net et 3200 net euros en fin de carrière).

De plus sous statut militaire le MK est hors ordre MK, il dispose de 9 semaines de congés annuels.

Il a un statut de sous-officier avec une équivalence de grade d’adjudant à major en fin de carrière.

Quelle est la retraite d’un kiné militaire ?

1400 euros net sur 30 ans de carrière pour un sous-officier masseur-kinésithérapeute.

Voir cet article plus général sur la retraite des kinésithérapeutes en France.

Quelles sont les pathologies les plus souvent prises en charge en kiné militaire ?

  • Orthopédie,
  • Rhumatologie,
  • Sport,
  • mais aussi tous les services d’un hôpital, avec une spécificité sur le polytrauma et l’appareillage.

Est-ce que la kiné militaire ressemble beaucoup à la kiné du sport ?

Oui, mais le positionnement des kinés militaires en France n’est pas spécifique contrairement à d’autres armées du monde, Belge, US, anglais…

Est-ce que les kinés militaires sont demandeurs de massage, thérapie manuelle, physiothérapie où autres types de prises en charge qu’on peut ranger sous l’étiquette “passive” ?

Dans ma pratique j’ai effectué deux années d’ostéo ce qui pour moi était un plus ainsi que la kiné du sport.

Il y a une clientèle large car les hôpitaux militaires sont ouverts aux civils donc c’est le même travail qu’un kiné hospitalier.

La différence se situe dans l’implication pour les missions sur les théâtres d’opérations et le suivi des compétitions sportives militaires.

Quels sont tes 3 conseils aux kinés qui aimeraient devenir kiné dans l’armée ?

  1. Adhésion totale à l’institution militaire et ne pas confondre avec kiné sans frontière ce n’est pas le même job (voir cet article sur les missions humanitaires en kinésithérapie) !
  2. Être mobile géographiquement, être patient, très patient, sportif et touche à tout, pragmatique
  3. Respecter la hiérarchie militaire qui n’est pas la même que dans le monde civile !

Est-ce que c’est bien d’être kiné militaire si on espère voyager ?

On peut effectivement aller à l’étranger en tant que kiné militaire. Mais uniquement dans le cadre des missions sur volontariat. Mais la guerre n’est pas un « voyage » !

On peut être envoyé dans des zones dangereuses.

On peut aussi très bien rester toujours en France si on le souhaite, puisque les missions à l’étranger « sur le terrain » se font sur la base du volontariat.

Comment tu qualifierais la relation entre un(e) kiné militaire et ses patient(e)s ?

Comme n’importe quelle soignant qui a de l’empathie pour son camarade blessé avec beaucoup d’humilité et une véritable passion pour son métier.

Peux-t-on être kiné militaire si on a une aversion pour l’autorité ?

Non c’est impossible, j’ai essayé et j’ai ramassé dans certaines affectations!!!

Est-ce qu’on peut être kiné dans l’armée en libéral ?

Impossible en étant de carrière mais OK pour un réserviste du service de santé de santé.

Peux-tu présenter ton parcours de kiné militaire ?

Michel nous présente son parcours, depuis son DE de kiné jusqu’à son dernier post de kiné dans l’armée.

Quand tu as eu ton diplôme d’État de kiné ?

En 1992, à l’école Saint Michel sur Paris.

Quand et pourquoi tu as voulu faire kiné dans l’armée ?

J’avais un cousin brigadier dans l’armée Suisse qui à l’époque faisait l’école de guerre en France. Et c’est durant ma période de service militaire en visitant une caserne de chars Léopard en Suisse que j’ai décidé de prendre cette voie très atypique pour un kiné !

Comment s’est passé ta carrière militaire, où as tu travaillé ?

Je suis militaire depuis 1992 à la suite de mon service militaire. Je me suis engagé d’abord sous contrat, puis au bout de 6 ans, je suis passé de carrière. 

J’ai exercé comme masseur-kinésithérapeute (MK) des forces sous le statut MITHA (Militaire Infirmier Technicien des Hôpitaux des armées) dans plusieurs hôpitaux militaires :

  • Hopital d’instruction des armées (HIA) du Val de Grâce à Paris,
  • HIA Desgenettes sur Lyon,
  • HIA Sainte-Anne sur Toulon durant 10 ans.

Mission opérationnelle comme kiné militaire

En 2001, j’ai effectué la première mission opérationnelle  d’un kinésithérapeute, suite aux événements du 11 Septembre et à bord du porte-avion Charles de Gaulle. Ma mission était de prendre en charge le suivi physique et la rééducation des pilotes de l’aéro-navale embarquée. 

Cette mission a été le “détonateur” de mon intérêt grandissant pour les forces sur le terrain et la recherche appliquée sur les “facteurs humains”.

Cadre de santé militaire

Dans le même temps, je suis devenu officier en passant le Diplôme de cadre de santé en 2000.  

J’ai eu pour fonction de gérer un pôle de MPR/SSR militaire sur  l’hôpital d’instruction des armées de Sainte Anne à Toulon, le centre MPR de l’Oratoire, avec une équipe multidisciplinaire civilo militaire (MK, Ergothérapeutes, Psychomotricien(ne)s, infirmier(e)s, aide-soignant(e)s) de 40 personnels et 6 médecins militaires MPR. 

Dans le même temps, j’ai effectué des recherches cliniques avec mon chef de service sur le conditionnement physique et déconditionnement des commandos nageurs de combat lors de la sélection(Élite de l’armée Française) ainsi que sur les contraintes physiques des pilotes de chasse.

En 2007 j’ai obtenu un Master 2 en défense et sécurité, ainsi qu’un DU en gestion des risques.

J’ai poursuivi et terminé ma carrière comme cadre de santé militaire en région Auvergne-Rhône Alpes jusqu’en 2019 avec la gestion et notation de 250 infirmiers des forces et auxiliaires sanitaires, en tant qu’Adjoint au bureau technique de la DRSSA (CMA) de Lyon, officier communication, officier opération, responsable de l’audit qualité et gestion des risques, inspections techniques des antennes médicales et management de la formation des équipes paramédicales « secours au combat ».

Comment tu as trouvé ces postes dans l’armée ?

Sous statut militaire nous sommes soumis aux mutations.

Ce qui implique un déroulement de carrière faisant suite aux décisions d’ affectations décidées par la Direction centrale du service de santé des armées sur Paris.

Pourquoi tu as décidé d’arrêter de travailler comme kiné dans l’armée ?

Après presque 30 ans de services, j’avais envie de découvrir autre chose. La vie militaire est certes passionnante mais il y avait aussi de multiples contraintes et beaucoup de pressions dans les postes de gestion RH.

Dans ma spécialité j’étais un peu en avance sur le système.

J’avais en tête de nombreux projets concernant le suivi physique des forces spéciales en se calquant sur le modèle anglo-saxon, ce qui était un peu trop novateur comme : l’Hypnose, la visualisation/ mentalisation, la pleine conscience, l’évaluation physique standardisée pour les forces spéciales, l’anticipation des blessures physiques…

j’ai relaté cette expérience dans un ouvrage en 2014 aux éditions Amphora “Conditionnement physique pour le sportif opérationnel”. 

Que fais-tu aujourd’hui en tant que kiné ?

Hypnose, visualisation, pleine conscience, évaluation physique, anticipation des blessures physiques…!  comme Thérapeute et MK spécialisé dans la douleur, le sport, le stress  et les addictions.  

Tout ce qui était limitant dans les armées.

***

Voilà pour ce qu’on pouvait vous dire sur la profession de kiné militaire dans l’armée française ! Si vous avez des remarques, des quetions, rendez-vous en commentaire 🙂.

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📚 SOURCES

Wikipédia : statut général des militaires français

Devenir kiné réserviste, liste des contacts régionaux ici

Contact de la Direction centrale du service de santé des armées ici

Conditions pour être recruté comme kiné militaire ici

Financement de la formation kiné par le Service de santé des armées ici

Rédigé par Michel Poujade

Je suis kinésithérapeute et cadre de santé. Ancien officier du Service santé des armées, je suis spécialisé dans la prise en charge de la douleur, du sport ainsi que de la résistance au stress et aux addictions en tant que praticien en hypnose thérapeutique. Je suis également auteur d’ouvrages et de publications sur le conditionnement et le déconditionnement physique et mental.

J’habite dans le sud vers Toulon et travaille comme thérapeute, j’interviens également dans des séminaires et je participe à des conférences sur les « facteurs humains ».

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