Combien de temps dure une tendinite à l’épaule ? (+ conseils kiné)

Combien de temps dure une tendinite d’épaule ? Ou peut-être plus intéressant, combien de temps va encore durer votre tendinite d’épaule ?

Tous les mois, des milliers de personnes posent ce type de questions à leur moteur de recherche favori. Pour répondre à cette question, j’ai croisé trois sources d’information :

  • mon expérience clinique de kinésithérapeute ;
  • mon expérience d’être humain ayant déjà dû gérer et gérant actuellement mes propres douleurs d’épaule ;
  • la littérature scientifique internationale la plus récente.

Sans vous faire plus attendre, je vous livre dès à présent la réponse estimée en condensé :

  • pour une tendinite de survenue récente, comptez 45 jours à 3 mois, surtout si vous avez – de 55 ans ;
  • pour une tendinite déjà là depuis + de 3 mois, devoir compter sur au moins 6 mois de plus est courant, surtout si vous avez plus de 55 ans.

Et voilà !

Cela dit, si vous souhaitez aller un peu plus loin et mieux comprendre d’où viennent ces informations, je vous invite chaleureusement à lire la suite 🙂

♻️ Dernière mise à jour : septembre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Qu’est-ce qu’une tendinite de l’épaule ?

Tendinite, tendinose, tendinopathie de l’épaule : petit point de vocabulaire

Dans le milieu médical et scientifique, on pourra utiliser les mots :

  • tendinite : quand on suppose un problème de tendon de nature inflammatoire ;
  • tendinose : dans le cas contraire (on suppose un problème de tendon autre qu’inflammatoire) ;
  • tendinopathies : pour regrouper tous les types de problèmes de tendon, y compris les tendinites et les tendinoses.

Attention : le mot important ici est le mot « suppose ». Comme expliqué un peu plus bas, personne à ce jour ne sait vraiment ce qui se passe dans une épaule douloureuse standard.

Voilà pourquoi, en forçant le trait, on pourrait dire qu’affirmer :

  • « vous avez une tendinite à l’épaule » revient à dire :
  • « vous avez une douleur à l’épaule difficile à comprendre. » (!)

Par souci de simplicité et parce que le mot « tendinite » est très utilisé, j’ai fait le choix dans cet article de garder l’expression « tendinite de l’épaule ». Même si, comme nous allons le voir, certains spécialistes des douleurs d’épaule ne voient pas ça d’un très bon œil !

À retenir : on parle de tendinite de l’épaule quand on pense qu’une douleur d’épaule est causée par l’état inflammatoire d’un tendon de l’épaule. Problème : c’est loin d’être sûr que ce soit le cas ! Et cela, même si une IRM ou une échographie en donne l’impression.

L’IRM et l’échographie : pas clair que ce soit utile

Il n’est pas clair que l’IRM ou l’échographie est un réel intérêt pour savoir ce qui se passe dans une épaule douloureuse. Choquant n’est-ce pas ?

En effet, en général, la plupart des personnes raisonnent de la manière suivante :

  1. si j’ai mal à l’épaule, c’est qu’il y a quelque chose à l’intérieur qui fait mal ;
  2. si on arrive à voir ce que c’est, ça pourra aider à guider le choix du traitement ;
  3. avec une IRM ou une échographie, on va pouvoir voir ce qui se passe ;
  4. il me faut une IRM ou une échographie.

Maintenant, quel serait votre raisonnement si vous appreniez ceci :

Bon nombre de personnes qui n’ont pas de douleurs à l’épaule ont des anomalies anatomiques visibles avec une IRM ou une échographie (comme un tendon d’aspect inflammatoire, par exemple).

Si ceci est vrai, alors cela signifie que l’IRM ou l’échographie ne sont pas fiables pour déterminer la source de votre douleur. Pour être 100 % fiable pour cet objectif, une technique d’imagerie devrait par exemple :

  • montrer un tendon d’aspect inflammatoire quand les gens ont mal ;
  • ne jamais montrer un tendon inflammatoire quand les gens n’ont pas mal.

Or, dans certaines études on a pu retrouver des anomalies anatomiques chez presque 100 % des personnes n’ayant aucune douleur d’épaule. Et parmi elles, près de 4 sur 10 présentaient des tendons d’aspect inflammatoire (Girish, 2011 ; Lewis, 2016).

tendinite épaule temps de guérison échographie
Échographie d’une épaule : pas vraiment fiable pour identifier la source de la douleur pour une tendinite. Source image : Seo 2015

Quand certains voudraient interdire l’expression « tendinite de l’épaule » !

Dans le milieu médical et scientifique, on classe les tendinites d’épaule avec d’autres problèmes dans un gros paquet plus général : les douleurs d’épaules en lien avec la coiffe des rotateurs. (La coiffe des rotateurs est un ensemble de muscles profonds de l’épaule.) Dans ce paquet, on a :

  • les tendinites ou tendinoses de la coiffe des rotateurs (nos fameuses tendinites de l’épaule) ;
  • les syndromes du conflit sous-acromial ;
  • les douleurs qu’on suspecte être en lien avec une rupture partielle ou totale de la coiffe des rotateurs.

Pour chaque sous-groupe, y compris les tendinites, on n’est vraiment pas sûr de ce qui cause la douleur à l’intérieur. Pour chacun de ces sous-groupes, on a des suppositions, mais en aucun cas des certitudes.

Voici pourquoi les chercheurs regroupent et étudient pour l’instant tout ensemble, comme s’il s’agissait d’un même problème. C’est aussi la raison pour laquelle ces chercheurs encouragent les professionnels de santé à éviter de parler de « tendinite » avec un patient (Lewis, 2022).

Face à une personne souffrant de douleur d’épaule, les spécialistes de la question recommandent de parler uniquement de… Douleurs d’épaule (en lien avec la coiffe des rotateurs). Ceci étant dit, je continue néanmoins à utiliser le mot « tendinite » dans la suite de cet article :

  • par souci de simplicité ;
  • parce que le mot « tendinite » est d’usage très courant ;
  • et parce que j’insiste lourdement sur sa fonction purement hypothétique.

Vous pouvez toutefois sans problème lui substituer l’expression « douleur d’épaule mal comprise ».

À retenir : les spécialistes mondiaux des douleurs d’épaule pensent qu’il faut éviter de dire à quelqu’un qui a mal à l’épaule qu’il a une tendinite de l’épaule. La raison ? On n’est même pas sûr que ça existe vraiment !

Que sait-on vraiment sur les tendinites d’épaules ?

En 2023, les spécialistes cherchent encore… Autrement dit, on n’est pas bien sûr de savoir ce qu’est une tendinite de l’épaule aujourd’hui (Lo, 2022 ; Lo, 2023).

En principe, on sait qu’une tendinite, c’est une inflammation d’un tendon (ou plus précisément, d’une partie d’un tendon). Mais en pratique, on ne sait pas :

  • si parmi les personnes qui ont des douleurs d’épaule, toutes ont des problèmes de tendons inflammatoires ;
  • si parmi les personnes qui ont des douleurs d’épaule ET un problème de tendon inflammatoire :
    • si c’est vraiment parce que ce tendon est inflammatoire que ça fait mal ;
    • en admettant le point précédent, si c’est vraiment l’unique raison pour laquelle ça fait mal, ou bien alors s’il y a d’autres explications.

Pour ces raisons, affirmer « c’est une tendinite » face à une douleur d’épaule est très spéculatif en l’état de nos connaissances.

Par ailleurs, on n’est pas sûr qu’une douleur d’épaule à ces débuts s’explique de la même façon qu’une douleur d’épaule présente depuis plusieurs mois. On a toutefois quelques idées, que je vous présente dans les deux parties suivantes.

Les tendinites d’épaules d’apparition récente

La littérature scientifique est claire sur le sujet : presque toutes les informations dont nous disposons à ce jour concernent les tendinites d’épaule chroniques. C’est-à-dire celles qui sont présentes depuis déjà un moment.

Voilà pourquoi si vous avez une douleur d’épaule :

  • toute fraîche ;
  • qui ne vient pas d’une situation spécifique comme :
    • une fracture ;
    • une lésion cartilagineuse (fissure du labrum)
    • une lésion neurologique ;
    • une lésion ligamentaire faisant suite par exemple à une luxation de l’épaule ;
    • une affection rhumatismale connue ;
    • une chirurgie récente ;
    • une capsulite rétractile ;
  • et s’il est possible d’identifier que vous avez récemment sursollicité votre épaule,

alors nous ne disposons pas d’informations scientifiques directes pour expliquer ce qui peut créer la douleur.

On peut toutefois faire deux suppositions raisonnables :

  1. de par la manière dont vous avez utilisé votre épaule, vous avez sans doute abîmé ou perturbé quelque chose. « Abîmé » ou « perturbé » devant être compris dans un sens vague, sans précision sur le quoi et le comment (ce pourrait ne pas être un problème de tendon).
  2. Comme vous avez abîmé ou perturbé quelque chose, il va falloir un certain temps pour :
  • que ce qui a été abîmé cicatrise ;
  • ou que ce qui a été perturbé rentre dans l’ordre.

Bien que ces suppositions soient assez floues, elles peuvent suffire à comprendre qu’à un moment donné, il va falloir du repos (relatif) ! J’y reviens plus tard dans cet article.

Les tendinites d’épaule présentes depuis plusieurs mois

Nos connaissances scientifiques les plus récentes pointent vers l’explication suivante : les tendinites d’épaule présentent depuis plus de 3 mois seraient le fruit d’un état inflammatoire multilocalisé persistant.

Des indicateurs biologiques de cet état inflammatoire ont été retrouvés :

  • dans certains tendons de l’épaule (il y a donc bien en quelque sorte « tendinite », mais pas uniquement !) ;
  • dans la bourse séreuse sous-acromiale (un élément anatomique constitutif de l’épaule) ;
  • dans l’articulation gléno-humérale (la principale articulation de l’épaule) ;
  • dans le sang (ou plus précisément, dans le sérum, une partie du sang).
tendinite épaule temps de guérison radio
Image radio d’une épaule droite vue de face. L’articulation gléno-humérale se fait entre la boule à gauche (la tête de l’humérus) et l’omoplate à droite (on a l’impression d’une bouche de poisson tentant de manger la boule). Source image : Helleroff CC – By SA

Il convient toutefois d’insister sur le fait qu’à ce jour :

  • cette explication nécessite d’être encore largement étudiée scientifiquement pour lui faire vraiment confiance ;
  • nous n’avons pas vraiment d’idée de comment cet état inflammatoire se mettrait en place, ni de pourquoi il persisterait.

Sources : Lo, 2022 ; Lo, 2023

Quel est le temps de guérison d’une tendinite de l’épaule ?

Je commence par une réponse générale pour tous les types de tendinite d’épaule. Je m’attarde ensuite sur les tendinites de survenue récente.

Réponse générale

À noter que seul le second point s’appuie directement sur la littérature scientifique. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il existe des études spécifiques ayant tâché d’évaluer le temps de guérison des tendinites de plus de 3 mois Ce n’est pas le cas des tendinites de survenue plus récente.

Certains d’entre vous se demanderont alors peut-être : comment peut-on affirmer qu’une tendinite de survenue récente va durer entre 45 jours et 3 mois en l’absence d’études spécifiques sur la question ? Un autre questionnement possible, parfaitement légitime, est : pourquoi ce seuil de 55 ans ?

Je réponds à ces deux questions dans les deux sous-parties suivantes.

Comment estimer la durée d’une tendinite d’épaule récente ?

À ce jour, personne ne sait vraiment ce que peut bien être une tendinite d’épaule qui vient juste d’apparaître. Personne ne sait vraiment pourquoi ça fait mal. Appeler ça une « tendinite » est d’ailleurs abusif, puisque qu’il n’est absolument pas certain qu’il y ait un problème de tendon.

Comment, dans ces circonstances, peut-on bien avoir une idée du temps que cette soi-disant tendinite va durer ? Voyons d’abord la théorie, puis la pratique.

En théorie

Idéalement, pour connaître le temps de guérison d’une tendinite d’épaule récente, il s’agirait de suivre un groupe de personnes :

  • souffrant d’une douleur d’épaule récente survenue dans un contexte où cette épaule a été utilisée de manière intensive ;
  • pour lesquelles on aura préalablement écarté une cause spécifique connue et nécessitant potentiellement une prise en charge adaptée (pour ce faire, le recours à un professionnel bien formé est fortement conseillé).

On suivra alors ce groupe de personnes jusqu’à ce que la douleur disparaisse, et on calculera le délai moyen de disparition. Problème : à ma connaissance, ce type d’étude n’existe pas pour ce type de douleur. Comment en faire alors en pratique pour se donner une idée ?

En pratique

À mon avis, il est possible de faire une estimation raisonnable du temps de guérison d’une tendinite d’épaule de survenue récente. Cette estimation s’appuie sur le raisonnement suivant :

  1. bien qu’on ne sache pas exactement pourquoi ça fait mal, on peut supposer que quelque chose a été abîmé ou perturbé. Il y a eu une sorte de lésion, de perturbation, peu importe sa nature. L’épaule a été trop sollicitée.
  2. Dans le cas d’une bonne lésion ligamentaire, on peut avoir à compter jusqu’entre 45 jours et 3 mois de cicatrisation (hors rupture complète qui peut nécessiter une chirurgie). Ainsi, on peut supposer au pire qu’une douleur associée à ce genre de lésion peut durer jusqu’à bien 3 mois.
  3. Donc au pire des cas :
  • si on imagine que votre douleur d’épaule soit liée à une lésion similaire à une bonne lésion ligamentaire,
  • on obtient une durée de guérison de 45 jours à 3 mois.

Bien sûr, ce raisonnement s’appuie sur un paquet de suppositions et d’incertitudes qu’il convient d’expliciter :

  • absolument rien ne dit qu’une douleur d’épaule de survenue récente vienne d’une lésion ligamentaire ;
  • les connaissances qu’on a sur les délais de cicatrisation des ligaments concernent les ligaments de la cheville (Hubbard-Turner, 2008). Il n’est pas sûr qu’il en soit de même pour l’épaule.
  • Il est incertain, quand un ligament est abîmé, que la douleur soit tout le temps liée à l’état de cicatrisation du ligament concerné. Il se pourrait que la douleur cède ou persiste à un moment, indépendamment de cet état de cicatrisation.

En tout cas, en pratique, compter sur 45 jours à 3 mois donne un ordre d’idées raisonnable en l’absence d’études sur le sujet. À partir de là, ne reste plus qu’à vous souhaiter que ce soit moins !

Pourquoi avoir moins de 55 ans favoriserait une guérison plus rapide ?

Il existe des preuves qu’avoir plus de 55 ans (en moyenne) augmenterait le risque qu’une tendinite de l’épaule devienne chronique (Struyf, 2016). Autrement dit, avoir moins de 55 ans favoriserait une guérison plus rapide.

Ceci est à mon avis plausible dans la mesure où :

  • toutes les données scientifiques disponibles à ce jour sur les tendinites de l’épaule concernent des personnes qui ont globalement plus de 40 ans. Une raison possible à cette situation est que les personnes qui ont moins de 40 ans :
    • soit sont beaucoup moins à risque de développer une tendinite de l’épaule ;
    • soit guérissent beaucoup plus vite, ce qui diminue leur risque de se trouver un jour sujet d’une étude scientifique sur les tendinites !
    • Les deux points précédents combinés.
  • De manière générale, en vieillissant, le corps a malheureusement de plus en plus de mal à réparer tout type de dommage.

Quelles causes possibles pour une tendinite de l’épaule qui dure ?

La dernière synthèse de la littérature scientifique à ce sujet suggère :

  • que les tendinites d’épaules persistantes depuis plus de 3 mois pourrait être causées par un état inflammatoire multilocalisé ;
  • que des indicateurs biologiques de cet état inflammatoire ont été détectés :
    • dans certains tendons de l’épaule ;
    • dans la bourse séreuse sous-acromiale (un élément anatomique de l’épaule) ;
    • dans l’articulation gléno-humérale (l’articulation entre l’omoplate et l’humérus) ;
    • dans le sérum du sang.
Une vue schématique de certains éléments anatomiques de l’épaule (noms des pièces anatomiques en anglais). On peut y voir 3 des 4 localisations d’un possible état inflammatoire : tendon supraépineux (tendon of supraspinatus muscle) ; bourse synoviale sous-acromiale (subacromial bursa) ; intérieur de l’articulation gléno-humérale (glenoid cavity).
Source image : OpenStax College CC – By SA

Cependant, il faut noter que cette explication requiert d’être encore étudiée plus à fond pour en être vraiment sûr. À noter aussi que nous ne savons pas vraiment à ce jour comment cet état inflammatoire s’installerait, ni pourquoi il subsisterait dans le temps.

Sources : Lo, 2022 ; Lo, 2023

Comment réduire le temps de guérison d’une tendinite de l’épaule ?

Est-ce vraiment une bonne idée de vouloir guérir vite ?

Pour les tendinites d’épaule récentes, vouloir guérir vite n’est pas forcément une bonne idée. En effet, sur le court terme, la douleur a une authentique fonction d’alarme : elle est là pour vous signaler qu’il faut songer à calmer le jeu.

Notre corps ne peut pas encaisser toutes les contraintes physiques possibles et imaginables. Si certains sont plus solides que d’autres, nous avons tous nos propres limites. Votre tendinite d’épaule vous indique que vous en avez trop fait par rapport à ce que votre anatomie est capable de supporter.

La solution dans ces circonstances : laisser à votre épaule le temps de se reposer (relativement bien sûr, j’y reviens un peu plus bas). Dans le pire des cas, il faudra compter entre 45 jours et 3 mois pour que les choses reviennent dans l’ordre.

Remarque : j’ai toutefois bien conscience que selon les activités professionnelles des uns et des autres, se reposer n’est malheureusement pas toujours possible…

Quand bien vivre et maîtriser sa douleur devient l’enjeu principal

Pour les tendinites d’épaule de plus de 3 mois, il est fréquent de devoir compter sur au moins 6 mois de plus pour voir des améliorations. Et j’ai bien écrit « au moins » 6 mois de plus, car :

  • ça peut malheureusement être bien plus long ;
  • pour beaucoup, « améliorations » n’est pas forcément synonyme de « guérison ».

Dans ces conditions, de fait, les gens apprennent à vivre avec et à maîtriser leur douleur. Tout l’enjeu à partir de là est de savoir :

  • s’il est possible de faire ça plus ou moins bien (à mon avis, cela paraît raisonnable de le penser) ;
  • quelles sont les bonnes pratiques en la matière.

Garder une épaule aussi active que possible : la clé dans tous les cas

La littérature scientifique la plus récente est claire : il n’existe aucune méthode miracle pour guérir les tendinites d’épaule. « Guérir » doit être compris ici au sens de supprimer définitivement. De telle sorte à ce qu’on puisse revenir à n’importe quelle activité physiquement exigeante.

Toutefois, cette même littérature suggère aussi que garder une épaule aussi active que possible est la meilleure façon :

  • de limiter le risque qu’une tendinite d’épaule récente devienne chronique ;
  • de contrôler au mieux la douleur et ses conséquences dans le cas des tendinites d’épaules de plus de 3 mois (Franco, 2019).

À ce stade, le lecteur attentif aura peut-être noté ici une contradiction avec la première sous-section de cette partie. Pour les tendinites récentes, comment garder une épaule aussi active que possible quand en même temps la douleur indique qu’il faut se reposer ?

C’est effectivement un challenge.

C’est le genre de challenge que peut vous aider à relever un kiné par exemple. (Ce qui amène à la question de combien de séances de kiné pour une tendinite de l’épaule ?)

Réviser ses exigences d’activités : une solution indirecte au problème

Imaginez. Vous pratiquez le lancer du javelot depuis plusieurs années. Un jour, vous déclenchez une douleur à l’épaule suite à un entraînement. Cette douleur reste pendant quelques jours, vous gênant même pour dormir.

Quelques semaines plus tard, vous ne ressentez plus aucune douleur. Vous avez repris le cours normal de votre vie, à l’exception de la pratique du javelot. Vous avez remplacé ce temps d’activité par du badminton, qui ne vous occasionne pour l’instant pas de douleur.

Peut-on dire que vous êtes guéri ?

En un sens, oui, vous n’avez plus mal pour aucune de vos activités de la vie courante. Dans un autre, il se pourrait que la douleur soit toujours là si vous repreniez le javelot. Peut-être même avez-vous déjà réessayé mais sans succès ? En ce cas, on pourrait tout aussi bien dire que vous n’êtes pas guéri.

Que nous apprend cette petite expérience de pensée ?

Elle nous apprend que se considérer guéri ou non de certaines douleurs dépend directement des exigences que l’on a vis-à-vis de son corps :

  • vous aspirez à lui faire faire des choses difficiles : vous prenez le risque d’avoir mal partout, tout le temps ;
  • vous acceptez d’adapter vos activités en fonction de votre âge, de votre consitution, de vos forces et de vos faiblesses : tout va beaucoup mieux !

Vous avez mal à l’épaule uniquement quand vous lancer un javelot ? Au bout de deux heures de pratique de l’accordéon ? Quand vous souhaitez nager 400m crawl en moins de 6 minutes ?

Et si vous troquiez le javelot contre le badminton ? Et si vous vous contentiez de jouer de l’accordéon pendant seulement 1h30 ? Et si vous acceptiez de nager votre 400m un peu moins rapidement ?

Oui, je sais que les choses ne sont pas toujours aussi simples. Mais parfois, elles le sont ! En tout cas, décider si remplacer ou modifier une activité est simple ou non est l’affaire de chacun.

En résumé :

  • Vouloir réduire le temps de guérison d’une tendinite d’épaule récente n’est pas forcément une bonne idée. Sur le court terme, la douleur incite au repos nécessaire à la guérison naturelle. (Quand le repos est possible bien sûr. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas.)
  • Pour les tendinites de + de 3 mois, l’enjeu est bien plus de vivre avec et de maîtriser sa douleur que d’espérer trouver une solution miracle.
  • Dans les deux cas de figure, la recherche scientifique indique qu’on met toutes les chances de son côté en gardant une épaule aussi active que possible. (Et en restant globalement aussi actif que possible en général !)
  • En un sens, il est possible de réduire drastiquement la durée d’une tendinite d’épaule en révisant ses exigences d’activités.

Que dit vraiment la science sur la durée des tendinites d’épaule ?

La science ne dit rien directement pour l’écrasante majorité des cas de tendinite d’épaule ! Comment est-ce possible ?

C’est possible pour deux raisons :

  1. 50 à 80 % des gens ne consultent pas pour ce type de problème, et ne sont donc pas étudiés. En effet, toutes les études scientifiques portent sur les gens qui ont consulté un professionnel de santé pour leur tendinite (Zohreh, 2023).
  2. Toutes les études portent essentiellement sur des personnes :
  • qui ont plus de 40 ans ;
  • qui ont des douleurs depuis plus de 3 mois.

On a donc aucune information directe sur les moins de 40 ans et les tendinites d’apparition récente.

Ceci étant dit, puisse ces éléments vous aider à mieux jauger de la confiance à accorder aux informations contenues dans cet article.

tendinite épaule temps de guérison

Si vous avez des questions, des remarques des expériences à partager, n’hésitez pas, rendez-vous dans les commentaires ! 🙂

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES

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Oscar Dorrestijn and others, Patients with shoulder complaints in general practice: consumption of medical care, Rheumatology, Volume 50, Issue 2, February 2011, Pages 389–395, https://doi.org/10.1093/rheumatology/keq333

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Thomopoulos S, Parks WC, Rifkin DB, Derwin KA. Mechanisms of tendon injury and repair. J Orthop Res. 2015 Jun;33(6):832-9. doi: 10.1002/jor.22806. Epub 2015 Mar 2. PMID: 25641114; PMCID: PMC4418182.


Photo d'Albin Guillaud, kinésithérapeute

Rédigé par Albin Guillaud

Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.

Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️

En savoir plus sur moi

Périostite tibiale : à quelle durée de guérison s’attendre ?

Vous avez une périostite tibiale ? Vous cherchez des informations les plus précises possibles sur l’évolution des douleurs, et combien de temps on est géné quand on a ça ?

Kiné (et ancienne hepathlonienne… j’ai bien connu les périostites tibiales !), je m’appuie sur mon expérience et mes recherches approfondies dans les études médicales publiées un peu partout dans le monde pour vous donner des réponses.

Encore des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !

♻️ Dernière mise à jour : septembre 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Je résume cet article au format vidéo !

Qu’est-ce que c’est précisément une périostite tibiale ?

Quand on a une périostite tibiale, on a une douleur le long du bord interne du tibia, généralement juste au-dessus de la cheville ou à mi-chemin entre le genou et la cheville.

schéma montrant le tibia et la zone où sont les douleurs en cas de périostite tibiale
Lz zone avec les petits points, c’est la zone où vous avez le plus souvent mal quand vous avez une périostite tibiale

Quelles sont les causes fréquentes de périostite tibiale ?

Elle survient généralement chez les personnes qui pratiquent des activités physiques à fort impact, comme la course à pied ou le saut : coureurs à pied de longue distance, militaires, danseurs et danseuses classiques, etc..

Parfois simplement chez des personnes qui marchent ou restent beaucoup debout au travail.

Cela arrive souvent quand vous augmentez rapidement l’intensité, la fréquence ou de la durée de l’activité physique que vous pratiquez.
Probablement surtout si c’est sur des surfaces dures, ou pieds nu d’un coup (ou avec un chaussage relativement « dur » par rapport àce que vous avez l’habitude d’avoir).

Lorsqu’on exerce des contraintes sur un os (par exemple en faisant du sport, de la musculation, ou simplement en marchant) cela le renforce.

Mais si on exerce d’un coup trop de contrainte par rapport à ses habitudes, cela peut au contraire l’abimer un peu et déclencher une inflammation, pour réparer les tissus abimés par cet excès de contraintes.

Pourquoi on appelle ça périostite tibiale ?

Car à cet endroit du corps, vous avez du périoste : c’est une membrane assez fine qui recouvre le tibia. Et elle peut s’inflammer et être douloureuse.

On appelle donc ça périost-ite, le suffixe ite voulant dire « inflammation ».

Est-ce que c’est fréquent ?

Même si on en a parfois jamais entendu parlé avant que ça nous arrive, c’est très fréquent : 1 personne sur 5 qui pratique la course à pied en aura au moins une au cours de sa vie.

Vous pouvez avoir des périostites aux 2 tibias en même temps (jambe droite et gauche) ou à un seul.

Comment être sûr que c’est bien ça ?

Voici les différents signes évocateurs d’une périostite tibiale :

  • Douleur surtout à l’exercice le long des deux tiers du bas du bord médial (=intérieur) du tibia. Elle est aussi réveillée quand on appuie sur cet endroit, et elle est présente sur plus de 5cm de long.
  • Douleur qui s’atténue avec le repos relatif
  • Absence de crampe, de douleur brûlante dans le compartiment postérieur et/ou d’engourdissement/de picotement dans le pied
  • Éventuellement un gonflement et une rougeur (érythème), mais peu importants
  • Pas de perte du pouls quand on le prend au niveau du pied / de la cheville

Ces signes permettent de faire ce qu’on appelle un « diagnostic différentiel » : éliminer d’autres problèmes qui nécessiteraient un autre type de prise en charge.

Il n’y a pas besoin de faire de radio, d’IRM, de scintigraphie ou de scanner pour diagnostiquer une périostite : cela se fait simplement en vous posant des questions et en vous examinant.

Quand on fait un examen complémentaire type radio, c’est seulement si les symptômes font penser à autre chose comme une fracture de fatigue du tibia, qui survient cependant beaucoup plus rarement.

Source : McClure 2023 ; Deshmukh 2022

IRM montrant une périostite tibiale
IRM réalisée chez une joueuse de hockey. Il montre une périostite tibiale : c’est la ligne blanche qu’on voit, qui montre un oedème = un gonflement du périoste, pile à l’endroit des douleurs. Rappelez-vous : on fait rarement un IRM quand on quasi sûr du diagnostic à l’examen, car cela ne nous donne pas plus de pistes pour le traitement !!

Pourquoi s’intéresser à la durée de guérison d’une périostite au tibia ?

Même si c’est quelque chose de bénin, qui n’est pas le signe d’un problème grave, les périostites tibiales peuvent être très contraignantes.

Vous pouvez vraiment avoir du mal à continuer à faire du sport (ou travailler), vous devez parfois vous arrêter en pleine séance, attendre plusieurs choses, et reprendre… dans la douleur.

Vous vous demandez donc très probablement pour combien de temps encore vous allez avoir ces douleurs. Et s’il y a quelque chose à faire pour accélerer leur disparition…

Des questions que se posent la plupart des coureurs (et autres sportifs) un jour ou l’autre ! D’où cet article.

Commment savoir combien de temps dure une périostite tibiale ?

Voici 3 façons de connaître le temps de guérison de la périostite tibiale :

  1. demander aux gens qu’on connaît autour de soi au bout de combien de temps la douleur est partie et quand iles ont pu reprendre toutes leurs activités, y compris le sport. Comme c’est une pathologie assez fréquente (1 personne sur 5 qui pratique la course à pied en aura une au cours de sa vie), on a des chances de connaître une ou plusieurs personnes qui a déjà eu ça ;
  2. demander à des professionnel(le)s de santé (kinés, médecins) leur avis sur la durée d’évolution. Comme ils et elles voient beaucoup de gens qui ont des problèmes de santé, il est possible qu’ils aient une idée plus précise, car ils ont accès à un échantillon plus large ;
  3. regarder les statistiques sur les durées d’évolution dans les études qui suivent pendant longtemps des personnes qui ont eu une périostite au tibia.

Personnellement, je préfère m’appuyer sur cette troisième option. Je trouve que c’est la plus fiable :

  • c’est celle qui permet d’accéder au plus grand nombre de personnes ;
  • c’est celle qui est la plus méthodique dans sa manière de récolter des informations et d’essayer d’être la plus fiable possible.

C’est pour cela que dans la suite de l’article, je m’appuierai sur ces données provenant des études cliniques, en plus de ma propre expérience professionnelle 🙂.

Quelle est la durée d’une périostite tibiale ?

Je vais donc autant que possible m’appuyer sur les études qui suivent l’évolution de personnes à qui on a diagnostiqué une périostite tibiale.

En sachant qu’il y a peu de données disponibles : probablement parce que les périostites sont relativement bénines et que de nombreuses personnes ne consultent pas pour ça, ou parce que les douleurs et la gêne ont cessé avant qu’on ait le temps de les inclure dans un essai clinique !

Combien de temps dure en moyenne une périostite tibiale ?

Une équipe de recherche néerlandaise (Moen 2012) a justement essayé de voir :

  • comment évolue la périostite tibiale au fil des semaines ;
  • quels sont les facteurs qui vont que ça va plus ou moins vite vers le mieux.

Déjà, elle s’est basée uniquement chez des hommes (35) qui avaient des douleurs depuis déjà plus de 2 semaines.

Bonne nouvelle au passage : certaines personnes n’ont plus aucune gène après seulement moins de 2 semaines d’arrêt strict, à condition de reprendre très progressivement la charge d’entraînement (ou l’activité sollicitante).

Comment évoluent ces personnes qui ont des périostites depuis 2 semaines ou plus ?

Le temps de guérison moyen de la périostite tibiale est de 58 jours. Et la majorité des gens de cet échantillon récupèrent totalement en 31 jours (1 mois) à 85 jours (2 mois et demi).

Parmis tous les facteurs étudiés pour voir s’ils étaient des indicateurs de guérison plus longue, un seul ressort vraiment : l’IMC, l’indice de masse corporelle (le rapport entre votre taille et votre poids). Un IMC plus élevé (bien que dans les normes) indiquait une probabilité plus importante que cela dure plus longtemps.

Mon expérience :

J’ai vraiment vu tous les cas de figure avec les périostites tibiales. Plutôt dans ma vie de sportive (athlétisme, running) que de kiné, car peu de personnes consultent un(e) kiné pour des périostites (et encore mois une kiné à domicile!!). Le tableau type :

  • des douleurs de temps en temps selon les activités physiques, sans que cela nécessite de diminuer vraiment l’activité qui les déclenche ;
  • puis petit à petit la douleur arrive plus vite ou dure plus longtemps ;
  • cela conduit à devoir diminuer l’activité et la ré-introduire progressivement au bout de 10 jours pour les plus pressés, 2/3 semaines pour les autres ;
  • on tâtonne ensuite à trouver le bon dosage ;
  • parfois, on reste gêné plusieurs mois, mais sans vraiment stopper nette son activité ;
  • on essaie parfois pas mal de choses en chemin,parfois on a l’impression que ça a eu un effet, et parfois pas.
combien de temps dure une périostite tibiale

Combien de temps maximum dure une périostite tibiale ?

Après diminution ou arrêt des activités déclenchant ou aggarant les douleurs au tibia, on constate que les gens récupèrent totalement au bout d’environ 2 mois chez ceux et celles chez qui la douleur dure depuis au moins 2 semaines.

Mais comme souvent en médecine, il y a des gens aux 2 extrèmes. Et certaines personnes peuvent trainer leur périostite longtemps, sans que cela indique un problème grave sous-jacent.

Combien de temps maximum ? Certaines personnes peuvent avoir mal pendant des années, mais la douleur est souvent fluctuante : elle diminue ou disparaît, puis revient.

Sans forcément de lien direct avec la quantité d’entrainement, ce qui peut être frustrant.

Dans une étude britannique suivant des personnes avec des périostites récalcitrantes (Padhiar 2021), la plupart des gens suivis avaient 1 an après le suivi encore des douleurs.

Mais elles avaient tout de même repris les activités sportives, et certaines au niveau d’avant l’apparition des premières symptomes.

comment soigner la périostite tibiale

Peut-on accélérer le temps de guérison d’une périostite tibiale ?

Se demander comment accélérer le temps de guérison d’une périostite tibiale revient à se demander s’il y a des traitements efficaces, autres que le repos / la diminution de la charge d’entrainement.

Vous n’êtes bien sûr pas seul(e) à vous poser cette question, et des dizaines d’études (en général de pas très bonne qualité) ont été faites pour tenter de répondre à cette question.

Voici cependant ce que disent les auteurs d’une publication académique au sujet du traitement recommandé d’une périostite tibiale :

La prise en charge d’une périostite tibiale est conservatrice et se concentre principalement sur le repos et la modification de l’activité avec moins d’exercices répétitifs et de mise en charge. Il n’existe pas de recommandations spécifiques sur la durée du repos nécessaire à la résolution des symptômes, et cette durée est probablement variable selon les individus.

McClure 2023

Et encore :

la prise en charge est éducative et se focalise sur un régime d’exercices gradués, ainsi que sur la prévention du surentraînement.

McClure 2023

Et les auteurs de 2 autres synthèses :

Bien que de nombreuses modalités thérapeutiques physiques, y compris la mobilisation des tissus mous assistée par des instruments, la libération des fascias, la thérapie par ultrasons et la stimulation électrique puissent être utilisées pendant la période aiguë (une périostite tibiale), il n’existe aucune preuve de leur efficacité.

Deshmukh 2022

Aucune des études n’est suffisamment exempte de biais méthodologiques pour recommander l’un ou l’autre des traitements étudiés.

Comme la périostite tibiale est très probablement une lésion de surcharge osseuse, les programmes de réadaptation semblent être les plus appropriés. On peut envisager plusieurs jours sans mise en charge, puis une mise en charge progressive jusqu’à l’obtention d’une fonction complète.

Winters 2013

Bien sûr vous trouverez toujours des médecins ou kinés qui vous proposeront différents traitements « à essayer », histoire de faire quelque chose « de plus » que la simple remise en charge progressive :

  • vous écraser le périoste avec le dos d’une petite cuillière ;
  • des étirements des muscles des jambes ;
  • une prescription pour des semelles ;
  • des recommandations de chaussage ;
  • des ondes de choc ou des ultrasons ;
  • des massages (notamment avec des glaçons) ou des techniques de thérapie manuelle ;
  • la prise d’anti-inflammatoire (par voie orale, ou en application sur la peau) ou d’acétaminophène ;
  • le port de bas de contention ;
  • du renforcement musculaire ;
  • le port d’orthèse ;
  • le dryneedling, le k-taping, l’acupuncture ;
  • la cryothérapie.

Et la liste est loin d’être finie, et vous trouverez toujours probablement quelque chose que vous n’avez pas encore essayé.

Aucune de ces thérapies n’a fait l’objet d’une évaluation rigoureuse qui permettrait d’étayer son efficacité significative par rapport à ne rien faire de plus, ou en remplacement du repos.

Certaines sont plus cohérentes que d’autres biomécaniquement.

Personnellement, pour moi-même comme pour les patient(e)s qui sollicitent mon avis sur les traitement à tester, je privilégie toujours une prise en charge avec le :

  •  maximum d’efficacité (théorique / empirique)
  • minimum d’effets secondaires
  • minimum de coût (en temps, en énergie, en argent)
  • minimum de dépendance d’une tierce personne ou d’un matériel

Or, pour les périostites tibiales, on trouve beaucoup d’exemples dans la littérature comme dans la pratique des pros de santé de personnes qui ont récupéré sans traitement autre que la diminution et l’adaptation de la charge d’entrainement.

Chose que vous pouvez mettre en place seul(e) ou sous supervision d’un(e) kiné ou autre professionnel.

Je privilégie donc ce type de prise en charge, sans traitement additionnel.

Si vous voulez vraiment faire quelque chose en plus, vous pouvez piocher dans la liste ci-dessu en fonction de ce qui vous semble le moins contraignant pour vous, et qui remporte le plus votre adhésion. Mais il n’est pas certain que cela accélère votre temps de guérison, ni que cela vous permette de moins diminuer votre charge d’entrainement ou d’activité !

***

Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une périostite, j’ai conçu ce guide au format ebook :

couverture de l'ebook du guide de récupération après une blessure

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES

McClure CJ, Oh R. Medial Tibial Stress Syndrome. [Updated 2023 Feb 12]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK538479/

Deshmukh NS, Phansopkar P. Medial Tibial Stress Syndrome: A Review Article. Cureus. 2022 Jul 7;14(7):e26641. doi: 10.7759/cureus.26641. PMID: 35949792; PMCID: PMC9356648.

Winters M, Eskes M, Weir A, Moen MH, Backx FJ, Bakker EW. Treatment of medial tibial stress syndrome: a systematic review. Sports Med. 2013 Dec;43(12):1315-33. doi: 10.1007/s40279-013-0087-0. PMID: 23979968.

Winters M, Eskes M, Weir A, Moen MH, Backx FJ, Bakker EW. Treatment of medial tibial stress syndrome: a systematic review. Sports Med. 2013 Dec;43(12):1315-33. doi: 10.1007/s40279-013-0087-0. PMID: 23979968.

Moen MH, Bongers T, Bakker EW, Zimmermann WO, Weir A, Tol JL, Backx FJ. Risk factors and prognostic indicators for medial tibial stress syndrome. Scand J Med Sci Sports. 2012 Feb;22(1):34-9. doi: 10.1111/j.1600-0838.2010.01144.x. Epub 2010 Jun 18. PMID: 20561280.

Padhiar N, Curtin M, Aweid O, Aweid B, Morrissey D, Chan O, Malliaras P, Crisp T. The effectiveness of PROLOTHERAPY for recalcitrant Medial TIBIAL Stress Syndrome: a prospective consecutive CASE series. J Foot Ankle Res. 2021 Apr 16;14(1):32. doi: 10.1186/s13047-021-00453-z. PMID: 33863355; PMCID: PMC8052809.

Images : Franklyn M, Oakes B. Aetiology and mechanisms of injury in medial tibial stress syndrome: Current and future developments. World J Orthop. 2015 Sep 18;6(8):577-89. doi: 10.5312/wjo.v6.i8.577. PMID: 26396934; PMCID: PMC4573502.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

7 erreurs fréquentes à éviter dans sa comptabilité de kiné libéral

Aujourd’hui, je (Nelly) laisse le clavier à Manuela Charvet. Manuela est comptable depuis 20 ans, et a travaillé plus de 9 ans aux côtés de kinés, médecins et infirmiers et infirmières dans une AGA.

Elle y connaît un rayon en comptabilité, comme vous allez le voir dans cet article.

Mais en plus, elle a de très bonnes qualités de pédagogue à l’écrit, comme vous allez aussi le voir ! C’est d’ailleurs comme ça que je l’ai connu : elle a écrit un super guide à destination des professions libérales pour bien remplir sa déclaration d’impôt.

Comme elle produit du contenu d’excellente qualité, je lui ai demandé si elle pouvait nous écrire quelque chose sur les erreurs fréquentes en comptabilité qu’elle a constaté chez les kinés libéraux et autres soignant(e)s qu’elle a accompagné en compta ces dernières années.

Et bien, je n’ai pas été déçue ! Immense merci à Manuela pour ces conseils pratiques, clairement expliqués et extrèmement bien documentés 👏 !

Voici sur quoi Manuela s’est appuyée pour concevoir cet article : Pour les 7 sujets d’erreurs récurrentes chez les professionnels de santé, je me suis appuyée sur mon expérience en AGA ,à contrôler des 2035 pendant 10 ans. Les erreurs sont très souvent les mêmes, chez tout le monde, qu’on soit kiné, infirmier ou médecin. Par contre, qu’on soit une AGA ou un cabinet comptable, on s’appuie sur les textes de loi de LegiFrance.

Bonne lecture !

♻️ Dernière mise à jour : juillet 2023.
Déclaration de liens d’intérêt : Manuela vend des formatons et ebooks sur la compta à destination des professionnel(le)s de santé libéraux
Réponses de Manuela Charvet, comptable spécialisée dans les professions libérales de santé réglementées, aux questions de Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

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1. Tenir sa comptabilité sur EXCEL

Quand on crée son activité libérale de kiné et qu’on opte pour le régime fiscal du Micro BNC, on a tendance à minimiser ses obligations comptables. On se dit souvent “je suis remplaçant, je n’ai pas beaucoup de frais, je vais faire au plus simple !“.

Cela se traduit souvent par un malheureux tableur avec ses recettes et ses dépenses. Et c’est tout.

Or, depuis le 1er janvier 2014, les professionnels de santé qui tiennent leur comptabilité au moyen de systèmes informatisés (logiciel comptable, tableur, etc.) doivent la présenter sous forme de fichier dématérialisé appelé F.E.C. (Fichier des Ecritures Comptables) lors d’un contrôle fiscal.

Ce fichier F.E.C. contient l’ensemble des enregistrements comptables ; une sorte de Grand Livre virtuel très laid où les recettes et dépenses sont classées puis détaillées par poste comptable.

L’obligation de fournir ce fameux fichier F.E.C vous concerne quel que soit votre régime d’imposition (régime réel de la déclaration contrôlée ou régime simplifié Micro BNC) :

En application du I de l’article L. 47 A du LPF, le contribuable qui tient sa comptabilité au moyen de systèmes informatisés doit la présenter sous forme dématérialisée à l’administration fiscale, lors du contrôle sur place, en remettant , pour chaque exercice contrôlé, un fichier des écritures comptables conforme aux normes définies par l’article A. 47 A-1 du LPF.

(Source : BOI-CF-IOR-60-40-20 §63)

A noter qu’il existe une mesure tempérée de l’Administration fiscale. Pour en bénéficier vous devez être au régime Micro BNC, tenir un état récapitulatif de vos recettes sur un registre papier ou un tableur et, enfin, confier la tenue de votre comptabilité à un tiers (expert-comptable). Si c’est votre cas, alors vous pouvez centraliser vos écritures mensuellement.

En conclusion : Une comptabilité tenue sur EXCEL ou tout autre logiciel informatique qui ne vous permet pas de récupérer ce fichier F.E.C. annuel, ne sera donc pas considérée comme une comptabilité conforme en cas de contrôle fiscal.

NB : l’amende minimale est de 5 000€ en cas de non présentation du fichier F.E.C ou de sa non-conformité…

💡 Conseil : L’Administration fiscale a mis en place une application “Test compta Demat” qui permet de vérifier si votre fichier F.E.C. est conforme.

Tous les éditeurs de logiciels comptables doivent vous fournir une attestation de conformité du fichier FEC si vous leur en faites la demande.

Note de Nelly : si comme moi vous utilisez Indy (vor mon avis détaillé sur Indy), Indy vous génère ce fichier (même en version gratuite d’Indy !), et vous pouvez le télécharger à tout moment ! En cours d’année, ou pour les exercices des années précédentes. Allez dans Documents>FEC, tout simplement !

2. Connaître les deadlines déclaratives de sa comptabilité

Ce second point peut paraître dérisoire mais il est aussi très facilement omissible.

Faisons un petit récap’ :

MOIS DE MAI

  • Déclaration 2035 (avec la 2069 RCI pour les crédits d’impôt)
  • Déclaration de revenus 2042 CPRO (volet fiscal + volet social PAMC ou DSI) selon son département (tutoriel dispo).
  • La DECLOYER (déclaration des loyers professionnels annuels pour lesquels vous réglez une CFE)
  • DAS2 (tutoriel dispo)
  • Déclaration 2036 de la SCM
  • La CVAE (1330 et 1329) pour ceux qui ont un C.A. annuel > 152 500€

⚠️ La CVAE sera bientôt supprimée.

  • Déclaration de TVA annuelle (CA12) (voir ici un guide sur la TVA des kinés et professions libérales)
  • 1447-M (lorsqu’on change de cabinet avec modification de la surface des locaux) qui a vocation de déterminer les bases d’imposition de la CFE.

MOIS DE DÉCEMBRE

L’oubli de déclarations peut entraîner diverses pénalités telles que 50% des sommes non déclarées pour la DAS2, une majoration de 10% et des intérêts de retard pour la 2042 CPRO, etc.

💡 Conseil : Si vous êtes un kiné (ou tout autre professionnel de santé) exerçant dans une zone particulière comme la Z.R.R. (Zone de Revitalisation Rurale) ou Z.F.U. (Zone Franche Urbaine) et que vous bénéficiez, de ce fait, de ces dispositifs d’exonération d’impôt sur le revenu, il est obligatoire de transmettre votre 2035 dans les délais légaux (mois de mai, souvent le 18 ou 19).

Pourquoi ? parce que c’est l’une des conditions pour bénéficier de ces exonérations, sous peine de vous voir retirer cet avantage par l’Administration fiscale*(ce serait dommage de perdre 8 années d’exonération d’impôt !!)*.

NB : je l’ai déjà vu chez certains professionnels de santé qui déclaraient leur 2035 régulièrement en retard !

Note de Nelly : si l’État nous rappelle parfois à nos obligations de taxes à payer ou de déclarations à faire, ce n’est pas toujours le cas, notamment pour les choses que Manuela liste aussi. Mon astuce : j’écris chaque année dans mon agenda papier les dates butoirs + un rappel un mois avant de penser à la faire. Profitez de cet article pour le faire !

Découvrez aussi ma checklist de toutes les charges/dépenses que vous pouvez déduire chaque mois ou année de votre chiffre d’affaires.

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3. Mettre à jour son registre des immobilisations

Pour les kinés et autres professions de santé, au régime de la déclaration contrôlée, j’ai souvent vu des 2035 avec une liste d’immobilisations loooongue comme le bras !

immobilisations comptables kiné

Chaque année, il faut vérifier que les immobilisations qui sont présentes (parfois depuis un certain temps) dans votre registre des immobilisations, sont :

  • Toujours utilisées à titre professionnel,
  • Ni vendues, ni mises au rebus, ni volées… Bref, qu’elles existent toujours.

On m’a souvent dit “Bah je l’ai supprimée de mes immobilisations, parce qu’elle était totalement amortie”.

On ne “supprime” jamais une immobilisation, même si elle est totalement amortie. Elle reste dans votre registre des immobilisations jusqu’à ce que vous ne vous en serviez plus. Si elle est vendue/mise au rebus/etc il faut la retirer en complétant le tableau des plus ou moins-values :

plus value moins value kiné

⚠️ A retenir :

  • J’utilise professionnellement toujours ces immobilisations = elles restent dans mon registre, même si elles sont totalement amorties.
  • Oups, j’ai une immobilisation que je n’utilise plus (cassée, mise au rebus par exemple). Alors je la sors correctement dans le tableau des plus ou moins-values sur ma 2035 en cours (à la date de cession de l’année en cours).

💡 Conseil : Lorsque je travaillais en AGA, je me souviens d’une kiné qui ne voulait pas sortir ses véhicules (il en avait 8 dans ses immobilisations !) par peur d’être imposé sur d’éventuelles plus-values.

Mettre à jour son registre des immobilisations est une obligation comptable. Par ailleurs 2 solutions me paraissent intéressantes :

  • Evitez d’immobiliser votre véhicule. Lorsqu’on immobilise son véhicule, cela signifie qu’on déduit ses frais de véhicule réels. Or, souvent, le barème kilométrique est plus avantageux que les frais réels *(*⚠️ hors leasing auto)

Je vois également (même chez les experts-comptables !) trop de véhicules immobilisés alors qu’ils optent chaque année pour le forfait kilométrique. Il n’y a absolument aucun avantage fiscal à immobiliser un véhicule dans ces cas-là.

  • Pensez que vous pouvez être exonéré d’impôt (mais pas de charges sociales) sur vos éventuelles plus-values à condition d’avoir + de 5 ans d’activité et un C.A. < à 90 000€ en moyenne sur les 2 dernières années. (Cf. Article 151 septies du CGI)

Note de Nelly : l’anecdote de Manuela concernant l’erreur de recommandation de certain(e)s expert(e)s comptables est une très bonne illustration de mon choix personnel de gérer en autonomie ma comptabilité (certes en micro-BNC), sans déléguer.

Voir aussi : comment clôturer chaque mois ou année sa comptabilité ?

4. Déduction des vêtements en comptabilité

Voilà un sujet bien sensible que je m’apprête à pointer du doigt… Les vêtements. Plus précisément, les vêtements civils.

Pour remettre l’église au centre du village, les points sur les i, et tutti quanti, l’article de loi principal qu’il est bon de connaître exprime ceci :

Le bénéfice à retenir dans les bases de l’impôt sur le revenu est constitué par l’excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l’exercice de la profession.

Source : Art.93 du CGI

Les vêtements civils sont-ils considérés comme professionnels et nécessités par l’exercice de la profession ? L’Administration fiscale tranche :

Les dépenses vestimentaires […] ne peuvent être déduites que si les vêtements utilisés dans l’exercice de la profession ne sont pas ceux qui sont portés dans la vie courante.

Les dépenses vestimentaires ne sont ainsi déductibles que dans la mesure où elles correspondent à l’acquisition de vêtements de travail spéciaux. Il en est ainsi de la robe portée par les avocats. Aucune déduction ne saurait en revanche être admise lorsque les vêtements ne se distinguent pas de ceux portés dans les circonstances courantes de la vie.(Rép. Trégouët, Sén. 23 octobre 2003 p. 3154 n° 08359).

(Source : BOI-BNC-BASE-40-60-60 §310)

💡 Conseil : Par contre, les blouses sont déductibles de votre bénéfice ! (ainsi que le forfait blanchissage, ne l’oubliez pas !)

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Voir aussi : précisions sur les frais professionnels déductibles.

5. Le plafonnement du leasing auto

Lorsque vous choisissez de prendre un leasing (ou crédit-bail) pour votre véhicule professionnel, il y a une règle fiscale à retenir :

⚠️ On ne peut déduire ses loyers de location uniquement dans la limite du plafond applicable également à l’amortissement des véhicules dont on est le propriétaire. Ce plafonnement ne concerne pas les véhicules pris en location de courte durée (< à 3 mois et non renouvelable)

(Cf : BOI-BIC-AMT-20-40-50 n°10)

Donc comme pour l’acquisition d’un véhicule, le plafond de déduction s’estime selon :

  • L’année d’acquisition
  • Le taux d’émission de CO2
plafond déduction CO2

⚠️ Ce plafond ne s’applique ni aux motos, ni aux véhicules utilitaires.

Exemple : Pour un véhicule électrique acquis en 2023 (qui émet un taux de C02 < à 20g/km), le plafond fiscal sera de 30 000€.

➡️ Et concrètement, quel est l’intérêt de ce de ce plafond ?

Cela permet de savoir si les loyers de leasing que vous réglez sont déductibles de votre bénéfice.

Si d’après le contrat de location, la valeur d’origine du véhicule que vous louez est > au plafond (30 000€ dans l’exemple), alors, une part de vos loyers ne seront pas déductibles.

➡️ Et comment calculer la part des loyers non déductibles sur l’année civile ?

Imaginons que dans le contrat de location soit stipulé que la valeur d’origine de ce véhicule éléctrique s’élève à 37 000€ *(*⚠️ prix hors batterie ! Elle ne doit pas être prise en compte !). Le plafond fiscal est de 30 000€.

Vous avez 2 possibilités :

  • Soit le fournisseur de location vous transmet une attestation de déductibilité qui indique le montant non déductible annuel. C’est parfait, vous pouvez réintégrer la part non déductible dans votre comptabilité (au poste “divers à réintégrer”).

💡 Conseil : Si vous n’avez pas ce document, n’hésitez pas à en faire la demande à votre concessionnaire ! Qui plus est, c’est un parfait justificatif en cas de contrôle fiscal.

  • Soit vous faites le calcul vous-même :

(valeur d’origine – plafond fiscal) / Nbre d’année(*) = quote-part non déductible sur une année complète.

() = nombre d’années d’amortissement si ce véhicule était immobilisé. En grande majorité, on amortit un véhicule neuf sur 5 ans (et 4 ans d’occasion).*

Dans notre exemple, cela se traduirait par :

(37 000€ – 30 000€) / 5 = 1 400€ non déductible par an.

⚠️ S’il s’agit d’une année incomplète, il faut proratiser au nombre de jours d’utilisation.

➡️ Comptablement, ça donne quoi ?

  • Les loyers mensuels se déduisent à la ligne 16 “location matériel” de votre déclaration 2035.
  • La quote-part non déductible d’après le plafond fiscal, se réintègre à la ligne 36 “divers à réintégrer” (ou vient en diminution du poste “location matériel”).

💡 Conseil : Ce chapitre ne parle que de l’éventuelle quote-part non déductible par rapport au plafond fiscal. Il ne parle pas de la quote-part non déductible d’utilisation personnelle qui doit également se réintégrer (soit à la ligne 36, doit directement en diminution du poste location de la ligne 16).

Note de Nelly : après avoir lu cette section, je suis contente de faire tous mes déplacements de kiné à domicile à vélo 😁.

6. Comptabiliser la CSG

En 10 ans d’expertise sur la fiscalité BNC des professionnels de la santé, j’ai remarqué 2 thématiques que 99.99% des professionnels de santé ont en horreur : Calculer la CSG et compléter la DSPAMC (déclaration des revenus auprès de l’URSSAF). Heureusement, cette dernière ayant été supprimée, il ne reste plus que la CSG ! 🎉

Et vous verrez par vous-même, ce n’est pas si compliqué !

En tant que kiné libéral, vous cotisez obligatoirement auprès de l’URSSAF et auprès de votre caisse de retraite obligatoire (CARPIMKO). Si cette dernière est très simple à comptabiliser : tout est déductible dans vos cotisations CARPIMKO ! Ce n’est pas le cas de l’URSSAF…

Vos cotisations URSSAF se composent de :

  • Les allocations familiales (100% déductibles de votre bénéfice)
  • L’assurance maladie (100% déductible)
  • Les indemnités journalières (100% déductibles)
  • La contribution additionnelle maladie (100% déductible)
  • La CFP (100% déductible)
  • La CURPS (100% déductible)
  • La CSG/CRDS (qui n’est pas totalement déductible !)

La CSG/CRDS correspond à 9.70% du bénéfice que vous avez déclaré auprès de l’URSSAF.

Dans ces 9.70%, il y a :

  • Une partie déductible pour 6.80%
  • Une partie non déductible pour 2.90%

(6.80% + 2.90% = 9.70%)

➡️ Quels document me faut-il pour la calculer ?

Pour vos revenus 2023, il faut le document qui se nomme “VOS COTISATIONS : RÉGULARISATION 2022 – ÉCHÉANCIER 2023 ET 2024”. Vous devez le recevoir entre juin et novembre 2023 (tout dépend à quelle date vous avez déclaré vos revenus 2022 auprès de l’URSSAF).

Il se compose de 4 pages avec 2 annexes :

  • ANNEXE 1 : DÉTAIL DE VOS COTISATIONS DÉFINITIVES 2022
  • ANNEXE 2 : DÉTAIL DE VOS COTISATIONS PROVISIONNELLES 2023

💡 En principe, on peut calculer et comptabiliser sa CSG dès la réception de ce courrier !

➡️ Comment calculer la CSG ?

Avec les 2 tableaux détaillant vos cotisations sur l’ANNEXE 1 et l’ANNEXE 2, vous allez pouvoir calculer la CSG.

Sur chacun des tableaux, vous avez une ligne qui se nomme “CSG/CRDS sur revenus d’activité…” qui correspond à de la CSG TOTALE.

⚠️ C’est cette ligne dont on doit se préoccuper, ainsi que la colonne la + à droite.

Exemple :


ANNEXE 1ANNEXE 2

Montant de la régularisationMontant des cotisations à payer
CSG/CRDS sur revenus d’activité et sur cotisations sociales personnelles obligatoires.401€4021€

📌 Les calculs à retenir sont les suivants :

  • CSG TOTALE = Additionner les montants indiqués sur l’ANNEXE 1 et l’ANNEXE 2.
  • CSG DÉDUCTIBLE = (CSG TOTALE / 9.7) X 6.8
  • CSG NON DÉDUCTIBLE = CSG TOTALE – CSG DÉDUCTIBLE

📌 Exemple :

  • CSG TOTALE = 401€ + 4021€ = 4422€
  • CSG DÉDUCTIBLE = (4422€ / 9.7) X 6.8 = 3100€
  • CSG NON DÉDUCTIBLE = €4422 – 3100€ = 1322€

C’est tout !

💡 Conseil N°1 : Si vous avez perçu un remboursement de l’URSSAF, il se peut que vous ayez un montant NÉGATIF sur votre ANNEXE 1. Pas de panique, les calculs restent identiques !

Par rapport à l’exemple cité ci-dessus : Si vous avez -401€ alors le calcul de votre CSG TOTALE sera :

CSG TOTALE = – 401€ + 4021€ = 3620€.

La suite des calculs est identique.

💡 Conseil N°2 : N’attendez jamais “l’attestation de déductibilité” que l’URSSAF vous envoie (de temps en temps) au dernier moment. D’un, elle n’est pas nécessaire, et de deux, elle est parfois erronée ! Quand vous avez un remboursement URSSAF, elle ne prend pas en compte cette CSG !

➡️ Comment comptabiliser la CSG ?

Beaucoup de professionnels de santé ont peut-être une application comptable “robotisée” qui calcule la CSG “toute seule”. OK. MAIS ! Par retour d’expérience, quand les chiffres ne correspondent pas à ce qu’on a payé, ou pour toute vérification, il est de mon avis de connaître le calcul et la comptabilisation de la CSG.

  1. Tout au long de l’année, vous allez comptabiliser vos règlements mensuels ou trimestriels (et remboursements !) au poste “charges sociales obligatoires” (ligne 25, case BT de votre déclaration 2035).
  2. En fin d’année, une opération diverse au 31/12 doit être effectuée (soit automatiquement, soit manuellement selon votre logiciel).

Elle sert à :

  • Enlever la CSG TOTALE de vos cotisations URSSAF réglées et comptabilisées en case BT, ligne 25 de votre 2035,
  • Pour en mettre une partie au poste “CSG DÉDUCTIBLE” (ligne 14 de la 2035)
  • Et mettre le reste (la CSG NON DEDUCTIBLE) au poste “prélèvement personnel” (et ne pas apparaître sur votre 2035).

💡 Conseil de vérification : Vous pouvez vérifier qu’à la ligne 14, ne s’affiche bien que votre CSG DÉDUCTIBLE (et qu’elle n’est pas négative). La case BT de la ligne 25 de votre 2035 doit correspondre à :

URSSAF réglé (- URSSAF remboursé éventuellement) – CSG TOTALE + CARPIMKO réglé

7. Comptabiliser ses indemnités journalières perçues

Fiscalement, il y a 3 types d’indemnités journalières :

➡️ Les IJ versées pour une AFFECTION LONGUE DURÉE (A.L.D.) :

Définition des ALD selon la DGFIP : “une des affections comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse mentionnées à l’article D. 160-4 du code de la sécurité sociale (CSS)[…] une affection grave caractérisée ne figurant pas sur la liste mentionnée ci-dessus ou de plusieurs affections entraînant un état pathologique invalidant, si cette ou ces affections nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse (CSS, art. L. 160-14, 4°).”

(Source : BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-30 §200)

Depuis le 1er janvier 2017, ces IJ versées par les organismes de sécurité sociales sont exonérées d’impôt sur le revenu (mais soumises à la CSG/CRDS).

Elles se comptabilisent en recette, au poste comptable “personnel” et n’apparaissent donc pas dans vos recettes imposables, sur votre 2035. Ni sur votre 2042.

➡️ Les IJ versées en cas d’INCAPACITÉ TEMPORAIRE d’exercer son activité :

Elles peuvent être versées par votre régime obligatoire (CARPIMKO, CARMF etc.), la CPAM, ou par votre régime facultatif (Madelin).

Ces IJ sont considérées fiscalement comme du revenu de remplacement.

Ce sont des recettes imposables.

Elles se comptabilisent donc au poste “Gains Divers” sur votre 2035, pour leur montant NET IMPOSABLE. (même si vous les avez reçues sur votre compte bancaire privé via la CPAM)

⚠️ Attention, si, sur votre 2042 CPRO, elles sont préremplies en case A1J (comme pour un salarié), il faut les supprimer, sinon, elles seront doublement imposées :

  • 1 fois sur votre 2035 car vous les avez comptabilisées en “gains divers” ✅,
  • et 1 fois en A1J ❌.

⚠️ La CARPIMKO insiste pour les préinscrire automatiquement en “pension et rente”. Or l’administration fiscale est claire sur le sujet : il s’agit de revenus de remplacement = gains divers sur votre 2035.

➡️ Les PENSIONS/RENTES d’INVALIDITÉ PERMANENTE d’exercer sa profession :

Elles sont versées par votre régime obligatoire (CARPIMKO, CARMF, etc.).

Elles se déclarent uniquement sur votre 2042 (en pensions et rentes). De ce fait, elles se comptabilisent en “personnel” dans votre comptabilité (si vous les avez perçues sur votre compte bancaire pro) et n’apparaissent pas sur votre 2035.

💡 Conseil pour les MICRO BNC qui ont reçu des IJ de la CPAM : Normalement, l’administration fiscale indique dans son Bulletin Officiel que les recettes du MICRO BNC sont composées de :

  • Des honoraires perçus,
  • Des recettes accessoires dont les indemnités journalières pour cause de maladie ou d’accident.

Toutefois, la brochure des impôts pour le remplissage de la 2042 CPRO (page 179), indique qu’elles ne doivent pas être prises en compte dans les recettes…

⇒ 2 avis différents de l’administration fiscale = poser sa question par écrit aux impôts = justificatif à garder en cas de contrôle 😉

erreurs comptabilité kiné

Résumé : à quoi penser chaque année pour sa comptabilité libérale ?

Cette fois c’est moi, Nelly, la fondatrice de Fonto Media, qui reprend le clavier pour faire un bilan de ce que j’ai retenu de cet article pour moi-même, kiné à libérale en micro-BNC avec une activité secondaire de conseil et rédaction. Je vous encourage aussi à faire de même pour votre propre cas :

  • relire cet article ;
  • à chaque fois que vous voyez quelque chose qui fait écho à un problème que vous avez déjà rencontré, prenez des notes sur un papier ou un fichier texte ;
  • notez dans votre agenda les dates clés et un petit renvoi vers ces prises de note.

Vous saurez ainsi en temps voulu retrouver des infos pour vous accompagner dans vote compta. Vous pouvez bien sûr aussi vous reposer sur une personne à qui vous déléguez ça, mais personnellement, je trouve que les enjeux sont trop importants pour complètement déléguer à une tierce personnes ces histoires de compta sans à minima être informée.

Voici les 5 choses que j’ai trouvé les plus pertinentes pour mon propre cas dans cet article, et qui m’ont conduit à changer un peu ma manière de faire :

  1. penser à bien télécharger sur Indy ma FEC chaque année ;
  2. vérifiez dans mon agenda que j’avais bien noté les dates des différentes déclarations comptables obligatoires chaque année (qui s’appliquent à ma propre situation) ;
  3. me noter queje devrai relire l’article de Manuela le jour où je passerai en BNC pour tout ce qui est déduction et immobilisation ;
  4. penser à vérifier où sont renseignées les IJ dans ma future déclaration d’impôt (si j’en ai, c’est rare à part en période Covid) ;
  5. continuer à m’impliquer pour le RIC constituant afin de donner plus de pouvoir aux citoyen(ne)s pour changer nos lois et potentiellement simplifier un peu notre bureaucratie à la française ! J’ai aussi écrit un article qui liste les différentes solutions et logiciels crées pour (tenter ?) de faciliter la comptabilité des kinés.

***

Si vous avez des remarques, des questions, rendez-vous en commentaire ! Manuela ou moi-même pourront sans doute vous répondre 🙂.

photo de Manuela Charvet, comptable

Rédigé par Manuel Charvet

J’ai travaillé 20 ans dans le domaine de la comptabilité, notamment en cabinets comptables, mais aussi pratiquement 10 ans avec les professionnels libéraux du secteur de la santé, au sein d’une AGA de + de 30 000 adhérents.

Ce qui m’a toujours animé est de partager mon expertise, de façon simple, sans chichi et en privilégiant toujours la qualité à la quantité.

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Driving After a Broken Bone or Surgery: When? (Law+ PT tips)

Have you suffered from an ankle, wrist, tibia, fibula, metatarsal, or any other body part fracture? Or have you had a replacement or surgery on your limbs, and you wonder when you can resume driving a car?

As a physical therapist, my patients often ask me this question, sometimes as early as the first days after an accident or surgery, and sometimes after a few weeks.In this article, I have compiled all the information that I find useful for you to better understand when you can drive again in your specific case.

This includes both the regulatory aspects in the United States, as well as your abilities to drive safely for yourself and others, without risking worsening your condition or pain (or at least minimizing this risk!).

You will find the references I rely on at the end of the article.

Happy reading 🙂! I am available in the comments if you have any feedback, corrections to make, or questions.

If you would like more information about this rehabilitation period, I have dedicated an eBook to this topic 🙂!

ebook fracture recovery

Why question when is the right time to drive again?

After a fracture or surgery involving the lower or upper limbs or the spine:

  • You may find certain movements more difficult to perform
  • Whether you have a brace, cast, or corset or not, your doctor, surgeon, or physiotherapist may have advised against certain movements or positions
  • You may experience pain while performing certain movements or staying in one position
  • Alternatively, you may not feel particularly hindered to move or drive, but a healthcare professional or someone close to you has « prohibited » or « advised against » driving a car (or another vehicle).

For one or more of these reasons, my patients wonder when and how to drive again after breaking a bone or undergoing surgery. And if you’ve come across this article, it’s probably because you’re also in this situation!

Let’s first see what the law, the French regulations, says about this.

What law determines whether you can drive or not after a fracture or surgery?

The answer to this question will depend on the country in which you live. I have already written a comprehensive article for France.

Here, I will focus on the regulations in the United States, as the majority of my English-speaking readers come from there. Feel free to let me know in the comments if you would like me to cover other countries as well!

In US, there is no specific federal law that governs whether a person can drive after a fracture or surgery. Driving regulations are primarily governed by individual state laws, although most of the rules of the road are similar.

Each state has its own Department of Motor Vehicles (DMV) or equivalent agency that sets the rules and regulations (see link at end of article to find yours).

However, the responsibility for assessing a person’s fitness to drive often falls on the individual driver. And not on the healthcare provider.

What does the law say in general?

In general, the traffic laws in different states of the United States do not have specific rules regarding driving with a fracture. They state general guidelines, such as:

Every vehicle driver must constantly be in a condition and position to easily and promptly perform all the maneuvers required of them.

In essence: it is up to you to determine whether you are fit to drive or not.

Driving & Insurance Concerns After an Injury or Surgery?

These texts are quite vague, which leaves room for interpretation by insurance companies in case of an accident.

You will have to prove that you were fit to drive. There is a whole body of case law on this subject.If these insurance matters concern you, you can:

  • Check what is written in your motor liability insurance contract.
  • Contact your insurer to learn more.

Can you legally drive with a cast or splint?

The US Traffic Code does not specifically mention whether it is allowed or not to drive with a cast.

  • With a cast on your arm, it is highly likely that it can be assumed that you may not be able to properly handle the steering wheel in case of a problem.
  • The same goes for a cast or walking boot on your lower limbs, especially if you don’t have an automatic car.
  • As for the splint, by definition, it is removable. If you wear it solely for pain relief, to alleviate your pain from time to time, driving might still be possible.

In general, states do not strictly forbid driving with a splint, brace, or cast. However, the Traffic Code states that the driver must ensure that they are constantly able to perform all maneuvers.

What is the risk of driving too soon after a fracture or surgery?

Here are the risks of returning to driving too soon after a fracture, replacement, or other operation on the limbs or arm:

  • The main risk of resuming driving too early is not being physically fit enough for your safety and the safety of others you encounter on the road.
  • You could also have issues with your insurance in case of an accident.
  • You may experience pain, either in the short or medium term.

However, there are also advantages to resuming driving a car!

You can get back to your normal life more quickly for both professional and personal activities. You are potentially more active if you use the car to do things that require movement. You can focus on something other than the problem you had. That’s why there is a delicate balance to be found between too much and too little precaution in deciding when to drive again!

A research team sought to find out what was the most significant factor hindering people from resuming driving after surgery on the lower limbs.

Here is the order of importance that patients placed on different factors before driving again:

  • The risk of increasing pain (62%),
  • The risk of damaging the hip replacement, knee replacement or surgical material (17%),
  • The time frame for resuming driving recommended by their healthcare professionals (13%),
  • The safety of the braking system (8%).

Source: DeLeon 2022

How long to wait before driving again after a fracture, replacement or surgery?

A research team from the United States and Italy has observed significant variations in practices among surgeons regarding when to allow patients to resume driving after orthopedic surgery on the lower or upper limbs.

The team compiled all the academic literature on this subject and summarized the findings based on the most frequently asked questions from patients and healthcare professionals.

Source: MacKenzie 2019

An excerpt from this publication. This table summarizes all the studies that provide recommended time frames to wait before driving a car after knee arthroscopy.
An excerpt from this publication. This table summarizes all the studies that provide recommended time frames to wait before driving a car after knee arthroscopy.

I have summarized the main findings of this publication in the form of a table, focusing on the pathologies most commonly treated in physical therapy, which we are most familiar with. At the end of the article, you will find the link to the publication (in English, freely accessible) if you wish to further explore the topic.

Reason for SurgeryRecommendations found for time frame before driving again after surgery
Total knee replacementLeft knee replacement: 0 to 3 months.
Right knee replacement: 2 weeks to 8 weeks.
Unicompartmental knee replacementLeft knee: no delay.
Right knee: 6 weeks.
Total hip replacementLeft hip replacement: 6 days to 8 weeks. One study reports 84% resumed at 6 weeks.
Right hip replacement: 6 days to 8 weeks.
Anterior cruciate ligament (ACL) reconstruction of the kneeLeft knee: mostly no delay.
Right knee: 3 to 6 weeks.
Partial meniscectomy of the kneeLeft knee: mostly no delay.
Right knee: 1 day to 3 weeks.
Ankle fracture with or without surgery, right6 to 9 weeks or 8 days after removing the cast.
Operated tibial plateau fracture, calcaneus fracture, tibial pilon fracture, or acetabulum fracture, right18 weeks (6 weeks after full weight-bearing authorization).
Intramedullary nail in the femur or tibia, right12 weeks (6 weeks after full weight-bearing authorization).
Arthroscopic rotator cuff repair12 weeks (1 day to 4 months).
Carpal tunnel release9 days.
Total or partial shoulder replacement, reverse or anatomical6-12 weeks.
Distal radius fracture (wrist) surgery3 weeks.
Outpatient hand soft tissue surgery (ligament, tendon)50% drove immediately within the week following, the rest within the first week following.
The time frames indicated for resuming driving after a surgically treated fracture or operation, in the MacKenzie et al. 2018 publication.

How to know if you can resume driving or not?

At the beginning, you will probably feel that you are not ready at all to drive. Then after a few days or weeks, you may feel like you might be able to.

In this case, sit in the driver’s seat, while the car is stationary. Perform all the common maneuvers while stationary:

  • Press the brake, clutch, and accelerator pedals with different intensities.
  • Shift through all the gears, including reverse.
  • Turn your head as if doing a maneuver.
  • Press the buttons on the dashboard.
  • Turn the steering wheel fully and at different speeds.

Stay seated for a few minutes as well.

If everything is okay, then you can consider driving on a short trip, about ten minutes. Then gradually increase the time spent driving.

Also, check how you feel after driving: in the hours and night that follows, are your pains more or less similar to normal?

If yes, then it is probably appropriate for you to resume driving!

These tips are also valid if you are resuming driving after a long break, regardless of the reason.

Can you ride as a passenger after a fracture, replacement or surgery?

From a regulatory standpoint, it is not prohibited to be a passenger in a car with a prosthesis or another medical condition, as long as you comply with general regulations regarding the use of seat belts, etc.

However, it can sometimes be challenging to get into a car after a surgery or fracture, especially when the hip or knee joints have been affected, following:

Individuals whose sitting position is contraindicated due to vertebral compression fractures, pelvic fractures, or herniated disc surgery may also be limited in their ability to travel by car.

If sitting is not strictly contraindicated for you, you can test it out. In this case, it is better to test if:

  • You can get into the car comfortably.
  • The sitting position is sufficiently comfortable while the car is stationary before considering a longer trip. In any case, start with a short journey.

Consider the following:

  • Sit in the front seat, on the passenger side.
  • Adjust the seat to its maximum backward position to have more legroom.
  • Change your position regularly, as much as the available space allows.

The vibrations from the car are not dangerous for the replacement or the healing of a fracture. However, remaining seated for a long time without moving is not ideal for recovery. Therefore, it is advisable to limit car trips, even as a passenger, to essential ones after a fracture or surgery.

If you are unable to travel in your car, even as a passenger, you can sometimes obtain a transportation voucher to go to a physiotherapist or other medical appointments.

***

If you feel the need to learn more about the recovery period after an injury, I wrote this guide in eBook format:

***

Here’s what I wanted to tell you about this! I wish you a very good recovery! Do you have any comments or questions? Your comments are welcome 🙂 !

You may also like:

 📚 SOURCES

MacKenzie JS, Bitzer AM, Familiari F, Papalia R, McFarland EG. Driving after Upper or Lower Extremity Orthopaedic Surgery. Joints. 2019 Feb 1;6(4):232-240. doi: 10.1055/s-0039-1678562. PMID: 31879720; PMCID: PMC6930129.

DeLeon GA, Rolle NP, Burke CE, McKegg PC, Hannan ZD, Ghulam QM, Gupta J, Bangura A, O’Connor KC, Slobogean GP, O’Toole RV, O’Hara NN. Patients value their own pain over braking safety when deciding when to return to driving: a discrete choice experiment on lower extremity injuries. OTA Int. 2022 Jul 7;5(3):e206. doi: 10.1097/OI9.0000000000000206. PMID: 36425089; PMCID: PMC9580261.

Danilkowicz, Richard MD; Tainter, David MD; Gage, Mark MD. Return to driving after fracture an overview of current recommendations. Current Orthopaedic Practice 31(4):p 408-411, July/August 2020. | DOI: 10.1097/BCO.0000000000000877

Law in US: usa.gov and Department of Motor Vehicles of your state (for example, California)

photo de nelly darbois, kinésithérapeute et rédactrice web santé

Written by Nelly Darbois

I enjoy writing articles that answer your questions, drawing on my experience as a physiotherapist and scientific writer, as well as extensive research in international scientific literature.

I live in the French Alps☀️🏔️, where I enjoy the simple pleasures of life (+ I’m a Wikipedia consultant and the founder of Wikiconsult).

Fracture de Pouteau Colles – Rééducation et temps de guérison

Vous avez une « fracture de Pouteau-Colles« , vous n’aviez jamais vraiment entendu parlé de ça avant, et vous cherchez donc des infos pour savoir à quoi vous attendre ?

J’ai justement essayé de réunir dans cet article toutes les informations qui pourraient être utiles aux personnes qui ont eu récemment un diagnostic pour ce type de fracture du poignet.

Bonne lecture ! Et rendez-vous en commentaire si vous avez des remarques, des questions…

♻️ Dernière mise à jour : 4 février 2025.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Qu’est-ce que c’est précisément une fracture de Pouteau-Colles ?

Une fracture de Pouteau-Colles fait partie de la grande catégorie des fractures du poignet.

C’est une fracture qui touche un des 2 os de l’avant bras : le radius. C’est celui qui est situé côté du pouce.

Lorsqu’on a une fracture de Pouteau-Colles, on s’est cassé le radius au niveau de son extrémité inférieure (= en bas), au niveau du poignet.

photo d'une fracture de pouteau colles
Radiographie d’un poignet avec fracture de pouteau colles

Les fractures de cette partie du radius sont très fréquentes : jusqu’à 1 personne sur 6 traitée dans un service hospitalier d’urgence pour une fracture a ce type de fracture, toute partie du corps confondue.

Et comme n’importe quelle fracture, elle peut être de différents types :

  • fracture extra-articulaire : c’est la plus fréquente pour les fractures de Pouteau-Colles. La partie cassée se situe juste au-dessus de l’articulation du poignet, elle ne touche pas directement l’articulation, ce qui est une bonne chose : on récupère souvent mieux et plus vite ;
  • fracture articulaire : à l’inverse, le trait de fracture touche aussi l’articulation ;
  • fracture déplacée ou non déplacée. Lorsque la fracture est déplacée, les fragments osseux sont beaucoup espacés les uns par rapport aux autres. Et donc, cela met en général plus longtemps pour consolider.
fracture de pouteau colles déplacée
Fracture de Pouteau Colles déplacée

Ce sont des fractures qui surviennent plus souvent chez l’enfant et l’adolescent (avant 19 ans), et chez les personnes « âgées » (après 50 ans). Elle arrive souvent quand on tombe avec la main en dorsiflexion :

Comment survient en générale une fracture de Pouteau-Colles : schéma qui montre la position de la main
Comment survient en générale une fracture de Pouteau-Colles

Sources : Summers 2023

Pourquoi ça s’appelle comme ça ?

Cette fracture est appelée fracture de Pouteau-Colles (surtout en francophonie 🐓) en référence à deux médecins français, Auguste-François Pouteau et Abraham Colles, qui ont tous deux décrit ce type de fracture de manière indépendante au 18e et 19e siècles respectivement.

Dans les études scientifiques internationales, on parle tout de même souvent plus de « fracture de l’extrémité distale du radius » ou de « fracture de Colles » que de fracture de Pouteau-Colles.

On l’appelle aussi en anglais : distal fracture with dorsal angulation, ce qu’on peut traduire par fracture distale avec angulation dorsale.

La fracture de Colles ou de Pouteau-Colles (c’est la même chose) est la fracture de l’extrémité distale du radius la plus fréquente (Corsino 2023).

Schéma montrant les mécanismes à l'origine de 2 types de fractures différentes du poignet : la fracture de colles (ou pouteau collesà à gauche, celle de Smith à droite
Schéma montrant les mécanismes à l’origine de 2 types de fractures différentes du poignet : la fracture de colles (ou pouteau collesà à gauche, celle de Smith à droite

Comment être sûr que c’est bien une fracture de Pouteau-Colles ?

Le diagnostic d’une fracture de Pouteau-Colles se fait sur la base :

  • de la présence ou non de certains symptômes ;
  • de l’événement qui a déclenché le traumatisme : comment vous êtes tombé ;
  • d’une radiographie qui permet de confirmer ou non qu’un os est bien cassé.
schéma des mécanismes de chute les plus à l'origine d'une fracture de pouteau-colles chez les femmes ménopausées de plus de 50 ans
Schéma des mécanismes de chute les plus à l’origine d’une fracture de pouteau-colles chez les femmes ménopausées de plus de 50 ans. Image : Melton LJ 3rd, Christen D, Riggs BL, Achenbach SJ, Müller R, van Lenthe GH, Amin S, Atkinson EJ, Khosla S. Assessing forearm fracture risk in postmenopausal women. Osteoporos Int. 2010 Jul;21(7):1161-9. doi: 10.1007/s00198-009-1047-2. Epub 2009 Aug 28. PMID: 19714390; PMCID: PMC2889027.

Votre médecin cherchera les signes suivants :

  • douleur au poignet et une sensibilité à la palpation ;
  • parfois, une déformation en dorsiflexion lorsque la fracture est déplacée ;
  • des ecchymoses et un gonflement ;
  • une réduction de l’amplitude des mouvements.

Votre médecin cherchera aussi votre pouls, et regardera si vous avez une bonne sensibilité et motricité des doigts et du poignet (si possible) pour repérer d’éventuelles autres lésions : nerveuses ou vasculaires, en plus de la lésion osseuse.

C’est vraiment la radio qui permet de poser le diagnostic d’une fracture de Pouteau-Colles. Et parfois, un scanner ou IRM, surtout en cas d’opération ou d’autres lésions associées.

radio d'une fracture de pouteau colles
Radio d’une fracture de Pouteau-Colles au poignet droit

Quel est le traitement d’une fracture de Pouteau-Colles ?

Deux grands types de traitement sont possibles, selon le type de fracture, l’état général de la personne et les habitudes de pratique des équipes sur qui on tombe au moment du diagnostic :

  • le traitement « conservateur« , orthopédique : immobilisation du poignet avec attelle ou plâtre / résine ;
  • le traitement chirurgical : opération avec pose de matériel. Et parfois, immobilisation par plâtre ou attelle aussi derrière.

Avec dans les 2 cas, souvent derrière de la kinésithérapie pour vous guider pour retrouver la même mobilité et force qu’avant dans le poignet.

Chez les personnes de plus de 65 ans, il n’y a pas de différence dans les résultats fonctionnels qu’il y ait ou non opération : les gens récupèrent de la même façon en général (Summers 2023).

Attelle, plâtre : traitement conservateur

Si la fracture est déplacée, elle est réduite manuelle par un(e) médecin ou chirurgien(ne). Il s’agit d’une manipulation permettant de ré-aligner correctement les segments osseux. Cela se fait avec une petite anesthésie ou du gaz permettant de soulager ou éviter les douleurs.

Ensuite, on vous met souvent un plâtre.

Puis on fait une radio de contrôle au bout de quelques semaines, et on décide ou non d’enlever le plâtre.

Le plâtre est souvent gardé 6 semaines chez l’adulte, et souvent moins chez l’enfant. Jusqu’à ce que la consolidation soit en bonne voie.

Après le plâtre, une attelle est parfois prescrite en transition. Cela peut soulager des douleurs et de la gêne, par exemple la nuit. Ou la journée lors de temps de repos.

Opération : traitement chirugical

Si la fracture est trop déplacée, une opération est souvent programmée. Souvent tout de suite, parfois après quelques semaines, le temps devoir si la consolidation a pu quand même se faire ou non sansopération.

Différentes techniques sont utilisées. Dans votre compte-rendu opératoire, vous pouvez trouver des informations précises sur le type de matériel que vous avez.
Ce sont souvent :

  • des broches (brochage percutané) qui peuvent être mises sous arthroscopie,
  • ou des plaques (fixation interne) en ouvrant,
  • une fixation externe,
  • ou une fixation par fil de fer.
photo de radio d'un traitement chirurgical pour une fracture de pouteau colles : réduction et fixation par fils
Radio d’une fracture déplacée de Colles à gauche a été traitée chirurgicalement par réduction fermée et fixation percutanée avec des fils de Kirschner. Image : Lee YS, Wei TY, Cheng YC, Hsu TL, Huang CR. A comparative study of Colles’ fractures in patients between fifty and seventy years of age: percutaneous K-wiring versus volar locking plating. Int Orthop. 2012 Apr;36(4):789-94. doi: 10.1007/s00264-011-1424-2. Epub 2011 Dec 13. PMID: 22159615; PMCID: PMC3311792.

Rééducation, kinésithérapie

En France, des séances de kiné sont souvent prescrites après une fracture de Pouteau-Colles, surtout chez l’adulte. Plutôt après la période d’immobilisation.

L’objectif des séances de kiné est de :

  • répondre à vos questions et vous rassurer quand à l’évolution ;
  • vous aider à retrouver une bonne mobilité du poignet pour pouvoir reprendre toutes les activités que vous souhaitez.

Certaines études comparent l’évolution de personnes qui suivent des séances de kiné au cabinet ou en centre après une fracture du poignet, par rapport à des personnes qui font toutes seules des exercices à la maison. La récupération est semblable dans ces 2 groupes.

Source : Cochrane 2015

Combien de temps pour guérir d’une fracture de Pouteau Colles ?

Le temps de guérison total d’une fracture de Pouteau Colles est de quelques mois (souvent 2 à 46mois). Tout dépend bien sûr ce qu’on entend par « guérison totale ». Personnellement, j’entends par là au bout de combien de temps vous pourrez probablement « tout refaire comme avant« .

Voici quelques délais habituels que je constate chez mes patient(e)s, après une fracture de Poutea-Colles opérée ou non :

ÉtapeTemps de guérison (délais habituel)
Vous avez beaucoup moins de douleursQuelques jours à quelques semaines
La consolidation des os est terminée ou en très bonne voie6 semaines à 3 mois (beaucoup moins chez l’enfant)
L’œdème, les hématomes disparaissentQuelques jours à quelques semaines
Vous n’avez plus besoin d’immobilisation6 semaines à 3 mois
Vous pouvez vous resservir petit à petit de la main pour manger, vous habillerQuelques semaines à quelques mois
Vous pouvez commencer à porter du poids (sacs, haltères) avec le poignet fracturé2 à 5 mois
Vous pouvez reprendre toutes les activités physiques et sportives d’avant3 à 8 mois
⏱️ Temps de guérison et récupération après une fracture de Pouteau-Colles. Tous ces délais sont raccourcis chez l’enfant et l’adolescent.

Temps de consolidation ?

Le temps de consolidation d’une fracture de Pouteau-Colles varie en fonction de plusieurs facteurs, tels que la gravité de la fracture, la santé générale de la personne, le type de traitement utilisé.

En général, la consolidation osseuse peut prendre environ 6 à 8 semaines, avec une grande variabilité !

Durée d’arrêt de travail ?

C’est à votre médecin de déterminer la durée de travail adéquat (les kinés en France ne peuvent pas prescrire d’arrêt de travail), en fonction bien sûr de votre état de santé, de votre activité professionnelles, et de votre avis sur la question.

En France l’Assurance maladie indique des durées de recommandation type en fonction du type de blessure ou d’opération, mais les médecins sont libres de les respecter ou non.

Voici les durées qu’elle donne pour les fractures de l’extrémité inférieure du radius (donc de Pouteau-Colles) :

  • 7 jours pour un travail sédentaire que le traitement soit orthopédique/conservateur ou chirrugical ;
  • entre 10 et 84 jours selon l’intensité physique de votre travail non sédentaire.

Quand peut-on de nouveau conduire sa voiture ?

Beaucoup de mes patient(e)s me demandant quand ils ont le droit de conduire après leur fracture du poignet.

Entendons-nous bien sur ce qu’on met derrière « droit » :

  1. il y a l’aspect légal, assurantiel : quand on peut conduire sans avoir de problème de cet ordre ;
  2. l’aspect risque pour soi même et les autres d’accident ;
  3. l’aspect risque de complication, de retarder la consolidation.

En France, c’est le Code de la route qui détermine quand on a légalement le droit de conduire ou non :

Tout conducteur de véhicule doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent.

article R. 412-6 

C’est donc à vous d’évaluer si oui ou non vous êtes en état de conduire. Voici ce que je recommande à mes patient(e)s pour prendre en compte l’aspect légal comme sécuritaire :

  • si vous ne vous sentez pas de conduire, attendre tout simplement de se sentir avant d’envisager la reprise ;
  • si vous vous sentez de reprendre :
    • manipulez à l’arrêt le volant et le boitier de vitesse pour voir l’effet et l’habilité ;
    • commencez par reconduire sur une courte distance pour voir si vous êtes à l’aise et si vous n’avez pas de douleur ;
    • puis augmentez progressivement le temps de conduite. Cela est valable à vélo, en moto ou en voiture.

Certaines personnes décident de reprendre la conduite dans les jours qui suivent la fracture de Pouteau-Colles, beaucoup attendent de ne plus avoir de plâtre et d’être plus mobile au niveau du poignet.

Complications, séquelles ou conséquences à long terme d’une fracture de Pouteau Colles ?

La grande majorité des personnes qui subissent une fracture de Pouteau-Colles se rétablissent complètement sans complications majeures. Les complications sont plus l’exception que la règle et ne touchent qu’un petit pourcentage de patients ! Je les évoque tout de même car je sais que certaines personnes veulent savoir ce qui peut arriver.

Deux complications qui arrivent en cas de plâtre après une fracture de Pouteau-Colles (Summers 2023) :

  • un syndrome du canal carpien ;
  • une rupture d’un tendon du pouce, le long extenseur.

En cas d’opération, ce sont ces complications qui peuvent survenir (dans 15 % des cas ; et dans 5% des cas, une nouvelle opération est nécessaire) :

  • infection au niveau de la cicatrice ou de la zone opérée ;
  • lésion nerveuse ;
  • déplacement d’une vis dans l’articulation du poignet ;
  • rupture tendineuse.

Concernant les séquelles et conséquences à long terme, gardez en tête que les fractures de Pouteau-Colles sont très fréquentes, et que sur le lot, la plupart des personnes récupèrent sans séquelles.

Lorsque séquelles il y a, il s’agit surtout de raideur du poignet (ne génant pas forcément dans la vie de tous les jours) ou d’arthrose précoce. Qui peuvent être liées à une pseudarthrose (absence de consolidation).

***

Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture de Pouteau-Colles, j’ai conçu ce guide au format ebook :

guide pour la récupération après une fracture

Une expérience à partager, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !

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📚 SOURCES

Liverneaux P. Qu’a vraiment décrit Pouteau dans les fractures du poignet? [What wrist fracture did Pouteau actually describe?]. Chir Main. 2004 Dec;23(6):298-304. French. doi: 10.1016/j.main.2004.09.004. PMID: 15651245.

Meena S, Sharma P, Sambharia AK, Dawar A. Fractures of distal radius: an overview. J Family Med Prim Care. 2014 Oct-Dec;3(4):325-32. doi: 10.4103/2249-4863.148101. PMID: 25657938; PMCID: PMC4311337.

Corsino CB, Reeves RA, Sieg RN. Distal Radius Fractures. [Updated 2023 Feb 5]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK536916/

Summers K, Mabrouk A, Fowles SM. Colles Fracture. [Updated 2023 Apr 22]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK553071/

Handoll HH, Elliott J. Rehabilitation for distal radial fractures in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2015 Sep 25;2015(9):CD003324. doi: 10.1002/14651858.CD003324.pub3. PMID: 26403335; PMCID: PMC9250132.

Ameli.fr référentiels arrêt de travail

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

13 logiciels de prise de rdv en ligne pour les kinés – Comparatif

Quels sont les différents logiciels et applis qui permettent de proposer la prise de rdv en ligne à nos patient(e)s en kinésithérapie ? En quoi est-ce qu’ils diffèrent le plus, et lesquels sont susceptibles d’être au meilleur rapport qualité-prix ? Est-ce qu’il y en a des gratuits ?

J’ai essayé de répondre à ces questions puisque plusieurs lecteurs et lectrices réguliers m’ont sollicité à ce sujet.

Bien sûr, je vous laisse partager également votre avis (même contradictoire !) ou vos trouvailles en commentaire sous l’article, au besoin !

Bonne lecture !

♻️ Dernière mise à jour : 11 juillet 2024.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : je n’ai jamais travaillé (en tant qu’employé ou freelance) avec aucune des entreprises citées ici. Le lien Calendly est affilié. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

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Quels avantages et inconvénients à la prise de rdv en ligne pour les kinés ?

Avant de rentrer dans le coeur du sujet (la liste et le comparatif des logiciels, avec leur tarif), je voulais faire un petit point sur les avantages et les inconvénients que je vois pour nous kiné à utiliser ce type d’outil.

De quel type de logiciel de prise de rdv en ligne on parle ?

Pour être sûre qu’on parle bien de la même chose, je parle ici des logiciels, sites ou applis qui permettent à vos patient(e)s actuels ou nouveaux patient(e)s de prendre rendez-vous directement par internet avec vous.

En ayant accès directement à des créneaux de réservation dans votre agenda sur internet. Sans devoir vous téléphoner ou vous envoyer un mail. Sans qu’un(e) secrétaire le fasse à leur place.

Ça c’est la fonctionnalité centrale. Après, plein d’autres options peuvent se greffer : envoyer des SMS de rappel de rendez-vous, rendre possible la téléconsultation, donner accès à un compte pour mettre ses documents, synchroniser ce planning avec votre agenda sous Google ou autre, etc.

Certains logiciels de télétransmission kiné proposent aussi des agendas en ligne. Mais ils ne proposent pas la prise de rdv en ligne : c’est 2 choses différentes ! Ici, je me concentre sur ceux qui proposent la prise de rdv en ligne.

Avantages de la prise de rdv en ligne pour les kinés

Voici les avantages que je vois à utiliser des logiciels et applis de ce type :

  • gain de temps : recevoir les appels, écouter son répondeur, rappeler des patient(e)s, essayer de faire aller les patient(e)s à l’essentiel lors de l’appel pour la prise de rdv… tout cela prend beaucoup de temps !
  • Gain d’énergie, confort : en général, on n’a pas fait des études de kiné pour passer beaucoup de temps au téléphone. Ce n’est pas forcément quelque chose qu’on prends plaisir à faire, et on a parfois l’impression que ça mangue du temps sur notre vrai coeur de métier ;
  • accès à un autre type de patientèle : bien qu’il y ait bien sûr toujours des contre-exemples, globalement, ce sont plutôt des gens jeunes / à l’aise avec l’informatique qui vont prendre rdv par internet. Si vous ciblez plus ce type de patientèle, c’est un des moyens que vous pouvez utiliser pour orienter votre patientèle.

Inconvénients de la prise de rdv en ligne pour les kinés

Mais il y a aussi des inconvénients :

  • risque plus important de lapins : une personne qui prend rendez-vous par internet s’engage moins qu’en prenant rendez-vous par téléphone ;
  • solutions moins inclusives et accessibles pour tous nos patient(e)s : certaines personne n’utilisent pas du tout internet. Donc même si on utilise un logiciel de prise de rendez-vous en ligne, cela nécessite en général d’être cumulé avec de la prise de rdv plus standard par téléphone, ce qui multiplie les coûts/l’énergie dépensée à gérer ces différences sources de prise de rdv possible ;
  • cela peut coûter cher sans qu’on ait un retour sur investissement financier. Même si certaines entreprises qui commercialisent ces solutions nous « garantissent » un gain de temps, cela reste difficile à quantifier individuellement ;
  • perte d’infos : j’aime bien dès la prise de rdv par téléphone évaluer a priori si je pourrais probablement répondre aux attentes des patient(e)s ou non. Par exemple, je ne fais pas de massage durant des séances de kiné, et renvoie directement vers quelqu’un d’autre dès la prise de rdv si qqn a cette attente. On ne peut pas faire ça avec ces applis (même si on peut écrire qu’on ne fait pas ça, le triage est plus difficile).

Comment je m’y suis pris pour faire ce comparatif ?

Pour essayer de ne passer à côté d’aucune application ou logiciel permettant la prise de rdv en ligne pour les kinés, j’ai fait plusieurs recherches dans Google. Et j’ai regardé à chaque fois les 5 premières pages de résultats.

J’ai tapé les requêtes suivantes :

  • logiciel de prise de rdv en ligne kiné
  • application de prise de rdv en ligne kiné
  • logiciel rendez vous kiné
  • logiciel rendez vous médical
  • agenda prise de rendez vous en ligne kiné
  • outil de prise de rdv kiné
  • logiciel prise de rendez vous gratuit.

Comme vous pouvez le voir, je me suis centrée sur des logiciels ou applis dédiées spécifiquement aux kinés ou au secteur médical. Sauf pour les logiciels gratuits : là, j’ai regardé tout ce qui existait, pour voir si certains étaient adaptables aux kinés (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert celui que j’ai utilisé gratuitement pendant 2 ans, Calendly).

Liste et descriptif des 13 solutions de prise de rdv en ligne pour les kinés

J’ai fait un tirage aléatoire pour l’ordre de présentation ! N’y voyez aucune hiérarchisation : cela dépend trop des critères qui ont de l’importance pour VOUS, selon moi.

Tous sont compatibles avec PC, Mac ou Linux, puisqu’ils s’utilisent à partir de nimporte quel navigateur internet.

1. Terapiz

Terapiz se présente comme un logiciel de gestion pour les thérapeutes (ergothérapeutes, ostéopathes, professionnel(le)s du bien-être…). Pour les RDV en ligne, la communication et la facturation.

2. RDV-Santé

RDV-Santé propose différentes solutions pour les professionnel(le)s de santé. Dont la prise de rdv en ligne, en intégrant sur votre site, où en vous créant une page web pour l’occasion. Mais aussi les téléconsultations.

3. ClickDoc Pro

Cette solution s’intègre à des logiciels de télétransmission et facturation (comme Vega pour les kinés). Ou s’utilise de manière indépendante.

Elle propose différentes formules. Elle est développée par le groupe CompuGroupe Medical, qui développe aussi Vega.

4. Calendly

Calendly n’est pas spécifiquement conçu pour répondre aux besoins spécifiques des kinésithérapeutes ou des professionnel(le)s du médical. Mais il est très utilisé par exemple chez les consultant(e)s, ou les personnes qui ont des activités dans le marketing.

Pourquoi il figure dans ce comparatif alors ? Parce qu’il propose une offre gratuite qui peut être utilisée par les kinés. Vous serez cependant limité dans les fonctionnalités, mais je l’ai utilisé pendant 2 ans pour mon activité de téléconsultation sans soucis.

5. Doctolib Patient

Sans doute le plus populaire de cette liste. Le principal avantage de Doctolib sur tous les autres concurrents : les patient(e)s sont habitué(e)s à l’utiliser et vous êtes référencé dans leur annuaire. De nouveaux patient(e)s peuvent donc vous découvrir juste parce que vous êtes présent(e)s sur Doctolib, ce qui n’est pas le cas pour toute sles autres solutions ici présentées.

À mettre en relation avec le fait qu’en tant que kiné, nous avons rarement un problème de manque de patient(e)s…

Ne pas confondre DoctolibPro (logiciél kiné de télétransmission) et DoctolibPatient (uniquement la prise de rdv en ligne). Vous avez aussi une offre pour cumuler les 2.

6. Maiia de Cegedim santé

C’est l’entreprise qui développe aussi le logiciel de télétransmission Kiné4000 qui a lancé cette solution. Destinée aux kinés et àà tous les autres pros de santé.

7. Maddie

Maddie propose la prise de rdv en ligne et d’autres prestations.

Il y a 14 jours d’essai gratuit sans engagement.

Maddie qualifie ses prix de « justes et bienveillants », mais ils restent plus élevés que d’autres solutions proposées sur cette page.

Ils proposent des ressources en ligne gratuites, dont un podcast pour les kinés.

8. Monrdvkine

Cette solution a été développée à Grenoble et existe depuis 2014.

J’apprécie sa présentation sobre et efficace.

Elle propose la prise de rendez-vous en ligne uniquement pour les kinés, sous forme de site internet ou d’application.

9. DocOrga

Elle se présente comme la première alternative à Doctolib pour les professions de santé réglementées.

10. Avec.fr

Cette solution est développée par un groupe qui propose de nombreux services différents à destination des établissements de santé et d’autres acteurs et actrices de la santé.

11. E-agenda

Cette société développe des solutions de prise de rdv en ligne pour des kinés, les autres professions de santé, mais ausi des professionnels d’autres secteurs ou des institutions comme les mairies.

12. Rendez-vous facile

Ce logiciel propose une offre gratuite limitée à 10 rendez-vous par mois.

Le site était très lent lorsque j’ai fait mes recherches, et je ne suis pas arrivée à accéder à la plupart des pages (dont la page contact !).

13. Cal

Cal est le principal concurrent de Calendly, dont l’offre gratuite est bien moins limitée.

Depuis que je l’ai découvert, je n’utilise plus que lui !

liste des applications pour la prise de rendez-vous en ligne pour les professionnels de santé, médecins, kiné

Tableau comparatif des différents logiciels

Voici un tableau pour une vision plus synthétique.

LogicielTarif (offre la moins chère)Clientèle cibleAvis Google sur l’entreprise
Terapiz29€ TTC /mois
SMS de notifications à partir 0.10 € TTC / SMS
Pros du bien-être⭐⭐⭐⭐⭐ 4,9 – 95 avis
RDV-Santé25€  TTC/mois
SMS : 0,10€ TTC/SMS
Tous les pros de santé⭐⭐⭐⭐⭐ 5 – 4 avis
ClickDoc Pro49€ TTC /mois
SMS inclus
Médecins et les auxiliaires médicaux⭐⭐ 2,4 – 20 avis
CalendlyVersion gratuite
12$ /mois pour les SMS
Pas le secteur de la santé, mais plutôt les commerciaux, marketeurs, prestataires de service en ligne, freelances? pas trouvé
CalVersion gratuite très complètePas le secteur de la santé, mais plutôt les commerciaux, marketeurs, prestataires de service en ligne, freelances? pas trouvé
Doctolib Patient149€ TTC/mois (ou 139€/mois si à l’année)
SMS inclus
Pour les professions de santé réglementées⭐⭐⭐ 3 – 733 avis
Maiia de Cegedim santéÀ partir de 49€/mois (pas réussi à trouver les tarifs sur le site) Médecins et paramédicaux⭐⭐⭐ 3 – 42 avis
Maddie49€ TTC /mois (ou 39 si 12 mois d’engagement)
SMS facturés en plus, prix non affichés sur le site d’après mes recherches
Les pros de santé libéraux (paramédicaux)⭐⭐⭐⭐⭐ 5- 2 avis
🎖️ MonRdvKiné15€ TTC /mois
0.10€ TTC/SMS ou gratuit via Android ou IoS
Pour les kinés !? pas trouvé
DocOrga154,9€ TTC /moisPour les professions de santé réglementées⭐⭐⭐⭐⭐ 5 – 1 avis
Avec85€ TTC /mois ou 79 si à l’annéeProfessions de santé⭐⭐⭐⭐ 4,1 – 14 avis
E-agenda15€ HT/mois
0,15 euros HT par SMS en plus ou forfait mensuel 55 euros HT
Professions de santé et autres professionnels? pas trouvé
Perfactive19€ TTC /mois
+ 0.08 EUR/SMS
Pour les professions de santé réglementées ou non⭐⭐⭐⭐⭐ 4,9 – 79 avis
Rendez-vous facile15€ HT/mois
12 cents HT par SMS
Pour les professions de santé et d’autres secteursPas d’avis
Les différents logiciels de prise de rdv en ligne pour les kinés et professionnel(le)s de santé. Dernière mise à jour : juillet 2023

Et un petit récapitulatif par critère :

  • logiciel de prise de rdv en ligne le moins cher : MonRdvKiné
  • le mieux noté sur Google (avec au moins 10 avis) : Terapiz et Perfactive
  • celui permettant d’être trouvé par de nouveaux patient(e)s : Doctolib
  • que pour les kinés : MonRdvKiné
  • le plus ergonomique : je ne sais pas sur quels critères objectifs trancher. J’en ai essayé plusieurs, tous me paraissaient sensiblement identiques : il faut un petit temps pour les prendre en main, mais après, ça roule.
logiciels de prise de rdv en ligne pour les kinés

Mon avis professionnel de kiné sur celui que j’ai utilisé et pourquoi je n’en n’utilise plus

J’ai exercé ces dernières années trois types d’activité en tant que kiné « face aux patient(e)s :

  • en salariat : hôpital, centre d’éducation motrice et centre de rééducation : pas besoin de gérer la prise de rdv en ligne ;
  • en libéral :
    • kiné exclusivement à domicile : la prise de rdv en ligne ne se prête pas du tout à cette activité. J’organise moi-même l’ordre dans lequel je vois mes patient(e)s en fonction de leur adresse pour ne pas faire d’aller-retour, j’en décalle ou ajoute certain(e)s au dernier moment : les applis ne permettent pas cette flexibilité. Et je le fais à l’ancienne, sur un agenda papier ! ;
    • des téléconsultations. C’est le seul contexte où j’ai trouvé plus pratique d’utiliser un logiciel permettant la prise de rdv en ligne. J’ai décidé d’utiliser Calendly en version gratuite, et j’en étais pleinement satisfaite. J’avais crée 2 comptes pour différencier mes 2 activités différentes que je faisais en téléconsultation. J’ai dédié un article complet à la téléconsultation et au télésoin chez les kinés.

Les personnes prenaient rendez-vous en autonomie avec moi sur un des créneaux que je proposais, et choisissaient si elles voulaient que je les appelle par whats’app, téléphone ou un autre logiciel, sécurisé.

Je recevais alors un mail m’anonçant la prise de rdv. Je notais dans mon agenda papier le rendez-vous, et n’y pensait plus jusqu’au moment venu !

Actuellement je n’utilise plus Calendly tout simplement car je ne propose plus de téléconsultation. Je me suis recentrée sur mes autres activités, déjà bien prenantes !

Mon avis plus général : j’ai l’impression qu’on est un peu face à la même situation qu’avec les logiciels de télétransmission. Avec en gros 3 profils de solutions :

  • les solutions de bon rapport qualité prix, qui misent moins sur le design et sur la communication, mais qui font le taf. Exemple : RDV-Santé, Monrdvkiné ;
  • les solutions chères car elles ont le monopole ou un bon budget communication. Elles sont plus sexys d’apparence, mais à l’usage ne sont pas forcément meilleures. Exemple : Doctolib, Maddie ;
  • des solutions intermédiaires.

Bonne étude de votre côté !

Comment je gère les rdv en ligne en tant que freelance

Cela fait plusieurs années que je propose des servcies aux entreprises. Depuis août 2023, je suis uniquement prestataire de services pour les entreprises, institutions et personnaltiés qui souhaitent créer, mettre à jour ou traduire des pages Wikipédia.

Tout se passe à distance et je fais parfois des appels ou visios avec mes client(e)s.

  • J’envoie par mail des liens pour fixer un créneau de rendez-vous de 15 minutes pour faire le point. Ce lien n’est pas publique car réservé à mes client(e)s déjà sous contrat.
  • J’ai programmé sur mon site la prise de rdv payant pour des séances de conseil de 30 min que n’importe qui peut prendre (voir ici).

J’utilise pour cela Cal.com qui permet de fixer autant de créneaux qu’on veut, gratuitement, contrairement à Calendly.

J’ai définit des plages horaires où je suis toujours dispo. J’ai programé ensuite des liens de confirmation et un mail de rappel 24 heures avant le rendez-vous.

***

Vous souhaitez aussi partager votre avis ? Vous avez des erreurs à pointer, des choses à ajouter ? Rendez-vous en commentaire !

Sujets qui reviennent toujours dans les discussions entre kinés, j’ai crée ces ebooks et e-learnings :

ebooks et e-learning pour les kinésithérapeutes

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📚 SOURCES

Les sites des différentes solutions listées dans l’article.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Tendinite sous les aisselles : ça existe ? Quels symptômes ?

Vous avez une douleur sous l’une ou l’autre de vos aisselles ? Ou bien est-ce peut-être les deux à la fois ? Vous vous demandez alors : pourrait-ce être une tendinite ? Et si oui, quels autres symptômes devrais-je constater ?

Chaque mois, sur le web francophone, vous êtes entre 1 000 et 10 000 personnes à vous poser ce genre de questions. Ceci étant dit, laissez-moi vous donner sans délai l’information centrale de cet article : il n’existe aucune tendinite qui donne des douleurs sous les aisselles. Autrement dit, si vous avez une douleur sous une aisselle, ce n’est très certainement pas une tendinite.

Si vous n’avez pas interrompu votre lecture au paragraphe précédent, c’est que vous vous demandez peut-être maintenant :

  • comment peut-on en être aussi sûr ?
  • Qu’est-ce que ça peut bien être alors ?
  • Dois-je continuer à m’en inquiéter ?

J’ai écrit la suite de cet article pour toutes celles et ceux qui auront voulu aller plus loin que la simple information centrale brute. Sentez-vous maintenant libre d’approfondir ! 🙂

♻️ Dernière mise à jour : septembre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Existe-t-il une tendinite qui donne des douleurs sous les aisselles ?

Dans le doute que tout le monde est bien lu l’introduction, je rappelle ici que :

Il n’existe pas de tendinite qui donne des douleurs sous les aisselles.

Voilà pourquoi si vous souffrez d’une douleur sous l’une ou l’autre de vos aisselles, vous pouvez être assuré que ce n’est pas une tendinite. Il y a donc une autre cause

Quelle peut être cette cause ? Vous demandez-vous sûrement. Qu’est-ce qui peut bien créer cette douleur si ce n’est pas une tendinite ? Voyons ce qu’il en est.

Pourquoi une douleur sous l’aisselle si ce n’est pas une tendinite ?

Une douleur sous l’aisselle peut se manifester pour de très nombreuses raisons. Et donc rappelons qu’aucune de ces raisons n’inclut une possible tendinite.

Avant d’explorer avec vous les différents problèmes qui peuvent conduire à une douleur à l’aisselle, faisons un tout petit peu d’anatomie. (Vraiment un tout petit peu, promis.)

Un peu d’anatomie

L’aisselle est composée de plusieurs parties. Il y a le creux axillaire au centre, et tout autour, il y a différents muscles (voir image et légende de l’image ; les noms des différents muscles sont donnés à titre purement indicatif). Et voilà, le cours d’anatomie est déjà terminé !

tendinite sous les aisselles symptômes anatomie
Image d’une aisselle – Zone délimitée par le trait noir (là où il y a des poils) : creux axillaire ; points rouges : muscles grand pectoral et deltoïde (faisceau antérieur) : points bleus : muscle biceps brachial ; points verts : muscle triceps brachial ; points roses : muscles grand rond et grand dorsal ; points jaunes : muscle dentelé antérieur (sous le maillot). Image d’origine : Alva CC – By SA

Nous pouvons à présent passer en revue les grandes catégories de problèmes pouvant conduire à des douleurs sous les aisselles.

Douleur sous l’aisselle suite à des lésions musculaires

Pour l’aisselle au « sens large » (creux axillaire + muscles autour), des lésions musculaires peuvent entraîner des douleurs dans cette zone. Cela peut aller de simples courbatures à des déchirures.

De simples exercices de pompes ou de tractions peuvent par exemple facilement créer des courbatures dans cette région corporelle. Pour ce qui est des déchirures, elles peuvent survenir dans des contextes sportifs intenses.

À noter que des séquelles de blessures musculaires peuvent aussi être responsables de douleurs longtemps après le traumatisme initial. (Anecdote : je suspecte avoir moi-même traîné une douleur de ce type dans la région de l’aisselle gauche pendant bien deux ans. Une douleur qui aurait fait suite à une lésion musculaire bénigne, sur un exercice de traction fait à froid.)

Douleur sous l’aisselle liée des lésions de la peau

Il existe quantité de lésions de la peau possibles dans la région du creux axillaire (Urso, 2018). La plupart de ces lésions sont susceptibles d’entraîner des douleurs des aisselles. En général, toutes ces lésions se manifestent de manière visible ou palpable.

Avez-vous contrôlé ou fait contrôler l’état de votre peau dans cette zone ?

Douleur sous l’aisselle liée à un problème sous la peau

Un problème sous la peau peut causer des douleurs sous les aisselles. Par exemple, cela peut être :

  • une tumeur bénigne du tissu gras (la graisse) ; on parle alors de lipome ;
  • un problème des ganglions lymphatiques (adénopathies) ; ce type de problème peut avoir de nombreuses origines différentes :
    • infectieuse ;
    • tumorale ;
    • auto-immune (votre propre corps s’attaque lui-même pour des raisons plus ou moins bien connues selon les cas) ;
    • encore mal comprise.

À noter qu’en principe, aucun de ces problèmes ne donne uniquement une douleur isolée sous l’aisselle. Ils sont en général associés à d’autres symptômes ou anomalies détectables par un professionnel bien formé.

Parmi les problèmes sous-cutanés qui peuvent donner une douleur sous l’aisselle, on peut aussi mentionner la tumeur bénigne d’un nerf (neurinome). Toutefois, il est très rare qu’une telle tumeur puisse produire une douleur sous l’aisselle (Mikolajczyk, 2015).

Douleur sous l’aisselle d’origine mal comprise

Certaines douleurs sous l’aisselle peuvent résulter de situations de santé encore mal comprises. C’est le cas pour :

À retenir : de nombreuses raisons peuvent expliquer des douleurs sous les aisselles. En général, ces douleurs sont associées à d’autres symptômes ou anomalies détectables par un professionnel bien formé.

La tendinite sous les aisselles n’existe pas : comment s’en assurer ?

Personne ne peut être sûr à 100 % qu’il soit impossible de développer une tendinite qui donne des douleurs sous l’aisselle. Toutefois, j’en suis personnellement suffisamment sûr pour qu’en pratique, je fasse comme si c’était 100 %. Disons que j’en suis sûr à 99,9 %.

Vous vous demandez peut-être alors : comment peut-on en être aussi sûr ? Pourquoi 99,9 % et pas 75 % ? ou 50 %. Ce questionnement et légitime. Pour y répondre, je dirais d’abord que je n’ai jamais entendu parler nulle part d’une tendinite qui donnerait des douleurs sous l’aisselle :

  • ni durant ma formation de kinésithérapeute ;
  • ni durant toutes mes années d’expérience professionnelle.

Bien entendu, il serait très aventureux de se baser uniquement là-dessus. Voilà pourquoi, j’ai utilisé une autre méthode : regarder si on en a déjà parlé quelque part dans la littérature médico-scientifique internationale depuis que le monde est monde (ou presque).

Pour bien comprendre l’intérêt de cette méthode, il faut d’abord rappeler un fait important au sujet des humains que nous sommes : nous avons une certaine tendance à créer des maladies controversées ou qui n’existe carrément pas.

(Voir à ce titre les deux articles de Wikipédia suivant : Disease mongering et List of diagnoses characterized as pseudoscience. Le premier est en français, le second en anglais.)

En conséquence :

  • si on ne parle pas de tel ou tel problème de santé dans la littérature médico-scientifique internationale, même en termes controversés,
  • alors il y a de grandes chances qu’il n’existe pas.

Au sujet de potentielles tendinites qui donneraient des douleurs aux aisselles. Je n’en ai trouvé absolument aucune trace nulle part. Pour les plus curieux, voici quelle a été ma méthode de recherche.

Exploration de la littérature médico-scientifique : méthode

Pour savoir s’il existe une éventuelle tendinite qui donnerait des douleurs sous les aisselles, j’ai utilisé deux moteurs de recherche :

  • Google Scholar (spécialisé dans les publications scientifiques en général) ;
  • PubMed (spécialisé dans les publications scientifiques en médecine et biologie).

J’ai d’abord parcouru Google Scholar en long en large et en travers. C’est ce que je fais à chaque fois que j’écris un nouvel article. Je trouve Google Scholar un peu plus souple d’utilisation que PubMed, je le préfère donc pour dégrossir. Toutefois, PubMed à l’avantage d’être :

  • spécialisé dans le domaine qui nous intéresse ;
  • plus à jour.

Par ailleurs, il est plus facile de faire des recherches méthodiques dans PubMed, et ainsi d’en rapporter les résultats. Voilà pourquoi je ne décris ci-dessous que le détail de ma méthode et de mes résultats pour PubMed. Le but est avant tout d’illustrer ma démarche, et non de rédiger un article scientifique 🙂

Recherche des mots-clés pertinents

J’ai commencé par rechercher tous les mots-clés pertinents. Pour cela, j’utilise le MeSH, un répertoire organisé de façon ultra-méthodique de tous les mots utilisés en médecine ainsi que de leurs variantes (en anglais).

J’ai donc recherché (en anglais) les équivalents et variantes pour les mots :

  • tendinite (tendinitis) ;
  • aisselle (armpit) ;
  • douleur (pain).

Utilisation des mots-clés

Ensuite, il convient de combiner ces mots dans la bonne formule de recherche :

(tendinopathy OR tendinopathies OR tendonopathy OR tendonopathies OR tendinosis OR tendinoses OR tendonosis OR tendonoses OR tendinitis OR tendinitides OR tendonitis OR tendonitides) AND (axilla OR armpit OR underarm) AND (pain OR pains OR ache OR aches)

Une formule comme celle-ci va permettre d’identifier tous les articles scientifiques dans lesquels se trouvent :

  • au moins une des variantes du mot « tendinite » ET ;
  • au moins une des variantes du mot « aisselle » ET ;
  • au moins une des variantes du mot « douleur ».

Après ça, il ne reste plus qu’à examiner les résultats.

Exploration de la littérature médico-scientifique : résultats

On obtient donc 24 références, contre 105 914 références si on ne garde que les termes relatifs aux tendinites. Après lecture des titres de ces 24 références, on constate qu’aucun article ne porte sur une tendinite qui donnerait des douleurs sous les aisselles.

tendinite sous les aisselles symptômes recherche bibliographique
Capture d’écran de la page des résultats du moteur de recherche PubMed pour ma recherche

Et voilà comment je m’y suis pris. Si le cœur vous en dit, vous pouvez reproduire la méthode et consulter les résultats. Si vous trouvez quelque chose, prévenez-moi vite ! 🙂

En guise de résumé général pour cet article :


Si vous avez des questions, des remarques des expériences à partager, n’hésitez pas, rendez-vous dans les commentaires ! 🙏

📚 SOURCES

Urso B, Lu KB, Khachemoune A. Axillary manifestations of dermatologic diseases: a focused review. Acta Dermatovenerol Alp Pannonica Adriat. 2018 Dec;27(4):185-191. PMID: 30564831.

Agostini, F.; Attanasi, C.; Bernetti, A.; Mangone, M.; Paoloni, M.; del Monte, E.; Mammucari, M.; Maggiori, E.; Russo, D.; Marzo, R.D.; et al. Web Axillary Pain Syndrome—Literature Evidence and Novel Rehabilitative Suggestions: A Narrative Review. Int. J. Environ. Res. Public Health 2021, 18, 10383. https://doi.org/10.3390/ijerph181910383

Mikolajczyk AE, Sacro YA. Atypical Cause of Axillary Pain. Am J Med. 2016 Feb;129(2):e29-30. doi: 10.1016/j.amjmed.2015.09.010. Epub 2015 Oct 22. PMID: 26475255.

Photo d'Albin Guillaud, kinésithérapeute

Rédigé par Albin Guillaud

Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.

Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️

En savoir plus sur moi

Huiles essentielles et tendinites : est-ce une bonne idée ?

Dans ma pratique de kinésithérapeute, on me demande souvent ce que je pense des huiles essentielles pour soigner les tendinites (douleurs aux tendons, aux muscles, près des articulations).

J’ai décidé d’écrire cet article pour me donner l’occasion d’explorer la littérature scientifique sur le sujet. J’espère que ce billet vous apportera quelques informations utiles et intéressantes 🙂

Bonne lecture !

♻️ Dernière mise à jour : mai 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens Amazon affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Puis-je utiliser des huiles essentielles pour soigner ma tendinite ?

Bien que les huiles essentielles soient principalement utilisées sur la peau, il est en principe possible de les avaler ou de les inhaler. Pour les tendinites, c’est aussi l’usage cutané qui prédomine. Dans cet article, je me concentre donc exclusivement sur l’utilisation des huiles essentielles sur la peau.

Il est en effet possible que des huiles essentielles appliquées sur la peau puissent soulager la douleur de certaines tendinites. C’est ce que j’examine en détail juste après.

Est-il vraiment possible que les huiles essentielles puissent soulager les tendinites ?

D’un côté, certaines huiles essentielles contiennent des éléments chimiques anti-inflammatoires et antidouleurs (on dit aussi antalgiques ou analgésiques). D’un autre côté, sous certaines conditions, on peut faire pénétrer un produit sous la peau pour traiter un problème juste en dessous.

Voilà pourquoi il est possible que certaines huiles essentielles puissent avoir un effet anti-inflammatoire ou antidouleur sur votre tendinite : en appliquant l’huile sur votre peau, vous la feriez pénétrer en profondeur pour atteindre et soigner la partie de votre corps en souffrance.

C’est possible… Mais est-ce que ça marche vraiment ? Que nous disent les études scientifiques sur la question ? À ce jour, il n’existe aucune preuve que les huiles essentielles marchent pour soigner les tendinites. Voyons maintenant cela plus en détail.

Huiles essentielles et tendinites : quelles preuves scientifiques ?

Aujourd’hui, nous manquons d’études scientifiques permettant d’affirmer sereinement que les huiles essentielles sont efficaces pour les tendinites.

Bien sûr, on peut soi-même être convaincu que ça marche, sur la simple base d’un essai personnel. Le problème est qu’il est très facile de croire à tort qu’un traitement fonctionne quand on essaye tout seul dans son coin. Et ceci est vrai pour de nombreuses raisons.

Par exemple, on sait que quand on a une douleur persistante quelconque, celle-ci évolue dans le temps. Il y a des moments dans la journée où l’on a plus mal que d’autres. La douleur peut changer d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre, quoi qu’on fasse.

Petites expériences de pensée

Imaginez maintenant que vous utilisiez une huile essentielle à un moment où vous avez très mal. Imaginez maintenant que vous vous sentiez mieux dans les heures qui suivent. Comment savoir que c’est bien grâce à l’huile, et pas tout simplement au fait que votre douleur allait de toute façon diminuer quoi que vous fassiez ? C’est impossible. Et des pièges comme celui-là, il y en a plein d’autres.

Pour s’assurer qu’un traitement qu’on applique sur la peau fonctionne bel et bien, il faut vérifier la réalité d’un certain nombre d’étapes. Il faut que le produit :

  1. pénètre à travers la peau ;
  2. soit absorbé par la partie de notre corps responsable de la douleur (le tendon, l’articulation, le cartilage, etc.) ;
  3. se retrouve présent en quantité suffisante dans cette même partie ;
  4. agissent chimiquement comme on l’attend ;
  5. réduise effectivement la douleur.

Pour démontrer qu’une huile essentielle fonctionne, il faut apporter des preuves pour chacune de ces étapes.

Pour la 5e étape, par exemple, on dira qu’un traitement réduit effectivement la douleur quand on arrive à le montrer dans une étude dites comparative. Qu’est-ce qu’une étude comparative ?

Pour vous donner une idée, imaginez qu’on recrute 60 personnes souffrant d’une tendinite du tendon d’Achille. On fait alors deux groupes, disons A et B :

  • au groupe A, on donne l’huile essentielle dont on cherche à évaluer l’efficacité ;
  • au groupe B, on donnera un gel qui ne contient aucune substance particulière (un placebo).

Si l’huile essentielle fait mieux que le placebo, alors on conclut qu’elle est efficace.

Retour à la réalité

Toutes les étapes précédemment mentionnées ont été contrôlées pour le médicament anti-inflammatoire « diclofénac » sous forme de gel (commercialisé en France sous le nom de Voltarene emulgel ou d’autres génériques). Ce produit a fait la preuve de son efficacité pour réduire la douleur chez un petit nombre de personnes souffrant d’arthrose du genou (Derry, 2016).

À ma connaissance, rien de tel n’a été entrepris pour aucune des huiles essentielles existantes. Il y a cependant une exception : l’huile essentielle de lavande (voir sur Amazon).

On sait en effet qu’elle peut pénétrer à travers la peau (étape 1). On sait aussi qu’elle pourrait réduire la douleur pour l’arthrose de genou (étape 5) (Bakó, 2023). Concernant cet effet sur la douleur, il faut néanmoins souligner que les études sont peu nombreuses (2 seulement) et de mauvaise qualité. Il serait donc précipité d’en conclure quoi que ce soit de positif, et encore plus de transférer ces résultats aux tendinites.

En résumé, démontrer qu’une huile essentielle pourrait aider à soigner une tendinite est une rude épreuve. À ce jour, cette épreuve n’a pas été passée. On peut donc dire qu’il n’existe aucune preuve scientifique de l’efficacité des huiles essentielles pour soulager les douleurs de tendinites.

Ceci étant dit, sachant cela il vous appartient bien sûr de décider ou non d’utiliser ce type de produit pour une tendinite. Décider d’utiliser un traitement ou non ne repose pas que sur le niveau de certitude que l’on de son efficacité. Il y a aussi les informations dont on dispose au sujet des risques d’effets indésirables de la substance.

Y a-t-il des risques à utiliser des huiles essentielles ?

Le risque principal d’appliquer une huile essentielle sur la peau est de créer une irritation cutanée (dermatite).

Voilà pourquoi il est recommandé, quel que soit l’huile, de l’utiliser diluée et de la tester sur de petites surfaces de peau pour commencer. Il conviendra également de ne pas multiplier les applications plus que de raison. On préférera par exemple commencer par une application par jour plutôt que deux.

De manière plus générale, il convient de garder à l’esprit qu’on a pas de preuve de l’efficacité des huiles essentielles pour les tendinites. Cela signifie qu’on ne sait pas vraiment s’il est préférable d’en utiliser un peu ou beaucoup, ou d’en mettre qu’une ou deux fois par jour.

Ainsi, si on décide malgré tout d’utiliser une huile essentielle, il paraît raisonnable de minimiser les risques. Autrement dit, on tentera d’en mettre le moins possible et le moins souvent possible. En effet, quitte à ce que ce soit inefficace, autant s’assurer qu’au moins, ça ne fasse pas de mal…

En résumé, le risque principal des huiles essentielles sur la peau pour les tendinites est l’irritation cutanée. Pour réduire ce risque, on commencera par appliquer le moins de produit possible, le moins souvent possible, sur la plus petite zone possible.

Sources : Posadzki, 2012 ; Singh, 2022

Quelle huile essentielle est la plus efficace pour soigner ma tendinite ?

À ce jour, personne ne sait quelle est l’huile essentielle la plus efficace pour soigner les tendinites.

La raison à cela est simple : aujourd’hui, personne ne sait si les huiles essentielles sont efficaces pour soigner les tendinites. Donc logiquement, dans ces circonstances il n’est pas possible d’identifier quelle serait l’huile la plus efficace.

Pourrais-ce être l’huile essentielle la plus anti-inflammatoire ?

En principe, on pourrait imaginer qu’il suffit de trouver l’huile essentielle la plus concentrée en actifs anti-inflammatoires ou antidouleurs (on dit aussi antalgiques ou analgésiques). Cependant, ce n’est malheureusement pas une garantie suffisante. En effet, pour qu’une huile essentielle soulage une douleur il faut :

  1. qu’elle contienne les substances anti-inflammatoires et antidouleurs appropriées ;
  2. qu’elle contienne ses substances en quantité suffisante.

Mais il faut aussi :

  1. que les substances puissent passer à travers la peau ;
  2. que ses substances puissent atteindre la structure profonde responsable de votre douleur ;
  3. qu’elles puissent atteindre cette structure en quantité suffisante ;
  4. qu’elles aient la bonne action chimique une fois leur destination finale atteinte.

Attardons-nous quelques instants maintenant sur les étapes 3 et 6.

D’abord une histoire de barrière à franchir…

Pour l’étape 3, soulignons un point important au sujet des substances anti-inflammatoires et antidouleurs contenues dans l’huile essentielle : ce sont des molécules (des assemblages d’atomes). Or, la taille de ces molécules peut varier. Il y en a des plus ou moins grandes.

Ainsi, il ne suffit pas qu’une huile essentielle contienne beaucoup de molécules anti-inflammatoires ou antidouleurs. Il faut aussi que ces molécules soit suffisamment petites pour passer à travers la peau. On dit également qu’il faut que les molécules « passe la barrière cutanée ».

…Puis une affaire de clés et de serrures

Pour l’étape 6, une molécule anti-inflammatoire ou antidouleur va agir comme une clé légèrement tordue, capable de bloquer une serrure. La serrure étant ici une autre molécule présente dans la partie du corps qui vous fait souffrir. Si la clé défaillante rentre dans la serrure, alors cela peut bloquer une partie de la réaction chimique inflammatoire et réduire la douleur.

Le problème est que quand on a mal quelque part et qu’on a une inflammation, il y a des dizaines et des dizaines de serrures impliquées. Or toutes les serrures n’ont pas le même intérêt. Bloquer certaines d’entre elles pourraient n’avoir que peu d’effet sur la réaction inflammatoire.

Voilà pourquoi, il ne suffit pas que des molécules anti-inflammatoires et antidouleurs arrivent à destination en quantité suffisante. Il faut aussi qu’elles aillent bloquer les serrures les plus pertinentes pour réduire la douleur de manière significative.

En résumé, on ne sait pas quelle est l’huile essentielle la plus efficace pour soigner les tendinites. L’explication à cela est simple : on ne sait même pas si les huiles essentielles sont efficaces pour soigner les tendinites tout court !

Comment appliquer une huile essentielle pour augmenter son effet ?

On ne sait pas si les huiles essentielles sont efficaces pour soigner les tendinites. En conséquence, on ne sait pas non plus comment appliquer une huile essentielle pour augmenter son effet.

Ce que l’on sait en revanche, c’est comment utiliser une huile essentielle pour minimiser les risques d’effets indésirables. Imaginons en effet que vous souhaitiez malgré tout utiliser une huile essentielle.

Dans ce cas, vous avez tout intérêt à chercher à prendre le plus de précautions possibles… Quitte à ce que le produit n’est pas d’effet positif, autant qu’il ne vous fasse pas de mal !

Le risque principal quand on applique une huile essentielle sur la peau est de se retrouver avec une irritation cutanée. Pour minimiser ce risque, on respectera les principes suivants :

  1. appliquer une petite quantité de produit sur une petite surface de peau pour commencer ;
  2. s’en tenir à une fréquence d’application minimale, maximum une fois par jour.

L’idée est simplement de d’abord tester la réactivité de sa peau au produit pour s’assurer qu’il y a une bonne tolérance. Ensuite seulement, si le cœur vous en dit, vous pourrez envisager d’augmenter les doses (en insistant une fois encore sur le fait que rien ne garantit que cela conduise à un meilleur résultat).

En résumé, on ne sait pas comment appliquer une huile essentielle sur la peau pour augmenter son effet. Personne n’a cette connaissance pour une raison simple : personne ne sait si les huiles essentielles marchent vraiment pour soigner les tendinites.

Où trouver les meilleures huiles essentielles pour soigner une tendinite ?

En l’état de nos connaissances scientifiques, nous ne savons pas si les huiles essentielles peuvent aider à soigner une tendinite. Cela signifie qu’il n’est pas possible de départager les huiles essentielles sur la base de leur efficacité.

On peut bien sûr utiliser d’autres critères comme :

  • le mode de fabrication ;
  • l’odeur ;
  • le prix ;
  • la présence ou non de substances anti-inflammatoires ou antalgiques dans l’huile.
  • la provenance (géographique et agricole – bio vs non-bio) ;
  • les risques.

Toutefois, aucun de ses critères n’est un indicateur fiable de l’efficacité d’une huile essentielle pour soigner votre tendinite.

À la limite, on pourrait dire qu’il faudrait privilégier une huile essentielle qui contient des substances anti-inflammatoires ou antalgiques. Mais ce n’est malheureusement pas suffisant. En effet, la simple présence de ces substances ne peut garantir ne serait-ce qu’elles puissent passer à travers la peau.

Par ailleurs, à peu près toutes les huiles essentielles parmi les plus populaires contiennent des substances potentiellement anti-inflammatoires et antalgiques. C’est le cas des huiles essentielles de :

Huile essentielle de lavande (10 ml)
5,56
  • ⭐⭐⭐⭐ – 4,6/5 – 6 587 reviews

Sources : Miguel, 2010 ; Kehili, 2020, Zuo, 2020.

La raison en est simple : chaque huile essentielle est un véritable cocktail de plusieurs dizaines de substances chimiques différentes !

En résumé, il n’est pas possible aujourd’hui d’utiliser un critère d’efficacité pour choisir une huile essentielle pour traiter sa tendinite. À ce jour, il n’y a donc pas de « meilleure » huile essentielle selon ce critère.

Recommandez-vous les huiles essentielles pour les tendinites ?

huile essentiel tendinite ma-position

Imaginons qu’un patient me demande quoi faire pour traiter sa tendinite. S’il ne me parle pas de lui-même d’huiles essentielles, je n’évoquerais pas cette option thérapeutique.

Maintenant, il y a le cas où on me demanderait spécifiquement mon avis sur les huiles essentielles pour une tendinite. En ce cas :

  • je ferais part de mes doutes que ça puisse fonctionner ;
  • j’indiquerais que j’éviterais moi-même d’en utiliser ;
  • je rappellerais que chacun est libre d’essayer s’il le souhaite, tout en mentionnant le risque d’irritation cutanée (un risque minime et facile à contenir en faisant quelques tests préalables).

Pourquoi ne pas recommander les huiles essentielles pour les tendinites ?

Ceci étant dit, certains d’entre vous se demanderont peut-être le pourquoi d’un tel positionnement. On pourrait tenir en effet le raisonnement suivant :

  • ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de preuve que ça ne marche pas que ça veut forcément dire que ça ne peut pas marcher ;
  • de nombreuses personnes disent en tirer des bénéfices pour elles-mêmes ;
  • et puis si les risques sont minimes et faciles à contenir, pourquoi ne pas essayer après tout ?

À cette question, je répondrais que c’est l’affaire de chacun. Si quelqu’un souhaite utiliser ou continuer à utiliser une huile essentielle pour une tendinite après avoir lu cet article, libre à lui bien sûr. Je pourrais tout à fait comprendre que le raisonnement ci-dessus séduise.

Toutefois, ce raisonnement ne me séduit pas personnellement, et j’aimerais vous expliquer ici pourquoi. J’ai déjà mentionné certaines de ces raisons ailleurs dans l’article. Je vais les récapituler ici et en ajouter de nouvelles :

  1. il n’y a pas de preuves scientifiques que les huiles essentielles puissent marcher pour soulager les douleurs de tendinites.
  2. Plus généralement, les preuves scientifiques en faveur des huiles essentielles pour les douleurs musculo-squelettiques sont très maigres.
  3. Les témoignages positifs en faveur de l’efficacité des huiles essentielles ne m’impressionnent pas. Il est en effet très facile de croire à tort qu’un traitement fonctionne. On a par exemple vite fait d’oublier qu’une douleur peut diminuer dans le temps quoi qu’on fasse.
  4. Je ne crois pas qu’on puisse un jour démontrer que les huiles essentielles soient efficaces pour les tendinites. Autrement dit, je fais plus constater qu’il n’y a pas de preuve. Je fais aussi le pari qu’il n’y aura jamais de preuves suffisamment solides pour remporter ma confiance.

Il est possible que ce quatrième point attire suffisamment votre attention pour vous vous demandiez : mais pourquoi ? Pourquoi ne pas penser qu’un jour ou l’autre, nous pourrons démontrer qu’une huile essentielle est efficace pour soigner les tendinites ?

Pourquoi douter ?

Je dirais d’abord qu’on peine à bien comprendre les tendinites. Ainsi, on peine à comprendre comment devrait fonctionner le traitement pour les guérir (Millar, 2017). On peut donc imaginer des centaines de possibilités. Hélas, qu’on puisse les imaginer ne veut pas dire qu’elles soient forcément vraies

D’un autre côté, j’aimerais souligner que :

  • imaginer et développer un traitement qui marche pour soulager la douleur est une aventure longue et complexe.
  • Les huiles essentielles n’ont pas été spécifiquement conçues pour traiter telle ou telle affection. Ce sont en quelque sorte des produits de la nature. Et non, la nature n’est pas tout le temps bien faite. Les maladies en sont la preuve.
  • L’Histoire est jonchée de traitements qu’on a pris au sérieux en leur temps, mais qui se sont finalement avérés à côté de la plaque (voir carrément néfastes).

Ainsi, tout ceci considéré, j’estime que les chances que les huiles essentielles puissent marcher pour traiter les tendinites sont très faibles. Et j’estime qu’elles sont bien trop faibles pour être prises au sérieux en pratique.

Par ailleurs, j’aimerais ajouter qu’à mon avis il y a d’autres choses à faire que de masser sa tendinite avec une huile essentielle (articles à venir). Tout le temps passé à utiliser un traitement douteux est du temps que l’on ne passe pas à des actions peut-être plus utiles.

En résumé :

  • Je n’évoque pas les huiles essentielles si on ne m’en parle pas.
  • Je déconseille les huiles essentielles quand on me demande mon avis, tout en informant des risques.
  • Je rappelle que chacun est libre de vouloir se soigner comme il veut !

Si vous avez des questions, des remarques des expériences à partager, n’hésitez pas, rendez-vous dans les commentaires ! 🙂

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📚 SOURCES

Peana AT, D’Aquila PS, Panin F, Serra G, Pippia P, Moretti MD. Anti-inflammatory activity of linalool and linalyl acetate constituents of essential oils. Phytomedicine. 2002 Dec;9(8):721-6. doi: 10.1078/094471102321621322. PMID: 12587692.

Derry S, Conaghan P, Da Silva JP, Wiffen PJ, Moore R. Topical NSAIDs for chronic musculoskeletal pain in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2016, Issue 4. Art. No.: CD007400. DOI: 10.1002/14651858.CD007400.pub3

Bakó, E.; Fehérvári, P.; Garami, A.; Dembrovszky, F.; Gunther, E.E.; Hegyi, P.; Csupor, D.; Böszörményi, A. Efficacy of Topical Essential Oils in Musculoskeletal Disorders: Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Pharmaceuticals 2023, 16, 144. https://doi.org/10.3390/ph16020144

Posadzki P, Alotaibi A, Ernst E. Adverse effects of aromatherapy: a systematic review of case reports and case series. Int J Risk Saf Med. 2012 Jan 1;24(3):147-61. doi: 10.3233/JRS-2012-0568. PMID: 22936057.

Singh S, Chaurasia PK, Bharati SL, et al. A mini-review on the safety profile of essential oils. MOJ Biol Med. 2022;7(1):33‒36. DOI: 10.15406/mojbm.2022.07.00162

Miguel MG. Antioxidant and anti-inflammatory activities of essential oils: a short review. Molecules. 2010 Dec 15;15(12):9252-87. doi: 10.3390/molecules15129252. PMID: 21160452; PMCID: PMC6259136.

Kehili, S.; Boukhatem, M.; Belkadi, A.; Ferhat, M.; Setzer, W. Peppermint (Mentha Piperita L.) Essential Oil As a Potent Anti-Inflammatory, Wound Healing and Anti-Nociceptive Drug. European Journal of Biological Research 2020, 10, 132-149. DOI: http://dx.doi.org/10.5281/zenodo.3831042

Zuo X, Gu Y, Wang C, Zhang J, Zhang J, Wang G, Wang F. A Systematic Review of the Anti-Inflammatory and Immunomodulatory Properties of 16 Essential Oils of Herbs. Evid Based Complement Alternat Med. 2020 Dec 7;2020:8878927. doi: 10.1155/2020/8878927. PMID: 33354224; PMCID: PMC7735857.

Millar NL, Murrell GA, McInnes IB. Inflammatory mechanisms in tendinopathy – towards translation. Nat Rev Rheumatol. 2017 Jan 25;13(2):110-122. doi: 10.1038/nrrheum.2016.213. PMID: 28119539.

Photo d'Albin Guillaud, kinésithérapeute

Rédigé par Albin Guillaud

Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.

Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️

En savoir plus sur moi

Quel est le temps de guérison d’une entorse du genou ?

Une des premières questions qu’on se pose après s’être fait une entorse du genou ? Combien de temps je vais mettre pour totalement récupérer ? Quel est le temps de guérison, d’arrêt de travail, d’immobilisation ?

Je réponds à ces questions sur la base de mon expérience de kiné. Et des chiffres provenant des études qui suivent la récupération de personnes qui viennent de se faire une entorse !

Bonne lecture, et rendez-vous en commentaire pour toute question ou partage d’expérience 🙂.

♻️ Dernière mise à jour : septembre 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de blessure, découvrez mon ebook.

guide rééducation

Quels sont les différents types d’entorse du genou ?

Il y a plusieurs types de ligaments dans le genou. Et tous peuvent être abimés : un à la fois ou plusieurs en même temps.

  • les ligaments internes du genou : on en a un au niveau du genou gauche, un au niveau du genou droit. Il est à l’intérieur du genou. On l’appelle aussi ligament collatéral médial ;
  • les ligaments externes du genou : on en a aussi un au genou droit, un au genou gauche. À l’extérieur du genou, sur le côté. On l’appelle aussi ligament collatéral latéral ;
  • les ligaments croisés antérieurs, postérieurs et antéro-latéral du genou.
schéma des ligaments du genou droit
Différents ligaments représentés sur le genou droit vu de face. Image : Ng JWG, Myint Y, Ali FM. Management of multiligament knee injuries. EFORT Open Rev. 2020 Mar 2;5(3):145-155. doi: 10.1302/2058-5241.5.190012. PMID: 32296548; PMCID: PMC7144894.

Aussi, il existe différents degrés de « gravité » d’entorse. Vous pouvez avoir :

  • une entorse bénigne : le ligament (ou les ligaments) sont simplement étirés plus qu’en temps normal ;
  • une entorse grave : le ligament (ou les ligaments) sont déchirés, rompus. Ils peuvent l’être sur seulement une partie de leur largeur, on parle dans ce cas d’entorse modérée, ou sur toute leur largeur (entorse grave, entorse sévère).

Vous pouvez donc avoir par exemple une entorse bénigne du ligament interne du genou : c’est la plus fréquente, on l’appelle aussi entorse du ligament collatéral latéral. Ou une entorse grave du ligament externe du genou droit : votre ligament externe droit est totalement rompu (vous verrez qu’on récupère quand même généralement très bien de ce type de lésion !)

Comment on sait quel type d’entorse on a ?

En général, vous allez consulter un(e) médecin, un(e) kiné ou les urgences si vous vous faites mal au genou suite à une chute ou un accident. Les professionnel(le)s de santé vont :

  • vous poser des questions pour savoir comment s’est passé le moment où vous vous êtes fait mal et connaître votre ressenti actuel ;
  • vous examiner, vous faire passer certains tests et réaliser certaines manoeuvre sur vous même pour tester justement vos ligaments du genou, et s’ils stabilisent toujours bien l’articulation ;
  • parfois (et ce n’est pas systématique) vous faire d’autres examens d’imagerie, comme une radiographie du genou, une échographie ou une IRM.

En fonction de cet examen clinique (et parfois, d’imageries complémentaires), votre médecin ou kiné va poser un diagnostic.

C’est son expérience et son habitude à évaluer des personnes qui viennent de se faire mal aux genoux qui lui permettent souvent de faire un diagnostic sans examen complémentaire.

Photo du genou d'une personne qui a une entorse du ligament interne du genou
Photo du genou d’une personne qui a une entorse du ligament interne du genou. Image : Madi 2022

C’est grave si on ne fait pas de radio ou d’échographie ?

Dans certains cas, des examens complémentaires tels que des radiographies, une échographie ou une IRM peuvent être utilisés pour :

  • voir si les ligaments sont complètement déchirés ou non,
  • ou éliminer la présence de fractures ou d’autres lésions.

Mais ce n’est pas indispensable. Souvent, l’examen clinique (et l’expérience du praticien ou de la praticienne) suffisent pour éliminer la probabilité d’une fracture ou autre lésion associée, ou une déchirure.

En plus, le traitement repose sur les même grandes lignes, qu’il y ait une entorse bénigne, modérée ou sévère du genou ! Le type précis de lésion n’est pas l’élément déterminant.

Ce qui compte surtout, c’est comment sont vos douleurs, la stabilité de votre genou, et les activités que vous souhaitez reprendre. Et ça, on ne le voit pas à l’IRM ou à l’écho 😉!

Voici également ce que concluent des expert(e)s de la prise en charge des lésions ligamentaires du genou sur la meilleure conduite à avoir pour le diagnostic :

(..l) l’examen clinique, y compris l’épreuve d’effort en valgus, est une méthode très efficace pour diagnostiquer les lésions des ligaments internes du genou et des ligaments croisés postérieurs. L’importance de tests cliniques spécifiques a également été soulignée, tels que le test du cadran et le test du tiroir antéro-médial, pour évaluer la laxité rotatoire antéro-médiale.

En ce qui concerne l’imagerie (…), l’IRM a été considérée comme un outil précieux pour diagnostiquer une pathologie aiguë et devrait être demandée en cas de suspicion de lésion du ligament croisé antérieur de grade III.
Les radiographies de contrainte en valgus sont un outil de diagnostic couramment utilisé et particulièrement important pour les lésions plus chroniques. Les experts ont convenu que ces radiographies peuvent être utiles pour déterminer la laxité résiduelle après une prise en charge conservatrice et pour évaluer la fonction du greffon/de la réparation après l’opération.

Chahla 2021
radio d'une entorse du ligament interne du genou
La radio ne permet pas toujours de voir une entorse. Elle est surtout réalisée quand on veut éliminer une fracture du genou, s’il y a des signes à l’examen qui laissent penser à une fracture. Cette radio montre un espace important au niveau du compartiment interne du genou, laissant penser à une entorse du ligament interne. Image : Madi 2022

Quelle est la durée d’immobilisation après une entorse du genou ?

Si vous avez une lésion d’un seul ligament du genou, même si c’est une entorse grave, le traitement est généralement conservateur : vous n’avez pas besoin d’opération.

Dans ce cas là, on peut vous recommander une immobilisation relative de votre genou. Souvent par le biais d’une attelle :

  • attelle de zimmer, assez rigide, qui bloque le genou en extension ;
  • attelle articulée, qui permet de mettre plus ou moins de flexion dans le genou.

Ces attelles sont amovibles : vous pouvez les enlever très facilement dans la journée pour la toillette, ou quand vous êtes allongé sans bouger.

Combien de temps garder l’attelle ? Votre médecin vous donnera des indications par rapport à ça, en fonction de votre lésion, mais aussi de ses habitudes.

J’ai pu constater une très grande différence pour un même type de lésion :

  • certain(e)s médecins ou chirurgien(ne)s ne prescrivent pas d’attelle ;
  • d’autres prescrivent une attelle pour seulement quelques jours, surtout pour soulager les douleurs ;
  • d’autres insistent pour que l’attelle soit portée de manière stricte, pendant au moins 3/4 semaines, voire plus.

Le but de cette immobilisation est d’éviter l’instabilité de votre genou. À cause de son élongation ou de sa déchirure, votre ligament n’assure plus bien la stabilité de votre genou.

Mais il y d’autres sutrcutres qui sont impliquées dans la stabilité du genou, notamment vos muscles.

C’est pour cela que vous pouvez parfois vous passer d’attelle, en faisant preuve de prudence. Vous pouvez en discuter avec votre kiné.

La durée d’immobilisation après entorse du genou est de 0 jour à quelques semaines. S’il y a plusieurs ligaments atteints, le genou est probablement plus instables, et l’immobilisation un peu plus appropriée.

Combien de temps c’est impossible de plier la jambe après une entorse du genou ?

Même si c’est impressionnant, c’est habituel d’avoir du mal à plier la jambe après une entorse. Voire de ne pas arriver à le plier du tout !

Plusieurs choses peuvent expliquer cela :

  1. le gonflement : du liquide s’accumule dans l’articulation, et provoque un gonflement. C’est une réaction normale de votre organisme : ce liquide emmène aux tissu des nutriments et d’autres substances permettant leur cicatrisation ! Mais le fait qu’il y ait ce gonflement gène la flexion du genou ;
  2. la douleur : comme vos tissus sont comprimés par l’accumulation de liquide, cela peut provoquer un peu de douleur. Et cette douleur peut augmenter quand on plie le genou, car ça comprime encore plus. En revanche, ce n’est pas dangereux ;
  3. l’instabilité : dans les cas d’entorse grave du genou, il peut y avoir une instabilité articulaire. Les structures ligamentaires ne maintiennent pas correctement le genou en place. Cela peut entraîner une sensation de faiblesse et une réticence à plier le genou par crainte de provoquer un déplacement ou une instabilité supplémentaire ;
  4. la protection musculaire : les muscles autour du genou peuvent se contracter pour protéger l’articulation blessée. Et cela rend difficile la flexion du genou.

En général, cette difficulté à plier la jambe va durer :

  • quelques jours (voire 2/3 semaines) en cas d’entorse légère ou moédérée ;
  • parfois plusieurs semaines voire mois en cas d’entorse grave.

Votre kiné fait partie des professionnels qui peut vous montrer des exercices adaptés pour entretenir cette flexion de genou, ou la récupérer. Voici quelques exemples de position.

exercices permettant d'arriver à plier la jambe après une entorse du genou

Voir aussi mon ebook !

guide rééducation

Quelle est la durée d’arrêt de travail après l’entorse de genou ?

Il n’y a pas forcément de durée type d’arrêt de travail en cas d’entorse du genou.

C’est avant tout l’ampleur de vos symptômes et leur impact sur votre activité pro qui va déterminer la durée adéquate. Tout comme la possibilité d’adapter ou non votre métier.

En France, l’Assurance maladie édite tout de même des référentiels indiquant la durée d’arrêt de travail suggérée en cas de différentes maladies, troubles musculo-squelettiques ou opération. Et il y a un référentiel pour l’entorse de genou.

L’Assurance maladie recommande une durée d’arrêt de travail de 0 à 21 jours pour une entorse du genou. Plus précisément, pour l’entorse du ligament interne (ligament collatéral médial).

Combien de temps sans conduire après une entorse du genou ?

En France, c’est le Code de la route qui dit dans quelles conditions on a le droit de conduire ou non. Voici ce qu’il dit :

Tout conducteur de véhicule doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent

L’article R. 412-6 du code de la route

C’est donc vous qui avez la responsabilité de déterminer si oui ou non vous êtes apte à conduire une voiture.

On trouve aussi un arrêté du 21 décembre 2005 qui en dit un peu plus en cas de “déficit moteur post-traumatique”. Ce qu’on peut traduire en plus simple en : problème pour bouger suite à une fracture, une opération, une blessure. Et notamment une entorse du genou.

Cet arrêté dit que dans certains cas, il y a impossibilité du maintien du permis de conduire.

Ces textes sont assez flous. Cela laisse donc une marge de manoeuvre d’interprération aux compagnies d’assurance en cas d’accident.

Voici une situation où je pense qu’il est impossible de conduire après une entorse du genou :

  • vous avez une entorse au genou droit ;
  • vous n’avez pas de voiture automatique ;
  • vous n’arrivez pas du tout à plier le genou.

À l’inverse, une situation où conduire semble totalement envisageable même le lendemain d’une entorse du genou :

  • vous avez un problème au genou genou ;
  • vous avez une voiture automatique ;
  • vous n’avez aucune difficulté à plier le genou ;
  • vous n’avez pas mal quand vous vous installez au volant et que vous appuyez sur les pédales.

Vous êtes entre-deux ? Vous pouvez discuter de cela avec un(e) professionnel(le) de santé qui vous suit. Vous pouvez aussi déjà tester à l’arrêt comment vous vous sentez en appuyant sur les pédales.

En général, on reste sans conduire seulement quelques jours après une entorse du genou. Parfois, il faut attendre quelques semaines.

Combien de temps pour la guérison totale d’une entorse du genou ?

Qu’est-ce qu’on met derrière « guérison » ? Pour ne pas trancher à votre place, j’ai indiqué ci-dessous les délais moyens de récupération que j’observe chez mes propes patient(e)s. Ensuite, je suis allée regarder si on trouvait des données plus rigoureuses dans les publications scientifiques qui suivent des gens après une entorse.

ÉtapeDélais habituel à partir du jour de l’entorse
Vous avez bien moins de douleursQuelques jours à quelques semaines
Vos ligaments sont bien cicatrisés4-6 semaines
Votre œdème (gonflement) du genou disparaîtPlusieurs semaines voire mois
Vous reprenez la marche avec béquilles Tout de suite
Vous reprenez la marche sans béquillesParfois tout de suite, parfois au bout de quelques semaines
Vous pouvez conduire une voitureQuelques jours à quelques semaines
Vous reprenez le travailQuelques jours à quelques semaines
C’est la reprise du sport !1-6 mois
Vous avez totalement récupéré fonctionnellement et musculairement3 mois – 1 an
Temps de guérison et de récupération habituelle après une entorse du genou non opérée

Voici maintenant des données provenant des publications scientifiques, qui permetten d’avoir un aperçu plus large que ma seule expérience :

  • En cas d’opération d’un ligament du genou, 100 % des expert(e)s recommandent d’éviter la reprise du sport pendant au moins 6 mois (Chahla 2021).

Je mettrai à jour cette partie si je trouve d’autres infos.

Peut-on faire quelque chose pour accélerer la guérison ?

Se questionner sur comment accélérer la guérison revient à se demander quels sont les traitements d’une rupture ligamentaire au genou, ou d’un simple étirement d’un ligament.

En attendant que j’écrive un article plus développé à ce sujet, voici les conclusions auxquels sont arrivés les 35 expert(e)s en traumatologie du genou qui se sont réunis pour établir des recommandations sur l’entore interne du genou (Chahla 2021).

Traitement d’une entorse du genou avec un seul ligament atteint

Les expertes étaient d’accord pour dire qu’un simplement traitement conservateur (attelle) suffit. Certain(e)s recommandaient une attelle bloquant le genou avec une légère flexion, d’autres disaient que ce n’était pas nécessaire.

Autres points abordés :

  • les injections de plasma enrichi en plaquettes n’améliorent PAS la cicatrisation ;
  • moins de 40 % des expert(e)s pensaient que les anti-inflammatoires (AINS) entravaient la cicatrisation ;
  • en cas de douleur persistante, certain(e)s recommandaient l’injection péri-ligamentaire de corticostéroïdes, d’autres non ;
  • la rééducation est essentielle pour obtenir de bons résultats.
exemple d'exercice de renforcement du genou
Exemple d’exercice de renforcement du genou avec une presse. Image : Mellinger 2019

Traitement d’une entorse du genou avec plusieurs ligaments atteints

Les expert(e)s ont convenu que le traitement de choix quand il y a :

  • lésions partielles ou complètes du ligament interne,
  • associées à une rupture du LCA,

est : 1/ une période d’immobilisation relative avec une orthèse articulée qui permet de choisir le degré de flexion autorisé ou non ; 2/ suivi d’une reconstruction différée du LCA.

Dans les faits, certaines personnes décident de ne pas se faire opérer après une rupture du LCA, associée ou non à d’autres lésions ligamentaires au genou.

Il n’existe pas de « traitement miracle » pour récupérer plus vite après une entorse du genou, et aucun traitement ne permet d’accélérer la cicatrisation du ligament. Rester le plus actif possible en limitant les risques d’instabilité du genou et ré-introduire progressivement les activités sollicitantes est l’axe principal 🙂.

***

Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une entorse au genou, j’ai conçu ce guide au format ebook :

ebook guide kiné récupérer

Des questions, des remarques sur l’entorse du genou ? Rendez-vous en commentaire !

Ces articles pourraient également vous intéresser :

📚 SOURCES

Madi S, Acharya K, Pandey V. Current concepts on management of medial and posteromedial knee injuries. J Clin Orthop Trauma. 2022 Feb 18;27:101807. doi: 10.1016/j.jcot.2022.101807. PMID: 35242534; PMCID: PMC8873958.

Chahla J, Kunze KN, LaPrade RF, Getgood A, Cohen M, Gelber P, Barenius B, Pujol N, Leyes M, Akoto R, Fritsch B, Margheritini F, Rips L, Kautzner J, Duthon V, Togninalli D, Giacamo Z, Graveleau N, Zaffagnini S, Engbretsen L, Lind M, Maestu R, Von Bormann R, Brown C, Villascusa S, Monllau JC, Ferrer G, Menetrey J, Hantes M, Parker D, Lording T, Samuelsson K, Weiler A, Uchida S, Frosch KH, Robinson J. The posteromedial corner of the knee: an international expert consensus statement on diagnosis, classification, treatment, and rehabilitation. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2021 Sep;29(9):2976-2986. doi: 10.1007/s00167-020-06336-3. Epub 2020 Oct 26. PMID: 33104867; PMCID: PMC7586411.

Ameli.fr https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/memos/arrets-travail-referentiels-duree/traumatismes

Arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée

L‘article R. 412-6 du code de la route

Mellinger S, Neurohr GA. Evidence based treatment options for common knee injuries in runners. Ann Transl Med. 2019 Oct;7(Suppl 7):S249. doi: 10.21037/atm.2019.04.08. PMID: 31728373; PMCID: PMC6829001.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Fracture de la hanche : temps de guérison, rééducation

Vous avez eu une fracture de la hanche ? Vous cherchez des informations précises et fiables sur le temps de guérison, la durée d’hospitalisation, la mortalité, la récupération chez une personne âgée ou plus genou, si on peut marcher ou non après ?

Kiné, j’essaie de vous délivrer le maximum d’infos utiles lorsqu’on vient de se casser la hanche !

Bonne lecture ! Et rendez-vous en commentaire pour toute remarque ou question 🙂.

♻️ Dernière mise à jour : août 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de fracture, découvrez mon ebook.

guide rééducation

Quels sont les différents types de fracture de la hanche ?

On appelle « fracture de la hanche » une fracture qui touche l’articulation de la hanche. C’est donc un des os qui compose cette articulation qui est cassé ou fissuré :

  • le fémur : l’os de la cuisse, qui va de la hanche au genou ;
  • le cotyle (aussi appelé acétabulum) : c’est un os qui fait partie du bassin (aussi appelé pelvis).

Voici ce que ça donne en image :

schéma expliquant les différents types de fracture de la hanche
En jaune l’os du bassin, en bleu et violet le fémur

Selon la localisation précise de la fracture et sa forme, on lui donne des noms différents.

Vous avez probablement eu une radio (ou un scanner ou un IRM) qui a déterminé le type précis de fracture que vous avez :

Il peut y avoir aussi parfois une fracture de fatigue au niveau de la hanche, mais je ne parlerais pas de ce type de fracture dans cet article.

La hanche peut être fracturée à plusieurs endroits : au niveau du fémur, l’os de la cuisse, et au niveau du cotyle, l’os du bassin. Le traitement et la convalesence reposent sur les même grandes lignes.

On distingue aussi en fonction de si votre fracture est ouverte ou fermée (l’os ne sort pas). Et déplacée ou non déplacée (les fragments osseux restent proches, non espacés).

Quel est le traitement d’une fracture de la hanche ?

La plupart des fractures de la hanche nécessitent une opération. Pourquoi ? Car ces fractures touchent une articulation.

Et par définition, une articulation, c’est quelque chose qui bouge beaucoup. En plus, la hanche est une articulation qui bouge beaucoup, dans les 3 plans : on peut plier la jambe, la tourner, l’écarter.

Opérer permet souvent d’éviter de devoir rester immobilisé trop longtemps pour que ça consolide. Et c’est une bonne chose, car l’immobilité entraine souvent des complications respiratoires, cutanées, cardiaques, etc.

Source : Handoll 2008

Fracture de hanche opérée

Voici les 3 principaux grands types d’opération d’une fracture de la hanche :

  • Réduction ou fixation interne : votre chirurigen(ne) réalignr les fragments fracturés et les maintien en place à l’aidee de vis, de plaques ou de clous. Par exemple, un clou gamma.
  • Prothèse totale de hanche : si votre fracture est importante ou si vous avez déjà arthrose de la hanche importante.
  • Osthéosynthèse percutanée : cette technique est moins invasive. Les fragments fracturés sont réduits et fixés à l’aide de vis ou de clous guidés par imagerie fluoroscopique.

Parfois, votre chirurgien(ne) décidera d’attendre quelques jours avant de vous opérer. Selon votre état de santé, ou le type de fracture.

Quelle est la durée de l’opération ? En général, entre 1 et 3 heures. Votre chirurgien(ne) peut vous donner une idée approximative avant. Et vous verrez combien de temps ça a vraiment durer en consultant votre compte-rendu opératoire.

Une fois l’opération passée, vous restez quelques jours à l’hôpital. On vous donne des consignes spécifiques concernant la possibilité de marcher en appuyant ou non, ou des mouvements à éviter après une prothèse de hanche.

Fracture de hanche non opérée

Parfois, le type de fracture que vous avez, ou votre état de santé, font qu’il vaut mieux ne pas opéréer. C’est un(e) chirugien(ne) orthopédiste qui prend cette décision.

Dans ce cas, on parle d’un traitement conservateur ou orthopédique.

On vous donnera des recommandations à suivre pour les prochaines semaines :

  • est-ce que vous devez porter une attelle ? Quand ? Quel type d’attelle ? Combien de temps ?
  • Est-ce que vous avez le droit de prendre appui sur votre jambe ? À 100 % ?

Vous aurez probablement aussi une prescription de séances de kinésithérapie. Ou peut-être irez-vous en centre de rééducation.

Votre kiné vous aidera à :

  • identifier ce que vous pouvez faire et ne pas faire pendant cette phase de consolidation ;
  • conserver un maximum d’autonomie et de mobilité ;
  • adapter votre environnement pour faciliter cette période de convalescence ;
  • trouver des positions plus confortables pour soulager vos douleurs.

Si votre fracture de hanche n’est pas opérée, le traitement est « conservateur » : des consignes spécifiques vous sont données, et votre kiné vous aider à les comprendre et à les appliquer dans votre quotidien !

La durée des séances de kiné et leur rythme dépend énormément selon les personnes (et les kinés!). Entre ces 2 extrêmes :

  • une seule séance « bilan » pour avoir des réponses à vos questions et des conseils personnalisés (voire même aucune) ;
  • 5 séances par semaine (voire plus) pendant plusieurs semaines.

Quel est le temps de guérison ?

On peut mettre différentes choses derrière « guérison » : la consolidation, la récupération totale, la reprise de la marche « comme avant ». Je fais le point sur chacune d’entre-elles.

Quelle est la durée d’hospitation après s’être fracturé la hanche ?

Plein de choses différentes vont impacter combien de temps vous allez rester à l’hôpital :

  • votre âge et votre état de santé avant la fracture ;
  • comment se passe l’opération, le cas échéant ;
  • où vous vivez ;
  • les habitudes du service.

Voici les durées moyennes indiquées dans les études qui regardent justement combien de temps les gens opérés de la hanche restent à l’hôpital :

  • 23 jours en moyenne au Royaume-Uni ;
  • 15 jours en Italie ;
  • 12, 7 jours en France ;
  • 6 jours et demi aux États-Unis.

Sources : Verone et Maggi, 2018 ; Oberlin et Mouquet, 2011

Les personnes que j’ai pris en charge après opération d’une fracture de hanche qui étaient resté le moins longtemps à l’hôpital étaient en général restés 1 ou 2 nuit après l’opération.

Si vous n’êtes pas opéré, vous resterez probablement moins longtemps à l’hôpital. Parfois, vous passez uniquement par le service des urgences, et vous rentrez directement chez vous.

La durée d’hospitalisation après une fracture de la hanche est de quelques jours à quelques semaines. En France, la durée moyenne est de 13 jours.

Quel est le temps de consolidation chez une personne plus ou moins âgée ?

Le temps de consolidation des os de la hanche est d’environ 6 semaines si tout va bien.

C’est pour cela qu’une radio de contrôle est réalisée en général 4-8 semaines après une fracture de la hanche. Pour s’assurer :

  • que le matériel chirurgical est bien en place si vous avez été opéré ;
  • qu’un cal osseux, signe d’une bonne consolidation, s’est bien formé.

Chez les personnes âgées ou avec beaucoup de problèmes de santé, cette consolidation osseuse peut prendre plus longtemps : plusieurs mois. Car :

  • leur densité osseuse et leur métabolisme est moins important ;
  • la circulation sanguine est souvent réduire ;
  • ces personnes bougent moins. Or, un os a besoin d’un minimum de contraintes pour stimuler les processus de guérison et de remodelage osseux. Ces contraintes se font lorsque la personne contracte des muscles de la jambe, ou lorsqu’elle marche (quand la marche est autorisée).

Le temps de consolidation d’une fracture de la hanche est d’environ 6 semaines. Chez les personnes âgées ou avec des problèmes de santé, la consolidation peut prendre plusieurs mois.

Quand on remarche normalement ?

Tout dépend ce que vous mettez derrière « normalement ».

Tout de suite après la fracture, vous serez normalement dans une de ces 3 situations :

  1. vous avez le droit de marcher autant que vous voulez, en appuyant autant que vous voulez. Seule la douleur vous guide, vous prenez des béquilles ou un déambulateur pour soulager l’appui ;
  2. vous avez le droit de marcher mais pas avec tout votre poids de corps. L’utilisation de béquilles ou de déambulateur est indispensable ;
  3. vous n’avez pas le droit de prendre appui sur la jambe fracturée pendant plusieurs semaines. Vous marchez donc « à cloche-pied », et vous aurez probablement besoin d’un fauteuil roulant manuel (que votre kiné peut vous prescrire) pour les longs déplacements.

Quelque soit la situation dans laquelle vous êtes, vous allez remarcher « normalement » au fil des semaines. En augmentant petit à petit les distances et l’intensité de la marche. Et en vous séparant petit à petit des aides techniques à la marche.

Il faut compter plusieurs semaines, voire jusqu’à 3 mois ou plus, pour retrouver une distance de marche et une vitesse comparables à celles d’avant la chute, dans les meilleurs cas, après une fracture de la hanche.

Quel est le temps de convalescence total ?

En France, la durée moyenne d’hospitalisation pour une fracture de hanche est d’environ dix jours.

Il est fréquent que cela soit suivi d’un séjour en soins de suite et réadaptation, également connu sous le nom de centre de rééducation ou maison de convalescence. La durée de ce séjour après une fracture de la hanche est généralement de plusieurs semaines, souvent entre 4 et 10 semaines.

Même après avoir quitté ces établissements, la convalescence se poursuit pendant plusieurs semaines. En général, il faut au moins 2 à 3 mois minimum pour qu’une personne récupère son niveau d’autonomie antérieur.

Si la kinésithérapie est effectuée à domicile ou en cabinet libéral, la durée de convalescence reste similaire.

Il faut compter plusieurs mois pour retrouver 100 % de ses capacités d’avant après une fracture de la hanche. Certaines personnes gardent des séquelles.

Voir aussi mon ebook !

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Quelle est la mortalité après une fracture de hanche ?

Il existe des centaines d’études spécifiquement sur ce sujet : la mortalité après une fracture de hanche, et comment la diminuer.

études sur la mortalité après une fracture de hanche
Plus de 400 études sur la mortalité en cas de fracture de hanche

Qu’en retenir ?

  • 🇫🇷 En France, le taux de mortalité après une fracture de la hanche est de 20,2 % dans les années 2010. Cela veut dire que sur 5 personnes ayant eu une fracture de hanche, 1 personne décède dans l’année qui suit.
  • 🇺🇲 Aux États-Unis, le taux de mortalité est de 26,7 %. Cela veut dire qu’il y a un peu plus de gens qui décèdent des suites d’une fracture de la hanche aux États-Unis qu’en France, d’après ces statistiques.

Source : Papanicolas 2021

Comment savoir si on est plus à risque ou non de décéder des suites de cette fracture ? Voici quelques éléments qui indiquent un meilleur pronostic :

  • être opéré dans les 48 premières heures (Gonzalez 2022) ;
  • avoir moins de 75 ans, être de sexe féminin, ne pas vivre en institution, ne pas avoir certaines maladies chroniques comme la BPCO, des maladies hépatiques ou rénale, une démence, de l’insuffisance cardiaque, du diabète (Guzon 2019) ;
  • être en surpoids ou en obésité (Li 2022) ;
  • prendre des suppléments protéiques oraux (=suppléments en protéine) (Gonzalez 2022) ;
  • arrêter de fumer, particulièrement si on a plus de 60 ans (Zhang 2022).
  • se mobiliser précocement : bouger le plus tôt possible après la fracture.

J’ai écrit un article plus complet sur la mortalité après une fracture de hanche ou du fémur.

Le taux de mortalité après une fracture de la hanche en France est de 20,2 %. Des choses peuvent être mises en place pour améliorer ce pronostic.

mortalité après fracture de la hanche

Quelles sont les autres complications possibles après une fracture de hanche ?

Comme après n’importe quelle fracture, on peut avoir des complications après une fracture de la hanche, opérée ou non. Les complications restent l’exception plutôt que la règle !

Restez optimiste : ce n’est pas tout le temps qu’on a des complications. Et quand on en a, ça ne rallonge pas forcément la durée totale de récupération !

Voici les principales complications pouvant survenir.

  • Infection : on s’en rend compte en présence de plusieurs signes : fièvre ++, rougeur, chaleur, gonflement, douleur accrue, écoulement de pus. Il faut souvent un antibiotique dans ce cas, et parfois une opération pour nettoyer l’endroit infecté.
  • Thrombose veineuse profonde (TVP) : c’est la formation d’un caillot sanguin dans les veines profondes des jambes. Elle peut être grave si elle se propage aux poumons (embolie pulmonaire). Un des moyens de la prévenir est d’être actif, et probablement aussi de porter des bas de contention.
  • Nécrose avasculaire de la tête fémorale : lors d’une fracture de la hanche, la tête fémorale peut avoir moins de sang qui lui parvient. Cette nécrose peut provoquer des douleurs à la hanche et une moins bonne mobilité.
  • Retard de consolidation ou non-union : la fracture peut prendre plus de temps à guérir ou peut ne pas se consolider correctement.
  • Malunion / pseudarthrose: Une malunion se produit lorsque les fragments osseux guérissent dans une mauvaise position, entraînant une déformation de l’articulation de la hanche. Cela peut être gênant à long terme pour la marche et d’autres choses du quotidien.
  • Problèmes respiratoires : l’immobilité prolongée peut augmenter le risque de complications respiratoires comme une pneumonie. Être actif est le meilleur moyen de limiter cette complication également.

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Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture de la hanche, j’ai conçu ce guide au format ebook :

Des questions, des remarques, une expérience à partager ? Rendez-vous en commentaire !

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📚 SOURCES

Handoll  HHG, Sherrington  C, Mak  JCS. Interventions for improving mobility after hip fracture surgery in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 3. Art. No.: CD001704. DOI: 10.1002/14651858.CD001704.pub4.

Verone et Maggi. Epidemiology and social costs of hip fracture. Injury. 2018 Volume 49, Issue 8, Pages 1458–1460

Oberlin et Mouquet. Les modalités de prise en charge des fractures du col du fémur en France de 1998 à 2009. Etudes et résultats N°774, 2011.

González-Marcos E, González-García E, Rodríguez-Fernández P, Sánchez-González E, González-Bernal JJ, González-Santos J. Determinants of Higher Mortality at Six Months in Patients with Hip Fracture: A Retrospective Study. J Clin Med. 2022 Apr 29;11(9):2514. doi: 10.3390/jcm11092514. PMID: 35566638; PMCID: PMC9099846.

Guzon-Illescas O, Perez Fernandez E, Crespí Villarias N, Quirós Donate FJ, Peña M, Alonso-Blas C, García-Vadillo A, Mazzucchelli R. Mortality after osteoporotic hip fracture: incidence, trends, and associated factors. J Orthop Surg Res. 2019 Jul 4;14(1):203. doi: 10.1186/s13018-019-1226-6. PMID: 31272470; PMCID: PMC6610901.

Li J, Li D, Wang X, Zhang L. The impact of body mass index on mortality rates of hip fracture patients: a systematic review and meta-analysis. Osteoporos Int. 2022 Sep;33(9):1859-1869. doi: 10.1007/s00198-022-06415-w. Epub 2022 May 13. PMID: 35551433.

Zhang N, Liu YJ, Yang C, Zeng P, Gong T, Tao L, Li XA. Association between cigarette smoking and mortality in patients with hip fracture: A systematic review and meta-analysis. Tob Induc Dis. 2022 Dec 12;20:110. doi: 10.18332/tid/156030. PMID: 36561424; PMCID: PMC9743796.

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Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.