La fracture du trochiter, partie de l’humérus, est une fracture fréquente de l’épaule. Le traitement consiste le plus souvent en une période d’immobilisation de l’épaule, suivie ou accompagnée de rééducation en kinésithérapie.
Il s’agit d’une fracture de très bon pronostic : vous allez bien récupérer.
Voici les réponses aux questions que se posent le plus souvent les personnes qui ont ce type de fracture de l’épaule.
Dernière mise à jour : août 2023 Liens d’intérêts : liens Amazon affiliés. Voir mentions légales pour plus d’infos Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
FAQ express
Quel est le temps de consolidation ?
6 semaines en moyenne, parfois plus.
Combien de temps dure la douleur ?
Quelques jours, parfois quelques semaines, plus rarement quelques mois.
Quels sont les symptômes d’une fracture du trochiter ?
Douleur à l’épaule et grande difficulté à utiliser le bras.
Combien de temps pour récupérer ? Quel temps de guérison ?
Attendre en général 6 semaines avant de commencer à ré-utiliser le bras. Récupération totale de la fonction du bras 3 à 9 mois après la fracture.
Un IRM est-il nécessaire ?
La radio suffit le plus souvent.
Quel est le traitement ?
Restreindre l’utilisation du bras pendant au moins 6 semaines, souvent en l’immobilisant avec une attelle. Plus rarement, une opération chirurgicale est recommandée. Dans tous les cas, une rééducation est nécessaire.
En quoi consiste la rééducation ?
Mobilisation et réalisation d’exercices. Durant la période d’immobilisation (6 semaines), entretenir la mobilité et la force des articulations non lésées. Ensuite, retrouver force et souplesse dans le bras pour reprendre toutes les activités d’avant.
Si vous souhaitez plus d’informations sur cette période de rééducation et des idées d’exercices, j’ai dédié un ebook à ce sujet.
Sommaire
Si vous préférez le format vidéo, le contenu de cet article est synthétisé dans cette vidéo de ma chaine Youtube, Redukadom
Fractures du trochiter avec ou sans déplacement
Le trochiter est une partie de la partie supérieure de l’humérus, l’os du bras.
L’articulation de l’épaule et non du coude est alors touchée par la fracture et mettra un peu de temps à retrouver ses capacités antérieures.
On l’appelle aussi :
grand tubercule de l’humérus ;
grosse tubérosité de l’humérus.
Une fracture sans déplacement récupère généralement plus vite et mieux qu’une fracture du trochiter avec déplacement.
La prise en charge de ces deux types de fracture du trochiter reste cependant similaire.
Une fracture du trochiter est douloureuse, au moment de la fracture mais aussi dans les jours et semaines qui suivent.
Il est normal que la douleur ne disparaisse pas y compris plusieurs jours après l’événement ayant occasionné la fracture. Cela ne signifie pas qu’il y a un problème si la douleur n’empêche pas de dormir.
Habituellement, les médecins ou chirurgiens qui ont posé le diagnostic auront également prescrits des antalgiques pour soulager les douleurs.
La douleur peut également revenir après la période de consolidation, lorsqu’une rééducation un peu plus intensive est débutée.
La douleur est un bon indicateur pour reprendre progressivement les mouvements de l’épaule.
Elle nous guide pour éviter d’en faire trop.
Normalement, la mise au repos et la prise éventuelle d’antalgiques permet de bien soulager les douleurs qui finissent par disparaître totalement quelques semaines ou plus souvent mois après la fracture du trochiter.
C’est souvent la première question que l’on nous pose : « pour combien de temps j’en ai ? ». Tout dépend de ce que l’on entend par « guérison ».
S’il s’agit de retrouver son bras 100 % comme avant, il faut alors compter plusieurs mois, si ce n’est une année complète en cas de pratique sportive intensive sollicitant le membre fracturé.
La reprise d’un sport sollicitant beaucoup le membre supérieur comme le tennis ou un sport de combat doit être envisagée au minimum 4 mois après la fracture.
Il faut compter au moins 2 mois de gène pour toutes les activités de la vie quotidienne, comme se préparer à manger, s’habiller, se doucher, etc.
La reprise de l’activité professionnelle s’envisage au minimum 6 semaines après la fracture, et le délais peut être plus long selon le type de poste occupé et la récupération.
Temps de consolidation après fracture du trochiter
Les fractures du trochiter sans déplacements et non complexes consolident en général bien et dans des délais habituels, c’est-à-dire de 4 à 6 semaines à compter du jour de la fracture.
Cependant, consolidation acquise ou en bonne voie ne veut pas dire pour autant que la convalescence est terminée et que la récupération du bras est totale et terminée.
Les mouvements de l’épaule mettent plus de temps à être retrouvés. Une épaule consolidée sur le plan osseux peut être encore fragile sur le plan musculaire, et des douleurs peuvent persister.
En cas du fracture du trochiter, les personnes se rendent le plus souvent aux urgences.
Si l’état général de la personne est bon, un.e chirurgien.ne orthopédiste ou un.e interne examinera l’épaule et les radios puis prescrira une immobilisation via une orthèse (appelée aussi attelle) à récupérer en pharmacie, un traitement antalgique et des séances de kinésithérapie.
Le plus souvent (78 % des cas) il n’y a pas d’opération chirurgicale pour une fracture du trochiter, notamment lorsqu’elle n’est pas déplacée.
Les personnes rentrent donc chez elle sans être hospitalisées.
Choix et positionnement de l’attelle d’immobilisation
Selon les établissements hospitaliers et les pharmacies, les personnes disposent de différentes sortes d’orthèses pour immobiliser leur bras, généralement appelées « attelles coude au corps ».
Toutes cependant doivent être positionnées selon les mêmes principes, énoncés et illustrés ci-dessous :
positionner le bras fléchit, l’avant-bras reposant contre le ventre. Le coude doit être fléchit à 90 ° (les personnes ont tendance à trop serrer l’attelle et à le plier plus.
Cela n’est pas recommandé, car cela peut engendrer des douleurs et un enraidissement trop important du coude sans pour autant mieux immobiliser l’épaule) ;
les sangles (ou la sangle) de l’attelle ne doivent pas être contre ou autour du cou, mais bien sur les épaules, le plus loin possible du cou.
Cela évite les douleurs ou l’enraidissement du cou. Ainsi le poids du bras immobilisé n’est pas porté par le cou mais par le dos.
Dans tous les cas, l’idéal est que votre kinésithérapeute ou la personne qui vous livre l’attelle vous laisse la positionner seul.e puis corrige éventuellement la position. Prenez alors en photo la position pour vous en rappeler.
Il est normal au cours de la journée que l’attelle ne soit plus bien en place. N’hésitez pas à le remettre correctement régulièrement.
L’immobilisation en cas de fracture du trochiter doit se faire avec le coude fléchit à 90°. L’attelle doit être positionnée de telle sorte qu’elle ne soit pas enroulée autour du cou (source de douleurs, d’enraidissement et de gène) mais bien en passant sur les épaules, le plus loin possible du cou. Le coude doit être plié à 90° mais pas plus.
Combien de temps garder l’attelle ?
L’attelle doit être conservée durant toute la période de consolidation, soit 4 à 6 semaines.
Une radio de contrôle peut être réalisée pour s’assurer de la bonne consolidation et de l’absence de déplacement secondaire.
Votre kinésithérapeute pourra vous dire quand vous pouvez commencer à enlever l’attelle, plutôt progressivement.
Durant ces 4 à 6 semaines, l’attelle doit être portée jour et nuit pour que la consolidation se fasse bien. Elle peut cependant être ôtée à condition de ne pas bouger l’épaule, en gardant bien le bras et l’avant bras contre le corps, et sans bouger.
Elle peut donc être ôtée uniquement :
sous la douche pour se laver, en laissant le bras soit le long du corps, soit fléchit contre soi ;
lorsqu’on se repose allongé durant la journée sans dormir ; elle doit être remise pour dormir car durant la nuit le risque est de bouger ;
lorsqu’on reste assis un moment sans bouger, à condition de ne pas utiliser le bras ni le bouger.
Ces moments de repos sans attelle sont aussi important pour éviter l’enraidissement du coude et des douleurs dans le cou et le haut du dos à force d’être toujours dans la même position.
Dès qu’on se relève pour changer de position, aller aux toilettes ou encore répondre au téléphone, l’attelle doit cependant être remise correctement.
Et en cas d’opération ?
Selon la localisation de la fracture, sa gravité, l’âge de la personne et ses habitudes de vie (personne sportive vs personne alitée), une opération chirurgicale peut parfois alors lieu.
Les chirurgien.nes donnent ensuite des consignes précises concernant les suites opératoires.
En général, l’immobilisation est aussi nécessaire 4 à 6 semaine avec une attelle coude au corps telle que présentée ci-dessus. La rééducation est aussi nécessaire selon des modalités similaires.
Les premières semaines suite à la fracture du trochiter
Durant les premières semaines d’immobilisation, la priorité est d’obtenir une bonne consolidation. La meilleure des rééducation est de solliciter le moins possible son épaule, en conservant bien l’attelle.
Il faut cependant limiter l’enraidissement du coude, du poignet et de la main. Lorsque vous avez l’attelle, vous pouvez utiliser vos doigts et les bouger régulièrement, ainsi que la main.
Quittez l’attelle régulièrement dans la journée pour allonger votre bras, dans les conditions décrites précédemment.
Quelques exercices peuvent également être réalisés, présentés dans l’illustration ci-dessous en rouge. Il s’agit de :
plier et tendre le coude. Le bras doit rester immobile le long du corps, seul l’avant bras bouge. Cela se fait bien sûr sans l’attelle, soit en position assise, soit debout. Le bras sain peut être utilisé pour bien immobiliser le bras fracturé, en le plaquant bien contre le torse, main sous l’épaule fracturée.
faire pivoter la paume de la main vers le sol puis vers le ciel, le plus loin possible, coude fléchit. La encore, seul l’avant bras bouge, le bras reste immobile, plaqué contre le corps. Le coude est fléchit. Cela se réalise également debout ou assis.
faire balancer le bras et l’avant bras doucement. Pour cela, prendre appui avec le membre sain sur une table, bien plier les jambes et le tronc. Le but n’est pas de bouger volontairement le membre fracturé, mais de simplement le laisser se balancer, sous l’élan du corps.
Aucun mouvement du membre fracturé ne doit être réalisé. Si cela est trop difficile, laisser simplement le bras pendre, sans le balancer. Il s’agit de l’exercice appelé couramment « pendulaire ».
Tous ces exercices et d’autres peuvent vous être expliqués par votre kinésithérapeute, afin de s’assurer que vous les réalisez correctement, et les adapter en fonction de vos facilités ou difficultés.
Tourner la tête à droite et à gauche et vers le haut et le bas, peut aussi être fait régulièrement, car le rachis cervical est une zone sollicitée et parfois douloureuse à cause du port de l’attelle.
Vous pouvez aussi faire des mouvements de haussement et d’abaissement d’épaule.
Exercices de rééducation dans les suites d’une fracture du trochiter. Ceux précédés d’un chiffre rouge peuvent être réalisés dès les premières semaines, ceux précédés d’un chiffre vert seulement après 4 à 6 semaines. Bien sûr, ces exercices sont à adaptés au cas par cas par les kinésithérapeutes supervisant la rééducation.
4 à 6 semaines après la fracture
Une fois la consolidation acquise ou en bonne voie, l’épaule peut de nouveau être peu à peu sollicitée. Les objectifs de la rééducation après fracture du trochiter sont :
de retrouver une bonne mobilité de l’épaule fracturée, mais aussi des autres articulations qui ont pu être enraidies (coude, poignet, rachis cervical) ;
de retrouver de la force dans l’ensemble du membre supérieur ;
de reprendre toutes les activités de la vie quotidienne, professionnelle, de loisir et sportive nécessitant l’utilisation du bras dont l’épaule a été fracturée.
Pour cela différents exercices peuvent être réalisés quotidiennement en autonomie.
L’important est aussi de reprendre de manière progressive, en surveillant la recrudescence de douleurs, les activités de la vie quotidienne sollicitant l’épaule : se doucher, préparer à manger, s’habiller, faire des activités manuelles, porter, conduire, puis, dans un second temps, reprendre les activités sportives et plus solicitantes pour le membre supérieur comme le port de charges.
Votre kinésithérapeute suit votre rééducation en incorporant petit à petit des exercices pertinents dans votre cas, selon vos objectifs et vos besoins et la façon dont vous arrivez à réaliser les exercices.
L’illustration ci-dessus récapitule quelques exercices souvent pertinents dans les suites d’une fracture du trochiter, une fois passée la période d’immobilisation.
Les exercices peuvent totalement être pratiqués en dehors des séances, seul.
C’est même recommandé : mieux vaut les pratiquer pas longtemps mais souvent (plusieurs fois par jour quelques dizaines de seconde) que 30 minutes 3x par semaine chez les kinés. C’est pour cela que le télé-soin en kiné se prête à la plupart des rééducations après des fractures du bras.
Je suis inquiet à cause de ma fracture du trochiter : quelle récupération ?
Vous venez juste d’avoir le diagnostic d’une fracture du trochiter, et vous êtes très inquiet ? Ou cela fais déjà plusieurs semaines, et vous trouvez que vous ne récupérez pas assez vite ?
Vous avez peur de ne jamais refaire vos activités d’avant (conduire, faire du sport, bricoler, porter des choses lourdes, etc.) ?
C’est une réaction normale d’être inquiet. Vous n’avez jamais connu ça, vous connaissez peut-être même personne à qui c’est déjà arrivé.
Soyez rassuré : les fractures du trochiter sont des fractures de bon pronostic. Vous devriez récupérer 100 % de vos capacités d’avant, ou une proportion proche de 100 %.
Cela peut cependant prendre du temps (souvent au moins 3 à 6 mois, parfois plus), mais vous allez récupérer.
Voici les délais moyens de récupération des personnes que j’ai accompagné :
Activité
Délais de récupération
Utiliser le bras sans l’attelle
4-6 semaines
Se passer d’attelle jour et nuit
6 à 10 semaines
Attraper des choses en hauteur
2-3 mois
Conduire
2-3 mois
Porter des choses lourdes
3-4 mois
Bricoler, faire du sport sollicitant le bras
4-6 mois
Délais de récupération après une fracture du trochiter. Source : mon expérience sur mes patient-es, à défaut de données épidémiologiques publiées dans la littérature scientifique internationale
Les fractures du trochiter sont de bon pronostic et on a beaucoup de recul sur elles
Vous retrouverez très probablement 100 % de vos capacités antérieures
Vous pourrez refaire du sport sollicitant le membre supérieur, du bricolage, conduire, etc.
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture de l’humérus, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Il n’existe pas d’études cliniques comparant l’évolution d’une fracture du trochiter avec et sans rééducation, puisqu’il serait compliqué de proposer à un groupe de patient.e de ne pas du tout bénéficier de séances de rééducation pour ce type de fracture de l’humérus.
Une revue Cochrane explore les différents types de prises en charge des fractures de l’extrémité proximale de l’humérus, dont les fractures du trochiter font partie.
Elle ne permet pas de conclure sur l’intérêt de certains types de prise en charge en rééducation par rapport à d’autres. Handoll & Brorson. Interventions for treating proximal humeral fractures in adults. 2015. Cochrane
Données épidémiologiques sur les fractures du trochiter : Launonen AP, Lepola V, Saranko A, Flinkkilä T, Laitinen M, Mattila VM. Epidemiology of proximal humerus fractures. Arch Osteoporos. 2015;10:209. doi: 10.1007/s11657-015-0209-4. Epub 2015 Feb 13. PMID: 25675881.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Le Ministère de la santé (via la Direction générale de la santé) ainsi que l’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes sont les deux principales instances à avoir émis des avis sur la pertinence ou non de maintenir les soins de kinésithérapie en ambulatoire (c’est-à-dire en cabinet ou à domicile) dans le contexte épidémique actuel.
(Article mis à jour au fur et à mesure de l’évolution de la situation.) Dernière mise à jour : le 6 mai 2020
Séances de kinésithérapie à domicile
Les séances de kinésithérapie à domicile peuvent avoir lieu quelque soit le motif. Des précautions d’hygiène supérieures à celles appliquées habituellement sont prises : port du masque chirurgical.
Précautions pour des séances de kinésithérapie à domicile durant l’épidémie de coronavirus
Les précautions suivantes sont appliquées pour les patient.es encore visité.es pour lesquels il n’y a pas de suspicion d’infection Covid2019 :
port d’un masque chirurgical par moi-même et éventuellement par le ou la patiente si il ou elle en dispose. Le masque peut être conservé pour plusieurs patients à condition de ne pas le garder plus de 4 heures et de ne pas le toucher, selon l’avis de la Société française d’hygiène hospitalière en date du 14 mars 2020. Il doit être jeté si possible dans un sac puis dans des poubelles habituelles, et un lavage des mains doit être effectué après l’avoir jeté ;
lavage des mains au savon ou au gel hydroalcoolique avant et après la séance en limitant au maximum de toucher du mobilier ou tout autre élément du domicile (poignées des portes, chaises, tables, stylos, robinets) ;
changement de la tenue de travail entre deux patients en cas de contact rapproché corps à corps ou de séances ayant entraîné l’expectoration du patient.
Chez les patient.es testés positivement au coronavirus, les précautions supplémentaires sont prises : port d’un masque FFP2, surblouse, visière, sur-chaussures, etc. De plus, la prise en charge est réalisée en fin de journée.
Téléconsultations : consultations à distance en kinésithérapie
Un arrêté du 16 avril 2020 autorise les kinésithérapeutes à pratiquer comme les médecins et d’autres professionnels de santé des téléconsultations, remboursées par l’assurance maladie et les complémentaires santé. Les kinésithérapeutes doivent cependant avoir vu au moins une fois la personne en vrai » afin d’établir un bilan précis.
Les séances peuvent être réalisées uniquement sous prescription d’un médecin pour être remboursées. Elles sont remboursables même s’il n’est pas écrit sur la prescription qu’une réalisation par téléconsultation est possible.
supervision d’exercices après la pose d’une prothèse d’épaule, de hanche ou de genou, dans le but de retrouver force et mobilité ;
rééducation dans les suites d’une chute ayant entrainé une fracture et un traitement orthopédique (par immobilisation) ou chirurgical ;
conseils dans le cadre d’un épisode de lombalgie ou cervicalgie aigüe ;
supervision d’exercices à visée d’entretien général chez des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, de pathologie respiratoire chronique, etc.
Comment se passe la rééducation d’une fracture du col du fémur, notamment chez la personne âgée ? Quel est le temps de consolidation ?
18 % des femmes et 6 % des hommes auront une fracture de la hanche au cours de leur vie ; en d’autres termes : beaucoup de monde, surtout chez les personnes âgées.
La fracture du fémur survient le plus fréquemment à la suite d’une chute. Souvent, une opération est nécessaire.
Dans l’immense majorité des cas, une rééducation s’impose pour ré-arriver à réaliser les gestes du quotidien. Des séances de kinésithérapie sont prescrites.
Voilà les grandes lignes de la prise en charge d’une fracture du fémur chez les personnes âgées de plus de 65 ans.
Je réponds à toutes les questions les plus fréquent-es des patient-es et de leur entourage sur la base de :
👩🏽⚕️ mon expérience de kiné depuis 2009 ;
📚 des recherches approfondies dans la littérature scientifique internationale.
Encore des questions ? Une expérience à relater ? Laissez-les en commentaire, j’y répondrai avec plaisir 🙂.
♻️ Dernière mise à jour : août 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens Amazon affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de fracture, découvrez mon ebook.
Sommaire
Je résume le contenu de cet article résumé au format vidéo
Quels sont les différents types de fractures du col du fémur et de la hanche ?
Le fémur est l’os de la hanche qui se fracture le plus souvent, particulièrement au niveau de son extrémité supérieure (dite proximale), et plus précisément de son col : d’où l’expression fracture du col du fémur, ou fracture du col fémoral.
Mais il y a d’autres localisations possibles en cas de fracture de hanche.
En voici une liste, et ci-dessous un schéma explicatif des différents emplacements de fracture de la hanche au niveau de l’extrémité superieure du fémur :
fracture du col fémoral, ou fracture du col du fémur, ou encore fractures cervicales. Ce sont celles dont on parlera ici ;
fracture acetabulaire ou fracture du cotyle (le cotyle est l’ancien nom de l’acétabulum) ;
fissure du labrum antero superieur hanche ;
félure du col du fémur, fracture du col du fémur engrenée, fissure du labrum antero superieur hanche, sont des variantes de fractures de la hanche.
La rééducation après une fracture du fémur est assez similaire quelque soit la localisation de la fracture (au niveau du col du fémur, du trochanter ou de l’acétabulum). Schéma représentant l’extrémité proximale du fémur dont le col du fémur
La prise en charge sera assez similaire, quelque soit le type de fracture :
une hospitalisation de quelques jours dans un service d’orthopédie et traumatologie ;
une opération chirurgicale ou un traitement orthopédique (c’est-à-dire via une immobilisation partielle ou une mise en décharge partielle ou totale de la jambe un certain temps) ;
un séjour en soin de suite et de réadaptation ou un retour à domicile, dans tous les cas avec au moins quelques séances de rééducation via des séances de kinésithérapie à l’hôpital, puis à domicile, en cabinet ou en centre.
Combien de temps dure l’opération du col du fémur et comment elle se passe ?
La durée de l’opération chirurgicale pour une fracture de l’extrémité proximale du fémur dépend de plusieurs paramètres :
l’âge, les capacités fonctionnelles et les antécédents de la personne opérée, notamment la présence de troubles cognitifs ;
le degré de sévérité de la fracture et son emplacement sur le fémur ;
La durée de l’opération chirurgicale sera d’au minimum 1 heure et peut aller jusqu’à 3 heures environ, parfois plus en cas de fracture complexe. Elle dure en moyenne autour d’1 heure 30.
L’opération pour une fracture de fémur est réalisée sous anesthésie locale (rachianesthésie) ou générale.
Elle a lieu souvent le jour même de la chute ou le lendemain. Elle est réalisée dans un bloc opératoire. Les chirurgien.nes utilisent du matériel spécifique et des biomatériaux qui sont insérés dans le fémur pour que la zone fracturée soit consolidée.
Au réveil, des antalgiques sont administrés le plus souvent par perfusion pour limiter au maximum les douleurs post-opératoires.
Après un passage en salle de réveil, les personnes opérées remontent dans leur chambre en service de traumatologie où elles restent plusieurs jours.
Comment cela se passe en cas de col du fémur cassé inopérable ?
Le plus souvent, les fractures du fémur sont opérées. Parfois, ce n’est pas le cas.
On parle alors de traitement conservateur, ou de traitement orthopédique (s’il y a une immobilisation partielle du membre inférieur à l’aide d’une attelle).
La fracture de hanche est alors non opérée.
Il n’y a pas de critères clairs et unanimes qui permettent de déterminer si une fracture est opérable ou non.
Cela dépend de la localisation de la fracture mais aussi de l’autonomie de la personne âgée ou de la facilité d’accès à du matériel de chirurgie moderne.
Il sera plus facile de ne pas opérer quelqu’un qui ne marchait déjà plus avant la fracture, ou dont l’espérance de vie est très faible à cause d’autres pathologies, ou qui risque de mal supporter l’anesthésie associée à l’opération.
En général, il est tout de même préférable d’opérer une fracture de hanche car :
la durée de séjour à l’hôpital est moins longue ;
la rééducation dans les suites est plus simple et rapide ;
la récupération des capacités fonctionnelles est meilleure ;
il y a moins de risque de déformation du membre inférieur dans les suites.
(Handoll 2008)
Lorsque la décision est prise de ne pas opérer une fracture du fémur, les soins suivants sont administrés :
un traitement antalgique par médicaments per-os (à avaler) ou en perfusion ;
une immobilisation éventuelle partielle du membre inférieur à l’aide d’une attelle et la consigne d’appuyer le moins possible sur le membre inférieur durant 3 à 6 semaines, parfois plus longtemps ;
un séjour de plusieurs jours ou semaines à l’hôpital ;
de la rééducation, en soin de soin ou réadaptation ou à domicile.
Quelle est la durée de l’hospitalisation pour une fracture du fémur ?
Les durées d’hospitalisation varient selon l’âge de la personne, le déroulé de l’intervention, les capacités de récupération de la personne, son lieu de vie et son entourage.
La durée d’hospitalisation pour une fracture du fémur peut ainsi être :
1/ d’environ 5 jours pour une personne relativement jeune, bien portante, qui vit en couple ou avec ses enfants, qui n’a pas de troubles cognitifs, qui a eu une opération avec des suites simples (sans complications), qui habite une maison de plein pied ou un appartement facile d’accès ;
2/ d’environ 10 jours pour une personne qui vit seule, ou qui avait déjà quelques difficultés chez elle, ou dont le logement est moins accessible, ou qui attend une place en soin de suite et réadaptation, ou encore qui a eu quelques complications comme une hémorragie ayant nécessité une transfusion ;
3/ de plusieurs semaines pour une personne avec des troubles cognitifs, ou dont la perte d’autonomie est beaucoup trop importante, et qui n’a pas de place en soin de suite et réadaptation.
Dans les études menées sur le sujet, les durées d’hospitalisation moyenne indiquées sont plus longues.
Il est possible que ce soit justement les personnes moins nombreuses mais qui restent extrêmement longtemps à l’hôpital qui influencent ces moyennes :
Durée d’hospitalisation pour fracture du fémur de 23 jours en moyenne au Royaume-Uni
Durée d’hospitalisation pour fracture du fémur de 15 jours en moyenne en Italie
Durée d’hospitalisation pour fracture du fémur de 6 jours et demi en moyenne aux Etats-Unis
(Verone et Maggi, 2018)
En France, en 1987, la durée d’hospitalisation moyenne pour une fracture du fémur en Picardie était de 21,6 jours (Baudoin 1993). En France en 2009, elle était en moyenne de 12,7 jours (Oberlin et Mouquet, 2011).
Quel est le temps de consolidation d’une fracture du col du fémur ?
Le temps de consolidation de l’os du fémur est d’environ 6 semaines si tout va bien.
C’est pour cela qu’une radio de contrôle est réalisée en général 6-8 semaines après l’opération de la hanche, afin de s’assurer que le matériel est bien en place et qu’un cal osseux, signe d’une bonne consolidation, s’est bien mis en place.
Il faut parfois attendre plusieurs mois avant une consolidation complète. Mais vous pouvez souvent reprendre toutes vos activités avant une consolidation complète !
Quel est le temps de convalescence pour une fracture du fémur ?
Nous avons vu que la durée moyenne d’hospitalisation en France pour une fracture du fémur était actuellement d’une dizaine de jours.
A cela s’ajoutent souvent le temps d’un séjour en soin de suite et réadaptation, aussi appelé centre de rééducation ou encore maison de convalescence.
Le séjour après une fracture du fémur est généralement de plusieurs semaines dans ces lieux : entre 4 semaines et 10 semaines le plus souvent.
Une fois sorti, la convalescence continue encore plusieurs semaines. Après une fracture du fémur, une personne met en général au grand minimum 2 à 3 mois pour retrouver à peu près son niveau d’autonomie antérieure.
Si la kinésithérapie a lieu au domicile, le temps de convalescence est de la même durée. Compter plusieurs semaines et plus souvent 3 mois pour récupérer une distance et une vitesse de marche comme avant la chute, dans le meilleur des cas.
Une synthèse d’études s’intéresse au temps mis pour retrouver son autonomie après une fracture du fémur. (Dyer et al. 2016)
Peut on marcher avec une fracture du col du fémur ?
Ce sont les chirurgien.nes qui examinent les radios après une fracture du fémur et qui déterminent si oui ou non la personne peut appuyer sur son membre inférieur fracturé, ou si elle doit éviter de poser son pied au sol durant plusieurs semaines (au moins 6 semaines, parfois 2 ou 3 mois).
Dans tous les cas, la marche est possible avec une fracture du fémur, et elle est même recommandée. Si l’appui n’est pas possible, la marche doit se faire sans l’appui avec l’aide de 2 cannes béquille ou d’un déambulateur.
Si cela est trop difficile pour des raisons d’équilibre ou de force, alors il est recommandé de simplement se mettre debout plusieurs fois par jour pour conserver l’habitude d’être debout et entretenir sa force.
En cas de prothèse de hanche ou de clou gamma, l’appui est possible la plupart du temps.
A cause de la douleur, il est souvent nécessaire tout de même d’utiliser une aide technique à la marche, au moins les premières semaines : cannes béquilles, cadre de marche ou déambulateur.
En cas d’opération avec une fracture du fémur, la reprise de la marche et de la mobilité de la hanche doit se faire au plus tôt après l’intervention.
Les kinésithérapeutes réalisent un bilan dans les jours qui suivent l’opération ou la chute, afin de personnaliser et adapter la rééducation. Elle consiste le plus souvent en :
une surveillance de la diminution des douleurs liées à l’opération ou à la fracture et des conseils pour limiter leur majoration et favoriser leur diminution ;
une récupération des amplitudes articulaires fonctionnelles de la hanche en flexion, abduction extension, rotation. Cela ne nécessite pas forcément de la mobilisation manuelle mais peut très bien être fait par des exercices actifs y compris debout, qui ont l’avantage de solliciter également la force musculaire et l’autonomisation du patient ;
une récupération de la force musculaire des muscles du membre inférieur ;
un entretien du système cardio-vasculaire pour prévenir les complications post-opératoires et favoriser la reprise au plus vite des activités du quotidien ;
le ré-apprentissage éventuel des transferts, de la marche, de la montée et descente des escaliers et des autres activités du quotidien, malgré la gène liée à la fracture ;
le sevrage progressif des aides techniques à la marche ;
Certaines études sont menées pour voir ses certaines techniques et principes de rééducation sont plus efficaces que d’autres : renforcement musculaire avec électrostimulation du quadriceps, marche sur tapis roulant, utilisant d’électrothérapie pour soulager la douleur, kinésithérapie à domicile, rééducation à domicile longue de plus d’un an, rééducation débutée plus de 2 mois après la fracture, téléconsultations.
A l’heure actuelle, il est difficile de dire s’il est plus pertinent ou non d’utiliser telle ou telle technique de rééducation, ou s’il est mieux de débuter la rééducation dès l’hôpital ou après la sortie.
En revanche, il y a un consensus pour dire que la rééducation est importante et nécessaire après une fracture du fémur.
(Handoll et al. 2011)
La prise en charge rééducative à domicile est aussi en lien avec une qualité de vie plus importante des personnes âgées de plus de 65 ans et une meilleure santé. (Peeters et al. 2016)
Quelle est l’espérance de vie après une fracture du col du fémur ?
Chez les hommes qui ont entre 51 et 60 ans au moment de la fracture, l’espérance de vie est diminuée en moyenne de 7 ans et demi par rapport à des personnes qui n’ont pas eu de fracture du fémur.
Chez les moins de 50 ans, homme ou femme, l’espérance de vie n’est diminuée que de respectivement 4 ans et 6 ans par rapport aux personnes du même âge n’ayant pas eu de fracture.
Chez les hommes et les femmes qui ont plus de 80 ans au moment de la fracture, l’espérance de vie est diminuée de 3 ans en moyenne, par rapport aux hommes et femmes du même âge n’ayant pas eu de fracture du fémur.
Chez celles et ceux qui ont entre 71 et 80 ans au moment de la fracture, les années de vie perdues par rapport aux gens du même âge sans fracture du fémur sont d’environ 5 ans.
(Vestergaard 2009)
Tableau qui montre les années de vie perdues des personnes ayant eu une fracture du fémur par rapport aux personnes du même âge n’en ayant pas eu. L’impact relatif est moins fort chez les femmes que chez les hommes, et chez les personnes jeunes plutôt que âgées. Source : Vestergaard 2009
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture du fémur, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
FAQ
Quel est le temps de consolidation d’une fracture du col du fémur ?
6 semaines le plus souvent, rarement moins, parfois plus. Une radio de contrôle est réalisée en général 6 semaines après la fracture pour connaître l’avancée de la consolidation.
Peut-on marcher avec une fracture du col du fémur ?
Oui le plus souvent. Souvent avec des béquilles ou un déambulateur pour soulager l’appui, au moins quelques semaines.
Quelle est l’espérance de vie après une fracture du col du fémur ?
Les personnes qui ont une fracture du col du fémur ont une espérance de vie moindre que celles et ceux qui n’en ont pas eu (sans que l’on puisse dire que cela soit dû à la fracture ou à d’autres facteurs de confusion). Par exemple, l’espérance de vie est diminuée d’environ 5 ans si elle survient entre les 71 et 80 ans d’une personne.
Comment soigne-t-on une fracture du col du fémur ?
Cela dépend de la fracture, de l’état général de la personne, des habitudes des équipes médicales. Une opération est parfois nécessaire. Sinon, on soulage simplement l’appui quelques temps sur la jambe fracturée.
Quelles sont les conséquences d’une fracture du col du fémur ?
Certaines personnes ne gardent aucune séquelle d’une fracture du col du fémur. Chez d’autres, la marche ou la pratique de certaines activités physiques peut être un peu plus difficile qu’avant.
Ces articles ont été trouvés et sélectionnés à partir des mots clés suivants rentrés dans le moteur de recherche de la Medline : hip fracture and (rehabilitation or exercise or physiotherapy or physical therapy), dernière mise à jour : février 2020. Une requête avec le simple mot clé « hip fracture [ti] » a été réalisée pour les données plus générales sur la fracture de hanche (épidémiologie, types de fracture, opération chirurgicale, espérance de vie).
Handoll HHG, Sherrington C, Mak JCS. Interventions for improving mobility after hip fracture surgery in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 3. Art. No.: CD001704. DOI: 10.1002/14651858.CD001704.pub4.
Dyer SM, Crotty M, Fairhall N, et al. A critical review of the long-term disability outcomes following hip fracture. BMC Geriatr. 2016;16(1):158. Published 2016 Sep 2. doi:10.1186/s12877-016-0332-0
Verone et Maggi. Epidemiology and social costs of hip fracture. Injury. 2018 Volume 49, Issue 8, Pages 1458–1460
Baudoin, C., Fardellone, P., Potard, V. et al. Fractures of the proximal femur in Picardy, France, in 1987. Osteoporosis Int3, 43–49 (1993).
Oberlin et Mouquet. Les modalités de prise en charge des fractures du col du fémur en France de 1998 à 2009. Etudes et résultats N°774, 2011.
Handoll HH, Parker MJ. Conservative versus operative treatment for hip fractures in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2008;(3):CD000337.
Quality of life after hip fracture in the elderly: A systematic literature review. Peeters, Charles M.M. et al. Injury, Volume 47, Issue 7, 1369 – 1382
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Depuis 2006, les kinésithérapeutes peuvent prescrire en France une dizaine de dispositifs médicaux.
Les patient.es sont alors remboursés intégralement par la sécurité sociale et les complémentaires santé, pour les dispositifs figurant sur la liste des produits de santé remboursés.
En 2021, le droit de prescription des kinés s’est étendu, grâce à la loi Rist. Vous découvrirez comment dans cet article.
Je présente dans cet article notamment :
comment doit être rédigée l’ordonnance des kinésithérapeutes
ainsi que la liste des dispositifs que les kinésithérapeutes sont en mesure de prescrire.
Vous pourrez également recevoir gratuitement un modèle éditable au format .doc.
Dernière mise à jour : 10 février 2024 Liens d’intérêt avec le sujet de cet article : aucun. Plus d’infos en mentions légales Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Les kinés peuvent-ils prescrire certaines choses ?
Oui, depuis 2006 en France. La liste complète est ci-dessous.
Les kinés peuvent-ils prescrire des médicaments sous ordonnance ?
Non. Mais des discussions sont en cours pour permettre cela.
Les kinésithérapeutes peuvent-ils faire des arrêts de travail ou des dispenses de sport ?
Non, pas en France.
Les kinés peuvent-ils eux-même renouveler une ordonnance avec un nombre de séance limité ou une durée limitée ?
Oui, depuis la loi Rist de 2021. Dans la limite d’un an à la date de prescription initiale du médecin, et sauf pour les pathologies nécessitant une demande d’accord préalable (DAP). Cependant, le degré d’application de cette loi n’est toujours pas entré en vigueur.
Un résumé de cet article au format vidéo
Quel est le droit de prescription des kinésithérapeutes ?
C’est un arrêté de 2006 qui fixe les conditions de prescription des kinésithérapeutes. L’arrêté fixe aussi les dispositifs médicaux que les kinésithérapeutes peuvent prescrire, dont la liste figure ci-dessous.
La liste n’a pas été mise à jour depuis 2006.
Pour que les patient.es soient remboursés par la sécurité sociale et les mutuelles, il faut que la prescription du kinésithérapeute ait lieu dans le cadre d’un exercice conventionné.
C’est-à-dire que le ou la patiente doit déjà avoir une ordonnance prescrivant des séances de kinésithérapie (sauf dans certains cas : cela s’appelle l’accès direct à la kinésithérapie).
C’est dans le cadre de cette prise en charge, prescrite le plus souvent par un médecin (les kinés ne sont pas des docteurs/médecins), que les kinésithérapeutes peuvent prescrire d’eux-mêmes des dispositifs médicaux.
Les dispositifs peuvent être prescrits par les kinésithérapeutes, sauf si le médecin a indiqué explicitement que le dispositif n’était pas adapté ou nécessaire.
Infographie : les kinésithérapeutes peuvent faire des ordonnances depuis 2006, voilà de quoi et comment.
En avril 2021, une nouvelle loi est publiée au Journal officiel, la loi Rist. Elle informe qu’un rapport sera publié dans les 6 mois après sa publication pour fixer des nouveaux droits de prescription des kinésithérapeutes.
A l’heure actuelle (novembre 2022), ce rapport n’est pas encore paru. Concernant le droit de prescription, la seule chose que change cette loi est la suivante :
Lorsqu’il agit dans un but thérapeutique, le masseur-kinésithérapeute pratique son art sur prescription médicale et peut adapter, sauf indication contraire du médecin, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions médicales initiales d’actes de masso-kinésithérapie datant de moins d’un an
Loi Rist, avril 2021
En d’autres termes : les kinés peuvent prendre en charge leur-es patient-es autant que nécessaire durant un an. Même si l’ordonnance du médecin mentionne un nombre de séances maximal (souvent 5, 10, 20, 25 ou 30 séances), ou une durée maximale de validité (souvent 1, 3 ou 6 mois).
La seule chose qui limite donc actuellement la durée des prises en charge est la demande d’accord préalable (DAP) nécessaire pour certaines pathologies passé un certain nombre de séances.
⚠️ Comme me l’a fait très justement remarqué le kinésithérapeute Roland Rossignol, le décret d’application de cette loi n’est toujours pas paru plus de 2 ans après la parution de la loi à l’heure où l’écris ces mots !
Quels dispositifs médicaux les kinésithérapeutes peuvent prescrire ?
Voici la liste fournie par l’arrêté. En italique figurent des compléments d’informations sur les types de dispositifs rentrant dans les différentes catégories de produits que les kinésithérapeutes peuvent prescrire.
Appareils destinés au soulèvement du malade : potences et soulève-malades : verticalisateurs, guidons de transferts, lève-malades, etc. Dispositifs qui permettent de réaliser des transferts du lit au fauteuil, ou du lit sur une chaise pot, de personnes qui ont des difficultés à les réaliser avec simplement un déambulateur ou une aide humaine.
Ces dispositifs n’empêchent cependant pas les soignants de solliciter autant que possible la participation de la personne en bénéficiant.
Les kinésithérapeutes intervenant à domicile peuvent aussi montrer aux autres professionnels de santé et aides à la personne comment se servir de ces dispositifs tout en sollicitant la participation de la personne.
Matelas d’aide à la prévention d’escarres en mousse de haute résilience type gaufrier. Les matelas à air ou le matelas à mémoire de forme en revanche ne peuvent pas être prescrit par des kinésithérapeutes.
Coussin d’aide à la prévention des escarres en fibres siliconées ou en mousse monobloc. De la même manière que précédemment, les coussins anti-escarres à mémoire de forme ou à aire doivent être prescrits par les médecins et non les kinésithérapeutes.
Ces coussins se mettent le plus souvent dans un fauteuil roulant, ou éventuellement sur un autre type d’assise, en veillant à ce que leur taille corresponde.
Barrières de lits et cerceaux. Les barrières de lit permettent de faciliter les transferts des personnes qui ont des difficultés pour s’asseoir au bord de leur lit. Les cerceaux (ou arceaux) se mettent au pied du lit.
Ils évitent que les draps tombent sur les pieds des personnes alitées. Cela évite l’équin du pied (sa perte d’extension), surtout en cas de chirurgie du membre inférieur ou d’alitement prolongé.
Aide à la déambulation : cannes, béquilles, déambulateur. Il existe différents types de cannes et d’aides techniques à la marche : cannes anglaises ou béquilles, cannes en t, cannes axillaire ou québécoise (pour les personne ayant des fractures des poignets ou avant-bras).
Il existe aussi des déambulateurs sans roue (cadres de marche), avec deux roues ou quatre roues (rollator). Tous peuvent être prescrits par les kinésithérapeutes. En fonction du logement et des besoins des personnes, un type de canne ou de déambulateur peut plus ou moins bien convenir.
Cela n’inclue pas les attelles sur-mesure conçues par des orthoprothésistes.
Attelles souples de correction orthopédique de série. A la différence des précédentes, elles ne maintiennent pas seulement au repos mais tentent d’agir sur des déformations ou des manques d’amplitudes articulaires.
Ceintures de soutien lombaire de série et bandes ceintures de série. Appelées plus souvent ceintures lombaires ou ceintures baleinées.Cela n’inclut pas les correcteurs de posture.
Cela inclut les colliers cervicaux en mousse (pas les minerves).
Bandes et orthèses de contention souple élastique des membres de série. Il s’agit des chaussettes et bas de contention de classe 1, 2 ou 3, ainsi que des bandes anti-oedèmes, typiquement prescrites après une intervention chirurgicale des membres inférieurs, comme une prothèse de genou.
Cela inclue aussi les bandes et contentions pour le membre supérieur, notamment en cas de lymphœdème après cancer du sein.
Sonde ou électrode cutanée périnéale pour électrostimulation neuromusculaire pour le traitement de l’incontinence urinaire.
A noter que si les kinésithérapeutes peuvent prescrire les électrodes, ils ne peuvent cependant pas prescrire en location ou à l’achat les boitiers d’électrostimulation, y compris dans le cas de la rééducation périnéale.
Embouts de cannes. En caoutchouc, ils se détériorent en quelques mois lors d’utilisation quotidienne des cannes en T ou des cannes béquilles, et doivent donc être remplacés pour éviter les chutes et glissades.
Talonnettes avec évidement et amortissantes.
Aide à la fonction respiratoire : débitmètre de pointe. Souvent appelé peak-flow.Surtout prescrit dans le cadre d’asthme ou d’autres pathologies respiratoires restrictives.
Pansements secs ou étanches pour immersion en balnéothérapie
⚠️ Tous ces dispositifs peuvent s’acheter sans ordonnance (genouillères, bas de contention, etc.). En pharmacie, en grande surface, chez un revendeur, peu importe.
Le seul intérêt d’avoir une ordonnance est :
de bénéficier de l’expérience de la personne qui prescrit, qui vous procure le dispositif le plus adapté dans votre cas ;
d’être remboursé par la sécurité sociale et les mutuelles.
Un kiné peut-il prescrire une attelle ? Oui, les attelles font donc partie de la liste des dispositifs qu’un(e) kiné peut prescrire en France. Et qui permet d’être remboursé(e) par la sécurité sociale et les mutuelles, comme si c’était un(e) médecin qui avait prescrit.
Un kiné peut il prescrire un arrêt de travail ?
Les kinésithérapeutes prennent en charge de nombreuses personnes en arrêt de travail. L’arrêt de travail est généralement délivré par le médecin traitant, parfois par un.e chirurgien.ne ou un médecin spécialiste.
Les kinésithérapeutes suivent l’évolution des patient.es plusieurs fois par semaine. Ils constatent souvent en premier les difficultés fonctionnelles des patient.es et l’impossibilité de reprendre la vie professionnelle.
Cependant, les kinésithérapeutes en France ne peuvent pas prescrire d’arrêt de travail, ni les prolonger.
Les kinés peuvent tout de même rédiger des courriers à l’intention des médecins traitant, spécialistes ou chirurgien.nes afin d’appuyer une prolongation d’arrêt de travail, ou au contraire valider la reprise de la vie professionnelle.
En donnant des éléments précis du bilan kinésithérapique, cela peut orienter ou appuyer la décision du corps médical, notamment auprès des services de médecine du travail dont dépend le salarié.
Non, un kiné en France ne peut pas prolonger un arrêt de travail.
Un kiné peut-il faire un arrêt maladie ?
Non, les kinés ne peuvent pas faire d’arrêt maladie. Arrêt maladie est synonyme d’arrêt de travail 🙂
Un kiné peut-il prescrire une radio ?
En France, un(e) kiné ne peut pas prescrire de radio. D’aucune partie du corps.
Les kinés ne peuvent pas non plus réaliser des radiographies : ce sont des manipulateurs et manipulatrices radio qui réalisent cet examen.
Un kiné peut-il prescrire une échographie ?
Non, en France, un kiné ne peut pas prescrire une échographie. Ni aucun autre examen d’imagerie : radio, IRM.
Il ou elle peut par contre rédiger un courrier argumenté pour recommander la réalisation d’une échographie.
Et certain(e)s kinésithérapeutes réalisent des échographies. (Prescrire et faire sont deux choses différentes !)
Un kiné peut-il prescrire une IRM ?
Non, les kinés ne peuvent pas prescrire la réalisation d’IRM en France.
Un kiné peut-il prescrire des anti-inflammatoire ?
Non, en France, un(e) kiné ne peut pas prescrire des anti-inflammatoires.
Les kinés peuvent simplement faire des courriers pour argumenter l’éventuel besoin d’anti-inflammatoires.
C’est différent dans certains pays du monde, où les kinés comme les infirmiers peuvent prescrire certains antalgiques et anti-inflammatoies.
Un kiné peut il prescrire une attelle ?
Oui, les kinés peuvent prescrire une attelle en France. Pour les membres inférieurs comme supérieurs.
Avec cette ordonnance, l’attelle sera remboursée par la sécurité sociale et les mutuelles comm si c’était un(e) médecin qui avait fait l’ordonnance.
Téléchargez un modèle éditable de bilan kiné
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Est-ce qu’un kiné peut faire une infiltration ?
Non, un kiné ne peut pas faire une infiltration.
Seul(e)s les médecins et chirurgien(ne)s le peuvent?
Que doit contenir l’ordonnance type faite par un.e kinésithérapeute ?
Voici ci-dessous des exemples d’ordonnances rédigées par une kinésithérapeute pour différents dispositifs médicaux.
Exemple d’ordonnance type réalisée par une kinésithérapeute, pour la prescription d’un déambulateur 4 roues (rollator). Les encadrés rouges montrent les informations obligatoires, les encadrés oranges et les textes non encadrés les informations facultatives.
Ce modèle d’ordonnance mentionne les informations qui doivent obligatoirement figurer sur la prescription réalisée par les kinésithérapeutes :
l’adresse et numéro d’assurance maladie (N°AM)** du cabinet libéral OU la dénomination, l’adresse et le numéro FINESS*** de l’établissement en cas d’exercice salarié ;
les nom et prénom du patient ;
la date de rédaction de l’ordonnance ;• la signature du kinésithérapeute, obligatoirement réalisée à la main ;
la mention accident du travail, maladie professionnelle ou affection longue durée exonérante le cas échéant ;
le nom du dispositif médical et sa quantité.
Voici un autre modèle d’ordonnance rédigée par une kinésithérapeute, cette fois pour des chaussettes de contention.
Modèle d’ordonnance d’une kinésithérapeute, pour une prescription de chaussettes de contention
Voici un aperçu du document éditable que vous pouvez télécharger gratuitement :
Modèle d’ordonnance de prescription de kinésithérapeute
Combien de temps est valable l’ordonnance faite par un(e) kiné ?
Par défault (sans durée de validité indiquée dessus) une ordonnance pour l’achat ou la location de dispositifs (para)médicaux est valable un an à partir de la date indiquée sur l’ordonnance (généralement, le jour où votre kiné a fait l’ordonnance).
C’est la même durée de validité pour une ordonnance faite par un(e) médecin qu’un(e) kiné ou que tout autre professionnel(le) de santé ayant le droit de prescrire.
Sources : demarches.interieur.gouv.fr
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Il n’existe pas d’enquête de grande ampleur sur la prescription par les kinésithérapeutes en France.
Une étudiante de l’Institut de formation en masso-kinésithérapie de Nancy a réalisé pour son mémoire de fin d’étude une enquête sur le sujet en 2008, soit peu de temps après que les kinésithérapeutes aient eu l’autorisation de prescrire.
Ses résultats ont fait l’objet d’une publication dans Kinésithérapie la revue.
Parmi les 400 kinésithérapeutes libéraux qu’elle a interrogé :
44 % prescrivaient au moins une fois par mois des dispositifs médicaux à leurs patients ;
2 % ne savaient pas que les kinésithérapeutes pouvaient prescrire ;
les dispositifs les plus prescrits étaient : les chaussettes et bas de contention de série, les ceintures de soutien lombaire, les cannes et déambulateurs, les sondes de rééducation périnéale, et les attelles de repos.
Répartition des kinésithérapeutes interrogés en France prescrivant ponctuellement ou régulièrement des dispositifs médicaux. En rouge, les départements où les kinésithérapeutes interrogés prescrivent le plus, en blanc, là ils et elles prescrivent le moins
Y a-t-il des pays où les kinésithérapeutes peuvent prescrire des médicaments ?
Il y a effectivement des régions du monde où les kinésithérapeutes ont plus de libertés qu’en France pour prescrire.
La décision d’étendre le droit de prescription des auxiliaires médicaux (infirmiers, kinés, etc.) est un champs d’étude spécifique. Plusieurs études montrent en effet que le ratio bénéfice/risque d’élargir le champ des prescripteurs est positif sur de nombreux aspects.
Au Royaume-Uni, les kinésithérapeutes peuvent prescrire des médicaments depuis les années 2000 sous supervision médical.
Ils ne peuvent pas prescrire tous les médicaments, mais des antalgiques présentés sur une liste. Les patient.es peuvent alors être remboursés aussi bien que si c’était leur médecin qui avait prescrit le médicament.
Cependant, seule une partie des kinés sont concernés.
On lit parfois que les kinés peuvent prescrire des médicaments dans certaines provinces du Canada.
J’ai fouillé sur les sites des conseils de l’ordre des physiothérapeutes de toutes lesprovinces et je n’ai absolement rien trouvé à ce sujet ! En revanche, dans certains cas, les kinés peuvent prescrire des radios.
Les kinés d’Australie et de Nouvelle Zélande ont aussi un droit de prescription un peu plus étendu.
Source : Prescription medication by physiotherapists: a Brazilian view of the United Kingdom, Canada, Australia and New Zealand. Ciência & Saúde Coletiva. versión impresa ISSN 1413-8123versión On-line ISSN 1678-4561
Sujets qui reviennent toujours dans les discussions entre kinés, j’ai crée notamment deux guides :
Droit de prescription kinés : https://www.ameli.fr/pharmacien/exercice-professionnel/delivrance-produits-sante/droits-prescription/droit-prescription-masseurs-kinesitherapeutes
Mémoire sur les pratiques de prescription des kinés en france : Référence : Le point sur le droit de prescription en kinésithérapie FANNY COIN Kinesitherapie la Revue 2008;(83):14-20. Le mémoire sur la prescription en France par les kinésithérapeutes est également accessible en ligne.
Ce n’est pas la ngap kiné qui fixe le droit de prescription
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous avez peur de tomber (basophobie) ? Après une chute, et d’autant plus si elle est survenue simplement en marchant dans la rue ou les escaliers, on peut souvent avoir peur d’une nouvelle chute.
Cette situation est si fréquente que de nombreuses études cliniques s’intéressent à ce sujet depuis des dizaines d’années.
Voilà un article qui récapitule les connaissances sur la peur de tomber, ses conséquences, la manière de l’évaluer et surtout de la diminuer, notamment par l’exercice physique et la kinésithérapie.
Dernière mise à jour : janvier 2024 Liens d’intérêt avec le sujet : aucun. Déclaration d’intérêts complète en mentions légales Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Sommaire
Comment évaluer la peur de tomber et pourquoi ?
Voilà les situations dans lesquelles il peut être pertinent d’évaluer la peur de tomber, et comment le faire. Ce sont en général les kinésithérapeutes ou les médecins qui l’évaluent.
Pourquoi évaluer la peur de tomber
La peur de tomber survient très souvent après qu’une personne âgée de plus de 65 ans ait chuté. Parfois, cette appréhension peut survenir même en l’absence de chute, par exemple après une altération des capacités de marche ou de l’équilibre.
Les kinésithérapeutes, les médecins ou les gériatres souhaitent parfois évaluer la peur de tomber. En kinésithérapie, cela peut être utile pour :
identifier les situations où la peur de chuter survient pour travailler sur ces situations en rééducation ;
évaluer l’éventuelle efficacité de séances de rééducation sur la peur de chuter, en faisant un comparatif de la peur de la chute avant et après plusieurs séances.
Comment évaluer la peur de tomber
Il existe pour cela de nombreuses échelles et tests, souvent en anglais, parfois traduits en français. La personne qui a peur de tombé doit répondre à certaines questions qu’elle lit sur un formulaire ou qu’un.e professionnel.le de santé lui pose.
Parmi ces différentes échelles d’évaluation de la peur de tomber on peut citer :
la FES-I (Falls Efficacy Scale International) ;
la FES (Falls Efficacy Scale) ;
la FFABQ (Fear of Falling Avoidance Behavioral Questionnaire) ;
la Icon 30 ;
la ABC-scale ;
la short FE ;
la SAFE (Survey of Activities and Fear of Falling in the Elderly).
Des études ont été réalisées pour savoir quelles échelles étaient plus fiables et faciles à réaliser.
C’est la FES-I qui a été le plus étudiée et pour laquelle les résultats sont meilleurs. Il faut entre 5 et 10 minutes pour la faire passer. Elle a été traduite en français.
(Peyronnet et al., 2016)
La voici :
La FES-I, traduite en français, est l’outil le plus évalué, fiable et pratique à utiliser pour évaluer la peur de tomber.
Retour d’expérience sur l’évaluation de la peur de tomber
J’utilise uniquement la FES-I. Je l’utilise chez une personne :
qui me dit spontanément avoir peur de tomber ;
qui a un ou plusieurs facteurs de risque de chute (comme un âge supérieur à 65 ans) ;
qui arrive à marcher sans l’aide de quelqu’un (mais éventuellement avec une aide technique à la marche) sur au moins quelques mètres ;
qui est d’accord pour suivre plusieurs séances de rééducation notamment pour diminuer son risque de chute ou sa peur de tomber.
Très souvent, les personnes ont du mal à bien comprendre l’enjeu du questionnaire : si je ne leur rappelle pas assez (au moins à chaque item, voire plus), elles pensent que je leur demande si elles arrivent à faire ces activités, et non si elles ont peur de tomber pendant ces activités.
Par exemple, pour l’item 5 « aller faire des courses », elles vont répondre 1 « pas du tout », en pensant « pas du tout de difficulté » et non « pas du tout inquiet [de tomber] ».
Je leur rappelle donc à chaque item que l’on évalue la peur de tomber et non leur capacité à réaliser des choses.
Il est important aussi de rappeler qu’on cherche à évaluer leur peur de tomber actuellement, et non il y a quelques mois ou années en arrière (ce que les personnes peuvent avoir tendance à faire).
Je m’en sers surtout pour évaluer les situations dans lesquelles la peur de tomber survient. Le plus souvent, les personnes n’ont pas peur de tomber chez elles.
En revanche, dès qu’elles franchissent le seuil de leur porte d’entrée, la peur survient.
Elles vont donc dire ne pas être inquiète pour toutes les activités d’intérieur comme faire le ménage, la vaisselle, ou encore se lever d’une chaise, mais en revanche vont être inquiètes ou très inquiètes lorsqu’il s’agit d’aller faire des courses, ou de descendre et monter une pente.
Ainsi les séances de rééducation pourront cibler plus spécifiquement ces situations : la marche sur un terrain instable ou pentu, que l’on trouve facilement autour du domicile de la personne le plus souvent.
Elles permettront aussi de planifier progressivement la reprise des activités anxiogènes telles qu’aller faire les courses.
Chez qui survient le plus la peur de la chute ?
Les personnes âgées de plus de 65 ans sont celles qui ont le plus souvent peur de tomber.
La peur de tomber peut survenir chez des personnes qui sont déjà tombées, dès la première chute. Mais elle peut survenir aussi en l’absence de chute.
Par exemple, lorsqu’on a suivit durant près de deux ans des personnes âgées vivant à domicile et n’ayant jamais chuté, on s’est rendu compte :
que 12 à 23 % des personnes suivies au cours des 2 ans allaient développer une peur de tomber même sans être tombée une seule fois durant cette période ;
que 21 à 39 % des personnes suivies au cours des 2 ans qui sont tombées durant la période ont développé une peur de tomber.
Les facteurs de risque de développer la peur de tomber les plus identifiés :
un âge avancé ;
être une femme ;
être déjà tombé au moins une fois.
Certains autres facteurs de risque ont été étudiés, mais on est moins sûr de leur pertinence :
être sujet aux étourdissements ;
s’évaluer en mauvaise santé ;
être dépressif ou anxieux ;
avoir besoin d’une aide technique pour marcher ;
avoir des troubles de l’équilibre.
(Scheffer 2008 ; Rivasi 2019)
Lorsqu’on regarde des personnes atteintes de pathologies particulières telles que la sclérose en plaque, les séquelles de blessures médullaires (personnes paraplégiques ou tétraplégiques), la dystrophie musculaire ou encore les syndromes post-polio, ce sont les personnes qui pratiquent le moins d’activité physique qui développent le plus une peur de tomber. (Matsuda 2019)
Après une fracture de hanche, la peur de tomber est aussi relativement fréquente. Elle survient chez 64 % des patient.es opéré.es après une fracture de hanche à 1 mois après l’intervention, et diminue à 50 % 3 mois après l’intervention. (Kornfield 2017)
La peur de tomber est aussi plus fréquente chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde que chez les personnes du même âge non atteintes (Akyol 2018) ou d’autres maladies chroniques, comme la maladie de Parkinson.
Quelles sont les situations où la peur de tomber est la plus fréquente ?
Il n’existe pas à ma connaissance d’études recensant les situations où les personnes ont le plus peur de tomber. Mon expérience clinique m’a fait constater qu’en général, les personnes qui ont encore la capacité de marcher ont surtout :
peur de tomber en marchant dans la rue ;
peur de tomber dans les escaliers.
Lorsque je fais remplir le FES-I, les personnes disent généralement être pas du tout inquiètes ou peu inquiètes dans des situations telles que faire leur ménage ou s’habiller.
En revanche, lorsqu’on évoque le fait de marcher au milieu de la foule ou simplement de se ballader dans le quartier, elles manifestent tout de suite plus d’inquiétude.
Chez les personnes qui n’ont plus la capacité de marcher, les transferts sont les principaux moments où elles évoquent la peur de tomber. Par exemple lorsqu’il s’agit de s’asseoir au bord du lit avec l’aide de quelqu’un, voire de passer du lit au fauteuil.
La peur de tomber dans la rue, notamment lorsqu’il y a beaucoup de monde, est une des situations où la peur de tomber est la plus décrite et forte.
Quelles sont les conséquences de la peur de la chute ?
Le fait d’avoir peur de tomber est-il vraiment un problème ? Les personnes qui ont peur de tomber ont-elles par exemple plus de risque de tomber, ou font-elles moins de choses ?
Et cela a-t-il un impact sur leur qualité de vie et leur bien-être ? Cela paraît logique. Et plusieurs études qui observent dans le temps l’état de santé physique et mentale des personnes le mettent aussi en évidence.
Les personnes qui ont peur de tomber ont donc plus de risque :
d’avoir une moins bonne qualité de vie (quels que soient les tests qu’on utilise pour évaluer leur qualité de vie) ;
de moins bouger, d’avoir moins d’activité physique, de se déconditionner physiquement ;
de moins sortir et d’avoir moins d’interactions sociales ;
d’avoir un moins bon équilibre debout et en marchant.
La peur de tomber à un réel et fort effet sur la qualité de vie, plus fort que par exemple l’influence de l’âge ou du genre.
(Schoene et al. 2019)
Comment savoir si une personne qui a peur de tomber va effectivement tomber ?
Les personnes qui ont peur de tomber ne vont pas forcément pour autant tomber dans les mois à venir.
Certains indicateurs permettent d’identifier les personnes plus à risque que d’autres. Ces indicateurs peuvent être utilisés de manière positive : si une personne n’a pas un ou plusieurs de ces facteurs de risque, alors cela peut éventuellement renforcer sa confiance en elle.
Dans les plupart des études, ces indicateurs ne permettent pas de dire si la personne qui a peur de tomber va effectivement plus tomber : l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, les capacités d’équilibre et fonctionnelles ou l’indice de masse corporelle.
Un indicateur en revanche prédit le risque de chute : les troubles cognitifs (troubles de mémoire ou de l’attention, par exemple).
Ces troubles sont souvent évalués par le MMS ou le MoCA, ce dernier étant plus pertinent pour les personnes avec peu de troubles. Ce sont particulièrement les capacités visuo-spatiales qui déterminent le risque de chute.
(Langeard et al., 2019)
Apercu du test MoCA. Ce test peut mettre en évidence des troubles cognitifs légers. Si une personne a peur de tomber, il y a plus de risque qu’elle tombe effectivement si elle aussi des troubles cognitifs.
Comment ne plus avoir peur de tomber ? Traitements
Diverses choses peuvent être mises en place pour diminuer la peur de tomber et ses conséquences.
En général, des séances de kinésithérapie sont prescrites pour qu’un.e kinésithérapeute vous aide à mettre en place des choses. La kinésithérapie est dans ce cas prescrite à domicile, ou parfois en cabinet.
Dans les établissements hospitaliers, les maisons de retraite ou les EHPAD en France, ce sont aussi parfois les psychomotricien.nes et les professeurs d’activité physique adaptée qui interviennent.
L’exercice physique utile contre la peur de tomber ?
Plusieurs études ont évalué l’efficacité de l’exercice physique contre la peur de tomber, particulièrement chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Plus de 2 800 personnes ont été inclues dans ces études.
L’exercice physique proposé était planifié, structuré et répété dans le temps (au moins une fois par semaine, plus souvent 2 ou 3 fois voire 5 fois par semaine). Il était donc supervisé par des professionnel.les de santé, en présentiel ou à distance.
Il est effectué en groupe ou seul, avec présence ou non d’un.e intervenant.e. Quand il est réalisé sans intervenant.e, des DVD ou brochures sont fournies.
Quel est l’effet de ces exercices ? Il permet de diminuer de manière faible à modérée la peur de tomber des personnes qui en bénéficient (par rapport à un groupe de personnes similaires qui n’en bénéficient pas).
Cette peur de tomber est diminuée après l’intervention. Si l’intervention qui vise à guider ou superviser l’activité physique s’arrête, il semble que la peur de tomber n’est plus diminuée.
des exercices à visée de renforcement musculaire ;
des exercices ciblant l’endurance ;
des pratiques plus variées telles que la danse.
(Kendrick, 2014)
En France, l’exercice physique chez les personnes âgées est le plus souvent dispensé ou supervisé par :
des kinésithérapeutes ou des professeurs d’activité physique adapté pour des séances collectives, par exemple organisées par des municipalités, des résidences séniors ou des maisons de retraite ;
Les programmes cognitivo-comportementaux contre la peur de tomber
Bien qu’elles soient moins nombreuses, il existe aussi des études qui évaluent l’effet d’autres interventions que l’exercice physique sur la peur de tomber.
Ces interventions utilisent ce qu’on regroupe souvent sous le terme de thérapies cognitivo-comportementales.
Pour mieux comprendre en quoi elles consistent, voici en détail la description d’un de ces programmes à domicile contre la peur de tomber, non centré sur l’activité physique.
En France, ces programmes sont encore peur développés. Cependant certain.es kinésithérapeutes peuvent être formés à ces méthodes et superviser ce type de prise en charge, en groupe ou en individuel.
Description d’un programme cognitivo-comportemental contre la peur de tomber
Lieu : en Hollande, au domicile des personnes.
Bénéficiaires : 141 personnes de plus de 70 ans qui avaient peur de tomber, qui vivaient à leur domicile, qui ne pouvaient pas participer à des séances de groupe et qui pouvaient se déplacer en marchant au moins sur quelques mètres.
Intervenant.es : 8 infirmièr.es ayant de l’expérience en gériatrie et travaillant dans des services d’aides à domicile, et ayant suivi une formation au programme de 2 jours.
Objectifs :
inculquer une vision réaliste du risque de chute ;
augmenter les croyances d’auto-efficacité et le sentiment de contrôle ;
modifier le comportement.
Stratégies mises en place
identifier et restructurer les idées fausses sur les chutes et les risques de chute ;
fixer des objectifs personnels réalistes pour augmenter les niveaux d’activité et les comportements sûrs ;
promouvoir l’adoption d’anciennes et de nouvelles activités de la vie quotidienne qui ont été évitées en raison des inquiétudes liées aux chutes.
Déroulé : 7 séances
3 à domicile d’une durée d’1 heure à 1h15 (avec si possible présence d’une autre personne de l’entourage) ;
4 appels téléphoniques de 35 minutes chacun.
Thèmes abordés lors des séances :
les préoccupations relatives aux chutes ;
les pensées relatives aux chutes ;
l’exercice physique ;
l’affirmation de soi ;
le dépassement des obstacles personnels ;
les comportements sécuritaires ;
la gestion des préoccupations relatives aux chutes.
Déroulé des séances :
Résumé de la séance précédente (sauf pour la première séance)
Discussion sur un des 7 thèmes
Établissement d’un plan d’action personnalisé en lien avec le thème (par exemple, comment mettre en place l’exercice physique, comment améliorer la sécurité à domicile, etc.). Pour la 5ème séance, le but était de guider les personnes pour qu’elles arrivent à réaliser quelque chose qu’elles avaient peur de faire jusqu’à présent à cause de la peur de tomber, comme traverser une route.
Tâches à faire en dehors des séances :
Lire des brochures
Prises de notes sur leurs croyances vis-à-vis des chutes
Mise en place du plan personnel d’action
Visionnage d’une vidéo sur la façon que leurs pairs prennent en charge leur peur de tomber
(Dorresteijn, 2016)
Effet des programmes cognitivo-comportementaux contre la peur de tomber
Quel est l’effet du programme décrit ci-dessus qui s’est déroulé en Hollande ? Les personnes qui ont suivi le programme, 12 mois après, avaient, par rapport à des personnes similaires qui n’en ont pas bénéficié :
moins peur de tomber (la peur de tomber étant évaluée via le test FES-I décrit précédemment) ;
moins chuté à leur domicile (mais pas en extérieur, où les chutes étaient aussi fréquentes) ;
pratiqué plus d’activités.
Il existe d’autres études du même type : une quinzaine, menées sur plus de 3 100 personnes vivant à leur domicile.
Elles montrent que des programmes axés sur de la thérapie cognitivo-comportementale et des entretiens motivationnels diminuent la peur de chuter dans les mois qui suivent l’intervention, souvent jusqu’à 12 mois après la fin de l’intervention.
(Chua et al., 2019)
Comment rassurer une personne qui a peur de tomber ?
Bien sûr, il ne suffit pas de dire à quelqu’un « mais non, vous n’avez pas de risque de tomber » pour que la personne se sente rassurée. D’autant plus que souvent les personnes qui ont peur de tomber sont effectivement à risque de chute.
Les programmes décrits ci-dessus montrent qu’il est cependant possible de diminuer l’appréhension de tomber, à condition d’y consacrer d’y temps et de savoir comment s’y prendre.
Les conseils généraux suivant peuvent être donnés :
prendre le temps d’écouter les appréhensions vis-à-vis des chutes de la personne, en renforçant les pensées positives face à ce qui est chez certaines personnes une phobie ;
mettre en avant ce que la personne arrive à faire, notamment s’il s’agit d’indicateurs protecteurs du risque de chute (par exemple, si elle arrive à tenir l’équilibre unipodal plus de 10 secondes, ou qu’elle se lève d’une chaise, marche 3 mètres puis se rassoit en moins de 20 secondes, ou encore si elle a une vitesse de marche supérieure à 0,6 m.s-1) ;
identifier les situations où elle a peur de tomber et les prendre une par une pour voir ce qu’il est possible de mettre en place pour qu’elle ait moins d’appréhension (par exemple, être accompagnée, utiliser une aide technique à la marche, etc.).
Les personnes qui ont peur de tomber sont aussi souvent les personnes qui jugent leurs capacités comme étant mauvaises (Trevisan 2019).
D’où l’intérêt de chercher à la fois à améliorer objectivement les capacités physiques et fonctionnelles par l’exercice physique, mais aussi à faire prendre conscience aux personnes des capacités qu’elles ont.
L’essentiel sur la peur de tomber
La peur de tomber est fréquente chez les personnes âgées de plus de 65 ans
Les personnes qui ont peur de tomber ont le plus souvent une moindre qualité de vie, notamment parce qu’elles sortent moins et ont moins d’interactions sociales
L’exercice physique et les programmes de thérapie cognitivo-comportementale peuvent diminuer la peur de tomber mais aussi des problèmes associés, comme la fréquence des chutes
Le FES-I est une échelle qui évalue l’intensité de la peur de tomber et surtout peut aider à identifier les situations qui inquiètent le plus pour travailler plus spécifiquement dessus
Encodre des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :
Les études ont été identifiées via la base de donnée Medline, avec la requête suivante : fear of falling [ti]. Dernière mise à jour : février 2020.
Sur l’effet de l’exercice supervisé sur la peur de tomber : Kendrick D, Kumar A, Carpenter H, Zijlstra G, Skelton DA, Cook JR, Stevens Z, Belcher CM, Haworth D, Gawler SJ, Gage H, Masud T, Bowling A, Pearl M, Morris RW, Iliffe S, Delbaere K. Exercise for reducing fear of falling in older people living in the community. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 11. Art. No.: CD009848. DOI: 10.1002/14651858.CD009848.pub2
Sur l’effet des thérapies cognitives sur la peur de tomber : Chua et al. Effectiveness of cognitive behaviour therapy‐based multicomponent interventions on fear of falling among community‐dwelling older adults: A systematic review and meta‐analysis. JAN. 2019 Pour avoir plus de détails sur le contenu des thérapies cognitivo-comportementale contre la peur de tomber : Dorresteijn TA, Zijlstra GA, Ambergen AW, Delbaere K, Vlaeyen JW, Kempen GI. Effectiveness of a home-based cognitive behavioral program to manage concerns about falls in community-dwelling, frail older people: results of a randomized controlled trial [published correction appears in BMC Geriatr. 2016;16:108]. BMC Geriatr. 2016;16:2. Published 2016 Jan 6.
Sur le ressenti des personnes âgées à domicile qui ont peur de tomber : Piot-Ziegler Chantal, Cuttelod Thérèse, Santiago Delefosse Marie, « Définir « la peur de tomber » chez les personnes âgées à domicile. Étude qualitative », Bulletin de psychologie, 2007/6 (Numéro 492), p. 515-525. DOI : 10.3917/bupsy.492.0515.
Sur les échelles d’évaluation de la peur de tomber des personnes âgées : Peyronnet P, Darbois N, Pinsault P. Les échelles d’évaluation de la peur de la chute chez les personnes âgées-Revue systématique de littérature. Université Grenoble-Alpes, 2016
Sur la fréquence, les conséquences et les déterminants de la peur de tomber chez les personnes âgées : Alice C. Scheffer, Marieke J. Schuurmans, Nynke van Dijk, Truus van der Hooft, Sophia E. de Rooij, Fear of falling: measurement strategy, prevalence, risk factors and consequences among older persons, Age and Ageing, Volume 37, Issue 1, January 2008, Pages 19–24
Sur les facteurs prédictifs de chute chez les personnes ayant peur de tomber (et plus précisément sur la meilleure prédiction des indicateurs cognitifs et non moteurs) : Langeard, A., Desjardins-Crépeau, L., Lemay, M. et al. Aging Clin Exp Res (2019). Cognitive performances better identify fallers than mobility assessment among older adults with fear of falling
Sur les facteurs de risque de développer la peur de tomber : Rivasi et al., 2019. Predictors of Incident Fear of Falling in Community-Dwelling Older Adults. JAMDA 2019
Sur les conséquences de la peur de tomber sur la pratique d’activités physiques : Matsuda et al. Relationship Between Fear of Falling and Physical Activity in People Aging With a Disability. PM&R 2019
Le peur de tomber et le syndrome de stress post-traumatique après une opération à cause d’une fracture de la hanche: Kornfield SL, Lenze EJ, Rawson KS. Predictors of Posttraumatic Stress Symptoms and Association with Fear of Falling After Hip Fracture. J Am Geriatr Soc. 2017;65(6):1251–1257.
Sur les relations entre peur de tomber et équilibre : António M. Monteiro, Pedro Forte, Joana Carvalho, Tiago M. Barbosa & Jorge E. Morais (2019) Relationship between fear of falling and balance factors in healthy elderly women: A confirmatory analysis, Journal of Women & Aging
Sur la peur de tomber avant et après la pose d’une prothèse totale de genou : Chen SK, Voaklander D, Perry D, Jones CA. Falls and fear of falling in older adults with total joint arthroplasty: a scoping review. BMC Musculoskelet Disord. 2019;20(1):599. Published 2019 Dec 12. doi:10.1186/s12891-019-2954-9
Sur les facteurs associés à la peur de tomber : Denkinger, Factors Associated with Fear of Falling and Associated Activity Restriction in Community-Dwelling Older Adults: A Systematic Review. The American Journal of Geriatric Psychiatry. 2015
Sur la manière théorique d’expliquer le lien entre la peur de tomber et le fait d’effectivement plus tomber : Young et al. How fear of falling can increase fall-risk in older adults: Applying psychological theory to practical observations. Gait & Posture. 2015
Sur le lien entre qualité de vie et peur de la chute : Schoene D, Heller C, Aung YN, Sieber CC, Kemmler W, Freiberger E. A systematic review on the influence of fear of falling on quality of life in older people: is there a role for falls?. Clin Interv Aging. 2019;14:701–719. Published 2019 Apr 24.
Sur les liens entre peur de tomber et chutes effectives, en fonction du jugement que l’on a de ses capacités : Trevisan et al. Judgment Capacity, Fear of Falling, and the Risk of Falls in Community-Dwelling Older Adults: The Progetto Veneto Anziani Longitudinal Study. Rejuvenation Research. 2019
Sur la peur de tomber en cas de polyarthrite rhumatoïde : Akyol Y, Ulus Y, Tander B, et al. Falls, fear of falling, and associated factors in ambulatory patients with rheumatoid arthritis: A comparative study with healthy controls. Turk J Phys Med Rehabil. 2018;64(3):213–221. Published 2018 Jul 17. doi:10.5606/tftrd.2018.1687
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Pourquoi donner mon avis de kiné sur le Revitive Medic ?
Chez beaucoup des personnes que je visite à domicile, je vois souvent posé à peine déballé dans un coin du salon, un appareil qui m’était inconnu jusqu’au début de mon activité de kiné à domicile : le REVITIVE Medic.
(Édit 2022 : Et ses dérivés et concurrents comme le veno revitalise, circulator WeightWorld, Revitive Essential, Fflow etc.).
Les promesses d’efficacité inscrites sur la boîte de l’appareil sont importantes : « améliore activement la circulation« , « réduit les gonflements des jambes et des pieds« , « soulage les douleurs et les crampes« , etc.
Qu’en est-il vraiment ? Quels sont les avis des client.es et patient.es ? Et ceux du corps médical ?
L’appareil est-il remboursé par la sécurité sociale si on l’achète en pharmacie ou ailleurs ? Enfin, y a-t-il vraiment des études cliniques qui prouvent son efficacité et, si oui, sur quels paramètres ?
Que penser des stimulateurs circulatoires en général ?
Dernière mise à jour : 18 février 2023 Rédigé par Nelly Darbois, kinésithérapeute et rédactrice scientifique
👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêt : certains des liens vers Amazon sont affiliés (y compris ceux renvoyant vers Revitive). Je n’ai aucun lien avec la société commercialisant le Revitive, ni ses concurrents. Déclaration complète de liens financiers en mentions légales.
Sommaire
Le contenu de l’article est synthétisé en vidéo sur Youtube si vous préférez ce type de format
Qu’est-ce que le Revitive Medic ?
Il y a de forte chances que vous ayez déjà entendu parlé de cet appareil : de nombreuses publicités sont diffusées à la télévision, dans les journaux et magasines et sur internet à son sujet.
Il appartient à la catégorie des « stimulateurs circulatoires« . Il s’agit d’appareil électroniques qui s’utilisent sans prescription médicale.
Leur but : améliorer la circulation sanguine, particulièrement dans les pieds et les jambes.
Revitive Medic dans sa boîte, dans le salon d’un de mes patients
Il existe de nombreuses manières d’améliorer la circulation sanguine sans le Revitive Medic de ce type.
Par exemple, le simple fait de marcher, de porter des bas de contention, de faire des mouvements de cheville ou encore de positionner ses pieds en hauteur améliore la circulation sanguine.
Mais alors, quel est l’intérêt du Revitive Medic et des autres appareils coûteux de ce type ? Un prix de plusieurs centaines d’euros est-il justifié ?
Est-ce vraiment mieux d’utiliser cet appareil que d’avoir recours à d’autres moyens plus simples à mettre en place, souvent gratuits ou remboursés par la sécurité sociale ?
Cet article vise justement à répondre à ces questions. Mais pour celles et ceux qui aimeraient une réponse rapide, la voilà :
Il y a bien d’autres moyens moins chers (souvent gratuits) de soulager ses douleurs dans les jambes et réduire les gonflements, tout autant efficaces sinon plus, que le Revitive Medic.
Les pour et contre du Revitive en théorie
Avantages (✅):
Quelque chose à essayer.
Nécessite peu d’investissement de votre part (à part l’achat).
Peu de risque d’effets secondaires graves.
Inconvénients (❌):
Cher.
Peu probable qu’il s’agisse d’un traitement miracle/révolutionnaire.
Allons creuser un peu plus cela !
Avis des consommateurs et du corps médical et paramédical sur le Revitive
Avant d’investir dans ce type d’appareil, on aime souvent se tourner vers les avis des personnes qui l’ont utilisé. On aime aussi souvent se renseigner sur l’avis des médecins et autres professionnels de santé, pour savoir s’il s’agit vraiment de quelque chose de sérieux.
Problème : il y a souvent un tri dans les avis et témoignages auxquels on est exposé.
Les avis positifs, de gens qui n’ont parfois jamais utilisé l’appareil, ou utilisé une seule fois en échange d’un envoi gratuit voire d’une rémunération, sont plus présents sur internet.
Voilà donc des informations plus exhaustives sur les avis des clients et du corps médical sur le Revitive Medic.
À ce jour, il n’existe pas de comparatif ou d’avis de l’UFC que choisir sur le Revitive et les stimulateurs de circulation sanguine.
En revanche, vous trouverez sur le forum de Que choisir des avis plutôt négatifs sur le Revitive.
Lorsque je demande à mes patientes et patients qui possèdent à la maison un Revitive Medic pourquoi ils l’ont acheté, la réponse spontanée est dans 90 % des cas la-même.
Parce que j’ai vu la pub à la télévision.
Mes patient.es qui ont acheté le Revitive Medic
Même mes patient.es qui n’ont aucun des problèmes pour leque le Revitive est théoriquement conçu (douleurs, gonflements, arthrose, problèmes de circulation dans les jambes) ont parfois acheté cet appareil.
Lorsque je demande à mes patient.es ce qu’ils et elles ont pensé de l’appareil, la réponse spontanée est aussi le plus souvent similaire sur le fond :
Ça ne sert à rien sur moi ; sur les autres, je dis pas, mais sur moi, ça ne fait rien du tout, c’est un gadget.
Mes patient.es qui ont acheté et essayé le Revitive Medic
Avis consommateur sur le Revitive Medic
Il est évident que dans les spots publicitaires diffusés à la télévision ou dans des magazines ou la presse, on ne trouve que des avis et témoignages positifs sur le Revitive Medic.
Cela est compréhensible : c’est directement l’entreprise qui développe et vend l’appareil qui en fait la promotion. On s’attend donc à qu’elle ne mette en avant que ses éventuels avantages (même si cela est discutable éthiquement).
Publicité pour le Revitive Medic avec le témoignage d’une actrice et l’argument « sans médicament »
Ce qui est un peu plus surprenant, c’est lorsqu’on trouve des articles de type informatif sur le Revitive Medic.
Là encore, souvent, seuls des avis positifs de consommateurs sont diffusés. Voilà par exemple ce qu’en disent des clients de Revitive Medic dans la revue Notre temps :
Avis des client.es de Revitive Medic sur l’appareil
L’article s’apparente en fait plus à un communiqué de presse : c’est généralement la marque qui envoit ces informations, le journal n’a ensuite plus qu’à les publier. Il ne s’agit pas d’un vrai travail journalistique.
Doit-on dans ce cas apporter du crédit à ces deux témoignages d’utilisatrices du Revitive Medic ?
C’est toujours le même problème : même s’il est possible que ce soit de vrais témoignages, on ne sait rien de leur contexte : combien de temps l’appareil a été utilisé ?
Ces personnes n’ont elles pas reçu gratuitement l’appareil, voire n’ont-elles pas été rémunérées pour donner leur avis et une photo ? Ces différents éléments contextuels peuvent en effet influencer leur avis positivement.
Quand on lit les commentaires de l’article, on voit que les avis sur le Revitive Medic ne sont pas si positifs lorsqu’ils ne sont pas sélectionnés :
Voilà des commentaires laissés anonymement au sujet du circulation booster Revitive Med
Sur un certain nombre de sites, d’autres types d’avis sont laissés. Le plus souvent, ils renvoient vers la boutique Amazon pour acheter l’appareil Revitive Med. Les personnes touchent une commission pour chaque achat de l’appareil, car le lien est affilié.
Là encore, il est normal de trouver des commentaires sur ce « stimulateur de circulation » plutôt positifs.
Mais cela ne signifie pas que des personnes ont vu un effet en utilisant l’appareil : parfois, l’appareil est vanté sans même que des personnes l’aient testé.
Un avis sur l’appareil Revitive Medic sans qu’on soit sûr que la personne témoignant l’ai utilisé. L’auteur du site reçoit de plus une commission pour chaque article commandé par Amazon à partir du lien dans l’article, ce qui peut pousser à laisser des avis positifs sur le « stimulateur de circulation ».
Il est donc difficile de se faire un avis sur le Revitive à partir de témoignages ou d’avis sur internet ou à la télévision. On a plus de chances de tomber sur des avis positifs que négatifs.
Et ces avis positifs sont parfois laissés par des personnes n’ayant même pas testé l’appareil, ou qui n’avaient pas les mêmes attentes que nous.
Que penser alors des avis de notre entourage ?
Là encore, il est difficile de se baser dessus pour savoir si l’appareil a des chances de fonctionner sur nous, mieux que d’autres choses que l’on pourrait mettre en place facilement et gratuitement.
Pourquoi ? Parce que les personnes chez qui le Revivitive Medic n’a pas fonctionné vont avoir tendance à ne pas en parler : pourquoi parler de quelque chose qui ne marche pas ?
Là encore, seuls les témoignages positifs vont nous parvenir.
Malheureusement, ce n’est pas parce qu’une personne a vu du mieux après avoir utilisé le Revitive Medic que l’amélioration de son état de santé est due à l’appareil.
Il y a d’autres choses qui ont pu avoir lieu dans sa vie et qui expliquent l’amélioration :
une plus grande activité physique,
un changement de mode de vie,
la prise d’une médicament ou d’un autre traitement,
ou simplement le fait que ses symptômes fluctuent au cours du temps quoi qu’elle fasse.
Que penser alors des avis des médecins, kinésithérapeutes et autres professionnel(le)s de santé sur le Revitive Medic ?
Les avis du corps médical
Là encore, on va être confronté au même problème avec les avis sur internet des médecins sur le Revitive Medic. Les témoignages positifs sont plus fréquents, car ce sont ceux plus mis en avant par la marque.
Par exemple, sur leur site :
L’avis des médecins (en fait un seul) sur le site de l’entreprise qui développe et commercialise le Revitive Medic
Il est évident que l’entreprise qui vend le dispositif ne vas pas afficher un témoignage d’un médecin sceptique.
Bien que ce témoignage soit présenté comme « l’avis des médecins« , il est en fait celui d’un seul médecin.
Le médecin explique le mécanisme d’action de l’appareil et les symptômes pour lesquels il peut être proposé (et non pour lesquels il est efficace, ce qui est bien différent).
Concernant l’efficacité du dispositif, il dit la chose suivante :
Les personnes âgées souvent peu mobiles peuvent retirer un bénéfice évidence de l’utilisation de Revitive.
Un médecin, Dr Benigni, au sujet du Revitive Medic
Ce que ne dit pas le médecin, c’est par rapport à quoi. Par exemple, si les personnes allongent leur jambe sur un tabouret au lieu de faire une séance de 30 minutes de Revitive, est-ce que le bénéfice de l’appareil est vraiment supérieur que le simple fait de lever les jambes ?
Et surtout, sur quels paramètres le bénéfice est-il si évident ?
Pour répondre à ces questions de manière non biaisée, il faut en fait idéalement non pas regarder ce qu’en disent des personnes prises au hasard ou sélectionnées par la marque, mais regarder les résultats des études cliniques.
Les études cliniques sur le Revitive
J’ai recherché sur le site du fabricant et dans les bases de données médicales toutes les études qui ont testé l’efficacité du Revitive.
Il s’agit bien des études qui visent à évaluer l’efficacité de ce dispositif spécifique : une plateforme sur laquelle on met les pieds, et qui nous les fait bouger sans qu’on ait à bouger, en restant assis.
Le dispositif utilise la stimulation électrique neuromusculaire. Le nom générique en anglais de ce type de dispositif est le suivant : Footplate Neuromuscular Electrical Stimulation.
Il y a seulement 4 études qui ont testé l’efficacité de l’appareil (dernière mise à jour : mars 2023). Elles se sont déroulées sur :
des personnes sans problème de santé particulier âgé.es de 39 ans en moyenne (Varatharajan 2015) ;
des personnes atteintes d’insuffisance veineuse chronique âgées de 62 ans en moyenne (Ravikumar 2017 ; étude pilote et Ravikumar 2021) ;
des personnes atteintes d’artériopathie oblitérante du membre inférieur, souffrant de claudication intermittente (Babber A 2020).
On voit tout de suite que les personnes chez qui le Revitive a été testé ont un profil particulier. Ce sont plutôt des personnes âgées de moins de 65 ans. Pour deux des études, ce sont des personnes qui ont des pathologies particulières.
La plupart des gens qui utilisent le Revitive n’ont pas de point commun avec les gens chez qui l’appareil a été testé. On peut donc tirer peu d’enseignement de ces études, quels que soient leurs résultats.
Cependant, à la demande d’une personne en commentaire, je vais prendre le temps de les décrire et analyser.
L’étude sur les personnes sans problème de santé
Le but de cette étude était de voir ce qui se passait dans la circulation veineuse et artérielle des personnes jeunes et en bonne santé utilisant le Revitive, pendant et tout de suite après 30 minutes d’utilisation en continu.
Qu’a-t-on observé ? Le débit sanguin dans les veines et artères est plus important qu’au repos au bout de 15 minutes de Revitive. Il retrouve par contre tout de suite ses valeurs habituelles dès l’arrêt de l’utilisation.
Mais qu’en est-il si les personnes avaient simplement mis leurs jambes en hauteur, plus haut que le cœur, durant 30 minutes ? Si elles avaient marché, porté des bas de contention ou bougé les chevilles en flexion et extension ?
Peut-être que dans ces situations, leur débit aurait été encore meilleur qu’avec le Revitive. Et dans ce cas-là, il vaudrait mieux privilégier une de ces autres techniques si on souhaitait augmenter le débit sanguin.
Autre source de questionnement : est-ce vraiment utile d’augmenter le débit sanguin ?
Est-ce qu’augmenter le débit sanguin dans ces proportions a des chances de diminuer un œdème ou des douleurs ? Y compris sur des personnes plus âgées ? L’étude ne permet pas de répondre à ces questions.
Enfin, des dires des auteurs même de l’étude, il s’agit seulement d’une étude pilote, conduite sur un nombre insuffisant de patients pour en tirer des conclusions générales :
It had a small sample size so as to obtain preliminary data to see if future clinical trials should be performed.
Varatharajan et al. 2015
Les études sur les personnes souffrant d’insuffisance veineuse chronique
Deux groupes de personnes souffrance d’insuffisance veineuse chronique C2-C4 ont été constitués :
11 personnes faisaient 30 minutes par jour durant 6 semaines du Revitive, elles avaient en moyenne 55 ans ;
11 autres faisaient 30 minutes par jour durant 6 semaines de séance avec un faux Revitive : l’appareil ressemblait esthétiquement au Revitive, mais ne délivrait pas de courant et ne faisaient pas bouger les pieds. Ces personnes restaient donc assises sans bouger pendant 30 minutes. Elles avaient en moyenne 70 ans.
Encore une fois, des dires même des auteurs, il s’agit seulement d’une étude pilote, menée sur un nombre insuffisant de personnes pour en tirer des conclusions générales.
Les chercheurs observaient l’évolution de plusieurs choses :
des paramètres du flux veineux (critère principal) ;
le volume des membres ;
la qualité de vie.
Une seule personne a arrêté l’étude du fait d’un effet secondaire. C’était une personne utilisant le Revitive, qui a eu une rupture d’un kyste poplité.
Les paramètres étaient un peu meilleurs dans le groupe avec Revitive par rapport au groupe qui restait assis statique. Cependant, l’équipe de recherche conclut ainsi :
Larger studies are required todetermine the clinical significance of this in patients with venous disease.
Ravikumar et al. 2017
Traduction : des études de plus grande envergure sont nécessaires pour déterminer la signification clinique de ce phénomène chez les patients atteints de maladie veineuse.
En plus simple : cette étude ne permet pas de dire si le Revitive améliore suffisamment ces paramètres pour que ça ait une répercussion positive pour les personnes qui l’utilisent.
De plus, ne devrait-on pas plutôt comparer le Revitive à un troisième groupe : des personnes qui ne font rien de particulier, vivent leur vie, avec simplement des conseils généraux pour diminuer les œdèmes ?
(Port de chaussettes ou bas de contention, installation en déclive, marcher régulièrement…) Selon moi, les résultats seraient égaux ou supérieurs dans ce groupe.
4 ans plus tard, cette étude a été reconduite en intégrant un nombre plus important de patient-es. Cette fois, 76 personnes ont été réparties en 3 groupes :
un groupe ne faisait rien de particulier ;
un groupe faisait 30 minutes de Revitive par jour ;
un groupe faisait 60 minutes de Revitive par jour.
Une nouvelle fois, toujours du dire même des auteurs, le nombre de personnes dans chaque groupe n’était pas suffisant pour mettre en évidence l’efficacité du Revitive, même si les paramètres des groupes Revitive s’amélioraient plus que les autres.
L’étude sur les personnes souffrant d’artériopathie oblitérante du membre inférieur
Deux choses ont été réalisées :
observer l’effet d’une séance de Revitive chez des personnes avec artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), pendant la séance ;
comparer l’effet de 6 semaines de Revitive utilisé 30 min par jour en plus de séances d’exercices supervisés, par rapport à une prise en charge par exercices supervisés, chez des personnes avec AOMI.
Selon les paramètres regardés, l’utilisation du Revitive n’avait pas forcément d’effet ou n’améliorait pas les choses. Il faut donc regarder le critère principal utilisé par l’équipe de recherche.
Deux critères principaux ont été réalisés (1 aurait été plus pertinent) :
la distance maximale de marche permise malgré l’apparition de la claudication ;
la distance maximale de marche avant apparition des symptômes.
Les paramètres s’améliorent dans les 2 groupes. Seul un de ces deux paramètres est plus amélioré dans le groupe avec Revitive (distance max avant apparition des symptômes).
Le gain est de 33 mètres de plus (40, 4 mètres de plus contre 7,5 mètres de plus).
Il y avait également un nombre insuffisant de patient-es dans l’étude (42 contre 45 nécessaires, selon les calculs réalisés par les auteur-es).
D’autre part, 2 patients ont arrêté l’étude en cours de route dans le groupe avec Revitive, contre 1 seul dans le groupe sans. On ne sait pas pourquoi.
Les rares études (4) conduites sur le Revitive ne permettent pas de dire que l’appareil est efficace pour les pathologies pour lesquelles il a été testé (insuffisance veineuse et artériopathie).
Cela à cause du faible nombre de personnes incluses, de la multiplication des critères d’efficacité pris en compte, ou parce que le Revitive n’était pas comparé aux autres méthodes qu’on sait déjà efficaces (élever les jambes, porter des chaussettes ou bas de contention, etc.).
Le Revitive Medic et l’arthrose de genou
Le Revitive Medic n’a pas été testé pour l’arthrose du genou. De plus, les douleurs liées à l’arthrose du genou n’ont pas une origine circulatoire principalement. Il est donc très peu probable d’obtenir une diminution des douleurs liées à l’arthrose du genou grâce au Revitive Medic.
En revanche, d’autres choses qui ont été testées et sont souvent efficaces peuvent être essayées en cas de gonarthrose du genou, y compris sans médicament :
pratiquer une activité physique régulière et non douloureuse (vélo, marche douce, natation, etc.). Ces exercices peuvent être réalisés seul ou de manière supervisée (par exemple par des kinésithérapeutes), et sont dans ce cas remboursés par la sécurité sociale ;
perdre du poids en cas d’obésité ou de surpoids. Là encore, un accompagnement par des professionnel.les de santé peut vous être proposé et être pris en charge par la sécurité sociale ;
Le site qui vend le Revitive cite plusieurs études. Mais certaines des études citées n’évaluent pas l’efficacité du Revitive ! C’est le cas par exemple pour celle citée pour l’arthrose du genou. Cette étude évalue l’efficacité de l’électrostimulation appliquée autrement qu’avec un stimulateur de circulation ! (Capture d’écran d’août 2021.)
Le Revitive pour les douleurs des pieds et des jambes
Aucune des études menées n’a visé à évaluer l’effet du Revitive sur la douleur. On ne peut donc pas dire en l’état que le Revitive est efficace pour soulager les douleurs des jambes et des pieds ou un syndrome des jambes sans repos.
Les douleurs des pieds et des jambes peuvent avoir des origines très différentes : douleurs d’origine neurologique comme dans la neuropathie diabétique, douleurs liées à un traumatisme, douleurs liées aux séquelles de traumatismes, douleurs liées à des troubles circulatoires, etc.
Seul un examen a minima clinique des causes de ces douleurs peut permettre de trouver des options de traitements spécifiques.
De par son mécanisme d’action, il y a peu de chance que le Revitive Medic soulage mieux les douleurs des pieds et des jambes que le simple fait de surélever les jambes, se dégourdir régulièrement les jambes en faisant quelques pas, ou encore porter des bas de contention pour les personnes qui n’ont pas de contre-indications.
Le Revitive pour les gonflements des pieds et des jambes
La seule étude menée sur des personnes sans pathologie particulière dit en résumé cela : durant une séance de Revitive Medic, la circulation sanguine est effectivement modifiée. Mais cela cesse dès qu’on arrête l’appareil.
Cette étude ne compare cependant pas l’effet du Revitive au fait de simplement marcher, porter des bas de contention, ou encore mettre ses pieds en hauteur. Il est probable que ces alternatives soient tout autant efficaces sinon plus pour diminuer les œdèmes des pieds et des jambes.
La question du remboursement par la sécurité sociale du Revitive Medic revient souvent. Il n’y a aucun remboursement possible de l’appareil : ni par la sécurité sociale, ni par les mutuelles. Ni en location, ni à l’achat.
L’appareil est présent sur le marché depuis plusieurs années. Il y a donc peu de chance qu’il soit remboursé un jour.
Si vous avez acheté l’appareil et que vous êtes déçu, vous pourrez seulement le revendre d’occasion pour être remboursé. Malheureusement, vous ne serez pas les seul(le)s.
Au jour où j’écris ces lignes, il n’y a pas moins de 276 appareils Revitive à vendre sur LeBoncoin, ce qui illustre d’ailleurs probablement de manière indirecte que beaucoup de personnes sont déçues après l’avoir utilisé.
Revitive Medic : aucun remboursement par la sécurité sociale ou les mutuelles n’est possible.
Revitive en pharmacie remboursement
C’est valable aussi si vous acheter votre Revitive en pharmacie : il n’y a pas de remboursement en pharmacie ni nulle part ailleurs pour le Revitive. Ni pour d’autres stimulateurs de circulation.
Revitive Médic : contre-indication
Voici les contre-indications formulées par la marque qui développe et commercialise le Revitive Medic. Cela signifie qu’il est recommandé de ne pas utiliser l’appareil si vous avez un ou plusieurs des problèmes, traitements, état de santé ou dispositifs suivants :
pace-maker, AICD (défibrillateur cardiaque automatique) ou autre implant électronique ;
traitement ou symptôme d’une TVP (thrombose veineuse profonde, aussi appelée phlébite) ;
grossesse ;
plaie cutanée ouverte de la peau du pied sans pansement ;
saignement au niveau des pieds ;
infection au niveau du pied, y compris inflammation de la peau (cellulite). Plus précisément, la contre-indication est formulée ainsi : « Vous ne devez utiliser ni les stimulateurs circulatoires Revitive Medic Plus, Revitive Medic Coach, Revitive Medic Genou, Revitive ProSanté, Revitive Essential (…) sur ou près des parties du corps suivantes : (…) Tissu infecté (y compris une cellulite – inflammation de la peau)« .
Si vous avez le moindre doute concernant une contre-indication qui s’appliquerait à vous, je vois deux attitudes à adopter :
soit vous vous abstenez d’utiliser le Revitive. Compte-tenu de l’incertitude sur son efficacité et du risque même minime à l’utiliser, ainsi que du coût si vous n’avez pas encore acheté l’appareil, la balance bénéfice-risque peut vous sembler défavorable ;
soit vous demandez à votre médecin traitant ou kinésithérapeute qui vous suit son avis sur l’intérêt et les contre-indication à utiliser dans votre cas le Revitive.
Les contre-indications à utiliser le Revitive Medic sont assez nombreuses : pace-maker, phlébite, TVP, AICD, grossesse, infection au niveau du pied, etc.
Revitive : quels effets secondaires ?
Est-ce que les études menées sur le Revitive ou les stimulateurs de circulation en général reportent des effets secondaires possibles ?
Déjà, il faut savoir qu’elles n’abordent pas forcément le sujet. Leur présentation ne dit pas forcément si les effets secondaires / indésirables ont été relevés de manière très fiable, et comment.
Par exemple, dans l’étude de Ravikumar 2021, on trouve simplement cette phrase : « Aucun effet indésirable n’a été signalé chez les patients participant à cet essai. ».
Ce n’est pas spécifique aux études sur ce sujet, mais un problème plus général du système de publication scientifique.
Il est probable donc :
qu’ont sous-estime les effets secondaires de l’utilisation d’un stimulateur de circulation ;
mais que ces effets secondaires soient relativement rares / bénins.
En effet, ces dispositifs sont très souvent utilisés. Nous serions très probablement au courant s’il existait un risque d’effet indésirable grave et relativement fréquent.
Une étude (Baron, 2022) se focalise plus sur la sécurité des appareils utilisant la stimulation électrique neuromusculaire au niveau des muscles fessiers. Mais ne dit pas non plus comment elle s’est assurée du report des éventuels effets secondaires.
Les principaux effets secondaires possibles du Revitive sont des douleurs ou une gêne liée à l’utilisation, qui cède probablement rapidement.
Il n’y a pas de nombre de fois maximum à l’utiliser par jour. Faites comme vous le sentez !
Il n’y a pas de risque à trop l’utiliser à partir du moment où on n’a pas de contre-indications à l’utiliser. L’idée est bien sûr d’adapter à votre ressenti.
Faut-il penser la même chose de tous les stimulateurs de circulation ?
Il existe d’autres « stimulateurs de circulation » (circulation booster en anglais) que le Revitiv Medic, bien qu’il soit sans doute le plus connu et répandu. Tous ont à peu près le même discours, les mêmes caractéristiques et les mêmes promesses :
soulager beaucoup de chose (des douleurs, des gonflements, des troubles de la circulation, etc.) ;
sans aucun effort ;
sans être remboursés par la sécurité sociale, et en coûtant plusieurs centaines d’euros.
Quand un appareil (ou un thérapeute, une substance) possède ces 3 caractéristiques, il faut a priori être très sceptique quant à son efficacité.
Bien qu’il puisse y avoir des exceptions (comme pour les appareils à ionophorèse, bien que les séances de ionophorèse soient remboursées), un appareil à prétention thérapeutique ou même simplement antalgique qui n’est pas remboursé par la sécurité sociale ni en location ni à l’achat a peu de chance d’être efficace.
Il n’y aucune autre étude que celles mentionnées plus haut sur les stimulateurs de circulation.
Il est donc raisonnable de penser la même chose des différents appareils « stimulateurs de circulation » : il y a d’autres choses faciles, gratuites ou remboursées, sans médicaments, et efficaces, à mettre en place.
Il y de nombreuses choses qu’il est possible de mettre en place au lieu d’investir dans du matériel coûteux qui n’a pas fait les preuves de son efficacité.
Tout dépend cependant de son objectif personnel :
soulager les douleurs,
diminuer son œdème des jambes,
arriver à mieux marcher, etc.
Et des éventuelles pathologies que l’on a (neuropathie diabétique, insuffisance veineuse chronique, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, arthrose du genou, etc.).
Chaque pathologie nécessite une prise en charge spécifique. Surtout, il peut y avoir des contre-indications à certaines des techniques. Le mieux est donc de demander l’avis de son médecin traitant, kinésithérapeute ou autre professionnel de santé.
Quelques conseils généraux peuvent tout de même être donnés de manière générale contre les douleurs et œdèmes des jambes liées à des troubles de la circulation sanguine.
Pratiquer plusieurs fois par semaine des activités qui activent le retour veineux, telles que la marche ou le vélo.
Porter des chaussettes ou bas de contention, à condition de ne pas avoir de contre-indication telle que l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (article à venir).
Surélever les pieds la nuit dans son lit de 10-15 cm et les mettre régulièrement la journée en hauteur lorsqu’on est en position assise plus d’un quart d’heure.
Réaliser des mouvements simples du pied et de la cheville lorsqu’on reste longtemps en position assise.
Bien sûr il ne s’agit pas de méthodes miracles révolutionnaires pour venir à bout de tout problème de circulation. Mais elles ont le mérite d’être relativement faciles à mettre en place, et d’être gratuites (les bas et chaussettes de contention sont remboursés en cas de pathologie les nécessitant).
ℹ️ Savez-vous par exemple que l’activité physique est autant efficace que la prise d’anti-inflammatoire contre les douleurs de genou liées à l’arthrose ?
Différents stimulateurs de circulation : moins cher que le Revitive
Revitive Médic est de loin le « stimulateur de circulation » qui bénéficie d’une plus grande publicité, et que je retrouve le plus chez mes patient(e)s. Cette publicité, notamment télévisuelle, a un coût.
Et ce coût ce répercute sur le prix de vente (plus de 300 euros) !
Comme il y a eu beaucoup d’intérêt pour le Revitive, de nombreux produits concurrents sont dorénavant disponibles. Et certains bien moins chers.
Problème : comment être sûr qu’il s’agit d’un vendeur « sérieux » ?
Si après tout ce que j’ai dit au sujet des stimulateurs de circulation vous a tout de même donné envie de les utiliser, j’ai identifié pour vous les appareils qui répondaient le mieux à ces 4 critères :
prix considérablement moins élevé que le revitive (plus de 200 euros de moins) ;
même technologie que le Revitive et même simplicité d’utilisation ;
bons avis / retours clients ;
vendeur joignable et réactif ;
possibilité d’être remboursé si insatisfait dans les 30 jours.
J’espère avec cet article vous avoir été utile ! Si vous avez une expérience à partger ou des questions, un espace commentaire est prévu à cet effet en bas d’article 🙂.
Il existe de nombreux témoignages négatifs sur le Revitive Medic, même s’ils sont moins mis en avant
L’efficacité du Revitive Medic et des autres stimulateurs de circulation n’a jamais été testée sur les douleurs ou les gonflements des pieds et des jambes
Il y a des choses à faire qui ont plus de chances de fonctionner en cas de douleurs ou d’œdème des jambes : mettre ses pieds en hauteur, marcher plus souvent, porter des bas de contention, bouger régulièrement, etc.
Si vous souhaitez tout de même utiliser un stimulateur de circulation, il en existe de bien moins chers (voir sur Amazon ou Leboncoin).
📕 Sources des études cités 📕
Ravikumar R, Lane TR, Babber A, Onida S, Davies AH. A randomised controlled trial of neuromuscular stimulation in non-operative venous disease improves clinical and symptomatic status. Phlebology. 2021;36(4):290-302. doi:10.1177/0268355520968640
Babber A, Ravikumar R, Onida S, Lane TRA, Davies AH. Effect of footplate neuromuscular electrical stimulation on functional and quality-of-life parameters in patients with peripheral artery disease: pilot, and subsequent randomized clinical trial. Br J Surg. 2020 Mar;107(4):355-363. doi: 10.1002/bjs.11398. Epub 2020 Jan 7. PMID: 31912491.
Ravikumar R, Williams KJ, Babber A, Lane TRA, Moore HM, Davies AH. Randomised Controlled Trial: Potential Benefit of a Footplate Neuromuscular Electrical Stimulation Device in Patients with Chronic Venous Disease. Eur J Vasc Endovasc Surg. 2017 Jan;53(1):114-121. doi: 10.1016/j.ejvs.2016.09.015. Epub 2016 Dec 2. PMID: 27919609.
Varatharajan L, Williams K, Moore H, Davies AH. The effect of footplate neuromuscular electrical stimulation on venous and arterial haemodynamics. Phlebology. 2015 Oct;30(9):648-50. doi: 10.1177/0268355514542682. Epub 2014 Jul 4. PMID: 24997200.
Baron MV, Silva PE, Koepp J, Urbanetto JS, Santamaria AFM, Dos Santos MP, de Mello Pinto MV, Brandenburg C, Reinheimer IC, Carvalho S, Wagner MB, Miliou T, Poli-de-Figueiredo CE, Pinheiro da Costa BE. Efficacy and safety of neuromuscular electrical stimulation in the prevention of pressure injuries in critically ill patients: a randomized controlled trial. Ann Intensive Care. 2022 Jun 13;12(1):53. doi: 10.1186/s13613-022-01029-1. PMID: 35695996; PMCID: PMC9188909.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Entre 2015 et 2020, j’ai donné un cours sur la thérapie miroir (après AVC ou autre) à l’école de kinésithérapie de Grenoble.
Cette technique est intéressante à connaître car elle est simple à mettre en place même en toute autonomie en dehors de séances de kinésithérapie ou d’ergothérapie.
Voici les bénéfices que l’on peut attendre de la thérapie miroir après un AVC et le protocole qu’il est possible de mettre en place en cas d’hémiplégie.
Dernière mise à jour : novembre 2023 Liens d’intérêt : liens Amazon affiliés. Voir mentions légales pour en savoir plus. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Sommaire
Le contenu de cet article en version vidéo. La vidéo est un peu moins approfondie, mais évoque aussi les effets de la thérapie miroir sur d’autres pathologies (douleurs du membre fantôme après amputation, paralysie cérébrale, syndrome douloureux régional complexe (SDRC) ou algoneurodystrophie)
Thérapie miroir : c’est quoi et quand l’utiliser après un AVC ?
Lorsque je donne un cours aux étudiant.es kiné sur la thérapie miroir, j’aime leur présenter à partir d’une vidéo de Dr House dans laquelle il l’utilise.
Il l’utilise non pas sur une personne hémiplégique suite à un AVC, mais sur une personne amputée.
Comme on s’y attends dans une série, l’effet provoqué par la thérapie miroir est incroyable : en à peine une séance et mêmes quelques secondes, le patient du Dr House est instantanément soulagé complètement de terribles douleurs de son membre amputé (dit membre fantôme).
Alors que ces douleurs duraient depuis des années, à une intensité inimaginable.
Séance de thérapie miroir avec Dr House, pour des douleurs du membre fantôme
La vidéo a tout de même le mérite de présenter quelques aspects véridiques de la thérapie miroir.
Elle est facile en mettre en place : il suffit de disposer d’un miroir. Il peut s’agit d’un miroir sur pied ou même d’un film adhésif miroir collé par exemple sur un grand carton.
Le but est d’observer le reflet de son membre sain dans le miroir. Par exemple, la main gauche ou la jambe gauche pour une hémiplégie du côté droit. Des mouvements peuvent être réalisés par ce membre sain.
La thérapie miroir permet effectivement de diminuer des douleurs chez une personne après un AVC (bien que de manière moins importante et instantanée que dans la vidéo), mais a un effet aussi sur d’autres problématiques rencontrées en cas d’hémiplégie, comme la perte de force ou de fonctionnalité d’un bras, ou l’aisance à la marche.
Dans la vraie vie, la thérapie miroir est souvent pratiquée lors de séances de kinésithérapie ou d’ergothérapie.
Les kinésithérapeutes ou ergothérapeutes proposent de mettre en place cette technique au côté d’autres au cours de la rééducation après un AVC.
Les personnes pratiquent ensuite au cours des séances de kinésithérapie ou d’ergothérapie ou en dehors en toute autonomie.
La thérapie miroir se réalise à l’aide d’un miroir sur pied ou d’un miroir adhésif collé sur un carton. Il suffit de regarder le reflet dans le miroir de son bras ou de sa jambe du côté dans hémiplégie.
Effets et intérêts de la thérapie miroir après un AVC
Nous allons maintenant voir quels effets on peut attendre de la thérapie miroir après un AVC et de manière générale quels sont les avantages de cette technique pour la rééducation d’une hémiplégie.
Sur quoi la thérapie miroir est efficace après un AVC ?
Plusieurs dizaines d’études ont été menées depuis la fin des années 90 sur les effets de la thérapie miroir après un AVC.
Des personnes atteintes d’hémiplégie du membre supérieur ou inférieur droit ou gauche suivaient dans ces études des séances de thérapie miroir en plus des séances de rééducation habituelle en ergothérapie et kinésithérapie.
Leur récupération était comparée à celle de personnes avec la même rééducation mais sans thérapie miroir.
Dans certaines études, on a même fait pratiquer une thérapie miroir dite « placebo » aux victimes d’un AVC, c’est-à-dire que le miroir était caché par un tissu : il n’y avait donc pas de reflet du membre sain à observer.
Que nous permettent de dire ces études sur l’effet de la thérapie miroir après un AVC ? La thérapie miroir permet :
améliore la motricité des bras et des jambes (c’est-à-dire la possibilité de les bouger soi-même) ;
rend plus facile les activités de la vie quotidienne (comme s’habiller ou se brosser les dents) ;
diminue la douleur liées à l’hémiplégie, surtout dans le cas d’un syndrome douloureux régional complexe ou syndrome épaule-main ;
améliore l’équilibre ;
améliore la vitesse de marche et la longueur des pas ;
augmente la mobilité passive de cheville.
La thérapie miroir n’a cependant pas d’effet sur :
la spasticité ;
l’extensibilité des muscles de la cheville ;
l’héminégligence visuo-spatiale ;
la cadence à la marche et la hauteur des pas.
Rare sont les études qui mentionnent des effets secondaires.
Lorsque c’est le cas, ces effets secondaires ont lieu sur peu de patients, sont mineurs et passent tout seul. Il s’agit de sensations sensitives dans le membre hémiplégique, tels que des fourmis.
Est-ce que la thérapie miroir a un effet même à distance de l’AVC ? Cela n’est pas certain.
La récupération d’un AVC est maximale les premiers mois suivant l’accident vasculaire cérébral. C’est donc durant cette phase que la thérapie miroir doit être mise en place, idéalement.
Elle peut même être débutée dès les premiers jours après l’AVC, à l’hôpital, en centre de rééducation ou une fois revenu à domicile.
La thérapie miroir a été testée sur différents paramètres après un AVC. En voici une présentation synthétique qui s’appuie sur les résultats des dernières revues systématiques et méta-analyses.
Les avantages et limites de la thérapie miroir en cas d’hémiplégie
On l’a vu, la thérapie miroir a un effet étayé empiriquement sur plusieurs paramètres après un AVC, en présence ou non d’une hémiplégie.
Voici donc ses principaux avantages :
elle a un effet sur plusieurs paramètres après un AVC ;
elle nécessite peu de matériel, et le matériel est peu coûteux. Vous pouvez utiliser n’importe quel miroir mobile d’au moins 20cm sur 20 cm (idéalement plus). Ou acheter une boite spécifiquement dédiée qui coûte quelques dizaines d’euros ;
elle peut être réalisée en plus de la rééducation en kinésithérapie et ergothérapie, en toute autonomie ;
les effets secondaires sont rares et minimes.
Boîte de thérapie miroir (un miroir « maison » mobile fait aussi très bien l’affaire) ⭐⭐⭐⭐ 24 avis
elle ne peut pas être réalisée chez des personnes avec des troubles cognitifs, qui ne comprendraient pas la consigne de bien regarder le reflet de leur membre sain ;
il peut être difficile de trouver la motivation pour réaliser plusieurs fois par semaine des séances d’environ 20 minutes.
Pour ma part, il s’agit d’une technique que je propose à tout.es mes patientes et patients après un AVC qui ont des limitations au membre inférieur ou supérieur.
Certain.es adhèrent, d’autres non. Dans tous les cas, il s’agit d’une technique qu’ils et elles réalisent en autonomie, en plus de la rééducation en ma présence.
La thérapie miroir après un AVC améliore la motricité du bras et de la jambe, les douleurs et la marche. Elle ne coûte pas cher et peut être fait en plus des séances de kinésithérapie et ergothérapie.
Protocole de la thérapie miroir en cas d’hémiplégie
Qu’on soit kinésithérapeute, ergothérapeute ou patient.e, on cherche souvent un protocole précis à respecter pour réaliser la thérapie miroir en cas d’hémiplégie.
Bien qu’il existe des grandes lignes à respecter pour optimiser l’efficacité de la thérapie miroir, le mieux est d’adapter le protocole en fonction des objectifs de rééducation que l’on souhaite privilégier et bien sûr du temps que l’on est prêt.e à consacrer à la thérapie miroir.
Par exemple, pour une personne qui a des séquelles surtout au niveau du bras gauche, et qui marche bien sans aide technique, il va être plus intéressant de pratiquer la thérapie miroir pour le bras gauche. Il faudra donc que la personne observe le reflet de son bras droit (sain) dans le miroir.
Réaliser unbilan avec les kinésithérapeutes ou ergothérapeutes qui suivent la rééducation de l’AVC avant d’entreprendre la thérapie miroir est pertinent.
Cela permettra d’objectiver par exemple le niveau actuel de motricité, de douleur ou encore d’aisance dans les activités de la vie quotidienne.
En cas d’amélioration de ces paramètres dans les semaines qui suivent la mise en place de la thérapie miroir, cela pourra encourager à continuer. En l’absence de progrès, peut-être vaudra-t-il mieux s’orienter vers autre chose.
Protocole pour la thérapie miroir en cas d’hémiplégie : utiliser un GRAND miroir. Ici, le miroir utilisé est trop petit si l’on souhaite optimiser l’effet de la thérapie miroir sur la récupération après un AVC.
Quelles sont donc les grandes ligne d’un protocole de la thérapie miroir en cas d’hémiplégie ?
Des séances suffisamment fréquentes : réaliser des séances de thérapie miroir 5 fois par semaine, durant 20 à 30 minutes, pendant au moins 4 semaines. Il peut y avoir cependant un peu plus de fléxibilité en termes de fréquence et durée des séances.
On a en effet constaté que dans les études conduites sur la thérapie miroir après un AVC, les personnes utilisant un grand et large miroir récupéraient mieux. Il est possible d’acheter par exemple du film adhésif miroir pour une dizaine d’euros (par internet ou dans un magasin de bricolage) que l’on colle sur un grand carton de récupération.
La réalisation de mouvement du bras, de la jambe, de main ou du pied que du côté sain. Le mieux est de se concentrer que sur lui et pas sur le côté hémiplégique.
La réalisation de mouvements sans utiliser d’objets à saisir dans la main ou sur lesquels prendre appui.
Exemple d’exercice à faire pour les adultes ou enfants, pour le membre supérieur. Cet article fait aussi bouger le membre pathologique. Ce n’est pas ce qui est le plus recommandé, mais si cela motive plus la personne à tester la thérapie miroir, cela peut être un compromis.
Thérapie miroir par réalité virtuelle ou robotique
Avez-vous déjà entendu parlé de la thérapie miroir par réalité virtuelle, voire même via des robots ou des exo-squelettes ?
C’est fort probable, puisque les entreprises et start-up qui développent ce type de dispositifs communiquent beaucoup à ce sujet.
L’idée est assez simple : réaliser la thérapie miroir non pas avec l’aide d’un vrai et simple miroir, mais en utilisant des dispositifs sophistiqués.
Un des nombreux dispositifs de thérapie miroir par réalité virtuelle, comme souvent utilisé non pas par une personne après un AVC mais par une personne sans pathologie.
Le but selon celles et ceux qui développent ces dispositifs ? Proposer des situations plus ludiques, travailler différemment et plus efficacement, etc. Pourtant, ces dispositifs ont des écueils évidents :
ils ne permettent pas le travail en autonomie au domicile des patient.es ;
ils nécessitent un temps d’apprentissage plus important ;
surtout, malgré un coût de fabrication et d’utilisation beaucoup plus important (la réalité virtuelle coûte a minima plusieurs centaines d’euros, les robots plusieurs dizaines de milliers d’euros), ils ne sont pas plus efficaces pour mieux récupérer après un AVC.
Thérapie miroir par exo-squelette : pas d’intérêt après un AVC par rapport à la thérapie miroir avec un simple miroir.
Plusieurs dizaines de publications existent sur le sujet de ces thérapies miroir seconde génération.
J’ai co-réalisé en 2018 une synthèse de toutes ces études, afin de savoir si ces formes de thérapie miroir avaient réellement un intérêt. Voilà une partie de la conclusion à laquelle nous arrivons dans cet article que nous avons publié dans une revue internationale de rééducation :
It is not relevant to recommend investment by rehabilitation professionals and institutions in such devices. It does not seem reasonable to develop new devices given the costs, time, and resources required, but rather to assess existing devices with well-conducted randomized controlled trials, especially in the case of public funding.
Il n’est pas pertinent de recommander l’investissement des professionnels de la rééducation et des institutions dans ces dispositifs de thérapie miroir. Il ne semble pas raisonnable de développer de nouveaux dispositifs étant donné le coût, le temps et les ressources requises, mais il serait plutôt pertinent d’évaluer l’efficacité de ces dispositifs par des essais contrôlés randomisés, particulièrement dans le cas de financement public.
Darbois et al., 2018
En d’autres termes, il n’y a pas d’intérêt à se tourner vers la thérapie miroir par réalité virtuelle ou robot. Un simple miroir utilisé dans les conditions décrites précédemment suffit amplement.
La thérapie miroir à l’aide de la réalité virtuelle ou de robot coûte cher, est plus difficile à mettre en place et n’est pas plus efficace que l’utilisation d’un simple miroir.
Encore des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :
Publications identifiées via la base de donnée de la Medline, avec les mots clés suivants : mirror therapy stroke. Dernière mise à jour de la recherche bibliographique : février 2020.
Sur l’effet de la thérapie miroir sur la récupération motrice après un AVC : Thieme H, Morkisch N, Mehrholz J, et al. Mirror therapy for improving motor function after stroke. Cochrane Database Syst Rev. 2018;7(7):CD008449. Published 2018 Jul 11. doi:10.1002/14651858.CD008449.pub3
Sur l’effet de thérapie miroir après un AVC sur le membre inférieur et la marche : Broderick et al., Mirror therapy for improving lower limb motor function and mobility after stroke: A systematic review and meta-analysis. Gait & Posture. Volume 63, June 2018, Pages 208-220
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
La Ravoire est une des communes du bassin chambérien les plus fournies en kinésithérapeutes. Cependant des personnes ont tout de même parfois du mal à trouver des kinésithérapeutes pour réaliser des séances, particulièrement à domicile. Voilà plus d’informations pour y remédier !
Dernière mise à jour : juin 2023
Sommaire
Liste et coordonnées des kinés à La Ravoire
J’essaie de mettre à jour cette liste aussi souvent que possible ! Si vous voyez une erreur, un oubli, laissez un commentaire sous l’article, et je mettrai à jour ces informations 🙂 !
Kinésithérapie à votre domicile sur Féjaz uniquement : Albin Guillaud. Tel : 07 83 35 28 21. Présentation
Cabinet de kiné : Collomb Clerc Vivien. La, 50 All. Jacques Prévert. Tel : 0635362349
Cabinet de kiné de Drewniak Nicolas et autres kinés. Adresse : 896 rue des belledonnes. Tel : 0479720183
Cabinet de kiné de Catherine Michellier. Adresse : 3 rue du Villard. Tel : 0479700098
Présence des kinésithérapeutes sur le bassin chambérien
Comme expliqué dans cet article consacré à la présence des kinésithérapeutes à Saint-Alban Leysse, de nombreux cantons de Savoie comportent un nombre important de kinésithérapeutes par rapport au nombre d’habitants et de médecins généralistes présents. Autour de Chambéry, plusieurs zones font parti de zones dites très dotées ou sur-dotées. C’est-à-dire que le nombre de kinésithérapeutes est considéré comme trop important par rapport aux besoins de santé des personnes résident sur cette commune.
Dans la pratique, certaines personnes ont souvent tout de même des difficultés pour trouver des kinésithérapeutes pour des séances en cabinet ou à domicile. Chambéry même est d’ailleurs une zone intermédiaire, c’est-à-dire qu’il n’y a ni trop ni pas assez de kinésithérapeutes selon les indicateurs utilisés.
Démographie des kinésithérapie sur le bassin chambérien. Bleu = zone sur-dotée, vert= trop dôtée, blanc = intermédiaire, orange = sous dotée. Source : C@rtoSanté
Autour de Chambéry, les communes de Chartreuse sont sous-dotées en kinésithérapeutes, tandis que les Bauges sont en zone intermédiaire. Le sud et le nord de Chambéry sont en zone sur-dotées, et le centre de Chambéry et les communes de Cognin, Saint-Alban Leysse et Bassens sont elles en zone intermédiaire (ni trop ni pas assez de kinés).
Combien de kinésithérapeutes y a-t-il à La Ravoire ?
La Ravoire est donc en théorie en zone sur-dotée, comme le montre la carte ci-dessus et ci-dessous.
Démographie en kinésithérapeutes à La Ravoire : selon les statistiques de 2019, il y avait 10 kinésithérapeutes sur La Ravoire, la commune comportant 8019 habitants selon le dernier recensement en date. Source : URPS MK ARA, enquête GéoSanté
Le nombre de kinésithérapeutes en activité à un temps T évolue cependant constamment. La meilleure façon de trouver la liste à jour des kinésithérapeutes en exercice à La Ravoire est de consulter l’annuaire proposé par l’Assurance Maladie.
Vous pouvez choisir de renseigner la commune et le type de professionnel.le de santé. Une liste apparaît alors, mis à jour dès que de nouveaux ou nouvelles kinésithérapeutes demandent à être conventionné.es. Cela signifie que tou.tes les kinésithérapeutes pour lesquels les prises en charge sont remboursées par l’assurance maladie et les complémentaires santé sont recensés dans cette liste.
Les résultats apparaissent sous forme de carte et de liste. On peut alors voir qu’à ce jour (le 29 janvier 2020), 9 kinésithérapeutes sont en activité sur la commune de La Ravoire.
Concernant la kinésithérapie à domicile, d’autres kinésithérapeutes interviennent à La Ravoire sans que leur adresse professionnelle soit présente sur la commune. Ces professionnel.les n’apparaissent donc pas dans l’annuaire pour la ville de La Ravoire.
Comment trouver un.e kinésithérapeute à La Ravoire ?
Il y a plusieurs façons de procéder pour trouver par internet un.e kinésithérapeute à La Ravoire. En utilisant le site de l’assurance maladie, vous aurez à disposition la liste la plus à jour des praticien.nes de cette zone. Une carte vous permet de repérer celui ou celle qui est le ou la plus proche de votre domicile ou de votre lieu de travail, ou qui est plus facile d’accès. L’annuaire n’indique cependant pas si le ou la kinésithérapeute exerce exclusivement en cabinet, ou en cabinet et à domicile, ou à domicile exclusivement.
Carte des kinésithérapeutes à La Ravoire proposée par l’Assurance Maladie
Pour avoir des informations plus précises sur les kinésithérapeutes présent.es à La Ravoire, il est possible d’utiliser Google Maps. Taper « kinésithérapeute La Ravoire« . Il est possible que les informations apparaissant soient un peu moins à jour que celles présentes sur le site de l’Assurance Maladie. En revanche, elles sont souvent plus complètes.
Vous pouvez souvent ainsi voir s’il s’agit :
de cabinets de groupe ou individuels ;
de kinésithérapeutes à domicile ou en cabinet exclusivement.
Vous pourrez aussi avoir plus d’informations sur :
les horaires et jours d’ouvertures ;
le matériel spécifique éventuellement à disposition ;
les prises en charge assurées et leurs modalités.
Ces informations ne sont cependant pas forcément présentes pour tous les kinésithérapeutes. De plus, Google Maps fait parfois apparaître des praticiens qui ne sont pas des kinésithérapeutes ni même des professionnel.les de santé.
Si vous avez des besoins précis, précisez votre recherche avec des mots clés comme : « kiné respiratoire La Ravoire » ou « kiné à domicile La Ravoire« . Vous aurez ainsi plus de chance d’identifier un.e kinésithérapeute qui pourra vous prendre en charge en cas de besoin spécifique. Cet autre article pourrait également vous aider à trouver un.e kinésithérapeute qui se déplace à domicile.
Résultat de la requête « kiné la ravoire » sur Google Maps. Il est possible que s’affichent aussi des praticien.nes qui ne sont en réalité ni kinésithérapeute ni professionnel.le de santé.
Vous cherchez un kinésithérapeute sur une autre commune adjacente à La Ravoire ? Ces articles devraient vous intéresser :
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
En cas d’insuffisance cardiaque, on est plus vite essoufflé, des douleurs aux jambes à l’effort viennent plus facilement, et on peut être gêné dans des activités du quotidien.
En plus de la prise de médicaments et du suivi médical, des séances de kinésithérapie et surtout la pratique d’un exercice physique régulier a un effet bénéfique.
Parfois, les personnes sont aussi en demande d’un traitement naturel de la défaillance cardiaque ; nous les passerons donc aussi en revue, en gardant en tête que l’exercice physique est de loin le traitement non médicamenteux le plus efficace en cas d’insuffisance cardiaque.
♻️ Dernière mise à jour : mars 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien directeavec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Sommaire
Insuffisance ou défaillance cardiaque : de quoi parlons-nous ?
L’insuffisance cardiaque est aussi appelée défaillance cardiaque en français. Cette maladie chronique survient lorsque le cœur n’arrive plus à assez bien pomper de sang pour délivrer de l’oxygène aux différents organes et parties du corps. Elle survient surtout chez les personnes âgées et touche environ 10 % des personnes de plus de 70 ans en France.
Différents symptômes résultent de cette insuffisance cardiaque : essoufflement à l’effort et même au repos (aussi appelé dyspnée), œdèmes, et fatigue générale sont souvent les principaux. Les personnes insuffisantes cardiaques sont souvent suivies par un.e cardiologue en plus de leur médecin traitant.
Il existe différents traitements de l’insuffisance cardiaque, qui ont pour objectif de :
soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie ;
augmenter l’espérance de vie ;
diminuer la fréquence d’épisodes de décompensation cardiaque, qui nécessitent souvent une hospitalisation.
Les traitements sont le plus souvent médicamenteux et non médicamenteux. Cet article fait le point sur les traitements non médicamenteux de l’insuffisance cardiaque, et particulièrement sur l’effet de l’exercice physique, qu’il soit pratiqué en autonomie ou sous supervision par des kinésithérapeutes.
Le cœur ne délivre pas bien de l’oxygène aux différents organes lorsqu’on est atteint d’insuffisance (ou défaillance) cardiaque. Les traitements sont médicamenteux et non médicamenteux.
Insuffisance cardiaque et exercice physique
Lorsqu’on est insuffisant cardiaque, l’alitement strict n’est pas du tout recommandé. A l’inverse, mieux vaut rester autant actif ou active que son état le permet. C’est pour cela qu’en France comme dans de nombreux pays, la pratique d’un exercice physique régulier est recommandé. Pourquoi et comment ? Voici les réponses à ces questions.
Quels sont les effets de l’exercice physique sur l’insuffisant cardiaque ?
Des dizaines d’études ont été menées chez plusieurs milliers de personnes atteintes d’insuffisance cardiaque pour étudier l’effet de l’exercice physique sur la maladie, ses symptômes et d’autres paramètres. Le plus souvent, ces études se sont déroulées :
à l’hôpital ou en centre de rééducation / réadaptation cardio-vasculaire ;
chez des personnes âgées de moins de 65 ans ;
sur des hommes plutôt que sur des femmes ;
sur 2 groupes de personnes : 1 avec une prise en charge standard (supervision et traitement médical, conseils hygiéno-diététiques, éducation thérapeutique éventuelle) et 1 avec la même prise en charge à laquelle on ajoute de l’exercice physique, souvent supervisée par des kinésithérapeutes, et éventuellement de l’éducation thérapeutique.
Est-ce que les personnes des groupes avec exercice physique vont mieux ? Oui, au moins sur les paramètres suivants :
moins d’hospitalisation (quel que soit le motif) ;
moins d’hospitalisation à cause d’une décompensation cardiaque ;
meilleure qualité de vie.
Par exemple, sur 1 000 personnes insuffisantes cardiaques suivies pendant 6 à 12 mois :
237 seront hospitalisées durant cette période si elles ne font pas d’exercice physique ;
seulement 166 seront hospitalisées sur la même période si elles font de l’exercice physique.
L’exercice physique ne semble cependant pas augmenter l’espérance de vie à court terme, sur les 12 mois qui suivent la prise en charge. Il n’est en tout cas délétère sur l’espérance de vie.
Les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque qui pratiquent de l’exercice physique ont moins de risque d’être hospitalisées et ont une meilleure qualité de vie.
Quel type d’exercice physique et à quelle fréquence ?
Il n’y a pas assez d’études pour pouvoir déterminer avec précision le type et la fréquence d’exercices le plus pertinent en cas d’insuffisance cardiaque. L’intérêt de l’intervention d’un.e kinésithérapeute réside en l’adaptation des exercices par rapport aux capacités et aux envies de la personne insuffisante cardiaque. Bien sûr, une personne âgée de plus de 80 ans atteinte d’insuffisance cardiaque à un stade terminal et sous oxygène en continu ne réalisera pas la même fréquence et intensité d’exercices qu’une personnes de 40 ans avec un début d’insuffisance cardiaque.
Les exercices physiques sont généralement pratiqués :
2 à 5 fois par semaine ;
durant 20 à 40 minutes ;
à une intensité faible à modérée (c’est-à-dire avec un essoufflement à peine augmenté par rapport à l’état de repos ; on doit pouvoir parler tout en réalisant l’activité) ;
sur au moins 6 semaines, généralement plusieurs mois voire à vie.
Le type d’exercice varie beaucoup selon les capacités de la personne, ses envies et le lieu de la réalisation. On peut citer par exemple :
des exercices fonctionnels sans matériel : assis-debout répétés depuis une chaise, exercices d’équilibre debout, mouvements des bras et des jambes contre pesanteur, etc.
la marche sur terrain plat, voire en pente. La marche est bénéfique même si le périmètre est de seulement quelques mètres, comme c’est régulièrement le cas chez les personnes insuffisantes cardiaques, âgées et ayant d’autres pathologies associées. Un déambulateur 2 roues ou 4 roues peut aider aux déplacements, les kinésithérapeutes peuvent réaliser une ordonnance pour un achat afin qu’il soit intégralement remboursé ;
le vélo d’appartement ;
la nage ou les exercices de fitness dans l’eau.
Privilégier de la marche ou des exercices fonctionnels 2 à 5 fois par semaine avec un essoufflement à peine augmenté par rapport au repos.
Privilégier la rééducation en centre, en cabinet ou à la kinésithérapie à domicile ?
On constate cependant que seulement 20 % des personnes insuffisantes cardiaque en Europe et aux États-Unis suivent ces programmes de réhabilitation cardiaque. C’est pour cela que sont de plus en plus proposées des alternatives à la réhabilitation cardiaque, comme :
de la kinésithérapie à domicile basée principalement sur la réalisation d’exercices physiques supervisés ;
le développement de nouvelles technologies et d’applications pour encourager l’auto-réadaptation cardiaque.
La demande des patient.es est souvent de rentrer au plus tôt à leur domicile après une décompensation cardiaque. De plus, la rééducation à domicile peut permettre d’identifier plus facilement les exercices adaptés qu’il est possible de faire sur le long terme, sans matériel spécifique. Une synthèse d’études s’est récemment intéressée à l’effet de la réhabilitation cardiaque à domicile par rapport à la réhabilitation en centre de rééducation, et par rapport à la prise en charge sans aucune réhabilitation. Sa conclusion est la suivante :
La réhabilitation cardiaque en centre de rééducation et à domicile améliore certains paramètres cardiaques, mais seule la réhabilitation cardiaque à domicile améliore aussi la qualité de vie.
Imran et al., 2019
La réhabilitation cardiaque en centre est pratiquée par une minorité d’insuffisants cardiaques. La rééducation à domicile est une bonne alternative, qui peut avoir un meilleur impact sur la qualité de vie.
En France, un dispositif existe pour faciliter le retour à domicile des personnes insuffisantes cardiaques. Il s’agit du dispositif PRADO. Un livret est à disposition du patient et centralise les informations des différents professionnel.les de santé qui le suivent. Aucune place n’est cependant conçue pour le suivi de la réhabilitation cardiaque et de la réalisation d’exercice physique supervisé, notamment par les kinésithérapeutes, comme l’a relevé la Fédération des médecins de France sur son article consacré au dispositif PRADO en cas d’insuffisance cardiaque.
A quoi dois-je faire attention durant l’exercice physique ?
L’exercice physique doit être pratiqué à une intensité faible ou modérée. Il ne faut pas être trop essoufflé en le réalisant, ou se sentir extrêmement fatigué. Il faut pouvoir par exemple tenir une conversation. Il n’est pas indispensable de contrôler sa saturation en oxygène avec un saturomètre durant l’exercice.
L’exercice physique peut être réalisé tout en conservant l’apport en oxygène avec des lunettes pour les personnes qui en ont la journée en continu.
Ces signes doivent conduire à lever le pied et appeler son médecin traitant, qu’ils surviennent au cours de la pratique d’un exercice physique ou à distance.
Si au cours de la pratique d’un exercice physique, un essoufflement trop important, un étourdissement, des nausées, des sueurs froides ou une douleur thoracique est ressentie, il faut interrompre immédiatement l’activité, s’asseoir ou s’allonger et appeler un médecin si la gène ne cesse pas dès la mise au repos.
Parfois, des prises de sang régulières sont réalisées chez la personne insuffisance cardiaque notamment pour évaluer et le dosage en NT-proBNP (nom complet en anglais : N-terminal pro–B-type natriuretic peptide). Un taux supérieur aux normes chez une personne déjà traitée pour une insuffisance cardiaque n’est pas une contre-indication à la pratique de l’exercice physique.
L’exercice physique chez l’insuffisant cardiaque ne doit pas déclencher d’essoufflement trop important, de nausées, de sueurs froides, d’étourdissement ou de douleur thoracique.
Pourquoi l’exercice physique est efficace sur l’insuffisance cardiaque ?
De nombreux mécanismes peuvent expliquer les effets positifs de l’exercice physique sur les personnes insuffisantes cardiaques :
le cœur arrive mieux à apporter du sang aux muscles, car le cœur se contracte mieux ;
les vaisseaux sanguins des muscles se vasodilatent mieux, le sang y circule mieux ;
le tonus du nerf vague (qui a un rôle important pour le cœur) est meilleur.
L’exercice physique permet au cœur de mieux se contracter.
Insuffisance cardiaque et traitement naturel
Pourquoi parler de traitement naturel sur un site consacré à la rééducation et à la kinésithérapie à domicile ? Tout simplement car lorsqu’on prend en charge des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque, la question des traitements et remèdes naturels qui peuvent être pris en parallèle des médicaments et de la kinésithérapie revient souvent.
Je me tiens donc régulièrement au courant sur le sujet en consultant les études et surtout synthèses d’études qui sortent sur l’insuffisance cardiaque et la consommation de certaines substances qualifiées souvent de « naturelles », ou sur d’autres thérapies alternatives et complémentaires.
Dans les études internationales, on constate cependant que moins de 1 % des insuffisants cardiaques ont recours à ce type de remèdes naturels. Ce qui est bien moins fréquent par exemple que le recours à un traitement naturel dans la maladie de Parkison.
Insuffisance cardiaque et herbes médicinales chinoises
La consommation d’herbe issues de la médecine dite chinoise est le traitement naturel le plus utilisé chez les personnes avec insuffisance cardiaque. Bien qu’une minorité de patient.es y est recourt. Quel est son effet sur la maladie et ses symptômes ?
C’est l’effet de la plante shengmai qui a été le plus étudié. Ses effets ont été étudiés sur des paramètres strictement liées aux capacités du cœur, et non par exemple sur l’espérance de vie. Ses effets pourraient être positifs, mais les études réalisées comportent des risques de biais élevés.
A noter que la consommation d’herbes issues de la médecine chinoise en cas d’insuffisance cardiaque, bien que souvent qualifié de traitement naturel, n’est pas sans risque potentiel. En effet, selon une étude menée sur des personnes avec des maladies cardio-vasculaires, 1 personne sur 22 atteintes d’insuffisance cardiaque et consommant des herbes médicinales a diminué ou interrompu la prise de ses médicaments. Or, les médicaments de l’insuffisance cardiaque, testés sur des milliers de personnes, ont un réel effet sur les symptômes de la maladie mais permettent aussi de ralentir la progression de la maladie et d’augmenter l’espérance de vie. De plus, 1,21 % des personnes consommant l’herbe Shengmai ont eu des effets indésirables qui ont conduit certain.es à arrêter le traitement.
De plus, si une substance contenu dans des plantes était vraiment significativement efficace, elle serait utilisée comme substance active dans des traitements médicamenteux.
Les herbes médicinales pourraient avoir un effet positif sur certains paramètres cardiaques, bien que les études soient de qualité insuffisante. Il y a des effets secondaires associés.
Insuffisance cardiaque et acupuncture
L’acupuncture est une pratique qui repose sur des principes de fonctionnement non prouvés et non vraisemblables : l’existence de fluides énergétique qui circuleraient dans le corps, à travers des méridiens.
L’acupuncture a été testée sur des personnes insuffisantes cardiaques. Cependant, les études menées comportent un risque de biais trop important pour qu’on puisse dire qu’elle est efficace ou recommander son utilisation.
L’acupuncture n’est pas efficace pour traiter l’insuffisance cardiaque ou ses symptômes.
L’acupuncture, tout comme la consommation d’herbes médicinales, ont été testées chez les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. L’acupuncture n’est pas efficace sur la maladie et ses symptômes. Les herbes montrent parfois un effet sur des paramètres cardiaques très précis, mais les études sont à risque de biais élevé, et des effets secondaires existent.
Insuffisance cardiaque, relaxation, méditation et sophrologie
Il est raisonnable de penser que des stratégies cognitivo-comportementales permettent de soulager certains symptômes de l’insuffisance cardiaque. Le stress émotionnel est en effet un des facteurs de risque de l’insuffisance cardiaque, et ces techniques cherchent à le diminuer.
Lorsque des études sont menées sur le sujet, la moitié d’entre-elles montrent que la relaxation, la méditation et l’imagerie guidéediminuent l’essoufflement et les difficultés de sommeil des personnes insuffisantes cardiaques. Sur quelques patient.es, cela a aussi un effet sur le douleur et la fatigue.
La sophrologie est parfois aussi proposée aux personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. Le centre de rééducation du Zander à Aix les bains en Savoie propose par exemple des séances de sophrologie dans son programme de réhabilitation cardiaque. La sophrologie repose cependant sur des concepts non prouvés, tels que l’existence d’énergies et de niveaux supérieurs de conscience. Son effet sur les personnes insuffisantes cardiaques n’a jamais été testée cliniquement. De plus, c’est une pratique utilisée quasi-uniquement en France.
La méditation et la relaxation peuvent diminuer l’essoufflement et les difficultés de sommeil des personnes insuffisantes cardiaques.
L’alimentation et l’exercice : les meilleurs traitements naturels
Rappelons-le : les traitements non médicamenteux (et donc en quelque sorte naturels) les plus étudiés et les plus efficaces en cas d’insuffisance cardiaque sont :
la pratique d’exercice physique ;
l’arrêt de la consommation de tabac ;
l’adoption d’un régime alimentaire équilibré (sans excès de sel et de matière grasse) et éventuellement la perte de poids selon l’indice de masse corporelle ;
L’exercice physique régulier et supervisé, en centre ou à domicile, diminue le risque d’hospitalisation et augmente la qualité de vie des personnes insuffisantes cardiaque
L’exercice physique en cas d’insuffisance cardiaque peut être pratiqué même chez les personnes âgées avec un faible périmètre de marche
La relaxation et la méditation peuvent soulager certains symptômes de l’insuffisance cardiaque, mais pas l’acupuncture et la sophrologie ou d’autres thérapies alternatives et complémentaires.
Encore des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :
Références trouvées via une requête sur la base de donnée de la Medline avec les mots clés suivants : heart failure [ti] and (physiotherapy [ti] or home [ti] or rehabilitation [ti] or physical therapy [ti] or training [ti] or exercise [ti]). Dernière mise à jour : janvier 2020
Sur l’intérêt de la réadaptation cardiaque chez l’adulte atteint d’insuffisance cardiaque : Cochrane Database of Systematic Reviews. Réadaptation cardiaque à l’effort pour adultes atteints d’insuffisance cardiaque. 29 Janvier 2019
Sur l’effet de la rééducation à domicile en cas d’insuffisance cardiaque vs une prise en charge en centre ou mixte : Imran HM, Baig M, Erqou S, et al. Home-Based Cardiac Rehabilitation Alone and Hybrid With Center-Based Cardiac Rehabilitation in Heart Failure: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Am Heart Assoc. 2019;8(16):e012779. doi:10.1161/JAHA.119.012779
Sur l’aptitude à la marche des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque : Doherty P, Harrison AS, Hossain R. Determinants of walking fitness in patients with heart failure attending cardiac rehabilitation [published correction appears in Open Heart. 2019 May 10;6(1):e000866corr1]. Open Heart. 2019;6(1):e000866.
Références trouvées via une requête sur la base de donnée de la Medline avec les mots clés suivants : heart failure [ti] and (herbal medicine [ti] or complementary and alternative medicine [ti] or acupuncture [ti] or meditation [ti]). Dernière mise à jour : janvier 2020
Sur l’effet de la médecine chinoise herbale (et notamment du Shengmai) en plus du traitement conventionnel de l’insuffisance cardiaque : Wang J, Yang R, Zhang F, et al. The Effect of Chinese Herbal Medicine on Quality of Life and Exercise Tolerance in Heart Failure With Preserved Ejection Fraction: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Front Physiol. 2018;9:1420. Published 2018 Oct 26. doi:10.3389/fphys.2018.01420 | Cochrane 2014 Shengmai (remède traditionnel chinois à base de plantes) pour le traitement de l’insuffisance cardiaque
Sur l’effet de l’acupuncture sur l’insuffisance cardiaque : LeeH et al. Acupuncture for heart failure: A systematic review of clinical studies. Int J Cardiol. 2016 Nov 1;222:321-331.
Sur les risques associés à la consommation d’herbes issues de la médecine chinoise en cas d’insuffisance cardiaque : Dal Corso E et al. Nurse educational activity on non-prescription therapies in patients with chronic heart failure.
Sur le recours aux médecines alternatives et complémentaires en cas de pathologie cardio-vasculaire : Gloria Y Yeh et al. Use of Complementary Therapies in Patients With Cardiovascular Disease. The American Journal of Cardiology. Volume 98, Issue 5, 1 September 2006, Pages 673-680
Sur l’effet de la méditation, de la relaxation, des stratégies cognitivo-comportementales en cas d’insuffisance cardiaque : Kwekkeboom KL, Bratzke LC. A Systematic Review of Relaxation, Meditation, and Guided Imagery Strategies for Symptom Management in Heart Failure. J Cardiovasc Nurs. 2016;31(5):457–468. doi:10.1097/JCN.0000000000000274
Sur l’effet de la méditation sur l’insuffisance cardiaque : Viveiros et al. Meditation interventions among heart failure patients: An integrative review. 2019. European Journal of Cardiovascular Nursing
Images
Carnet de suivi à domicile après hospitalisation pour décompensation cardiaque. Ameli | Pixabay |
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous vous posez des questions sur l’intérêt de la rééducation du périnée ?
Sur les effets secondaires de la sonde en rééducation périnéale, ou au contraire ses bénéfices ?
Voilà un article qui fait le point sur la rééducation périnéale des pathologies ou situations pour lesquelles plusieurs synthèses d’études ont été menées chez des femmes, afin de mettre en évidence un éventuel effet positif de la rééducation sur certains paramètres, particulièrement l’incontinence urinaire.
Voici aussi les réponses aux questions les plus fréquentes des personnes sur la rééducation du périnée chez la femme, notamment avant et après un accouchement, ainsi qu’à d’autres moments de la vie.
♻️ Dernière mise à jour : août 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Sommaire
FAQ
Peut-on avoir une rééducation de kiné à domicile pour la rééducation périnéale après accouchement ?
Kiné ou sage-femme pour la rééducation périnéale ?
C’est un choix tout à fait personnel : ces 2 professionnels sont formés à la rééducation périnéale. Et les séances peuvent être prises en charge par la sécu et les mutuelles.
Faut-il obligatoirement utiliser une sonde pour la rééducation périnéale ?
Pas du tout. La sonde n’augmente pas l’efficacité des séances.
Y a-t-il des kinés spécialisés dans la rééducation périnéale ?
Oui. Tous les kinés sont formés lors de la formation initiale à la rééducation du périnée. Certain-es suivent ensuite des formations continues ou se forment par eux-même pour se spécialiser un peu plus dans cette prise en charge.
Comment trouver un kinésithérapeute spécialisé dans la rééducation périnéale de la femme ?
Tapez « kiné rééducation du périnée » ou « kiné rééducation périnéale » dans Google Maps ou dans un moteur de recherche généraliste. Vous pouvez aussi consulter l’annuaire de l’association française des professionnels de la rééducation en pelvi-périnéologie.
Qu’entend-on par rééducation du périnée ?
La rééducation du périnée renvoi à tous les comportements que l’on peut adopter, les gestes que l’on peut réaliser, et les méthodes et dispositifs que l’on peut utiliser, qui cherchent à avoir un effet sur le périnée, et les tissus et muscles qui l’entourent.
Le but ? Le plus souvent, il s’agit de prévenir ou traiter les fuites urinaires (incontinence urinaire).
D’autres effets peuvent aussi être visés : éviter ou traiter l’incontinence fécale, diminuer les douleurs situées dans cette zone, voire même éviter le risque de déchirure du périnée ou d’épisiotomie durant l’accouchement.
Le plancher pelvien est un ensemble de muscles, de ligaments et d’autres tissus. Le périnée est le muscle le plus connu qui en fait parti.
C’est pour cela que l’on parle souvent indifféremment de :
rééducation du plancher pelvien ;
rééducation du périnée ;
rééducation périnéale ;
rééducation pelvienne ;
rééducation sphinctérienne ;
kinésithérapie périnéale ;
kinésithérapie pelvi-périnéale ;
rééducation de l’incontinence urinaire ;
rééducation uro-gynécologique.
Tous ces termes renvoient au même ensemble de techniques et d’effets escomptés, même s’il y a effectivement de quoi être perdu avec toutes ces dénominations !
La rééducation du périnée et ses multiples appellations : rééducation périnéale, rééducation du plancher pelvien, rééducation uro-gynécologique, rééducation pelvienne, rééducation de l’incontinence urinaire, etc.
La rééducation du périnée peut concerner les femmes comme les hommes, les enfants comme les adultes et les personnes âgées. C’est souvent la rééducation du périnée chez la femme après un accouchement qui est la plus connue.
Pourquoi parait-il logique de renforcer le périnée pour prévenir ou traiter les fuites urinaires ? Tout simplement parce qu’il contrôle les sphincters qui permettent à l’urine de s’écouler.
Un périnée bien musclé et surtout qu’il est possible de contrôler en le contractant permettrait donc d’éviter les fuites urinaires, en fermant les sphincters.
La rééducation du périnée consiste le plus souvent en la réalisation d’exercices avec ou sans matériel pour prévenir ou diminuer la fréquence des fuites urinaires.
Rééducation du périnée chez la femme avant et après accouchement
Il faut déjà distinguer deux situations différentes :
le cas où la femme n’a pas d’incontinence urinaire déclarée, que ce soit avant ou après un accouchement (ce qui est le plus souvent le cas) ;
le cas où la femme a de l’incontinence urinaire (situation moins fréquente mais pour laquelle il y a plus d’études).
Nous allons voir dans un premier temps la situation où la femme n’a pas d’incontinence urinaire.
La rééducation du plancher pelvien a alors pour but de prévenir l’apparition d’incontinence, et d’éventuels autres problèmes tels que des douleurs pelviennes.
Rééducation durant et après l’accouchement pour prévenir les fuites urinaires
Plus d’un tiers des femmes ont des fuites urinaires incontrôlées au cours du deuxième et troisième trimestre de grossesse. Ces fuites urinaires sont aussi présentes chez environ 1/3 des femmes après l’accouchement.
Parce que les fuites urinaires sont relativement fréquentes avant et après un accouchement, une prise en charge préventive de ces troubles est souvent proposée aux femmes.
Son efficacité a été testée dans des études cliniques sur plus de 9 000 femmes, dans 20 pays différents. Quels sont les résultats de ces études ?
Chez les femmes enceintes sans fuites urinaires qui suivent une rééducation préventive du périnée, les fuites urinaires sont moins fréquentes :
en fin de grossesse ;
3 et 6 mois après l’accouchement ;
on ne sait pas si elles sont toujours moins fréquentes un an après la naissance du bébé, par rapport aux femmes n’ayant pas eu de rééducation prévention.
En quoi consistent les séances proposées aux femmes dans ces études ? Il s’agit d‘exercices de renforcement des muscles du plancher pelvien.
Le principe central de ces exercices est de contracter le périnée, en « serrant les fesses », comme si l’on se retenait de faire pipi.
Tous les types de variantes de rééducation (avec ou sans sonde de rééducation périnéale, avec ou sans électrostimulation, avec ou sans biofeedback, avec ou sans contractions des abdominaux/ du muscle transverse, etc.) ont été considérés sans chercher à savoir si certains se démarquaient.
Il n’y a pas d’études sur le rapport coût/bénéfice de cette rééducation dans ce cadre.
(Woodley el al., 2017)
La rééducation du périnée avant et après l’accouchement prévient le risque d’avoir des fuites urinaires dans les 6 mois suivant l’accouchement.
Rééducation durant et après l’accouchement pour traiter les fuites urinaires
On a vu que la rééducation du périnée permettait de prévenir l’apparition de fuites urinaires pendant et après la grossesse, au moins durant quelques mois.
Mais est-ce qu’elle permet aussi de diminuer voire supprimer les fuites urinaires, chez les femmes qui en ont avant ou après la grossesse ?
Cela n’est pas certain. Les études ne permettent pas de conclure à ce sujet.
Cependant, aucun effet secondaire n’a été relevé.
(Woodley el al., 2017)
On n’est pas certain que la rééducation du périnée diminue la fréquence des fuites urinaires après l’accouchement chez les femmes qui en ont déjà.
Rééducation durant et après l’accouchement pour prévenir et traiter l’incontinence fécale
Il y a moins d’études sur ce sujet.
Les études existantes ne permettent pas de dire si la rééducation du périnée, avant ou après l’accouchement, est efficace pour prévenir ou traiter l’incontinence fécale chez la femme enceinte puis chez la jeune maman.
(Woodley el al., 2017)
On n’est pas sûr que la rééducation du périnée diminue la fréquence de l’incontinence fécale après un accouchement.
Rééducation du périnée chez la femme après césarienne
Peu importe que la femme ait eu ou non une césarienne : la rééducation du périnée lui sera le plus souvent proposée.
En effet, la prise de poids durant la grossesse a pu fragiliser le périnée et les tissus l’environnant, puisque le poids du bébé appuyait dessus.
De plus, les modifications hormonales de la grossesse ont pu également fragiliser le périnée. Même avec un accouchement par césarienne, la rééducation du périnée peut donc être pertinente.
La rééducation du périnée doit également être proposée aux femmes ayant eu une césarienne.
Rééducation en cas de fuite urinaire après rééducation du périnée
Malgré avoir suivi assidument des séances de rééducation du périnée (seules à l’aide d’applications ou chez des professionnel.les de santé), certaines femmes peuvent tout de même avoir des fuites urinaires après l’accouchement.
Pour ces femmes là, des séances de rééducation périnéale menées à distance de l’accouchement peuvent être pertinentes. Il peut être intéressant de varier le type d’exercice pratiqué.
Par exemple, si la personne avait réalisé des exercices avec une sonde de rééducation périnéale et de l’électrostimulation, il peut être pertinent de proposer des exercices basés sur la contractions du muscle transverse (un des muscles abdominaux) et la co-contraction associée du périnée.
La rééducation du périnée est-elle obligatoire ?
Parce que le temps manque souvent après un accouchement, de nombreuses femmes se demandent si la rééducation du périnée est vraiment obligatoire après une grossesse.
Bien évidemment, la réponse à cette question est non : chacune est libre d’entreprendre ou non des séances de rééducation ou des exercices en autonomie, tout comme de ne rien faire.
Il faut simplement avoir en tête que le fait de ne pas réaliser de rééducation du périnée augmente le risque d’avoir des fuites urinaires dans les 6 mois suivant l’accouchement.
La rééducation du périnée n’est pas obligatoire ! Elle augmente simplement les chances de ne pas avoir de fuites urinaires dans les 6 mois après un accouchement.
Rééducation du périnée chez la femme en général
Les femmes qui ont eu un enfant comme celles qui n’en ont pas eu peuvent avoir des fuites urinaires.
Celles-ci peuvent survenir lors de la pratique d’un sport, lors de la toux ou d’un éclat de rire, la nuit, ou encore sans rien faire de particulier.
Est-ce que la rééducation est efficace pour diminuer voire supprimer ces fuites ? La réponse à cette question est OUI.
Mais voici plus de détails. (Dumoulin et al., 2018)
Les femmes qui ont de l’incontinence urinaire à l’effort ont 8 fois plus de chance de déclarer être guéries lorsqu’elles ont eu de la rééducation périnéale
Les femmes qui ont de l’incontinence urinaire (peu importe le type) ont 5 fois plus de chance de déclarer être guéries lorsqu’elles ont eu de la rééducation périnéale
Les femmes qui ont de l’incontinence urinaire ont en moyenne après rééducation un épisode de moins de fuites par 24 heures, par rapport à celles n’ayant pas eu de rééducation
La qualité de vie des femmes ayant suivi la rééducation est améliorée
Les femmes ayant suivi la rééducation périnéale sont plus satisfaites du traitement. Celles qui ont suivi un traitement autre ou pas de traitement cherchent plus à le poursuivre.
Les effets secondaires de la rééducation périnéale sont rares et mineurs (douleurs pelviennes transitoires)
Le rapport coût/bénéfice de la rééducation du périnée pour traiter l’incontinence urinaire chez la femme semble prometteur (une seule étude)
Y a-t-il un type de rééducation du périnée plus efficace qu’un autre ? La réponse à cette question est non.
Pour l’instant, aucun type de rééducation particulier ne se démarque dans les études menées.
La seule chose dont on est à peu près sûr, c’est que les femmes ayant une supervision régulière pendant la période de rééducation du périnée, déclarent avoir une meilleure amélioration de leur incontinence que celles ayant peu ou pas de supervision par un.e professionnel.le de santé.
La fréquence pertinente de supervision semble être d’une fois par semaine. (Hay-Smith et al., 2011)
La rééducation du périnée permet de supprimer les fuites urinaires chez les femmes qui en ont, ou de diminuer leur fréquence, et aucune méthode de rééducation particulière ne semble plus efficace qu’une autre.
La sonde de rééducation périnéale et l’électrostimulation : indispensables ?
Seule ou chez un.e professionnel.le de santé (sage-femme ou kinésithérapeute), il est possible de suivre une rééducation du périnée à l’aide d’une sonde de rééducation périnéale et d’électrostimulation.
La sonde est insérée dans le vagin et des exercices actifs de contraction du périnée sont réalisés. Des électrodes permettent également de solliciter la contraction du périnée.
Utiliser ce matériel permet-il de moins avoir de fuites urinaires, ou de mieux diminuer leur fréquence ?
Plusieurs études se sont penchées sur ce sujet. Il ne semble pas que le fait d’utiliser une sonde de rééducation périnéale et l’électrostimulation soit plus efficace que de simples exercices de renforcement et de sollicitation du périnée sans matériel.
(Stewart, 2017)
La sonde de rééducation périnéale et l’électrostimulation ne sont pas plus efficaces pour la rééducation du périnée que la réalisation d’exercices sans matériel.
Matériel pour pratiquer la rééducation du périnée via une sonde périnéale (à droite). Ce boitier permet l’électrostimulation. L’utilisation d’un tel dispositif n’est pas plus efficace que la rééducation du périnée sans matériel.
Rééducation périnéale avec sonde : effets secondaires ?
l’inconfort, la sensation désagréable voire la douleur dans le vagin, pendant ou après la séance ;
le risque d’infection.
Ces effets secondaires peuvent aussi être présents avec la rééducation périnéale ou des doigts des thérapeutes sont introduits dans le vagin.
Cela reste relativement rare : les études ne rapportent pas d’effets secondaires graves ou même significatifs entre les groupes avec ou sans rééducation par sonde.
La rééducation périnéale manuelle
Il existe de plus en plus de dispositifs pour pratiquer la rééducation du périnée à l’aide de matériel : sondes périnéales, électrodes, appareils ou sondes d’électro-stimulation, etc.
Ce matériel peut être acheté et utilisé par des kinésithérapeutes ou sage-femmes.
De plus en plus de dispositifs s’adressent directement aux patient.es et proposent de réaliser à domicile sa rééducation du périnée simplement à l’aide d’une application pour smartphone, sur laquelle peut être connectée par exemple une sonde périnéale.
Y a-t-il un réel intérêt à utiliser cette sonde périnéale ? Non : la rééducation manuelle ou même la réalisation de simples exercices de renforcement musculaire du plancher pelvien est tout autant efficace.
La rééducation périnéale manuelle est tout autant efficace que la rééducation avec une sonde périnéale, du renforcement musculaire ou de l’électrostimulation
(Stewart, 2017)
La rééducation du périnée peut être aussi réalisée manuellement ou à l’aide de dispositifs à insérer dans le vagin
Remboursement de la sonde périnéale
Plusieurs dispositifs de rééducation périnéale sont remboursés par la sécurité sociale en France, ainsi que par les complémentaires santé (mutuelles). C’est le cas seulement s’ils sont prescrits par des professionnel.les de santé.
Les sondes périnéales sont remboursées à hauteur de 25 euros et se commandent le plus souvent en pharmacie.
Des appareils d’électrostimulation peuvent aussi se louer ou s’acheter en pharmacie.
Leur prix est de plusieurs centaines d’euros. Le plus souvent, comme la rééducation du périnée ne dure que quelques semaines, les personnes utilisent des appareils d’électrostimulation possédés par les kinésithérapeutes ou sage-femmes, sans les acheter ou louer.
Dans le cas, il faut acheter seulement la sonde périnéale.
Il existe aussi des sondes de biofeedback connectées coûtant jusqu’à 200 euros et non remboursées.
Rappelons cependant que la rééducation périnéale sans sonde est tout autant efficace, que celle-ci soit connectée ou non.
Les sondes périnéales sont remboursées à hauteur de 25 euros si elles sont prescrites par des sage-femmes, kinésithérapeutes ou médecins. Elles ne sont pas indispensables pour une rééducation du périnée efficace.
Deux exemples de sondes périnéales connectées non remboursées ( Emy de Fizimed et Urgo Mia des laboratoires Urgo) par la sécurité sociale qui coûtent plus de 150 euros, alors que les sondes remboursées coûtent 25 euros. N’oublions pas que la rééducation du périnée sans sonde périnéale est tout autant efficace qu’avec une sonde !
Rééducation du périnée par visualisation (biofeedback)
Comme nous l’avons vu, la rééducation du périnée est efficace chez la femme pour diminuer voire supprimer les fuites urinaires. En revanche, aucune méthode de rééducation particulière ne semble se démarquer.
Les rééducations avec visualisation (feedback ou biofeedback) ne sont donc a priori pas plus efficaces que les rééducations du périnée sans visualisation.
Cela est valable que le feedback émane d’une personne, d’une application d’un smartphone ou d’un logiciel sur l’ordinateur.
En fait, ce qui semble être plus efficace sur la rééducation du périnée, c’est le contact régulier avec un.e professionnel.le de santé – qu’il ou elle dispense ou non un feedback.
La fréquence de contact estimée être pertinente est une rencontre une fois par semaine avec un.e professionnel.le de santé.
(Herderschee et al., 2011)
La rééducation du périnée avec biofeedback n’est pas plus efficace que les autres formes de rééducation. Ce qui compte, c’est la supervision hebdomadaire d’un.e professionnel.le de santé.
Un énième dispositif pour rééduquer son périnée à l’aide d’une sonde périnéale connectée, d’une application et de son smartphone : Perifit. La rééducation se fait par visualisation des contractions du périnée sous forme de jeu, c’est pour cela que l’on parle de biofeedback. A nouveau : la rééducation par biofeedback ou sonde périnéale n’est pas plus efficace que la rééducation via des exercices de renforcement musculaire sans matériel particulier.
Rééducation périnéale : les exercices
De nombreux exercices de rééducation du périnée existent. Ces exercices sont les mêmes qu’il s’agisse d’une rééducation post-accouchement ou d’une rééducation périnéale pour des problèmes de fuites urinaires.
Est-il utile d’en connaître et pratiquer un grand nombre ? Non, le seul éventuel intérêt de changer régulièrement d’exercice est de rester motivé.
Tous les exercices de rééducation du périnée reposent sur le même principe : associer une contraction du périnée et du muscle transverse, quelque soit la position adoptée.
Comment contracter le périnée ?
En serrant l’anus et le vagin, et en essayant de maintenir la contraction le plus longtemps possible, ou en relâchant puis contractant le plus de fois possible. Une fois que l’on arrive à réaliser cela, on peut coupler la contraction du périnée à la contraction du muscle transverse.
Pour contracter le transverse, il suffit de rentrer le plus possible le ventre : en n’oubliant pas de contacter le périnée. J’explique ici en détail comment faire des exercices du transverse, aussi appelés stomach vacuum.
Ces exercices de contraction du périnée et du transverse peuvent être réalisés dans toutes les positions :
couché sur le dos, les jambes repliées (c’est souvent la position la plus facile) ou tendues ;
en position assise, devant la télé, l’ordinateur, en conduisant ou même dans le bus ;
debout, en faisant la vaisselle ou en portant un bébé qu’on aide à s’endormir ;
en marchant ;
en descendant les escaliers ;
etc.
Exercice de base pour la rééducation du périnée : allongée sur le dos, jambes repliées, chercher à rentrer le ventre tout en contractant l’entre-jambes et l’anus
La rééducation périnéale lorsqu’elle est réalisée avec un.e professionnel.le de santé consiste à trouver les exercices qui correspondent à chaque personne en fonction de ses difficultés éventuelles ou de ses facilités, ainsi que de sa motivation.
Il est tout à fait possible de rééduquer son périnée seule à la maison, sans intervention d’une tierce personne. Pour cela, de simples exercices peuvent être pratiqués sans matériel.
La rééducation par sonde périnéale, ou en utilisant une appli, n’est pas plus efficace que le simple fait de faire des exercices sans matériel.
En revanche, le fait d’être au contact une fois par semaine d’un.e professionel.le de santé qui peut superviser la rééducation augmente les chances que la rééducation du périnée soit efficace.
La rééducation du périnée à domicile
Après un accouchement, il est souvent difficile de dégager du temps pour se rendre chez un.e sage-femme ou kinésithérapeute. Il est envisageable de faire sa rééducation du périnée seule, soi-même, à la maison.
Pas besoin d’investir dans dispositifs coûteux, tels que les sondes périnéales et les applis de biofeedback.
On l’a vu, leur utilisation n’améliore pas l’efficacité de la rééducation du périnée sur la base de simples exercices de contraction du périnée et du transverse.
En France, la Connaissance et maîtrise du périnée (CMP) est une méthode qui a été développée pour encourager l’auto-rééducation périnéale. Elle s’adresse directement aux personnes qui veulent s’auto-rééduquer, mais aussi aux professionnel.les de santé.
Cette méthode n’a pas fait l’objet d’études cliniques ; il est tout à fait possible de réaliser sa rééducation périnéale en toute autonomie, sans suivre une méthode formalisée.
Il semble important de garder cependant en tête ces quelques points avant d’entamer une rééducation du périnée, que ce soit seule ou auprès d’un.e kiné ou d’un.e sage-femme :
la rééducation du périnée prévient le risque de survenue de fuites urinaires dans les 6 mois qui suivent l’accouchement, mais on n’est pas sûr qu’elle est un effet à long terme ;
les femmes qui ont de l’incontinence urinaire ont 5 fois plus de chance de déclarer être guéries lorsqu’elles font de la rééducation périnéale ;
utiliser une sonde périnéale, de l’électrostimulation ou du biofeedback, tout comme avoir une rééducation périnéale manuelle n’est pas plus efficace que de réaliser de simples exercices sans matériel spécifique ;
le fait d’être suivi une fois par semaine par un.e professionnel.le de santé améliore l’efficacité de la rééducation périnéale.
Un des multiples dispositifs, le Perygym, cette fois externe, qui est proposé en France pour rééduquer le périnée à la maison. Ce dispositif spécifique n’a pas été testé : il n’y a aucune raison de penser que son utilisation rend la rééducation périnéale plus efficace, et les avis sonnent bien trop beaux pour être vrais. Quand des dispositifs ont étés testés, leur utilisation n’est pas plus efficace que la rééducation du périnée sans matériel spécifique.
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Des questions, des remarques ? L’espace commentaire est là pour ça !
Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :
Les références ont été sélectionnées à partir de la requête suivante sur la Cochrane Library (dernière mise à jour : janvier 2020) : (incontinence or pelvic floor) and (physiotherapy or home or rehabilitation or physical therapy or training or exercise)
Sur l’effet préventif et thérapeutique des exercices du plancher pelvien pendant et après la grossesse : Woodley SJ, Boyle R, Cody JD, Mørkved S, Hay-Smith EC. Pelvic floor muscle training for prevention and treatment of urinary and faecal incontinence in antenatal and postnatal women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2017, Issue 12.
Sur l’efficacité de l’entrainement des muscles du plancher pelvien pour l’incontinence urinaire chez les femmes, comparativement à rien ou à d’autres traitements : Dumoulin C, Cacciari L, Hay-Smith EC. Pelvic floor muscle training versus no treatment, or inactive control treatments, for urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, Issue 10.
Sur les meilleures méthodes de renforcement du périnée contre l’incontinence urinaire chez la femme : Hay-Smith EJC, Herderschee R, Dumoulin C, Herbison GP. Comparisons of approaches to pelvic floor muscle training for urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 12
Sur l’efficacité du feedback et biofeedback en plus du renforcement musculaire du périnée pour l’incontinence urinaire de la femme : Herderschee R, Hay-Smith EJC., Herbison GP, Roovers JP, Heineman MJ. Feedback or biofeedback to augment pelvic floor muscle training for urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 7.
Sur l’effet de l’électrostimulation sur l’incontinence urinaire de la femme, comparativement à rien ou à d’autres traitements, ainsi que sur son rapport coût/bénéfice: Stewart F, Berghmans B, Bø K, Glazener CMA. Electrical stimulation with non-implanted devices for stress urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2017, Issue 12.
Sur l’efficacité d’associer du renforcement du périnée à d’autres traitements actifs dans la prise en charge de l’incontinence urinaire chez la femme : Ayeleke R, Hay-Smith EC, Omar M. Pelvic floor muscle training added to another active treatment versus the same active treatment alone for urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2015, Issue 11.
Sur l’efficacité de l’utilisation de cônes vaginaux lestés pour traiter l’incontinence post-partum : Herbison G, Dean N. Weighted vaginal cones for urinary incontinence. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013, Issue 7.
Sur l’efficacité de l’utilisation de divers dispositifs mécaniques pour l’incontinence urinaire de la femme : Lipp A, Shaw C, Glavind K. Mechanical devices for urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 12.
Sur l’effet des changements de mode de vie (tels que perdre du poids) sur l’incontinence urinaire de la femme : Imamura M, Williams K, Wells M, McGrother C. Lifestyle interventions for the treatment of urinary incontinence in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2015, Issue 12.
Sur les traitements de l’incontinence urinaire de l’adulte après un accident vasculaire cérébral(AVC) : Thomas LH, Coupe J, Cross LD, Tan AL, Watkins C. Interventions for treating urinary incontinence after stroke in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2019, Issue 2. Art.
Références professionnelles
Revue Pharma N°160, février 2019, dossier Rééducation du périnée – Un marché à conquérir
Images
Titman SC, Radley SC, Gray TG. Self-management in women with stress incontinence: strategies, outcomes and integration into clinical care. Res Rep Urol. 2019;11:111–121. Published 2019 Apr 17. doi:10.2147/RRU.S177826
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.