Syndrome post-chute (retropulsion) de la personne âgée : prise en charge en kinésithérapie

Le syndrome post-chute survient souvent après une chute chez les personnes âgées.

La personne n’arrive plus à tenir debout sans s’aider beaucoup des bras, elle est en rétropulsion (le tronc vers l’arrière). Parfois, elle n’arrive même plus à tenir assis à cause de cette rétropulsion.

Il n’y a pas de chiffres précis sur la fréquence du syndrome post-chute. C’est en tout cas un syndrome que l’on rencontre régulièrement en gériatrie, et surtout très gênant à court ou long terme.

Les personnes qui en sont atteintes peuvent chuter plus souvent, ou ne plus arriver à se mettre à fauteuil, faire quelques pas ou même parfois se tenir en position assise.

La prise en charge multidisciplinaire, notamment en kinésithérapie, peut pourtant permettre de retrouver des meilleurs capacités fonctionnelles chez ces personnes.

Dernière mise à jour : septembre 2023.
Déclaration de liens d’intérêts financiers avec le sujet : aucun. Déclaration complète en mentions légales.

Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique

Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de problème, découvrez mon ebook.

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Un résumé de cet article au format vidéo

Qu’est-ce que le syndrome post-chute ?

Le syndrome post-chute (« post-fall syndrome » en anglais) se manifeste d’au moins deux façons :

  • la personne atteinte marche moins bien qu’avant ; ses fesses pointent vers l’arrière, elle n’appuie plus sur l’avant du pied mais plutôt sur les talons.

    Elle est pliée vers l’avant. Son centre de gravité est placé vers l’arrière : on parle d’attitude en rétropulsion. Elle peut aussi avoir du mal à se tenir debout, malgré l’aide de ses bras ou même d’une tierce personne.

    La position assise est parfois aussi impossible, la personne part vers l’arrière et se raidit. Elle a souvent peu conscience qu’elle est trop vers l’arrière, même si on l’en informe.
  • la personne a peur de marcher, de se lever, ou même de s’asseoir au bord du lit, par peur de chuter.

    Cela arrive même en l’absence d’éléments pouvant l’expliquer comme une fracture ou une paralysie.
Syndrome post-chute chez une personne âgée debout
Personne âgée avec un syndrome post-chute : les fesses sont vers l’arrière, elle est en traction sur ses mains pour ne pas tomber vers l’arrière. (Image : Revue médicale suisse 2006)

Le syndrome post-chute survient principalement chez les personnes âgées de plus de 65 ans.

Les personnes sont plus à risque si :

Les personnes peuvent avoir du mal à tenir en position assise en présence d’un syndrome post-chute. Sans dossier, elles tombent vers l’arrière. Avec un dossier, les fesses glissent vers l’avant, seul le haut du dos est appuyé contre le dossier.

On l’appelle aussi parfois le syndrome de désadaptation (ou régression) psycho-motrice (Psychomotor disadaptation syndrome) ou le syndrome du pousseur ou syndrome de Pusher (Posterior pusher syndrome).

Cette dernière dénomination est plus utilisée pour désigner l’attitude en rétropulsion des personnes après un accident vasculaire cérébral (AVC).

Dans le cas d’un AVC, le syndrome Pusher survient plutôt lorsque le thalamus est particulièrement sa partie postérieure est touchée (Ticini et al., 2009).

On l’appelle ainsi parce que la personne hémiplégique a alors souvent tendance à pousser son corps du côté paralysé, ce qui majore son déséquilibre.

Syndrome de Pusher après un AVC du thalamus
Syndrome de Pusher après un AVC du thalamus. La personne est en latéro-rétropulsion et se pousse vers son côté hémiplégique, ce qui majore son déséquilibre. (Image : Karnath 2003)

Alors qu’il s’agit d’un syndrome que je rencontre très souvent dans la pratique, il y a très peu d’études dans la littérature scientifique internationale qui l’évoquent.

Beaucoup moins par exemple que pour la peur de tomber chez les personnes âgées après une chute, qui est aussi une conséquence fréquente d’une chute. Qui plus est, la plupart des articles sont écrits par des français, ou éventuellement des européens.

Le premier article qui fait souvent référence est celui de Pfitzenmeyer et al., 1999.

Il explique que ce syndrome de régression psychomotrice est décrit depuis environ 10 ans dans la littérature médicale francophone.

syndrome post chute photo

Fréquence du syndrome post-chute

Aucune étude ne s’intéresse spécifiquement à la fréquence du syndrome post-chute, mais plusieurs l’évoquent de manière indirecte.

En voici une synthèse.

EtudeType de personnes étudiéesNombre total de personnesNombre de personne avec un syndrome post-chuteFréquence du syndrome post-chute
Kechaou 2019Personnes âgées de plus de 65 ans ayant fait au moins une chute au cours de l’année passée, ayant été hospitalisé ou suivies en ambulatoire en gériatrie. Pays : Tunisie65512,5 %
Alarcon 2006Personnes hospitalisées suite à une fracture de la hanche. Pays : Espagne196105,1 %
Miro 2019Personnes de plus de 65 ans hospitalisées en gériatrie suite à une chute. Pays : Espagne45223652,8 %
Fréquence du syndrome post-chute selon différentes études

On voit que la fréquence d’un syndrome post-chute après une chute varie beaucoup selon ces 3 études.

Cela peut être dû au fait que la diagnostic d’un syndrome post-chute n’est pas très reproductible : il n’y a pas de critère très clairs permettant de manière sûre à 2 examinateurs en aveugle de diagnostiquer un syndrome post-chute.

Dans tous les cas, ce syndrome est relativement fréquent puis qu’il survient sur au moins 5 % des personnes âgées après une chute selon ces études.

Conséquences du syndrome post-chute

Après une chute, les personnes âgées perdent souvent un peu de leurs capacités fonctionnelles.

Par exemple, elles ont besoin d’une aide technique pour marcher, marchent sur un moins long périmètre, ne peuvent plus descendre les escaliers, n’arrivent plus à rentrer dans leur baignoire, etc.

Certains facteurs majorent ce risque de perdre ses capacités fonctionnelles. Voici ces facteurs :

  • l’âge : les personnes âgées de plus de 85 ans ont plus de risque de perdre leurs capacités fonctionnelles après une chute ;
  • une fracture : les personnes qui se sont fait une fracture en tombant (le plus souvent, de la hanche, de l’épaule ou du poignet) ont aussi plus de risque ;
  • l’hospitalisation augmente aussi le risque de perdre ses capacités fonctionnelles. Attention cependant, cela ne signifie pas forcément qu’à cause du séjour à l’hôpital, les personnes perdent leur capacité (bien que cela soit possible si les personnes restent alitées, sans rééducation, dans un autre environnement que leur environnement habituel). Cela signifie sans doute plutôt que les personnes qui souffrent le plus de leur chute sont hospitalisées, et qu’elles perdent plus leur capacités parce qu’elles sont plus atteintes par la chute, et non directement parce qu’elles sont hospitalisées.
  • un syndrome post-chute, enfin, augmente bien sûr le risque de perdre ses capacités fonctionnelles et son autonomie.

(Miro et al., 2019)

Les personnes peuvent aussi avoir peur de tomber. La kinésithérapie peut alors être utile pour diminuer la peur de tomber.

Syndrome de désadaptation psycho-motrice en position assise
Syndrome de régression psycho-motrice : rétropulsion en position assise, les fesses de la personne âgée glissent spontanément tout de suite vers le bord du fauteuil. Cela peut conduire même à la chute depuis le fauteuil en glissant vers l’avant. (Image : Pfitzenmeyer et al. 1999)

Diagnostic du syndrome post-chute

Le syndrome post-chute se diagnostique simplement par l’observation de la personne.

Une personne habituée à travailler avec des séniors remarque spontanément un syndrome post-chute si elle observe quelques dizaines de secondes une personne assise, debout ou en train de marcher avec une aide technique.

Il n’y a pas lieu de réaliser des examens complémentaires pour poser le diagnostic.

Il est cependant possible de faire prendre différentes positions à la personne pour évaluer la gravité de l’attitude en rétropulsion et son caractère corrigeable ou non.

Des tests sous forme de questionnaires existent pour évaluer la peur de tomber. Un test validé en français et qui permet d’évaluer de manière un peu plus reproductible la sévérité du syndrome post-chute est le FES-I.

Le FES-I peut être utilisé chez une personne âgée ayant un syndrome post-chute, qui garde des capacités cognitives suffisamment importantes pour répondre de manière fiable à ces questions et des capacités motrices suffisamment importantes.

Dans la pratique, ce test est rarement utilisé dans le cadre d’un syndrome post-chute.

En effet, en cas de syndrome post-chute, les personnes atteintes ont des limitations telles qu’elles n’arrivent à faire aucune des actions et activités décrites dans le questionnaire.

Syndrome post-chute : rééducation

Il n’existe pas à ce jour pas d’études comparant l’efficacité de différents types de rééducation pour prendre en charge le syndrome post-chute.

Il n’existe pas non plus d’études comparant l’évolution d’une personne recevant la visite régulière d’un kinésithérapeute ou d’un autre spécialiste de la rééducation, à celles d’une personne qui n’a pas de rééducation en présence d’un syndrome post-chute.

On observe cependant dans la pratique une évolution vers une dégradation des capacités motrices de la personne en l’absence de réadaptation à la position assise, au transfert ou à la marche par une personne ayant de l’expérience avec les personnes âgées.

A l’inverse, une personne accompagnée plusieurs fois par semaine peut en l’espace de quelques semaines retrouver son état fonctionnel antérieur et ré-arriver à réaliser des transferts ou la marche qu’elle n’arrivait plus à réaliser depuis son syndrome post-chute.

La rééducation consiste au ré-apprentissage des gestes fonctionnels devenus difficiles à réaliser.

Pour cela, les kinésithérapeutes font réaliser des exercices et des postures à la personne pour la ré-habituer à ne plus être en rétropulsion, pour arriver à remettre son centre de gravité plus vers l’avant.

Il faut à tout prix éviter que la personne âgée prenne l’habitude de se lever en étant tractée par les mains ou les épaules, ce qui aggrave l’attitude en rétropulsion. Il faut l’inciter à pousser plutôt sur ses mains.

Les kinésithérapeutes incitent la personne atteinte du syndrome post-chute à faire le plus possible les choses par elles-mêmes. Les personnes sont guidées verbalement, et aidées physiquement à minima pour ré-apprendre les différents gestes du quotidien.

Le choix d’une aide technique à la marche appropriée est déterminé avec les kinésithérapeutes.

Il s’agit souvent d’un déambulateur 2 roues dans un premier temps (voir cet article sur le choix d’un déambulateur pour la maladie de Parkinson ; ces conseils sont valables aussi pour les personnes ayant un syndrome post-chute, car elles sont des caractéristiques communes avec les personnes atteintes de Parkinson).

Syndrome de désadaptation psycho-motrice chez une personne debout en rétropulsion
La personne âgée debout est en rétropulsion. La rétropulsion est majorée par la personne qui lui donne les mains pour l’aider à réaliser ses transferts. Tout l’enjeu de la rééducation d’un syndrome post-chute est d’arriver à réaliser les transferts sans encourager la rétropulsion de la personne âgée, en l’aidant à pousser plutôt que tirer sur ses mains. (Image : Pfitzenmeyer et al. 1999)

Parmi les astuces utilisées par les kinésithérapeutes, on peut noter le fait de :

  • demander à la personne de venir toucher avec sa tête, puis avec son buste et son bassin, la main ou le corps du kinésithérapeute placé devant elle :
  • positionner une petite planche sous l’avant des pieds de la personne âgée en position debout pour qu’elle retrouve la sensation de déplacer son centre de gravité vers l’avant pour ne pas tomber ;
  • utiliser volontairement des aides techniques légères qui ne peuvent pas être utilisées en étant tractées, comme un cadre de marche léger (les kinésithérapeutes peuvent réaliser des ordonnances pour que l’achat des aides techniques de marche soit remboursé) ;
  • demander de pousser sur les accoudoirs de l’assise plutôt que de tirer sur une barrière ou une aide technique pour se mettre debout ;
  • éviter l’utilisation de barres de transfert encourageant la traction.

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Toute la difficulté est de trouver les postures et exercices qui permettent de remettre la personne âgée en confiance et de solliciter à nouveau ses capacités motrices dans une juste mesure, sans la mettre trop en danger, mais en la sortant tout de même de sa zone de confort.

Il n’y a pas de contre-indication formelle à la rééducation d’un syndrome post-chute, même en présence d’autres pathologies telles que l’insuffisance cardiaque.

Syndrome post-chute de la personne âgée et rééducation
Résumé des moyens à mettre en œuvre en kinésithérapie pour la rééducation d’un syndrome post-chute

Une seule étude décrit l’évolution de plusieurs personnes ayant eu un syndrome post-chute et des séances de rééducation. Elle a été menée sur 13 femmes de plus de 70 ans hospitalisées suite à une chute et un syndrome post-chute.

Elles n’avaient pas de troubles cognitifs majeur, ni de fracture suite à la chute, ni de pathologie aigüe ou de malaise lors de la chute.

Elles avaient 45 minutes de rééducation par jour durant leur hospitalisation, centrée sur le fait de supprimer l’attitude en rétropulsion et retrouver les capacités fonctionnelles telles que les transferts et la marche.

Dans un second temps, la rééducation portait sur le fait de retrouver un meilleur équilibre. L’hospitalisation a duré en moyenne 20 jours. Cette étude montre que :

  • les personnes ont amélioré leur score à des tests évaluant la capacité de se relever d’une chaise et de marcher le plus vite possible sur 6 mètres (Timed Get-Up et Get-Up and Go tests) ;
  • les personnes ont amélioré leur score à un test évaluant leurs capacités fonctionnelles et posturales () ;
  • 6 personnes sur 13 ont la capacité de se relever seule du sol après la rééducation.

(Pfitzenmeyer et al. 2001)

Syndrome post-chute : prise en charge pluridisciplinaire

Le travail pluri-disciplinaire est de mise pour que la rééducation du syndrome post-chute soit une réussite le plus rapidement possible.

Il faut que l’ensemble des soignant.es s’occupant de la personne (aidant.es familiaux, aide-soignant.es, auxiliaires de vie, médecins, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, etc.) adoptent la même attitude vis-à-vis du syndrome post-chute : rassurer la personne atteinte, tout en sollicitant le plus possible sa participation à tous les gestes du quotidien sans majorer son attitude en rétropulsion.

Cela est particulièrement important durant les temps de transfert et de nursing de la personne.

Les kinésithérapeutes peuvent remontrer aux familles et aux professionnel.les de santé et de l’aide à la personne comment prendre en charge une personne ayant un syndrome post-chute pour ne pas aggraver sa désadaptation psycho-motrice.

Prévention du syndrome post-chute

Les conseils véhiculés pour la prise en charge du syndrome post-chute sont en fait valables pour l’accompagnement de toute personne qui a besoin d’aide pour se déplacer ou sortir de son lit ou de son fauteuil.

Et ce quelque soit son âge : de l’enfant atteint de paralysie cérébrale ou d’une maladie génétique, à l’adulte victime d’un accident et souffrant de séquelles orthopédiques ou neurologiques, aux séniors qui ont ou non des antécédents de chute.

Il faut privilégier par exemple le fait de pousser sur ses bras plutôt que tirer, et encourager les personnes à faire le maximum par elles-mêmes.

Cela peut permettre d’éviter l’apparition de l’attitude en rétropulsion en gériatrie, ou tout du moins retarder son apparition ou son ampleur.

Des séances de kinésithérapie peuvent également prévenir le risque de chute chez les personnes de plus de 65 ans. Les personnes ayant la maladie de Parkinson sont potentiellement plus à risque d’avoir un syndrome post-chute.

Quel est le temps de récupération après un syndrome post-chute ?

Une équipe franco-suisse a suivi l’évolution de personnes âgées de 70 ans et plus qui ont chuté. Ils ont comparé l’évolution des personnes à qui on a diagnostiqué un syndrome post-chute VS celles sans syndrome post-chute (Meyer 2021).

Je vous résume leurs principaux résultats.

Parmi les patients atteints du syndrome post-chute,

  • 52,9 % pouvaient encore effectuer un transfert un an après (VS 80,7 % de ceux sans syndrome post-chute). Par exemple, se lever dulit au fauteuil, ou passer de la position assise à debout sans aide.
  • 64,7 % pouvaient toujours marcher, (VS 85,2 % pour les patients sans syndrome post-chute).

Voici les caractéristiques que possédaient plus les personnes qui ont eu un syndrome post-chute :

  • âge plus élevé,
  • troubles de la marche avant la chute,
  • l’utilisation d’une aide à la marche avant la chute,
  • l’absence de promenade en extérieur non accompagnée la semaine précédant la chute,
  • une déficience visuelle rendant la lecture de près impossible,
  • une raideur en dorsiflexion de la cheville,
  • la force de préhension amoindrie,
  • la peur de tomber.

Cas cliniques (exemples) de syndromes post-chute

Voici des exemples de syndrome post-chute chez des patient.es que j’ai pris en charge en kinésithérapie au cours de ces dernières années.

Certains éléments ont été modifiés afin de respecter l’anonymat des personnes, mais ne changent rien significativement au cas clinique.

Mme H

Antécédents et autonomie antérieure

Mme H a 85 ans. Elle a été opérée au cours des 5 dernières années de plusieurs prothèses de genou et hanche à cause de coxarthrose et gonarthrose.

Jusqu’à ce qu’elle développe un cancer il y a quelques mois, elle était complètement autonome.

Elle marchait sans aide technique et n’était jamais tombée. Elle n’avait et n’a aucun trouble cognitif.

Causes et apparition du syndrome post-chute

Elle est restée alitée et au fauteuil environ 2 mois à cause de son cancer, de la chimio et de la chirurgie qu’elle a eu. Elle est ensuite allée en soins de suite et de réadaptation.

Elle avait alors un syndrome post-chute modéré, qui l’empêchait de se mettre debout. Elle réalisait ses transferts au lève-malade.

Elle bénéficiait de séances de kinésithérapie environ 3 fois par semaine. Selon les jours, elle arrivait à se verticaliser aux barres parallèles et à faire quelques pas, mais le syndrome post-chute persistait.

Elle avait besoin d’être en traction (de tirer sur ses bras à partir d’une structure fixe comme les barres parallèles, ou un déambulateur tenu par un soignant) pour tenir debout.

A la fin de son séjour en SSR, les transferts étaient réalisés avec un déambulateur, en présence d’un soignant. Malheureusement Mme H a chuté à 3 reprises au cours de cette période.

Lorsqu’elle est rentrée au domicile, son syndrome post-chute s’était majoré suite à ses chutes.

La position assise bord de lit était impossible sans l’aide importante d’un.e soignant.e, et elle était réalisée en totale rétropulsion.

Les transferts au déambulateur et la verticalisation n’étaient plus possibles à cause du syndrome post-chute, bien que Mme H soit très demandeuse de retrouver la marche.

Rééducation du syndrome post-chute

Les séances de kinésithérapie ont d’abord eu pour objectif que Mme H retrouver une position assise autonome afin de faciliter les transferts et l’habillage.

Pour cela, un sevrage progressif de l’aide à la tenue assise au bord du lit a été réalisée. Au début, la kinésithérapeute maintenait le dos de Mme H à l’aide de ses deux mains. Petit à petit, la poussée exercée pour la maintenir assise a été diminuée.

La consigne pour Mme H était d’emmener son thorax le plus possible en avant. Ses 2 mains devaient être posées sur le lit, sans chercher à tirer les draps ou le matelas.

Au bout de 3 séances d’environ 20 minutes de cet exercice, Mme H avait retrouvé la position assise en autonomie, sans l’aide des bras autrement qu’en les posant sur le lit.

L’attitude en rétropulsion revient cependant régulièrement en cas d’alitements prolongés ou de fatigue importante.

Une fois la position assise acquise, la verticalisation a pu être envisagée. Mme a d’abord été verticalisée à l’air d’un déambulateur sur lequel elle avait le droit de tirer pour tenir debout.

Le but était déjà de retrouver la verticalisation, même s’il fallait pour cela susciter la rétropulsion. Une fois que Mme H a retrouvé suffisamment de force dans les jambes, d’endurance à l’effort et de sécurité pour se verticaliser dans ses conditions, le sevrage de la rétropulsion debout a été entamé.

Pour cela, le déambulateur n’a plus été maintenu au sol par la kinésithérapeute, mais petit à petit de moins en moins retenu. La consigne était que Mme ne tire plus sur le déambulateur mais pose simplement ses mains dessus. Elle était encouragée à emmener de nouveau son thorax vers l’avant.

Au bout de 5 séances d’environ 10 minutes en position debout (en continuant en plus les exercices en position assise en), la verticalisation avec déambulateur en autonomie et sans rétropulsion a été possible et maintenue 2 minutes.

La marche pour quelques pas a alors été possible.

Malheureusement, des douleurs articulaires aux genoux et hanches ont fait stoppé la rééducation de la marche. Seule la verticalisation pour faciliter les transferts a été maintenue dans le temps.

  • En cas de syndrome post-chute, la personne est penchée le buste vers l’arrière en position assise, ou les fesses vers l’arrière en position debout. La marche et les transferts sont difficiles voire impossibles.
  • Il est possible de retrouver le niveau fonctionnel antérieur en quelques semaines par une rééducation pluri-herbdomadaire et la participation de tous les intervenant.es de la personne.

Des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !

Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :

Voir aussi :

  1. Exercices kiné personne âgée : quel intérêt ?
  2. Combattre la peur de tomber après une chute
  3. La kiné à domicile pour personne âgée
  4. La rééducation d’une fracture du fémur d’une personne âgée

📕 Sources 📕

Littérature académique francophone

Revue médicale suisse. 2006. Le syndrome post-chute : comment le reconnaître et le traiter

Reuve médicale de liège. 2012. Le syndrome de désadaptation psycho-motrice : une entité clinique encore mal connue.

La revue de médecine interne. 2006. Le syndrome de désadaptation psycho-motrice

Littérature scientifique internationale

Ces études ont été trouvées à partir d’une recherche dans la Medline avec les mots clés suivants : Posterior pusher syndrome or post-fall syndrome or Psychomotor disadaptation syndrome. Dernière mise à jour : septembre 2023

Meyer M, Constancias F, Vogel T, Kaltenbach G, Schmitt E. Gait Disorder among Elderly People, Psychomotor Disadaptation Syndrome: Post-Fall Syndrome, Risk Factors and Follow-Up – A Cohort Study of 70 Patients. Gerontology. 2021;67(1):17-24. doi: 10.1159/000511356. Epub 2020 Nov 30. PMID: 33254165.

Ticini LF, Klose U, Nägele T, Karnath HO. Perfusion imaging in Pusher syndrome to investigate the neural substrates involved in controlling upright body position. PLoS One. 2009;4(5):e5737. Published 2009 May 29. doi:10.1371/journal.pone.0005737

Kechaou I, Cherif E, Sana BS, Boukhris I, Hassine LB. Complications traumatiques et psychosociales des chutes chez le sujet âgé tunisien [Traumatic and psychosocial complications of falls in the elderly in Tunisia]. Pan Afr Med J. 2019;32:92. Published 2019 Feb 26. doi:10.11604/pamj.2019.32.92.16667

Pfitzenmeyer, P., Mourey, F., Tavernier, B., & Camus, A. (1999). Psychomotor desadaptation syndrome. Archives of Gerontology and Geriatrics, 28(3), 217–225.

Pfitzenmeyer et al. Rehabilitation of serious postural insufficiency after falling in very elderly subjects. Archives of Gerontology and Geriatrics. Volume 33, Issue 3, November 2001, Pages 211-218

Alarcon, T., Gonzalez-Montalvo, J. I., Barcena, A., & Gotor, P. (2006). Post-fall syndrome: a matter to study in patients with hip fractures admitted to orthopaedic wards. Age and Ageing, 35(2), 205–206.

Miró, Ò., Brizzi, B. N., Aguiló, S., Alemany, X., Jacob, J., Llorens, P., … Martín-Sánchez, F. J. (2019). 180-Day Functional Decline among older patients attending an emergency department after a fall. Maturitas.

Images

Understanding and treating « pusher syndrome ». Hans-Otto Karnath, Doris Broetz. 2003 | Pfitzenmeyer, P., Mourey, F., Tavernier, B., & Camus, A. (1999). Psychomotor desadaptation syndrome. Archives of Gerontology and Geriatrics, 28(3), 217–225.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Bronchite aigüe de l’adulte : kinésithérapie respiratoire pertinente, efficace ?

Au mois de novembre, chaque année en France, de nombreuses personnes âgées sont atteintes de bronchite aiguë. Parfois, de la kinésithérapie respiratoire est prescrite.

La plupart de ces personnes ne seront pas hospitalisées. Les traitements médicaux administrés varient selon les médecins rencontrés, le type de bronchite et la nature des symptômes.

Des prescriptions de kinésithérapie respiratoire, au domicile ou non, sont aussi régulièrement prescrites et effectuées. Sont-elles efficaces pour guérir de la bronchite ou soulager certains symptômes ?

♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023.
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Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique

La bronchite du bébé et de l’adulte

La bronchite aigüe est une pathologie principalement hivernale qui atteint le bébé comme l’adulte. Chez le bébé, on parle plus souvent de bronchiolite. Chez le bébé, la kinésithérapie respiratoire est efficace pour soulager les symptômes des bébés atteints de forme peu ou modérément sévère de bronchiolite. La bronchiolite est très fréquente chez les bébés, mais aussi chez l’adulte.

Environ 5 % des adultes ont une bronchite chaque année. Les personnes âgées en sont plus souvent victimes. Il s’agit d’une inflammation des bronches et des bronchioles qui conduisent l’air aux poumons, le plus souvent liée à un virus.

Il ne faut pas la confondre avec la pneumonie ou pneumopathie qui est plus grave.

La bronchite ne fait pas parti des pneumopathies interstitielles.

L’évolution d’une bronchite chez l’adulte

La plupart du temps, la bronchite aigüe évolue favorablement sans médicament. Seules 10 % des bronchites sont causées par une bactérie et peuvent nécessiter un traitement antibiotique. Le reste du temps, les antibiotiques sont inutiles.

La bronchite commence généralement par une infection des voies aériennes supérieures : le nez peut couler ou être bouché. Au bout de quelques jours apparaît une toux, d’abord sèche et des douleurs au niveau du thorax, voire une sensation de gène pour respirer.

Ensuite la toux devient plus grasse et les personnes peuvent avoir des crachats, épais et purulent ou plus liquides et transparent. Une fièvre est parfois associée. La toux cède le plus souvent en 7 à 10 jours, quoi que l’on fasse.

Lorsqu’on écoute les poumons au stéthoscope, on peut entrer quelques râles bronchiques, ou rien du tout.

Soulager une bronchite chez l’adulte

Des mesures peuvent être prises pour soulager les symptômes et se sentir mieux. Il s’agit de :

  • boire régulièrement de l’eau, des sirops aux fruits, ou des boissons chaudes ;
  • manger du miel ou des bonbons à sucer ;
  • humidifier l’air (par exemple, rester longtemps dans sa salle de bain après avoir pris une douche ou un bain ; ou respirer la vapeur s’échappant d’un bon dans lequel on aura mis de l’eau portée à ébullition) ;
  • ne pas fumer ;
  • ne pas aller dans des endroits où les gens fument.

Parfois, le paracétamol peut être pris pour soulager les douleurs ou la fièvre dans les formes les plus gênantes de bronchite.

En cas d’encombrement au niveau du nez, se moucher régulièrement peut apporter un certain confort. Il est possible de se moucher simplement avec un mouchoir ou d’effectuer des lavages du nez avec du sérum physiologique ou des solutions salines.

Il peut être bénéfique aussi de continuer à rester actif a minima. Rester en position assise plutôt qu’allongée la journée, voire marcher, permet de mieux drainer les sécrétions. Il faut bien sûr éviter de faire du sport ou des activités trop fatigantes : il faut se reposer sans être au lit toute la journée.

Trouver une installation confortable pour dormir est aussi important. Il est possible d’utiliser plusieurs coussins ou traversins pour dormir la tête surélevée.

Si vous envisagez d’utiliser le Revitive Aerosure, sachez qu’il existe des alternatives moins coûteusess

La kiné respiratoire en cas de bronchite de l’adulte

Les personnes âgées consultant un médecin ont parfois des prescriptions de kinésithérapie respiratoire à effectuer en lien avec leur bronchite. Généralement, le kiné intervient plusieurs jours après le début de la bronchite, lorsque les personnes commencent à avoir une toux grasse.

S’il y a de nombreuses études sur l’effet de la kiné respiratoire sur la bronchiolite (bronchite de l’enfant), ou sur l’effet de la kiné chez les personnes atteintes de bronchite pulmonaire chronique obstructive (BPCO), l’effet de la kinésithérapie respiratoire chez l’adulte atteint de bronchite aigüe n’est pas étudié.

Les kinésithérapeutes peuvent dans tous les cas rappeler les différents moyens de soulager la bronchite. Ils et elles peuvent remontrer aux personnes comment se moucher efficacement, comment bien s’installer pour se sentir mieux, et les inciter à rester actives.

Il semble raisonnable de penser que des séances de kinésithérapie respiratoire pour bronchite aigüe ne font pas guérir plus rapidement de la bronchite. Le passage des kinésithérapeutes peuvent en revanche aider à soulager les symptômes de la bronchite, particulièrement durant la phase de toux grasse. Des exercices de kinésithérapie respiratoire peuvent être donnés.

En fonction de leur effet et de la façon dont les patients les réalisent, il peut être recommandé ou non de les poursuivre, seul ou en présence du thérapeute. Ces exercices ont pour but de drainer les sécrétions des bronches et des voies aériennes supérieures.

Chez les personnes alitées qui n’arrivent pas à se lever, le kinésithérapeute peut également proposer des exercices et positions adaptés pour aider à soulager les symptômes.

Dans tous les cas, le patient doit participer activement à la réalisation des exercices et à la prise en charge de ses symptômes y compris en l’absence des kinésithérapeutes. Comme il s’agit d’agir sur les symptômes de la bronchite, il n’y a pas de fréquence et durée idéale des séances de kinésithérapie.

Bronchite : contagion à limiter

La bronchite aigüe est le plus souvent due à un virus, elle est donc contagieuse. Il faut donc veiller à :

  • tousser ou se moucher dans un mouchoir et le jeter juste après l’utilisation ;
  • se laver très souvent les mains, surtout après s’être mouché ou avoir toussé ;
  • éviter d’être en contact avec des personnes fragiles ;
  • ne pas partager ses couverts ou autres ustensiles ;
  • éviter de faire la bise, serrer la main.

Que faire en cas de bronchite : résumé

  • La plupart des bronchites aigües de l’adulte évoluent vers le mieux et guérissent en 7 à 10 jours sans traitement particulier.
  • Il est possible de soulager les symptômes de la bronchite : boire, sucer des bonbons au miel, être dans un endroit humide, ne pas fumer, rester actif, bien s’installer.
  • Les kinésithérapeutes peuvent aider à soulager les symptômes, bien qu’il n’existe pas d’études cliniques spécifiques sur le sujet.

Encodre des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !

Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :

📚 Vous pourrez également apprécier ces articles :

📘 Références 📘

Prescrire. 2015. Bronchite aiguë chez l’adulte : antibiotiques peu utiles.

Medline. 2019. Recherche avec les mots clés « bronchite aigüe » et « kinésithérapie », en anglais. Aucun résultat sur l’intérêt de la kiné respiratoire chez l’adulte atteint de bronchite aiüe. Idem avec les mots clés « bronchite », « kinésithérapie », « personne âgée ».

Ross et al. 2010. Diagnosis and Treatment of Acute Bronchitis.

Ameli. 2019. Bronchite : limiter la contagion.

Cochrane. 2014. Over-the-counter (OTC) medications for acute cough in children and adults in community settings.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Kinésithérapeute et ionophorèse : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Un appareil à ionophorèse (aussi appelée iontophorèse) est un dispositif médical utilisant un faible courant électrique non douloureux pour faire pénétrer des substances dans la peau.

Il est aussi utilisé pour établir des diagnostics ou en laboratoire pour faire des expériences.

Cet article traite de l’usage thérapeutique de la ionophorèse, particulièrement par les kinés.

♻️ Dernière mise à jour : décembre 2023.
👩‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens Amazon affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Une partie de cet article résumé au format vidéo

La ionophorèse contre la transpiration excessive

Il s’agit de l’usage le plus fréquent de la ionophorèse dans la pratique du kinésithérapeute.

Depuis 2012, j’ai crée et j’anime le site internet L’Observatoire de l’hyperhidrose, sur lequel vous pourrez trouver des informations complémentaires sur l’hyperhidrose.

Qu’est-ce que la transpiration excessive ?

La transpiration excessive où hyperhidrose est une pathologie qui atteint environ 3 % de la population en France.

Elle peut atteindre toutes les parties du corps sans exception, mais touche plus souvent les aisselles, les pieds, les mains et le visage.

Il existe deux formes d’hyperhidrose : primaire et secondaire. L’hyperhidrose primaire est probablement d’origine génétique, elle débute dès l’enfance, voire bébé, au plus tard à l’adolescence.

L’hyperhidrose secondaire est causée par une maladie ou à la suite d’un traitement médical ou chirurgical, elle se déclenche plutôt à l’âge adulte. Identifier la cause d’une hyperhidrose secondaire est important pour la diminuer voire la supprimer.

L’hyperhidrose peut être gênante socialement lorsqu’il s’agit par exemple de parler à l’oral, de serrer des mains, de marcher pieds nu, etc.

Elle peut être réellement handicapante pour écrire proprement, pratiquer certaines activités nécessitant de la motricité fine (couture, réaliser une prise de sang, menuiserie, etc.), marcher sur un sol lisse sans tomber, porter certaines chaussures, s’habiller, etc.

Comment savoir si on est atteint d’hyperhidrose ? En lisant l’article dédié sur le site de l’Observatoire de l’hyperhidrose.

Main atteinte de transpiration excessive
Transpiration excessive des mains ou hyperhidrose palmaire.

Quels sont les différents traitements de l’hyperhidrose ?

Pour l’hyperhidrose primaire comme secondaire, il existe différents traitements permettant de diminuer voire supprimer la transpiration. Chaque traitement a ses avantages et ses inconvénients.

Certains permettent de traiter toutes les parties du corps, d’autres non.

L’accompagnement par un professionnel de santé spécialiste de l’hyperhidrose peut vous aider à y voir plus clair dans les différents traitement et à celui ou ceux plus adaptés à votre situation et vos attentes.

Les traitements de la transpiration excessive pour lesquels il existe des études cliniques évaluant leur efficacité sont :

J’ai aussi écrit un ebook spécialement dédié au sujet des solutions contre l’hyperhidrose :

livre sur les traitements de l'hyperhidrose, dont la ionophorèse

La ionophorèse est-elle efficace ?

Les premières études évaluant l’efficacité de la ionophorèse sur la transpiration excessive datent des années 1980, et son utilisation de 1956.

Les études montrent qu’une utilisation 5 fois par semaine de la ionophorèse diminue la transpiration des mains et des pieds au bout de 6 à 15 séances.

En général, les séances sont efficaces sur 70 à 90 % des patients (efficacité subjective relatée par les patients, et objective réalisée par des tests évaluant le niveau de transpiration des paumes de main et plantes de pied). Le suivi dans le temps des patients n’excède pas quelques semaines.

Les patients voient en général encore un mieux sur la transpiration 4 semaines après le dernier traitement.

Les effets secondaires décrits sont des rougeurs et de la sécheresse au niveau de la peau traitée.

La ionophorèse s’applique-t-elle sur toutes les parties du corps ?

La ionophorèse s’applique principalement sur les mains et les pieds. Avec des électrodes particulières, il est aussi possible de l’appliquer sur les aisselles ou sur le visage.

Il n’est pas possible de l’appliquer contre la transpiration excessive du buste, du dos, des fesses ou encore du cuir chevelu.

Comment se déroule une séance de ionophorèse contre la transpiration ?

Une séance dure entre 10 et 40 minutes selon les parties du corps que vous souhaitez traiter, la façon dont vous supportez la séance et vos attentes en termes d’efficacité.

Les séances ne sont pas douloureuses, tout au plus la sensation du courant peut être un peu désagréable.

Vous immergez les parties du corps à traiter dans de l’eau, ou vous disposez les électrodes humidifiées sur les aisselles et le visage. Selon l’appareil à ionophorèse, vous pouvez traiter ou non toutes les parties du corps en même temps.

L’appareil est ensuite allumé et l’intensité réglée en fonction de votre confort. Vous n’avez rien à faire de particulier pendant ce temps, vous pouvez lire, regarder une vidéo, vous reposer, discuter, etc.

Au bout de 10 à 40 minutes, il suffit de vous essuyer les parties du corps immergées, et la séance est finie. Selon l’appareil utilisé, il faut inverser la polarité en appuyant sur un bouton en milieu de séance.

Les séances sont à renouveler régulièrement selon un protocole défini de manière personnalisée avec votre kinésithérapeute ou votre autre praticien.

Au début, les séances sont rapprochées (plusieurs par semaine, voire tous les jours), puis espacées petit à petit, jusqu’à trouver l’équilibre idéal pour vous selon vos attentes et votre disponibilité.

Il faut enlever tous les bijoux et accessoires métalliques.

La ionophorèse est formellement contrindiquée aux personnes porteuses d’un pacemaker, et non recommandée aux femmes enceintes et chez les patients porteurs de matériels mécaniques.

Bijoux métalliques à enlever lorsqu'on utilise un appareil à ionophorèse
Tous les bijoux métalliques et accessoires doivent être enlevés lorsqu’on réalise la ionophorèse contre la transpiration excessive.

La ionophorèse peut-elle être réalisée chez l’enfant ?

La ionophorèse est pratiquée chez les enfants. Une étude réalisée au Royaume-Uni et publiée en 2017 rapporte l’utilisation de la ionophorèse sur 43 enfants âgés de 8 à 17 ans.

La plupart des enfants étaient atteints d’hyperhidrose des mains et/ou des pieds (91 %) et 44 % étaient atteints d’hyperhidrose des aisselles. Tous les enfants ont eu 7 sessions de ionophorèse au cours de l’étude.

Chez 84 % des enfants (soit 36 sur 43), il y avait une diminution notable de la transpiration excessive.

L’échelle utilisée pour évaluer la diminution était le score HDSS : le patient doit coter la sévérité de son hyperhidrose lui-même en fonction de la gène qu’elle occasionne. Les enfants cotaient leur hyperhidrose en moyenne à 3,5/5 avant les séances et à 2/5 après.

Les effets secondaires reportés chez les enfants étaient les suivant :

  • paresthésies chez 88 % des enfants (sensations désagréables de type picotements sur les parties du corps immergées) ;
  • prurit chez 26 % des enfants (démangeaisons) ;
  • douleur chez 26 % des enfants ;
  • érythèmes chez 14 % des enfants (rougeurs) ;
  • sécheresse chez 12 % des enfants ;
  • dermabrasions et petits boutons chez 2 % des enfants.

Les enfants n’étaient cependant pas suivi plusieurs mois ou années à distance : il faut le plus souvent réaliser des séances de ionophorèse d’entretien pour continuer à bénéficier de ses effets.

Où réaliser des séances de ionophorèse ?

Il est possible de réaliser des séances de ionophorèse chez un professionnel de santé équipé d’une machine.

Ce sont généralement les kinésithérapeutes, les dermatologues, les podologues, et certains services de dermatologie dans les centres hospitaliers qui en sont équipés.

Vous trouverez à la fin de cet article un guide pour trouver un kinésithérapeute équipé de ionophorèse près de chez vous ainsi qu’une liste de certains kinés recensés.

Il est aussi possible de réaliser à son domicile les séances. Dans ce cas, il faut acheter un appareil à ionophorèse ou louer un appareil à ionophorèse. Il faut compter environ 350 euros pour l’achat.

Il est possible de commencer les séances chez un kiné puis d’acheter l’appareil si on trouve le traitement efficace contre sa transpiration.

Les 2 appareils de meilleur rapport qualité-prix sont :

🥇 Ionomat I
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La ionophorèse est-elle remboursée par la sécurité sociale ?

Les séances prescrites par un médecin et réalisées chez des kinésithérapeutes ou d’autres professionnel.les de santé conventionné.es sont remboursées intégralement par la sécurité sociale et les complémentaires santé.

Ce sont le plus souvent les kinésithérapeutes et les dermatologues qui sont équipés d’appareils à ionophorèse, parfois des podologues.

Les séances sont remboursées qu’elles aient lieu en cabinet, à votre domicile ou à l’hôpital. Certain.es professionnel.les exercent parfois des dépassements d’honoraires, qui eux ne sont pas remboursés. Ils sont cependant tenus de vous en informer avant les séances si c’est le cas.

L’achat ou la location ne sont pas remboursés, ni en France ni dans aucun autre pays à ma connaissance.

Peut-on pratiquer la ionophorèse à domicile ?

Tout à fait, et cela est sans danger. Il faut pour cela acheter ou louer un appareil. Voici des avis argumentés sur les appareils à ionophorèse présents sur le marché. Un-e kiné peut également se déplacer à votre domicile avec son appareil pour vous montrer comment faire chez vous les séances.

Appareil à ionophorèse Drionic contre la transpiration des pieds?
Un des appareils à ionophorèse qu’il est possible d’utiliser à domicile, le Drionic, le moins cher du marché, fabriqué aux Etats-Unis. Les deux entreprises françaises fabriquant des appareils à ionophorèse pour les particuliers et professionnels sont Ionomat et I2M laboratoires.

Comment augmenter l’efficacité de la ionophorèse contre l’hyperhidrose ?

Plusieurs astuces peuvent être utilisées pour augmenter l’efficacité et limiter le risque d’effets secondaires (rougeurs, démangeaisons, transpiration compensatrice, accoutumance).

Elles sont à adapter au cas par cas, et votre professionnel de santé pourra vous les délivrer.

On peut citer notamment :

  • la variation de la fréquence, de la durée et de l’intensité des séances ;
  • la variation de la quantité d’eau utilisée et du degré d’immersion ;
  • l’utilisation de substances dans l’eau pour améliorer l’effet dé-transpirants (sels d’aluminium, anti-cholinergiques) ;
  • l’utilisation de crèmes hydratantes.

Existe-t-il des kinésithérapeutes spécialisés dans le traitement de l’hyperhidrose ?

Le traitement de l’hyperhidrose n’est pas une spécialité officielle de la kinésithérapie.

Les kinésithérapeutes sont formés à l’utilisation de la ionophorèse généralement en formation initiale. Il n’existe pas de formation continue spécifique sur l’utilisation de la ionophorèse pour les kinésithérapeutes.

En revanche, plusieurs kinés se forment par eux-mêmes à l’utilisation de cette technique, investissent dans un appareil et éventuellement se tiennent au courant de l’évolution de la littérature scientifique consacrée au traitement de l’hyperhidrose.

La ionophorèse pour les tendinopathies (tendinites) et en traumatologie et rhumatologie

La ionophorèse permet de faciliter la pénétration dans la peau de substances actives. Par rapport à une crème ou un gel appliqué sur la peau, l’utilisation de la ionophorèse permet à la substance de pénétrer 10 à 2.000 fois mieux (selon le type de peau, de substance et les conditions d’utilisation).

La diffusion de la substance dans le corps humain peut être maintenue durant 48 heures. Un des produits qu’il est possible de faire pénétrer est par exemple un anti-inflammatoire non-stéroïdien (AINS) ou des anesthésiants.

Des études menées chez les animaux ou sur des cellules humaines in-vivo cherchent à voir si l’ionophorèse permet de rendre plus efficace l’efficacité des AINS appliqués localement.

En effet, l’application locale d’AINS se fait par l’intermédiaire de crèmes ou de gels qui sont peu efficaces.

Des études sur ont été aussi menées chez l’être humain pour les pathologies suivantes :

  • épicondylite latérale ;
  • tendinopathies de l’épaule (tendinites calcifiantes) ;
  • douleurs myofasciales ;
  • syndrome du canal carpien ;
  • fasciite plantaire ;
  • arthrose de genou ;
  • tendinopathies du tendon d’achille ;
  • tendipathies patellaires ;
  • dactylites (inflammations des doigts) ;
  • cicatrices récalcitrantes.
Ionophorèse pour les tendinopathies du tendon d'achille.
Ionophorèse pour une tendinopathie du tendon d’achille.

Par exemple, certains ont utilisé la ionophorèse en cas d’épicondylite latérale (tendinopathie du coude).

Les substances actives utilisées sous forme de gel étaient la dexaméthasone (en solution liquide) et la lidocaine (en gel). Les patients qui ont utilisé la ionophorèse avec ces substances ont été mieux soulagés et ont récupéré plus de force et de fonctionnalité du bras que ceux traités dans le groupe placebo par un courant galvanique.

Les séances ont eu lieu 3 fois par semaine durant 4 semaines.

Il semble cependant que peu de kinésithérapeutes recourent à ces pratiques, le principal traitement des tendinopathies restant la mise au repos et la reprise progressive et supervisée des mouvements et activités contraignantes.

D’autre part, les études qui comparent l’efficacité de la ionophorèse à l’efficacité des exercices supervisés ne montrent pas d’effet supérieur de l’ionophorèse.

La ionophorèse contre les douleurs post-opératoires

Après une intervention chirurgicale, les douleurs post-opératoires peuvent être très fortes.

Dans certains cas, il est nécessaire de recourir à des opioïdes (morphiniques).

Il existe un appareil homologué aux Etats-Unis et dans l’Union européenne permettant d’utiliser des opioïdes par ionophorèse au lieu de les utiliser par intra-veineuse : le fentanyl HCl iontophoretic transdermal system (commercialisé en France sous le nom IONSYS).

Dispositif Ionsys de ionophorèse contre les douleurs post-opératoires.
La ionophorèse pour les douleurs post-opératoire : pas plus efficace que les traitements habituels par intra-veineuse.

La Haute autorité de santé a évalué ce dispositif et ne le considère pas plus efficace que les systèmes habituels d’injections d’opioïdes par intraveineuse.

La ionophorèse en dentisterie

La ionophorèse peut être utilisée en dentisterie, pour faire pénétrer diverses substances dans la dentine des dents ou dans d’autres tissus de la bouche. Elle peut permettre par exemple d’appliquer un anesthésique local (lidocaïne), des anti-inflammatoires, du fluor ou des antibiotiques.

La ionophorèse en ophtamologie

Certains ophtamologues utilisent la ionophorèse pour traiter l’uvéite ou d’autres pathologies inflammatoires des yeux. Ils font pénétrer des stéroïdes.

La ionophorèse en cancérologie

La ionophorèse est parfois utilisée chez les personnes traitées pour des cancers, pour limiter les effets secondaires des traitements radiologiques ou chimiques du cancer.

La ionophorèse et les problèmes temporo-mandibulaires

La ionophorèse est parfois utilisée pour des dysfonctions de l’articulation temporo-mandibulaire, en cas de polyarthrite rhumatoïde, de blessures traumatiques, de bruxisme, ou de cause non identifiée. Les substances actives utilisée sont la dexamethasone ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Elle est utilisée pour diminuer les douleurs et améliorer la fonction de cette articulation.

Comment trouver un kinésithérapeute pratiquant la ionophorèse ?

Il n’existe pas d’association rassemblant les kinésithérapeutes pratiquant la ionophorèse.

D’autre part, le code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes leur interdit de mentionner publiquement (sur leur plaque ou sur leur site internet) le matériel dont ils disposent ou les pathologies qu’ils prennent plus en charge que d’autres, hormis celles codées dans la nomenclature des actes.

Trouver un kiné équipé de ionophorèse par internet

Vous pouvez tout de même tenter de trouver un kiné équipé près de chez vous en tapant d’abord « kiné ionophorèse » dans un moteur de recherche tel que Google, ou bien « kiné ionophorèse + votre ville ».

Si vous ne trouvez pas, vous pouvez appeler individuellement tous les kinésithérapeutes de votre secteur, ce qui est assez chronophage.

Annuaire des kinés équipés de ionophorèse

J’ai recensé ci-dessous par département les coordonnées des kinés (mais aussi, dermatologues et podologues) qui semblent disposer d’un appareil à ionophorèse.

Cela ne signifie cependant pas forcément qu’ils sont spécialistes de l’utilisation de cet appareil, ou qualifiés pour accueillir des personnes atteintes d’hyperhidrose et personnaliser leur prise en charge.

Si vous connaissez un kiné qui n’est pas sur cette liste et qui a l’appareil, ou si vous êtes vous-même ce kiné, n’hésitez pas à me contacter ou à laisser vos coordonnées en commentaire pour que je vous ajoute.

01 Ain

Bourg-en-Bresse, Clinique Convert, service de kinésithérapie. Site web : https://clinique-convert-bourg-en-bresse.ramsaygds.fr/vous-%C3%AAtes-patient-pourquoi-choisir-notre-%C3%A9tablissement/la-kin%C3%A9sith%C3%A9rapie

13 Bouches-du-Rhône

Cuges les Pin. Robin Coubard, kinésithérapeute. Site web : http://www.kine-cuges-romain-coubard.fr/actes-specifiques/

21 Côte d’or

Dijon. CHU, service de dermatologie. Site web : https://www.chu-dijon.fr/fr/service/dermatologie

31 Haute Garonne

Toulouse. Charles Bessette, kinésithérapeute. Site : https://www.bessette-charles-masseur-kinesitherapeute.fr/

33 Gironde

Saint-Aubin-de-Médoc. Wilfried Nouge, kinésithérapeute. Site web : https://www.linkedin.com/in/wilfried-nouge-45a379123/?originalSubdomain=fr

34 Hérault

Montpellier. CHU, service de dermatologie. Site web : http://www.chu-montpellier.fr/es/a-propos-du-chu/offre-de-soins/consultation/fiche/Phototh%C3%A9rapie/

44 Loire-Atlantique

Nantes, Pied Chevilles Nantes Atlantique, service de kinésithérapie/podologie. Site web : https://www.pcna.fr/podologie/ionophorese/

59 Nord

MORLION Nathalie
7 place de l’europe
59760 Grande synthe
06.08.63.23.10

67 Bas-Rhin

Strasbourg. Etienne Richard, kinésithérapeute. Site web : https://www.masseur-kinesitherapeute-richard-etienne.fr/les-soins/ionophorese-reeducation-pour-hyperhidrose/

73 Savoie

Chambéry. Pauline Lemordant, dermatologue : https://www.doctolib.fr/dermatologue/chambery/pauline-lemordant

Nelly Darbois (c’est moi-même ! Je ne pratique pas l’ionophorèse, mais j’ai fondé et je gère un des principaux sites francophones dédié à la transpiration excessive : observatoire-hyperhidrose.fr)

76 Seine Maritime

Le Havre, Groupe hospitalier, service de dermatologie. Site web : http://www.ch-havre.fr/nos-offres-de-soins/adulte/dermatologie/

Rouen, Centre kinésithérapie Rouen Sport. Site web : https://kine-duthil.fr/bien-etre-sante

78 Yvelines

Mantes la jolie, Centre hospitalier, service de dermatologie. Site web : http://www.ch-mantes.fr/dermatologie.html

80 Somme

Amiens, CHU, service de dermatologie. Site web : http://www.chu-amiens.fr/patients-visiteurs/services-et-contacts/medecine/dermatologie/

85 Vendée

La Roche sur Yon, Centre hospitalier, service de dermatologie. Site web : https://www.chd-vendee.fr/portal/offre-de-soins/dermatologie-116-77.html?uid=f6d88182-3d6a-4c66-b4ff-99b0b27e941a&objectTypeUid=e5ee395f-cc3d-4137-a91f-f4265ea9c33b

86 Vienne

Poitiers, CHU, service de dermatologie. Site web : http://www.chu-poitiers.fr/en/dermatologie-et-dermato-allergologie/

91 Essonne

Corbeil-Essonne. Centre Hospitalier Sud Francilien, service de dermatologie. Site web : https://www.chsf.fr/nos-service/medecine/dermatologie/

Remboursement des séances de ionophorèse

Les séances de ionophorèse pratiquées chez le kiné peuvent être intégralement remboursées par la sécurité sociale et les complémentaires santé à condition :

  • que le patient bénéficie d’une prescription pour des séances de kiné réalisée par un médecin ou chirurgien (souvent il s’agit du médecin généraliste, d’un dermatologue ou plus rarement d’un chirurgien). Que doit figurer sur l’ordonnance de séances de kiné ? Le médecin peut simplement écrire « bilan + séances de kinésithérapie », ce sera au kiné de déterminer exactement le diagnostic kiné du patient et le traitement approprié. Le nombre de séances n’a pas a été précisé sur l’ordonnance, il sera aussi à l’appréciation du kinésithérapeute en lien avec son patient.
  • que le ou la kinésithérapeute ne pratique pas de dépassement d’honoraire et n’exerce pas cet acte hors convention, ce qu’il est tenu de dire au patient avant toute séance et d’afficher dans son cabinet.

Le kinésithérapeute côte alors la séance de kiné selon le code de la NGAP qui est le plus pertinent au regard du bilan réalisé (hyperhidrose primaire ou secondaire).

En cas d’hyperhidrose secondaire, un acte de l’article 4 (affections neurologiques et musculaires) peut parfois être pertinent.

Pour une hyperhidrose primaire, aucun acte n’est vraiment pertinent, on peut à défaut côter un AMK 9.5 pour rééducation de plusieurs membres, même s’il ne s’agit pas d’une affection orthopédique ou rhumatologique.

Un autre article plus complet est disponible sur le site de l’Observatoire de l’hyperhidrose pour en savoir plus sur le remboursement des séances de ionophorèse. Ainsi que mon ebook Vivre avec l’hyperhidrose.

L’essentiel à retenir

  • La ionophorèse est efficace comme traitement de la transpiration excessive des mains et des pieds
  • La ionophorèse peut se pratiquer chez un professionel de sant (kiné, dermatologue, podologue), les séances sont remboursées
  • Les personnes atteintes d’hyperhidrose peuvent acheter un appareil à ionophorèse pour faire des séances chez eux, l’appareil n’est pas remboursé à l’achat.

📘 Sources 📘

L’Observatoire de l’hyperhidrose, site web francophone de référence sur l’hyperhidrose et ses traitements, à destination des médecins et professionnels de santé.

Dagash H et al. Tap water iontophoresis in the treatment of pediatric hyperhidrosis. 2017. J Pediatr surg.

Karpiński TM. Selected Medicines Used in Iontophoresis. 2018. Pharmaceutics.

Luz DC et al. Iontophoresis in lateral epicondylitis: a randomized, double-blind clinical trial. 2019. J Shoulder Elbow Surg

HAS. IONSIS (fentanyl), antalgique. Avis sur les médicaments 2017.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Correcteur de posture : avis kiné & médical

Vous vous questionnez sur le correcteur de posture, vous souhaitez avoir un avis kiné ou médical ? Depuis quelques années, ces correcteurs de posture ou redresse-dos sont commercialisés.

Ils sont destinés aux personnes qui ont des douleurs au dos, ou aux personnes souhaitant prévenir le mal de dos, ou avoir une meilleure posture, plus esthétique, avec moins de cyphose thoracique. Sont-ils efficaces ? Certains se demandent d’ailleurs s’ils ne sont pas une arnaque.

Voici mon avis de kiné sur l’intérêt du correcteur de posture pour ses différentes indications.

Cet article s’appuie sur :

  • mon expérience de kinésithérapeute depuis 2009, les problèmes de dos aigus et chronique étant parmi ceux que l’on prend en charge le plus souvent ;
  • mes recherches sur les sites fabricant ou commercialisant les correcteurs de posture ainsi que dans les bases de données internationales de publications scientifiques médicale, pour trouver d’éventuelles études étayant ou non l’efficacité du correcteur de posture.

♻️ Dernière mise à jour : juillet 2023
🧑‍⚖️ Déclaration de liens d’intérêt : liens Amazon affiliés.
Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Qu’est-ce qu’un correcteur de posture : définition ?

Le correcteur de posture se différencie des autres types d’orthèses que l’on peut mettre au niveau du dos lorsqu’on souffre de douleurs lombaires ou dorsales : ceinture lombaire, ceinture lombaire semi-rigide ou encore corset thoraco-lombaire rigide. Les corsets rigides sont fabriqués sur mesure par des orthoprothésistes, les autres orthèses sont fabriquées en série.

Le correcteur de posture est aussi souple 🧘🏽‍♀️ qu’une ceinture lombaire. Il englobe cependant en général également la région thoracique. Certains se portent uniquement sur la région thoracique. Ils ont généralement une forme de harnais, avec plusieurs rappels élastiques permettant de l’ajuster. Ils sont fabriqués en série.

Correcteur de posture : avis général

De nombreux sites internet de fabricants ou de revendeurs vantent les vertus des correcteurs de posture. La liste est presque infinie :

  • soulager les douleurs de dos,
  • améliorer la posture,
  • renforcer les muscles du dos,
  • améliorer son sommeil,
  • prévenir les douleurs de dos,
  • diminuer le risque d’avoir des tassements vertébraux etc.

Plusieurs mécanismes sont également avancés pour justifier l’effet avancé. Par exemple, il est dit que le correcteur de posture permet de corriger les « mauvaises postures » du dos et donc diminue les tensions musculaires, à l’origine des douleurs.

⚠️ C’était un argumentaire similaire qui était aussi avancé il y a quelques années au sujet des sièges ergonomiques. Selon les fabricants, ces sièges permettent de positionner son dos, ses jambes et ses bras de manière optimale, et donc de diminuer les douleurs du dos.

👉 L’avis des personnes qui fabriquent ou commercialisent les correcteurs de posture est donc plutôt élogieux. Mais qu’en est-il de l’avis sur le correcteur de posture des kinésithérapeutes et du corps médical ? Y a-t-il des études qui montrent son efficacité ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Correcteur de posture : avis kiné

Si certains kinésithérapeutes, ergothérapeutes ou ergonomes ont pu émettre un avis positif sur les correcteurs de posture, on sait aujourd’hui qu’il n’existe pas une posture parfaite permettant d’éviter le mal de dos. Le mal de dos est un phénomène complexe résultant de multiples causes. Le fait d’adopter une mauvaise posture n’est pas directement lié aux douleurs de dos. Corriger une mauvaise posture ne permet donc pas vraiment de soulager les douleurs de dos.

En fait, le problème est plutôt le fait de maintenir tout le temps la même posture. Si vous restez assis toute la journée devant votre ordinateur, peu importe votre posture, peu importe le siège sur lequel vous êtes assis : vous aurez probablement mal au dos en fin de journée, surtout si ces journées se répètent.

Une des principales causes du mal de dos est la sédentarité. Les personnes qui pratiquent régulièrement une activité physique ou sportive ont moins de risque d’avoir mal au dos.

Les sièges dits ergonomiques ou les correcteurs de posture utilisés toute la journée n’ont donc pas d’intérêt. Ils peuvent être intéressants pour varier les positions de travail devant un ordinateur, ou lors d’activités répétées. Mais il y a bien d’autres façons de modifier sa posture et surtout de bouger plus souvent qu’en utilisant ce type de dispositif.

En pratique, il y a peu de chance que votre kinésithérapeute vous recommande d’utiliser un correcteur de posture. Lorsque mes patient.es me demandent mon avis de kinésithérapeute sur les correcteurs de posture, je leur dis qu’ils peuvent tout à fait se dispenser d’en acheter un, et je revois avec eux et elles ce qu’il est possible de faire au quotidien pour améliorer le soucis rencontré.

Le correcteur de posture n’est d’ailleurs pas le seul dispositif à la mode sans aucune efficacité par rapport à ce qui est promis : c’est aussi le cas par exemple du Revitive Medic.

Marcher, un des meilleurs médicaments pour soulager le mal de dos
Correcteur de posture, l’avis d’une kinésithérapeute : Marcher, un des meilleurs médicaments pour soulager le mal de dos. Et c’est gratuit. Le correcteur de posture n’encourage pas particulièrement la marche et ne permet pas de manière isolée de soulager les douleurs.

Attention aussi aux sites qui disent n’importe quoi sur le correcteur de posture et l’avis des kinés à leur égard. Il s’agit bien sûr de sites vendant des correcteurs de posture. Ils rapportent que les kinés ont un avis favorable sur les correcteurs de posture. Ce qui ne veut rien dire en soi : quels kinés ? Qu’entendent-ils par favorable ?

Il s’agit de sites qui souhaitent simplement attirer des visiteurs qui tapent la requête suivante dans Google : « correcteur posture avis kiné ». Ils mettent d’ailleurs partout cette expression dans l’article, même si ça n’a pas de sens, comme le montrent les captures d’écran ci-dessous. Enfin, ils ont un discours positif et plat sur le correcteur de posture, pour tenter de convaincre le consommateur de passer à l’achat.

Titre d'un article "correcteur posture avis kiné"
Le titre d’un article qui touche des commissions sur l’achat de correcteur de posture et qui souhaite que les internautes tombent sur son article en tapant « correcteur posture avis kiné ». Malheureusement l’article est vide et n’a aucune information originale ou pertinente.
Capture d'écran d'un article sur le correcteur de posture avis kiné
Un aperçu de l’article sur le « correcteur de posture avis kiné ». Des informations banales, non sourcées.

👩🏽‍⚕️ Mon avis de kiné sur le correcteur de posture est le suivant : le porter peut effectivement avoir un effet positif à très court terme sur l’esthétique de votre posture. Il n’est cependant pas raisonnable d’attendre une efficacité pour soulager ou prévenir vos douleurs de dos, ou améliorer significativement et durablement votre posture.

Si vous souhaitez tout de même acheter un correcteur de posture, voici les liens Amazon vers les « meilleurs » correcteurs de posture. Ce sont les mieux notés (et ayant reçu suffisamment d’avis : plus de 1000). Gardez en tête en mon avis kiné : il n’y a aucune raison de penser qu’ils puissent avoir un effet positif sur autre chose que l’esthétique de votre posture à très court terme…

Correcteur de posture Avidda
22,99
  • avis kiné d'un correcteur de posture avidda
Correcteur de posture Vicorrect
25,99
  • correcteur de posture

Certains anneaux en 8 pour les fractures de la clavicule ressemblent aux correcteurs de posture.

Correcteur de posture : avis médical

Certains médecins du travail ou certains médecins rééducateurs ont pu également parfois recommander l’utilisation de sièges ergonomiques. L’adaptation du poste de travail lorsqu’une personne souffre de douleurs de dos reste d’actualité, mais changer son fauteuil ne suffit pas.

De la même manière, il est peu probable qu’un correcteur de posture permette de diminuer le mal de dos de manière importante et durable. Il ne s’agit donc pas de la première chose vers laquelle se tourner en cas de lombalgie, avec ou non un avis médical.

Y a-t-il des études sur les correcteurs de posture ?

Les dispositifs médicaux ou paramédicaux remboursés en France font l’objet généralement d’études cliniques. Ils sont testés sur certains groupe sde patients pour voir s’ils permettent de réellement soulager la douleur ou d’autres symptômes.

Les correcteurs de posture ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.

⁉️ Y a-t-il tout de même des études permettant de voir si les personnes souffrant du dos utilisant ce dispositif ont moins de douleurs que celles qui ne l’utilisent pas ?

En français, une recherche avec des mots-clés « étude » et « correcteur de posture » sur différents moteurs de recherche médicaux ou non donne un seul résultat 🤔.

Il s’agit d’un document signé par deux ostéopathes et publié sur le site d’un fabricant de tee-shirts correcteur de posture. Il n’est pas publié dans une revue scientifique. L’étude menée sur 12 personnes ne cherche pas à savoir si le correcteur de posture permet de soulager les douleurs de dos. Elle regarde simplement l’impact que cela a sur la posture des sujets debout ou assis, pendant un temps très court, très différent de ce qui se passe au quotidien.

Édit de juillet 2022 : un fabricant de correcteur de posture m’a signalé avoir publié une étude-infographie menée sur 34 femmes ayant utilisé son correcteur de posture. Je salue la démarche de souhaiter apporter quelques données empiriques et descriptives. Cependant, une telle étude descriptive n’apporte absolument aucun élément de preuve en faveur de l’intérêt d’un correcteur de posture par rapport à l’absence de prise en charge quelconque.

Schéma du correcteur de posture utilisé dans une étude regardant l'effet du port du correcteur sur des sportifs de haut niveau.
Schéma du correcteur de posture utilisé dans une étude regardant l’effet du port du correcteur sur des sportifs de haut niveau.

En anglais, il existe un peu plus d’études sur les correcteurs de posture. Elles ne visent cependant jamais à évaluer si le correcteur de posture soulage les douleurs. Elles sont généralement réalisées chez des sportifs et regardent l’impact du port d’un redresseur de dos sur la posture à un moment bien précis de la journée, quand les personnes savent qu’elles sont testées.

Aucune étude n’évalue l’efficacité du correcteur de posture sur le mal de dos, ni son impact à long terme sur la posture.

Correcteur pour la camptocormie et la maladie de Parkinson

On appelle camptocormie l’attitude en flexion importante du rachis. Certaines personnes ont une prédisposition génétique pour développer cette attitude. La camptocormie est plus importante chez les personnes de plus de 65 ans ou chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ou d’un syndrome parkinsonien.

Patient atteint de la maladie de parkinson : posture en hyperflexion du rachis (camptocormie)
Camptocormie très sévère chez une personne atteinte de la maladie de Parkinson

Le correcteur de posture permet-il d’éviter l’aggravation ou l’apparition de la camptocormie, ou permet-il de la diminuer ? Il est fort probable que non. Les contraintes exercées au quotidien sur le rachis dès que l’on est debout, à cause de la pesanteur, font qu’il est très difficile de corriger une camptocormie. Il est fort probable cependant que maintenir une activité physique régulière est utile en cas de camptocormie. Cela permet de solliciter les muscles du rachis, notamment ceux érigeant le dos.

Le correcteur de posture ne permet pas à lui seul de solliciter ces muscles érecteurs du rachis qui limitent l’hyperflexion du dos. Si une fois enfilé le correcteur de posture peut donner l’impression d’une légère correction de la cambrure, cette correction disparaît dès qu’on l’ôte.

ℹ️ En cas de camptocormie liée ou non à la maladie de Parkinson, mieux vaut faire de l’exercice physique.

Le correcteur de posture, un gadget parmi tant d’autres pour soulager les douleurs de dos

Presque tous les jours, des patient-es me parlent de dispositifs qu’ils ont acheté ou qu’ils souhaitent peut-être acquérir pour soulager leurs douleurs au dos. En 2022, le correcteur de posture revient souvent, surtout chez les personnes de 20-50 ans plutôt actives dans leur vie personnelle et sédentaires dans leur vie professionnelle.

Il y a quelques années, mes patient-es me parlaient plus volontiers du tapis d’acupression, alias champ de fleur. A chaque fois, les espoirs sont les mêmes : idéalement, trouver une solution définitive et facile à mettre en place sans effort pour soulager voire éradiquer les douleurs de dos, ou améliorer sa posture. Souvent, l’envie est plus terre à terre : simplement soulager les douleurs de dos, en gardant bien en tête qu’il n’existe pas de produit ou méthode miracle.

J’informe alors les personnes qui me posent des questions au sujet de ces dispositifs : non, ils n’ont jamais fait l’objet d’évaluation scientifique rigoureuse ; oui, je connais beaucoup de gens qui en ont acheté et l’ont très vite laissé de côté ; oui, j’ai aussi déjà entendu (et surtout lu) des témoignages très positifs à leur égard, mais un témoignage n’est hélas pas suffisant pour garantir de la pertinence de quelque chose ; non, ils ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.

Après ces explications, et en ayant bien fait le point sur les alternatives à mettre en place pour soulager les douleurs, mes patient-es n’achètent en général pas le dispositif en question ; ou tout du moins, ne m’en reparlent plus et le cachent bien quand je leur rends visite à domicile !

Le massage est-il plus efficace contre les douleurs du dos ? Pas vraiment : le massage même pratiqué par des kinés soulage transitoirement les douleurs. Mais il ne permet pas de diminuer les douleurs sur le long terme, ni de bouger mieux.

💡 Voici un article plus éclairant sur que faire en cas de mal de dos (lombalgie aiguë).

  • Le mal de dos n’est pas lié principalement à un problème de mauvaise posture, mais plutôt au manque d’activité.
  • Les correcteurs de posture ne permettent pas de soulager les douleurs de dos de manière importante et dans la durée.
  • Certaines personnes peuvent tout de même bien sûr souhaiter y recourir et y trouver un intérêt. Ne serait-ce que parce que cela leur permet de faire quelque chose contre le mal de dos ou pour tenter d’améliorer leur posture, à moindre coût, indépendamment de l’effet du dispositif.

Des remarques, des questions sur les correcteurs de posture ? Rendez-vous en commentaire !

Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :

Foire aux questions fréquentes sur les correcteurs de posture / redresse-dos.

Est-ce qu’on peut acheter des correcteurs de posture dans une pharmacie ?

Certaines pharmacies en vendent. Les correcteurs de posture ne sont cependant pas remboursés par l’assurance maladie et les mutuelles !

Est-ce qu’on peut acheter des correcteurs de posture à Décathlon ?

Oui, sur leur site en ligne ou en magasin.

Quels sont les meilleurs correcteurs de posture ?

Les 2 mieux notés sur Amazon et ayant eu suffisamment d’avis (plus de 1000) sont Avidda et Viccorect.

Une femme enceinte peut-elle porter un correcteur de posture ?

Oui, ce n’est pas une contre-indication. Mais cela n’a pas plus d’intérêt que pour tout le monde, donc simplement un intérêt à court terme sur l’esthétique de la posture.

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Merci pour votre réponse. ✨

Mes autres avis sur du matériel utilisé par les kinés : les ultrasons sont-ils dangereux ?

Vous pourriez également aimer cet article sur le traitement kiné et l’évolution d’un tassement vertébral.

📘 Sources 📘

Longue et al. 2015. Effet du tee-shirt Percko sur la posture debout et assise

Cochrane 2008. Lumbar supports for the prevention and treatment of low-back pain

Cole et al. 2013. Scapular Bracing and Alteration of Posture and Muscle Activity in Overhead Athletes With Poor Posture

The Guardian 2018. Are you sitting comfortably: the myth of good posture

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Kinésithérapie à Chambéry : le point sur l’offre de soin

Vous résidez à Chambéry ou aux alentours et vous souhaitez avoir un aperçu de l’offre de soin en kinésithérapie à Chambéry ?

Voici les principaux lieux où il est possible de recevoir des séances de rééducation effectuées par des kinésithérapeutes à Chambéry, que ce soit dans des établissements de santé publiques ou privés ou en ambulatoire en libéral.

Cabinets de kinésithérapie à Chambéry et alentours

Des kinésithérapeutes estimés en nombre suffisant sur Chambéry

Environ 80 % des kinésithérapeutes exercent en libéral, le plus souvent en cabinet. Depuis peu, les kinésithérapeutes comme d’autres professionnels de santé ne peuvent plus s’installer en libéral forcément où ils et elles le souhaitent selon le nombre de kinésithérapeutes déjà installés sur chaque commune et les besoins de santé estimés de la population.

Des zones sont définies selon des indicateurs définis au niveau national par l’État. Certaines zones sont dites sous-dotées voire très sous-dotées : elles manquent de kinésithérapeutes. D’autres sont très dotées ou sur-dotées : il y trop de kinésithérapeutes. Enfin, il existe des zones dites intermédiaires.

Chambéry est une zone intermédiaire : il est estimé qu’il y a assez de kinésithérapeutes par rapport au nombre d’habitants et aux besoins de la population. Certaines communes aux alentours de Chambéry sont sous-dotées ou sur-dotées. Voici un aperçu dans la cartographie ci-dessous.

Carte du nombre de kiné à Chambéry, Saint-Alban Leysse, Barby, La ravoire, etc.
Les kinésithérapeutes à Chambéry, Saint-Alban Leysse, Bassens, Cognin, etc. sont estimés en nombre suffisant (zones en jaune). Les kinés sont trop nombreuses et nombreux sur les communes de La Ravoire, Challes les Eaux, Barberaz (zones sur-dotées, en bleu). Les communes des Bauges et de la Chartreuse sont pour la plupart sous-dotées (zones oranges), comme souvent dans les régions montagneuses.

Comment trouver un kiné sur Chambéry ?

Il existe plusieurs manières de procéder si vous ne savez pas vers qui vous tourner.

  • Demander conseil à votre médecin généraliste : les médecins généralistes font parti des principaux prescripteurs des kinésithérapeutes. Ils peuvent vous renseigner sur les kinésithérapeutes qui ont un cabinet dans votre quartier et avec lesquels ils ont l’habitude d’échanger.
  • Demander conseil à d’autres professionnels de santé : les pharmaciens, les médecins spécialiste de ville ou de l’hôpital ou encore les infirmières peuvent aussi vous renseigner.
  • Chercher sur internet : vous pouvez taper dans un moteur de recherche par exemple l’expression « kinésithérapeute chambéry », « kiné chambéry », « kiné la ravoire », « kiné st alban » etc. En général, Google Maps va vous indiquer les noms et adresses de kinésithérapeutes sur la commune précisée. Cependant, ils n’apparaissent pas tous. Pour avoir une liste exhaustive, mieux vaut effectuer directement une recherche sur le site des Pages Jaunes ou en tapant vos mots clés et « pages jaunes ». Cet article vous guide plus précisément pour trouver par internet un.e kinésithérapeute qui se déplace à votre domicile dans votre localité.

Si vous cherchez un kinésithérapeute exerçant par exemple la kiné vestibulaire ou la kiné à domicile à Chambéry, vous pouvez également effectuer une recherche sur internet avec ces mots clés. Le plus souvent il vous faudra appeler plusieurs kinésithérapeutes pour trouver quelqu’un qui peut vous prendre conformément à vos besoins.

Pour la requếte "kine chambery", Google ne fait pas apparaître tous les kinésithérapeutes de Chambéry
Google ne fait pas apparaître tous les professionnels de santé sur sa carte. Pour avoir une liste plus complète des kinésithérapeutes à Chambéry et dans ses environs, mieux vaut consulter les Pages jaunes.

Kinésithérapie à domicile à Chambéry

L’exercice de la kinésithérapie à domicile à Chambéry et alentours est organisé de manière coordonnée, grâce aux interactions libres et spontanées des kinésithérapeutes. Beaucoup de kinésithérapeutes qui exercent en cabinet ne se déplacent pas au domicile des patient·es faute de temps. Il est parfois difficile pour les patient·es de trouver un kiné à domicile, bien qu’il existe certains kinésithérapeutes réalisant uniquement des séances de kinésithérapie à domicile. Voici donc les kiné exerçant uniquement ou principalement à domicile dans le bassin chambérien :

  • Kinésithérapie à domicile à Saint-Alban Leysse, BAssens, Chambéry, Barberaz, Barby, La Ravoire : Albin Guillaud, tel : 07 83 35 28 21, présentation ici
  • Kinésithérapie à domicile sur les communes de Saint-Jean d’Arvey, les Déserts, la Féclaz, St François de Sales : Chloé Rabilloud, tel : 06 88 10 74 26.
  • Kinésithérapie à domicile sur les communes du Bourget du lac, la Motte Servolex, Voglans, Chambéry-le-haut, Chambéry-le-vieux : Valérie Girault.

Vous connaissez des kinésithérapeutes exerçant exclusivement à domicile sur d’autres communes ? N’hésitez pas à m’en faire part, je les ajouterai (avec accord du praticien).

Ce sont les kinésithérapeutes exerçant à domicile qui généralement interviennent également dans les EHPAD (Albin Guillaud comme kiné à la Montférine à Barby), maisons de retraite, résidences sénior et foyer logements pour les résident·es qui ont besoin ponctuellement ou régulièrement de kinésithérapie.

Ce sont ces professionnel·les qui assurent aussi souvent les séances de kinésithérapie respiratoire à domicile pour les bébés et nourrissons atteints de bronchiolite et non hospitalisés.

Centres de rééducation à Chambéry et alentours

Le centre de rééducation du Domaine Saint-Alban situé à Saint-Alban Leysse est le principal centre de rééducation du bassin Chambérien. Il appartient à la Croix rouge française et accueille plus de 100 patient·es. La majorité dort sur place, certaines et certains viennent à la journée ou à la demi-journée.

Ce sont principalement les personnes qui ont été hospitalisées qui viennent au Domaine Saint-Alban. Une dizaine de kinésithérapeutes prennent en charge les patients auprès de nombreuses et nombreux autres rééducateurs. Pour être admis, un médecin hospitalier ou libéral doit faire une demande via le site viaTrajectoires.

Les chambériens ayant besoin de rééducation vont aussi régulièrement au Zander à Aix les bains. Il s’agit d’un centre de rééducation privé qui accueille aussi des patients nuit et jour ou à la journée ou demi-journée.

Il existe aussi des services de rééducation plus petits accueillant surtout des personnes âgées (mais pas seulement) : il s’agit des SSR situés au centre hospitalier de Chambéry (Gentianes, Églantines, Fougères) et d’Aix les bains (Reine Hortense), et au centre hospitalier privé Médipole à Challes les eaux. Les SSR de Tresserve (réhabilitation après cancer) et de Saint-Pierre d’Albigny accueillent aussi des patients ayant besoin de rééducation.

Kinésithérapie à Saint-Alban Leysse : domaine Saint-Alban, centre de rééducation de la Croix rouge française
Centre de rééducation Croix Rouge du Domaine Saint-Alban

Kinésithérapie en cure thermale

Des soins sont dispensés par des kinésithérapeutes dans les établissements thermaux de Challes-les-eaux et d’Aix les bains. Il s’agit essentiellement de massages et de mobilisation et activité physique en piscine.

Kinésithérapie aux centres hospitaliers de Chambéry

Une vingtaine de kinésithérapeutes travaillent au Centre hospitalier de Chambéry au côté de nombreuses et nombreux autres rééducateurs. Ils interviennent dans tous les services de l’hôpital : médecine, chirurgie, obstétrique, pédiatrie, EHPAD, soins palliatifs, etc.

Quelques kinésithérapeutes travaillent au SSR du Médipole de Savoie. Les autres kinésithérapeutes intervenant sur les autres services sont des kinésithérapeutes libéraux réalisant des vacations.

Rééducation et kinésithérapie pour enfants et bébés à Chambéry

Il existe plusieurs établissements spécialisés dans la kinésithérapie et plus globalement la rééducation des enfants porteurs de handicaps moteurs et intellectuels. Il s’agit des centres d’éducation motrice situés à Saint-Alban Leysse (Accueil Savoie Handicap) et à La Motte Servolex (Les mésanges). Les enfants sont internes ou externes et reçoivent une à plusieurs fois par semaine des séances de kinésithérapie.

Des kinésithérapeutes interviennent également dans les IME du bassin de Chambéry. Il s’agit de kinésithérapeutes libéraux.

Le CAMSP de Chambéry accueille également les enfants de 0 à 6 ans qui sont nés prématurément, ou qui ont certains problèmes de santé ou retards de développement (paralysie cérébrale spastique notamment). Ils reçoivent des bilans kinés et des séances de kinésithérapie, entre autres rééducation.

Des kinésithérapeutes interviennent parfois aussi au domicile ou à l’école des enfants par le SESSAD de Chambéry (Service d’éducation spécialisée et de soin à domicile).

Le SSR pédiatrique de Challes-les-eaux a accueilli notamment des enfants obèses entre 2012 et 2019, mais a fermé ses portes sans que son activité soit reportée ailleurs sur la bassin chambérien.

Encore des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !

Voir aussi

  1. Kinés à Saint-Alban Leysse
  2. Kinés à Barby
  3. Possible de voir un kiné sans ordonnance ?
  4. Faire de la balnéothérapie à Chambéry
  5. Cabinets kiné Chambéry

📕 Sources 📕

Site c@rto-santé

Rapport démographique des masseurs-kinésithérapeutes, CNOMK, 2017

Dernière mise à jour de l’article : février 2022.

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Kiné respiratoire pour bébé : efficace sur les bronchiolites ?

La kinésithérapie respiratoire pour bébé est parfois prescrite chez les bébés et nourrissons atteints de bronchiolite.

Est-elle pertinente ? Chez quels bébés ?

Que peuvent faire les parents pour maximiser les chances de guérison rapide et éviter un nouvel épisode de bronchiolite ?

Je réponds aux questions les plus fréquentes des parents et professionnels de santé sur la bronchiolite et l’intérêt éventuel d’avoir recours à un kinésithérapeute (spécialisé en pédiatrie ou non).

Dernière mise à jour : septembre 2023
Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun avec le sujet. Tous mes liens financiers en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

Résumé

  • La bronchiolite est une maladie bénigne qui guérit en environ 1 semaine.
  • Il faut être attentif à ce que son bébé mange assez et respire correctement.
  • Il faut moucher bébé plusieurs fois par jour.
  • La kinésithérapie respiratoire pour bébé s’effectue sur les bébés vus à domicile ou en cabinet, non hospitalisés. Il s’agit surtout d’informer les parents sur les facteurs de risque de bronchiolite et d’expliquer comment faire pour que l’épisode actuel dure le moins longtemps possible
  • Se laver régulièrement les mains quand on s’occupe d’un bébé est un des meilleurs moyens de prévenir la bronchiolite
Un résumé de cet article au format vidéo

Qu’est-ce que la bronchiolite ?

La bronchiolite est une infection des voies respiratoires des bébés. Elle atteint les bronchioles, des petites bronches dans les poumons.

Jusqu’à quel âge ? Elle touche les bébés de 0 à 2 ans. Un bébé de quelques jours peut en être atteint, mais ce sont les bébés de 2 à 8 mois qui sont les plus touchés.

En France, elle touche environ 30 % des nourrissons chaque année. Le pic d’épidémie a lieu entre octobre et février. Elle est due à un virus qui se transmet très facilement.

Malgré des symptômes souvent impressionnants pour les parents, la bronchiolite est une maladie bénigne qui évolue vers la guérison en 8 à 10 jours sans complications dans l’immense majorité des cas.

Comment savoir qu’un bébé est atteint de bronchiolite ?

La bronchiolite commence généralement pas :

  • le nez qui coule ;
  • une légère fièvre.

Dans les jours qui vient, il apparaît :

  • une toux sèche ;
  • une respiration rapide et sifflante, 1 à 3 jours après le début de l’écoulement nasal ;
  • parfois, une difficulté à s’alimenter autant que d’habitude.

Le diagnostic est posé par un médecin généraliste ou pédiatre. C’est la toux qui fait en général consulter les parents.

Comment évolue la bronchiolite ?

À partir du moment où la respiration devient sifflante, la bronchiolite dure quelques jours.

En général, au bout de 5 jours maximum, les symptômes sont moins importants et diminuent de jour en jour.

Parfois la toux peut rester jusqu’à 2 semaines.

comment soigner une bronchiolite

Que faut-il faire en tant que parent ?

La principal chose à faire est de surveiller si :

  • votre enfant s’alimente suffisamment ;
  • votre enfant arrive bien à respirer.

Un médecin ou un kinésithérapeute qui pratique la kinésithérapie respiratoire pour bébé pourra vous renseigner plus précisément sur les signes à observer, sur ce qui doit vous rassurer, et ce que vous pouvez faire pour éviter les récidives.

C’est même le rôle principal et sans doute le plus efficace des kinésithérapeutes intervenant en kiné respiratoire sur les bébés atteints de bronchiolite.

Il est aussi important de moucher régulièrement son enfant. Il faut placer allongé l’enfant sur le dos, puis tourner sa tête d’un côté puis de l’autre.

Il faut alors mettre quelques gouttes de sérum physiologique dans chaque narine. Idéalement, il faut arriver à faire renifler bébé.

Un-e kinésithérapeute ou un professionnel de santé ou de la petite enfance peut vous montrer comment faire.

Il existe en réalité de nombreuses techniques de mouchage du bébé. Trouvez celle avec laquelle vous êtes le plus à l’aise !

Etapes de mouchage de bébé en cas de bronchiolite
Comment désencombrer les voies aériennes supérieures en cas de bronchiolite ou d’autre infection des voies aériennes supérieures (source : HAS 2019)

Faire manger bébé plus souvent, et lui donner plus souvent à boire du lait ou de l’eau selon son âge est aussi recommandé.

Il faut supprimer la présence de tabac dans l’environnement du bébé, limiter à 19° la température de sa chambre, et idéalement sur-élever la partie du matelas ou bébé met sa tête lorsqu’il dort.

Cette consigne est à adapter selon l’âge de l’enfant et comment il bouge habituellement dans son lit.

Quel est le traitement recommandé ?

Le seul médicament donné le plus souvent est le paracétamol en cas de fièvre.

Des séances de kinésithérapie respiratoire (à domicile ou en cabinet) sont aussi souvent prescrites.

La kinésithérapie respiratoire des bébés est-elle efficace ?

La kiné respiratoire est prescrite en France pour de nombreux enfants atteints de bronchiolite.

Il s’agit d’une particularité française et belge ; dans les autres pays européens et aux Etats-Unis, il semble que les enfants atteints de bronchiolite ne sont pas renvoyés vers des kinésithérapeutes.

Le kiné respiratoire pour bébé pratiquée à l’hôpital, sur les bébés hospitalisés, et donc atteints des formes les plus graves de bronchiolites, est inefficace sur certains paramètres par rapport à l’absence de kinésithérapie.

En tout cas, elle ne diminue pas la durée des symptômes, la sévérité de la maladie ou encore la durée de l’hospitalisation.

Elle semble cependant améliorer le taux d’oxygène dans le sang des bébés qui ont eu une séance, dans les minutes suivant la séance.

Il y a beaucoup moins d’études conduites sur les formes de bronchiolites légère à modérée, qui sont les plus fréquentes (98 %).

Sur ces bébés, la kiné respiratoire peut avoir une balance bénéfice-risque favorable. En ambulatoire (bébés vus par un-e kinésithérapeute à domicile ou en cabinet), la kinésithérapie respiratoire semble diminuer au moins transitoirement l’encombrement des bébés atteints de bronchiolite.

La consultation des kinésithérapeutes au cabinet ou au domicile peut aussi diminuer l’anxiété des parents et leur permettre de revoir comment moucher efficacement leur bébé.

En attendant de nouvelles études, plusieurs paramètres sont à prendre en compte pour pratiquer ou non la kinésithérapie respiratoire sur un bébé avec bronchiolite vu à domicile ou en cabinet :

  • l’état clinique du bébé : la sévérité de sa bronchiolite ;
  • les souhaits et attentes des parents ;
  • l’expérience du praticien.

Dans tous les cas, le kinésithérapeute peut rappeler aux parents les précautions d’hygiène à avoir, ainsi que leur remontrer comment moucher leur enfant. Cela peut aussi très bien être fait par le médecin traitant ou le pédiatre.

Il n’y a pas de consensus clair sur la pertinence de recourir ou non à la kinésithérapie en cas de bronchiolite.

La Haute autorité de santé a publié en 2019 des nouvelles recommandations sur la prise en charge en ambulatoire (c’est-à-dire en dehors de l’hôpital) des bébés atteints de bronchiolite.

Ces recommandations ont été écrites par des médecins généralistes, des pédiatres et des kinésithérapeutes.

Après des recherches bibliographiques et la lecture approfondie des études cliniques et des recommandations des autres pays, les médecins et kinésithérapeutes n’ont pas réussi à trouver des recommandations consensuelles sur la pertinence du recours ou non à la kinésithérapie de ville.

Pour résumer, les avis d’experts émis sont :

  • que l’intérêt de la kinésithérapie respiratoire peut être intéressant pour les bébés atteints de comorbidités (pathologies neuro-musculaires, paralysie cérébrale, problèmes immunitaires, atteintes cardiaques, trisomie 21, etc.) ;
  • qu’elle n’est pas pertinente en l’absence de comorbidités.
Infographie sur la conduite à tenir en cas de bronchiolite chez un bébé : kinésithérapie ou non ?

Quand faire de la kiné respiratoire pour bébé ?

Ces sont les médecins et les kinésithérapeutes qui déterminent quand il est pertinent de réaliser des séances. Cela dépend de l’état de l’enfant.

Les séances durent en général quelques jours et ne sont pas forcément à débuter le premier jour de la bronchiolite.

Votre kinésithérapeute examinera votre enfant pour vous dire s’il faut commencer dès maintenant les séances ou non.

Il faut une ordonnance médicale pour des séances de kiné respiratoire remboursées.

Kiné respiratoire : jusqu’à quel âge ?

La kiné respiratoire peut être prescrite quelque soit l’âge de l’enfant, même s’il a plus de 2 ans.

En revanche les kinésithérapeutes adaptent les techniques utilisées en fonction de l’âge de l’enfant.

Un enfant de 2 ans qui sait tousser et comprends des consignes simples ne recevra bien sûr pas le traitement de kiné respiratoire pour nourrisson.

Comment se passe une séance de kiné respiratoire pour bébé ?

Le kinésithérapeute vous pose plusieurs questions sur votre enfant.

Il l’observe un moment et peut éventuellement l’ausculter avec un stéthoscope pour mieux entendre comment se passent les échanges ventilatoires, ou prendre sa saturation à l’aide d’un saturomètre, pour connaître son taux d’oxygène dans le sang.

Il réponds à vos questions, vous informe sur les choses que vous pouvez mettre en place en tant que parent.

En fonction de l’état de votre enfant, le kinésithérapeute réalise un ou plusieurs de ces gestes :

  • mouchage de votre bébé pour désencombrer les voies aériennes supérieures ;
  • si nécessaire, manœuvres douces au niveau du thorax et de l’abdomen du bébé pour désencombrer les voies aériennes inférieures (le clapping et la vibration sont cependant contre-indiquées par la Haute autorité de santé en France, car des études cliniques montrent leur inefficacité et même dangerosité). Facultatives ;
  • mouchage de nouveau pour dégager les sécrétions éventuellement remontées dans les voies aériennes supérieures. Le mouchage peut passer par le reniflement ;
  • nettoyage des glaires et autres sécrétions ;
  • apaisement du bébé en cas de pleurs ou d’agitation ;
  • nouvelle auscultation pour vérifier l’efficacité de la pertinence et l’adapter pour l’éventuelle prochaine fois.

Vous pouvez assister à toute la séance de kiné respiratoire pour bébé, sauf cas particulier. Votre kinésithérapeute vous rappelle toujours les mesures à prendre pour améliorer le bien-être de votre enfant en dehors des séances (mouchage, posture, aération, absence de tabac, etc.).

Ce sont d’ailleurs ces mesures qui sont les plus efficaces pour prévenir une récidive de bronchiolite, et maximiser les chances que l’épisode en cours dure le moins longtemps possible.

Une nouvelle séance de kiné respiratoire est programmée pour le jour suivant selon l’état de votre enfant.

Comment trouver un kiné pour des séances de kiné respiratoire pour bébé ?

Selon les régions, il existe des réseaux de kinésithérapeutes et médecins permettant d’assurer la disponibilité de kinésithérapeutes 7 jours sur 7. Il y a aussi de la kiné respiratoire de garde.

A Saint-Alban Leysse, Chambéry et dans l’ensemble de la Savoie, il n’existe pas de réseau de ce type à ce jour. Il faut donc appeler des kinésithérapeutes installés en libéral.

La kinésithérapie respiratoire à domicile est possible, tout comme en cabinet.

Quand consulter en urgence un médecin ?

Il ne faut pas hésiter à consulter en urgence un médecin ou appeler le 15 en cas de doute, particulièrement dans les situations suivantes :

  • bébé de moins de 3 mois ou né prématurément ;
  • difficultés ou refus alimentaires ;
  • bébé qui respire très vite ou fait des pauses respiratoires ;
  • bébé bleu ou qui transpire beaucoup ;
  • bébé qui fait un malaise.
Quand consulter un médecin de nouveau en cas de bronchiolite
Quand consulter un médecin de nouveau en cas de bronchiolite (source : HAS 2019, fiche de conseils aux parents)
Quand consulter en urgence en cas de bronchiolite
Quand consulter en urgence un médecin en cas de bronchiolite (source : HAS 2019, conseils aux parents)

La kiné respiratoire pour bébés dans les médias

Il y a quelques années, la kinésithérapie respiratoire pour bébé a fait polémique dans les médias. Certains articles de journaux ont pu avoir des titres tels que : « Kiné respiratoire pour bébé : danger« .

Ces articles polémiques sa basaient sur la parution d’un article dans la revue médicale Prescrire qui relatait les résultats d’une synthèse d’études récemment parues en 2012.

La revue Prescrire a réagit en publiant des informations complémentaires.

Elle a reprécisé que la balance bénéfice-risque de la kiné respiratoire pour bébé contre la bronchiolite semblait inintéressante sur les bébés hospitalisés, atteints de forme gave.

En revanche, ils ajoutaient que la kiné respiratoire pour les bébés atteints de forme légère ou modérée et suivis en ambulatoire pouvait être pertinente.

Cet article du site kinedarbois a été rédigé initialement fin septembre 2019. Quelques semaines après sa publication, la bronchiolite a fait de nouveau le buzz dans les médias.

Plusieurs journaux télévisés régionaux et nationaux ont parlé de la publication du nouveau rapport de la HAS concernant la prise ne charge de cette pathologie.

La plupart des médias considéraient que la kinésithérapie respiratoire était inutile voire nuisible pour les bébés atteints de bronchiolite selon l’HAS.

Or, le rapport ne communiquait pas vraiment cela. Le contenu du rapport s’appuie sur la littérature scientifique, rappelée dans cet article, et sur des avis d’experts.

Il n’apporte aucun fait nouveau marquant mais constitue simplement une synthèse et une interprétation des connaissances actuelles sur l’évolution naturelle de la bronchiolite. Le Conseil national de l’ordre des kinésithérapeutes (CNOMK) a le jour même communiqué au sujet des mauvaises interprétations qui ont été faites par les médias du rapport.

Que dit mot pour mot le rapport dans sa version synthétique au sujet de la kiné respiratoire ? Ceci :

Les thérapeutiques non médicamenteuses ne sont pas recommandées: nébulisation de sérum salé hypertonique, désobstruction des voies aériennes supérieures, kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique.

Rapport HAS de 2019

La prise en charge en kinésithérapie ne se limite pas au désencombrement bronchique et à la désobstruction des voies aériennes supérieures. Elle consiste également en une observation et une surveillance de l’état clinique du bébé, en une sensibilisation aux facteurs de risque de bronchiolite, et en une ré-assurance des parents.

Cet aspect de la prise en charge n’est pas soulevé dans le rapport.

La kinésithérapie respiratoire et la bronchiolite sont décidément un sujet qui se prête à la polémique, et il est prévisible qu’une énième polémique éclate dans les années à venir, même en l’absence de nouvelles connaissances factuelles.

Comment éviter la bronchiolite ?

Il existe des facteurs de risque de la bronchiolite sur laquelle on peut agir en tant que parent ou personne s’occupant d’un bébé.

Le rôle des kinésithérapeutes est d’informer les proches de l’enfant à ce sujet, et de les aider à mettre en place ces mesures.

Voici ce qu’il est possible de faire pour limiter le risque qu’un nourrisson ou jeune enfant contracte une bronchiolite.

Les virus causant la bronchiolites se transmettent très facilement. Ils se transmettent dans les situations suivantes :

  • lors des éternuements, postillons, du mouchage ou de la toux ;
  • lors des baisers échangés ;
  • lors du port à la bouche de jouets, linges de toilettes, vêtements, aliments ou ustensiles de cuisine.

Un bébé gardé en collectivité a donc de fortes chances d’être contaminé.

De même, on observe que les bébés allaités plus de 3 mois ont plus de risque d’avoir des bronchiolites, sûrement par la proximité avec la mère.

Il faut donc veiller au maximum à :

  • bien se laver les mains, particulièrement avant de nourrir l’enfant, même au sein,
  • porter un masque en cas de toux ou éternuement,
  • éliminer les produits de mouchage au fur et à mesure.

D’autres mesures moins en lien avec l’hygiène limitent également le risque de bronchiolite :

  • ne pas fumer dans le logement ou vit le bébé,
  • ne pas fumer pendant la grossesse,
  • éviter de faire passer du temps dans la cuisine au bébé, surtout si l’on cuisine beaucoup en faisant chauffer de l’huile ou du beurre

Les bébés restent contagieux pendant souvent 4 semaines, même si le virus part en une semaine.

D’autres facteurs de risque moins facilement modifiables ont été identifiés :

  • plus il y a de personnes qui habitent avec le bébé, plus le risque de bronchiolite est important ;
  • plus il y a des frères et sœurs scolarisés, le plus le risque est important ;
  • les bébés habitant dans des logements anciens ou récemment rénovés ont également plus de risque d’être atteint de bronchiolite ;
  • le fait d’habiter dans une zone géographique polluée, ou à proximité d’un gros axe routier, augmente aussi le risque.

D’autres articles sur la kiné en pédiatrie :

  1. Comment moucher un bébé sans mouche-bébé ?
  2. Faut-il mettre un casque contre la plagiocéphalie ou brachycéphalie ?
  3. Pourquoi mon enfant marche sur la pointe de pied ?

📕 Sources scientifiques 📕

Cochrane 2016. Kinésithérapie respiratoire pour le traitement de la bronchiolite aiguë chez des patients pédiatriques âgés de 0 à 24 mois. Bébés atteints de bronchiolite sévère et hospitalisés : efficacité de différentes techniques de kiné respiratoire (conventionnelles, techniques en expiration passive lente et techniques en expiration forcée).

Cochrane 2017. Nébulisation d’une solution saline hypertonique pour la bronchiolite aiguë du nourrisson. Bébés atteints de bronchiolite et hospitalisés : efficacité de la kiné respiratoire par nébulisation de solution saline.

Cochrane 2019. Chest physiotherapy for pneumonia in children. Bébés atteints de bronchiolite et hospitalisés : efficacité de différentes techniques de kiné respiratoire (kinésithérapie respiratoire dite conventionnelle, pression expiratoire positive, pression positive continue des voies respiratoires, PPC à bulles (bCPAP) et drainage autogène assisté.

Cochrane 2019. La ventilation en pression positive continue (PPC) pour la bronchiolite aiguë chez les enfants. Bébés atteints de bronchiolite et hospitalisés : efficacité de la kiné respiratoire par CPAP.

Revue Prescrire 2017. Bronchiolite du nourrisson. Que faut-il faire en cas de bronchiolite du nourrisson.

Revue Prescrire 2012. Bronchiolites : pas de place pour la kinésithérapie respiratoire. Un des articles qui avait fait naître la polémique sur l’efficacité de la kiné respiratoire pour les bébés atteints de bronchiolite. La revue Prescrire avait ensuite actualisé son article et modéré ses propos concernant la non pertinence de la kiné respiratoire pour les bébés vus en ambulatoire (c’est-à-dire non hospitalisés, atteints de forme moins sévères de bronchiolites).

Morrow B. M. 2019. Airway clearance therapy in acute paediatric respiratory illness: A state-of-the-art review. Synthèse de la littérature sur les maladies respiratoires aiguës du nourrisson et les preuves concernant l’efficacité ou non de la kiné respiratoire du bébé.

Assurance maladie. 2019. Reconnaître une bronchiolite.

HAS. 2019. Prise en charge du 1er épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois

Nenna R, Cutrera R, Frassanito A, Alessandroni C, Nicolai A, Cangiano G, Petrarca L, Arima S, Caggiano S, Ullmann N, Papoff P, Bonci E, Moretti C, Midulla F. Modifiable risk factors associated with bronchiolitis. Ther Adv Respir Dis. 2017 Oct;11(10):393-401. doi: 10.1177/1753465817725722. Epub 2017 Aug 16. PMID: 28812472; PMCID: PMC5933664.

Image par Tawny van Breda de Pixabay

nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Kinésithérapie à domicile : quand et comment y recourir ?

Vous cherchez un kiné à domicile ? Différent·es professionnel·les de santé peuvent se déplacer à domicile : les médecins, les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes effectuent souvent des visites à domicile.

Cet article explique les circonstances dans lesquelles les professionnel·les de santé peuvent intervenir au domicile des patient·es, et les modalités de remboursement ou non par l’assurance maladie et les complémentaires santé.

Avec un focus sur les kinés.

Dernière mise à jour : 2 mars 2025
Liens d’intérêt financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Déclaration de liens d’intérêt complète en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique

FAQ express

La kinésithérapie à domicile est-elle remboursée ?

Oui, selon les même modalités qu’en cabinet (sécu + mutuelle).

Comment trouver un kiné à domicile ?

Tapez « kiné à domicile »+ votre localité dans GoogleMaps. S’il n’y a pas de résultat, contactez tous les kinés les plus proches de chez vous jusqu’à en trouver un-e qui se déplace à domicile.

Combien de temps doit durer une séance de kiné à domicile ?

De l’ordre de 20 à 30 minutes.

Quel est le prix d’une séance de kinésithérapie à domicile ?

2,50 à 4 euros de plus par séance par rapport à une séance en cabinet. Cette somme est prise en charge par la sécu et les mutuelles si vous avez une ordonnance médicale avec mention « à domicile ».

Kinésithérapeute à domicile : quand ?

La plupart des kinésithérapeutes libéraux exercent dans un cabinet. Les patient·es se rendent au cabinet par leur propre moyen, ou peuvent parfois bénéficier d’un transport remboursé par l’assurance maladie par VSL ou taxi.

Certain·es kinésithérapeutes travaillent exclusivement ou partiellement au domicile des patient·es.

Cela doit être justifié par l’état de santé de la personne afin que le déplacement soit pris en charge. Le médecin indique alors sur l’ordonnance de séances de kiné la mention « à domicile » (vous pouvez dans certains cas être pris en charge à domicile même sans mention « à domicile » sur l’ordonnance).

Voici ci-dessous quelques exemples de situation où une séance de kiné à domicile peut être pertinente, ainsi qu’un article qui recense les pathologies les plus vues en kiné à domicile.

Pour les personnes âgées

La kinésithérapie à domicile peut être utile pour une personne âgée, qui vit seule et ne peut plus conduire. Elle a été hospitalisée en service de médecine ou chirurgie suite à une fracture du col du fémur déclenchée par une chute à son domicile, ou suite à un AVC, un cancer, un problème viscéral ou infectieux, etc.

Elle a bénéficié d’un séjour en rééducation de quelques semaines, ou non. Elle rentre à son domicile mais a encore besoin d’améliorer son aisance à la marche, ou sa capacité à réaliser ses transferts pour sortir de son lit.

Elle réside trop loin d’un cabinet de kinésithérapie pour s’y rendre à pied sans risque important de chute, ou elle ne peut pas se déplacer même en fauteuil roulant. Elle peut aussi présenter un syndrome post-chute.

Les kinés à domicile interviennent aussi auprès des personnes âgées vivant déjà en institution et dans laquelle un kinésithérapeute n’est pas présent. Ce sont des kinésithérapeutes libéraux qui interviennent alors, parfois sous convention avec l’établissement de vie.

Les personnes peuvent avoir besoin de rééducation pour maintenir leur autonomie, notamment dans le cas d’une maladie de Parkinson, d’Alzheimer, ou un autre type d’atteinte cognitive.

📚 Lire aussi :

Pour les personnes opérées ou avec une fracture importante

Pour une personne opérée d’une prothèse de genou, une prothèse de hanche, d’un clou gamma ou encore d’épaule, qui ne peut pas conduire durant plusieurs semaines ou mois, un.e kiné à domicile peut être utile.

Les premières semaines de rééducation, entre l’hospitalisation pour la chirurgie et les séances en cabinet se déroulent au domicile.

Les suites de toute autre prise en charge chirurgicale nécessitant de la rééducation peuvent être prises en charge à domicile en cas d’impossibilité de déplacement. On peut citer par exemple les suites :

📚 Lire aussi :

Pour les nourrissons et les enfants en bas âge

Pour un bébé ou un enfant en bas âge, qui a besoin de kinésithérapie respiratoire ou motrice.

À son domicile, un seul parent est présent pour s’occuper des enfants. Les autres enfants de la fratrie ne peuvent pas être gardés, et il est difficile pour le parent de se déplacer jusqu’à un cabinet avec plusieurs enfants.

La kinésithérapie respiratoire pour bébé peut être pratiquée à domicile, comme la rééducation en cas de retard psychomoteur, prématurité ou paralysie cérébrale spastique ou non.

Les kinésithérapeutes interviennent pour des pathologies respiratoires aigües telles que la bronchiolite ou chroniques (mucoviscidose, asthme, etc.).

📚 Lire aussi :

Les kinés peuvent aussi intervenir au domicile des jeunes mamans qui viennent d’accoucher et pour qui il peut être difficile de se déplacer :

Pour des douleurs et autres gènes

Un.e kiné peut exceptionnellement se déplacer pour une personne souffrant de mal de dos de manière aigüe, et qui marche difficilement à cause de ses douleurs.

Prendre la voiture peut aussi être inimaginable pour elle au vu de ses douleurs, qui régressent cependant généralement en quelques jours, et qui lui permettront ensuite de continuer des séances de kinésithérapie en cabinet si cela est plus adapté.

La prise en charge d’une douleur aigüe d’une autre partie du corps peut également susciter l’intervention d’un kiné à domicile. Notamment celle parfois associée à une paralysie faciale à frigore.

Les kinésithérapeutes prennent aussi en charge les vertiges positionnels et la rééducation vestibulaire.

📚 Lire aussi :

Pour les enfants en obésité

L’obésité pédiatrique augmente de par le monde mais aussi en France.

Des séances de kinésithérapie à domicile sont parfois proposées à des familles lorsque la situation le nécessite afin de personnaliser et adapter la pratique d’activités physiques plus régulières, telle que recommandée pour faire perdre du poids à un enfant en obésité ou en surpoids (ou stabiliser son poids en attendant qu’il grandisse).

Pour les personnes porteuses de handicap permanent

Pour une personne porteuse de handicap suite à un accident ou de naissance, qui reste parfois alitée la plupart du temps à son domicile, ou qui est gênée pour se déplacer à l’extérieur de son domicile.

Ou une personne atteinte d’une maladie neurologique dégénérative telle que la maladie de Parkinson, la sclérose en plaque, la sclérose latérale amyotrophique, la chorée d’Huttington, la maladie d’Alzheimer

Kinésithérapie à domicile : les escaliers sont une bonne alternative pour travailler sans matériel la force, l'équilibre ou l'endurance.
Kinésithérapie à domicile : il n’y a souvent pas besoin d’appareils de musculation sophistiqués pour améliorer l’endurance à la marche, l’équilibre ou encore entretenir sa force musculaire.

Par choix, préférence personnel des patient-es

Certaines personnes peuvent souhaiter bénéficier de l’intervention d’un-e kinésithérapeute à domicile, même si elles peuvent en théorie se déplacer.

Il n’y a d’ailleurs pas besoin de se justifier auprès des kinésithérapeutes sur le motif du souhait de prise en charge à domicile.

Même s’il n’y a pas mentionné « à domicile » sur l’ordonnance médicale, la prise en charge à domicile est tout de même possible. A condition bien sûr de trouver un-e kiné qui accepte de se déplacer jusqu’à votre domicile.

Liste des motifs fréquents de recours à la kinésithérapie à domicile

Voici les principales pathologies vues à domicile. Cette liste est tirée de mon expérience personnelle.

Il n’existe pas de statistiques précises sur les pathologies prises en charge en kinésithérapie à domicile au niveau national.

Pour connaître la fréquence de prise en charge de ces divers pathologies, vous pouvez consulter mon article sur mes statistiques de prises en charge kiné à domicile.

Remboursement des séances de kinésithérapie à domicile

C’est le ou la médecin généraliste ou spécialiste du patient qui détermine si de la kinésithérapie à domicile est nécessaire.

Il ou elle rédige une prescription de séances de kinésithérapie sur laquelle il stipule qu’elles doivent être réalisées au domicile du patient (ou pas : cette mention est en théorie facultative, voir cotation des actes kiné à domicile).

Dans ce cas, la personne recevant les soins sera remboursée par l’Assurance maladie et les complémentaires santé (mutuelles), autant que si elle se rendait au cabinet de kiné.

Il existe deux autres cas de figure où le ou la kinésithérapeute peut être amené à réaliser des séances à domicile.

Kiné à domicile avec prescription médicale

Une personne a une prescription de séance de kinésithérapie par son médecin généraliste ou spécialiste.

Sur la prescription, il n’est pas mentionné que les séances doivent être réalisées à domicile, et son état de santé ne justifie pas un déplacement au domicile. La personne peut tout de même souhaiter que les séances se fassent à son domicile.

Dans ce cas, l’Assurance maladie et la complémentaire santé rembourseront la séance mais non les frais de déplacement du ou de la kinésithérapeute. Ces frais sont en général de 2,50 à 4 euros par séance, et seront payés par la personne recevant les soins.

Elles seront informées dès la première séance du montant total du dépassement lié aux frais de déplacement du kiné.

Exemple d'une prescription de kinésithérapie à domicile
Prescription de kinésithérapie à domicile. La mention « à domicile » étant écrite, un kinésithérapeute peut se déplacer à votre domicile et vos séances et son déplacement seront pris en charge par l’assurance maladie et les mutuelles.

📚 Lire aussi : bien coter ses actes de kiné à domicile selon la NGAP.

Kiné à domicile sans prescription médicale

Une personne n’a pas de séance de kinésithérapie prescrite mais souhaite tout de même bénéficier d’une prise en charge par un·e kinésithérapeute.

Les kinésithérapeutes peuvent se rendre à son domicile et effectuer autant de séances de kiné que nécessaire. En revanche, la personne ne sera pas remboursée. Ni par l’Assurance maladie, ni par les complémentaires santé.

Elle paiera l’intégralité du montant de la séance de sa poche. Le montant est fixé dans ce cas librement par les kinésithérapeutes.

En général, les prix pratiqués sont d’une trentaine d’euros par séance. Cela n’est possible que pour des actes de prévention ou de bien-être.

👉 Voir mon article plus complet sur les séances de kiné sans prescription.

La kinésithérapie à domicile est remboursée par l’Assurance maladie et les mutuelles lorsque vous disposez d’une ordonnance pour ses séances de kinésithérapie et que votre état de santé nécessite une intervention à domicile.

Comment faire si je ne trouve pas de kinésithérapeute à domicile ?

Assurez-vous d’avoir réalisé toutes les démarches permettant de trouver un kinésithérapeute à domicile. Si vous n’en trouvez vraiment pas, et que vous avez vraiment besoin d’un bilan kiné ou de séances, 2 options s’offrent à vous.

  1. Vous rendre en cabinet via un taxi, un VSL ou une ambulance. La prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé est possible si vous avez un ordonnance de votre médecin ou chirurgien pour ce transport
  2. Avoir recours à une téléconsultation en kinésithérapie. Pour de nombreux problèmes de santé, des études cliniques menées sur plusieurs centaines de patient-es montrent qu’elles sont aussi efficaces et satisfaisantes que des séances en cabinet, en centre de rééducation ou à domicile.

Combien de temps dure une séance de kinésithérapie à domicile ?

La plupart des kinésithérapeutes sont conventionnés avec l’Assurance maladie. Vous êtes ainsi remboursé des séances. Ce conventionnement implique également que les kinés doivent respecter des choses définies par l’Assurance maladie.

La durée des séances en fait partie.

Peu importe que la séance ait lieu en cabinet ou à domicile, elle doit être :

  • de l’ordre de 30 minutes dans la plupart des cas ;
  • de l’ordre de 20 minutes pour l’accompagnement à la marche des personnes âgées ;
  • sans durée minimale pour les actes de kinésithérapie respiratoire.

Il s’agit du temps que les kinés doivent consacrer individuellement au patient.

Dans la vraie vie, les choses sont un peu différentes. Pour de nombreuses raisons, les kinésithérapeutes gardent souvent moins longtemps en individuel leurs patient-es ; et parfois, plus longtemps.

Il ne faut pas hésiter à discuter avec votre kinésithérapeute de la durée des séances si quelque chose vous gène. Sachez que vous êtes toujours libre de changer de praticien(ne) ou d’arrêter des séances de kiné.

La durée des séances de kinésithérapie à domicile ou en cabinet doit être le plus souvent de l’ordre de 20 à 30 minutes.

Que fait un kiné à domicile ?

Lors de la première séance, votre kinésithérapeute réalise un bilan.

Il fait le point avec vous sur vos antécédents, consulte votre prescription de séances de kinésithérapie et d’autres éléments et examens médicaux éventuels.

Il réalise un bilan de vos douleurs, de vos capacités, de votre force musculaire, de vos raideurs, de votre équilibre. Il procède pour cela à un examen clinique et vous pose des questions.

Une fois le bilan réalisé, votre kinésithérapeute fixe avec vous des objectifs pour les séances à venir : diminuer vos douleurs, retrouver votre capacité à vous déplacer ou à vous mobiliser dans votre lit, améliorer votre équilibre, regagner en force musculaire, apprendre à vous relever du sol, désencombrer vos voies aériennes, vous sevrer progressivement de l’oxygène, etc.

Vous déterminez ensemble la fréquence et les horaires des séances de kiné à domicile.

La prise en charge comprend :

  • l’application de différentes techniques de kinésithérapie ;
  • le ré-apprentissage de certains gestes du quotidien ;
  • le lien avec votre médecin traitant ou votre médecin prescripteur ;
  • la prescription d’aides techniques pour faciliter vos gestes du quotidien ;
  • l’information sur votre pathologie ou vos troubles et la manière de mieux vivre avec ;
  • la recommandation d’exercices ou de postures à réaliser en autonomie ;
  • le lien avec vos proches.

L’avantage de la kinésithérapie à domicile est que votre kiné vous voit là où vous passez le plus clair de votre temps. Il est donc plus facile de travailler spécifiquement les gestes dont vous avez besoin au quotidien et de vous montrer des exercices ou des manières de faire que vous pouvez ensuite reproduire en autonomie.

Séance de kinésithérapie à domicile suite à une fracture du coude
Rééducation de l’épaule à domicile suite à une fracture du coude. Matériel nécessaire : une ceinture de peignoir, une tringle de rideau suffisamment solide

Les visites à domicile par les médecins

Deux types de médecin peuvent se rendre à domicile :

  • les médecins urgentistes, en cas d’urgence vitale, généralement envoyés par le SAMU ;
  • les médecins généralistes.

La visite à domicile par les médecins généralistes était beaucoup plus fréquente auparavant. En 1950, jusqu’à 50 % des consultations des médecins étaient réalisées au domicile des patients, en Europe. Dorénavant, cette fréquence est tombée à moins de 1 %.

Les déplacements des médecins généralistes sont remboursés si le motif de déplacement est justifié. C’est l’état de santé du patient et son contexte social qui détermine la justification ou non du remboursement, comme pour les kinésithérapeutes.

Visites à domicile des médecins : graphique présentant la diminution de leur fréquence depuis la fin de la seconde guerre mondiale en Europe
La fréquence des visites à domicile par les médecins en Europe diminue au fil du temps depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en Europe.

Les ergothérapeutes à domicile

L’ergothérapie est une profession souvent mal connue. Les ergothérapeutes sont des professionnel·les de la rééducation et de la réadaptation.

Les ergos partagent des compétences communes avec les kinésithérapeutes : rééducation de la force, de la sensibilité et de la fonction du membre supérieur, adaptation d’aides techniques pour faciliter la marche ou les transferts, etc.

La majeure partie des ergothérapeutes exercent dans des établissements de santé (centres de rééducation, hôpitaux, centres d’éducation motrice pour enfants, EHPAD).

Dans ce cadre, les ergos visitent souvent le domicile des personnes avant leur retour à la maison pour vérifier l’adaptabilité des lieux. Les ergothérapeutes salariées des collectivités territoriales ont aussi ce rôle d’adaptabilité du lieu de vie.

Quelques ergothérapeutes exercent en libéral, mais leurs prestations ne sont pas remboursées par l’assurance maladie et les complémentaires santé. La visite à domicile sera possible mais à la charge de la personne les recevant.

À noter qu’il existe sur Saint-Alban Leysse une association proposant la venue à domicile d’ergothérapeutes, y compris pour des gens non hospitalisés.

Les visites sont remboursées par l’intermédiaire de l’association, qui se déplace aux alentours de Chambéry, pour des personnes cérébro-lésées. L’association s’appelle Interaction 73.

Pour les kinés ou futurs kinés à domicile

Vous avez lu cet article parce que vous êtes kiné et que vous cherchez des infos sur l’activité de kiné à domicile ? J’en dis plus à ce sujet dans mon article sur mes statistiques de kiné à domicile.

J’ai également crée un ebook de conseil :

livre kiné à domicile comment le devenir

Patient(e)s, vous pourriez plutôt être intéressé(e) par mes autres ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet.

Kiné à domicile : l’essentiel à retenir

  • Vous avez une prescription par un médecin de « séances de kinésithérapie à domicile » : vos séances seront remboursées.
  • Vous avez une prescription par un médecin de « séances de kinésithérapie » sans la mention « à domicile » : vos séances seront remboursées hormis les frais de déplacements des kinésithérapeutes (2,5 euros à 4 euros par séance)
  • Vous n’avez pas de prescription par un médecin : vos séances ne sont pas remboursées.
  • Si vous ne trouvez pas de kiné pouvant intervenir à votre domicile, 2 options s’offrent à vous :
    1. vous déplacer en cabinet à l’aide d’un taxi, VSL ou ambulance, dont la prise en charge financière peut être à 100 % par l’assurance maladie si vous avez une ordonnance ;
    2. recourir à une téléconsultation ou un télé-soin en kinésithérapie.
nelly darbois fonto media

Rédigé par Nelly Darbois

J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.

Vous aimerez peut-être aussi ces articles.

    1. Comment trouver un kiné à domicile
    2. Tout sur les études de kiné
    3. La prévention des chutes chez la personne âgée

📕 Sources documentaires 📕

Sur les modalités de remboursement des séances de kiné à domicile : site de l’Assurance maladie.

Sur la visite à domicile par le médecin traitant : Visite à domicile par le médecin de famille : état des lieux en Europe et en Suisse.

Sur les modalités de remboursement des visites à domicile des médecins généralistes : site de l’Assurance maladie.

Convention NGAP des kinésithérapeutes, souvent mise à jour

Interaction 73, association à Saint-Alban Leysse proposant des visites à domicile de différents professionnels de santé pour des patients cérébro-lésés dans les environs de Chambéry.

Cet article existe aussi en anglais : Physiotherapist at Home

Effets indésirables des biothérapies

Traduction du résumé d’une revue Cochrane de 2011 faisant le point sur les effets indésirables induits par les traitements par biothérapie, dans le cadre de différentes pathologies dont la polyarthrite rhumatoïde.

Effets indésirables des biothérapies : une synthèse Cochrane des méta-analyses sur le sujet.

 Résumé en langue simplifiée

 Effets indésirables de 9 biothérapies couramment utilisées.

Ce résumé d’une revue Cochrane présente ce que l’on sait des recherches sur les effets indésirables des biothérapies utilisées dans différentes conditions : les arthrites inflammatoires et les autres affections inflammatoires, les cancers et les problèmes neurologiques. Nous n’avons pas inclus les études sur l’HIV et le SIDA. Les 9 biothérapies que nous avons étudié sont : abatacept (Orencia®), adalimumab (Humira®), anakinra (Kineret®), certolizumab pegol (Cimzia®), etanercept (Enbrel®), golimumab (Simponi®), infliximab (Remicade®), rituximab (Rituxan or Mabthera®) et tocilizumab (Actmera®).

Cette revue montre que les patients traités par ces biothérapies, à court terme :

–    sont probablement plus susceptibles d’avoir une infection grave ou la tuberculose que les patients prenant un placebo ;

–  sont probablement plus susceptibles d’avoir des effets indésirables qui leur font quitter l’étude que les patients prenant un placebo ;

  n’ont probablement pas plus de risque d’avoir des effets indésirables graves* (autres que des infections graves), des cancers ou des arrêts cardiaques que les patients prenant un placebo.

 (* Un effet indésirable grave est un effet qui entraîne un évènement pouvant provoquer le décès ou l’hospitalisation et ainsi qu’un handicap et des séquelles à long-terme).

 Nous n’avons pas d’informations plus précises sur les autres effets indésirables possibles et complications, y compris concernant les effets indésirables rares ou les effets sur le long-terme.

 Que sont les biothérapies ?

Les biothérapies sont un groupe de médicaments qui diminuent l’efficacité du système immunitaire et réduisent l’inflammation, mais que le fait que le système immunitaire soit diminué peut rendre plus difficile la lutte contre les infections.

 Les estimations les plus fiables de ce qui arrive à cout terme (sur une période de 1 à 63 mois) aux personnes prenant des biothérapies

 Effets indésirables graves

Chez les personnes traitées par biothérapies, 127 sur 1000 ont des effets indésirables graves contre 118 sur 1 000 qui prennent un placebo (risque relatif de 1%).

 Tout effet indésirable confondu

Chez les personnes traitées par biothérapies, 770 sur 1000 ont des effets indésirables contre 724 sur 1 000 qui prennent un placebo (risque relatif de 5%).

 Abandon de l’étude à cause des effets indésirables

Chez les personnes traitées par biothérapies, 137 sur 1000 quittent l’étude à cause d’effets indésirables contre 98 sur 1 000 qui prennent un placebo (risque relatif de 4%).

 Infections graves

Chez les personnes traitées par biothérapies, 35 sur 1000 ont fait l’expérience d’une infection grave contre 26 sur 1 000 qui prennent un placebo (risque relatif de 1%).

 Tuberculose

Chez les personnes traitées par biothérapies, 20 sur 10 000 ont eu la tuberculose contre 4 sur 10 000 qui prennent un placebo (risque relatif de 0.16 %). Il y a eu cependant peu de cas de tuberculose, donc notre confiance envers ce résultat est faible.

 Lymphome (cancer du sang)

Sur le court temps de durée de ces études, il y a eu un faible nombre de personnes supplémentaires voire aucune qui ont eu un cancer alors qu’ils prenaient des biothérapies par rapport à ceux prenant un placebo. Cependant, il y eut peu de cas de cancer, donc notre confiance envers ce résultat est faible.

 Arrêt cardiaque

Il y a eu un faible nombre de personnes supplémentaires voire aucune qui ont eu un arrêt cardiaque alors qu’ils prenaient des biothérapies par rapport à ceux prenant un placebo. Cependant, il y eut peu de cas de cancer, donc notre confiance envers ce résultat est faible.

Référence : Cochrane Database Syst Rev. 2011 Feb 16;(2):CD008794. doi: 10.1002/14651858.CD008794.pub2. Adverse effects of biologics: a network meta-analysis and Cochrane overview. Singh JA1, Wells GA, Christensen R, Tanjong Ghogomu E, Maxwell L, Macdonald JK, Filippini G, Skoetz N, Francis D, Lopes LC, Guyatt GH, Schmitt J, La Mantia L, Weberschock T, Roos JF, Siebert H, Hershan S, Lunn MP, Tugwell P, Buchbinder R.

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