Vous avez mal la nuit après votre opération du genou, vous vous demandez comment mieux dormir avec une prothèse totale ou unicompartimentale du genou ?
S’il y a des positions à éviter ou au contraire à favoriser ?
Mes réponses de kiné !
♻️ Dernière mise à jour : décembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens amazon affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
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1 – Pourquoi la prothèse de genou fait mal la nuit ?
Les douleurs la nuit après une prothèse totale ou partielle du genou sont quelque chose de bien connu, décrit et étudié.
1 patient(e) / 2 a des difficultés à dormir après une prothèse totale du genou (Alipourian 2021).
Il existe plusieurs études scientifiques qui évaluent justement leur durée, leur intensité et comment les soulager : c’est sur elles que je vais m’appuyer pour cet article, en plus de mon expérience de kiné.
Les difficultés à dormir sont l’un des motifs pour lesquels se plaignent le plus les patient(e)s opérés d’une prothèse de genou. Cela peut conduire à rallonger la durée du séjour à l’hôpital. Et plus la douleur est élevée, plus en général la plainte est importante (Alipourian 2021).
Les douleurs après une prothèse de genou sont surtout de type inflammatoire : c’est un mécanisme de défense de votre corps qui produit des substances nécessaires à la cicatrisation des tissus (abimés par la mise en place de la prothèse).
Ces substances sont ammenées dans la zone à traiter (cicatrice et tissus dans le genou) par les liquides du corps. Et ces liquides s’accumulent donc plus, causant un gonflement et souvent des douleurs.
Cette inflammation augmente souvent la nuit, surtout en deuxième partie de nuit. Pourquoi ?
Car on fait moins d’activité physique et de mouvement la nuit : les liquides s’accumulent plus.
Car on sécrète différemment des hormones la nuit, quoi qu’on fasse. Les hormones favorisant l’inflammation sont plus secrétées la nuit.
À cela s’ajoute l’angoisse, l’anxiété qui pour la plupart des gens est plus importante la nuit. Ce qui peut augmenter les douleurs et la difficulté à trouver une bonne position pour dormir.
Quand aux difficultés pour dormir après une prothèse de genou, elles peuvent être liées à ces douleurs post-opératoires. Mais aussi (Bartosiak 2022) :
à certains médicaments pris qui ont un impact sur le sommeil ;
au fait d’avoir déjà des troubles du sommeil avant l’opération (comme un syndrome d’apnée du sommeil, fréquent chez les personnes opérées d’une prothèse de genou) qui sont augmentés du fait de l’opération, des douleurs et des médicaments.
2 – Il n’y a aucune position interdite à prendre la nuit avec une prothèse de genou !
Mes patient(e)s opérés du genou me demandent souvent : « est-ce que je peux dormir sur le côté, ça ne risque pas d’abimer la prothèse ? ». Voire même sur le ventre.
Soyez rassuré : aucune position ne risque d’abimer la prothèse. La prothèse est bien stabilisée et ce n’est pas une simple position qui peut la faire bouger.
Donc toute position que vous trouvez confortable peut être adoptée.
3 – Les différentes positions que vous pouvez tester pour dormir avec votre prothèse
Peut-être que vous trouverez très confortable de dormir avec des coussins sour le genou, qui le plient un peu, comme ça :
Position à limiter dans les jours et semaines qui suivent la pose d’une prothèse de genou
🚨 Cette position est souvent confortable, mais maintenue trop longtemps, elle risque d’enraidir votre genou : il risque d’être toujours un peu fléchie, alors qu’il faut qu’il se tende totalement pour ne pas être géné à la marche et dans d’autres activités.
Voici ce que je recommande à mes patient(e)s qui ne sont bien que dans cette position (coussins sous le genou) la nuit :
évitez-là au maximum la journée ;
la nuit, tentez régulièrement d’autres positions et mettez vous dans cette-position uniquement si les autres positions ne marchent pas ;
réduise progressivement la hauteur du coussin : moins le coussin est haut, mojs votre genou est plié, mieux c’est.
Voici en photo une autre position souvent confortable pour dormir après une prothèse de genou : allongé sur le côté, avec un coussin entre les jambes, le genou un peu replié. Le genou opéré est au-dessus :
Le genou opéré est au-dessus. Position souvent confortable après l’opération
Là-aussi, le genou est un peu plié. Mais c’est mieux qu’allongé sur le dos, car :
le genou peut plus facilement s’étendre ; en dormant, sans s’en rendre compte, on peut potentiellement l’étendre, le déplier ;
il n’y a pas la pesanteur qui augmente plus les contraintes sur le genou.
Comme sur la photo, vous pouvez utiliser n’importe quel coussin que vous avez chez vous. Les coussins d’allaitement constitués de micro-billes peuvent être aussi très confortables (voir sur amazon), tout comme les petits coussins en mousse qui se glissent entre les jambes (voir sur amazon).
Vous pouvez aussi faire en sorte que vos pieds soient plus hauts que le coeur en dormant : en déclive. Par exemple, en :
sur-élevant les pieds de votre lit ;
vous callant des coussins sous les pieds et jusqu’au genou ;
utilisant un lit-électrique qui permet de surélever les jambes.
Le fait de sur-élever les pieds peut permettre aux liquides d’être mieux drainés et de moins s’accumuler dans le genou, causant gonflement et douleur.
Pieds plus haut que le coeur grâce aux coussins. Cela fait un peu plier les genoux, cette position est donc à limiter surtout la journée, pour éviter l’enraidissement du genou.
4 – Les autres moyens de soulager les douleurs la nuit après la pose d’une prothèse de genou
Trouver une position plus confortable pour dormir est un des moyens de soulager la douleur et mieux dormir avec une prothèse.
Mais tout ce qui vise à soulager la douleur au genou peut aussi améliorer porentiellement votre sommeil !
Voici les choses qui peuvent soulager les douleurs nocturnes :
Mettez du froid sur le genou.
Vous pouvez acheter des packs de froid à placer au congélateur. Ou simplement utiliser un sac de petits pois surgelés, qui épousera bien la forme de votre genou.
Mettez toujours quelque chose entre l’élément glacé et votre peau, pour ne pas vous brûler. Vous pouvez en mettre aussi souvent que vous voulez, même en continu, si votre peau réagit bien.
Massez-vous la cuisse ou les parties de la jambe endolorie.
Le massage peut soulager sur le moment. Et certaines personnes n’y sont d’ailleurs pas réceptives du tout. Il n’y a pas de “bonne” technique de massage, ce qui compte, c’est d’arriver à vous soulager un peu par le touché. Comme pour le froid, l’effet s’estompe vite après.
Faites-le point sur les médicaments que vous prenez.
Dans les jours et semaines qui suivent l’opération, il est souvent nécessaire de ré-adapter la quantité et le type de médicaments contre les douleurs pris.
En général vous sortez de l’hôpital ou de la clinique avec une ordonnance de médicaments antalgiques pour au moins 2 semaines voire un mois. Mais si vous ne vous sentez pas assez soulagé, vous pouvez refaire le point avec votre médecin traitant qui pourra ajuster votre prise de médicaments.
5 – Quoi que vous fassiez, vous allez mieux dormir la nuit au fil des semaines
Voici plus d’informations sur la durée des difficultés pour dormir après la pose d’une prothèse de genou :
les 4 premières nuit après l’opération, les cycles du sommeil sont perturbés : la phase de sommeil paradoxal diminue, mais revient à la normale au bout de 4 jours (Krenk 2012) ;
1 mois après l’opération, la qualité de sommeil est moins bonne chez des gens opérés par rapport à des gens non opérés (Herrero 2014) ;
3 mois après l’opération, la plupart des gens décrivent une amélioration de leur sommeil (Mehmet 2014) ;
le sommeil est meilleure APR7S la pose de la prothèse de genou qu’AVANT la pose de la prothèse de genou 4 à 6 semaines après l’opération mais aussi 3 à 6 mois après l’opération (Alipourian 2021).
Conclusion : quoi que vous fassiez, il est fort probable que votre sommeil soit meilleur environ 1 mois / 1 mois et demi après l’opération. Meilleur qu’avant l’opération !
***
J’espère que cet article vous aura apporter quelques réponses à vos questionnements ! Des questions ou remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une prothèse de genou, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Bartosiak K, Schwabe M, Lucey B, Lawrie C, Barrack R. Sleep Disturbances and Disorders in Patients with Knee Osteoarthritis and Total Knee Arthroplasty. J Bone Joint Surg Am. 2022 Nov 2;104(21):1946-1955. doi: 10.2106/JBJS.21.01448. Epub 2022 Aug 4. PMID: 35926180.
Alipourian A, Farhadian N, Zereshki E, Khazaie H. Improvement of sleep quality 6 months after total knee arthroplasty: a systematic review and meta-analysis. J Orthop Surg Res. 2021 May 28;16(1):342. doi: 10.1186/s13018-021-02493-4. PMID: 34049552; PMCID: PMC8161970.
Krenk L, Jennum P, Kehlet H. Sleep disturbances after fast-track hip and knee arthroplasty. Br J Anaesth. 2012;109(5):769–775. doi: 10.1093/bja/aes252. [PubMed]
Mehmet Serhan E, Altinel EC, Altinel L, Erten RA, Eroğlu M. An assessment of sleep quality in patients undergoing total knee arthroplasty before and after surgery. Acta Orthop Traumatol Turc. 2014;48(1):50–54. doi: 10.3944/AOTT.2014.3163. [PubMed]
Herrero-Sánchez MD, García-Iñigo MC, Nuño-Beato-Redondo BS, Fernández-de-las-Peñas C, Alburquerque-Sendín F. Association between ongoing pain intensity, health-related quality of life, disability and quality of sleep in elderly people with total knee arthroplasty. Cien Saude Colet. 2014;19:1881–1888. doi: 10.1590/1413-81232014196.04632013. [PubMed]
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
On vous a diagnostiqué une névralgie intercostale, ou vous vous demandez simplement combien de temps peut durer une douleur entre les côtes ?
Mes réponses de kiné qui est allée regarder ce qui se dit dans les études scientifiques internationales.
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De quel type de douleur intercostale je parle ici ?
Les douleurs intercostales sont quelque chose d’assez bien décrit, même si on en entend souvent jamais parler avant d’y être confronté.
Je parle ici des douleurs vives, lancinantes, irradiantes, brûlantes ou poignantes, parfois associées à des sensations de fourmis, des engourdissements et des picotements.
Tout cela dans la zone des côtes, mais pouvant irradier dans le dos, le thorax.
Parfois, on vous aura posé le diagnostic de « névralgie intercostale« , qui veut simplement dire « douleur d’origine nerveuse au niveau des côtes ».
Due à une inflammation au niveau de ces nerfs, ou aux séquelles d’une inflammation qui n’est plus présente.
À ne pas confondre avec d’autres problèmes pouvant causer des douleurs au niveau des cotes : ❌ une fracture ou félure de côte ❌ une déchirure des muscles intercostaux ❌des métastases costales.
Votre médecin est formé à justement faire la différence entre une « simple » douleur intercostale et un de ces autres problèmes.
Quelques dizaines de publications scientifiques sont consacrées aux douleurs intercostales, ce qui n’est pas beaucoup :
Les études sur les douleurs intercostales et la névralgie intercostale indexées dans le Google de la médecine, Pubmed
Il est souvent difficile d’identifier la cause précise à l’origine de la douleur.
Voici 3 les plus fréquentes :
dans 4 cas/10, des lésions tissulaires ou nerveuses suite à une thoracotomie (opération) : syndrome douloureux post-thoracotomie ;
dans 3 cas sur 10, le zona, aussi appelé herpès zoster ou virus varicelle zona : névralgie post-herpétique ou post-zostérienne ;
les suites d’un choc sur la paroi thoracique : accident, opération.
Il y a d’autres causes possibles : la grossesse, une infection, etc.
Source : Fazekas 2023
Combien de temps durent les douleurs intercostales en général ?
Déjà, voyons le verre à moitié plein : chez certaines personnes, les douleurs intercostales disparaissent en quelques semaines ou mois et ne reviennent plus jamais. Ce sans traitement spécifique.
Nous ne disposons cependant pas de données fiables qui montrent comment évoluent « en moyenne » les douleurs au fil du temps après un diagnostic de névralgie intercostale.
Voici ce que dit la principale publication scientifique sur le sujet. C’est très vague, mais on a rien de mieux hélas !
Le pronostic de la névralgie intercostale est variable. Certains patients voient une résolution des symptômes avec le temps, avec ou sans mesures conservatrices de soutien, tandis que d’autres développent des douleurs chroniques.
Fazekas 2023
Douleur intercostale après thoracotomie
Chez les personnes qui développent une névralgie suite à une thoracotomie, moins de 5 personnes sur 100 auront des douleurs chroniques : qui durent plusieurs mois ou années. Et plus précisément :
6 personnes sur 10 ont encore des douleurs 7 à 12 mois après le début des douleurs,
2 personnes sur 10 ont encore des douleurs 6 à 7 ans après.
Cela signifie tout de même que 4 personnes sur 10 développant une névralgie intercostale suite à une thoracotomie n’ont plus de douleurs en quelques mois maximum, sur la base des données dont nous disposons.
Source : Fazekas 2023
Douleur intercostale après zona
3 personnes sur 10 contracteront une fois dans leur vie un zona pouvant entrainer une névralgie intercostale. Le plus souvent après 50 ans, ou chez les personnes immunodéprimées.
Et chez les gens contractant le zona, seulement 1 à 3 personnes sur 10 contracteront des douleurs intercostales pouvant durer plusieurs mois voire années..
Source : Fazekas 2023
Pourquoi les douleurs intercostales durent parfois longtemps ?
Voici les raisons qui peuvent en théorie expliquer que des douleurs intercostales peuvent durer plus longtemps que d’autres douleurs.
L’élément déclencheur.
Si vous avez vos douleurs intercostales suite à un zona, il est connu que ce virus peut malheureusement entraîner des douleurs qui durent longtemps (même si ce n’est pas systématique).
L’origine neurologique des douleurs.
Aussi,les douleurs intercostales appartiennent à la grande catégorie des douleurs neuropathiques, qui sont elles aussi connues pour devenir parfois chroniques.
Les mouvements fréquents dans la région.
La région des côtes est une région qui est souvent sollicitée, par exemple à cause de la respiration. Les mouvements même minimes suscités par la respiration peuvent entretenir une inflammation.
Quels traitements pour soulager les douleurs intercostales ?
Il y a peu d’études qui visent à évaluer l’efficacité de traitements ou remèdes naturels contre les douleurs intercostales.
Et lorsqu’il y en a, elles sont peu reproduites, menées sur un petit nombre de personnes, et de faible qualité : elles ne comparent souvent pas l’évolution de personnes « sans rien » ou « avec placebo ».
Lorsque des facteurs incitatifs peuvent être identifiés, il est important de chercher à les atténuer. Par exemple, si un patient présente une toux chronique qui pourrait contribuer à cette douleur, un antitussif pourrait peut-être s’avérer bénéfique.
Fazekas 2024
Je ne développerai pas spécifiquement les traitements de la douleur dans le cas du zona ou de la thoracotomie, mais les traitements « toute cause confondue » des douleurs intercostales.
Voici la liste de ces traitements proposés, dont l’efficacité spécifique sur les douleurs intercostales reste peu évaluée :
médicaments à prendre par voie orale : AINS, anticonvulsivants, antidépresseurs, opiacés ;
médicaments topiques, à appliquer sur la peau au niveau de la zone douloureuse : capsaïcine, lidocaïne transdermique ;
ablation par radiofréquence guidée par imagerie des nerfs intercostaux, voire des ganglions dorsaux correspondants ;
thérapie manuelle ;
chirurgies lourdes avec effets secondaires potentiels irreversibles : neurectomie chirurgicale, rhizotomie dorsale ou la ganglionectomie sensorielle des nerfs intercostaux ;
activité physique ;
kinésithérapie.
***
Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur les meilleurs moyens pragmatiques de rester en forme, j’ai conçu ce guide de 71 pages au format ebook :
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Ces articles pourraient également vous intéresser :
Fazekas D, Doroshenko M, Horn DB. Intercostal Neuralgia. [Updated 2023 Aug 14]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK560865/
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous avez été opéré d’un hallux valgus (oignon au pied) ou même des 2 en même temps (hallux valgus bilatéral), vous vous demandez si vos douleurs sont normales ?
Comment de temps durent les douleurs post-opératoire après une chirurgie de l’hallux valgus ?
Kiné, je réponds à ces questions, en me basant sur mon expérience et les données de la littérature médicale internationale.
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
1 / La douleur après une opération de l’hallux valgus est un phénomène fréquent et « normal »
Déjà, sachez que les douleurs après l’opération d’un hallux valgus sont quelque chose de bien connu et étudié. Il existe plusieurs dizaines d’études qui visent justement à mieux comprendre et soulager les douleurs post-opératoires après un hallux valgus.
Deux choses peuvent expliquer cette douleur :
la douleur que vous aviez déjà avant l’opération. La douleur est un phénomène complexe et même si on réduit une de ses composantes (la déformation anatomique dans le cas de l’hallux valgus) la douleur peut persister quelques temps car il y a d’autres composantes à cette douleur ;
les gestes réalisés lors de l’intervention chirurgicale. Même si les techniques chirurgicales sont de moins en moins invasives, des tissus sont abimés pendant l’opération. Il faut du temps à ces tissus pour cicatriser. Et la douleur est un symptôme de l’inflammation qui se passe dans la zone opérée, qui permet justement aux tissus de se réparer.
Voici d’ailleurs les mots d’une équipe de recherche internationale (belge, britannique, suédoise, suisse, états-unienne) qui a passé en revue toutes les études sur les douleurs après une opération d’un hallux valgus :
La réparation de l’hallux valgus est associée à une douleur postopératoire d’intensité modérée à sévère.
Korwin-Kochanowska et al. 2020
Je reparlerai plus loin dans l’article de cette étude car ces chercheur(e)s ont justement cherché à savoir qu’est-ce qui était le plus efficace pour soulager ces douleurs post-opératoires de l’hallux valgus.
Sachez également qu’il existe plus de 200 variantes d’opérations d’hallux valgus recensées (Hernandez 2020) ! Je parle dans cet article de l’opération en général quelque soit la technique utilisée (ostéotomie, technique mini-invasive ou percutanée sous radiographie).
2/ Il existe plusieurs types de douleurs après l’opération
Il est possible de ressentir des douleurs très différentes après l’opération d’un hallux valgus.
Voici celles les plus souvent décrites, avec quelques explications :
Type de douleur après l’opération d’un hallux valgus
Explications
sensation de brûlure
Une sensation de brûlure dans l’orteil ou le pied est souvent décrite. Cela peut être dû tout simplement à l’inflammation, nécessaire à la cicatrisation des tissus. Cela peut aussi être dû à l’irritation des terminaisons nerveuses à cet endroit pendant l’intervention chirurgicale. Les nerfs peuvent eux aussi cicatriser : on parle de « regénération nerveuse », la douleur s’estompe au fil du temps.
douleur sous le pied (vouteplantaire)
La douleur sous le pied, en particulier au niveau de la voute plantaire, peut être attribuée à des changements biomécaniques lié à la correction de la déformation de l’hallux valgus. La redistribution des forces peut créer une tension inhabituelle sur la voute plantaire. Il faut à votre corps le temps de s’habituer !
douleur lancinante
Une douleur ressentie comme lancinante peut avoir pour cause un peu tout ce qui est décrit écrit. Il n’y a pas forcément de lien entre l’intensité de la douleur et la « gravité » du problème qui la déclenche.
fourmillement au pied
Les fourmillements au pied peuvent avoir la même origine que les sensations de brûlure. Ou alors, ça peut être aussi lié au fait que vous bougez moins le pied et votre corps que d’habitude, du fait de l’appréhension des douleurs.
orteil raide
C’est très fréquent de sentir son gros orteil raide. Une des explications est liée au gonflement de l’orteil, qui limite son amplitude en flexion et extension. Ça peut aussi être lié au geste technique réalisé par le chirurgien(ne) et aux modifications anatomiques qu’il a effectué pour corriger votre déformation.
douleur cheville
Même si vous avez été opéré au niveau de l’orteil, il est très fréquent que vous ayez un oedème (gonflement) de tout le pied. Car les liquides responsables de ce gonflement s’accumulent un peu partout. Et l’accumulation de ces liquides comprime et peut provoquer des douleurs
douleur mollet
Même explication que pour la douleur à la cheville : les liquides peuvent s’accumuler et provoquer gonflement et douleur dans tout le pied et même la jambe, côté opéré. Et parfois même côté non opérée, si vous bougez moins.
douleur comme avant l’opération
Il faut souvent du temps pour ressentir moins de douleur qu’avant l’opération. Je reviens justement plus loin sur comment évolue la douleur au fil du temps après une opération d’un hallux valgus.
Les types de douleur les plus souvent ressenties après l’opération d’un ou 2 hallux valgus
Ces mots sont tapés des centaines de fois par mois rien que sur Google en France : vous n’êtes pas seul(e) !
Les mots clés souvent tapés par les internautes comme vous qui viennent de se faire opérer d’un hallux valgus !
3/ Les douleurs sans autre symptôme ne sont pas un signe de complication
Comme n’importe quelle intervention, il peut y avoir des complications dans les suites d’une opération d’un hallux valgus. Cependant ces complications concernant une minorité de personnes : la plupart des gens récupèrent bien sans faire de complication.
Les complications touchent 1 personne sur 10 à 1 personne sur 2 (Monteagudo 2020).
Aussi, en cas de complication, vous avez généralement d’autres symptômes que la douleur.
Voici justement les complications les plus fréquentes (mais elles restent tout de même rares) après une chirurgie d’un oignon au pied :
récidive de la déformation ou des douleurs ;
surcorrection (hallux varus),
métatarsalgie de transfert (douleur aux métatarses d’a-côté) ;
mauvaise consolidation ou non consolidation,
nécrose avasculaire,
arthrose,
retrait du matériel (car gène),
lésion nerveuse,
insatisfaction.
Comme vous le voyez l’infection n’est pas listée dans ces complications les plus fréquentes après la chirurgie de l’hallux valgus. La douleur est donc rarement le signe d’une infection, qui s’accompagne aussi souvent de fièvre, de problème de cicatrisation, d’écoulement de liquide suspect.
4/ On sait comment évoluent les douleurs après l’opération
Certaines équipes de recherche regardent comment les douleurs évoluent après l’opération d’un hallux valgus. Voici les données dont nous disposons (Chen 2016) :
70 % des personnes opérées n’ont plus aucune douleur 6 mois après l’opération ;
2 ans après l’opération, 83% des 30% qui avaient encore mal à 6 mois ont vu leur douleur diminuer (certain(e)s n’ayant plus du tout de douleur).
Qu’en retenir : que vous pouvez continuer à récupérer et avoir moins mal plusieurs mois et même année après l’opération.
Selon mon expérience (je n’ai pas trouvé de données précises à ce sujet), les douleurs diminuent rapidement dès les premiers jours qui suivent l’opération chez la majorité des gens.
En général, on peut reprendre la marche avec des béquilles et un chaussage adapté le jour même de l’opération.
Pour marcher normalement après une opération d’hallux valgus (sans boiter ni douleur), il faut compter en général au mieux quelques jours, et au pire 3/4 semaines, rarement plus.
5/ Il existe plusieurs façons de soulager les douleurs post-opératoire de l’hallux valgus
Je vais parler de ce qu’il est possible de faire dans les jours qui suivent l’opération. Mais aussi dans les mois qui suivent, si les douleurs persistent.
Que faire pour soulager les douleurs juste après l’opération ?
Voici ce que conclut l’équipe de recherche qui en 2020 a compilé tous les traitements susceptibles d’être efficaces pour soulager le douleurs après une opération d’un hallux valgus.
(Je vous le met tel quel puis je le traduis en language plus compréhensible !)
Les interventions qui ont amélioré le soulagement de la douleur postopératoire comprenaient le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou les inhibiteurs sélectifs de la cyclo-oxygénase-2, les stéroïdes systémiques, et des techniques d’anesthésie locale.
Aucune preuve suffisante n’a été trouvée pour l’utilisation de gabapentinoides ou l’infiltration de la plaie avec de la bupivacaïne à libération prolongée ou de la dexaméthasone. Des preuves contradictoires ont été trouvées pour l’ostéotomie par chevron percutanée.
Aucune preuve n’a été trouvée pour l’homéopathie, l’infusion continue d’anesthésique local dans la plaie, la clonidine et le fentanyl comme adjuvants péri-nerveux sciatiques, les vis de magnésium bioabsorbables et les chaussures orthopédiques
Aucune étude sur le bloc du nerf sciatique ne répondait aux critères d’inclusion de la méthodologie PROSPECT en raison d’une portée plus large des procédures chirurgicales incluses ou du manque d’un groupe témoin (pas de bloc).
Le schéma analgésique pour la réparation de l’hallux valgus devrait inclure, en l’absence de contre-indication, du paracétamol et un anti-inflammatoire non stéroïdien ou un inhibiteur sélectif de la cyclo-oxygénase-2 administré préopératoire ou peropératoire et continué postopératoire, ainsi que des stéroïdes systémiques et des opioïdes postopératoires pour l’analgésie de secours.
Korwin-Kochanowska et al. 2020
Mettre du froid au niveau de la zone douloureuse peut aussi vous soulager. Tout comme installer votre pied en déclive : plus haut que le coeur, ou le moins bas possible par rapport à votre coeur.
Par exemple, en mettant des coussins sous votre jambe quand vous êtes allongé. Ou en posant votre jambe sur un repose jambe quand vous êtes assis.
Cela limite que les liquides de votre corps « stagnent » en bas et compriment encore plus les tissus abimés, ce qui peut provoquer de la douleur.
Je vais résumer tout ça sous forme de tableau :
Traitement
Efficacité
Paracétamol
✅
AINS (=anti inflammatoire) OU inhibiteur sélectif de la cyclo-oxygénase-2 (aussi appelés COX 2, médicament qui ressemble à un AINS
✅
Corticostéroides
✅ (seulement si le reste est insuffisant)
Opioïdes (morphine)
✅ (seulement si le reste est insuffisant)
Techniques d’anesthésie loco-régionale
✅ (pendant le geste)
Gabapentinoides (médicament)
❌
Utiliser une technique chirugicale particulière plutôt qu’une autre
❌✅ (preuves contradictoires)
Homéopathie
❌
Chaussures orthopédiques
❌
Traitements de la douleur post-opératoire d’une opération d’un ou deux hallux valgus
Conclusion : ce sont surtout des médicaments qui permettent de soulager les douleurs en post-opératoire après une opération d’un hallux valgus. Si vous ne souhaitez pas en prendre, il reste le froid et la déclive à tester comme moyen pour soulager les douleurs ayant le plus de chance d’être efficace.
Que faire si les douleurs de l’hallux valgus persistent plusieurs mois après l’opération ?
Si les douleurs persistent plus de 6 mois et vous gênent, votre chirurigen(ne) pourra vous proposer d’enlever les vis.
Le matériel peut tout à fait se garder, mais certaines personnes le supportent moins que d’autres. Dans ce cas, on l’enlève, pour voir si cela permet de soulager les douleurs post-opératoires qui se prolongent plusieurs mois.
Parfois, les douleurs persistantes ne sont pas dues au matériel. Elles sont dues à « pas de chance » : l’opération d’un hallux valgus ne soulage pas 100 % des gens qui y ont recours.
Korwin-Kochanowska K, Potié A, El-Boghdadly K, Rawal N, Joshi G, Albrecht E; PROSPECT/ESRA Working Group Collaboration. PROSPECT guideline for hallux valgus repair surgery: a systematic review and procedure-specific postoperative pain management recommendations. Reg Anesth Pain Med. 2020 Sep;45(9):702-708. doi: 10.1136/rapm-2020-101479. Epub 2020 Jun 28. PMID: 32595141; PMCID: PMC7476301.
Chen JY, Ang BF, Jiang L, Yeo NE, Koo K, Singh Rikhraj I. Pain Resolution After Hallux Valgus Surgery. Foot Ankle Int. 2016 Oct;37(10):1071-1075. doi: 10.1177/1071100716653084. Epub 2016 Jun 19. PMID: 27325622.
Hernández-Castillejo LE, Martínez Vizcaíno V, Garrido-Miguel M, Cavero-Redondo I, Pozuelo-Carrascosa DP, Álvarez-Bueno C. Effectiveness of hallux valgus surgery on patient quality of life: a systematic review and meta-analysis. Acta Orthop. 2020 Aug;91(4):450-456. doi: 10.1080/17453674.2020.1764193. Epub 2020 May 14. PMID: 32408787; PMCID: PMC8023907.
Monteagudo M, Martínez-de-Albornoz P. Management of Complications After Hallux Valgus Reconstruction. Foot Ankle Clin. 2020 Mar;25(1):151-167. doi: 10.1016/j.fcl.2019.10.011. Epub 2019 Nov 29. PMID: 31997742.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous vous demandez ce que dit la réglementation actuellement sur le zonage des kinés en France : où peut-on démarrer son activité libérale ? Quelles sont les zones sous-dotées et sur-dotées, et comment les identifier facilement ?
J’essaie de répondre à ces questions en remontant aux sources des infos les plus fiables possibles ! Et je mets à jour aussi souvent que nécessaire cet article, car de nouvelles mesures arrivent régulièrement.
♻️ Dernière mise à jour : 25 avril 2025. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Le zonage signifie que dans certains cas, les kinés en France ne peuvent pas exercer leur activité où ils et elles le souhaitent.
C’est-à-dire qu’ils et elles ne peuvent pas commencer à travailler sur un territoire particulier : une commune ou un quartier pour les grandes villes.
Ou seulemendant dans certaines conditions, parce qu’on estime qu’il y a déjà trop de kinés présent(e)s à cet endroit par rapport au besoin de la population qui y vit : zones surdotées.
Cela signifie aussi à l’inverse que l’installation des kinés sur certains territoires est facilitée et subventionnée : là où l’État estime qu’il manque des kinés, zones sous-dotées.
C’est valable uniquement pour certain(e)s kinésithérapeutes exerçant en libéral : les kinés salariés en établissement de santé ou médico-social ne sont pas concernés par le zonage.
2. Quels kinés sont concernés par le zonage ?
Même si vous souhaitez exercer comme kiné libéral, vous n’êtes pas forcément concerné par le zonage.
❌ Kinés libéraux non concernés par le zonage
Voici les situations pour lesquelles le zonage ne vous concerne pas.
❌ Vous souhaitez exercer comme kiné non conventionné avec l’Assurance Maladie.
Cela signifie que l’Assurance maladie ne prendra pas en charge financièrement les séances de kiné que vous réalisez : pas de remboursement sécu possible pour vos patient(e)s.
C’est la Convention de l’Assurance maladie et ses avenants 5, 6 et 7 qui actent le zonage des kinés libéraux. Donc, si vous ne la signez pas, vous n’êtes pas concerné par le zonage.
❌ Vous êtes kiné remplaçant(e) en libéral.
Vous n’êtes pas concerné car le zonage qui s’applique uniquement aux nouveaux postes ouverts : assistanat/collaboration ou titulaire.
Vous pouvez donc travailler comme kiné remplaçant(e) où bon vous semble en France, même en zone très sur-dotée. Vous n’aurez par contre pas d’aide financière même si vous travaillez en zone sous-dotée.
✅ Kinés libéraux concernés par le zonage
Et à l’inverse, les situations où le zonage vous concerne potentiellement.
✅ Vous souhaitez démarrer une activité de kiné libéral titulaire ou en collaboration / assistanat.
Vous serez concerné par le zonage selon la zone où vous vous installez :
soit vous n’aurez pas le droit de vous installer, sauf en récupérant le conventionnement d’un(e) kiné qui part à la retraite ou déménage = zone surdotée ;
soit vous aurez le droit à des aides = zone sous-dotée.
✅ Cas particulier : si vous êtes diplômé(e) en 2028 ou après, à cause de l’avenant 7 de la convention des kinés, vous serez aussi contraint pendant les 2 premières années de votre activité à travailler dans un endroit particulier.
Soit en établissement de santé ou médico-social, en salariat.
Soit en zone sous-dotée ou très sous-dotée.
Dans les 2 cas, pendant au moins 2 ans.
Téléchargez le récapitulatif PDF des actes NGAP kiné
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3. Comment savoir si une zone est sur-dotée ou sous-dotée en kiné ?
Plein de critères entrent en compte pour déterminer si une zone est surdotée ou non en kiné :
le nombre d’habitant(e)s ;
leur âge ;
leur fréquence de recours aux soins ;
le nombre de médecins ;
le nombre de kinés déjà présents et leur âge, etc.
En fonction de ces critères, chaque Agence régionale de santé (ARS) fixe le zonage de chaque commune ou quartier de sa région :
zone très sous-dotée ;
zone sous-dotée ;
zone intermédiaire ;
zone non prioritaire.
💡 Vous pouvez trouver ces informations sur le site Rézone, en indiquant votre région (pour une vue d’ensemble) ou votre commune.
Par exemple, voici ce que ça donne pour mon coin, autour de Chambéry en Savoie (en 2023) ⬇️.
La plupart des communes ici sont en zone intermédiaire, quelques-unes sont surdotées.
Si vous cliquez sur un territoire précis, vous pourrez avoir plus d’infos, comme ceci ⬇️ :
Le site vous indique clairement que vous n’êtes pas libre de vous installer ici car c’est une zone sur-dotée.
C’est ce site (Rézone) qui est le plus souvent mis à jour à ma connaissance, je vous recommande donc de toujours vous y référer.
Vous pouvez également consulter le site C@rtosanté si vous voulez avoir accès à des données plus précises sur l’âge de la population, le nombre de kinés, etc.
4. Peut-on quand même s’installer en zone surdotée ?
Vous devez dans tous les cas faire une demande de conventionnement à l’Assurance maladie (du département correspondant à là où vous voulez vous installer). En plus de démarches et vérifications habituelles, l’Assurance maladie va regarder :
si un(e) kiné a récemment mis fin a son activité sur la zone sans que quelqu’un ait pris sa place : principe dit du « 1 pour 1 ». Le conventionnement est délivré en priorité au masseur-kinésithérapeute désigné par son confrère cessant son activité ;
votre projet professionnel dans cette zone (reprise d’un cabinet, intégration dans un cabinet de groupe) dans un objectif d’assurer une continuité dans la prise en charge de l’activité et d’intégration avec les autres professionnels de la zone considérée.
Cas particulier : si vous exercez uniquement comme kiné à domicile, vous pouvez intervenir dans une zone surdotée si votre adresse professionnelle est en zone non surdotée.
5. Quelles sont les aides pour s’installer en zone très sous-dotée ?
Toujours via le site Rezone, vous pouvez voir à quels aides vous êtes éligible selon là où vous voulez vous installer en zone très sous-dotée. En cliquant sur une zone sous-dotée, vous pourrez remplir un formulaire ⬇️:
Formulaire à remplir sur Rézone
Vous allez répondre en moins d’1 min à 5 questions, et on vous dira à quelles aides prétendre et quelles démarches faire.
Par exemple ⬇️ :
Dans cette situation, un(e) kiné est éligible à un Contrat d’aide à la création d’un cabinet
Les aides vont dépendre :
de la zone, sous dotée ou très sous dotée ;
de quand vous vous êtes installé ;
si vous avez repris/crée un cabinet ou rejoint un cabinet existant ;
pour certaines, de votre statut (micro BNC ou réel), etc.
Voici la liste des aides et exonérations potentielles en fonction des endroits dans lesquels vous vous implantez.
✔️ Le contrat d’aide à la création de cabinet de masseurs-kinésithérapeutes (CACCMK)
Si vous remplissez les conditions, vous pouvez toucher :
20 000 euros par an versés les 2 premières années,
3 000 euros par an pendant les 3 dernières années.
Selon le volume d’actes réalisé.
✔️ Le contrat d’aide à l’installation de cabinet de masseurs-kinésithérapeutes (CAIMK)
Vous pourrez toucher :
12 500 euros par an versés les 2 premières années ;
3 000 euros par an pendant les 3 dernières années.
Selon le volume d’acte réalisé.
✔️ Le contrat d’aide au maintien d’activité masseurs-kinésithérapeutes (CAMMK).
Vous pourrez toucher :
3 000 euros par an pendant 3 ans ;
une rémunération complémentaire de 150 euros par mois en cas d’accueil de stagiaire.
✔️ Exonération d’impôt sur les bénéfices dans le cadre de France Ruralités Revitalisation (ZFRR & ZFRR+)
1/ Les créations d’entreprise réalisées entre le 1er juillet 2024 et le 31 décembre 2029 dans les ZFRR et ZFRR + peuvent bénéficier des exonérations fiscales d’impôt sur les bénéfices.
L’exonération s’applique également à la reprise d’entreprise en ZFRR.
Les professionnels de santé s’installant en zone FRR peuvent bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur le revenu pendant les cinq premières années. Ensuite, cette exonération devient partielle : 75 % la sixième année, 50 % la septième année et 25 % la huitième année.
La liste des communes concernées se trouve facilement ici.
Attention : il faut avoir minimum 11 salariés pour bénéficier du dispositif !
2/ Il y a sinon l’exonération de la CFE, mais cette décision doit être décidée par une délibération de la commune. Totale pendant 5 ans puis dégressive les 3 années suivantes (75 %, 50 % puis 25%).
3/ Enfin il peut aussi y avoir l’exonération totale de la taxe foncière sur les propriétés bâties pendant 5 ans; puis dégressive les 3 années suivantes (75%, 50% puis 25%).
Cela concerne les constructions ou les acquisitions de biens immobiliers utilisés pour votre activité de kiné.
***
Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Je mettrai à jour l’article autant que nécessaire selon l’évolution de la réglementation. Vous pouvez vous abonner à ma newsletter hebdo pour être tenu au courant des choses importantes en lien avec l’activité de kiné.
Sujets qui reviennent toujours dans les discussions entre kinés, j’ai crée ces ebooks et e-learnings :
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Cela fait 4 ans et demi que je tiens ce site, et je n’ai jamais osé traiter de ce sujet délicat : combien de temps doit durer une séance de kiné ?
Voici mes réponses aujourd’hui. En m’appuyant sur les textes réglementaires, mais aussi mes connaissances du terrain (kiné salariée en hôpital et centre de rééducation pendant 7 ans, puis kiné libérale pendant 4 ans).
Encore plus que d’habitude, j’insiste sur le fait que vous pouvez vous exprimer sur le sujet en commentaire, y compris si vous n’êtes pas d’accord avec moi !
Résumé : la durée d’une séance de kiné en France doit réglementairement souvent être de l’ordre de 30 minutes en France. Mais dans la réalité du terrain, les choses se passent très différemment.
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Sommaire
L’article au format vidéo sur ma chaine Youtube 🙂
Que dit la loi française sur la durée des séances de kiné ?
En France, la kinésithérapie est une profession réglementée. Cela veut dire que des lois et réglementations encadrent la façon dont doivent travailler les kinésithérapeutes. Et notamment :
le Code de la santé publique ;
le Code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes.
Ces 2 codes ne définissent pas de durée minimale de séances de kiné.
En revanche, ils disent ça :
Dès lors qu’il a accepté de répondre à une demande, le masseur-kinésithérapeute s’engage personnellement à assurer au patient des soins consciencieux, attentifs et fondés sur les données acquises de la science.
R. 4321-80 Qualité des soins – Code de déontologie des kinés
Certaines personnes défendent que cela implique de passer un minimum de temps seul à seul avec chaque personne à chaque séance.
D’autres ont un point de vue différent.
Durée légale des séances de kiné en cabinet libéral ou à domicile
La plupart des kinés libéraux qui exercent en cabinet ou à domicile sont conventionnés avec l’Assurance maladie. Cela veut dire que leur séances sont prises en charge par la sécurité sociale et les mutuelles.
Mais en échange les kinés doivent respecter une convention qui les unit à l’Assurance maladie. Et c’est cette convention qui dicte la durée des séances.
Voici ce qu’elle dit :
Sauf exceptions prévues dans le texte, la durée des séances est de l’ordre de trente minutes. Hormis les modalités particulières de traitement prévues par le chapitre III, le masseur-kinésithérapeute (…) se consacre exclusivement à son patient.Extrait de la nomenclature générale des actes professionnels appliqués aux kinés conventionnés en France
Donc, sauf exception (qui sont en fait assez fréquentes) votre séance de kiné doit durer aux alentours d’une demi-heure (= 30 minutes).
Et ces 30 minutes environ doivent être réalisées en tête à tête avec votre kiné, sans autre patient pris en charge en parallèle.
Voyons maintenant ces exceptions :
rééducation à la marche d’une personne âgée : ces séances sont de l’ordre de 20 minutes en individuel ;
pathologie pouvant être prise en charge en groupe. Le groupe ne doit pas excéder 3 personnes. La durée totale de séance doit être de 30 minutes x le nombre de personnes (par exemple, 1h30 si 3 personnes dans le groupe) :
1h30 en groupe de 2 à 4 personnes en cas de rééducation respiratoire, ré-entrainement à l’effort pour une pathologie respiratoire chronique, incluant la BPCO ;
pas de durée minimale de séance pour la rééducation des maladies respiratoires avec désencombrement en “urgence” (bronchiolite du nourrisson, poussée aiguë au cours d’une pathologie respiratoire chronique, bronchite de l’adulte).
🚨 Dans certains cas, les kinés réalisent des actes hors convention (on dit aussi hors nomenclature), non pris en charge par la sécu. Dans ce cas, les kinés libéraux sont totalement libres sur la durée des séances, c’est un contrat direct entre eux/elles et vous !
Type de problème
Durée
Durée séance kiné genou
De l’ordre de 30 minutes (et plus si prise en charge en groupe)
Pas de durée minimale : à déterminer selon le problème, les besoin
Durée séance kiné périnée
De l’ordre de 30 minutes (et plus si prise en charge en groupe)
Durée d’une séance de kiné en cabinet
Selon le motif (cf ci-dessus), absence de durée minimale fixée, jusqu’à 1h30 minimum. Le plus souvent, de l’ordre de 30 minutes
Durée d’une séance de kiné du sport
De l’ordre de 30 minutes (et plus si prise en charge en groupe)
Durée théorique en France des séances de kiné pour lesquels les internautes se posent le plus de question
Durée légale des séances de kiné à l’hôpital ou en centre de rééducation
Les kinés exerçant en salariat (centre de rééducation, clinique, hôpitaux) ne sont pas soumis à la convention avec l’Assurance maladie. C’est l’établissement qui est « sous contrat » avec l’Assurance maladie, pas les kinés.
Il n’y a pas donc pas officiellement de durée minimale des séances. Le fonctionnement change beaucoup selon les établissements et les services.
Par exemple, en centre de rééducation, il est fréquent que la direction ou l’équipe médicale demande aux kinés de garder au moins 30 minutes par jour les patient(e)s en séance, voire 45 minutes selon les pathologies.
À l’hôpital, les durées des séances sont généralement plus courtes : de l’ordre d’une dizaine de minutes, les objectifs n’étant souvent pas les même à ce stade.
Est-ce qu’il faut forcément que les séances de kiné durent longtemps pour bien récupérer ?
Quand on raisonne en théorie, on se dit souvent que plus les séances de kiné durent longtemps, mieux on récupérera.
C’est d’ailleurs ce qui motive beaucoup de gens à aller en centre de rééducation : pour faire plus de kiné, de rééducation.
Pourtant, lorsqu’on suit la récupération des personnes pour les pathologies souvent vues en kiné (comme le mal de dos, les fractures, les prothèses de hanche et genou, les douleurs au niveau des tendons), on n’observe pas que plus les gens font de la kiné, plus vite et mieux ils récupèrent.
Par contre, on sait que toutes choses égales par ailleurs, le simple fait de passer du temps individuellement avec un(e) professionnel(le) de santé fait partie des facteurs qui peuvent influencer positivement la prise en charge : on parle d’effet placebo ou effet contextuel.
À l’échelle individuelle, il est donc « normal » de se dire que plus on passe du temps avec son ou sa kiné, mieux c’est. Mais à l’échelle collective, comme les ressources en temps des êtres humains sont limitées, c’est plus difficile de trancher cette question !
L’idéal pour moi est donc de trouver un compromis directement entre chaque patient(e) et son ou sa kiné !
Que faire si vous n’êtes pas satisfait(e) de la durée moyenne de vos séances de kiné ?
Comme tous les kinés que je connais et avec qui j’en ai discuté, il arrive très souvent que des patient(e)s se plaignent qu’un(e) kiné ne les a pas gardé assez longtemps en séance.
Le plus souvent cependant, ces personnes qui me font part de leur mécontentement :
ont continué jusqu’à la fin leurs séances de kiné ;
n’ont pas fait part à leur kiné de leur mécontentement.
Si vous n’êtes pas satisfait de la durée des séances ou de votre prise en charge, je vous recommande de faire comme ces dernières personnes :
changez de kiné, ou ;
demandez à votre kiné de vous former à l’autorééducation et arrêtez les séances ;
discutez cordialement avec votre kiné du type de prise en charge que vous aimeriez avoir. Si votre kiné ne peut pas répondre à vos attentes, il ou elle pourra vous renvoyer vers un autre cabinet qui pourra peut-être mieux répondre à vos attentes.
Je comprends tout à fait que vous aimeriez que les choses viennent de votre kiné. C’est assez désagréable de devoir s’occuper de ça, alors qu’on est « dans nos droits » souvent en exigeant une durée de séance de 30 minutes en individuel.
Cependant, je ne vois pas trop comment faire autrement ! Il y a plein de raisons (bonnes ou mauvaises, je ne vais pas chercher à les juger ici) qui peuvent expliquer que les kinés travaillent ainsi. Il faut composer avec cela.
Peut-on porter plainte si les durées des séances de kiné sont trop courtes ?
Certaines personnes se plaignent à l’Ordre des kinés ou à l’Assurance maladie lorsqu’un(e) kiné a réalisé des durées de séance estimées trop courtes.
Je vois plusieurs problèmes à faire cela en première intention, avant d’essayer les autres pistes que je vous propose. Voici ces problèmes :
vous n’êtes pas sûr de trouver le bon interlocuteur ;
si vous êtes la seule personne à vous plaindre, il y a peu de chances que votre demande aboutisse sur quelque chose ;
si votre plainte aboutit sur quelque chose, ce sera probablement au bout de plusieurs mois ou années ;
votre kiné ne sera peut-être jamais au courant que quelqu’un s’est plaint, et ne sera donc pas incité à modifier sa manière de pratiquer.
Cela m’est arrivé personnellement plusieurs fois de ne pas arriver à trouver un mode de fonctionnement qui convenait à tout le monde avec certain(e)s de mes patient(e)s et leurs proches. Tout le monde n’est pas fait pour travailler ensemble.
Une prise en charge kiné implique forcément une interaction humaine a minima. S’il y a un trop gros décalage entre ce que chaque personne impliquée attend de cette interaction, mieux vaut parfois mettre fin aux séances de kiné !
Voici en tout cas mon point de vue à ce sujet, qui est bien sûr sûrement influencé par le fait que je sois kiné de formation initiale, et que j’ai beaucoup de personnes kiné dans mon entourage. N’hésitez pas à exprimer en commentaire un point de vue différent !
Est-ce qu’un(e) kiné peut être condamné en cas de durée de séance insuffisante ?
Oui, un(e) kiné peut être condamné en justice pour des durées de séance trop courtes répétées.
Mais à ma connaissance, la condamnation concerne plusieurs problèmes, pas seulement celui-ci.
Le plus souvent, les kinés sont interpellés par pour régler des indus : pour rembourser des séances qu’il ou elle n’aurait pas du facturer à l’Assurance maladie. Cela ne va pas forcément après en justice.
Vous pouvez trouver des exemples de cela dans :
des médias, souvent de la presse quotidienne régionale, qui relatent des faits divers sur les kinés ayant eu des amendes ou des peines de prison avec sursis dans le cadre d’”escroquerie”, de “fraude à la sécurité sociale”, ou autre ;
les sites des syndicats de kiné ;
la jurisprudence : les compte-rendu de procès et autres disponibles sur les sites de la cour de cassation, entre autres.
Voici par exemple ce qu’on peut lire sur le site de la Cour de Cassation, sur une décision concernant un kiné.
Sur l’indu réclamé pour les actes de moins de trente minutes, il indique que les séances duraient toutes plus d’une demi heure, et qu’il surveillait constamment les patients même si il reconnaît l’impossibilité de consacrer trente minutes individuellement à chacun d’entre eux.
Cour d’appel de Toulouse, mars 2023
On reprochait de nombreuses autres choses à ce kiné, dont la facturation de plus de 45 actes par jour, ou des facturations de majoration de nuit injustifiées.
À ma connaissance, ces situations sont déclenchées par des contrôles des Caisses, surtout en cas d’activité atypique (gros volume de facturation par rapport aux autres kinés de la région, par exemple).
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous avez mal au coccyx (coccydynie) depuis quelques jours, semaines, mois voire années, vous vous demandez quand est-ce que cette douleur va partir ? Que faire pour soulager les douleurs ?
Je vous réponds en m’appuyant sur mon expérience de kiné et ma lecture des études scientifiques qui suivent les gens ayant une coccydynie.
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Je parle dans cet article des douleurs au coccyx quelque soit leur cause, après une chute, un accouchement, une forte perte de poids ou sans cause identifiée. Ces événements ont pu entraîner :
contusion : c’est ce qui survient le plus souvent.
Elles se produisent lorsque les petits vaisseaux sanguins sous la peau, appelés capillaires, sont endommagés suite à un choc ou une chute sur le coccyx. Cela entraîne une fuite de sang dans les tissus environnants, créant souvent gonflement et douleur.
C’est ce qu’on appelle en language courant « bleu » ou « ecchymose ».
Même avec une simple contusion, les douleurs au coccyx peuvent durer longtemps chez certaines personnes.
encore plus rare tumeurs malignes comme le chordome.
En langage médical, on parle de coccydynie pour désigner les douleurs au coccyx, quelque soit leur cause.
Il est souvent difficile (et frustrant) d’identifier une cause précise d’une douleur au coccyx. Voici ce que dit une équipe de recherche britannique qui a synthétisé les connaissances sur les douleurs au coccyx :
Les patients déclarent souvent avoir des difficultés à obtenir un diagnostic spécifique pour la cause de leur douleur au coccyx et notent que leurs cliniciens traitants semblent dédaigner cette pathologie
Mabrouk 2023
Photo d’une contusion au coccyx
Combien de temps durent les douleurs au coccyx en général ?
Bien qu’il existe des dizaines d’études sur les douleurs au coccyx, peu visent à identifier de manière précise combien de temps dure la douleur en général.
Probablement parce que beaucoup de gens ne consultent pas leur médecin pour ce type de douleur. Ou seulement au bout d’un certain temps.
Voilà tout de même quelques éléments sur le pronostic possible de ces douleurs, même si je suis désolée de ne pas pouvoir vous délivrer des infos plus précises.
Le pronostic des patients souffrant de coccydynie est variable. Alors que les symptômes de la plupart des patients s’améliorent ou disparaissent avec des soins conservateurs (non chirurgicaux), d’autres patients souffrent d’une douleur au coccyx notoirement persistante, voire à vie.
Mabrouk 2023
Et aussi :
De nombreux patients atteints de coccydynie voient leurs symptômes disparaître dans les semaines ou les mois qui suivent leur apparition, qu’ils reçoivent ou non un traitement médical.
Mabroux 2023
Une équipe de recherche française 🇫🇷 a suivi pendant 3 ans 115 personnes souffrant de douleurs de coccyx [Charrière 2021] recevant aucun traitement ou un traitement conservateur (sans opération).
Ce sont des personnes qui avaient déjà mal au coccyx depuis au moins 2 mois (douleur chronique).
Voici leurs conclusions :
en moyenne, la douleur diminuait au fil des mois. Elle était de 6,5/10 au début, puis de 5,5/10 à 6 mois et 3,2 sur 10 à 3 ans ;
les personnes n’ayant pas de luxation postérieur du coccyx sont plus susceptibles d’avoir moins mal plus rapidement ;
49 % des gens n’ont plus aucune douleur lors du suivi 3 ans après.
Voici quelques données chiffrées tirées de ma propre expérience, auprès de patient(e)s ayant des douleurs au coccyx après une fracture ou un accouchement. À défaut d’avoir d »autres données provenant d’un plus grand échantillon de personnes.
Origine des douleurs au coccyx
Durée minimale des douleurs
Durée maximale des douleurs
Fractures du coccyx après une chute
Quelques semaines
Quelques mois. Plus rarement, douleurs « à vie », bien que fluctuantes (pouvant partir et revenir)
Accouchement
Quelques jours
Quelques mois. Plus rarement, douleurs « à vie », bien que fluctuantes (pouvant partir et revenir)
La durée des douleurs au coccyx selon mon expérience de kiné
Pourquoi les douleurs au coccyx durent parfois longtemps ?
Voici des hypothèses possibles pour expliquer pourquoi les douleurs au coccyx peuvent parfois persister plus longtemps que celles dans d’autres parties du corps.
Manque de vascularisation
Le coccyx a une irrigation sanguine relativement faible par rapport à d’autres parties du corps. Une circulation sanguine réduite peut ralentir le processus de guérison en apportant moins de nutriments et d’oxygène nécessaires à la régénération des tissus.
Pression constante
Le coccyx est soumis à une pression constante lorsque nous sommes assis. Si une blessure, une contusion ou une inflammation affecte cette région, le fait de continuer à s’asseoir peut prolonger la guérison à cause de cette pression.
Manque de repos
Il peut être difficile de donner au coccyx suffisamment de repos, car il est souvent sollicité dans la vie quotidienne, même lors de simples activités comme s’asseoir, se lever ou marcher.
Sensibilité nerveuse
Le coccyx est entouré de nombreuses terminaisons nerveuses, et une irritation de ces nerfs peut prolonger la sensation de douleur. La sensibilité nerveuse peut rendre la récupération plus lente et la douleur plus persistante.
Le fait que les douleurs au coccyx durent longtemps ne veut pas forcément dire qu’il y a un problème grave sous-jacent, même si cela est contre-intuitif.
Quels traitements pour soulager les douleurs au coccyx ?
Il existe une centaine d’études sur les causes et traitements des douleurs au coccyx :
Études publiées sur les causes et traitements des douleurs au coccyx
Voici le résumé d’une de ces publications récentes qui compile ces différentes études sur les traitements des douleurs de coccyx :
Le traitement global consiste à éviter les facteurs exacerbants (position assise), à utiliser des coussins, à prendre des médicaments par voie orale ou topique et à réaliser des injections anti-douleur sous guidage fluoroscopique.
Seul un faible pourcentage de patients atteints de coccydynie nécessite un traitement chirurgical, à savoir l’ablation du coccyx (coccygectomie).
Mabrouk 2023
Rappelez-vous aussi cette citation que j’ai déjà évoqué :
De nombreux patients atteints de coccydynie voient leurs symptômes disparaître dans les semaines ou les mois qui suivent leur apparition, qu’ils reçoivent ou non un traitement médical.
Malbroux 2023
En d’autres termes : quoi que vous fassiez (même sans aucun traitement ou médicament), il est possible que votre douleur diminue voire disparaisse en quelques semaines.
Voici les résultats d’une étude qui essaie de comparer comment la douleurs des gens évolue avant/après certains traitement de la coccydynie.
Ces études sont de faible qualité car elles ne comparent souvent pas l’efficacité du traitement par rapport à un placebo ou à l’évolution naturelle (sans rien faire) :
Plus le chiffre « différence » est elevé, plus ça signifie que les gens ont été soulagé. Source : Andersen 2022
Dans cette complication d’études, les gens les plus soulagés étaient ceux qui avaient recours à :
Faut-il se faire enlever le coccyx ? Coccygectomie
N’hésitez pas à me dire en commentaire sous cet article si vous souhaitez que je réalise un article complet sur l’intérêt ou non de se faire enlever le coccyx.
En attendant un article peut-être plus complet, voici une synthèse de ce qu’on sait de cette opération du coccyx :
La coccygectomie présente un taux d’infection postopératoire relativement élevé et, même après l’ablation du coccyx, de nombreux patients présentent un certain degré de douleur persistante.
Mabrouk 2023
Que faire contre VOS douleurs au coccyx ?
Je ne me suis pas beaucoup attardée sur les traitements des douleurs au coccyx.
Pourquoi ? Car nous ne disposons d’aucune donnée de bonne qualité à leur sujet, sur leur ratio bénéfice/risque et les chances de succès.
Une option est donc de « piocher » parmi les traitements et astuces qui remportent le plus votre adhésion. Par exemple, certaines personnes priviligerons les choses qu’on peut faire en autonomie et sans rien acheter. D’autres des soins délivrés par un(e) professionnel(le), comme un(e) kiné.
Les voici listés.
En l’absence de données de qualité sur l’efficacité de ces traitements et astuces, certaines personnes décideront de ne rien mettre en place et de laisser faire les choses.
Peuvent soulager la pression sur le coccyx lors de la position assise. Disponibles en vente libre.
Coussins circulaires (coussins en anneau type beignet : voir sur amazon)
Suggérés pour le traitement de la coccydynie, mais peuvent exercer une pression sur le coccyx. Plus utiles pour traiter la douleur rectale.
Correction de la posture assise
Revoir la façon de s’asseoir pour tenter d’en trouver une moins douloureuse
Application de chaleur et de froid
Peut être bénéfique, mais aucun n’a pas été démontré comme supérieur à l’autre : essayez les deux
Médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
Les plus couramment prescrits pour la douleur coccygienne. Les opioïdes comme la morphone ne sont généralement pas recommandés, réservés aux douleurs sévères non réactives aux autres mesures.
Rééducation du plancher pelvien
Peut être utile en cas de spasmes musculaires du plancher pelvien associés à la coccydynie.
Bien que les preuves littéraires manquent, ces procédures sont recommandées dans les cas de coccydynie chronique sans consensus sur le meilleur site d’injection. L’imagerie guidée est recommandée.
Thérapie par radiofréquence
Réalisée par un(e) médecin à l’aide d’électrodes émettant une légère chaleur. Cette chaleur détruit ou endommage temporairement les nerfs spécifiques qui transmettent les signaux de douleur.
Injections de corticoïdes et anesthésiques locaux
Diagnostiques et thérapeutiques, notamment à la jonction sacrococcygienne.
Injection épidurale caudale de corticoïdes
Utilisée pour traiter la douleur coccygienne résultant de kystes de Tarlov et pour la douleur radiculaire sacrale inférieure.
Blocage du ganglion impar
Utile dans les cas réfractaires et ceux associés à la douleur pelvienne ou à des néoplasmes malins. L’ablation par radiofréquence du ganglion impar est également décrite pour la douleur sévère due au carcinome.
Stimulation de la moelle épinière
Les données sont limitées.
Coccygectomie : ablation du coccyx
Les différents traitements proposés pour soulager les douleurs au coccyx qui ne partent pas toute seule, si l’on souhaite mettre en place des choses. Source : Lirette 2014 ; Andersen 2022
D’autres voudront tenter des choses.
C’est je pense à vous de trancher sur ce qui vous semble le plus approprié dans votre cas. En en discutant par exemple avec votre médecin traitant ou kiné de confiance, pour avoir un avis externe.
***
Voilà pour ce que je voulais vous dire à ce sujet ! Des questions, remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Mabrouk A, Alloush A, Foye P. Coccyx Pain. [Updated 2023 May 1]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK563139/
Lirette LS, Chaiban G, Tolba R, Eissa H. Coccydynia: an overview of the anatomy, etiology, and treatment of coccyx pain. Ochsner J. 2014 Spring;14(1):84-7. PMID: 24688338; PMCID: PMC3963058.
Andersen GØ, Milosevic S, Jensen MM, Andersen MØ, Simony A, Rasmussen MM, Carreon L. Coccydynia-The Efficacy of Available Treatment Options: A Systematic Review. Global Spine J. 2022 Sep;12(7):1611-1623. doi: 10.1177/21925682211065389. Epub 2021 Dec 18. PMID: 34927468; PMCID: PMC9393997.
Charrière S, Maigne JY, Couzi E, Lefèvre-Colau MM, Rannou F, Nguyen C. Conservative treatment for chronic coccydynia: a 36-month prospective observational study of 115 patients. Eur Spine J. 2021 Oct;30(10):3009-3018. doi: 10.1007/s00586-021-06911-3. Epub 2021 Jul 3. PMID: 34216237.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Le scaphoïde tarsien (aussi appelé os naviculaire) est le nom d’un os du pied. Il se casse parfois, suite à un accident ou une fracture de fatigue.
Kiné, je réponds sur la base de mon expérience et des études aux questions les plus fréquentes qu’on se pose après une fracture du naviculaire (= scaphoide du pied) !
♻️ Dernière mise à jour : janvier 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Les différents noms d’une fracture du scaphoïde du pied
Comme souvent en médecine, on utilise plein de mots différents pour parler de la même chose !
Dans cet article je parle des
fractures de l’os naviculaire
fractures du scaphoïde du pied
fracture du scaphoïde tarsien
Tous ces termes renvoient à la même fracture !
Le terme le plus actuel est « os naviculaire », mais les médecins et kinés utilisent encore beaucoup le terme de « scaphoïde tarsien » pour désigner cet os.
Voici d’ailleurs où se situe le scaphoïde sur le pied en photo (pied droit) :
Photo montrant l’emplacement du scaphoïde du pied (c’est même un peu plus en avant)
Et un schéma du pied avec l’os naviculaire en violet (pied droit) :
l’os naviculaire sur le pied droit
Enfin à quoi ressemble une fracture de l’os naviculaire (= scaphoïde du pied = scaphoïde tarsien) vue à la radio :
Radio du pied avec fracture du naviculaire
Comment être sûr que c’est bien une fracture du naviculaire et pas autre chose ? (Symptômes)
Les symptômes d’une fracture de l’os naviculaire sont semblables à d’autres problèmes qu’on peut avoir au pied suite à un choc ou un accident : simple contusion, entorse, tendinite, fracture d’un autre os du pied.
Voici ces symptômes :
douleur importante à l’avant-pied même sans rien faire ;
difficulté à marcher, à poser le pied par terre, à cause de la douleur ;
votre pied est gonflé, au niveau de l’avant-pied voir tout le pied, et même la jambe ;
un bleu apparaît au niveau de l’avant-pied ou de la cheville.
Le mode de survenue de ces symptômes aide aussi à poser le diagnostic :
les fractures du scaphoïde du pied surviennent surtout lors d’accidents de la route, mais aussi dans les suites de chute ;
c’est aussi un os qui se casse à cause de micro-traumatismes répétés, par exemple quand on fait beaucoup de sports en compétitions comme la gym ou la course à pied. Dans ce cas on parle de fracture de fatigue.
Pour être sûr que l’os est bien cassé, et voir précisément la fracture (est-ce qu’elle est déplacée ou non), vos médecins ont probablement réalisé une radio du pied.
La radio permet de visualiser le scaphoïde et de voir s’il y a une fracture. En cas de doute, on vous ferra parfois un scanner. Ces 2 examens permettent d’être quasi-sûr de ne pas passer à côté d’une fracture.
Fracture du scaphoïde au pied vue au scanner
Quel est le traitement habituel d’une fracture du scaphoïde au pied ?
Il existe comme pour la plupart des fractures 2 grands types de traitement pour une fracture de l’os naviculaire :
traitement conservateur : pas d’opération, mais des consignes d’immobilisation ou de moindre appui, et un rendez-vous de contrôle ;
En général, on vous immobilise partiellement le pied après une fracture du scaphoïde tarsien. Par exemple, avec un petit plâtre, ou une botte de marche.
L’immobilisation est partielle car vu son emplacement, c’est assez difficile d’immobiliser cet os !
L’immobilisation par plâtre ou botte est souvent conseillée 6-8 semaines, jusqu’à une radio de contrôle. La botte de marche peut s’enlever pour dormir et se laver.
A-t-on le droit de marcher, prendre appui sur le pied ?
Il y a plusieurs approches différentes sur la reprise de la marche avec une fracture du scaphoïde. Selon votre fracture, votre état de santé, mais aussi les professionnel(le)s de santé (chirurgien(ne)s, médecins, kinés) sur lesquels vous tombez !
Dans tous les cas, la marche est possible sans appui ou avec un appui partiel : on parle de marche en décharge totale ou partielle. Parfois, l’appui total est autorisé dès le début.
Parfois, vous avez donc le droit dès le début de marcher « normalement », en mettant du poids sur le pied, autant que vous voulez selon les douleurs. Vous aurez tout de même très probablement besoin de béquilles pour soulager l’appui.
J’ai fait des guides en accès-libre justement à ce sujet, avec photos et vidéos :
Normalement, cela est tracé quelque part par écrit dans votre compte-rendu d’examen ou de passage aux urgences. Ou on vous l’a dit à l’oral.
Si on ne vous a rien dit à ce sujet, c’est probablement que la marche est autorisée pour vous, et qu’il faut simplement faire au ressenti ! Vous pouvez bien sûr aussi en parler avec votre kiné ou médecin traitant.
Faut-il faire des séances de kiné ?
Il est assez fréquent d’avoir besoin de séances de kiné après une fracture de l’os naviculaire. Elles vous sont prescrites soit dès le diagnostic, soit après la radio de contrôle et la période sans appui.
Le but des séances de kiné est de vous aider à reprendre petit à petit toutes vos activités d’avant !
Pour cela, il faut parfois :
retrouver un peu de mobilité, de souplesse dans l’avant-pied. Grâce à des exercices, des auto-mobilisations ;
regagner de la force musculaire dans les muscles du pied et de la jambe. Là encore, des exercices sont parfois proposés. Mais le simple fait de reprendre progressivement la marche, les escaliers et toutes vos activités du quotidien peut suffir (selon les contextes) ;
soulager vos douleurs.
Si vous avez l’impression d’arriver tout(e) seul(e) à reprendre vos activités du quotidien, sans questionnement particulier : tant mieux ! Dans ce cas, vous pouvez probablement vous contentez d’une auto-rééducation.
Exercice pour retrouver de la souplesse dans la cheville après une fracture important de l’os naviculaire : elle peut être raide
Pourquoi il y a parfois une opération ?
Si on vous a opéré, c’est que votre chirurgien(ne) a estimé que votre type de fracture, votre état de santé et votre mode de vie faisaient que vous alliez mieux récupérer en opérant que sans opérer.
Parfois, les chirurgien(ne)s vous font participer à la décision d’opérer ou non, car il y a toujours une balance à faire entre les bénéfices et les risques.
L’opération permet de stabiliser mieux la fracture (= éviter qu’elle bouge) pour favoriser la consolidation de l’os. Avec du matériel comme une plaque ou des vis.
Cela n’empêche cependant pas de devoir prendre les mêmes précautions de reprise progressive d’activité, comme si vous n’aviez pas été opéré.
Fracture de l’os naviculaire (avec en plus des fractures des métatarses) traitée par une chirurgie avec plaques et vis. Vu à la radio. Source : Ahmed 2018
Quel est le temps de guérison et consolidation d’une fracture du scaphoïde au pied ?
Déjà, soyez rassuré : les fractures de l’os naviculaire récupèrent généralement bien.
La durée de consolidation est assez classique : il faut entre 6 et 8 semaines à l’os pour commencer à être bien consolidé. C’est pour cela que vous avez souvent une radio de contrôle à ce moment-là.
Voici quelques données type de récupération observées :
Délais habituel
Consolidation osseuse
6-8 semaines
Disparition de l’œdème (gonflement du pied)
Plusieurs semaines à plusieurs mois
Reprise de la marche avec béquilles sans appui ou avec appui contact
Tout de suite
Reprise de la marche avec appui
6 semaines – parfois tout de suite
Reprise du travail
1-4 mois
Reprise du sport
2-6 mois
Récupération totale fonctionnellement et musculairement
4 mois – 1 an
Délais de guérison après une fracture de l’os naviculaire, qu’elle soit opérée ou non
Voici quelques données provenant d’études qui suivent la récupération des gens après une fracture de l’os naviculaire (Gheewala 2023) :
dans une étude, ce sont 57 des 62 patient(e)s blessés qui ont pu reprendre 100 % de leur activité d’avant dans les mois qui ont suivi la fracture de l’os naviculaire ;
dans une autre étude ayant suivi 10 personnes avec des fractures très sévères de l’os naviculaire (= fracture comminutive = os cassé à plusieurs endroits), 100 % ont bien consolidé. Et dans le suivi à plus de 20 mois, aucune n’a eu besoin d’une reprise chirurgicale avec une arthrodèse.
Comme n’importe quelle fracture des complications sont possibles, mais elles sont l’exception plutôt que la règle : raideur, douleur résiduelle, pseudarthrose (= non consolidation) ou nécrose de l’os.
Peut-on travailler avec une fracture du naviculaire ?
Cela dépend bien sûr beaucoup de votre activité professionnelle : est-ce que vous êtes beaucoup debout ?
L’Assurance maladie émet des guides avec des durées type d’arrêt de travail selon le type de fracture, mais elle ne dit rien pour les fractures du naviculaire (probablement car elles ne sont pas très fréquentes).
En général, il faut compter un arrêt de travail de 3/4 semaines à 3/4 mois (voire plus) selon votre travail et comment vous récupérez.
Certaines personnes reprennent tout de suite en adaptant ce qu’elles font et leurs déplacements, d’autres (une minorité) ont besoin d’encore plus longtemps).
***
J’espère avoir répondu à la majorité de vos questions ! Si vous en avez d’autres, ou si vous souhaitez partager votre expérience : rendez-vous en commentaire !
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Gheewala R, Arain A, Rosenbaum AJ. Tarsal Navicular Fractures. [Updated 2023 Jul 10]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK542221/
Durées d’arrêt de travail sur ameli.fr (rien de spécifique sur l’os naviculaire)
Image : Ahmed A, Westrick E. Management of Midfoot Fractures and Dislocations. Curr Rev Musculoskelet Med. 2018 Dec;11(4):529-536. doi: 10.1007/s12178-018-9518-8. PMID: 30196386; PMCID: PMC6220014.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Dans cet article, je vais vous décrire ici 2exercices que vous pouvez faire quand vous avez une sciatique (ou douleur sciatique).
Mon choix concernant ces exercices est le fruit de :
plus de 10 ans d’expertise en tant que kiné (dont la gestion de plusieurs programmes de réadaptation du dos en centres de rééducation);
de mon expérience douloureuse personnelle, ayant moi-même été touché par des douleurs sciatiques (la première il y a environ 15 ans) ;
d’une recherche approfondie de la littérature scientifique sur le sujet.
Je présente ces exercices dans la toute première section de cet article, vers laquelle vous pouvez d’ores et déjà vous rendre si vous êtes pressé…
… Pour celles et ceux qui sont encore là (youpi !), je me permets de vous encourager à aller au-delà de la simple présentation des exercices !
Vous y apprendrez, entre autres :
✅ ce qu’on sait sur combien de temps dure une sciatique en moyenne ;
✅ quelles sont les recommandations internationales en matière de traitement de la sciatique ;
✅ s’il est vraiment possible de soulager une sciatique avec des exercices;
✅ quels sont les dangers des exercices quand on a une sciatique ;
✅ s’il faut ou non étirer le nerf sciatique et comment.
Bonne lecture ! 🙂
(Des questions, remarques ou expériences à partager ? N’hésitez pas à utiliser la section commentaires en fin d’article ! 🙏)
♻️ Dernière mise à jour : février 2024. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique 👨⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Sommaire
2 exercices à pratiquer en cas de sciatique (et pas seulement !)
(Les 2 exercices présentés ici ne visent pas une action rapide sur la douleur, mais ce n’est pas impossible qu’ils aient cet effet. Dites-moi en commentaires ! 🙏🏻)
Mise en garde : attention aux signes d’alerte !
En cas de sciatique, avant de foncer tête baissée sur des exercices, il faut d’abord s’assurer que sa situation ne présente pas de signes d’alerte.
Les signes d’alerte, ou « drapeaux rouges », sont des indices qui doivent encourager à consulter (ou reconsulter) un médecin. On a par exemple :
🚩 une douleur sévère, c’est-à-dire une douleur qui :
est présente constamment ;
gêne pour penser ou parler ;
empêche de dormir ;
perturbe fortement la réalisation d’activités simples : sortir de son lit, aller aux toilettes, se laver ou s’habiller.
🚩 des signes de déficits neurologiques (par exemple, une perte de sensibilité, un engourdissement ou une perte de force dans la jambe douloureuse) ;
🚩 des problèmes urinaires ou défécatoires ;
🚩 une fièvre, une perte d’appétit, une grande fatigue ou une perte de poids ;
🚩 la survenue récente d’un traumatisme (par exemple une chute) ;
🚩 une douleur sciatique persistante et invalidante au-delà de 3 mois, sans amélioration malgré un traitement conservateur (c’est-à-dire non chirurgical).
Si vous êtes dans l’un ou l’autre de ces cas de figure, je vous invite à rapidement faire ou refaire le point avec un professionnel.
Sources : Jensen, 2019
Consignes générales de sécurité
Pour chaque exercice, il est normal de ressentir un peu de douleur. Pour que tout se passe pour le mieux, il y a néanmoins 3 conditions à respecter :
🟢 la douleur doit être supportable, elle ne doit pas vous faire grimacer. Si c’est le cas, il faut réduire l’amplitude ou la vitesse du mouvement.
🟢 Pendant que vous faites l’exercice, à chaque fois que vous revenez à la position de départ, la douleur doit :
disparaître immédiatement ;
ou revenir à son niveau initial (si vous aviez déjà mal en commençant).
🟢 Durant l’exercice, la douleur que vous pouvez ressentir doit rester la même à chaque répétition. Elle ne doit pas augmenter à chaque fois.
Si ces conditions ne sont pas réunies, alors il faut essayer :
soit de réduire l’amplitude des mouvements (aller un peu moins en avant, en arrière, etc.) ;
soit de diminuer la vitesse des mouvements (aller moins vite !) ;
soit de faire moins de répétitions. (Vous avez commencé à 10 répétitions ? Tenter de n’en faire que 6, par exemple.)
À noter que tous les principes ci-dessus sont pareillement valables si vous prenez des antidouleurs.
Normalement, les exercices que je présente juste après sont adaptés à tout le monde, à condition de trouver la bonne dose.
En cas de difficultés, n’hésitez pas à vous faire assister directement par un kinésithérapeute.
Exercice n°1 : le plongeon vers la terre
Position de départ d’une version débutant possible de l’exercice « plongeon vers la terre » Pour une version encore plus facile, placer les mains sur les cuisses.
➡️ Position de départ : debout
➡️ Consignes gestuelles
🔸Version débutant 🔸
genoux légèrement pliés, penchez-vous doucement en avant en faisant glisser vos mains sur vos cuisses ;
descendez aussi bas que votre douleur vous le permet (voir les consignes générales pour la gestion de la douleur pendant les exercices) ;
remontez légèrement, puis redescendez en essayant éventuellement d’aller un peu tout petit peu plus bas ;
répéter le point précédent 10 à 20 fois, puis tenir la dernière position basse durant 5 à 10 respirations profondes (soit environ 15 à 30 secondes) ;
revenez délicatement à la position debout en cherchant à remonter d’abord la tête, puis les épaules, tout en pliant légèrement les genoux.
🔸🔸 Version avancée 🔸🔸
Dans la version avancée, les personnes peuvent descendre suffisamment bas pour aller positionner leurs mains au moins jusqu’à la moitié de leurs tibias.
Ici, on peut exécuter le point n°3 en pliant légèrement les genoux (flexion) puis en les tendant à nouveau (extension), à la place de remonter et redescendre les mains.
En jouant sur les genoux, la tension dans le dos (ou éventuellement dans l’arrière des cuisses) devrait diminuer en flexion et augmenter en extension.
➡️ Quantité de travail : partez sur 1 à 2 fois par jour (avec au moins une minute de pause entre chaque), environ 4 à 5 fois par semaine.
Si la douleur est trop importante, essayez de réduire les amplitudes de mouvement. Autrement dit, descendez tout simplement moins bas.
➡️ Pourquoi cet exercice ?
Un épisode de sciatique peut plus ou moins perturber la capacité à se pencher en avant, laquelle requiert un minimum de souplesse au niveau du dos et du bassin.
Le but de cet exercice est donc de travailler à récupérer, puis à entretenir cette capacité.
Cet exercice à l’avantage de pouvoir être pratiqué à peu près n’importe où, car il ne requiert ni de se mettre par terre ou de s’asseoir, ni aucun matériel.
Exercice n°2 : le cobra érigé
Position de départ d’une version débutant possible de l’exercice « cobra érigé »
➡️ Position de départ : debout, les deux mains au creux des reins
⚠️ À cause de la douleur, certains n’arrivent pas à se redresser complètement. Si c’est votre cas, je vous explique juste après comment adapter l’exercice.
➡️ Consignes gestuelles :
laissez-vous aller en arrière autant que la douleur vous le permet (voir les consignes générales pour la gestion de la douleur pendant les exercices) ;
Adaptation : si à cause de la douleur vous n’arrivez pas à vous tenir debout bien droit, cherchez à vous redresser autant que possible, plutôt que d’aller en arrière.
revenez à votre position de départ.
Répétez cette gestuelle 10 à 20 fois, puis tenir la dernière position vers l’arrière durant 5 à 10 respirations profondes (environ 15 à 30 secondes).
➡️ Quantité de travail : partez sur 1 à 2 fois par jour (avec au moins une minute de pause entre chaque), environ 4 à 5 fois par semaine.
Si la douleur est trop importante, essayez de réduire les amplitudes de mouvement. Autrement dit, aller tout simplement moins loin en arrière !
➡️ Pourquoi cet exercice ?
Si l’intérêt de la capacité à se pencher en avant est sûrement évident pour tout le monde, celle de se pencher en arrière l’est sans doute moins…
En fait, un certain degré de souplesse du dos dans ce sens est indispensable pour :
pouvoir se tenir debout parfaitement redressé ;
s’allonger à plat ventre ou à plat dos.
Et le tout, sans inconfort lombaire !
Souvent, ces capacités basiques sont dégradées en cas de sciatique. Le but de cet exercice est donc de travailler à récupérer, puis à entretenir ces capacités.
À noter que ce second exercice, comme le premier, peut être pratiqué à peu près n’importe où et sans matériel !
Des exercices peuvent-ils vraiment soulager une sciatique ?
Pour soulager une sciatique, on peut chercher des exercices pour :
un soulagement très rapide mais temporaire de la douleur. Même si la douleur revient peu de temps après l’arrêt de l’exercice, cela permet de souffler.
une amélioration plus durable, un vrai moyen de réduire la durée d’un épisode, d’en atténuer l’intensité globale, voire de prévenir le risque de récidive.
Examinons à présent chacune de ces catégories d’exercices.
Les exercices pour un soulagement rapide d’une douleur sciatique
Sur internet, de nombreux articles et vidéos présentent des exercices pour soulager une sciatique. Souvent, ces contenus sont suivis de commentaires.
Dans ces commentaires, on trouve de nombreux témoignages très positifs, rapportant un soulagement rapide de la douleur. Qu’en penser ?
À mon avis, il est tout à fait possible que certains exercices puissent dans certains cas apporter un soulagement très rapide (même si transitoire) de la douleur.
Et c’est une bonne chose ! En effet, même si l’action d’une méthode anti-douleur est temporaire, c’est toujours ça de pris.
(À condition bien sûr qu’elle soit sans grands dangers et ne coûte pas trop chère, ce qui selon moi est le cas des exercices.)
Ceci étant dit, il y a d’après moi 2 petits problèmes avec cette catégorie d’exercices aujourd’hui :
je ne crois pas qu’on puisse savoir à l’avance quel exercice précis sera adapté pour telle ou telle personne ;
je ne crois pas non plus qu’on puisse déterminer à l’avance quelle sera la juste dose appropriée.
À ma connaissance, ce type d’exercices n’a pas été étudié par la science, laquelle s’est concentrée sur des exercices visant des effets plus durables (voir plus bas).
Conséquence pratique : si vous cherchez un exercice pour un soulagement très rapide de la douleur, il faut essayer. Si vous obtenez l’effet attendu, bingo. Dans le cas contraire, essayez-en un autre !
(Les 2 exercices présentés plus haut ne visent pas une action rapide sur la douleur, mais ce n’est pas impossible qu’ils aient cet effet. Dites-moi en commentaires ! 🙏🏻)
Les exercices pour des améliorations durables
C’est souvent la même histoire : ça dépend de ce qu’on veut dire par « des exercices ». Si par là on entend un nombre bien précis d’exercices bien spécifiques qui :
auraient le pouvoir de réduire la durée ou l’intensité globale d’un épisode de sciatique, ou de prévenir les récidives,
par rapport à quelqu’un qui se contenterait d’appliquer les recommandations générales (voir plus bas),
alors non, bien malheureusement, ça n’existe probablement pas.
En effet, à ce sujet il faut savoir que :
◾en 2024, aucune démonstration scientifique consistante n’a pu mettre en évidence de tels exercices (même s’ils sont personnalisés et supervisés !) ;
◾les recommandations internationales pour traiter une sciatique parlent de l’intérêt de l’exercice en général, et non d’exercices spécifiques (voir la partie dédiée un peu plus loin) ;
◾mes propres expériences de kiné et de patient, couplées à mon expertise critique de chercheur, ne m’ont jamais rien permis d’identifier de tel.
Par ailleurs, il est risqué d’introduire des exercices trop spécifiques pendant un épisode de sciatique. Je développe ce point dans la partie suivante.
Y a-t-il des dangers à faire des exercices pour une sciatique ?
Introduire des exercices nouveaux dans une routine de vie quotidienne comporte des risques, quelque soit le problème :
soit d’augmenter transitoirement les douleurs existantes ;
soit de créer de nouvelles douleurs ailleurs.
Et je dirais que ceci est particulièrement vrai lorsqu’on s’aventure à faire des exercices très spécifiques sans supervision.
Ici, je parle surtout sur la base de mes expériences personnelles et professionnelles. La littérature scientifique étant relativement muette à ce sujet [Karlsson, 2020].
Pour ce qui est de l’expérience personnelle, je pense intéressant de mentionner que :
👉🏼 je me suis moi-même déclenché le pire épisode de sciatique de ma vie en testant un exercice inhabituel (pendant mes études de kiné !) ;
👉🏼 je me suis déjà plusieurs fois créé des torticolis ou des lumbagos (entre autres) :
soit en testant de nouveaux exercices ;
soit en réintroduisant des exercices que je n’avais pas fait depuis longtemps.
Heureusement, même si ces épisodes douloureux ont parfois été bien gênants, ils n’ont jamais été graves et sont toujours passés d’eux-mêmes (ouf !).
Sources : Karlsson, 2020
Ferais-je moi-même des exercices si j’avais une sciatique ?
En cas de doute sur un traitement que vous propose un professionnel de santé, il peut être intéressant de lui poser la question :
« Feriez-vous la même chose à ma place ? »
(Variantes : « Feriez-vous la même chose si c’était votre enfant ? Votre mère ? Etc.)
Dans cet article, je vous épargne d’avoir à le faire en me posant la question à moi-même : sympa n’est-ce pas ? 😊
En plus, ayant déjà été touché par des maux de dos / sciatiques, desquels je me suis bien sorti, je peux vous dire ce que je fais, et pas uniquement ce que je ferais !
Quand j’ai une sciatique ou un mal de dos (sans signes d’alerte, voir la section dédiée plus haut) :
👉🏼 Je ne fais pas d’exercices spécifiques en plus de mes exercices réguliers d’entretien musculaire (disons de yoga et de at-home workout, pour le style).
(À noter que ces exercices réguliers incluent les deux exercices que je présente dans cet article).
👉🏼 Il m’arrive d’adapter ou de mettre en pause certains exercices, selon à quel point ils augmentent ma douleur.
👉🏼 Je continue à pratiquer mes exercices habituels non pas pour soulager ma sciatique, mais parce que je les crois importants pour d’autres raisons.
👉🏼 Je continue à maintenir autant que possible mon niveau habituel d’activité physique (avec adaptations si nécessaire) :
dans le travail (vélo, escaliers, etc.)
dans mes activités physiques de loisirs et d’entretien (trail ou randonnée, yoga et at-home workout) ;
dans mes tâches domestiques (aspirateurs, courses, etc.).
Ceci étant dit, vous vous posez peut-être maintenant un certain nombre de questions qui méritent réponses. Examinons chacune d’elles.
Pourquoi faire des exercices même en l’absence de sciatique ?
D’après les grandes instances internationales comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), être aussi actif que possible serait bon pour la santé.
Formuler différemment, moins on passerait de temps assis, allongé ou avachi dans un canapé, meilleur serait notre bien-être physique et psychologique.
Ainsi, faire des exercices régulièrement est un moyen (parmi d’autres) de bouger un peu plus, et ainsi d’augmenter son activité physique et de sortir de la sédentarité.
Pourquoi ne pas faire d’exercices spécifiques anti-sciatiques ?
Tout simplement parce que, hélas, je ne crois pas qu’il existe un quelconque exercice spécifique qui permettrait :
d’atténuer l’intensité globale d’un épisode de sciatique,
de réduire sa durée,
ou de prévenir le risque de récidive.
Je n’y crois malheureusement pas car (entre autres) :
en 2024, il n’existe toujours aucune preuve scientifique solide à l’appui d’une telle idée (même pour des exercices personnalisés et supervisés !) ;
rien de tel n’est mentionné dans les recommandations internationales les plus récentes (voir la partie dédiée un peu plus bas) ;
mes expériences de kiné et de patient passées au crible de mon regard critique de chercheur ne m’ont rien permis d’observer de concluant.
D’un autre côté, introduire des mouvements inhabituels comporte toujours un risque de majorer les douleurs existantes ou d’en créer de nouvelles ailleurs.
Pourquoi rester actif autant que possible en cas de sciatique ?
En cas de sciatique, il est important de rester aussi actif que possible pour deux raisons :
d’abord parce que, comme je l’ai déjà dit un peu plus haut, il est recommandé d’être aussi actif que possible pour sa santé dans tous les cas ;
ensuite, parce que ce conseil constitue un des piliers des recommandations internationales pour la prise en charge de la sciatique !
Je vous propose à présent d’examiner brièvement le contenu de ces recommandations.
Quel est le traitement recommandé pour une sciatique ?
La prise en charge recommandée aujourd’hui pour la sciatique (sans signes d’alerte ; voir plus haut) n’est pas différente de celle du mal de dos (lombalgie) en général.
Cette prise en charge consiste avant tout à rassurer, informer, conseiller et éventuellement orienter vers des approches thérapeutiques actives, hors médicaments :
(Je parlerai des approches médicamenteuses dans un autre article.)
➡️ Rassurer et informer sur ce qu’on sait des épisodes de sciatique, par exemple :
pourquoi ça fait mal ;
combien de temps ça dure (voir plus bas pour les bonnes nouvelles !) ;
est-ce qu’il y a des choses à faire pour accélérer la guérison ;
est-ce qu’il y a des comportements à éviter qui risqueraient d’aggraver le problème ;
Etc.
➡️ Encourager à rester actif et à maintenir ses habitudes de vie autant que possible. En d’autres termes, ne pas se laisser intimider par la douleur.
➡️ Éventuellement, orienter vers des approches thérapeutiques actives, hors médicaments.
En la matière, le choix n°1 est l’activité physique (ou exercice physique) :
activités qui sollicitent le cœur et le souffle (on parle d’activités « aérobies ») : vélo, marche, natation, etc.
stretching ;
renforcement musculaire ;
activités globales mélangeant des exercices de différentes natures (par exemple d’équilibre, de respiration ou de posture) : yoga, Tai chi, etc.
de manière plus générale, n’importe quelle activité physique ou sportive réalisable malgré la douleur.
Secondairement, dans certaines circonstances seulement, et en complément d’un programme d’activité physique, les approches suivantes peuvent être envisagées :
psychothérapie ;
thérapies manuelles (par exemple, mobilisations ou manipulations).
Pourquoi « dans certaines circonstances seulement » pour ces dernières approches ? Cela va dépendre de facteurs comme :
si vous en êtes à votre premier épisode de sciatique ou non ;
depuis combien de temps vous avez mal ;
à quel point vous avez mal ;
de la manière dont vous vivez vos douleurs (pour une douleur d’intensité égale, certains la vivent plus mal que d’autres) ;
de vos préférences personnelles.
Tout ceci étant dit, vous pourrez remarquer qu’à aucun moment, je n’ai mentionné qu’il était recommandé de faire des exercices spécifiques pour soulager sa sciatique !
Et c’est bien là les 5 points centraux à retenir de cette partie (en lien avec le thème général de cet article) :
aucune recommandation internationale pour le traitement de la sciatique ne mentionne qu’il faudrait faire spécifiquement tels ou tels exercices.
Plutôt, il est recommandé d’entamer n’importe quel type de programme d’exercices, ou plus généralement d’activité physique.
Il n’y a aujourd’hui aucune raison de penser qu’un programme en particulier soit plus efficace qu’un autre.
Le choix du programme devra donc s’appuyer sur d’autres critères (effets secondaires, préférences, coût, etc.).
Certains experts défendent même que de simplement marcher est la meilleure option ! (Car pratique, peu coûteux et à faible risque d’effets secondaires.)
Et au fait, combien de temps ça dure en moyenne une sciatique ?
Les connaissances scientifiques sur la durée moyenne d’un épisode de sciatique sont différentes selon qu’il s’agit :
d’un premier ou d’ un nouvel épisode (« nouvel épisode » au sens qu’on a déjà eu une sciatique dans le passé, mais qu’on en a guérie) ;
d’un problème présent depuis plus de 3 mois.
Je réponds donc ci-dessous à la question de combien de temps dure une sciatique pour chaque cas.
Si c’est votre premier ou un nouvel épisode de sciatique
Dans une étude de 2023, des chercheurs ont suivi un groupe de 366 personnes atteintes d’un nouvel épisode de mal de dos (avec et sans sciatique).
Les chercheurs ont mesuré la durée de ce nouvel épisode, et voici quels ont été les résultats :
1 personne sur 2 avait complètement récupéré en moins de 5 jours ;
7 personnes sur 10 en une semaine ;
un peu plus de 8 personnes sur 10 en trois semaines ;
9 personnes sur 10 en six semaines ;
un peu plus de 9 personnes sur 10 en douze semaines (3 mois) ;
6 patients sur 10 n’ont pas jugé utile de consulter un professionnel pour ce nouvel épisode.
Dans cette étude, « complètement récupéré » voulait dire une douleur d’intensité comprise entre 0 et 1 sur 10 pendant au moins 7 jours consécutifs.
Conclusions (positives !) des chercheurs :
la plupart des épisodes de lombalgie (avec ou sans sciatique) sont courts ;
la population devrait être rassurée sur ce point, et être encouragée à ne consulter qu’en cas d’épisode particulièrement sévère ou traînant en longueur.
Source : de Campos, 2023
Si vous avez le problème depuis plus de 3 mois
Une douleur sciatique qui persiste au-delà de 3 mois sans amélioration est un motif de consultation (ou de reconsultation) médicale.
Si c’est déjà fait, on a peut-être estimé que vous n’aviez rien de particulier, hormis la douleur (ce qui est fréquent).
En ce cas, on parle alors de « lombalgie chronique » ou de « lombosciatalgie chronique »…
Ce qui veut dire, en langage courant, « mal de dos qui dure depuis plus de 3 mois » et « mal de dos avec sciatique qui dure depuis plus de 3 mois ».
Ceci étant dit, il est légitime de se demander : combien de temps ça peut encore durer ?
Les études sur le sujet portent sur des suivis d’évolution de la douleur sur 12 mois maximum. Dans la grande majorité des cas, la douleur ne fait que s’améliorer.
Sources : da C Menezes Costa, 2012 ; Konstantinou, 2018
Faut-il étirer le nerf sciatique et comment ?
Tous les mois, des milliers de personnes interrogent leur moteur de recherche préféré à la recherche d’étirements pour le nerf sciatique.
Est-ce vraiment possible d’étirer son nerf sciatique ? Si oui, comment s’y prendre ? Et quel en serait le but ? Est-ce que ça peut soulager un épisode de sciatique ?
Je réponds spécifiquement à ces questions dans un article dédié intitulé : « Étirement du nerf sciatique : comment faire ? Quel intérêt ? »
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Almeida MO, Narciso Garcia A, Menezes Costa LC, van Tulder MW, Lin CC, Machado LA. The McKenzie method for (sub)acute non-specific low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2023 Apr 5;4(4):CD009711. doi: 10.1002/14651858.CD009711.pub2. PMID: 37017272; PMCID: PMC10076480.
Dove, L., Jones, G., Kelsey, L. et al. How effective are physiotherapy interventions in treating people with sciatica? A systematic review and meta-analysis. Eur Spine J 32, 517–533 (2023). https://doi.org/10.1007/s00586-022-07356-y
Bernstein I A, Malik Q, Carville S, Ward S. Low back pain and sciatica: summary of NICE guidance BMJ 2017; 356 :i6748 doi:10.1136/bmj.i6748
Oliveira CB, Maher CG, Pinto RZ, Traeger AC, Lin CC, Chenot JF, van Tulder M, Koes BW. Clinical practice guidelines for the management of non-specific low back pain in primary care: an updated overview. Eur Spine J. 2018 Nov;27(11):2791-2803. doi: 10.1007/s00586-018-5673-2. Epub 2018 Jul 3. PMID: 29971708.
de Campos TF, da Silva TM, Maher CG, Pocovi NC, Hancock MJ. Prognosis of a new episode of low-back pain in a community inception cohort. Eur J Pain. 2023 May;27(5):602-610. doi: 10.1002/ejp.2083. Epub 2023 Feb 3. PMID: 36692107.
da C Menezes Costa L, Maher CG, Hancock MJ, McAuley JH, Herbert RD, Costa LO. The prognosis of acute and persistent low-back pain: a meta-analysis. CMAJ. 2012 Aug 7;184(11):E613-24. doi: 10.1503/cmaj.111271. Epub 2012 May 14. PMID: 22586331; PMCID: PMC3414626.
Konstantinou K, Dunn KM, Ogollah R, Lewis M, van der Windt D, Hay EM; ATLAS Study Team. Prognosis of sciatica and back-related leg pain in primary care: the ATLAS cohort. Spine J. 2018 Jun;18(6):1030-1040. doi: 10.1016/j.spinee.2017.10.071. Epub 2017 Nov 21. PMID: 29174459; PMCID: PMC5984249.
Karlsson, M., Bergenheim, A., Larsson, M.E.H. et al. Effects of exercise therapy in patients with acute low back pain: a systematic review of systematic reviews. Syst Rev 9, 182 (2020). https://doi.org/10.1186/s13643-020-01412-8
Jensen R K, Kongsted A, Kjaer P, Koes B. Diagnosis and treatment of sciatica BMJ 2019; 367 :l6273 doi:10.1136/bmj.l6273
Rédigé par Albin Guillaud
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
Vous vous êtes cassé un ou plusieurs os de l’avant bras, et vous vous demandez pour combien de temps vous en avez pour guérir ?
Kiné, je fais le point sur le sujet, pour vous rassurer !
Bonne lecture 🙂, et rendez-vous en commentaire pour tout partage d’expérience, remarque ou question.
Résumé : les os de l’avant-bras consolident généralement bien et relativement rapidement après une fracture ou fissure. Au bout d’un mois et demi à 2 mois chez l’adulte, vous pourrez petit à petit ré-utiliser votre bras comme avant le plus souvent. Chez l’enfant, c’est encore plus rapide.
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Sommaire
Si vous souhaitez plus d’informations sur cette période de rééducation et des idées d’exercices, j’ai dédié un ebook à ce sujet.
Quels sont les différents types de fracture de l’avant-bras ?
Nous avons 2 os au niveau de l’avant-bras.
Le plus gros : le radius, du côté intérieur (vers le pouce).
Le plus fin : l’ulna (qu’on appelle aussi cubitus), du côté extérieur (vers le petit doigt).
On peut se casser un seul de ces os. Dans ce cas, on parle souvent de fracture simple de l’avant-bras.
Parfois, on se casse les deux os. Dans ce cas, on parle de fracture double de l’avant-bras.
Les différents noms des fractures de l’avant-bras
En fonction de l’endroit précis de la fracture et de comment elle est, on donne parfois des noms plus précis que « fracture de l’avant-bras ».
Voici les noms qu’on retrouve les plus fréquemment :
fracture du scaphoïde : cet os n’est pas vraiment au niveau de l’avant-bras mais au niveau du poignet, mais on classe quand même parfois ces fractures dans les fractures de l’avant-bras ;
fracture du coude : lorsque l’ulna ou le radius sont cassés près du coude. On parle aussi de fracture proximale du radius.
Exemple de fracture de l’extrémité inférieur (on dit aussi distal) de l’avant-bras, le radius
Les différents degrés de gravité
En fonction de la façon dont les os sont fracturés, on donne aussi d’autres noms à votre fracture, quelque soit sa localisation.
Voici justement les types de fractures de l’avant-bras des moins embêtantes à celles qui peuvent mettre plus de temps à consolider
fracture sans déplacement : les fragments d’os sont peu écartés ;
fracture déplacée de l’avant-bras : les fragments d’os sont beaucoup espacés. Il faut parfois opérer pour les rapprocher et les stabiliser ;
fracture ouverte de l’avant-bras : l’os est passé à travers la peau et est à l’air. Il faut opérér ;
fracture communitive : l’os est cassé à de nombreux endroits.
Votre radio indique normalement cela. Je vais clarifier plus loin dans l’article les temps de guérison auxquels on peut raisonnablement s’attendre en fonction du type de fracture !
Comment savoir si on a une fracture de l’avant-bras (symptômes) ?
Une fracture de l’avant-bras ne passe pas inaperçue généralement.
Voici les principaux symptômes :
vous êtes tombé sur le poignet, le coude ou l’avant-bras, ou vous avez reçu un choc à cet endroit ;
vous avez des douleurs importantes, même sans bouger ;
vous avez du mal à bouger votre bras, vous le tenez serré contre vous ;
vous avez un gonflement au niveau du poignet, du coude ou de l’avant-bras, et peut-être aussi des bleus ;
parfois, la déformation osseuse est visible à l’oeil nu.
Ces symptômes peuvent aussi être présents après un choc ou une chute sans que pour autant il y ait une fracture.
Par exemple, il peut y avoir une simple contusion (des tissus sont abimés, mais pas l’os) ou des lésions des ligaments (distendus ou déchirés).
C’est pour cela qu’en cas de doute sur une fracture, on vous prescrit une radio. La radio permet de confirmer ou non le diagnostic de fracture de l’avant-bras.
Et de dire quel type de fracture vous avez : c’est écrit sur votre compte-rendu de radiographie.
Quels sont les choses qui influencent le temps de guérison ?
Des recherches sont menées chez les animaux et les humains pour identifier qu’est-ce qui fait qu’un os met plus longtemps à consolider.
Voici une liste des choses connues qui font que l’os peut mettre plus longtemps à consolider (il finit quand même toujours par consolider dans l’immense majorité des cas !) :
la fracture est déplacée ;
l’os est cassé en plusieurs endroits (par exemple, en cas de double fracture de l’avant-bras) ;
vous avez d’autres problèmes de santé, comme le diabète ;
vous fumez ou consommez de l’alcool ;
vous avez plus de 65 ans ;
vous êtes en obésité ;
vous prenez des sétroïdes ;
vous êtes en malnutrition ou anémié ;
vous prenez depuis longtemps certains médicaments comme les AINS ou les corticostéroïdes.
Quel est le temps de guérison d’une fracture de l’avant-bras ?
Déjà il faut bien qu’on s’entende sur ce qu’on met derrière guérison.
Pour moi, il y a 2 choses différentes :
1. Le temps de consolidation : quand l’os est redevenu aussi solide qu’avant, ou presque.
2. Le temps de guérison plus global : quand on arrive à tout refaire comme avant ou presque.
Temps de consolidation d’une fracture de l’avant-bras
Comme les os de l’avant-bras sont des petits os, relativement courts, ils consolident généralement un peu plus vite que des os longs.
Le temps de consolidation d’une fracture de l’avant-bras est d’environ 4-6 semaines quand « tout va bien ». C’est souvent le moment où on fait une radio de contrôle.
À ce stade, la consolidation est en bonne voie mais pas terminée. Cela suffit en général pour ne plus être immobilisé et ré-utiliser son bras de plus en plus.
Si vous avez une fracture déplacée ou complexe, la consolidation peut prendre plus longtemps.
Temps de récupération d’une fracture de l’avant-bras
Maintenant, voici quelques délais plus globaux de récupération après une fracture de l’avant-bras.
Vous allez voir que les fourchettes de temps données sont très larges : c’est normal, il y a une grande différence entre la durée de guérison de 2 personnes, même si elles sont le mêmetype de fracture !
Je sais que c’est frustrant de ne pas savoir vraiment combien de temps ça va prendre pour bien récupérer. Mais c’est quelque chose de difficile à prédire, même pour vos pros de santé du terrain qui vous prennent en charge.
Étape
Temps de guérison (délais habituel)
Vous avez beaucoup moins de douleurs
Quelques jours à quelques semaines
La consolidation des os est en très bonne voie
4 semaines à 3 mois (beaucoup moins chez l’enfant)
L’œdème, les hématomes disparaissent
Quelques jours à quelques semaines
Vous n’avez plus besoin d’immobilisation
6 semaines à 3 mois
Vous pouvez vous resservir petit à petit du bras pour manger, vous habiller
Quelques semaines à quelques mois
Vous pouvez commencer à porter du poids (sacs, haltères) avec le bras fracturé
2 à 5 mois
Vous pouvez reprendre toutes les activités physiques et sportives d’avant
3 à 8 mois
⏱️ Temps de guérison et récupération après une fracture de l’avant-bras. Tous ces délais sont raccourcis chez l’enfant et l’adolescent.
3 conseils pour « accélérer » le temps de guérison d’une fracture de l’avant-bras
Ces durées de guérison vous paraissent probablement très longues, et vous vous demandez sûrement comment faire pour récupérer plus vite de votre fracture.
Sachez que même si cela fait l’objet de recherches, il n’existe pas à ce jour de médicament, de substance, ou de thérapie qui permet d’accélerer le temps de consolidation d’un os.
En revanche, il y a certaines choses que l’on peut faire pour ne pas entraver le processus de consolidation, qui se fait très bien « tout seul ».
1. Ne pas fumer ni boire d’alcool pendant la consolidation (ou réduire sa consommation).
Car ces substances ralentissent le processus de consolidation naturel, et de cicatrisation en cas de plaie.
2. Rester actif autant que possible.
Au moins 150 minutes d’activités physique sollicitant les muscles et le coeur (léger essouflement) par semaine.
Car l’activité physique stimule les cellules osseuses à produire de nouvelles cellules, notamment en accélérant la circulation du sang. En plus des effets positifs généraux de l’activité physique sur la santé physique et mentale.
Vous pouvez solliciter votre kiné ou tout autre professionnel si vous n’arrivez pas à identifier par vous-même comment continuer à faire de l’activité physique malgré votre fracture.
3. (Si et seulement si vous avez plus de 65 ans ou vous faites de l’ostéoporose) : prendre de la vitamine D et du calcium (ou s’assurer d’en avoir assez dans son alimentation et son exposition au soleil, ce qui est souvent difficile à objectiver) : 800 à 1000 UI (unités internationales) de vitamine D par jour et 1000 à 1200 mg de calcium par jour.
Ces substances aident à mieux consolider. Mais ce n’est pas nécessaire d’en prendre si vous avez moins de 65 ans ou pas d’ostéoporose.
Source : Roberts 2012, Prieto, Howe, Avenell
Conclusion sur le temps de guérison d’une fracture de l’avant-bras
En quelques semaines, vos os devraient être en bonne voie de consolidation
Vous pouvez rester actif durant la période de consolidation, c’est même recommandé pour encourager la consolidation
Au bout de 2 à 6 mois, vous devriez arriver à « tout refaire comme avant »
***
Vous arrivez à la fin de cet article. Je vous souhaite une très bonne récupération ! Rendez-vous en commentaire si vous avez des remarques ou questions 🙂.
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture du poignet, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Sheen JR, Mabrouk A, Garla VV. Fracture Healing Overview. [Updated 2023 Apr 8]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK551678/
Roberts, C. S., & Falls, T. D. (2012). Talking turkey: Fracture care and smoking cessation. Injury, 43(3), 257–258. doi:10.1016/j.injury.2012.01.018
Prieto-Alhambra D, Turkiewicz A, Reyes C, Timpka S, Rosengren B, Englund M. Smoking and Alcohol Intake but Not Muscle Strength in Young Men Increase Fracture Risk at Middle Age: A Cohort Study Linked to the Swedish National Patient Registry. J Bone Miner Res. 2020 Mar;35(3):498-504. doi: 10.1002/jbmr.3917. Epub 2019 Dec 4. PMID: 31714618.
Howe TE, Shea B, Dawson LJ, Downie F, Murray A, Ross C, Harbour RT, Caldwell LM, Creed G. Exercise for preventing and treating osteoporosis in postmenopausal women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 7. Art. No.: CD000333. DOI: 10.1002/14651858.CD000333.pub2
Avenell A, Mak JCS, O’Connell DL. Vitamin D and vitamin D analogues for preventing fractures in post‐menopausal women and older men. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 4. Art. No.: CD000227. DOI: 10.1002/14651858.CD000227.pub4. Accessed 25 August 2023.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous vous êtes cassé une ou plusieurs vertèbres au niveau cervical, vous vous posez beaucoup de questions sur le temps de guérison, la récupération ?
Kiné, je réponds aux questions les plus fréquentes des personnes qui viennent d’avoir une fracture cervicale, et de leurs proches.
Résumé : le temps de consolidation d’une vertèbre cervicale est en général d’au moins 2 mois. Il faut souvent plusieurs mois pour s’en remettre totalement, mais on peut récupérer sans séquelles.
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de fracture, découvrez mon ebook.
Sommaire
Quels sont les différents types de fracture cervicale et les symptômes ?
On a 7 vertèbres cervicales, qu’on numérote de 1 à 7.
C’est pour cela que si vous avez fait une radio, un scanner ou un autre examen d’imagerie, vous avez peut-être vu écrit des choses comme :
fracture C6-C7 : cela veut que dire ce sont les 6èmes et 7èmes vertèbres cervicales en partant du dos qui sont cassées ;
fracture C2 : c’est la 2 ème vertèbre cervicale en partant du haut qui est cassée.
Vous pouvez vous fracturer une seule vertèbre à la fois ou plusieurs.
Les vertèbres cervicales peuvent se casser à différents endroits et de différentes façons, c’est pour cela qu’on leur donne des noms différents. Par exemple, fracture de l’arc antérieur de la vertèbre cervicale (Jefferson), fracture du processus épineux cervical, fracture de l’atlas, etc.
Cela n’a guère d’importance (à part la curiosité !) car cela ne change pas les grandes lignes du traitement et de la rééducation, ni le pronostic sur le temps de guérison.
Ce qui peut par compte plus impacter la rééducation, le traitement et la guérison, c’est si votre moelle épinière a ausi été touchée à cause de cette fracture.
La moelle épinière passe à travers la colonne vertébrale, et elle est reliée au cerveau.
Si la moelle épinière est blessée lors de la fracture (par exemple, comprimée, voire rompue), cela peut entraîner des problèmes plus graves.
C’est dans 15% à 56 % des cas qu’on a un problème au niveau de la moelle épinière en plus d’une fracture cervicale ou d’une luxation cervicale (Waseem Beeharry 2021 ; McMordie 2023).
Lorsque la moelle épinière a été touché, on parle de « blessure medullaire ». C’est un problème alors aussi neurologique, et plus seulement osseux comme dans le cas d’une fracture.
Fracture luxation d’une vertèbre cervicale
Quels sont les symptômes d’une fracture cervicale ?
Les symptômes ressentis guident le diagnostic, en plus bien sûr de radio, de scanner ou d’un IRM. Et de la passation de nombreux tests cliniques (score asia, testing, etc.).
Voici les symptômes d’une fracture cervicale sans lésion de la moelle épinière :
vous avez eu un traumatisme direct sur le cou, ou indirect : accident de voiture, chute, ayant entrainé une torsion brutale et de grande amplitude du cou ;
vous avez des douleurs importantes au cou, même sans rien faire ;
vous avez du mal à bouger le cou, à tourner la tête
vous avez un gonflement, des bleus au niveau du rachis cervical, de la nuque, du dos, des épaules, du cou ;
vous avez mal à la tête.
Et les signes indiquant un problème possible au niveau de la moelle épinière.
Perte de sensation : vous avez moins de sensibilité dans les bras, les jambes ou d’autres parties du corps.
Faiblesse musculaire : vous avez moins de force dans les bras, les jambes, les abdos, les muscles du dos : on parle de tétraparésie. Et de tétraplégie si vous ne pouvez plus bouger du tout certaines parties de votre corps.
Problèmes de coordination
Engourdissement : sensation d’engourdissement ou de picotements dans les membres.
Problèmes de respiration ou de déglutition
Perte ou diminution du contrôle de la vessie ou des intestins et de la fonction sexuelle : vous avez du mal à vous retenir de faire pipi ou caca (ou vous ne ressentez plus le besoin), vous avez aussi des soucis d’ordre sexuel
Les lésions de la moelle épinière restent relativement rares.
Et même avec un problème au niveau de la moelle épinière, il est parfois possible de récupérer à 100 %. Souvent au bout de plusieurs mois voire années.
On voit ici qu’après cette fracture d’une vertèbre cervicale, la moelle épinière a été comprimée
Est-ce qu’on peut passer à côté d’une fracture de vertèbre cervicale ?
Certaines personnes qui ont eu un cou du lapin ou un autre traumatisme important au niveau du cou se demandent parfois si on a pu passer à côté d’une fracture de vertèbre.
Habituellement, les médecins sont plutôt précautionneux lorsqu’il s’agit d’éviter de passer à côté d’un diagnostic de fracture vertébrale.
Les examens d’imagerie réalisés sont relativement fiables pour ce type de fracture.
Donc, même si on ne peut jamais être sûr à 100 % comme toujours en médecine, la probabilité est faible qu’on soit passé à côté d’une fracture de vertèbre cervicale.
Et ce même en cas de très fortes douleurs qui durent : il n’y a pas forcément de lien entre la douleur et la présence d’une fracture.
Quelles sont les conséquences d’une fracture cervicale ?
Les conséquences sont différentes si vous avez eu ou non la moelle épinière touchée.
Et si oui, si elle a simplement été comprimée, ou si elle est sectionnée.
Cas 1 : la moelle épinière au niveau cervical n’a pas du tout été touchée : 45 à 85 % des personnes qui ont une fracture cervicale sont dans ce cas.
Vous avez des douleurs, des raideurs. Il vous faudra plusieurs semaines (parfois plusieurs mois) pour vous en remettre. Mais le plus souvent, vous ne garderez pas de séquelles.
Cas 2 : la moelle épinière a été comprimée à cause d’une contusion, d’un hématome, d’une compression, la blessure est au niveau de la racine nerveuse.
Vous pouvez avoir des pertes sensitives et avoir un peu de mal à bouger certaines parties du corps. Mais cela revient normalement en quelques semaines à quelques mois.
Cas 3 : la moelle épinière a été partiellement rompue : lésion incomplète.
Vous avez certaines parties du corps (bras, jambes, tronc) qui sont en partie ou totalement paralysées ou sans sensibilité, ou avec une sensibilité modifiée. Vous pouvez récupérer de la motricité et de la sensbilité au fil des mois et des années.
Cas 4 : la moelle épinière a été complètement rompue : lésion complète.
Vous avez certaines parties du corps (bras, jambes, tronc) qui sont totalement paralysées ou sans sensibilité, ou avec une sensibilité modifiée. La récupération est plus difficile et il s’agira surtout de compenser la motricité et la sensibilité perdue.
Vous irez probablement plusieurs mois en centre de rééducation et vous aurez probablement besoin d’aide dans votre quotidien dans l’avenir.
Même si c’est inimaginable d’envisager cela quand ça nous arrive (ou quand ça arrive à l’un(e) de nos proches), de nombreuses personnes retrouvent le goût de la vie et une certaine autonomie même après une blessure aussi importante.
Dans ces 3 derniers cas, plus c’est une vertèbre du haut qui a été touchée, plus la paralysie est importante et touche quasimment tout le corps.
Il arrive également dans de rares cas (5 à 10 % des gens ayant une fracture cervicale ; McMordie 2023) qu’on décède des suites de cette fracture. Le plus souvent, la mort survient sur le moment ou dans les jours qui suivent, lors d’un séjour en réanimation.
Photo d’un examen d’imagerie : CT-Scan. Fracture des vertèbres cervicales C6 et C7 suite à un accident de voiture
Comment on soigne une fracture cervicale ? Traitement
Après vous avoir examiné, vous avoir fait passer des tests et des examens d’imagerie, l’équipe pluridisciplinaire qui vous prends en charge (médecins, chirurgien(e)s, neurologues, kiné, etc.) déterminera le traitement le plus adapté pour vous :
traitement conservateur, orthopédique : pas besoin d’opération. Vous pourrez être immobilisé par une minerve, de 4 semaines à 3 mois (le plus souvent), jusqu’à une radio de contrôle. Plus rarement, un simple collier cervical vous sera proposé. Vous aurez très probablement besoin de rééducation et séances de kiné ;
traitement chirurgical : une opération est nécessaire.
Quand est-ce qu’il y a une opération ?
Selon la localisation est le type de fracture, votre fracture est parfois instable. Cela veut dire que les fragments osseux risquent de bouger si on ne fait rien, et de créer plus de dégats.
Il faut donc dans ce cas opérer pour stabiliser la fracture.
Votre chirurgien(ne) va d’abord réduire la fracture = ré-aligner tout bien comme il faut. Puis il ou elle va la stabiliser (en partie pour remplacer le rôle des ligaments rompus), en posant du matériel (plaques, cou, vis, arthrodèse) qui sera gardér à vie, ou enlevé dans quelques mois ou années.
C’est particulièrement le cas si vous avez eu la moelle épinière touchée. Votre chirurgien(ne) décomprimera aussi la moelle épinière.
Après une opération, il y a tout de même souvent besoin d’un traitement orthopédique en plus, et de séances de kiné.
Faut-il faire des séances de kiné, de la rééducation ?
Il est très fréquent d’avoir besoin de séances de kiné après un traumatisme cervical.
Si vous êtes hospitalisé, un(e) kiné passera probablement tous les jours pour faire le point avec vous sur ce que vous pouvez faire ou non, et vous proposer des exercices adaptés notamment pour vos cervicales.
Si vous avez une fracture importante, vous irez probablement plusieurs semaines ou plusieurs mois en centre de rééducation. Vous aurez de la kiné, mais probablement aussi de l’ergothérapie et des activités physiques adaptées.
Si vous êtes à domicile, vous aurez probablement des séances de kiné à domicile, ou vous vous rendez en cabinet libéral. Parfois juste après le diagnostic, parfois après la période de consolidation et la radio de contrôle (environ 1 mois et demi/2 mois après l’accident).
Les séances de kiné à domicile, en centre de rééducation, à l’hôpital ou en libéral sont prises en charge par l’assurance maladie et les mutuelles en France. Pour le libéral, vous aurez besoin d’une ordonnance de séances de kiné d’un(e) médecin ou chirurgien(ne).
Quel est le but des séances de kiné ?
Tout va bien sûr dépendre des problèmes précis que vous rencontrez (plutôt que du type de fracture).
Votre kiné fera un bilan puis déterminera avec vous l’aide qu’il ou elle peut vous apporter, en fonction de ce qui a le plus d’importance pour vous.
Voici une liste non exhaustive de ce à quoi on vous aide en kiné :
retrouver une meilleure mobilité au niveau du cou, sans appréhension. Pour lever la tête,la tourner, l’incliner sur le côté ;
conserver ou retrouver de la motricité et de la souplesse au niveau des autres articulations et muscles qui ont pu être touchés par cet accident : épaules, bras, abdos, muscles du dos, jambes ;
reprendre progressivement le port de charges lourde, la réalisation d’activités physiques et de sport à impact telles que la course à pied ;
conserver votre forme physique au mieux en attendant de ré-avoir l’autorisation de faire certaines choses ou de retrouver de la motricité dans une ou plusieurs parties du corps ;
éviter l’enraidissement de vos membres en cas de paralysie, ou l’apparition de complication liées à l’immobilité (escarres, phlébite, constipation, etc.) ;
identifier des compensations (matérielles, corporelles, etc.) pour vous permettre de continuer à faire des choses malgré vos limitations actuelles ;
soulager vos douleurs ;
répondre à vos questions et à celles de vos proches, du mieux qu’on peut ;
vous mettre en lien avec d’autres personnes dans votre situation, si c’est une demande de votre part.
Peut-on marcher avec une fracture d’une vertèbre cervicale ?
La marche n’aggrave génalement pas une fracture de vertèbre cervicale une fois qu’on est sûr que la fracture est stable (= ne risque pas de bouger).
La marche est donc le plus souvent autorisée, une fois que le diagnostic est bien posé et que tous les examens ont été réalisés.
Cependant, vous aurez normalement des consignes personnalisées données par votre équipe médicale et chirurgicale, qui connaissent précisément votre cas !
Dans les cas où la moelle épinière a été touchée, la marche est parfois impossible à cause de la paralysie. Les kinés feront partie des professionnel(le)s qui vous aideront à la retrouver ou à la compenser, selon les cas.
Quel est le temps de guérison et consolidation d’une fracture cervicale ?
Les fractures des vertèbres cervicales font partie des fractures pour lesquelles les personnes récupèrent de manière extrèmement différente.
Selon :
l’état de santé avant l’accident ;
l’ampleur du traumatisme ;
s’il y a ou non une lésion de la moelle épinière, et de quelle ampleur.
Il est donc vraiment très délicat de vous donner une idée précise de comment vous allez récupérer, car il y a vraiment des gens aux 2 extrèmes. Je sais que c’est frustrant, et j’en suis désolée !
Voici tout de même quelques éléments.
Délais habituel
Votre vertèbre commence à être bien consolidée : temps de consolidation
6-8 semaines
Vous avez bien moins de douleurs
Quelques jours à quelques semaines Certaines personnes ont des douleurs très importantes et ne sont bien que dans certaines positions (souvent couchées sur le dos), mais cela n’est pas forcément un signe de gravité ou de récupération plus longue. Un collier cervical en mousse porté de manière adaptée peut aider à soulager les douleurs
Vous reprenez la marche
Tout de suite si vous n’avez pas de problème au niveau de la moelle épinière. Si non, les délais sont extrèmement variables, de quelques jours à plusieurs mois voire années (et parfois, en cas de lésion importante de la moelle épinière, la marche ne peut jamais être reprise)
Vous avez tout récupéré : souplesse du cou et des épaules, force musculaire, activités physiques et sportives, travail
Sans problème au niveau de la moelle épinière : 2/3 mois dans le meilleur des cas – parfois jusqu’à 1 an voire plus Avec des lésions de la moelle épinière : les délais sont généralement plus longs : 4/6 mois dans le meilleur des cas, souvent plus d’un an (il est possible de récupérer lentement mais longtemps après une blessure de la moelle épinière). Et parfois, des séquelles importantes sont conservées, ne permettant pas de reprendre sa vie d’avant.
Délais de guérison après une fracture d’une vertèbre lombaire ou thoracique
Fracture cervicale chez la personne âgée : quelles particularités ?
Chez les personnes âgées, il y a un risque plus important de perte d’autonomie et de complications liées à l’alitement (escarre, constipation, phlébite, etc.) après une fracture d’une vertèbre cervicale.
C’est pour cela qu’en général le traitement est adapté pour encourager au mieux la reprise rapide, précoce, d’une activité physique : exercicers au fauteil ou au lit, marche, etc.
Les personnes âgées peuvent aussi appréhender beaucoup la reprise de la marche, et avoir peur de tomber. Les kinés font partie des professionnel(le)s qui interviennent pour limiter le risque de chute et accompagner la reprise progressive des activités.
Les fractures cervicales surviennent aussi à cause de traumatismes moins importants chez les personnes âgées, à cause de l’ostéoporose : la densité osseuse est moins bonne et les os se cassent plus facilement.
Garde-t-on des séquelles d’une fracture de vertèbre cervicale ?
Il est effectivement possible de garder des séquelles d’une vertèbre cervical. Tout comme il est possible de ne pas en avoir !
La séquelle la moins rare est des douleurs ponctuelles ou fréquentes au niveau du cou. Accompagnées ou non d’une raideur.
Les séquelles plus rares concernent surtout les personnes qui ont eu une blessure de la moelle épinière.
Voici les taux de récupération sans séquelle d’une étude chinoise 🇨🇳 qui a suivi l’évolution de personnes après une fracture d’une vertèbre cervicale opérée, avec lésion de la moelle épinière (Bin-Hao 2019). Donc, les personnes les plus gravement atteintes.
Ils sont déterminés en fonction du score ASIA initial. C’est un score qu’on calcule pour vous pour déterminer la gravité de vos lésions neurologiques. Vous pouvez le retrouver dans votre dossier médical, ou le demander aux équipes qui vous ont suivi.
Score ASIA avant l’opération
Nombre de personnes
Taux de récupération sans séquelles
Score A à la fin du suivi
Score B à la fin du suivi
Score C à la fin du suivi
Score D à la fin du suivi
Score E à la fin du suivi
A= aucune sensibilité ou motricité
25
20 %
20
3
1
1
0
B = sensibilité présente mais pas de motricité
17
76,5 %
4
9
3
1
C = Présence de sensation et de contraction musculaire, mais la force musculaire est insuffisante pour surmonter la gravité
8
87,5 %
1
5
2
D = Présence de sensation et de contraction musculaire, avec une force musculaire insuffisante contre résistance
5
100 %
5
E = Sensibilité et motricité normale
0
Récupération des personnes ayant eu une fracture cervicale avec une lésion de la moelle épinière
Attention : le taux de récupération sans séquelles est calculé pour certains juste après l’opération, pour d’autres après 2 à 3 ans.
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Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture cervicale opérée ou non, j’ai conçu ce guide au format ebook :
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McMordie JH, Viswanathan VK, Gillis CC. Cervical Spine Fractures Overview. [Updated 2023 Apr 3]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK448129/
Beeharry MW, Moqeem K, Rohilla MU. Management of Cervical Spine Fractures: A Literature Review. Cureus. 2021 Apr 11;13(4):e14418. doi: 10.7759/cureus.14418. PMID: 33987067; PMCID: PMC8112598.
Cao BH, Wu ZM, Liang JW. Risk Factors for Poor Prognosis of Cervical Spinal Cord Injury with Subaxial Cervical Spine Fracture-Dislocation After Surgical Treatment: A CONSORT Study. Med Sci Monit. 2019 Mar 16;25:1970-1975. doi: 10.12659/MSM.915700. PMID: 30877267; PMCID: PMC6433098.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.