Vous avez une prothèse de hanche, vous vous demandez comment vous asseoir, tout de suite après l’opération ou à distance de la chirurgie ?
Kiné, je fais le point à ce sujet. Je sais qu’on est souvent inquièt(e) de mal faire après s’être fait opéré de la hanche !
Rendez-vous en commentaire pour toute remarque ou question, et bonne lecture 🙂 !
Résumé : il vaut mieux éviter de s’asseoir sur une assise très basse après une prothèse de hanche. Mais soyez rassuré le risque de luxation est tout de même très faible !
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Vous pouvez aussi vous procurer mon eBook complet (68 pages) : Récupérer au mieux après une prothèse de hanche.
Pourquoi on est inquièt(e) sur comment s’asseoir après une opération de la hanche ?
Dans les suites de l’opération de votre hanche, vous avez probablement eu la visite d’un(e) kiné, d’un(e) infirmière ou d’un(e) chirurgien(ne) qui vous a alerté sur les « risques » après la pose d’une prothèse de hanche.
Le principal risque est la luxation de la prothèse : la prothèse se déplace. Quand ça arrive, on est obligé d’avoir un nouveau geste chirurgical.
Et cela peut arriver lorsqu’on fait certains mouvements. Notamment lorsqu’on s’asseoit sur quelque chose de très bas, ce qui provoque une grande flexion de la hanche.
Cela arrivait plus souvent par le passé. Lorsqu’on n’utilisait du matériel moins sophistiqué. Et qu’on avait moins de recul sur les meilleurs protocoles pour bien poser une prothèse de hanche.
De nos jours, il est cependant très rare de se luxer sa prothèse de hanche. La luxation de la hanche après une prothèse survient seulement chez 0 à 2% des patient(e)s selon les études.
Source : Weegen 2016
Quand est-ce que le risque de luxation est plus important ?
Voici les facteurs qui font que vous avez plus de risque d’être dans ces 0 à 2 personnes sur 100 qui ont une luxation après une opération de la hanche :
votre prothèse de hanche a été reprise ou changée plusieurs fois (au moins 2 fois) ;
vous avez déjà eu une luxation de hanche, avant d’avoir eu une prothèse ;
vous avez un antécédent d’ostéonécrose de la tête fémorale ;
vous avez une perte osseuse au niveau de la tête du fémur (cela peut arriver par exemple en cas de fracture importante du fémur) ;
vous êtes âgé.
Source : Guo 2017 ; Faldini 2018
Est-ce qu’on peut s’asseoir le jour même de l’opération ?
Oui bien sûr ! La prothèse de hanche est tout de suite bien en place, et vous pouvez refaire le jour même progressivement tous les mouvements du quotidien.
Y compris vous asseoir dans votre lit ou dans un fauteuil tout de suite après l’opération.
Parfois vous aurez simplement besoin d’aide à cause des douleurs ou de l’appréhension. Parfois on vous dira aussi d’attendre le passage d’un(e) kiné ou d’un(e) infirmier(e) pour votre premier levé.
Car lors d’une opération, on perd du sang, et on est plus à risque d’avoir parfois un petit malaise en changeant de position, surtout le jour même ou le lendemain de l’opération.
Dans de très rares cas la position est contre-indiquée après une prothèse de hanche. Mais dans ce cas, on vous l’aura clairement dit !
Comment s’asseoir avec une prothèse de hanche ?
Peu importe la façon dont vous vous y prenez : vous ne risquez pas de faire un faux mouvement ou d’abimer la prothèse simplement en vous asseyant !
Voici cependant quelques conseils pour vous aider à vous asseoir plus facilement.
1. Pour passer de la position allongée à assise, c’est souvent plus facile de se lever du côté opposé à la jambe opérée.
Par exemple, si vous avez une prothèse de hanche à droite, levez vous par le côté gauche.
2. Sortez d’abord du lit la bonne jambe, la jambe non opérée.
3. Puis sortez l’autre jambe.
4. Si besoin, vous pouvez installer une barrière ou une potence à votre lit (cela peut se louer en pharmacie ou dans un magazin de matériel médical).
5. Ensuite prenez appui sur vos 2 mains de part et d’autres du lit ou sur des accoudoirs pour vous mettre debout, et asseyez-vous.
6. Si vous n’arrivez pas à mettre du poids sur votre jambe opérée, ce n’est pas grave. Pivotez simplement sur votre « bonne » jambe ». Cela viendra petit à petit !
7. Vous pouvez aussi tendre la jambe opérée devant et plier seulement la jambe non opérée pour vous asseoir. C’est en général plus facile comme ça.
Quelles sont les meilleures positions pour s’asseoir avec une prothèse de hanche ?
La meilleure position est tout simplement… Celle dans laquelle vous vous sentez le mieux !
La seule précaution à prendre est d’éviter les assises trop basses.
Le reste n’a as d’importance. Peu importe que vous vous asseyez au fon de la chaise, au bord, sur le côté : ce qui compte, c’est que la position soit confortable pour vous !
Est-ce que je peux m’asseoir avec les jambes relevées ?
Oui, vous pouvez tout à fait poser vos pied sur un repose jambe après votre opération de la hanche.
Évitez cependant de replier complètement les jambes comme ceci dans les premières semaines qui suivent l’opération.
Vous pouvez souvent lire qu’il faut éviter de croiser les jambes. C’est un conseil de prudence et je l’ai donc aussi indiqué sur cette infographie.
Cependant, je n’ai jamais été au contact de quelqu’un qui s’est luxé sa prothèse simplement en croisant les jambes ! Et cela n’abime pas la prothèse.
Pas d’inquiétude donc si par inadvertance vous croisez les jambes de temps en temps !
Sur quel type d’assise peut-on s’asseoir ?
Les assises les moins recommandées sont celles qui sont profondes, basses. Souvent des canapés ou des fauteils ; avec les chaises, ça ne pose souvent pas de problème.
Qui font que vous avez les fesses plus basses que les genoux.
Je vous montre quelques schémas dans la suite de l’article, c’est plus parlant !
Est-ce que j’ai besoin d’une chaise particulière pour m’asseoir ?
Non, vous n’avez pas besoin d’acheter une chaise spéciale après une opération de la hanche. Il n’y a pas de « meilleure chaise » facilitant votre récupération, même si vous pouvez trouver que certaines sont bien sûr plus confortables que d’autres !
Une chaise standard, de hauteur standard suffit amplement !
Parfois, cela sera plus confortable en mettant un coussin dessus. Un coussin ordinaie, ou un coussin à mémoire de forme.
Est-ce que je peux m’asseoir sur des toilettes sans réhausseur ?
Souvent, votre équipe médicale va vous recommander d’acheter ou de louer un réhausseur pour vos toilettes.
Car les WC sont souvent bas. Et même si leur hauteur n’est pas dangereuse, elle est souvent inconfortable.
C’est pour cela qu’on vous recommande un réhausseur. C’est aussi pour faciliter le relevé des toilettes : on a généralement pas de difficulté à s’y asseoir, mais ça se compliquer pour se relever !
Au bout de combien de temps vous pouvez vous asseoir sur des toilettes « normales » après une opération de la hanche ?
Vous allez le sentir. Au fil des jours puis des semaines, vous avez de plus en plus de facilité pour vous asseoir.
En général, on vous dit de vous passer de réhausseur après la radiographie de contrôle, 1 mois et demi après l’opération. Vous pouvez aussi vous en passer avant si vous êtes à l’aise : certaines personnes font sans dès le début.
Comment monter, descendre et bien m’asseoir dans une voiture ?
Ajustez le siège vers l’arrière : déplacez le siège de la voiture aussi loin que possible vers l’arrière pour avoir plus d’espace pour les jambes.
Privilégiez une voiture plus haute, car il est plus facile d’entrer et de sortir de la voiture.
Montez et descendez une jambe après l’autre
Allongez bien la jambe opérée : c’est souvent plus confortable
Limitez le temps de trajet : la position assise ou debout statique après une opération de la hanche n’est pas très confortable.
Je me suis assis sur un canapé très bas : que faire ?
N’oubliez pas que s’asseoir sur quelque chose de très bas n’est pas une contre-indication formelle.
Si vous vous êtes assis(e) sur ce type de canapé et qu’il ne s’est rien passé de particulier, ne stressez pas, tout va bien : une luxation de hanche ne passe pas inaperçue !
Si cela fait seulement quelques semaines que vous vous êtes fait opéré, vous pouvez peut-être éviter de vous y asseoir de nouveau, mais rien de plus.
Info intéressante au passage : on s’est rendu compte que sensibiliser les personnes opérées de la hanche aux « mauvais gestes »… ne diminuait pas leur risque de luxation !
Source : Cochrane 2016 ; Crompton 202
Comment s’asseoir plusieurs mois après l’opération de la hanche ?
6 à 8 semaines après l’opération de la hanche, vous avez généralement une radio de contrôle.
La radio vous dit généralement que tout va bien, et que vous pouvez reprendre progressivement 100 % de votre vie d’avant !
À ce stade, vous n’avez plus vraiment besoin de faire attention au type d’assise sur lequel vous vous asseyez.
van der Weegen W, Kornuijt A, Das D. Do lifestyle restrictions and precautions prevent dislocation after total hip arthroplasty? A systematic review and meta-analysis of the literature. Clin Rehabil. 2016 Apr;30(4):329-39. doi: 10.1177/0269215515579421. Epub 2015 Mar 31. PMID: 25834275.
Guo L, Yang Y, An B, Yang Y, Shi L, Han X, Gao S. Risk factors for dislocation after revision total hip arthroplasty: A systematic review and meta-analysis. Int J Surg. 2017 Feb;38:123-129. doi: 10.1016/j.ijsu.2016.12.122. Epub 2016 Dec 31. PMID: 28043927.
Faldini C, Stefanini N, Fenga D, et al. How to prevent dislocation after revision total hip arthroplasty: a systematic review of the risk factors and a focus on treatment options. J Orthop Traumatol. 2018;19(1):17. Published 2018 Sep 10. doi:10.1186/s10195-018-0510-2
Smith TO, Jepson P, Beswick A, Sands G, Drummond A, Davis ET, Sackley CM. Assistive devices, hip precautions, environmental modifications and training to prevent dislocation and improve function after hip arthroplasty. Cochrane Database Syst Rev. 2016 Jul 4;7(7):CD010815. doi: 10.1002/14651858.CD010815.pub2. PMID: 27374001; PMCID: PMC6458012.
Crompton J, Osagie-Clouard L, Patel A. Do hip precautions after posterior-approach total hip arthroplasty affect dislocation rates? A systematic review of 7 studies with 6,900 patients. Acta Orthop. 2020 Dec;91(6):687-692. doi: 10.1080/17453674.2020.1795598. Epub 2020 Jul 28. PMID: 32718213; PMCID: PMC8023879.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous vous êtes fracturé l’omoplate (appelée aussi scapula), vous cherchez des infos précises sur comment la soigner et combien de temps ça prend pour la consolidation et guérison ?
Je m’appuie sur mon expérience de kiné et sur les études menées par des équipes de recherche à l’international pour répondre à vos questions !
Bonne lecture !
Résumé : une omoplate fracturée met autour de 2 mois pour être bien consolidée. Il est possible de reprendre petit à petit l’utilisation de son bras avant que la consolidation soit totale.
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Sommaire
Est-ce vraiment possible de se casser l’omoplate ?
Certaines personnes qui viennent de se casser l’omoplate sont très surprises : elles ne pensaient pas qu’il était possible de se casser cet os.
C’est tout à fait compréhensible : les fractures de l’omoplate sont assez rares : elles représentent moins de 1% de toutes les fractures.
Et dans 80 à 95 % des cas, lorsqu’on a l’omoplate cassée, on s’est aussi cassé autre chose. Cela s’explique par le fait qu’il faut un très gros choc pour que la scapula se casse.
Soyez rassuré tout de même : elles sont tout de même assez bien étudiées. Le graphique ci-dessous montre qu’il existe plus d’une centaine de publications scientifiques dédiés aux fractures de l’omoplate (on dit plutôt scapula d’ailleurs de nos jours, mais ça a peu d’importance).
Études sur les fractures de scapula dans le « Google de la médecine », Pubmed
Il est donc possible de se casser l’omoplate, même si c’est assez rare.
L’omoplate peut se casser sur toute sa surface :
sur son corps (dans 45 % des cas) ;
ou au niveau d’un de ses reliefs : acromion, coracoïde, processus glénoïde.
Peu importe la localisation précise de la fracture, cela ne change pas grand chose au traitement derrière.
Source : Libby 2023
Schémas représentant des lieux fréquentes de fracture de l’omoplate extra-articulaire (= qui ne touche pas l’articulation avec l’épaule). Source : Limb 2021
Comment savoir si on a une fracture de l’omoplate ? (Symptômes)
Déjà, les fractures de l’omoplate surviennent très souvent lors d’accident de la route (70 % des cas) :
soit entre 2 véhicules à moteur ;
soit un piéton percuté par un véhicule.
Cela arrive parfois suite à des chocs électriques, ou à d’autres traumatismes impliquant beaucoup de contraintes sur l’épaule.
Aussi, dans les suites de la pose d’une prothèse d’épaule inversée : quelques semaines ou plusieurs mois après la chirurgie, avec un pic autour de neuf mois. Cela concerne autour de 4% des patient(e)s recevant une prothèse d’épaule inversée à cause de l’arthrose ou d’une fracture (Limb 2021).
Ces fractures passent peu inaperçues, car suite à un gros traumatisme, on vous fait souvent un scanner. Ou un autre examen d’imagerie qui permet d’observer l’ensemble du corps.
Les fractures de l’omoplate sont donc détectées assez facilement lors d’une radiographie, d’un IRM ou d’un scanner.
Et les symptômes sont assez classiques :
douleur très importante dans l’omoplate ou dans l’épaule, qui peut irradier dans le dos et le bras ;
difficultés à utiliser le bras ;
oedème, gonflement, rougeur au niveau de l’omoplate ou autour ;
déformation visible à l’oeil nu.
Dans 5 à 13 % des cas, en plus d’une fracture de l’omoplate, on a une lésion du plexus brachial (un endroit où passent les nerfs du bras).
Source : Libby 2023
Quel est le traitement d’une fracture de l’omoplate ?
Déjà, une bonne nouvelle : comme l’omoplate est un os difficile à se casser, les fractures sont souvent sans déplacement (dans 90 % des cas).
Ça veut dire qu’il y a peu d’espace entre les différents segments osseux cassés. Et donc, qu’ils se consolident assez « facilement » et rapidement, sans avoir besoin d’opérer !
Donc le plus souvent, le traitement d’une fracture de l’omoplate est conservateur, orthopédique : pas d’opération.
Comment (et quand) immobiliser l’omoplate ?
Suite à votre fracture, on va probablement vous prescrire une attelle coude au corps (voir sur amazon). Ou une simple écharpe pour votre bras, moins encombrante (voir sur amazon) ou un bandage pour votre omoplate.
Cela permet une immobilisation de l’épaule et donc de l’omoplate.
Le but est double :
+++ soulager les douleurs (qui sont souvent augmentées quand vous bougez le bras) ;
encourager la consolidation en limitant les mouvements de l’omoplate.
Mais comme les fractures de la scapula sont généralement peu déplacées, on vous encouragera aussi probablement à reprendre rapidement la mobilisation, en fonction des douleurs.
Quelle est la durée d’immobilisation de l’omoplate recommandée ?
Vous aurez des consignes spécifiques de votre équipe médicale et paramédicale sur la durée d’immobilisation recommandée dans votre cas.
En tant que kiné, j’ai observé des recommandations très différentes pour un même type de fracture, selon les équipes sur lesquelles on tombe :
certaines équipes ne prescrivent même pas d’attelle ;
d’autres en prescrivent une et disent de la garder seulement quelques jours, de l’enlever dès que les douleurs sont supportables sans l’attelle ;
d’autres recommandent un temps d’immobilisation plus strict de 3 semaines voire parfois 6 semaines, jusqu’à une radio de contrôle.
Vous pouvez dans tout les cas enlever votre attelle pour vous habiller ou vous laver. Pour dormir, vous pouvez également la conserver, cela peut limiter les mouvements trop brusques la nuit qui peuvent vous réveiller à cause de la douleur.
Il n’y a pas d’études qui comparent l’évolution de personnes avec VS sans attelle.
Il y a aussi un inconvénient avec l’attelle : cela peut entraîner un enraidissement de l’épaule, une complication des fractures de l’épaule (et donc aussi des fractures de l’omoplate).
Les publications scientifiques sur les suites de fracture (toute partie du corps confondues) encouragent de plus en plus une mobilité précoce, et une diminution des temps d’immobilisation stricte.
Vous pouvez discuter de tout cela avec votre kiné pour trouver le bon compromis pour vous.
Pourquoi y a-t-il parfois une opération de l’omoplate ?
S’il y a un espace important entre les différents fragments osseux de votre omoplate, une opération chirurgical vous sera probablement proposée.
Le but de l’opération est de réduire la fracture (= ré-aligner correctement les fragments osseux). Puis de stabiliser la fracture (= les faire bien tenir ensemble), en mettant en général des plaques ou des vis (= fixation interne).
Après l’opération, une immobilisation est souvent recommandée au moins quelques jours. Selon les mêmes modalités que pour le traitement d’une fracture de l’omoplate sans opération.
L’opération reste rare : moins de 1 % des fractures de l’omoplate (Libby 2023).
Fracture complexe et déplacée de l’omoplate nécessitant une opération. Image : Mahjoub 2019
Faut-il faire des séances de kiné et rééducation quand on s’est cassé l’omoplate ?
Il est assez fréquent d’avoir des séances de kiné pour une fracture de l’omoplate. Surtout que souvent, vous avez d’autres problèmes.
Il y 2 grandes phases en rééducation pour vous accompagner dans votre récupération d’une fracture de l’omoplate.
Phase 1 : période de consolidation.
Votre omoplate n’est pas encore complètement consolidée.
Votre kiné peut vous donner des conseils pour soulager vos douleurs et entretenir la mobilité de votre épaule (et votre condition physique en général).
Cette phase dure au moins quelques semaines.
Phase 2 : période de récupération.
Votre omoplate est consolidée, ou en bonne voie.
L’objectif va être de retrouver 100 % de votre mobilité et de votre force d’avant dans le cas. Et de reprendre toutes vos activités d’avant, y compris les plus sollicitantes pour les bras (comme porter des choses, faire du crawal, des sports de combat ou de raquette).
Des exercices plus contraignants pour l’épaule sont débutés en général au moins 1 mois et demi après la fracture, de manière très progressive.
Votre médecin ou chirurgien(ne) peut vous prescrire des séances de kiné si vous ressentez le besoin d’être accompagné dans ces phases.
Combien de temps pour se remettre d’une fracture de l’omoplate ?
Déjà, encore une bonne nouvelle : les fractures de l’omoplate sont réputées pour bien consolider et récupérer sans séquelles, dans 86 % des cas (Libby 2023).
Voici les durées de récupération que j’ai pu observer (car il n’existe pas de données empiriques dans les études que j’ai trouvé).
Étape
Temps de guérison (délais habituel)
Vous avez beaucoup moins de douleurs
Quelques jours à quelques semaines
La consolidation des os est terminée ou en très bonne voie
6 semaines à 3 mois
L’œdème de l’épaule, du dos, les hématomes disparaissent
Quelques jours à quelques semaines
Vous n’avez plus besoin d’immobilisation, d’attelle
Quelques jours à quelques semaines
Vous pouvez vous resservir petit à petit du bras pour manger, vous habiller
Vous pouvez commencer à porter du poids (sacs, haltères) avec le bras fracturé
2 à 5 mois
Vous pouvez reprendre toutes les activités physiques et sportives d’avant
3 à 8 mois
⏱️ Temps de guérison et récupération après une fracture de l’omoplate. Tous ces délais sont généralement raccourcis chez l’enfant et l’adolescent.
Douleur : normal après une fracture de la tête de l’omoplate ?
Il est habituel d’avoir des douleurs dans les jours qui suivent la fracture. Et même d’ailleurs dans les semaines qui suivent.
Des douleurs peuvent fluctuer : c’est-à-dire diminuer, puis ré-augmenter, sans raison particulière. Elles peuvent être présentes au repos (sans rien faire), au mouvement, la nuit ou le jour.
La douleur ne veut pas dire qu’il y a une complication ou que vous n’êtes pas en train de consolider quand même.
Plusieurs choses peuvent être mises en place pour soulager ou limiter les douleurs :
trouver des positions plus confortables , notamment à l’aide de coussins ;
passer un peu plus de temps avec l’attelle, ou le coude replié, l’avant-bras sur le ventre ;
mettre du froid sur la zone douloureuse ;
prendre des médicaments antalgiques.
Il est habituel d’avoir des douleurs pendant quelques jours voire quelques semaines après la fracture. Douleurs qui peuvent être soulagées par différents moyens. Cela n’est pas un signe de gravité, même si c’est embêtant.
Quelle est la durée d’arrêt de travail pour une fracture de l’omoplate ?
Il n’y a pas de durée d’arrêt de travail imposée en fonction d’un type de fracture. Cela dépend beaucoup de votre activité professionnelle, de votre état de santé génral, des habitudes de pratique des médecins sur qui vous tombez.
L’Assurance maladie émet des référentiels de durée d’arrêt de travail à titre purement informatif, mais elle n’en émet pas pour les fractures de la scapula (probablement car elles sont peu fréquentes).
En général, vous aurez probablement besoin de plusieurs semaines d’arrêt de travail si votre travail est physique ou nécessite l’utilisation de votre bras fracturé. Et probablement plusieurs mois si vous avez d’autres traumatismes plus importants.
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture de l’humérus, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Je reste disponible pour répondre à vos éventuelles questions générales sur la rééducation après une fracture de la tête humérale en commentaire.
Bonne récupération !
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Libby C, Frane N, Bentley TP. Scapula Fracture. [Updated 2023 Jul 17]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK537312/
Limb D. Scapula fractures: a review. EFORT Open Rev. 2021 Jun 28;6(6):518-525. doi: 10.1302/2058-5241.6.210010. PMID: 34267942; PMCID: PMC8246106.
Mahjoub S, May F, Zaraa M, Mahjoubi Y, Abdelkefi M, Mbarek M. Acute traumatic quadrilateral space syndrome following scapula fracture. J Clin Orthop Trauma. 2019 May-Jun;10(3):518-521. doi: 10.1016/j.jcot.2018.05.016. Epub 2018 May 24. Erratum in: J Clin Orthop Trauma. 2020 Nov-Dec;11(6):1175. PMID: 31061581; PMCID: PMC6492218.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Faut-il marcher avec une sciatique pour que la situation s’améliore ? Peut-on marcher avec une sciatique sans risquer d’aggraver son cas ? Oui, et encore oui !
Ceci dit, pour celles et ceux qui souhaitent aller un peu au-delà de cette réponse simple et directe, j’ai écrit le présent article sur la base de :
l’exploration de la littérature scientifique internationale sur le sujet ;
mon expérience de kinésithérapeute ;
mon propre vécu de patient ayant pu expérimenter à plusieurs reprises des douleurs sciatiques.
Bonne lecture ! 🙂
(Des questions, remarques ou expériences à partager ? N’hésitez pas à utiliser la section commentaires en fin d’article ! 🙏)
♻️ Dernière mise à jour : janvier 2024. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique. 👨⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Sommaire
Avant toute chose, un piège à éviter quand on parle de sciatique
Il y a un piège à éviter quand on parle de « sciatique ». En effet, le mot « sciatique » peut vouloir dire deux choses :
1️⃣ il peut faire référence au nerf sciatique, le plus long nerf du corps humain ;
2️⃣ il peut signifier une douleur derrière la jambe, partant de la fesse et descendant plus ou moins, passant par la cuisse, le mollet et parfois le pied.
Souvent, on associe cette douleur à un problème de nerf sciatique. Ce nerf passant aussi derrière la jambe, il semble logique de le croire à l’origine de la douleur.
Pourtant, ce n’est pas forcément le cas. On peut avoir ce type de douleur derrière la jambe sans aucun problème de nerf sciatique évident.
Quoi d’autre alors que le nerf sciatique peut créer ce type de douleur ? Vous demandez-vous peut-être. Le problème est que bien souvent, c’est très difficile à savoir !
Vue anatomique du nerf sciatique ou nerf ischiatique (« nervus ischiadicus » en latin). C’est le plus grand et le plus gros nerf du corps humain. ne douleur sciatique n’est pas nécessairement causé par un problème de ce nerf. Source : de:Benutzer:Uwe Gille CC – By SA
Cela dit, comme je l’explique plus bas, que votre douleur sciatique vienne ou non du nerf sciatique, cela ne change rien concernant la question de la marche.
En revanche, avant de se questionner sur la marche, il est important de savoir si votre problème ne nécessite pas une prise en charge urgente.
Source : Schmid, 2023
Les drapeaux rouges de la douleur sciatique
Il existe des situations appelées « drapeaux rouges » qui, lorsqu’elles sont associées à une douleur sciatique, doivent conduire à une prise en charge urgente.
Parmi ces situations, on trouve :
🚩 une douleur sévère, c’est-à-dire une douleur qui :
est présente constamment ;
gêne pour penser ou parler ;
empêche de dormir ;
perturbe fortement la réalisation d’activités simples : sortir de son lit, aller aux toilettes, se laver ou s’habiller.
🚩 des signes de déficits neurologiques (par exemple, une perte de sensibilité, un engourdissement ou une perte de force dans la jambe douloureuse) ;
🚩 des problèmes urinaires ou défécatoires ;
🚩 une fièvre, une perte d’appétit, une grande fatigue ou une perte de poids ;
🚩 la survenue récente d’un traumatisme (par exemple une chute) ;
🚩 une douleur sciatique persistante et invalidante au-delà de 3 mois, sans amélioration malgré un traitement conservateur (c’est-à-dire non chirurgical).
A priori, si vous lisez cet article et vous demandez s’il faut marcher avec une sciatique, je suppose que vous n’êtes pas dans l’une ou l’autre de ces situations.
Si vous avez un doute, peut-être est-ce encore temps de consulter (ou de reconsulter) un médecin ?
Source : Jensen, 2019
Faut-il marcher avec une sciatique : 2 questions en une !
Vivre une douleur sciatique sans signes de gravité est une expérience assez courante. Je fais moi-même l’expérience chaque fois que je conduis pendant plus d’1h30.
Concernant la marche avec une sciatique, on peut se poser 2 types de questions :
1️⃣ faut-il marcher avec une sciatique pour réduire sa douleur ?
2️⃣ Peut-on marcher avec une sciatique sans empirer son problème ?
Pour chacune de ces questions, il faut distinguer entre les douleurs sciatiques aiguës (inférieures à 3 mois) et chroniques (supérieures à 3 mois).
Douleur sciatique aiguë
Concernant les douleurs sciatiques aiguës, il faut distinguer entre celles qui surviennent :
➡️ lors du maintien prolongé d’une même position, par exemple, être assis dans une voiture (comme dans mon cas, au bout d’environ 1h30) ;
➡️ dans les suites de la réalisation ponctuelle ou régulière d’une activité contraignante pour le bas du dos, par exemple, couper du bois ;
➡️ sans raisons évidentes.
Dans le premier cas, d’expérience, quitter la position et se mettre à marcher soulage rapidement la douleur.
Dans les deux autres cas, il n’est pas sûr que marcher permette de réduire le temps de guérison d’une sciatique. Il manque de preuves scientifiques directes à ce sujet.
Toutefois, la bonne nouvelle est qu’il n’y a aucune raison de penser que marcher puisse empirer votre problème ! (Raisonnablement tout du moins : voir plus bas.)
Par ailleurs, le manque d’activité est mauvais pour la santé. Voilà pourquoi on conseille aux gens de ne pas se laisser intimider par la douleur et de rester actif.
Et comme la marche est un moyen facile de s’activer, on recommande aux gens de marcher quand ils ont une sciatique.
⚠️ Attention : une douleur sciatique qui persiste au-delà de 3 mois (chronique) devrait faire l’objet d’une nouvelle consultation médicale.
Mais quoi qu’il en soit, le raisonnement concernant la marche sont les mêmes que pour les sciatiques aiguës :
bien qu’il soit incertain que marcher puisse directement améliorer vos douleurs,
rien ne laisse à penser qu’une pratique de marche raisonnable puisse aggraver la situation.
Et comme marcher est un moyen simple de prendre soin de sa santé en général, c’est fortement recommandé !
Concernant ces deux derniers points, il paraît néanmoins sage de respecter quelques principes : voyons maintenant de quoi s’agit.
Comment marcher avec une sciatique : principes à respecter
Vous avez une douleur de type sciatique sans signes de gravité et vous êtes convaincu que la marche ne vous fera pas de mal, au contraire. Vous avez raison !
Toutefois, je vous encourage à respecter certains grands principes selon votre profil de marcheur d’avant sciatique :
✅ Si vous êtes un marcheur régulier
Restez aussi près de votre volume de marche habituel que vous le permet la douleur.
S’il vous traverse l’esprit d’en faire plus, allez-y graduellement pour que votre corps s’habitue petit à petit à la nouvelle dose d’activité.
✅ Si vous avez peu l’habitude de marcher (mais que vous souhaitez vous y mettre)
Veillez à augmenter votre distance ou votre temps de marche progressivement.
N’allez pas vous créer d’autres douleurs ailleurs ! À nouveau, laissez le temps à votre corps de s’accoutumer au nouvel effort que vous lui demandez.
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Jensen R K, Kongsted A, Kjaer P, Koes B. Diagnosis and treatment of sciatica BMJ 2019; 367 :l6273 doi:10.1136/bmj.l6273
Dahm KT, Brurberg KG, Jamtvedt G, Hagen KB. Advice to rest in bed versus advice to stay active for acute low‐back pain and sciatica. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 6. Art. No.: CD007612. DOI: 10.1002/14651858.CD007612.pub2. Accessed 05 December 2023.
Olaya-Contreras, P., Styf, J., Arvidsson, D. et al. The effect of the stay active advice on physical activity and on the course of acute severe low back pain. BMC Sports Sci Med Rehabil 7, 19 (2015). https://doi.org/10.1186/s13102-015-0013-x
Noha Khaled Shoukry, Salam Mohamed Elhafez, Raymond Lee, & Abeer Farag Hanafy. (2023). Effect of Stay Active Advice on Pain and Disability in Patients with Low Back Pain: a randomized controlled trial. Journal of Population Therapeutics and Clinical Pharmacology, 30(7), 293–299. https://doi.org/10.47750/jptcp.2023.30.07.035
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
2023 a été une année avec beaucoup de changements dans ma vie professionnelle et donc aussi pour Fonto Média, mon site sur lequel vous êtes.
J’ai consacré beaucoup plus de temps au blog qui existe maintenant en 3 langues, j’ai lancé mes premiers ebooks, j’ai arrêté la kiné classique, et j’ai ré-orienté mes activités en freelance. Je suis donc devenue ce qu’on appelle maintenant une « solopreneure ».
Avec beaucoup de satisfaction, mais aussi quelques échecs et looses… je vous raconte, en toute transparence (une valeur à laquelle je tiens beaucoup).
En essayant d’en tirer des enseignements qui pourraient vous être utiles pour votre propre vie pro, ou en simple lecteur ou lectrice régulier(e) (merci pour votre confiance 🙂) !
♻️ Dernière mise à jour : 17 avril 2024. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Sommaire
Bilan de mon activité de kiné en 2023
Pour rappel, j’ai eu mon diplôme de kiné en 2012. J’ai ensuite travaillé pendant 7 ans dans à peu près tous les types de structures dans lesquelles un(e) kiné salarié(e) peut travailler : hôpitaux, centres de rééducation, clinique, centre pour enfant.
Puis j’ai démarré une activité de kiné à domicile en libéral, seule, à mon compte, en septembre 2019, après l’arrivée de mon deuxième enfant.
J’ai donc eu pendant 4 ans 3 casquettes professionnelles 🧢 :
kiné à domicile auprès des patient(e)s de ma petite commune de Savoie ;
consultante et rédactrice web et scientifique pour des entreprises et institutions ;
En 2023, j’ai donc progressivement décidé de m’oter une de ces 3 casquettes, qui commençaient à être difficiles à empiler 🙂. Pour me consacrer mieux aux 2 autres, à mon investissement associatif et à ma famille.
Après quelques hésitations au printemps 2023, j’ai finalement pris la décision d’arrêter mon activité de kiné « face aux patient(e)s » fin août 2023. Sans appréhension pour ma patientèle, puisque j’avais une liste d’au moins 5 kinés qui pouvaient prendre le relais.
Pour ces 2 raisons :
c’était celle que j’exerçais depuis le plus longtemps et dont j’avais le plus l’impression « d’avoir fait le tour » (même si je pense que j’y reviendrai peut-être un jour) ;
j’avais envie de pouvoir travailler 100 % depuis chez moi (notamment pour être plus flexible avec les enfants qui ne se gardent pas encore tout seul(e)s).
Arrêter une activité qui nous apporté beaucoup de satisfaction, de reconnaissance, de sentiment d’utilité et de sécurité financière est un choix difficile à prendre et que j’ai beaucoup réfléchit. Le risque est cependant très limité, car en tant que kiné, on a la chance de pouvoir retrouver très rapidement du travail en cas de besoin.
💡 Ce qui m’a permis de faire ce choix : avoir toujours conservé un mode de vie relativement simple. Je peux envisager de réduire au moins pendant quelques années mes revenus par 2 sans perdre en qualité de vie.
Je suis consciente que cela signifie que mes revenus étaient relativement élevés ; autour de 3000 € net ces 4 dernières années.
Bilan de Fonto Media (site et chaine Youtube) en 2023
C’est sans doute au niveau de mon site qu’il y a eu le plus de changements en 2023 !
Nouveaux articles de blog
Depuis la création de ce site en 2019, j’ai toujours publié 1 à 4 nouveaux articles par mois. J’ajustais en fonction de ma charge de travail comme kiné et freelance (et de ma vie perso, puisque j’avais à cette époque 2 enfants en bas-âge ; ils ont aujourd’hui 4 et 7 ans).
Dès fin 2022, voyant mon trafic augmenter au fil des années, et ayant gagné en 3 ans un peu de bouteille dans le domaine, j’ai senti que j’étais prête à augmenter ma fréquence de publication sans perdre en qualité du contenu (j’espère !).
En 2023, j’ai donc pu publier 3 à 4 nouveaux articles par semaine en français, avec la collaboration appréciée d’autres contributeurs et contributrices ponctuellement. Dont Albin, kiné, titulaire d’un doctorat en santé publique, qui est aussi mon mari, et qui s’est dernièrement prêté régulièrement à cet exercice !
J’ai également traduit (avec l’aide de Chat-GPT, j’en parle ici) les articles sur lesquels les gens passent le plus de temps (un bon indicateur je trouve de leur intérêt) en anglais et en allemand.
Au total, 388 nouveaux articles ont été publiés par ici en 2023 ! Ce chiffre me semble énorme, mais c’est un fait !
Voici l’évolution de ma fréquence de publication au cours des années :
Année
Nombre de nouveaux articles
2019
18
2020
22
2021
24
2022
49
2023
182 (+ 206)
Nombre de nouveaux articles depuis la création du site en septembre 2019 !
Pour moi qui ai déjà exercé plus de 10 métiers différents (avant et en parallèle de la kiné, en changeant souvent), ces chiffres me font dire une seule chose : j’aime écrire sur internet des articles informatifs et sourcés.
J’ai l’impression que c’est l’activité pour laquelle mes compétences sont les mieux utilisées.
Trafic sur le site
Le nombre de visiteurs et visiteuses sur mon site a augmenté avec une assez grande régularité jusqu’en décembre 2022.
Puis il a augmenté de manière beaucoup plus prononcée en 2023 à partir du moment où j’ai publié plus souvent, comme le montre le graphique ci-dessous. Je pense qu’il s’agit d’une simple corrélation, sans lien causal.
Le trafic sur mon site les 16 derniers mois. Source : Searchconsole
Comme vous l’avez sans doute constaté sur le graphique, le trafic sur mon site à commencé à chuter de manière importante à partir d’octobre 2023.
Pourquoi ? Car la plupart des personnes qui visitent mon site viennent de Google. Et Google met plusieurs fois par an à jour la façon dont les sites sont classés dans les moteurs de recherche.
Pour la première fois en 4 ans, mon site a été impacté négativement par cette mise à jour de Google. C’est le « jeu » dont on connaît les règles et qu’il faut accepter quand on se lance dans ce milieu, si on veut aussi tirer partie de ses bons côtés !
En 2023, en tout :
plus de 2 000 000 de pages ont été vues sur Fonto Média ; avec un pic à 255 000 pages vues sur le mois d’août 2023 ;
par plus d’1,5 millions de personnes ;
les gens restent en moyenne 3 minutes 40 à lire les articles (avec des temps moyens variables de 1 minute à plus de 10 minutes selon les articles).
Voici les chiffres précis du nombre de pages vues par mois depuis la création du site :
Nombre de pages vues par mois sur le site depuis sa création – Source : jetpack, au 21 décembre 2023
Enfin, d’où viennent ces personnes :
D’où viennent les visiteurs et visiteuses en 2023. Source : Jetpack
Sans surprise, la plupart des gens viennent de France, suivi par les États-Unis, la Belgique, le Canada et le Royaume-Uni.
💡 Ces chiffres reflètent à quel point un site se construit sur un temps long ! Et à quel point aussi, rien n’est jamais acquis.
Comment les gens tombent sur mon site ?
J’ai conçu mon site dans l’idée de fournir des infos les plus utiles, qualitatives et sourcées possibles quand des gens cherchent des infos sur leur rééducation sur Google ou un autre moteur de recherche.
Il est donc logique que l’immense majorité des gens viennent sur mon blog depuis Google, comme le montre le graphique ci-dessous :
D’où viennent les gens qui visitent mon blog. Source : GoogleAnalytics
90 % des gens viennent de Google, Bing, Ecosia ou d’un autre moteur de recherche. Environ 8 % viennent en direct, parce qu’ils ou elles ont pris l’habitude de venir réguluèrement par ici.
Et les 2 % restant proviennent des réseaux sociaux, de ma newsletter ou d’autres sites.
Commentaires et feedbacks reçus
Je suis toujours disponible pour répondre aux questions des visiteurs et visiteuses. Je réponds à toute question sur Youtube et mon blog, et ce depuis toujours.
Ces retours font plaisir et permettent aussi souvent d’améliorer les articles.
Voici le nombre de commentaires laissés sous les articles en 2023, et depuis la création du blog.
Années
Nombre de nouveaux commentaires
2019
0
2020
66
2021
82
2022
151
2023
1025
Nombre de commentaires par an laissés sous les articles. Source : Jetpack
💡 Je suis ravie de voir qu’en 2023, malgré tous les réseaux sociaux, les blogs restent un lieu d’échange !
Vente d’ebooks
Autre nouveauté en 2023 : j’ai crée et commercialisé mes premiers ebooks !
Avec 2 objectifs :
fournir sous une autre forme du contenu que j’espère utile et de qualité ;
me permettre de me rémunérer pour le travail fournit.
Tout au long de l’année j’ai amélioré ces ebooks et j’en ai crée de nouveaux, en fonction des retours. Aujourd’hui, je propose :
4 ebooks pour les kinés, plus sur l’aspect développement professionnel
8 ebooks pour les patient(e)s, dont certains sont aussi accessibles en anglais et en allemand
Je remercie très chaleureusement toutes les personnes qui m’ont fait confiance et se sont procurées un ou plusieurs de mes ebooks ; c’est une de mes plus grandes satisfaction de l’année !
Je reviens aussi plus loin dans mon bilan sur les revenus que je tire de la vente d’ebooks.
💡 Il n’y a pas que la publication de livres via les maisons d’édition classiques comme possibilité lorsqu’on crée du contenu sur la rééducation ou la santé.
Changement de régie publicitaire
J’ai commencé à afficher de la publicité sur mon site en 2022. Initialement pour couvrir les frais liés au site (hébergement et nom de domaine). Puis pour me rémunérer en partie.
Pour afficher de la pub sur un site, on fait appel aux services d’une régie publicitaire. La plus connue est celle de Google, Google Adsense. C’est par exemple cette régie qui gère l’affichage des publicités sur toutes les vidéos Youtube.
En 2022, j’ai donc utilisé AdSense. Mon trafic augmentant, j’ai décidé de changer de régie publicitaire en janvier 2023, pouvant aspirer à mieux.
J’ai été chez Hitopic. Mais mon objectif était de rejoindre la régie Médiavine, une entreprise aux États-Unis qui est réputée pour délivrer d’excellents services pour les petit(e)s éditeurs et éditrices de site comme moi.
Mediavine accepte les sites ayant un trafic provenant en partie des pays anglophones. C’est en partie pour cela que j’ai traduit mon site en anglais dès avril 2023, puis en allemand en septembre 2023, voyant que cela fonctionnait.
J’ai été acceptée chez Mediavine fin septembre 2023 et je suis très satisfaite. C’est donc Mediavine qui gère la publicité sur mon site (ça se fait automatiquement, en fonction des sites sur lesquels vous avez navigué avant et de votre localisation géographique).
Et j’ai la chance de pouvoir échanger (via un groupe Facebook) avec les quelques 10 000 autres éditeurs et éditrices indépendant(e)s de site qui comme moi sont chez Mediavine, ce qui est très aidant (absolument personne dans mon entourage n’a comme activité professionnelle la création et gestion d’un site ; je me sens parfois un OVNI 👾).
Hasard de la vie, le site a été accepté chez Mediavine pile au moment où il perdait 50 % de son trafic… Mediavine dégageant de meilleurs revenus publicitaires, cela a permis de limiter de manière importante la baisse de revenus. J’en parle dans cet article en anglais où je fais le bilan de mon premier mois chez Mediavine.
💡 Le soutien des paires, le sentiment d’appartenance à un groupe a souvent un impact sur notre bien-être. Il existe différents moyens d’entrer en contact avec ses paires, même au niveau international !
Ma chaine Youtube
En 2020, j’ai décidé de créer une chaine Youtube (ici). Je ne regarde jamais des vidéos sur Youtube et je ne suis pas très à l’aise à l’oral, mais j’ai souhaité le faire pour rendre le contenu de mes articles accessibles aux gens qui ne lisent pas des articles sur internet.
En 2020, j’ai publié une vidéo très courte pour me lancer. En 2021, j’ai commencé à créer une vidéo par mois. Voyant que j’arrivais à tenir le rythme, je suis passée à 2 par mois.
Puis tout 2023, j’ai posté une vidéo par semaine.
Toujours construites de la même façon : je reprends au format vidéo un de mes articles, pour une durée d’environ 10 minutes. Je m’enregistre très simplement avec ma webcam et mon smartphone, et j’utilise Canva ou OpenShotVideo (je suis sous Linux) pour un sommaire montage.
Je bloque un créneau un lundi sur 2 pour ça ; en 1 heure, grâce à l’expérience accumulée, j’enregistre, monte et programme 2 vidéos, pour les 2 semaines à venir, et je recommence.
Voici l’évolution du nombre de vues sur la chaine en 2023 :
Le nombre de vues sur ma chaine Youtube Fonto Media en 2023. Source : YoutubeStudio
En tout, mes vidéos ont été vues 372 000 fois, 3 400 personnes se sont abonnées à la chaine, et j’ai touché 920 € brut de revenus publicitaires. (Voir aussi mon article : combien rapportent 1 million de vues sur Youtube).
J’ai souvent des commentaires sympa soulignant la qualité du contenu, ce qui motive à continuer, même de manière très artisanale.
Ma présence (absence ?) sur les réseaux sociaux
Je ne suis pas une grande amatrice des réseaux sociaux. Je ne les utilise pas ou peu à titre personnel.
Je suis tout de même active sur LinkedIn depuis 2020, avec 3 objectifs :
envoyer un peu de trafic sur mon site (ça marche très peu) ;
me faire connaître pour mes prestations de conseil et rédaction wikipédia (ça marche plutôt bien ; 1/4 de mes client(e)s me découvrent via LinkedIn) ;
gérer le compte LinkedIn de notre mouvement citoyen Espoir RIC et en parler régulièrement aussi auprès de ma propre audience (impact faible, mais mieux que rien pour cette cause dont peu de gens font une priorité).
En 2023, j’ai posté un post par semaine sur LinkedIn. Puis en octobre 2023, pour compenser la perte de trafic sur mon site, je suis passée à 2 fois par semaine.
Ma « stratégie » LinkedIn s’arrête là. Je commente très peu les posts et passe moins de 5 minutes par jour sur la plateforme.
Je poste parfois en automatique sur Twitter certains de mes articles, mais je ne suis quasi jamais dessus. Je ne publie jamais sur Facebook en lien avec mon site, mais seulement sur mon investissement citoyen.
Au printemps 2023, pour diversifier mes sources de trafic, je me suis lancée sur Pinterest. Pas très sérieusement au début, puis plus sérieusement à l’automne suite à la baisse du trafic.
Voici le nombre de visites obtenues sur mon site depuis les réseaux sociaux en 2023 :
Trafic en provenance des réseaux sociaux en 2023. Source : jetpack
Comme vous le constatez, moins de 1% des gens viennent sur mon site depuis les réseaux sociaux, c’est dérisoire.
La plupart proviennent de Pinterest (car WordPress Android App signifie aussi Pinterest), suivi par Facebook (sur lequel je ne suis pas pour mon site), Youtube, Twitter, et LinkedIn.
💡 Les réseaux sociaux sont rarement la source principale de trafic d’un site (sauf parfois Pinterest, et parfois Facebook), car les gens préfèrent rester sur le réseau social (et les réseaux sont conçus pour ça).
Bilan de mon activité de freelance en 2023
Début 2023, j’exercais encore la profession de rédactrice scientifique et de rédactrice web santé. J’avais quelques client(e)s réguliers (certains depuis plusieurs années), et d’autres plus ponctuels.
Au printemps 2023, j’ai décidé d’arrêter totalement cette activité. Elle était trop redondante avec l’écriture d’articles pour mon propre site, qui me permettait de commencer à générer des revenus.
Cela me permettait aussi de me recentrer sur une seule offre en tant que prestataire de service / freelance : le conseil et la rédaction Wikipédia.
Cette activité me passionne : c’est un concentré de tout ce que j’aime faire :
rechercher des informations factuelles ;
écrire ;
sourcer mes propos ;
participer à un projet universaliste, collaboratif et décentré ;
argumenter auprès des client(e)s pour leur expliquer de la manière la plus pédagogue possible ce qu’il est possible de faire ou non sur wikipédia ;
être transparente : toutes les contributions rémunérées sur Wikipédia doivent être clairement identifiées comme telles.
Cette activité fonctionne bien : les client(e)s me trouvent sans que j’ai à les démarcher (ce que je ne souhaite de toute façon pas faire, pour des raisons éthiques liées au fonctionnement de Wikipédia).
1/4 me sollicitent via mon site, où j’écris des articles très documentés sur comment créer une page wikipédia. Les personnes souhaitant déléguer me sollicitent ;
1/4 via LinkedIn
1/4 via Malt (une plateforme qui met en lien des freelances comme moi, et des professionnels, institutions ou entreprises à la recherche de prestataires) ;
1/4 via une agence de communication parisienne qui renvoit vers moi ses client(e)s.
💡Quand on est prestataire de service, il est souvent nécessaire de développer différents canaux permettant d’acquérir de nouveaux client(e)s.
Mes revenus et mon temps de travail en 2023
On arrive à la partie qui j’imagine attise le plus la curiosité !
Quels sont les revenus que je tire de ces activités ? Et pour quelle quantité de travail ?
Voici déjà un aperçu global de mes revenus totaux pour l’année 2023, en prenant en compte toutes mes activités : kiné, rédaction web/scientifique/wikipédia, site.
Mes revenus bruts et nets en 2023, et mes dépenses. Source : Indy, qui me permet vraiment bien de suivre ma compta
Mon chiffre d’affaires brut au 22 décembre 2023 est cette année de 81 481 € HT brut. Auxquels il faut enlever :
30 000 euros de cotisation sociale : URSSAF et retraite ;
9 000 euros d’impôt : il s’agit de ma part pour les revenus de mon foyer ;
3 900 euros de don : je donne 10 % de mes revenus après impôt à une des organisations humanitaires listées comme étant dans les plus efficaces du monde par l’organisme indépendant Givewell. Cette année, à l’Against Malaria Foundation et à GiveDirectly. J’en parle plus dans cet article : Donner fait du bien ;
2000 euros de charges : principalement les frais de fonctionnement du site et l’entretien de mon vélo pour mes déplacements de kiné à domicile.
Si je fais le total par activité, cela donne :
Répartition de l’origine de mon chiffre d’affaires. Source : Indy
Et pour les revenus provenant uniquement du site :
Répartition du chiffre d’affaire généré seulement par le blog. Source : Indy
Si vous souhaitez en savoir plus, j’ai déjà écrit un article complet sur comment on monétise un blog ou site internet, surtout si on souhaite écrire sur ses centres d’intérêt ou d’expertise.
Enfin, quel est le temps que j’ai consacré à ces différentes activités ? Il s’agit d’une approximation, car je ne quantifie pas mon temps de travail (j’ai essayé, mais ça me rajoutait une charge mentale désagréable).
Répartition du temps dédié sur l’année à mes différentes activités
Ce trafic est intéressant lorsqu’on le compare à celui des revenus générés :
j’ai consacré 20 % de mon temps à la kiné libérale à domicile, ce qui m’a généré 19 % de mes revenus ;
j’ai passé 3 % de mon temps à des missions pour des client(e)s, ce qui m’a généré 31 % de mes revenus. 🚨 Cela est beaucoup plus rentable, mais ce temps n’inclue pas tout le temps passé à la création de contenu sur mon site, qui me permet de développer et faire connaître mes compétences ;
j’ai dédié 68 % de mon temps à mon site et mes ebooks, ce qui m’a rapporté 50 % de mes revenus. On est sur de l’investissement sur du long terme, car (normalement), le travail effectué sur le site devrait continuer à rapporter ses fruits au fil des années, ce qui n’est pas le cas des missions en freelance ou de la kiné.
Et pour combien de temps en tout sur l’année ou par semaine ? Et bien, je ne sais pas, mais c’est BEAUCOUP ! Disons, lissé sur l’année, au moins 50 heures par semaine, sans coupure à 100 % (même les week-ends et vacances, où j’aime bien travailler si j’en ai la possibilité).
Je suis passionnée par ce que je fais et je ne compte pas mes heures. Je ne ressens jamais le besoin de couper, et ce depuis toujours.
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours consacré un temps considérable à des activités créatives ou intellectuelles, avec des finalités associatives ou professionnelles.
Il s’agit d’une de mes caractéristiques et j’estime que cela n’est pas un problème tant que par ailleurs j’ai l’impression de consacrer assez de temps aux autres choses qui comptent : ma famille, quelques ami(e)s, un peu de sport, l’implication associative, lire.
En 2023 donc, j’ai beaucoup travaillé, mais comme d’habitude 🙂 !
💡 Lorsqu’on a plusieurs sources de revenus et de dépenses, tenir des comptes réguliers permis d’identifier les activités les plus rémunératrices au regard du temps passé pour potentiellement redéfinir ses priorités.
Ce qui m’a le plus réjouit en 2023
2023 a été une année professionnelle très épanouissante pour moi, puisque depuis fin août 2023, je peux consacrer tout mon temps à améliorer ce site et accompagner des client(e)s sur Wikipédia.
Voici les 5 choses qui m’ont le plus marqué positivement cette année :
être acceptée par Médiavine, régie publicitaire pour les « petits » sites indépendant(e)s comme les miens, à l’internationale ;
avoir la possibilité d’arrêter la kiné libérale pour me dédier plus à mes autres activités ;
accompagner régulièrement des entreprises, institutions et personnalités sur Wikipédia, sans avoir besoin de les démarcher ;
avoir vendu mes premiers ebooks, et avoir eu dans l’ensemble de bons retours ;
être arrivée à me fabriquer un job 100 % asynchrone et à distance : je travaille beaucoup, mais 100 % quand je veux et où je veux, ce qui est très agréable pour jongler avec la vie familiale et associative.
Ce qui a moins bien marché en 2023
Étant d’une nature optimiste et positive, j’ai du mal à identifier des échecs et des choses négatives. Car, passé les quelques heures de déception voire de tristesse, je rebondis vite et les prends comme une opportunité de changement et de progression.
Voici tout de même mes gros moments de loose cette année :
La perte de trafic de 50 % de mon site à peine 3 semaines après avoir décidé de m’y dédier à 100 %.
Ça a été un sacré choc. Même si je savais que ça pouvait arriver, je ne m’étais pas préparée à ce que ça arrive si vite 😂 !
Au-delà de l’inquiétude pour la possibilité de continuer mon activité, j’ai aussi été déçue que beaucoup d’articles pour lesquels j’avais de bon retours ne soient plus vraiment accessibles pour les internautes.
L’appréhension que tout s’arrête d’un coup.
J’ai vraiment le sentiment pour la première fois de ma vie d’avoir trouvé « le job parfait », alliant sentiment d’utilité et de liberté au maximum. Mais cette activité est beaucoup moins stable que celle de kiné libérale ou salariée, et je dois composer avec l’inquiétude que tout s’arrête du jour au lendemain.
Mes objectifs pour 2024
Comment j’envisage l’année 2024 ?
Objectifs d’activité
Je souhaite continuer à passer au moins 50-70 % de mon temps à la création d’articles et de vidéos en accès libre et gratuit pour le plus grand nombre. En prenant le temps de soigner au maximum leur qualité scientifique.
Le reste de mes activités est là pour soutenir financièrement cette création de contenu en accès-libre, et ce temps que je prends pour chercher des infos fiables, conceptualiser des choses et écrire.
Objectifs financiers
Je me suis fixée un chiffre d’affaires brut minimal (avant charges, cotisations, impôt et dons) de 43 200 €. Si je ne l’atteint pas, j’envisagerai de reprendre une autre activité en 2025.
Pour atteindre ce CA, je dois générer en moyenne chaque mois :
1500 € de revenus publicitaires
1000 € en prestation wikipédia
800 € en vente de mes produits digitaux (ebooks, et e-learnings à venir)
Pour cela, je compte continuer exactement sur la même lignée que ces derniers mois : créer de nouveaux articles en français, traduire les plus appréciés en anglais ou allemand, être présente sur Pinterest et LinkedIn, délivrer des prestations de conseil et rédaction wikipédia, et faire 1 vidéo Youtube par semaine (voir peut-être un peu plus).
La seule nouveauté est que je vais tester le format e-learning pour délivrer du nouveau contenu payant, toujours à petit prix. (Édit : voici mes formations en ligne pour les kinés.)
Selon les retours que j’ai (ou l’absence de retours !), je verrai si j’en propose de nouveaux ou pas !
Et bien sûr, je ré-adapterai en cours de route ce plan si je vois qu’il ne me permet pas d’atteindre mes objectifs ! (Édit de septembre 2024 : j’ai largement atteint mes objectifs, cf mon bilan 2024 : Vivre de mon blog et mon bilan de freelance en 2024.)
***
Voilà pour le bilan de cette année 2023. J’espère que ces quelques infos vous auront plus, voire vous auront été utiles ! Si vous avez des remarques, des questions : l’espace commentaire est prévu pour ça.
Je pense que je réaliserai de nouveau un article de ce type en décembre 2024, si je suis toujours dans cette dynamique 🙂 !
Ces articles pourraient également vous intéresser :
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Il est très fréquent d’avoir des douleurs au genou quand on commence la course à pied. Ou même, quand on pratique depuis longtemps, quelque soit notre niveau.
Kiné (mais également ex-heptathlonienne, et coureuse du dimanche invetérée), je m’appuie sur mon expérience et les publications scientifiques pour vous aider à identifier la cause de votre mal au genou en course à pied.
Mais aussi, quoi faire pour la soulager et éviter qu’elle revienne.
Bonne lecture 🙂 !
Résumé : les 3 causes les plus fréquentes de douleur au genou en course à pied sont le syndrome rotulien, le syndrome de l’essuie-glace et la tendinopathie patellaire. Il y a peu de preuve d’efficacité de techniques actives ou passives pour éviter ou traiter ces douleurs, bien qu’essayer d’adapter au mieux la charge d’entrainement soit probablement un des meilleurs leviers possibles.
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Quelles sont les 8 causes les plus fréquentes de douleur au genou en course à pied ?
Une chose est rassurante : les douleurs au genou en course à pied sont TRÈS étudiées.
Il existe des centaines d’études scientifiques publiées chaque année sur le sujet. Voici d’ailleurs les résultats de l’une d’entre-elles, qui montre les localisations les plus fréquentes de douleur et blessures chez les coureurs et coureuses :
Cette image montre quelles parties du corps sont le plus blessées chez les pratiquant(e)s de la course à pied (hors ultra-marathon). Plus le rond au niveau de la partie du corps est gros, plus la partie du corps est souvent blessée. Le plus gros rond est celui du genou ! Source : Kakouris 2021
Le genou est la partie du corps la plus souvent blessée en course à pied, juste devant la cheville.
Voici dans l’ordre les 8 causes les plus fréquentes de douleur au genou chez les pratiquant(e)s de la course à pied (Kakouris 2021). Hors contexte de chute ou d’accident.
Douleur non spécifique au genou : si les 6 conditions décrites ci-dessous ne semblent pas correspondre à votre blessure, on la fait rentrer dans cette catégorie fourre-tout.
Donc, quelque soit le type de douleur au genou que vous avez, il est plus probable que ce soit un syndrome fémoro-patellaire qu’autre chose.
Je vais maintenant donner un peu plus de détail sur comment savoir quelle est la cause de VOTRE douleur.
Mais sachez que quelque soit la cause précise de votre douleur au genou, elle se traite de la même façon dans les grandes lignes !
Comment savoir quelle est la signification de sa douleur au genou ?
C’est toujours un ensemble d’indices qui vont orienter le diagnostic de votre douleur plus vers quelque chose qu’autre chose.
Et plus une personne (kiné, médecin) est habituée à prendre en charge des personnes qui se plaignent de douleur au genou en running, plus elle arrivera probablement à mieux identifier la cause à l’origine de ce problème.
Un simple interrogatoire et examen suffit souvent. Des examens complémentaires type radio ou IRM ne sont pas toujours demandés car ils donnent rarement plus de pistes concrètes sur quoi faire !
Voici quelques indices pour vous aider à identifier la cause potentielle, en fonction des ressentis les plus décrits par les patient(e)s. Même si aucun des éléments détaillés ne suffit isolément pour être sûr de la cause de vos douleurs.
Votre ressenti
Cause(s) les plus probables de cette douleur au genou
Problème de ménisque (surtout si antécédents de traumatisme sur le genou), « tendinite » du tendon tibial postérieur (car il s’insère ici), syndrome fémoro-patellaire
Douleur sur le côté extérieur du genou
Syndrome de la bandelette ilio-tibiale (c’est ici qu’elle s’insère), syndrome fémoro-patellaire
Douleur chez un(e) débutant(e) en course à pied
Douleur non spécifique du genou : simple surcharge d’entraînement car votre corps n’est pas assez habitué : vous en avez trop fait
Douleur qui survient après un footing
Le fait que la douleur survienne après n’est pas très spécifique d’un problème plutôt qu’un autre. C’est fréquent de ne pas avoir de douleur « à chaud » !
Douleur derrière le genou, à l’arrière
Syndrome fémoro-patellaire, Syndrome de la bandelette ilio-tibiale, tendinopathie du tendon tibial postérieur
Douleur au bas du genou, devant, pas sur les côtés
++ Syndrôme fémoro-patellaire ou douleur non spécifique au genou
Douleur en course à pied en descente
Il y a plus de contraintes exercées sur le genou en descente. N’importe quelle pathologie peut donc expliquer une douleur qui survient plus en descente
Le type de cause la plus probable de douleur au genou selon les symptômes les plus souvent ressentis
Quand et qui consulter pour sa douleur au genou en course à pied ?
Il n’y a pas de critère clairs qui permettent de dire : « là, vous devez VRAIMENT consulter ».
Quelque soit la cause à l’origine de votre douleur au genou, la probabilité est très forte que ce soit quelque chose de bénin qui se résolve tout seul avec le temps (moyennant quelques adaptations dont je vais parler plus loin).
Voici quelques situations dans lesquelles une consultation peut être selon moi pertinente :
vous êtes inquièt(e), vous ressentez le besoin d’être rassuré(e) de manière personnalisée ;
vous n’arrivez plus du tout à courir. Même marcher est parfois douloureux ;
vous avez absolument envie d’avoir un nom sur ce que vous avez ;
vous êtes vraiment de plus en plus géné en courant et vous n’arrivez pas à identifier ce que vous pouvez mettre en place par vous-même pour aller mieux.
Maintenant, qui consulter ? Plusieurs possibilités :
votre médecin traitant : certains médecins traitants prennent volontiers en charge le suivi des sportifs et sportives ;
un(e) médecin du sport : c’est un médecin de n’importe quelle spécialité qui a suivi des formations pour se spécialiser dans le sport. Ces médecins sont plus susceptibles de suivre au quotidien d’autres sportifs et sportives ;
votre kiné : en France, l’accès aux kinés sans prescription d’un médecin est possible dans certains cas. Beaucoup de kinés assurent le suivi de sportifs et sportives débutant(e)s, amateur ou professionnel ;
un(e) rhumatologue : on les consulte rarement en première intention pour une douleur au genou. Mais votre médecin traitant peut parfois vous renvoyer vers un(e) rhumatologue en cas de suspicion de maladie rhumatismale (arthrose, polyarthrite, spondylarthrite, etc.).
Que faire pour éviter les douleurs au genou en course à pied ?
Comme les douleurs en course à pied sont très fréquentes, certaines équipes de recherche essaient d’identifier les facteurs qui les déclenchent :
des facteurs modifiables : par exemple, la quantité de course à pied qu’on fait ;
des facteurs non modifiables : comme l’âge.
Dans cette partie, je vais vous parler uniquement des facteurs modifiables, car ce sont les seuls sur lesquels vous pouvez potentiellement agir.
Il est difficile de mener des études fiables sur ce sujet car c’est dur de contrôler de manière précise tout ce que les gens font et qui peut influencer leur douleur au genou.
Voici les conclusions auxquelles sont parvenues une équipe de recherche Australienne 🇦🇺 qui a synthétisé en 2022 toutes les études sur « comment prévenir, éviter les douleurs au genou en course à pied ».
Il existe des preuves de faible certitude indiquant que la rééducation de la technique de course pour un atterrissage plus doux peut réduire le risque de blessure au genou de deux tiers.
Alexander 2022
Une autre approche souvent suggérée pour prévenir l’apparition des blessures est d’adapter la charge d’entrainement de manière très progressive. Par exemple, en quantifiant la durée des sessions de running, la vitesse de course, la fréquente, en augmentant tout ça progressivement.
Pour que toutes les structures du genou s’habituent progressivement à supporter de plus en plus de contraintes.
Cela tient la route d’un point de vue théorique. Mais voici les conclusions que je trouve très intéressantes d’une autre équipe de recherche, toujours australienne 🇦🇺, à ce sujet :
Par conséquent, déterminer « combien est trop » et comment manipuler et progresser correctement la charge d’entrainement sont actuellement des décisions subjectives basées sur des principes d’entraînement génériques et notre expérience d’ajustement de l’entraînement en fonction de la réponse individuelle d’un athlète.
Notre message aux praticiens est d’arrêter de chercher des solutions trop simplistes à des problèmes complexes et d’accepter plutôt les risques et l’incertitude inhérents au processus d’entraînement et à la prévention des blessures.
Impellizzeri 2020
C’est un beau message d’humilité je trouve, et c’est très rare de lire ce genre de chose dans la littérature médicale. Même si c’est frustrant !
Qu’en retenir ?
Qu’il y a peu de preuve de qualité sur comment éviter les douleurs au genou en course à pied (même si vous trouverez toujours des « expert(e)s » qui prétendent le contraire)
Qu’il est probable qu’augmenter progressivement votre charge d’entraînement en fonction de comment votre corps réagit permet de limiter le risque, mais c’est quelque chose de très subjectif et difficile à mettre en place.
Comment soulager les douleurs au genou en course à pied ?
Très souvent quand on a mal au genou en courant, on n’a pas de nom posé sur ce qu’on a. Et cela n’est pas forcément un problème pour trouver comment soulager les douleurs et continuer à la course à pied !
Je vais ci-dessous vous donner des conseils quelque soit la cause à l’origine de votre douleur au genou en courant. Vous trouverez sur mon site d’autres articles ciblant plus spécifiquement la rééducation pour tel ou tel problème au genou.
Mais vous verrez que ce sont toujours les mêmes grandes lignes à suivre !
Ce que disent les études sur le traitement des douleurs au genou en course à pied
Évaluer ce qui fonctionne ou non pour traiter les douleurs est également difficile, vu tous les facteurs qui entrent en jeu et qu’il est dur de contrôler.
Voici les conclusions auxquelles sont parvenues la même équipe de recherche Australienne 🇦🇺 que j’évoquais précédemment. Elle s’est aussi intéressée au traitement des douleurs au genou en course à pied, une fois qu’elles sont là.
Des preuves de très faible à faible certitude suggèrent que la douleur patello-fémorale liée à la course peut être efficacement gérée grâce à diverses interventions actives (par exemple, la rééducation de la technique de course, la réalisation d’exercices variées) et passives (par exemple, semelles orthopédiques, manipulation ostéopathique).
Alexander 2022
C’est à nouveau un constat d’humilité : le niveau de preuve des différents traitements est très faible.
Ce que j’en retiens en tant que kiné
Voici comment j’accompagne les personnes qui me demandent conseil pour leur douleur à genou en course à pied, et ce que je vous suggère donc de faire (seul ou accompagné(e) d’un professionnel(le) habitué à superviser des personnes ayant mal au genou) :
1️⃣ Identifiez les activités, les situations qui déclenchent ou aggravent significativement votre douleur au genou.
2️⃣ Diminuez la fréquence, la durée ou l’intensité de ces activités. Elles peuvent être continuées uniquement si elles ne suscitent pas de douleur importante. Il faut donc trouver le bon équilibre : les continuer ou les ré-introduire très progressivement.
3️⃣ Être confiant : de nombreuses personnes récupèrent en quelques semaines sans rien faire de particulier, simplement en suivant spontanément ces conseils. Vous faites peut-être parti de ces gens là 🙂!
4️⃣ Vous pouvez aussi introduire des exercices de renforcement musculaire, sollicitant à la fois la force des muscles du genou et de la hanche🧎🏻(squats et fentes, par exemple).
Vous maximisez les chances de guérir vite d’une douleur au genou en étant confiant et en limitant les activités déclenchant ou aggravant fortement la douleur.
Elles sont à ré-introduire progressivement.
Exemples d’exercices sollicitant la hanche et le genou et pouvant optimiser le temps de guérison d’un syndrome rotulien. Source : Clinton 2020
Remèdes naturels ou traitement pour soulager tout de suite la douleur ?
Maintenant, est-ce qu’il existe des remèdes contre la douleur, pour la soulager sur le moment ?
À titre personnel, je privilégie toujours les approches actives plutôt que passives. C’est un choix personnel : l’activité physique étant bonne en soi pour la santé physique et mentale (plus que la « passivité »/ sédentarité), c’est ce que je privilégie.
Néanmoins, voici quelques stratégies de la gestion de la douleur plus passives. Pour lesquelles on ne dispose pas de preuve de qualité pour la réduction des douleurs de genou en course à pied :
Kakouris N, Yener N, Fong DTP. A systematic review of running-related musculoskeletal injuries in runners. J Sport Health Sci. 2021 Sep;10(5):513-522. doi: 10.1016/j.jshs.2021.04.001. Epub 2021 Apr 20. PMID: 33862272; PMCID: PMC8500811.
Impellizzeri FM, Menaspà P, Coutts AJ, Kalkhoven J, Menaspà MJ. Training Load and Its Role in Injury Prevention, Part I: Back to the Future. J Athl Train. 2020 Sep 1;55(9):885-892. doi: 10.4085/1062-6050-500-19. PMID: 32991701; PMCID: PMC7534945.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous pensez avoir une tendinite au-dessus du pied ? Vous cherchez des informations fiables et exhaustives à ce sujet ?
Sur la base de mon expérience de kiné et d’une exploration approfondie de la littérature scientifique, j’ai construit cet article pour vous.
Bonne lecture ! 🙂
(Des questions, remarques ou expériences à partager ? N’hésitez pas à utiliser la section commentaires en fin d’article ! 🙏)
♻️ Dernière mise à jour : décembre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique. 👨⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Sommaire
Quelles sont les différentes tendinites au-dessus du pied ?
Il existe 3 types de tendinites (ou tendinopathies) du dessus du pied. Je les liste par ordre de fréquence :
la tendinite qui touche le tendon du muscle tibial antérieur (ou jambier antérieur) ;
la tendinite du muscle long extenseur de l’hallux (appelé aussi releveur du gros orteil).
la tendinite du muscle long extenseur des orteils.
Vues anatomiques 3D des muscles tibial antérieur (à gauche), long extenseur de l’hallux (au centre) et long extenseur des orteils (à droite) et de leurs tendons. Sources respectives : BodyParts3D CC – By SA ; Was a bee CC – By SA ; BodyParts3D CC – By SA
J’ai estimé leur ordre de fréquence sur la base du nombre d’études scientifiques disponibles pour chacune d’elle (accessibles sur le moteur de recherche Pubmed).
Quels sont les symptômes des tendinites au-dessus du pied ?
Toutes les tendinopathies du dessus du pied ont en commun de créer une douleur au-dessus du pied. Voyons maintenant quels sont les symptômes spécifiques à chacune.
Symptômes de la tendinite du tibial antérieur
Pour la tendinite du tibial antérieur, la douleur peut être localisée différemment chez les sédentaires et les sportifs :
pour les sédentaires, elle se situe plutôt au milieu du pied, du côté du gros orteil ;
pour les sportifs, elle se situe plutôt près de la face avant de la cheville, voire carrément sur le devant de la cheville.
À noter qu’à la suite d’une sollicitation accrue du tendon, la douleur peut se manifester même au repos (sans rien faire).
Pour ce qui est des autres symptômes, on a :
une douleur ou sensibilité à la palpation de l’insertion du tendon sur le pied (voir image ci-dessous). Autrement dit, quand on appuie dessus.
Parfois un œdème, c’est-à-dire une zone gonflée, aux alentours de cette même insertion.
Une douleur quand on essaie de relever la pointe du pied ; cette douleur s’intensifie en cas de résistance au mouvement.
Une augmentation de la douleur à l’étirement du muscle tibial antérieur.
Insertion du tibial antérieur au niveau du pied (sous le pouce de l’examinateur) – Source : Beischer, 2009
⚠️ Attention ⚠️
Tous ces symptômes ne sont pas nécessairement présents tous en même temps.
De plus, des douleurs similaires peuvent venir d’autres problèmes qu’une tendinite (voir la section un peu plus bas « Avec quoi ne pas confondre ces tendinites ? »)
Sources : Harkin, 2017
Symptômes de la tendinite du long extenseur de l’hallux
J’ai écrit un article complet sur à la tendinite du releveur du gros orteil (ou long extenseur de l’hallux). Je vous livre néanmoins ici un condensé de la section sur ses symptômes.
En plus de la douleur qui peut se manifester même au repos après l’activité, les symptômes de la tendinite du long extenseur de l’hallux sont :
une douleur à la palpation du tendon ;
une douleur à la contraction résistée du mouvement de relevé du gros orteil ;
une douleur quand on étire le gros orteil vers le bas ;
sur le tendon du gros orteil, il peut y avoir un gonflement (œdème) ou une rougeur.
Symptômes de la tendinite du long extenseur des orteils
La tendinite du long extenseur des orteils est rare. Trois cas seulement ont été détaillés dans la littérature scientifique. Voyons quels étaient les symptômes pour chacun de ces cas :
🏃♂️Coureur d’ultramarathon (après un 100 km) :
douleur et gonflement à l’avant de la cheville (donc dans ce cas, pas vraiment au-dessus du pied) ;
sensation de crépitation (craquettement) à la marche ou lors de mouvements de la pointe du pied vers le haut et vers le bas ;
mobilité accrue de l’articulation entre les os du talus et du naviculaire (des os de la cheville) à 30° de flexion plantaire de cheville ;
dans la même position que ci-dessus, la tête du talus vient pousser le tendon du long extenseur des orteils sur le côté (côté petit doigt de pied) ;
légère faiblesse et douleur lors du mouvement de relevé du gros orteil.
🌊 Véliplanchiste (pratiquant de planche à voile) n°1 :
gonflement douloureux sur le dessus du pied, au niveau des articulations métatarsophalangiennes.
🌊 Véliplanchiste (pratiquant de planche à voile) n°2 :
gonflement douloureux sur le dessus du pied ;
sensibilité sur le dos des métatarses ;
boule dure (kyste) sur le dessus de la 4e articulation métatarsophalangienne.
Sources : Hetsroni, 2006 ; Kobayashi, 2007
Avec quoi ne pas confondre ces tendinites ?
Il existe plusieurs types de problèmes qui ne sont pas des tendinites et qui peuvent créer une douleur sur le dessus du pied. On trouve par exemple :
les fractures consécutives à un traumatisme ;
les fractures de fatigue ;
les suites d’une fracture ayant imparfaitement consolidée ;
une maladie rhumatologique.
Consulter un professionnel reste un des meilleurs moyens de ne pas se laisser séduire par un diagnostic erroné.
Comment attrape-t-on ces tendinopathies ?
Disons qu’on a 3 grandes catégories de raisons, se combinant entre elles, qui peuvent amener à l’une ou l’autre de ces tendinopathies :
une sursollicitation : on a trop utilisé ses tendons au cours d’une activité quelconque ;
le vieillissement : plus on avance en âge, plus nos tendons ont du mal à s’auto-réparer (en particulier après 40 ans) ;
la génétique : nous sommes tous différemment disposés à développer des tendinites en réponse à l’activité.
Voyons plus précisément ce qu’il en est pour chacune de ces tendinites.
La tendinite du tibial antérieur (ou jambier antérieur)
La tendinite du tibial antérieur peut survenir en particulier dans 2 contextes :
⚫ chez les femmes en surpoids. En effet, être une femme augmente les risques de développer une tendinite. Par ailleurs, le surpoids joue à 2 niveaux :
des contraintes mécaniques sur les tendons plus élevées lors de la marche ;
un fonctionnement biologique différent, lequel favorise la survenue de tendinites.
⚫ chez les sportifs, notamment les coureurs, et plus spécifiquement les coureurs de longue distance avec fortes variations de dénivelé.
Sources : Harkin, 2017
La tendinite du long extenseur de l’hallux (gros orteil)
Le contexte de développement typique de cette tendinite inclut une sursollicitation (course à pied, par exemple) associée à une chaussure trop serrée.
Cette tendinite est rare. Les 3 seuls cas rapportés dans la littérature scientifique sont :
chez un coureur d’ultramarathon ;
chez deux véliplanchistes (pratiquants de la planche à voile), en raison de fixations trop serrées au niveau des pieds.
Sources : Hetsroni, 2006 ; Kobayashi, 2007
Quelle est la durée des tendinites du dessus du pied ?
La durée requise pour se remettre d’une tendinite au-dessus du pied peut varier selon 3 facteurs :
des modalités thérapeutiques choisies (un point abordé dans la prochaine section) ;
des différences biologiques d’une personne à l’autre : les capacités de cicatrisation des tendons de chacun diffèrent selon sa constitution.
De ce que chacun met derrière le mot « guérir » (par exemple, pouvoir courir un marathon vs. pouvoir se promener une heure le dimanche !)
Ceci étant dit, en considérant que vous ayez bien géré votre traitement, disons en gros :
➡️ jusqu’à quelques semaines si vous n’avez pas d’exigences trop élevées et que vos capacités de cicatrisation tendineuse sont bonnes ;
➡️ jusqu’à plusieurs mois (voir jusqu’à un an) si vous avez des exigences conséquentes et que vos capacités de cicatrisation tendineuse sont mauvaises.
⚠️ Attention ⚠️
Les éléments précédents sont très théoriques. Ils s’appuient sur les connaissances que l’on a sur la durée de cicatrisation des tendons en général.
En effet, il n’existe pas d’études spécifiques sur la durée des tendinites du dessus du pied.
À mon avis, il se peut que cette durée soit inférieure à la moyenne (en raison de contraintes moindres par rapport à d’autres tendons comme le tendon d’Achille).
Sources : Thomopoulos, 2015
Que faire quand on a ce type de tendinite ? Quel traitement ?
Notons d’abord qu’il n’existe aucune étude d’efficacité sur les options thérapeutiques possibles des tendinites du dessus du pied.
Parmi ces options, il y a celles qui visent des améliorations à court terme et à long terme.
Les options de traitement à court terme
Les modalités de traitement à court terme pour les tendinites au-dessus du pied sont :
☑️ Le protocole PRICE pour :
P pour « protection »
Pour la tendinite du tibial antérieur, certains proposent une immobilisation plâtrée de la cheville (permettant la marche) pour 2 ou 3 semaines.
Pour les autres tendinites, il s’agit de supprimer ou d’adapter la source externe d’irritation. Desserrer les lacets de ses chaussures, par exemple !
R : pour « repos relatif »
Valable pour toutes les tendinites au-dessus du pied (et plus encore).
Le but est de ne surtout pas s’arrêter de marcher. Il faut trouver la juste dose pour que la douleur soit supportable et diminue progressivement au fil des jours.
I : pour « Ice » (« glace », en anglais)
Appliquer une poche de glace peut aider à soulager la douleur à très court terme.
Surtout intéressant s’il y a une douleur de repos difficile à supporter (« douleur de repos » = douleur sans rien faire de spécial).
C pour « compression »
Porter des bas de contention peut calmer la douleur et réduire le gonflement à court terme.
E pour « élévation »
Comme la compression, surélever son pied quand on est assis ou allongé peut calmer la douleur et diminuer l’œdème à court terme (avec un coussin, un tabouret, etc.).
☑️ Le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens pour diminuer la douleur à court terme.
☑️ Une seule injection ponctuelle de corticoïdes (pas plus) pour réduire la douleur à court terme également.
⚠️ Attention ⚠️ Injecter des corticoïdes comporte un risque de fragilisation des tendons à long terme.
Sources : Simpson, 2009 ; Deu, 2022
Les options de traitement à long terme
Sur le long terme, les meilleures options thérapeutiques sont :
✅ La protection
Si un des facteurs expliquant la tendinite est, par exemple, un mauvais chaussage ou des chaussures trop serrées, il est fondamental d’y remédier.
✅ La remise en contrainte progressive
Cela consiste en :
1️⃣ Adapter, voire remplacer transitoirement l’activité à la source du problème, le temps que la douleur retombe.
À noter qu’il est toujours préférable d’adapter l’activité que de la supprimer complètement.
Par « adapter », j’entends par exemple, s’il s’agit de course à pied, réduire la distance et la vitesse de course, ainsi que la fréquence des séances.
2️⃣ Augmenter à nouveau très progressivement l’activité à l’origine du problème jusqu’au niveau souhaité.
⚠️ Attention : un excès de repos est mauvais pour la cicatrisation d’un tendon. Les tendons ont besoin d’une certaine dose d’activité pour bien cicatriser.
Si les principes énoncés ci-dessus paraissent simples, ils peuvent parfois être assez difficiles à mettre en pratique. Pour ce faire, un kiné peut vous y aider.
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Harkin E, Pinzur M, Schiff A. Treatment of Acute and Chronic Tibialis Anterior Tendon Rupture and Tendinopathy. Foot Ankle Clin. 2017 Dec;22(4):819-831. doi: 10.1016/j.fcl.2017.07.009. Epub 2017 Sep 28. PMID: 29078830.
Hetsroni I, Mann G, Ayalon M, Frankl U, Nyska M. Extensor digitorum longus tendonitis in windsurfing due to footstrap fixation. Clin J Sport Med. 2006 Jan;16(1):74-5. doi: 10.1097/01.jsm.0000181434.95526.a4. PMID: 16377981.
Kobayashi H, Sakurai M, Kobayashi T. Extensor digitorum longus tenosynovitis caused by talar head impingement in an ultramarathon runner: a case report. J Orthop Surg (Hong Kong). 2007 Aug;15(2):245-7. doi: 10.1177/230949900701500226. PMID: 17709872.
Thomopoulos S, Parks WC, Rifkin DB, Derwin KA. Mechanisms of tendon injury and repair. J Orthop Res. 2015 Jun;33(6):832-9. doi: 10.1002/jor.22806. Epub 2015 Mar 2. PMID: 25641114; PMCID: PMC4418182.
Simpson MR, Howard TM. Tendinopathies of the foot and ankle. Am Fam Physician. 2009 Nov 15;80(10):1107-14. PMID: 19904895.
Deu RS, Coslick AM, Dreher G. Tendinopathies of the Foot and Ankle. Am Fam Physician. 2022 May 1;105(5):479-486. PMID: 35559641.
📙 Sources consultées pour construire cet article
Beischer AD, Beamond BM, Jowett AJ, O’Sullivan R. Distal tendinosis of the tibialis anterior tendon. Foot Ankle Int. 2009 Nov;30(11):1053-9. doi: 10.3113/FAI.2009.1053. PMID: 19912714.
Cignetti C, Peng J, McGee A, Lehtonen E, Abyar E, Patel HA, He JK, Naranje S, Shah A. Tibialis anterior tendinosis: Clinical characterization and surgical treatment. Foot (Edinb). 2019 Jun;39:79-84. doi: 10.1016/j.foot.2019.02.006. Epub 2019 Feb 13. PMID: 30978661.
Lemmens L, van Beek N, Verfaillie S. Postoperative results of distal tibialis anterior tendinosis. Foot Ankle Surg. 2020 Dec;26(8):851-854. doi: 10.1016/j.fas.2019.11.005. Epub 2019 Dec 12. PMID: 31870617.
Beischer AD, Beamond BM, Jowett AJ, O’Sullivan R. Distal tendinosis of the tibialis anterior tendon. Foot Ankle Int. 2009 Nov;30(11):1053-9. doi: 10.3113/FAI.2009.1053. PMID: 19912714.
Rédigé par Albin Guillaud
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
Une fois n’est pas coutume, j’écris cet article en m’appuyant plus sur mon expérience et mes recherches de maman plutôt que de kiné !
Vous avez probablement déjà entendu parlé des douleurs de croissance ?
Votre enfant se plaint le soir d’une douleur à une seule jambe ou aux deux jambes ? Ou se réveille la nuit car il a mal aux jambes ?
C’est souvent source d’inquiétude même si c’est un problème bien connu. J’essaie avec cet article de répondre à toutes les questions que vous vous posez sûrement, et de vous rassurer !
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Sommaire
Comment être sûr que c’est bien des douleurs de croissance ? (Symptômes)
Déjà, sachez que les douleurs de croissance sont quelque chose de bien connu et étudié. Déjà décrit et étudié par le corps médical dans les années 1800.
Il existe plus de 300 publications scientifique sur le sujet. On sait donc assez bien les décrire et reconnaître.
Ce graphique montre qu’il existe plus de 300 publications scientifiques indexées dans cette sorte de Google de la médecine, Pubmed
Parfois les douleurs sont très importantes (comme des crampes, voire plus fort) et votre fils ou votre fille crie ou pleure beaucoup. C’est très impressionant, et dans ces moments là, on a beau savoir que ça existe et que ce n’est pas grave, on a très peur de passer à côté de quelque chose de grave.
Comme une tumeur, un cancer (je suis parent, je sais ce que c’est l’angoisse liée aux problèmes de nos enfants !).
Voici les caractéristiques et symptômes des douleurs de croissance qui vous aideront à les identifier :
ce type de douleur est apparu pour la première fois chez votre enfant entre 3 et 6 ans ;
votre enfant a entre 3 et 12 ans (l’âge pic des douleurs de croissance est autour de 8 ans ; mais même les adolescents voire les adultes peuvent être touchés) ;
la douleur est surtout dans les jambes (mais cela peut toucher aussi plus rarement les bras). La douleur est souvent située au niveau du mollet ou le long du tibia. Mais elle peut aussi être localisée à la cheville, au genou ou au pied.
la douleur est dans une seule jambe (environ 20 % des cas) ou dans les 2 jambes (beaucoup plus fréquent) ;
la douleur survient uniquement en fin d’après-midi, le soir ou la nuit, alors que votre enfant n’avait absoluement aucune douleur dans la journée. Il pouvait par exemple sans problème courir ou faire du trampoline quelques heures avant ;
la douleur disparaît le matin ;
la jambe n’est pas visuellement déformée, la peau n’est pas particulièrement dure ou tendue ;
la douleur ne survient pas systématiquement toutes les nuits ;
votre enfant n’a pas d’autres problèmes non expliqués. Il n’a pas par exemple de fièvre, du mal à marcher la journée, des douleurs ailleurs non expliquées, une perte de poids, peu d’appétit, des malaises, des problèmes au niveau de la peau, etc ;
la douleur survient parfois chaque soir ou nuit (5% des enfants), mais plus souvent toutes les semaines (45 %), tous les mois (35 % des enfants) ;
votre enfant n’a pas mal à la suite d’une chute ou d’un accident qu’il a eu le jour même ou quelques jours avant.
Rappelez-vous : même si la douleur semble atroce, ce n’est pas un signe de gravité. Les douleurs de croissance peuvent vraiment causer des douleurs très importantes, sans qu’il y ait quelque chose de plus grave derrière.
Source : Lehman 2017
Les autres maladies qui peuvent causer des douleurs aux jambes la nuit
Tenter de savoir si le mal aux jambes de votre enfant est due à des douleurs de croissance ou à autre chose s’appelle faire un diagnostic différentiel.
En observant votre enfant et en identifiant les symptômes que j’ai décrit précédemment, vous arriverez probablement à vous dire « c’est bon, ça correspond vraiment à des douleurs de croissance« .
Mais si cela n’arrive pas à vous rassurer et que vous consultez un(e) médecin, votre médecin réalisera ce diagnostic différentiel pour être sûr que ce n’est pas autre chose que des douleurs de croissance.
Voici les maladies ou problèmes qui sont beaucoup plus rares que les douleurs de croissance, mais qui causent aussi des douleurs aux jambes.
Type de maladie / problème
Exemples de maladies
Auto-immune / inflammatoire
Arthrite juvénile idiopathique
Arthrite post-infectieuse
Dermatomyosite juvénile
Synovite/enthésite transitoire (éventuellement liée à une maladie inflammatoire de l’intestin)
Les autres causes possibles de douleurs aux jambes chez l’enfant. Rappellez-vous bien que la cause la plus probable est de loin une douleur de croissance !
Source : Lehman 2017
Qu’est-ce qui se passe dans le corps quand on a une douleur de croissance ? (Définition)
Est-ce que les douleurs de croissance sont vraiment des douleurs de « quand on grandit » ?
Les médecins et équipes de recherche ont du mal à se mettre d’accord sur une définition précise des douleurs de croissance, permettant de les diagnostiquer à coup sûr. D’où la longue liste de critère que je vous ai donné.
Voici dans l’ordre les critères qui reviennent le plus pour définir une douleur de croissance :
douleur dans les membres inférieurs ;
en soirée ou la nuit ;
une seule fois ou régulier ;
pas d’autres symptômes observés ;
douleur dans les 2 jambes.
Plus de 80 % des études ne font pas mention de l’âge de début des symptômes, et 93 % n’évoquent pas la croissance !
Source : O’Keeffe 2022
Vous avez probablement dit à votre enfant la chose suivante pendant une crise :
C’est parce que tu grandis !
Un parent qui tente de rassurer son enfant 🙂
Il y a bien une corrélation entre le fait d’avoir des douleurs de croissance et le fait de grandir : on a plus de douleure de croissance à un âge où notre corps grandit.
Mais il n’y a pas de lien causal : on ne grandit pas « plus d’un coup » ou « plus vite ». durant les périodes de douleur de croissance.
Les enfants ne grandissent pas en raison de ces douleurs, mais ils peuvent les ressentir à des moments où leur corps connaît une croissance significative.
Comme il n’existe aucune preuve permettant d’associer les douleurs de croissance à une phase de croissance particulièrement élevée, les médecins ont inventé de nouveaux termes pour désigner cette affection (peu utilisés cependant) (Lehman 2017):
douleurs nocturnes bénignes des membres de l’enfance ;
douleurs récurrentes des membres de l’enfance.
On ne sait pas bien expliquer concrètement ce qui se passe dans le corps et qui déclenche ces douleurs.
Pourquoi un enfant a des douleurs de croissance ? (Causes)
Il y a beaucoup d’hypothèses qui ont été faites et testées pour identifier la cause précise de ces douleurs de croissance. Et pourquoi par exemple, certains enfants en ont souvent et d’autres jamais.
On estime qu’un enfant sur 5 à 1 enfant sur 2 entre 4 et 10 ans a au moins une fois dans sa vie des douleurs de croissance (Lehman 2017).
Mais aucune hypothèse ou théorie n’a été validéeplus qu’une autre.
Voici les causes les plus probables qui expliquent ces douleurs, bien qu’aucune n’ait vraiment été confirmée grâce aux études.
Une sensibilité accrue à la douleur.
Nous ne sommes pas tous et toutes égaux face à la douleur. Certaines personnes pour un même type de stimulus douloureux réagissent très différemment.
Cela est valable aussi chez les enfants.
Il est possible que la constitution osseuse soit aussi différente chez les enfants qui ont plus de douleurs de croissance. Qu’ils et elles aient une plus faible densité osseuse.
Il s’agit d’une simple prédisposition génétique : certaines personnes (et familles) sont plus concernées que d’autres, sans plus d’explication que cela.
L’espèce humaine aurait conservé chez certains individus cette caractéristique car la douleur pourrait avoir un avantage évolutif : elle incite les enfants à rechercher l’attention et les soins de leurs parents, renforçant ainsi les liens familiaux et la survie de la progéniture.
Des facteurs psychologiques tels que l’anxiété se retrouvent aussi probablement plus chez les enfants touchés.
Également, les parents décrivent souvent que les crises sont déclenchées lorsque l’enfant a été particulièrement actif ou active la journée.
Les causes les plus fréquentes de douleur de croissante sont probablement une sensibilité plus importante à la douleur, des prédispositions génétiques, des facteurs psychologiques ou une constitution osseuse différente.
Source : Pavone 2019
Comment soulager la douleur de croissance ?
Déjà, gardez bien en tête qu’un épisode de douleur de croissance ne dure pas trop longtemps et passe tout seul, quoi que vous fassiez.
Au mieux en quelques minutes. Au pire en quelques heures.
Voici ce que conclut une équipe de recherche états-unienne 🇺🇸 qui a récemment synthétisé tout ce qu’on sait des douleurs de croissance.
Il existe une petite étude randomisée contrôlée (36 patients au total) qui montre peut-être des bienfaits à l’étirement des quadriceps, des ischio-jambiers et des mollets.
Cependant, pour la plupart des enfants, le simple fait que les parents massent les zones douloureuses, parfois en utilisant de la chaleur, suffit à soulager la douleur.
Certains patients ont constaté que des analgésiques en vente libre tels que l’ibuprofène ou l’acétaminophène étaient utiles. Des médicaments anti-inflammatoires à action prolongée tels que le naproxène peuvent réduire la douleur nocturne lorsque les parents les administrent les jours d’activité accrue ; cependant, il n’existe aucune donnée pour étayer cette recommandation.
Des orthèses plantaires sont parfois utilisées pour traiter les douleurs de croissance chez les enfants présentant un valgus postérieur du pied, bien que la recherche à ce sujet fasse défaut.
Lehman 2017
Qu’en retenir ?
Certains enfants sont soulagés grâce aux étirements, aux massages réalisés par les parents ou à la chaleur
Sauf contre-indication, la prise de médicament sans ordonnance contre la douleur peut être envisagée.
Il n’est pas recommandé de donner des médicaments (par exemple, des anti-inflammatoires) pour tenter d’éviter les crises.
💡 Voici personnellement ce que vous avons mis en place pour mon fils de 7 ans, qui a très souvent des douleurs de croissance le soir ou la nuit depuis plusieurs années :
il a le droit de venir dormir sur un matelas au pied de notre lit quand une crise commence, et il y passe la nuit ;
on lui met un coussin sous les jambes pour les lui replier (il est mieux ainsi) ;
nous lui caressons / massons / frottons les jambes touchées, selon ses instructions ;
nous lui parlons calmement pour le rassurer, nous lui disons des choses apaisantes ;
si la crise semble vraiment importante, on lui donne du paracétamol.
Et ce que nous avons testé mais abandonné car cela n’a pas fonctionné :
prendre une douche chaude ;
lui masser d’autres parties du corps pour le soulager ;
essayer de lui lire une histoire pour le divertir ;
le faire marcher (empire), le faire se lever.
Nous n’avons rien trouvé permettant de réduire la fréquence ou la durée des crises.
Il me semble qu’elles surviennent plus lorsqu’il a fait une sieste la journée, ou qu’il est très fatigué, mais sans certitude. Mais c’est difficile de jourer là-dessus.
Existe-t-il un traitement définitif des douleurs de croissance ?
Et bien, je peux vous assurer que j’ai bien fouillé le sujet.
Et non malheureusement, il n’existe pas de traitement définitif permettant d’éviter les douleurs de croissance.
Ni pour qu’elles soient moins fréquentes, ni pour qu’elles durent moins longtemps.
Le seul traitement définitif est le temps qui passe !
Quand faut-il consulter un médecin à cause des douleurs de croissance ?
Si votre enfant se plaint souvent de ces douleurs de croissance, vous pouvez bien sûr aborder le sujet avec son médecin généraliste ou pédiatre lors de votre prochaine visite prévue. Votre médecin saura probablement vous rassurer.
Est-ce qu’il faut consulter « en urgence » pour des choses qui laissent penser à des douleurs de croissance aux jambes ?
S’il s’agit bien de douleurs de croissance, l’équipe médical que vous consulter ne pourra rien faire de plus pour vous et votre enfant (à part vous rassurer).
S’il s’agit d’un autre problème, vous aurez normalement identifié d’autres symptômes. C’est seulement en présence d’autres symptômes qu’une consultation médicale semble appropriée.
Mais gardez bien en tête que les douleurs de croissance sont extrèmemement fréquentes. Et qu’il est donc fort probable que votre enfant ait ce problème, plutôt que quelque chose de plus grave.
***
J’espère avoir pu vous rassurer un peu ! Si vous avez une expérience à partager, des remarques, des questions, rendez-vous en commentaire, je suis toujours disponible pour échanger !
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Lehman PJ, Carl RL. Growing Pains. Sports Health. 2017 Mar-Apr;9(2):132-138. doi: 10.1177/1941738117692533. Epub 2017 Feb 8. PMID: 28177851; PMCID: PMC5349398.
Pavone V, Vescio A, Valenti F, Sapienza M, Sessa G, Testa G. Growing pains: What do we know about etiology? A systematic review. World J Orthop. 2019 Apr 18;10(4):192-205. doi: 10.5312/wjo.v10.i4.192. PMID: 31041161; PMCID: PMC6475815.
O’Keeffe M, Kamper SJ, Montgomery L, Williams A, Martiniuk A, Lucas B, Dario AB, Rathleff MS, Hestbaek L, Williams CM. Defining Growing Pains: A Scoping Review. Pediatrics. 2022 Aug 1;150(2):e2021052578. doi: 10.1542/peds.2021-052578. PMID: 35864176.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous avez mal au-dessus du pied, vous vous demandez ce que ça signifie, et comment soulager la douleur ?
Kiné, je vous guide, en m’appuyant sur mon expérience et les études scientifiques 🙂.
Résumé : il existe au moins 28 causes relativement fréquentes de douleur au-dessus du pied. Identifier suite à quoi la douleur est survenue (choc ? Sans raison ?) est un des moyens de trouver la cause. Il s’agit souvent d’une simple surcharge d’activité ; parfois, d’un problème tendineux ; et encore moins fréquemment, d’autres problèmes.
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Sommaire
Quels sont les différents symptômes d’une douleur au-dessus du pied ?
Je vais dans un premier temps revenir sur les ressentis les plus fréquents quand on a mal au-dessus du pied.
En disant à chaque fois les causes les plus probables de cette douleur.
Ressenti
Explication
Douleur sur le dessus du pied en marchant
La marche fait contracter les muscles et fait qu’on met plus de poids sur le pied, ce qui peut déclencher ou augmenter les douleurs, quelque soit leur cause. Il peut s’agir d’un simple syndrome de surchage (vous en avez trop fait) ou tout autre type de cause (voir plus loin).
Dessus pied gonflé et douloureux
Le pied peut gonflé à cause d’un traumatisme, d’une inflammation, d’une allergie, d’un problème de circulation. Ou même juste parce que vous en avez un peu trop fait. Le gonflement n’est pas un très bon signe pour nous en dire plus.
Douleur dessus du pied au repos
Le fait que la douleur survienne au repos ne nous donne pas tellement plus d’indice surla cause possible, toutes les causes que je vais lister après peuvent potentiellement déclencher une douleur au repos
Bosse douloureuse sur le dessus du pied
Si vous n’aviez pas de bosse avant à cet endroit, et que vous n’avez pas eu de traumatisme, cela peut être dû à un problème de circulation (surtout si la bosse est molle), ou ça peut être une exostose, surtout si la bosse est dure. Une exostose est une excroissance osseusse qui apparaît sans qu’on sache trop pourquoi
Brûlures dessus des pieds
Lorsqu’on a des sensations de brûlure ou de picotement, cela peut être dû à un problème au niveau des nerfs (dans le pied voir plus haut ou dans le dos en cas de sciatique). Mais parfois, c’est aussi une simple inflammation qui provoque cette sensation.
Choc dessus du pied
Le choc a pu déclencher une simple contusion, une fracture ou une entorse.
Douleur au dessus du pied la nuit
Les douleurs qui surviennent surtout la nuit sont souvent les douleurs inflammatoires. Donc dues à une inflammation. Mais beaucoup de problèmes au pied peuvent déclencher une inflammation : fracture, entorse, tendinite, arthrose, etc.
Douleur au dessus du gros orteil, douleur dans le haut du pied, douleur derrière le pied au dessus du talon, douleur dessus cheville, douleur tendon au dessus du pied
Quand la douleur est localisée à un endroit précis et augmente lors de la marche ou lorsque vous bougez le pied vers le haut, il est possible que ce soit un problème tendineux au niveau du tendon qui passe à cet endroit. Douleur au dessus du gros orteil : problème de tendinite du releveurdu gros orteil (assez fréquent) Douleur dans le haut du pied, tendon au dessus-du pied : problème du long extenseurdes orteils Douleur derrière le pied au dessus du talon : problème au tendon d’achille (tendinite ou rupture partielle ou totale du tendon d’achille)
Mal au dessus du pied au réveil
Douleur ressentie sur la partie supérieure du pied dès le réveil, pouvant être liée à des problèmes articulaires, musculaires ou à d’autres conditions médicales.
Mal au pied gauche ou droit
Le fait que ce soit votre pied gauche ou droit qui soit concerné par la douleur ne donne pas d’indice de plus sur la cause possible.
Veine gonflée dessus pied douleur
Une veine peut gonfler ponctuellement plus que d’habitude sans forcément un problème spécifique. Par exemple à cause de la chaleur ou d’une activité physique plus intense.
Course à pied douleur dessus pied
Les douleurs au-dessus du pied sont très fréquentes en course à pied. Cela peut être dû simplement au frottement d’une chaussure trop serrée sur le dessus. Ou à une surcharge d’entrainement. Moins souvent, à un problème tendineux ou à une fracture de fatigue.
Ressenti les plus fréquents lorsqu’on a une douleur au-dessus du pied et significations potentielles
Il est bien sûr très difficile d’identifier la cause d’une douleur juste sur la base de son ressenti.
Je vais vous donner plus loin plus de pistes pour essayer d’identifier par vous-même la signification de cette douleur.
D’abord, je vais détailler les causes les plus fréquentes de douleur sur le dessus du pied.
Quelles sont les 28 significations les plus fréquentes de douleur au-dessus du pied ?
Pour déterminer les causes les plus fréquentes de douleur sur le pied, je me suis basée sur 3 choses :
ma propre expérience de kiné ;
les mots clés les plus tapés par les internautes sur Google en lien avec « douleur au dessus du pied » ;
quelques publications scientifiques (liens en fin d’article).
Sachez que ce type de problème est très fréquent : jusqu’à 8 % des personnes qui consultent un(e) médecin généraliste le font à cause d’une douleur au pied (Gates 2019) !
Et lorsqu’on demande au hasard dans la population si les gens ont eu mal au pied dans le moi qui précède, on constate selon les études quue 13 à 36 % des gens répondent oui (Gates 2019) !
Voici donc ces 30 causes probablement les plus fréquentes :
Causes de douleur au-dessus du pied
Qu’est-ce que c’est ?
🥇 Réaction à une surcharge d’activité physique
Une réponse du corps à une sollicitation excessive, résultant en une inflammation passagère. Par exemple, parce que vous avez passé beaucoup plus de temps debout, à marcher ou à courir : vous avez augmentez trop vite votre niveau d’activité par rapport à ce que votre pied pouvait supporter.
🥈 Frottement, irritation passagère
Généralement causée par des chaussures inconfortables, provoquant une irritation temporaire.
Fracture du métatarse
Une rupture de l’os métatarsien (on en a 5, le long de chaque orteil), généralement due à un traumatisme ou à une surcharge. La plus fréquente : la fracture du 5ème métatarse du pied.
🥉 Tendinite d’un ou plusieurs muscles extenseurs du pied
Blessure ligamentaire (d’un autre ligament que ceux au niveau de la cheville)
Lésion des ligaments, autres que ceux de la cheville. Par exemple, entorse de Lisfranc, de Chopart
🥉 Métatarsalgies
Douleur et inflammation dans la région des métatarsiens, souvent due à une pression excessive ou à une surcharge. Sans qu’il y ait de réel problème osseux/tendineux
🥉 Arthrite, arthrose
Inflammation des articulations ou usure du cartilage
Accumulation de cristaux d’acide urique dans les articulations / Atteinte articulaire dans le cadre d’une polyarthrite rhumatoïde ou d’une spondylarthrite ankylosante
Syndrome du compartiment
Augmentation de la pression dans les compartiments musculaires, provoquant une douleur due à un manque de circulation.
Compression du nerf tibial postérieur, provoquant une douleur et un engourdissement.
Les causes les plus fréquentes de douleur au-dessus du pied
Vous êtes un peu perdu face à toutes ces causes possibles ?
Je vais essayer de vous guider pour mieux identifier la cause de VOTRE douleur au dessus du pied.
Comment savoir ce que j’ai au pied dans mon cas ?
Voici les questions à vous posez pour mieux identifier la cause la plus probable de votre douleur au pied.
1️⃣ Depuis quand avez-vous mal ? Et suite à quoi ?
Quelques jours ? Quelques semaines ? Des mois, des années, mais ça fluctue ?
En vous posant cette question, vous arrivez probablement à identifier mieux si un ou plusieurs événements ont pu déclencher cette douleur.
Voici les plus fréquents :
vous avez eu un choc sur le pied : vous avez peut-être une simple contusion (ne nécessite pas de traitement particulier), plus rarement une fracture ;
vous vous êtes tordu la cheville : vous avez peut-être une entorse de cheville
vous avez changé de chaussure : certaines chaussures frottant sur le dessus du pied peuvent déclencher une simple inflammation ;
vous avez changé vos habitudes de vie : plus de sport, changement de travail, plus de temps passé debout chez vous, etc. Dans ce cas, il est possible que vous ayez une simple surcharge, ou un problème tendineux (tendinite, tendinopathie). Plus rarement, une fracture de fatigue.
vous n’arrivez pas à identifier un élément déclencheur particulier ? Ce n’est probablement pas tout ce que j’ai listé en 1, 2, 3 et 4.
2️⃣ Est-ce que vos douleurs augmentent voire se déclenchent uniquement quand vous bougez beaucoup le pied ou que vous faites de la marche ou du sport ?
Il est plus probable dans ce cas que vous ayez un problème tendineux (tendinite, tendinopathie), ou une simple surcharge.
L’arthrose peut aussi déclencher des douleurs qui surviennent surtout lorsqu’on est actif ou active.
3️⃣ Est-ce que vous avez une bosse ou une déformation visible au niveau des orteils ou sur le pied ?
Dans ce cas, il est plus probable que vous ayez un oignon au pied, une exostose, ou une des différentes déformations du pied que j’ai cité plus haut.
Quand faut-il consulter pour une douleur au-dessus du pied ?
Très souvent en naviguant sur internet ou en lisant des magazines, vous allez tomber sur des articles qui disent quelque chose comme “en cas de doute ou d’inquiétude, consultez votre médecin”.
Mon but ici n’est pas de répéter cette formule lue partout, même si je comprends que beaucoup de rédacteurs et rédactrices santé et médicaux l’emploient. Mais d’être la plus précise possible pour vous conseiller sur quand consulter ou non.
1. Dans l’immense majorité des cas, une douleur sur le dessus du pied non survenue suite à un choc, une chute ou un traumatisme ne nécessite pas de consulter rapidement.
Vous pouvez simplement évoquer le sujet avec votre médecin traitant lors d’une prochaine visite prévue pour autre chose, si cela vous inquiète encore à ce moment là.
2. D’autres symptômes associés à cette douleur du pied peuvent au contraire vous inciter plus à consulter, sans urgence.
Ces symptômes sont :
si vous avez des grandes difficultés à marcher en prenant appui sur le pied, ou si vous êtes instable, ou si la marche est extrêmement douloureuse ;
si vous avez de la fièvre inexpliquée par une maladie en cours comme une grippe ou un gros rhume ;
si votre peau a changé rapidement de couleur, est devenue violacées ou très rouge ;
si vous avez perdu beaucoup de poids ces derniers temps ou que vous vous sentez vraiment dans un mauvais état général.
Comment soulager et soigner une douleur au-dessus du pied ?
Il y a en gros 2 grandes pistes d’action pour traiter une douleur au pied :
identifier sa cause, traiter sa cause ;
soulager simplement les symptômes (la douleur, le gonflement), quelque soit la cause.
Il existe une quasi-infinité de traitements médicaux ou chirurgicaux, d’approches non médicamenteuse ou remèdes de grand mère proposés pour soulager les douleurs au pied.
Certains font l’objet d’évaluation dans des études cliniques sur l’adulte ou sain ou dans le cadre de pathologies, d’autres non.
Liste des solutions pour soulager les douleurs sous le pied
Voici un aperçu de ces traitements souvent suggérés par des professionnels :
porter une attelle/orthèse, se faire poser un strapping ou un autre bandage compressif ;
installer sa jambe en déclive (pied plus haut que le cœur), les sur-élever ;
éviter la position statique debout prolongée, la marche trop dynamique, ou tout autre activité aggranvant les douleurs ;
prendre des médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires ;
faire des mouvements réguliers de la cheville, surtout en flexion dorsale et plantaire ;
faire une infiltration (corticoïdes, acide hyaluronique, etc.) ;
recourir à une opération chirurgicale ;
appliquer des huiles essentielles, ou une crème.
Etc, etc.
Comment choisir parmi cette liste (qui plus est, incomplète) ? Doit-on tester un à un tous les traitements, en essayer plusieurs en même temps ?
Ce que je recommande de faire
Voici comment j’ai l’habitude de raisonner pour moi-même et mes patient(e)s dans ces situations où il y a beaucoup de traitements possibles, mais peu qui semblent se démarquer de manière significative.
Je choisis en fonction de ces 4 critères (les votres seront peut-être différents !) :
☑️ maximum d’efficacité (théorique / empirique) ; ☑️ minimum d’effets secondaires ; ☑️ minimum de coût (en temps, en énergie, en argent) ; ☑️ minimum de dépendance d’une tierce personne ou d’un matériel.
Cela me fait par exemple d’office éliminer les gestes invastifs comme les infiltrations : aucune preuve d’une efficacité significative par rapport à un placebo, geste coûteux à mettre en place et risque d’effet secondaire comme l’infection.
J’élimine aussi les ondes de choc car le mécanisme d’action théorique sur la douleur est peu cohérent, et que cela nécessite d’aller chez un professionnel équipé, ou de s’équiper soi même avec un matériel coûteux.
Ainsi, mon appréciation de chacun des traitements énumérés (et de la littérature scientifique qui leur est consacrée) me fait privilégier cette conduite en cas de douleur au pied (toute cause confondue) :
prendre un (et un seul) avis médical pour affiner le diagnostic si la douleur dure plus de quelques jours et m’inquiète ;
identifier des chaussures dans lesquels je suis plus à l’aise ;
identifier les activités qui augmentent la douleur et diminuer leur fréquence ou intensité ;
ré-incoporer plus progressivement toute activité physique sollicitante pour le pied
avoir confiance sur le fait que les choses peuvent rentrer dans l’ordre petit à petit, quoi qu’on fasse.
Vous serez peut-être surpris(e) face à mes préconisations. Peut-être qu’on vous a recommandé tel ou tel autre traitement. Souvent :
les kinés vont vous recommander des exercices, des ondes de choc, de la pressothérapie, etc. ;
les rhumatologues des médicaments ou des infiltrations ;
les chirurgiens une intervention sous anesthésie ;
les ostéopathes une séance d’ostéopathie.
Quel est le point commun ? Chaque professionnel de santé va vous recommander plutôt quelque chose qu’il pratique lui-même.
C’est un élément à prendre en compte lorsque vous consultez tel ou tel professionnel 🙂.
J’espère vous avoir donné quelques pistes pour mieux identifier la signification de votre douleur au pied, et que faire. Si vous avez des questions, rendez-vous en commentaire !
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Gates LS, Arden NK, Hannan MT, Roddy E, Gill TK, Hill CL, Dufour AB, Rathod-Mistry T, Thomas MJ, Menz HB, Bowen CJ, Golightly YM. Prevalence of Foot Pain Across an International Consortium of Population-Based Cohorts. Arthritis Care Res (Hoboken). 2019 May;71(5):661-670. doi: 10.1002/acr.23829. PMID: 30592547; PMCID: PMC6483849.
Edenfield KM, Michaudet C, Nicolette GW, Carek PJ. Foot and Ankle Conditions: Midfoot and Forefoot Conditions. FP Essent. 2018 Feb;465:30-34. PMID: 29381043.
Park CH, Chang MC. Forefoot disorders and conservative treatment. Yeungnam Univ J Med. 2019 May;36(2):92-98. doi: 10.12701/yujm.2019.00185. Epub 2019 May 14. PMID: 31620619; PMCID: PMC6784640.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Quels sont les dangers à utiliser une couverture lestée ? En résumé, disons qu’à part pour les très jeunes enfants, il ne semble pas y avoir de dangers.
Pour plus de détails, je vous invite à lire le reste de cet article.
Bonne lecture ! 🙂
(Des questions, remarques ou expériences à partager ? N’hésitez pas à utiliser la section commentaires en fin d’article ! 🙏)
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Sommaire
Les différentes termes pour parler de couvertures lestées
On peut trouver de nombreux termes différents pour parler des couvertures lestées :
couette pondérée ou couverture pondérée ;
couette lestée ou couverture lestée ;
couette gravité ou couverture gravité ;
couette lourde ou couverture lourde ;
couverture thérapeutique ;
couverture de lestage ;
plaid lesté ;
Etc.
Dans tous les cas, il s’agit du même type de produit : une couverture qui pèse plus lourd qu’une couverture standard (voir sur Amazon).
Autrement dit, nul besoin des chercher s’il y a des diffférences fondamentales entre tous ces types de couette et couverture : c’est tout la même chose !
Combien ça pèse une couverture lestée ?
Les fabriquants recommandent d’utiliser une couverture d’un poids équivalent à environ 10 % de votre poids. Par exemple :
votre poids est de 50 kg 👉🏼 couverture de 5 kg ;
votre poids est de 60 kg 👉🏼 couverture de 6 kg ;
votre poids est de 70 kg 👉🏼 couverture de 7 kg ;
Etc.
Quelle est l’action des couvertures lestées ?
Comment ça marche une couverture lestée ? Quelle est son action sur le corps humain ?
D’après les fabricants, ce type de couverture va :
1) exercer une pression sur votre corps supérieure à la pression d’une couverture standard ;
2) stimuler certains capteurs de votre peau à la façon dont le ferait un câlin ;
3) ces capteurs transmettent l’information au cerveau, qui libèrent alors des hormones impliquées dans la bonne régulation du bien-être et du sommeil.
L’histoire paraît belle. Est-elle vraie pour autant ? C’est que je j’examine un peu plus bas.
Pourquoi utiliser une couverture lestée ?
Les études scientifiques portant sur l’efficacité des couvertures lestées donnent une idée des situations dans lesquelles cet outil est utilisé :
⚫ Réduire l’anxiété dans une situation stressante, par exemple :
pendant la délivrance d’une chimiothérapie à l’hôpital ;
au cours de soins dentaires ;
lors de situations d’attente aux urgences ;
Etc.
⚫ Diminuer l’anxiété chez des personnes atteintes de troubles psychiatriques.
⚫ Améliorer des problèmes d’insomnies, et plus généralement de troubles du sommeil.
Un petit nombre d’études montre un effet dans des situations spécifiques. Aucune étude n’existe pour l’anxiété de la vie de tous les jours dans la vie de tous les jours.
➡️ Insomnies et troubles du sommeils
Les quelques études disponibles sur le sujet ne sont pas concluantes.
➡️ Douleurs chroniques
Il n’existe qu’une étude sur le sujet. Aucun effet sur les douleurs après 7 jours d’utilisation de la couverture. Cependant, les personnes vivaient mieux leurs douleurs.
Avant ses 12 mois, il est déconseillé de faire dormir un enfant avec une couverture, lestée ou non, en raison du risque d’étouffement ou de mort subite du nourrisson.
(En tant que parent, par précaution, j’aurais tendance à largement étendre cette période !)
À une couverture, on préférera une gigoteuse ou turbulette (voir sur Amazon).
À noter que les gigoteuses et turbulettes lestées existent, mais ne sont pas recommandées non plus [NBC News]. Elles pourraient en effet :
gêner la respiration des enfants ;
réduire leurs apports en oxygène ;
et en bout de course affecter leur développement cérébral.
Source : Académie américaine de pédiatrie, 2023 (via NCB News).
Pour les autres catégories d’âge, à ce jour aucun effet indésirable particulier des couvertures lestées n’a été reporté dans la littérature scientifique.
Ainsi, pour un enfants de quelques printemps, un adolescent, ou un adulte, il ne semble pas à y avoir de dangers à utiliser une couverture lestée.
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Ohene R, Logan C, Loresto F, Watters A, Eron K, Markovchick T, Mehler PS. Assessing the Impact of Weighted Blankets on Anxiety Among Patients With Anorexia Nervosa and Avoidant- Restrictive Food Intake Disorder: A Randomized Controlled Trial. Am J Occup Ther. 2022 Nov 1;76(6):7606205100. doi: 10.5014/ajot.2022.049295. PMID: 36622934.
Odéus E, Pauli E, Steingrímsson S, Cederlund M, Franzén S, Helgesson C, Nyström K, Sondell J, Opheim A. Weighted blankets for sleep problems – prescription, use and cost analysis. Scand J Occup Ther. 2022 May 2:1-11. doi: 10.1080/11038128.2022.2066017. Epub ahead of print. PMID: 35500251.
Baumgartner JN, Quintana D, Leija L, Schuster NM, Bruno KA, Castellanos JP, Case LK. Widespread Pressure Delivered by a Weighted Blanket Reduces Chronic Pain: A Randomized Controlled Trial. J Pain. 2022 Jan;23(1):156-174. doi: 10.1016/j.jpain.2021.07.009. Epub 2021 Aug 20. PMID: 34425251.
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
Kiné, je vous délivre les 7 choses qui me semblent essentielles à savoir avant ou après recourir à des injections d’acide hyaluronique dans le genou.
Et plus précisément, quels bienfaits en attendre, et quel repos respecter après.
En me basant comme à mon habitude sur des recherches approfondies dans les études médicales internationales, en plus de ma propre expérience.
Résumé : si vous n’avez pas encore eu d’injection, sachez que les publications scientifiques de meilleure qualité concluent à une mauvaise balance bénéfice/risque des injections d’acide hyaluronique en cas d’arthrose du genou, depuis plus de 10 ans.
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique. Merci à Alain V, un de mes lecteurs, qui m’a suggéré à bon escient d’écrire à ce sujet.
Je résumé cet article au format vidéo sur ma chaine Youtube 🙂
Qu’est-ce que c’est vraiment une injection d’acide hyaluronique dans le genou ?
Il existe plusieurs types d’injections qu’on peut faire dans le genou. Voici les 4 principales :
les injections de corticostéroïdes (cortisone),
les injections d’acide hyaluronique,
les injections locales de lidocaïne ou Xylocaïne,
les injections de plasma riche en plaquette (PRP).
Dans cet article, je me focalise sur les injections d’acide hyaluronique.
D’où vient l’acide hyaluronique qu’on injecte ?
L’acide hyaluronique est une substance naturelle que l’on trouve dans nos articulations et dans notre peau.
Lorsqu’il est injecté dans le genou, il agit comme un lubrifiant pour chercher à réduire la douleur et à améliorer la mobilité. (On verra plus loins si ça marche vraiment.)
Une grande partie de l’acide hyaluronique injecté est fabriquée de manière synthétique en laboratoire. Ce type d’acide hyaluronique est produit par des processus de bioingénierie qui permettent de créer une substance qui est similaire à celle produite naturellement par le corps humain.
Une autre source historique d’acide hyaluronique était l’extraction à partir de la crête de coqs 🐓. Cette méthode est moins courante de nos jours en raison de préoccupations éthiques et de la possibilité de réactions allergiques.
Pourquoi on fait des injections d’acide hyaluronique ?
Le plus souvent, l’acide hyaluronique est injectée en cas d’arthrose du genou (gonarthrose fémoro-tibiale ou gonarthrose fémoro-patellaire pour les termes médicuax !).
C’est la même substance qui est aussi utilisée en médecine et chirurgie esthétique. Par exemple, contre les rides.
Plus rarement, on propose aussi ces injections en cas de problème au ménisque, au cartilage, d’inflammation du genou sans cause précise, ou d’autres problèmes au genou comme une synovite.
Viscosupplémentation du genou : c’est la même chose ?
La viscosupplémentation du genou est un type particulier d’injection d’acide hyaluronique. C’est tout simplement le nom qu’on donne à ces injections quand elles sont faites en cas d’arthrose du genou.
Qu’on appelle ça « viscosupplémentation » ou « injection d’acide hyaluronique », c’est la même substance qui est injectée. Le même déroulement, les mêmes effets, les mêmes suites.
Comment se passe une injection d’acide hyaluronique dans le genou ?
Ce sont souvent les médecins du sport ou les rhumatologues qui pratiquent ces injections.
Voici comment se déroule concrètement l’injection :
votre médecin désinfecte la zone ;
parfois, une anesthésie locale est réalisée ;
votre médecin insère une fine aiguille dans l’articulation du genou, et injecte l’acide hyaluronique directement dans l’articulation ;
vous rentrez tout de suite après chez vous, avec quelques consignes.
La quantité d’acide hyaluronique et le nombre d’injections peuvent varier en fonction de la marque du produit, mais aussi de shabitudes de pratique de votre professionnel(le) de santé.
Quels sont les effets prouvés d’une injection d’acide hyaluronique dans le genou ?
Les injections d’acide hyaluronique sont quelque chose d’assez bien étudié dans des études. Ces études comparent l’évolution des personnes qui ont eu ces injections VS celles qui n’ont rien eu, un placebo ou eu un autre traitement.
Cela permet d’être un peu plus sûr que l’éventuelle amélioration constatée (ou les effets secondaires) sont dûs à l’injection et pas à autre chose. Par exemple, au fait que les symptômes fluctuent avec le temps, qu’on qu’on fasse !
Voici un aperçu des études sur les effets des injections d’acide hyaluronique en cas d’arthrose du genou, répertoriées dans le « Google des études médicales », Pubmed.
Plus de 300 études sur les injections d’acide hyaluronique en cas d’arthrose du genou, les premières datant des années 1990.
Que disent les études sur les effets des injections d’acide hyaluronique ?
Quand il y a beaucoup d’études sur un sujet, certaines équipes de recherche publient des grosses synthèses de ces études. En sélectionnant les plus fiables.
Dans le tableau ci-dessous, je résume justement le résultat des dernières synthèses d’études réalisées sur les injections d’acide hyaluronique.
Puis, je vous dis ce que j’en retiens.
Pour quel problème
Conclusions de l’équipe de recherche
Référence
Arthrose du genou (21 163 personnes inclues)
Des preuves concluantes solides indiquent que la viscosupplémentation entraîne une légère réduction de la douleur de l’arthrose du genou par rapport à un placebo, mais la différence est inférieure à la différence minimale cliniquement importante entre les groupes. Des preuves concluantes solides indiquent également que la viscosupplémentation est associée à un risque accru d’événements indésirables graves par rapport à un placebo. Les résultats ne soutiennent pas une utilisation généralisée de la viscosupplémentation pour le traitement de l’arthrose du genou.
🇨🇦 🇬🇧 🇨🇭 🇨🇳 Pereira 2022
Arthrose du genou
Dans la majorité des études, l’acide hyaluronique (HA) a été administré en une seule injection (52,6 % des études) ou en trois injections hebdomadaires (28,9 % des études). Les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique ont un rôle limité dans le traitement de l’arthrose du genou chez les patients qui n’obtiennent pas un soulagement suffisant de la douleur avec des médicaments topiques ou par voie orale et la kinésithérapie. Elles sont sûres et efficaces, à l’exception d’effets secondaires mineurs tels que des douleurs locales et un gonflement de courte durée. Les réactions allergiques graves sont extrêmement rares. Elles procurent un soulagement adéquat de la douleur et une amélioration fonctionnelle pendant jusqu’à six mois, indépendamment du nombre d’injections et du type de préparations utilisées.
🇦🇪 Chavda 2022
Personnes sportives avec lésions dégénératives du cartilage ou arthrose de genou
Les preuves cliniques disponibles restent limitées, avec seulement quelques études publiées et un niveau de preuve globalement faible.
🇮🇹 Marziani 2023
Injection après arthroscopie du genou
Bien que l’injection d’acide hyaluronique après une chirurgie du genou par arthroscopie soit sûre, les preuves disponibles ne soutiennent pas son efficacité pour le soulagement de la douleur et la récupération fonctionnelle
🇨🇳 Mao 2023
Arthrose du genou
Les conflits d’intérêts des investigateurs (et le financement des études) n’ont pas influencé de manière significative la fréquence des résultats favorables ni le niveau de preuve des études
Via 2023 🇺🇲
Arthrose du genou
D’un point de vue du système de santé, les données montrent pour les injections d’acide hyaluronique un profil de coûts favorable, une réduction de l’utilisation d’opioïdes et de corticostéroïdes, ainsi qu’un retard dans la nécessité de recourir à une prothèse totale du genou comparé à la prise d’anti-inflammatoire ou de corticostéroïde. Cela est surtout valable lors de l’arthrose débutante.
Ranawat 2023 🇺🇲
Les principales synthèses d’études sur les injections d’acide hyaluronique / viscosupplémentation du genou (en date de 2023)
Je vous l’accorde, ça fait beaucoup d’infos, et certaines contradictoires.
Voilà ce que j’en retiens, et pourquoi.
Face à des données contradictoires de ce type (certaines synthèses concluant à un intérêt, d’autres non), les résultats les plus sceptiques rencontrent plus mon adhésion.
Cela veut dire que j’accorde plus ma confiance aux publications qui constatent une balance bénéfice/risque défavorable des injections d’acide hyaluronique pour le genou, au niveau individuel.
Pourquoi ? Pour au moins ces 2 raisons :
les études qui concluent que les injections d’acide hyaluronique n’ont pas un effet cliniquement significatif sur l’arthrose du genou s’appuient sur une analyse plus prudente des données ;
les résultats négatifs ont moins de chances d’être publiés que les résultats positifs. Cela peut conduire à une surestimation de l’effet d’un traitement. C’est un biais bien connu en recherche, le biais de publication.
Ce biais a d’ailleurs été mis en évidence spécifiquement pour les études sur les injections d’acide hyaluronique dans le genou :
Nous avons trouvé des preuves de la non-publication de nombreux essais financés par l’industrie, malgré leur puissance statistique adéquate.
Pereira 2022
Je ne suis pas la seule à adopter cette approche.
C’est le cas par exemple de la revue médicale Prescrire, la seule revue de médecine française indépendante de l’industrie et de l’État. Revue dont je suis d’ailleurs une des nombreuses relectrices, depuis 2018.
Voici ce qu’elle dit à propos des injections d’acide hyaluronique dans le genou
Arthrose du genou : éviter l’acide hyaluronique intra-articulaire
Les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique soulagent au mieux modestement les patients souffrant d’arthrose du genou, au prix de réactions locales, et parfois d’effets indésirables graves.
Prescrire, 2013
Bien sûr, si vous réfléchissez à l’intérêt des injections pour VOUS, vous êtes la seule personne à pouvoir trancher sur l’intérêt pour vous. Peut-être que pour vous, ces petits bénéfices possibles vallent les potentiels risques pris.
Nous n’évaluons pas tous et toutes de la même façon la balance bénéfice/risque.
Sachez qu’en moyenne, les personnes recevant une infiltration d’acide hyaluronique au genou évaluent leur douleur 5 points de moins que les personnes recevant un placebo, sur une échelle allant de 0 à 100.
Par exemple :
des gens recevant un placebo vont dire avoir mal à 35/100
les personnes recevant les injections vont avoir mal à 30/100
Est-ce qu’on peut s’attendre à un changement dans ces conclusions si de nouvelles études sont conduites ? Clairement, non. Voici ce que dit une équipe de recherche a ce sujet :
il y a eu une augmentation spectaculaire du nombre d’essais cliniques après 2009, alors que des preuves suffisantes étaient déjà disponibles pour réfuter les avantages de la viscosupplémentation au-delà de ceux obtenus avec un placebo.
Pereira 2022
Une seule injection d’acide hyaluronique dans le genou suffit ?
Une seule injection d’acide hyaluronique dans le genou peut suffire.
Certaines études évaluent si justement l’efficacité des injections sur la douleur ou d’autres paramètres est influencée par le nombre d’injections reçues.
Il semble que non (Chavda 2022).
Souvent, votre médecin vous proposera tout de même d’autres injections s’il n’y a pas d’effet après la première.
Au bout de combien de temps y a-t-il un effet de l’injection ?
Les personnes qui se sentent soulagées après une infiltration au genou le sont généralement au bout de quelques jours, maximum quelques semaines.
Les effets de l’injection durent au mieux 6 mois (même si vous avez eu plusieurs injections).
Source : Chavda 2022
Quand et pourquoi l’infiltration ne marche pas ?
Le principal facteur établi d’une moindre efficacité des infiltrations est le fait d’avoir de l’arthrose de genou déjà à un stade très avancé.
Cependant, même les personnes ayant peu d’arthrose peuvent ne pas ressentir d’amélioration. C’est pour cela que l’une des principales synthèse des études sur le sujet ne recommande pas le recours aux infiltrations d’acide hyaluronique dans le genou pour de l’arthrose.
Est-ce normal d’avoir mal au genou après une injection d’acide hyaluronique ?
Il est fréquent et non alarmant d’avoir des douleurs après une injection d’acide hyaluronique. Même si vous faites partie des personnes sur qui à terme l’injection « va marcher », et soulager un peu plus que la moyenne.
Pourquoi ?
Voici quelques-unes des raisons possibles :
Réaction inflammatoire : l’injection elle-même peut provoquer une légère irritation et une réaction inflammatoire locale dans l’articulation du genou. Cette réaction peut entraîner une douleur temporaire (quelques heures ou quelques jours).
Expansion du liquide synovial : l’acide hyaluronique est injecté directement dans l’articulation du genou. Comme il y a plus de liquide, cela peut exercer une pression sur les tissus environnants, provoquant une sensation de tension et de douleur temporaire.
Beaucoup plus rarement, il peut s’agir d’un effet secondaire lié à une allergie ou à une infection.
Y a-t-il des effets secondaires après une injection d’acide hyaluronique au genou ? Danger ?
Les effets secondaires possibles des injections d’acide hyaluronique dans le genou et leur fréquence sont assez bien connus, puisqu’il y a des centaines d’études sur le sujet. En plus des cas rapportés en dehors des études cliniques.
3.7% des personnes recevant une viscosupplémentation avaient un effet secondaire qualifié de sévère, contre 2.5% dans le groupe placebo.
Voici les effets secondaires catégorisés comme sévères survenant le plus chez les gens qui ont une injection d’acide hyaluronique pour de l’arthrose du genou, par rapport aux gens recevant un placebo (Pereira 2022).
Catégorie
Terme médical
Explication simple
Troubles digestifs
Diverticulite
Inflammation des petites poches dans la paroi du côlon, appelées diverticules.
Œsophagite
Inflammation de l’œsophage, le tube qui transporte la nourriture de la bouche à l’estomac.
Cholécystite
Inflammation de la vésicule biliaire, l’organe qui stocke la bile produite par le foie.
Problèmes métaboliques
Hyperglycémie
Niveau élevé de sucre dans le sang, souvent lié au diabète.
Problèmes cardiaques
Fibrillation auriculaire
Rythme cardiaque irrégulier.
Insuffisance cardiaque congestive
Incapacité du cœur à pomper efficacement le sang.
Problèmes circulatoires
Thrombose veineuse profonde
Formation d’un caillot sanguin dans une veine profonde du corps.
Problèmes respiratoires
Pneumonie
Infection des poumons.
Problèmes pulmonaires
Asthme
Maladie chronique des voies respiratoires caractérisée par des épisodes de respiration difficile.
Problèmes de la prostate
Troubles de la prostate
Diverses affections affectant la prostate, une glande dans le système reproducteur masculin.
Problèmes cancéreux
Carcinome
Type de cancer qui se développe à partir de cellules épithéliales.
Problèmes de la vésicule biliaire
Cholécystite
Inflammation de la vésicule biliaire.
Les effets secondaires survenant le plus chez des personnes après une infiltration du genou pour de l’arthrose
Comme vous l’avez constaté, des effets de ce type surviennent aussi chez les gens recevant un placebo. C’est pour cela qu’il n’y a pas forcément de lien causal établit entre la réalisation de l’injection et l’évènement (un tel lien est quelque chose de très dur à établir).
Ces effets secondaires restent donc rare. Les effets secondaires plus fréquents après une injection d’acide hyaluronique dans le genou sont :
Peut on faire du sport après une injection d’acide hyaluronique genou ?
Oui, c’est le même raisonnement.
Si vous êtes habitué à faire du sport régulièrement, aucun problème pour reprendre dans les jours qui suivent l’injection, si vous vous sentez.
Par contre, si vous comptez justement sur l’injection pour vous remettre au sport, et que vous n’en n’avez pas fait depuis des années, il faudre bien sûr commencer très progressivement.
Mais ce conseil est valable même si vous n’avez pas eu d’injection d’acide hyaluronique !
Quel remboursement en France des injections d’acide hyaluronique dans le genou ?
De nos jours, les injections d’acide hyaluronique dans le genou ne sont plus remboursées par l’Assurance maladie (= la sécurité sociale) en France.
Dès la première injection, vous payez de votre poche (ou votre mutuelle / complémentaire santé) à votre place.
Mais de nombreuses mutuelles prennent en charge en partie ou en totalité ces injections. Cela dépend de la mutuelle et du contrat.
Pour savoir si vous êtes concerné, vous pouvez demander un devis à votre professionnel(le) de santé, et faire suivre ce devis à votre mutuelle. Celle-ci vous répondra sur le remboursement.
Dans certains cas, votre médecin peut aussi faire une demande d’accord préalable à l’Assurance maladie pour que vous obteniez une prise en charge partielle ou totale. Seul votre médecin saura vous renseigner à ce sujet !
Combien coûte une injection ? Il faut prendre en compte :
le coût du produit ;
le coût de la consultation.
En général, une injection d’acide hyaluronique coûte une centaine d’euros par genou.
(Auparavant, la base de remboursement par l’assurance maladie était de 114 euros pour 3 seringues d’acide hyaluronique.)
Source : LPP
Que faire à la place d’une injection d’acide hyaluronique dans le genou ?
En parcourant mon site, vous trouverez de nombreux articles sur différentes pathologies pour lesquelles on a parfois recours aux injections. Ces articles balayent en général les différents types de traitements existants.
Si vous êtes surtout gêné par de l’arthrose au genou, je vous conseille cet article sur la gonarthrose fémoro-tibiale (la forme la plus fréquente d’arthrose du genou).
Encore des questions ? Une expérience à partager, un point de vue à exprimer ? Rendez-vous en commentaire 🙂 !
Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :
Pereira TV, Jüni P, Saadat P, Xing D, Yao L, Bobos P, Agarwal A, Hincapié CA, da Costa BR. Viscosupplementation for knee osteoarthritis: systematic review and meta-analysis. BMJ. 2022 Jul 6;378:e069722. doi: 10.1136/bmj-2022-069722. PMID: 36333100; PMCID: PMC9258606.
Chavda S, Rabbani SA, Wadhwa T. Role and Effectiveness of Intra-articular Injection of Hyaluronic Acid in the Treatment of Knee Osteoarthritis: A Systematic Review. Cureus. 2022 Apr 26;14(4):e24503. doi: 10.7759/cureus.24503. PMID: 35651409; PMCID: PMC9135165.
De Marziani L, Sangiorgio A, Bensa A, Boffa A, Andriolo L, Filardo G. Intra-articular injections in sport-active patients with degenerative cartilage lesions or osteoarthritis of the knee: a systematic review. J Exp Orthop. 2023 Nov 8;10(1):112. doi: 10.1186/s40634-023-00674-0. PMID: 37938446.
Mao B, Pan Y, Zhang Z, Yu Z, Li J, Fu W. Efficacy and Safety of Hyaluronic Acid Intra-articular Injection after Arthroscopic Knee Surgery: A Systematic Review and Meta-analysis. Orthop Surg. 2023 Jan;15(1):16-27. doi: 10.1111/os.13602. Epub 2022 Nov 21. PMID: 36411508; PMCID: PMC9837239.
Via GG, Brueggeman DA, Lyons JG, Frommeyer TC, Froehle AW, Krishnamurthy AB. Funding has no effect on studies evaluating viscosupplementation for knee osteoarthritis: A systematic review of bibliometrics and conflicts of interest. J Orthop. 2023 Apr 4;39:18-29. doi: 10.1016/j.jor.2023.03.015. PMID: 37089621; PMCID: PMC10114245.
Ranawat A, Guo K, Phillips M, Guo A, Niazi F, Bhandari M, Waterman B. Health Economic Assessments of Hyaluronic Acid Treatments for Knee Osteoarthritis: A Systematic Review. Adv Ther. 2023 Oct 30. doi: 10.1007/s12325-023-02691-y. Epub ahead of print. PMID: 37899384.
Acide hyaluronique intra-articulaire : à éviter dans la gonarthrose » Rev Prescrire 2013 ; 33 (357) : 528. (pdf, réservé aux abonnés)
InformedHealth.org [Internet]. Cologne, Germany: Institute for Quality and Efficiency in Health Care (IQWiG); 2006-. Osteoarthritis of the knee: Do knee injections help? 2019 Jul 18. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK544975/
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.