Indy est un outil permettant de gérer la comptabilité de professionnel libéral (entre autres).
Qu’on soit en entreprise individuelle (en micro-entreprise / auto-entreprise, en micro-BNC ou en BNC) ou en société.
Au début de mon activité de kiné libéral et de freelance en rédaction web, j’utilisais simplement l’outil de comptabilité fournit par mon logiciel de télétransmission (Soins 2000).
Mais j’ai découvert Indy, qui est gratuit, et qui me fait gagner un temps et surtout un confort considérable depuis plusieurs mois que je l’utilise.
Habituellement, j’essaie de faire toujours avec le minimum d’applications et d’outils digitaux. Par soucis d’autonomie et de limiter mes charges professionnelles.
Indy est donc l’exception !
Dans cet article, je fais le point sur les avantages (et les limites) de cette solution pour gérer la comptabilité, quand on est professionnel de santé en libéral OU freelance / solopreneur en micro-entreprise ce que je suis aussi depuis 2019 à côté de kiné (édit août 2023 : et d’ailleurs maintenant à temps plein 🙂).
⭐ Code promo : 1 mois d’Indy sur l’offre pro gratuit sans engagement ⭐
Si vous basculez sur l’offre payante un jour, en passant par ce lien
♻️ Dernière mise à jour : 3 février 2025 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens Indy affiliés (cela veut dire que si vous passez car ce lien et souscrivez à indy, je perçois une petite commission, mais le prix pour vous reste le même que vous passiez ou non par le lien ; vous bénéficierez même d’un mois gratuit en passant par le lien si un jour vous décidez de basculer au format payant). Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédatrice scientifique
Sommaire
Qu’est-ce qu’Indy est à quelle profession libérale est-il destiné ?
En tant que profession libérale, quel que soit notre statut (micro-entreprise ou non), on a certaines obligations comptables. Et différents prestataires et solutions digitales existent pour nous aider à respecter la loi sans trop s’arracher les cheveux…
Parmi toutes ces solutions (je les énumère toutes dans ma section consacrée aux alternatives à Indy), il y a donc Indy (de son ancien nom Georges le robot ; Indy sonne effectivement mieux !).
Voici comment se présente Indy :
Comment Indy se présente sur son site
C’est donc une application. Qui fonctionne aussi bien sur ordinateur (PC ou mac), que sur smartphone, avec une simple connexion à internet.
Quel statut juridique pour utiliser Indy ?
Voici tout les statuts de profession libérale avec lesquels elle est compatible et personnalisée :
régime micro-BNC (en micro-entreprise / auto-entreprise ou non) ;
entreprise individuelle en BNC (déclaration contrôlée) ;
société : SAS, SASU, EURL, SARL, SEL, SCM (pour les dépenses).
Quand vous vous inscrivez (gratuitement) à Indy, vous allez cocher justement votre statut juridique actuel (ou futur). Et vous aurez accès à une interface personnalisée, adaptée à votre statut ET profession.
C’est vraiment selon moi un des gros plus d’Indy. Vous pouvez bien sûr à tout moment modifier votre statut juridique et donc avoir toujours l’interface la plus adaptée.
Personnellement, je suis en entreprise individuelle. Avec une activité de kiné libérale, et une activité secondaire de consultante et rédactrice freelance. Indy me permet de gérer facilement en parallèle la compta de ces 2 activités, avec chacune ses spécificités !
⭐ Code promo : C25FONTOMEDIA26⭐
Valable jusqu’au 31 mars 2026 Réduction de 25€ pour toute première commande de Chèques-Vacances
Indy se synchronise automatiquement avec votre compte bancaire à usage professionnel. Il classe automatiquement comme il faut chacune des dépenses ou recettes, et ventile. Lorsqu’il n’y arrive pas (dans moins de 10 % des cas), vous lui indiquez comment catégoriser, et il saura faire la fois d’après automatiquement !
Cette synchronisation permet de respecter toutes vos obligations comptables, car Indy va automatiquement crée :
livre-journal des recettes journalières ET des dépenses conforme (vous pouvez ajouter vos justificatifs de manière simple et rapide, en prenant une photo) ;
registre des immobilisations (si concerné) ;
déclaration de résultats (2035) (auto-remplissage).
Ma propre expérience avec la comptabilité avant Indy
Avant d’opter pour Indy, j’utilisais l’outil de comptabilité fourni par mon logiciel métier, Soins 2000. Je devais rentrer manuellement, chaque mois :
toutes mes dépenses professionnelles, y compris les prélèvements URSSAF / CARPIMKO ;
toutes mes recettes en chèque ou en virement bancaire par d’autres personnes physiques ou morales que la sécurité sociale et les mutuelles ;
faire mes additions et soustractions manuellement dans excel pour différencier le résultat net du chiffre d’affaires.
À quoi ressemblait ma compta sur Excel avant… Tout était fait manuellement
Et bien sûr, cela n’était pas du tout très intuitif. Le nom des catégories n’était pas éclairant. Cela me prenait 30 minutes à 1 heure par mois.
Et je n’avais aucune assistance possible en cas de problème.
C’est pour cela que j’ai cherché d’autres solutions (si possible à faible coût voire gratuites) pour gagner du temps et du confort d’utilisation.
Pourquoi j’ai décidé d’utiliser Indy ?
Aujourd’hui avec Indy, non seulement je n’ai plus à faire aucun ajout manuel. Mais j’ai en plus accès à une assistance très réactive (quelques minutes) ou heures par message pour toute question en lien avec la comptabilité.
Et je n’ai plus besoin de faire des calculs sur Excel : Indy le fait automatiquement, et avec une mise en forme plus agréable.
Mon temps consacré à la comptabilité est réduit à moins de 1 minute par mois.
Informations factuelles et pertinentes en accès libre
Il existe d’autres outils similaires à Indy. Mais Indy se démarque sur un point : la quantité et la qualité des informations qu’ils diffusent gratuitement sur leur site internet.
Leurs articles sont toujours à jour, écrits de manière fluide et répondent aux questions que se posent vraiment les professionnels. Et quelqu’un répond à tous les commentaires et questions laissés.
Je ne connais aucune autre solution de comptabilité qui fait cela aussi bien.
C’est je crois une des principales raisons qui m’a fait me tourner vers eux (après la qualité de leur produit et leur gratuité).
Découvrez aussi ma checklist de toutes les charges/dépenses que vous pouvez déduire chaque mois ou année de votre chiffre d’affaires.
Synchronisation automatique avec le compte bancaire à usage professionnel
Quelque soit votre compte bancaire (banque classique ou en ligne), vous pouvez le synchroniser avec Indy (je suis personnellement chez Hellobank). Sans aucune action de votre part, chaque dépense/recette qui vient sur votre compte bancaire est tracée.
Et elle est automatiquement catégorisée dans la bonne rubrique : recette, cotisatio URSSAF, frais de déplacement, etc.
Dans de rares cas, le robot n’arrivera pas à détecter dans quelle rubrique classer la transaction. Voilà un aperçu :
Occasionnellement Indy n’arrive pas à catégoriser une ligne de votre compte bancaire. Dans ce cas, vous le faites manuellement en quelques secondes.
Dans ce cas, quand vous le souhaitez (par exemple, une fois par mois ou par an), vous choisissez manuellement la bonne catégorie. Sachant qu’Indy vous suggère en général 2 catégories possibles et se trompe rarement !
Le coup d’après, Indy arrivera à classer automatiquement dans la plupart des cas.
Fait sur mesure pour les professionnels libéraux
L’interface d’Indy est personnalisée en fonction de votre statut juridique et métier. C’est très agréable car cela rend les choses plus intuitives.
Aide et support
Même si vous utilisez la version gratuite, vous avez de l’aide H24 par message. Vous posez votre question, et quelqu’un vous répond de manière pertinente et agréable. On vous indique même le délais de réponse.
Voici une illustration :
Le service client (même si vous souscrivez gratuitement !) est réactif et sympathique !
Même si les questions dépassent le cadre de l’utilisation stricte du logiciel, vous aurez un éclairage.
Déclarations assistées
À chaque fin d’année comptable, vous pouvez en quelques clics finaliser votre compta dans les règles de l’art. Les déclarations sont automatiquement pré-remplies (si vous souscrivez à l’offre payant).
Vous avez toujours accès à vos documents comptables remplis :
Tous vos documents comptables obligatoires/nécessaires sont crées automatiquement
Dans mon cas, comme je suis en micro-BNC, je n’ai pas souscrit à l’offre payante. Je reporte donc manuellement les chiffres en fin d’année, mais cela ne me prends que quelques minutes. Je basculerai par contre sur l’offre payante par gain de temps et de tranquillité d’esprit si je passe en BNC avec déclaration contrôlée.
Edit d’octobre 2023 : j’ai basculé sur l’offre payante lorsque je n’ai plus été exonérée de TVA.
Visualisation agréable du chiffre d’affaires et du revenu net
Je n’ai pas choisit Indy initialement pour ça, mais j’y ai pris goût : l’appli vous présente vos dépenses et vos recettes, votre CA et votre revenu net (résultat) de manière très agréable.
Autre point intéressant : l’appli calcule automatiquement s’il est plus intéressant pour vous d’être en micro ou au réel :
Indy vous indique automatiquement quel régime est plus intéressant pour vous
Et bien sûr, Indy vous aide dans vos démarches pour basculer d’un statut à l’autre. Gratuitement.
Faire des devis et facture de manière simple et rapide
J’ai toujours fait mes devis et factures pour mon activité de kiné été rédatrice web santé sur LibreOffice. Tous les logiciels que j’avais testé étaient peu intuitifs ou sortaient des factures inesthétiques et surtout peu compréhensibles (trop d’infos), donc je préférais faire sur LibreOffice avec des templates types que je m’étais crée.
Jusqu’à ce qu’Indy permette aussi de faire des devis et factures ! J’ai testé leur outil, et je l’ai aussitôt adapté : c’est rapide, les factures et devis sortent propres, avec uniquement les infos essentielles.
Bonus : Indy détecte quand on vous règle une facture crée via Indy, et associe automatiquement le réglement à la facture (ce qui facilitera les choses en cas d’éventuel contrôle).
Voilà à quoi ressemble une de mes factures faite avec Indy :
Téléchargez le modèle éditable de facture pour le HN
J’ai utilisé la version gratuite d’Indy pendant 4 ans. J’avais accès à TOUT (transactions automatiques, visualisations CA/résultat, assistance, etc.) sauf aux déclarations remplies automatiquement.
Si vous optez pour les déclarations, cela vous coûtera 22 euros HT/mois (15 jours d’essais offerts, et sans engagement) en entreprise individuel au réel, et 12 € HT par mois en micro-entreprise.
Très sincèrement, pour mon usage, je n’ai pour l’instant été confrontée à aucun inconvénient/limite avec Indy.
Par contre, je pense que des personnes qui sont habituées à avoir un expert-comptable qui « passe » derrière eux pourront peut-être se sentir un peu trop livrées à elles-même avec Indy. Car personne ne « vérifie » vos comptes derrière.
Avis google négatif sur Indy. Il est faux de dire qu’excel coûte moins cher car pour la gestion mensuelle, Indy est gratuit ! Et franchement vraiment plus confortable à l’utilisation qu’excel !
Les avis d’autres kinés et professions libérales sur Indy
Vous trouverez facilement d’autres avis sur Indy, y compris émanant de professionnels libéraux. Vous pouvez en trouver :
sur la page GoogleMyBusiness d’Indy (4,8/5 de note moyenne, difficile de faire mieux !) ;
sur les groupes Facebook réservés à votre profession. Cela vous permettra de voir si d’autres personnes ayant exactement les mêmes besoins que vous sont satisfaits.
Personnellement, je suis sur plusieurs groupes réservés aux kinés, et je lis toujours de bons retours sur Indy. Mais je suis peut-être un peu biaisée et mon cerveau ne retient peut-être que ces bons avis 😉 !
Les alternatives à Indy
Avant d’opter pour Indy, j’ai vraiment fait le tour de toutes les solutions de comptabilité destinées aux professions libérales et indépendantes :
logiciels de compta fournis par les associations de gestion agrée ou logiciels métiers ;
logiciels ou applis de comptabilité gratuites et généralistes ;
fichiers excels sécurisés et pré-remplis ;
solutions proposées par des cabinets d’expertise-comptable.
Je me suis focalisée pour les solutions ciblant spécifiquement les kinés, car c’est la partie de mon activité libérale qui a le plus de spécificités.
Conclusion sur mon utilisation d’Indy en tant que profession libérale
Comme vous l’avez sans doute constaté en lisant cet article, Indy est selon moi un outil simple et économique pour gérer sa comptabilité libérale. J’en suis pleinement satisfaite. J’apprécie le gain de temps et le support client, très réactif et sympathique.
J’arrive à trouver les réponses à mes questions sans avoir besoin des services d’un expert comptable. Même si je pourrai toujours faire appel à des services de ce type un jour, si j’en ressens le besoin. Et je pourrais très facilement exporter mes données depuis Indy en quelques clics si besoin !
Si vous avez des questions sur Indy en tant que profession libérale (entreprise individuelle ou société), n’hésitez pas à me laisser vos questions (ou retours d’expérience, même contradictoires !) en commentaire. Ou posez vos questions à Indy, ils vous répondront rapidement ET sympathiquement !
En passant par le lien ci-dessous, vous aurez 1 mois gratuit si jamais un jour vous souhaitez basculer sur leur offre payante.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Votre bébé tourne toujours la tête du même côté et votre pédiatre ou médecin généraliste lui a peut-être diagnostiqué un « torticolis congénital ».
Dans cet article, je passe en revue l’essentiel à savoir sur cette question pour tous les parents se questionnant sur le sujet.
Vous verrez que je m’appuie sur mon expérience de kiné, mais aussi sur l’ensemble des études scientifiques parues à l’international sur le sujet. Toutes les références sont en fin d’article.
♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique. 👨⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Sommaire
Torticolis congénital, torticolis du nourrisson : qu’est-ce que c’est ?
Vous avez l’impression que votre bébé a la tête toujours tournée ou penchée du même côté ? Dans le jargon médical, on vous dira alors que votre bébé a un torticolis congénital, appelé encore torticolis du nourrisson [1].
« Torticolis congénital » veut dire exactement la même chose que « bébé a la tête toujours tournée du même côté (ou penchée du même côté) ». La première expression fait plus médicale, c’est tout.
« Torticolis » veut dire « tête tournée exagérément à droite ou à gauche » et « congénital » veut dire « à la naissance ». « torticolis » peut aussi signifier qu’il est plus ou moins difficile de tourner la tête dans un sens.
Cela dit, on peut maintenant se demander :
mais pourquoi donc bébé a-t-il toujours la tête qui tourne ou penche du même côté ?
Tête penchée ou tête tournée : est-ce la même chose ?
Pourquoi mon bébé a-t-il un torticolis congénital ?
La présence d’un torticolis congénital peut s’expliquer par :
une mauvaise position de la tête de bébé pendant la grossesse ;
un traumatisme d’un des muscles du cou pendant l’accouchement [2].
Dans les deux cas, on parle de torticolis musculaire congénital. Sur 100 naissances, entre 1 et 2 nouveaux-nés seraient touchés par cette forme de torticolis [3,4].
Bien que plus rares, il existe également des formes de torticolis congénitaux non musculaires (osseuses, oculaires, neurologiques, etc.) [2,5].
Tête penchée ou tête tournée : est-ce la même chose ?
Dans le cas d’un torticolis musculaire congénital, le muscle responsable de la position de tête de votre bébé s’appelle le sterno-cléido-mastoïdien. Il y en a un à droite et un à gauche.
Ces muscles permettent à la fois de pencher et de tourner la tête.
Le fait que votre bébé ait plutôt tendance à pencher la tête, tourner la tête ou les deux en même temps n’a pas d’importance. C’est toujours un des deux muscles qui est concerné et la conduite à tenir est la même.
Comment savoir si mon bébé a vraiment un torticolis ?
En tant que parents, vous êtes bien placés pour détecter si votre bébé à tendance à positionner sa tête exagérément à droite ou à gauche. Si c’est le cas, alors vous pouvez considérer que votre petit est touché par une forme de torticolis.
Plus difficile est de savoir de quel type de torticolis congénital il est question. Est-ce un torticolis musculaire congénital ? Est-ce un torticolis non musculaire ?
Au moment où vous lisez ces lignes, il est très probable que votre bébé ait déjà vu au moins un pédiatre ou un médecin généraliste.
C’est pourquoi il y a de grandes chances que si votre médecin ne vous a rien dit de particulier, votre enfant soit touché par un simple torticolis musculaire.
Mon bébé à un torticolis congénital musculaire : dois-je m’inquiéter ?
Si vous lisez cet article, c’est probablement que vous vous inquiétez déjà ne serait-ce qu’un petit peu… Et c’est une bonne chose !
Une juste dose d’inquiétude est un bon moteur pour l’action. Reste à s’assurer de ne pas s’inquiéter exagérément.
Pour cela, il faut d’abord comprendre en quoi consiste les différents types de torticolis musculaires congénitaux.
Les différents types de torticolis musculaires congénitaux
On distingue trois types de torticolis musculaires congénitaux [6] :
ceux associés à une contracture du muscle sterno-cléido-mastoïdien, responsable de la malposition de la tête à droite ou à gauche.
Les torticolis musculaires associés à la présence d’une grosseur dans le muscle sterno-cléido-mastoïdien.
Ceux pour lesquelles il n’y a ni contracture, ni grosseur dans le sterno-cléido-mastoïdien. On parle alors de torticolis musculaires posturaux.
Pour les deux premiers types de torticolis, un traitement précoce assure d’excellents résultats pour plus de 9 enfants sur 10. Idéalement, ce traitement devrait commencer dès le premier mois de vie de l’enfant.
Pour les torticolis musculaires posturaux, la situation est encore meilleure. Il se peut qu’aucun traitement ne soit nécessaire : ils pourraient s’améliorer d’eux-mêmes sans rien faire de spécial.
Dans le doute cependant, il est raisonnable d’adopter quelques mesures simples pour amener l’enfant à replacer sa tête dans la bonne position.
Quelles sont les conséquences d’un torticolis congénital musculaire persistant ?
La persistance d’un torticolis congénital musculaire après 1 an peut entraîner une déformation du crâne et du visage.
Quelles peuvent être les conséquences de cette déformation ? Au-delà d’une dimension esthétique évidente, certains auteurs évoquent [3] :
des retards de développement moteur ;
des problèmes d’occlusion dentaires.
Rappelons toutefois que plus de 9 bébés sur 10 s’en sortent à merveille avec une prise en charge appropriée démarrée dans les temps (idéalement le premier mois de vie).
Quels sont les traitements pour un torticolis congénital musculaire ?
Le traitement n°1 repose sur :
des conseils de stimulation et de positionnement aux parents, par exemple :
placer tout ce qui est susceptible de stimuler votre petit du côté opposé à la malposition de sa tête (si malposition à droite, placer le mobile au-dessus du lit à gauche) ;
stimuler vous-même votre bébé autant que possible du côté opposé à la malposition (si malposition à droite, parler à votre bébé aussi souvent que possible en vous plaçant à sa gauche).
des mobilisations et étirements doux de la tête et du cou du bébé. À ce titre, il est recommandé de solliciter un kinésithérapeute pédiatrique (ou simplement un kiné ayant déjà travaillé avec des bébés). Il vous montrera éventuellement comment les faire vous-mêmes, en complément de son propre travail.
Dans plus de 9 cas sur 10, solliciter aussitôt que possible un kinésithérapeute conduira à d’excellents résultats [6].
Dans de rares cas où le torticolis persisterait, la chirurgie peut alors être indiquée et traiter le problème avec succès [7].
Vous êtes kiné ? Ce guide pourrait vous intéresser :
[2] Lacher M., Peter S., Zani A. (Editeurs), Pearls and Tricks in Pediatric Surgery, Springer, 2021.
[3] Antares, J. B., Jones, M. A., King, J. M., Chen, T., Lee, C., Macintyre, S., & Urquhart, D. M. (2018). Non‐surgical and non‐pharmacological interventions for congenital muscular torticollis in the 0‐5 year age group. The Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018(3), CD012987. https://doi.org/10.1002/14651858.CD012987
[4] Cheng, J. C., & Au, A. W. (1994). Infantile torticollis: a review of 624 cases. Journal of pediatric orthopedics, 14(6), 802–808.
[6] Cheng, J. C., Tang, S. P., Chen, T. M., Wong, M. W., & Wong, E. M. (2000). The clinical presentation and outcome of treatment of congenital muscular torticollis in infants–a study of 1,086 cases. Journal of pediatric surgery, 35(7), 1091–1096. https://doi.org/10.1053/jpsu.2000.7833
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
Je suis une grande fan de podcast depuis quelques années. J’en écoute presque tous les jours, uniquement en marchant. Si j’en écoute beaucoup au sujet de ma seconde activité professionnelle (la communication digitale), j’en écoute peu sur ma profession initiale : la kinésithérapie.
Mais j’aime tout de même me tenir au courant de ce qui se fait à ce sujet.
👉 Alors voici une liste qui se veut la plus exhaustive des podcasts actuels faits pour des kinés !
J’ai écouté au moins un épisode de tous, et parcouru plusieurs : je me permets donc de donner mon avis. Avis plutôt bienveillant, car je trouve ça plutôt chouette que ce type de contenu existe. Et que je me doute que cela doit demander une sacré énergie !
J’en ai oublié ? Signalez-les moi en commentaire, je les ajouterai avec plaisir !
J’ai essayé de les citer dans l’ordre chronologique où je les ai découvert ; n’y voyez aucune hiérarchie : tout dépend de vos attentes pour en apprécier plus certains que d’autres 🙂!
♻️ Dernière mise à jour : 7 août 2025. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun avec le sujet direct de cet article. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Ce podcast a été lancé par Mathieu Loubière, kiné libéral dans le Jura et formateur. J’ai eu l’occasion de collaborer avec Mathieu par le passé au sujet de l’esprit critique, qu’il a aussi enseigné. Mathieu m’avait d’ailleurs proposé d’intervenir dans son podcast il y a quelques années à ses tout débuts, et c’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert son podcast 🙂.
Cela ne s’était pas fait car je n’étais pas alignée avec certaines des formations proposées par son organisme, même si j’imagine qu’elles répondaient à une demande très forte de kinés, notamment celles et ceux souhaitant développer les soins déconventionnés.
Je vois qu’il y a maintenant une petite équipe avec Mathieu, super !
Les thématiques abordées dans les épisodes sont notamment :
les pathologies et problèmes plus ou moins rares rencontrés par des kinés (plutôt en libéral), avec un kiné qui vient partager son expérience ;
tout ce qui touche à la gestion du cabinet libéral, à le diversification ou à la spécialisation de l’activité (ce sont personnellement plutôt ces types d’épisodes que j’aime sur les podcasts) ;
l’engagement syndical ou politique des kinés.
Edit de septembre 2023 : j’ai répondu aux questions de Matthieu sur le dépassement d’honoraire pour son podcast ci-dessous en vidéo.
Je ne connais pas personnellement l’équipe derrière Le temps d’un lapin, mais je crois qu’elle a aussi un lien avec la communauté de l’esprit critique (décidément !).
C’est sans doute le podcast kiné qui a le concept le plus sympa et bien trouvé : proposer des épisodes de la durée du temps creux qu’on a (en tout cas en théorie!) lorsqu’un(e) patient(e) n’honore pas son rendez-vous au cabinet libéral. D’où son nom !
Les titres des épisodes sont toujours drôles.
Il s’agit aussi du podcast qui je crois documente le plus ses épisodes, et propose du contenu adapté pour celles et ceux qui aiment passer un peu de temps sur Pubmed et décortiquer des publications scientifiques.
Sans pour autant je crois oublier de bien garder un lien avec la clinique.
Les hôtes aiment bien décortiquer des idées reçues dans le soin, parler de pathologies assez fréquemment vues par les kinés libéraux, ou prendre un peu de recul et délivrer des épisodes plus connotés « réflexions sur la pratique et l’éthique ».
Le sous-titre du podcast, qui éclaire sans doute un peu plus sur son contenu : De la kinésithérapie, du soin et de la science dans un podcast dont les épisodes dureront juste le temps d’un lapin.
Il faut un petit peu s’accrocher pour mémoriser cet acronyme, qui renvoit au Congrès international francophone pour les étudiant(e)s en physiothérapie et kinésithérapie.
Ils m’avaient aussi proposé de venir causer esprit critique & santé il y a quelques, mais j’avais déjà pris mes distances avec l’étiquette « esprit critique ».
Avant chaque nouveau congrès (tous les 2 ans), des étudiant(e)s kiné préparent et diffusent des nouveaux épisodes, en lien avec les thématiques du congrès. Ils reçoivent des invités pour discuter, qui ne sont pas forcément kinés.
On est sur des thématiques qui peuvent intéresser tout autant les kinés libéraux que salariés.
Ça cause beaucoup de sujets en lien avec le développement professionnel : organisation et développement de l’activité, améliorer sa communication, développer sa sensibilité à l’esprit critique, prendre en compte la cause environnementale, etc.
Téléchargez le récapitulatif PDF des actes NGAP kiné
Maddie est une entreprise qui commercialise pour les kinés (et maintenant d’autres professionnels de santé) des solutions digitales : agenda et prise de rendez-vous en ligne, créations de mini sites internet.
Le podcast est j’imagine un des moyens qu’ils ont de se faire connaître. On appelle ça l’inbound marketing.
L’équipe de Maddie interroge des kinés qui ont chaque fois un parcours assez singulier :
spécialisés dans un secteur bien précis de la kiné (pas mal la kiné du sport, mais pas que !) ;
entrepreneurs ;
passionnés par un art ou une activité qu’ils essaient de relier à leur métier de kiné.
Les épisodes sont assez longs (ce que j’apprécie, pour bien avoir le temps de développer), les interviews bien menées, et les intervenant(e)s bien choisis.
C’est je crois le podcast kiné que j’ai le plus écouté.
La promotion pour leur produit est très discrète, ce n’est pas quelque chose qui devrait vous rebuter si vous souhaitez les écouter 🙂.
À ma connaissance, il s’agit du seul podcast kiné sponsorisé. Il est aussi développé, comme GEM-K, par un co-fondateur d’un organisme de formation continue pour kinés, Health-impact (j’en parle dans mon article dédiées aux formations continues en ligne pour kinés).
Les épisodes sont aussi assez longs (environ 1h), bien menés, les sujets sont creusés en profondeur, et les thématiques plutôt variées et intéressantes.
J’ai écouté avec plaisir l’interview d’un kiné qui a choisit comme moi l’exercice kiné exclusivement à domicile. Vous pouvez aussi y découvrir notamment Léo Druart qui cause du placebo.
Les invité(e)s sont je crois systématiquement des kinés, qui ont souvent décidé de se spécialiser ou de développer une activité complémentaire à la kiné (recherche, enseignement, vulgarisation scientifique). D’où peut-être une sur-représentation des invités masculins, sans doute plus présents dans ces milieux (peut-être que c’est le cas aussi dans les autres podcasts, mais cela m’a moins sauté aux yeux !).
Édit mai 2023 : Marius m’a invité dans son podcast KinéMania, voici l’épisode en écoute ci-dessous 🙂 ! Je reviens sur mon parcours de kiné/rédactrice.
Encore un podcast développé par un organisme de formations continues en kinésithérapie, Kiné-Formations.
Les épisodes sont très courts (moins de 10 minutes, parfois juste 1 ou 2 min). C’est un format que je n’arrive pas à apprécier, j’ai l’impression qu’on ne peut qu’évoquer des points mais pas du tout rentrer dans le sujet ! J’imagine cependant qu’ils peuvent trouver leur public.
C’est je crois le podcast le plus riche en termes de nombre d’épisodes, mais aussi de variété des contenus :
l’histoire de la kiné ;
les spécialisations ;
les prises en charge spécifiques ;
le développement professionnel, sortir de la routine ;
Les sujets traités (spécialisation, développement et diversification de l’activité en kiné) sont très intéressants, tout comme les invités, mais les épisodes je trouve bien trop courts (15-30 minutes) pour qu’on ait vraiment le temps de rentrer dans le sujet et d’en tirer des enseignements.
Cela fait très superficiel alors que les sujets mériteraient je trouve d’être creusés plus !
C’est le seul podcast que j’ai cité non crée par des personnes vivant en France. Le pouls de la physio, c’est québécois. Rien que ça donne forcément une tonalité sympathique et dynamique au podcast avec ces expression et cet accent hauts en couleur !
Je trouve toujours ça sympa d’écouter les propos de personnes qui ont des points commun avec nous, mais aussi de grandes différences, parce que pas dans le même environnement.
Là, on est plutôt sur la thématique « avenir de la profession de physiothérapeute ».
Julien Astouric, l’hôte d’Objectif performance, m’a a juste titre rappelé l’existence de son podcast. Julien est physiothérapeute ET préparateur physique. Il interview des kinés/physios, coachs, entraîneurs/ entraîneuses qui travaillent avec des sportifs et sportives de haut-niveau.
Un podcast qui intéressera sans doute les kinés du sport (dont je ne fais pas partie ! Le sport, je préfère le faire que le superviser 🙂. Tant mieux, il y a déjà plein de kinés dans ce secteur !).
C’est cette fois Marco Gabutti, l’hôte de Kookie podcast, qui m’a signalé l’existence de son podcast à l’attention des kinés et ostéopathes. Podcast plutôt centré sur la pratique des thérapies manuelles.
Un podcast réalisé par le groupe interne de kinésithérapie respiratoire de la Société française de physiothérapie. Des épisodes beaucoup plus spécialisés, à l’attention des kinés et autres pros de santé, mais aussi des patient(e)s.
Podcast franco-belge crée par Nicolas Audag et Mathilde Proffit. Uniquement sur les pathologies respiratoires et leur prise en charge, en rééducation mais pas seulement.
La durée des épisodes est d’un peu moins d’une heure, ce qui permet de bien creuser les sujets et de prendre du recul réflexif sur ces pratiques et leur cadre réglementaire ou scientifique.
Phillipe en commentaire me fait remarquer à juste titre que l’organisme de formation continue en kiné, l’Agence EBP, a recommencé à produire des épisodes de podcast.
Principalement sur la prise en charge de pathologies vues par les kinés, mais aussi sur des aspects plus « développement professionnel ». Les épisodes durent en général 1h, parfois jusqu’à plus de 2 heures.
Je ne peux pas vous en dire plus, je ne les ai pas écouté, privilégiant la lecture d’articles pour ce type de sujets 🙂.
Grâce à un autre kiné (cf commentaires), je découvre cet autre podcast québécois, tenu par un physiothérapeute, Alexis Gougeon, qui cause douleur, blessures, nutrition, psychologie, avec des invités.
Je viens de découvrir via LinkedIn ce nouveau podcast dédié aux kinés,Kinedit., tenu par Gabrielle, une kiné. Des interviews de kiné clinicien(ne), avec parfois d’autres cordes à leur arc.
Une représentation plus importante que dans les autres podcasts de kinés formé(e)s en Espagne, et de femmes.
Encore un nouveau podcast 100% dédié aux kinés lancé en 2024 !
Comme Maddie, il est produit par une entreprise commercialisant des services pour les kinés. Avec des formats plutôt longs, de plus d’1 heure.
Sous la forme d’interviews de professionnel(le)s de santé.
J’ai particulièrement apprécié l’épisode 26 : « Business, entrepreneuriat, argent, tabous, cabinet » avec l’interview d’un kiné qui prend la parole sur Instagram sur ces sujets, avec humilité, sérieux et sympathie.
Ce kiné a d’ailleurs un podcast que j’ajoute à cette liste !
Présenté comme « Le podcast qui aide les soignants à quitter le mode survie : mindset, cabinet, investissement, entrepreneuriat🎙️ », ce qui fait écho aux thématiques que je traite ici et dans ma newsletter depuis 2019 🙂
Comme souvent dans les podcasts des professionnels libéraux qui abordent ces sujets, je trouve que l’accent est beaucoup mis sur la formation métier et l’immobilier… Voies que j’ai pour ma part volontairement non choisit.
Ceci dit je suis ravie qu’un podcast existe sur ce sujet et je suis sûre qu’il trouvera son public !
J’essaierai aussi de mettre à jour au moins une fois par an cet article !
J’ai aussi prévu de faire un article sur des podcasts sur d’autres thématiques (développement professionnel et personnel plus général, business, éthique, politique, etc.) mais que j’apprécie écouter et qui peuvent plaire aux kinés comme patient(e)s.
À bientôt !
Sujets qui reviennent toujours dans les discussions entre kinés, j’ai crée ces ebooks et e-learnings :
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Sciatique, cruralgie, lombalgie ou mal de dos, cervicalgie, douleur de genou, tendinite à l’épaule, etc. Qu’elle soit aiguë ou chronique, la douleur est fondamentalement une expérience désagréable. C’est pourquoi tout un chacun est en recherche de solutions pour l’éviter, la supprimer ou la gérer.
En tant que kinésithérapeute, je suis naturellement intéressé pour proposer de telles solutions à mes patients. Pour ce faire, je parcours régulièrement la littérature scientifique sur les causes de la douleur. Je m’interroge également sur sa fonction : pourquoi la nature nous a-t-elle équipé pour avoir mal ?
Au détour d’une de mes lectures, j’ai découvert que les animaux sauvages pouvaient constituer une source précieuse d’enseignements en matière de traitement et de gestion de la douleur.
Le point de départ de la réflexion est le suivant : il semble que les animaux sauvages ne souffrent pas de douleurs chroniques, contrairement aux animaux d’élevage ou domestiques.
Sommaire
♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique. 👨⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Animaux sauvages : à l’abri des douleurs chroniques ?
Il semble que les animaux sauvages soient bel et bien épargnés par les douleurs chroniques !
…
Bon, la réalité est sûrement un peu plus compliquée que celle-là. Il n’empêche qu’à ce jour, personne n’aurait identifié de douleurs chroniques parmi la faune sauvage.
Les chercheurs ont-ils suffisamment étudié le sujet ? Ont-ils observé correctement les animaux ? Peut-être pas.
En attendant, nous disposons d’études sur des primates tels que les bonoboset les chimpanzés dans des milieux sauvages ou semi-sauvages (les réserves). Certains de ces travaux portent sur des individus blessés et qui ont récupéré. Aucune de leurs douleurs traumatiques ne semble devenir chroniques.
Quel est leur truc ?
À cause des contraintes de la vie sauvage, les animaux sauvages sont tenus de rester actifs, même en cas de blessure.
Trouver à manger, s’abriter, se protéger des prédateurs sont autant d’activités que ne peut longtemps suspendre un animal blessé. Autant d’activités dont nous humains sommes largement dispensés dans le monde moderne. Idem pour les animaux d’élevage ou domestiques.
Ce serait donc la reprise rapide d’une vie active qui garderait les animaux sauvages de voir leurs douleurs devenir chroniques.
Est-ce que cela peut marcher aussi pour les humains ?
Oui ! Pour la majorité des problèmes douloureux, rester suffisamment actif est une des clés d’une bonne récupération.
Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le slogan de la campagne de l’Assurance maladie contre le mal de dos est : « Traitement du mal de dos : le bon traitement, c’est le mouvement ! » (Et qu’elle écrit aussi à juste titre : « Le véritable ennemi du dos, c’est le repos. »).
Quelle conséquence pratique pour la gestion de la douleur ?
Rester actif autant que possible contribue à empêcher les douleurs de devenir chroniques. Cela permet également de mieux contrôler les douleurs existantes.
Reste à déterminer ce que « rester actif autant que possible » veut dire pour vous…
Quelle utilité du kiné pour la gestion de la douleur ?
« Rester actif autant que possible » peut paraître assez flou.
Dois-je reprendre le travail? Si oui dois-je reprendre le travail comme avant ? Puis-je continuer à pratiquer tel ou tel sport? Rester actif d’accord, mais est-ce je dois continuer à faire telle ou telle activité pour l’instant ? Si j’ai vraiment mal est-ce que je dois rester actif à tout prix ? N’y a-t-il pas certains cas où je risque d’aggraver ma situation en restant trop actif ? Etc.
Toutes ces questions sont parfaitement légitimes. Toutes ces questions méritent une réponse au cas par cas.
Le kiné est là pour répondre à vos interrogations. Il peut vous aider à trouver et à ajuster au mieux le type et la dose de mouvements nécessaires à l’amélioration de votre état. Il peut également vous assister pour optimiser votre stratégie générale de gestion de la douleur chronique.
Encore des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Je vous laisse aussi découvrir ces ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent ce site internet :
WILLIAMS A. (2019) Persistence of pain in humans and other mammals. Philosophical transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological sciences vol. 374, 1785: 20190276. doi:10.1098/rstb.2019.0276
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
Après une fracture de cheville, on est souvent un peu perdu : est-ce qu’on peut marcher ? Comment ? Au bout de combien de temps ?
Il est tout à fait normal que vous vous posiez ces questions. On trouve peu d’informations sur le sujet.
Et les professionnels de santé qui vous ont pris en charge n’ont pas forcément pris/eu le temps pour tout bien vous expliquer.
Ou votre état de santé a changé depuis le diagnostic ou votre dernier rendez-vous médical. Ou encore, vous vous demandez s’il est possible de prendre un peu plus de risque que ce qu’on vous a dit.
Ou si au contraire, vous devriez être encore plus prudent…
Kiné, je vais essayer de vous répondre de la manière la plus précise possible à ces questions.
Résumé : il faut souvent au grand minimum 2 mois pour remarcher sans béquilles et sans boiter. Parfois, plutôt 3/4 mois, et parès fois.
Vous pouvez aussi vous procurer mon eBook (conseils + exercices, 73 pages) : Récupérer au mieux après une fracture de cheville.
♻️ Dernière mise à jour : août 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens Amazon affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Je résume le contenu de cet article au format vidéo
De quel type de fracture de cheville on parle dans cet article ?
Le terme « fracture de cheville » inclut un très grand nombre de fractures avec des noms différents. Ces noms varient selon :
la localisation de la fracture : sur quel os ? Cela peut être sur 1 (fracture uni-malléolaire), 2 (fracture bi-malléolaire) :
le tibia : fracture de la malléole interne/médiale ;
on parle aussi de fracture tri-malléolaire quand les 2 malléoles sont cassées + une autre partie du tibia.
le type de fracture :
fracture déplacée ou non déplacée : selon s’il existe un plus ou moins grand écart les différents segments osseux ;
fracture stable ou instable : selon si les ligaments permettant à l’articulation d’être stable sont aussi touchés ;
fracture simple, complexe, comminutive : si l’os est cassé à plusieurs endroits ;
fracture fermée ou ouverte : dans ce dernier cas, l’os cassé déchire la peau et peut être plus ou moins apparent ;
les classifications qu’on utilise pour leur donner un nom.
Fracture uni-malléolaire de la malléole externe de cheville
Dans cet article, je parle de l’ensemble de ces fractures de cheville. Les indications délivrées sont donc valables de manière générale quelque soit le type de fracture que vous avez.
Comment savoir si l’on peut marcher et comment selon le type de fracture ?
Une fois qu’on est sûr que vous ayez une fracture (grâce à une radiographie de la cheville), une équipe médicale ou chirurgicale va définir le traitement le plus approprié pour vous, selon elle.
Traitement conservateur ou orthopédique : pas d’opération. Une immobilisation est parfois préconisée, avec un plâtre, une orthèse ou une botte de marche. Des séances de kinésithérapie peuvent aussi être prescrites.
Traitement chirurgical : une opération est réalisée, souvent en cas de fracture déplacée ou instable.
Que vous soyez traité de manière conservatrice ou chirurgicale, vous aurez normalement des indications claires sur l’appui et la marche qui est autorisée/conseillée dans votre cas.
Un de ces 4 types de marche et d’appui vous ont normalement été préconisé :
appui total : vous avez le droit d’appuyer autant que vous le voulez sur votre jambe fracturée. Vous devez doser en fonction de la douleur et de la gène, et reprendre petit à petit une marche et un appui normaux ;
appui partiel : vous avez le droit d’un peu appuyer en marchant et debout, mais pas trop. Dans ce cas, on vous a indiqué un pourcentage d’appui par rapport à votre poids. Par exemple, quelque chose comme « appui partiel à 40 % du poids du corps ». Vous devez en théorie respecter ce dosage, quelque soit votre ressenti. Et donc marcher avec des béquilles ;
appui contact : vous avez le droit de poser votre pieds par terre, mais avec quasiment pas de poids dessus. Autour de 10 % de votre poids du corps. Vous pouvez marcher aussi en appui contact, donc en prenant appui également sur 2 béquilles pour décharger votre poids sur elles ;
appui non autorisé : vous ne devez vraiment mettre aucun poids sur votre cheville. Et ce généralement jusqu’à la radiographie de contrôle, 6 semaines après le diagnostic. Cependant, cela ne vous empêche pas de marcher ! Vous pouvez marcher avec des béquilles ou un déambulateur sans poser le pied par terre, à cloche pied. Si bien sûr vous n’avez pas d’autres problèmes de santé qui vous empêche de vous déplacer ainsi.
Le type d’appui autorisé dans votre cas vous a normalement été communiqué :
à l’oral, par le médecin ou chirurgien qui supervise la prise en charge ;
à l’écrit, sur votre compte-rendu de consultation, d’hospitalisation ou d’opération. Et sur les courriers à destination de votre kiné ou médecin traitant.
Dans certains cas, vous pouvez vous questionner : est-ce que vraiment je ne dois pas du tout appuyer pendant si longtemps ? Ou au contraire, vous avez peur d’appuyer alors qu’on vous a dit que vous pouvez ?
Dans ce cas, je vous conseille :
d’en reparler avec les professionnels de santé (kinés, médecins) qui vous suivent et qui connaissent l’ensemble de votre dossier médical ;
de vous documenter par vous-même et de réfléchir à comment vous évaluez le ratio bénéfice-risque dans votre cas.
Je vais justement dans la suite de l’article vous donner des informations sur ce que l’on dit dans les publications scientifiques internationales actuelles au sujet de la remise en charge (c’est à dire, la reprise de l’appui et de la marche) après qu’on se soit cassé la cheville.
L’équipe médicale ou chirurgicale qui a fait le diagnostic et indiqué le traitement à suivre vous a normalement dit oralement et/ou par écrit si vous aviez le droit à l’appui ou non, et donc à la marche en posant le pied par terre ou non.
Peut-on marcher sans béquille avec une botte de marche orthopédique ?
Oui, si vous avez l’autorisation d’appui, vous pouvez marcher sans béquille avec une botte de marche orthopédique.
Si l’appui est autorisé pour vous, les béquilles sont là simplement pour trouver votre équilibre ou soulager les douleurs liées à la marche avec tout votre poids de corps sur la cheville.
Quelle botte de marche pour une fracture d’une malléole ?
Il existe des dizaines et des dizaines de modèles et marques de bottes de marche, et des nouvelles sortent très souvent. Vous pouvez vous en procurer principalement :
dans un magasin de matériel (para)médical ;
en pharmacie ou parapharmacie, surtout si elle a un grand rayon orthopédie, ou parfois sur commande ;
sur internet.
Voici le modèle qui m’apparaît comme étant de meilleur rapport qualité prix sur Amazon :
La marque la plus connue est Aircast (c’est celle qu’on trouve le plus en pharmacie) mais leurs produits sont beaucoup plus chers. Voici par exemple sur Amazon :
Botte de marche pneumatique Aircast ⭐⭐⭐⭐⭐ 4,3/5 – 1046 avis
Est-ce que je risque d’avoir mal ou d’aggraver la fracture en marchant ?
Vous avez raison de vous poser cette question.
Lorsqu’on interdit ou ne recommande pas l’appui, on le fait justement parce qu’on pense que :
cela limite les douleurs ;
cela augmente les chances de consolidation rapide et optimale, et donc de guérison.
Mais ne pas marcher peut aussi causer d’autres problèmes :
risque de phlébite ;
perte des capacités musculaires ou fonctionnelles ;
arrêt de travail non souhaité avec conséquences économiques ;
etc.
Tout cela tient la route.
Comment savoir ce qu’il est bon de faire ? Des équipes de recherche ont justement essayé d’avoir des informations plus précises. Elles ont :
sélectionné des gens qui ont eu une fracture de cheville (souvent traitée chirurgicalement) ;
autorisé la marche en appui total (selon douleur) tout de suite à certains. Elles ont dit à d’autres d’attendre 2, 3 ou 4 semaines. Et encore à d’autres d’attendre la radio de contrôle, 1 mois et demi plus tard. À ces derniers, elles ont donc dit de marcher sans appui, ou en appui contact ;
regardé comment vont toutes ces personnes dans les semaines et les mois qui suivent la fracture de cheville :
qui a plus vite consolidé ?
Qui a eu moins mal ?
Qui a eu plus de complications (infection, retard de consolidation, etc.) ?
Qui a repris plus vite le travail ou le sport ?
Alors, que concluent ces études ? Et bien, selon les études, les résultats sont discordants. Certaines concluent que les complications sont plus fréquentes pour les gens avec appui. D’autres que les complications sont aussi fréquentes pour les uns que pour les autres, mais que ceux qui ont eu l’appui tout de suite ont mieux récupéré fonctionnellement, et plus vite.
Dans tous les cas, plus on s’éloigne de la date de la fracture, plus les résultats entre les différents groupes sont similaires. Concernant les complications ou les capacités fonctionnelles. (Sources : Khojaly 2021 & 2022)
Globalement, les choses vont tout de même plutôt dans le sens d’autoriser de plus en plus l’appui en fonction des douleurs, plutôt que de l’interdire. Alors que la tendance était à l’inverse dans les décennies passées.
Voici par exemple ce que conclut une équipe de chirurgien(ne)s orthopédistes du Royaume-Uni (ma traduction) :
La mise en charge précoce des patients souffrant de fractures de la cheville, qu’elle soit gérée de manière conservatrice ou chirurgicale,entraîne des taux très faibles de perte de réduction et devrait être considérée comme une prise en charge de routine pour la majorité des patients.
Bugler 2018
Si c’est cette option que vous avez envie d’adopter, je vous recommande d’en discuter avec les kinés, médecins ou chirurgiens qui vous suivent. Cela vous permettra d’avoir un avis extérieur pour évaluer de manière encore plus fine la balance bénéfice/risque dans votre cas. Et d’autant plus si vous êtes plâtré, ce qui complique l’appui !
Plus le temps passe, et plus on réalise que l’appui sur une cheville fracturée ne pose probablement pas plus de problèmes à moyen et long terme.
Faut-il avoir un fauteuil roulant si on a une fracture de cheville ?
Un fauteuil roulant n’est pas prescrit de manière systématique après une fracture uni, bi ou tri-malléolaire. Cela va dépendre de nombreux paramètres :
Je suis kiné uniquement à domicile, donc je vois probablement les personnes qui sont les plus limitées fonctionnellement à cause de leur fracture de cheville. Environ 90 % de mes patient(e)s ont utilisé ponctuellement ou régulièrement un fauteuil roulant manuel dans les semaines (parfois mois) qui ont suivi la fracture. Parfois chez eux, parfois uniquement en extérieur.
Un fauteuil roulant est parfois nécessaire, surtout pour les longs déplacements en extérieur.
Vaut-il mieux marcher avec ou sans béquilles ?
Quelque soit l’appui que vous décidé d’avoir (partiel, total, contact…) vous aurez très probablement besoin de cannes béquilles (ou de déambulateur) au moins quelques semaines après votre fracture.
Les béquilles vont vous permettre de mettre un peu moins de poids sur la cheville fracturée. Vous allez pouvoir faire « à votre dose ».
Elles pourront aussi vous permettre de marcher plus vite, ou plus. Par exemple,
Vous sentirez quand vous pourrez progressivement vous en passer totalement.
Pour certaines personnes, cela arrive au bout de 3/4 semaines, plus souvent 6/8 semaines. Pour d’autres, cela prend plusieurs mois.
Dans tous les cas, l’idée est de faire ça de manière progressive. En transition, vous pouvez utiliser par exemple des bâtons de randonnée/marche nordique.
Les béquilles sont souvent indispensables, au moins quelques semaines.
Certain(e)s de mes patient(e)s ont aussi bricolé maison (par exemple avec un siège de bureau à roulettes) des aides à la marche de ce type (à condition d’être en bonne forme physique sans problème d’équilibre) :
Scooter de genou ⭐⭐⭐⭐⭐ 4,5/5 – 10298 avis Je ne l’ai pas trouvé sur Amazon.fr, je vous mets donc le lien depuis amazon États-Unis
Vaut-il mieux marcher avec ou sans botte de marche ?
Si vous êtes plâtré, la question ne se pose pas !
Par contre, si vous n’êtes pas plâtré, que vous ayez ou non été opéré, on vous a peut-être prescrit une attelle, une orthèse ou une botte de marche. Aussi appelée botte de décharge ou botte orthopédique.
Voic à quoi ça ressemble :
Quand est-il plus pertinent d’avoir une botte de marche ?
Nous n’avons pas d’études de bonne qualité qui permettent de dire s’il vaut mieux porter ou non une botte de marche, ou toute autre attelle.
Voilà selon moi les situations où cela peut être pertinent :
Par exemple, si vous avez :
des enfants en bas âge (ou un animal domestique) qui risquent de vous cogner la cheville quand vous marchez ;
besoin de rapidement reprendre des déplacements en extérieur, dans la foule ;
des difficultés à poser le pied par terre et à marcher simplement avec des béquilles, alors que vous devez/souhaitez reprendre la marche avec appui rapidement.
Selon mon expérience, certain(e)s chirurgien(ne)s orthopédistes prescrivent systématiquement des bottes de marche. D’autres jamais.
Les bottes de marche peuvent être pertinentes dans certaines situations, mais elles ne sont pas forcément indispensables.
Botte de marche en cas de fracture de malléole : comparatif
En général, on vous a prescrit une botte de marche spécifique, que vous aurez probablement acheté chez un revendeur de matériel (para)médical ou en pharmacie.
Combien de temps pour remarcher normalement après une fracture de cheville ?
C’est tout à fait normal que vous ayez envie de savoir dans combien de temps vous allez enfin pouvoir marcher à nouveau comme avant votre fracture. Sans douleur, sans gêne, sans instabilité, sans appréhension.
Il est cependant impossible de vous donner un délais précis. Cela va dépendre de très nombreux paramètres, comme :
votre forme physique avant et depuis l’opération ;
le type de fracture et de traitement que vous avez eu ;
ce que vous ferez pendant la période de repos et de rééducation ;
vos propres critères de « marche normale comme avant ».
Voici une courbe qui montre comment les gens qui ont eu une fracture de cheville (opérée ou non) évoluent en moyenne :
Cette courbe montre que les gens qui ont eu la cheville cassée et qui ont été opérés ou non récupèrent bien les 3 premiers mois suivants la fracture.
Qu’en conclure ?
Vous allez probablement très bien récupérer les 3 premiers mois ;
6 mois après la facture, vous devrez avoir retrouvé environ 80 % de vos capacités d’avant. C’est une donnée moyenne. Certaines personnes déclarent par exemple avoir retrouvé en 3 mois 90 % de leurs capacités d’avant.
Mes patients plâtrés ou opérés d’une cheville cassée mettent en moyenne 2 à 4 mois pour remarcher comme avant sans béquille. Pour ceux qui n’ont pas été plâtré ou opéré, c’est un peu plus rapide.
Vous pourrez probablement marcher à nouveau « comme avant » quelques mois après la fracture.
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture de cheville, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Remise en charge après fracture de cheville opérée. Khojaly R, Rowan FE, Hassan M, Hanna S, Mac Niocail R. Weight-bearing Allowed Following Internal Fixation of Ankle Fractures, a Systematic Literature Review and Meta-Analysis. Foot Ankle Int. 2022 Sep;43(9):1143-1156. doi: 10.1177/10711007221102142. Epub 2022 Jul 21. PMID: 35861219.
EARLY ROUTINE WEIGHT BEARING IS SAFE IN PATIENTS WITH ANKLE FRACTURES. Bugler K.E. and White T.O. Orthopaedic Proceedings 2015 97-B:SUPP_4, 14-14
Mateen et al. Early Weight-Bearing Following Ankle Fracture ORIF: Pertinent Pearls And Pitfalls. Podiatry Today. 2021
Les différents types de bottes de marche et d’orthèse en cas de fracture du pied. Choo YJ, Chang MC. Commonly Used Types and Recent Development of Ankle-Foot Orthosis: A Narrative Review. Healthcare (Basel). 2021 Aug 13;9(8):1046. doi: 10.3390/healthcare9081046. PMID: 34442183; PMCID: PMC8392067.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Parfois, la douleur dure dans le temps. Parfois, la douleur récidive. Parfois, la douleur survient sans qu’il y ait de traumatisme évident. Parfois, la douleur reste inexpliquée. Alors elle inquiète, dérange, questionne.
Que puis-je faire pour que la douleur disparaisse ? Est-ce qu’elle va durer encore longtemps ? Que puis-je mettre en place pour mieux la supporter en attendant ? Existe-t-il une solution pour éviter que la douleur revienne ?
Ou encore… Pourquoi est-ce que j’ai mal au fait ?
Cette dernière question, celle de la cause de sa douleur, est de première importance pour de nombreuses personnes [1]. Je le constate tous les jours dans ma pratique clinique : les patient·es veulent comprendre l’origine de leur expérience douloureuse.
Il n’est pas satisfaisant d’entendre quelque chose comme « votre douleur ne s’explique pas », « votre douleur est idiopathique » (cela veut dire la même chose, en langage médical).
Dans certaines situations, comprendre l’origine de sa douleur est relativement facile. Je trébuche, je tombe et me rattrape sur la main droite. J’ai mal au poignet. Je passe une radio : une fracture.
Dans d’autres situations, identifier la cause de sa douleur est plus complexe.
Hélas, il existe beaucoup de douleurs dont la cause est difficile voire impossible à identifier en l’état de nos connaissances scientifiques. Ce qu’en tant que patient(e) on aime parfois appeler « douleur inexpliquée dans le corps« .
Cet article s’adresse aux personnes ayant des douleurs appartenant à cette dernière catégorie. Son but est de vous fournir quelques éléments pour vous aider à :
donner du sens à ce que racontent ou proposent vos professionnels de santé ;
améliorer vos capacités à questionner et discuter avec eux vos expériences douloureuses.
♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique. 👨⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
En pratique, il est bon de distinguer deux types de causes à votre douleur :
d’un côté, il y a l’événement qui a causé, déclenché votre problème au départ. Par exemple, ce peut être, un coup, une chute, un mouvement brusque ou un changement hormonal. Appelons cet événement déclencheur la cause première de votre douleur.
d’un autre côté, il y a tout ce qui fait que votre douleur persiste. Ce sont tous les événements biologiques qui continuent à œuvrer dans votre corps après l’événement déclencheur. Tous les événements biologiques qui contribuent à entretenir votre douleur. Appelons ces événements biologiques la cause seconde de votre douleur.
Selon la douleur, il peut être plus ou moins facile de connaître la cause première sans connaître la cause seconde (et inversement).
Heureusement, connaître seulement une des causes suffit parfois à proposer une prise en charge de la douleur adaptée.
Exemple du lumbago ou lombalgie aiguë
Imaginons un déménagement. Un des protagonistes, une jeune adulte, tente de déplacer seul un meuble imposant. Elle n’a pas l’habitude de ce type d’exercice. Elle ne prête pas attention à sa technique. Crac. Une vive douleur se déclenche dans le bas de son dos.
Quant à la cause seconde, elle sera souvent impossible à identifier. On pourra bien toujours faire quelques suppositions :
Contracture musculaire ?
Lésion musculaire ?
Lésion ligamentaire ?
Lésion d’un disque intervertébral ?
Combinaison de plusieurs lésions ?
Dans tous les cas, aucune de ces hypothèses ne pourra être confirmée avec un niveau de certitude satisfaisant. À ce jour, nos outils d’examen ne sont pas suffisamment performants pour cela (IRM inclus ! J’y reviendrai dans un prochain article).
Par chance pour notre jeune déménageuse, la simple connaissance de la cause première de la douleur suffit à déterminer la conduite à tenir :
la rassurer sur l’absence de gravité du problème ; (Remarque : le fait qu’une douleur soit très intense ne veut pas forcément dire que le problème est grave. Prenez une crampe par exemple. Inversement, de nombreuses lésions cancéreuses peuvent pendant longtemps ne provoquer aucun symptôme.)
l’encourager à rester active autant que possible ;
la rassurer sur l’évolution du problème : dans un tiers des cas, la douleur aura totalement disparu dans les deux semaines, quoi qu’elle fasse (voir l’article sur la durée des douleurs au dos).
En résumé
Il y a l’événement qui a causé votre douleur au départ : sa cause première.
Il y a les événements biologiques qui entretiennent votre douleur : sa cause seconde.
D’un point de vue thérapeutique, il est parfois suffisant de connaître uniquement la cause première pour aller de l’avant.
Bien sûr, il est parfois pertinent de se préoccuper de la cause seconde de sa douleur. Voici pourquoi.
Pourquoi se préoccuper de la cause de sa douleur ?
Il y a au moins deux raisons importantes à se préoccuper de la cause d’une douleur :
comprendre ce qui se passe, cela rassure ;
mieux comprendre quoi faire pour enrayer la douleur, en ciblant la cause du problème (quand c’est possible).
Nous allons maintenant voir que se préoccuper de la cause de sa douleur, c’est se préoccuper de la question du diagnostic.
Qu’est-ce qu’un diagnostic ?
Poser un diagnostic fait référence à deux actions distinctes : expliquer votre problème et étiqueter votre problème.
Expliquer votre problème
Poser un diagnostic revient d’abord à expliquer :
l’événement qui a déclenché votre douleur (la cause première) ;
ce qui se passe dans votre corps qui entretient la douleur (la cause seconde) ;
Par exemple, cause première : votre mal de dos et votre douleur dans la fesse droite résulte d’une journée complète passée à réaliser une activité exigeante et inhabituelle (mettons un déménagement) ;
Cause seconde : votre mal de dos et votre douleur dans la fesse droite s’explique par une hernie discale qui vient comprimer votre nerf sciatique droit.
Appelons dorénavant cet acte d’expliquer votre problème l’explication diagnostique.
Étiqueter votre problème
Toujours dans le cas illustratif d’une douleur de dos accompagnée d’une douleur dans la fesse droite, donner un nom à votre problème pourrait être vous dire que vous souffrez d’une « discopathie L5-S1 ».
Appelons à présent cet acte d’étiqueter votre problème l’étiquetage diagnostic.
En règle générale, étiquetage diagnostic et explication diagnostique sont liés.
Dans l’exemple précédent, l’étiquette diagnostique « discopathie L5-S1 » sert de raccourci à l’explication diagnostique « Votre mal de dos et votre douleur dans la fesse droite s’explique par une hernie discale qui vient comprimer votre nerf sciatique droit. ».
Étiqueter n’est pas expliquer
Bien que les actions d’étiqueter et d’expliquer votre douleur soient reliées, il est important de bien les distinguer pour deux raisons :
les fausses étiquettes diagnostiques ;
les étiquettes diagnostiques trompeuses.
Les fausses étiquettes diagnostiques
Parfois, l’« étiquette diagnostique » qui vous est proposée ne fait pas référence à une explication sur la cause de la douleur. C’est que j’appelle une fausse étiquette diagnostique.
Imaginons que vous vous présentiez à un médecin avec un mal de dos accompagné d’une douleur dans la fesse droite et que celui-ci vous déclare : « Vous avez une lombalgie. »
En réalité, « lombalgie » ne signifie rien d’autre que « douleur de dos » dans le jargon médical. En aucun cas cette étiquette ne fait référence à une explication de la cause de votre douleur.
C’est d’ailleurs pour cela que j’ai mis « étiquette diagnostique » entre guillemets au début de ce paragraphe. Il ne s’agit en réalité pas vraiment d’une véritable étiquette diagnostique. C’est uniquement une traduction de votre plainte en jargon médical.
En pratique, il est donc bon de ne pas se contenter d’une simple étiquette diagnostique et de s’enquérir d’une explication (si elle est accessible). Et ceci est d’autant plus vrai qu’une simple étiquette diagnostique peut, même si elle n’est pas fausse, être trompeuse.
Les étiquettes diagnostiques trompeuses
Parfois, une étiquette diagnostique peut induire en erreur. C’est par exemple le cas de l’étiquette « tendinite » qui laisse à penser que vous souffrez d’une inflammation d’un tendon.
Cette étiquette est trompeuse pour une raison simple : le tendon est composé de plusieurs parties, certaines pouvant s’inflammer et d’autres non.
Il y a donc un risque d’erreur à se contenter de l’étiquette diagnostique « tendinite » : croire utile de prendre des anti-inflammatoires pour soulager sa douleur alors que celle-ci vient d’une partie non inflammable du tendon.
Douleur inexpliquée dans le corps : à retenir
La cause de sa douleur, c’est à la fois ce qui l’a déclenché (cause première) et ce qui l’entretient (cause seconde).
Avoir une idée sur l’une des deux causes seulement peut suffire à aller de l’avant d’un point de vue thérapeutique.
Il ne faut pas confondre le nom donné à votre douleur (l’étiquette diagnostique) et l’explication de la douleur (l’explication diagnostique).
Il existe de fausses étiquettes diagnostiques, simples traductions de vos plaintes en jargon médical (exemple : « mal de dos » = « lombalgie »).
Il existe des étiquettes diagnostiques trompeuses pouvant conduire vers de fausses pistes thérapeutiques (exemple : « tendinite »).
À noter que le fait d’ignorer la cause d’une douleur n’empêche pas de mettre en place une stratégie intelligente pour la gérer au mieux.
Encore des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Je vous laisse aussi découvrir ces ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent ce site internet :
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
Comment arrêter le métier de kiné ? Quels conseils de reconversion professionnelle pour un kiné en détresse ?
Chaque mois, des centaines de kinésithérapeutes cherchent des informations à ce sujet sur internet. J’ai moi-même toujours eu une activité en parallèle de la kinésithérapie depuis que j’ai mon diplôme de kiné, en 2012.
J’aime plein de choses dans notre métier de kiné, et moins d’autres. Cumuler 2 activités professionnelles est donc l’option que j’ai choisi.
👉 Dans cet article, j’ai décidé de partager avec vous toutes mon expérience, mes recherches et mes réflexions, souvent avec des collègues kinés, sur la reconversion professionnelle quand on est kiné au départ.
Mon but n’est bien évidemment pas de vous convaincre de changer de métier : cela fait plusieurs années que j’aurais la possibilité matérielle et financière d’arrêter totalement de travailler comme kiné, et pourtant, je n’ai pas fait ce choix.
(Édit d’août 2023 : 7 mois après avoir écrit cet article, j’ai décidé d’arrêter de travailler comme kiné libérale/salariale, mais je reste kiné via mon travail d’editrice et rédactrice pour mon propre site sur lequel vous êtes !).
Je sais qu’il y a 1 000 raisons de se réjouir d’être kiné, et que certain(e)s travaillent 40 ans (ou plus !) avec passion 💙.
Je veux simplement montrer qu’une issue est (en théorie…) possible pour toutes celles et ceux qui se sentent emprisonnés dans leur métier de kiné.
Toute remarque ou témoignage est bienvenu en commentaire ! Bonne lecture 🙂.
♻️ Dernière mise à jour : 17 février 2024. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : pas de lien affilié. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Pourquoi vouloir changer de métier quand on est kiné ?
À ma connaissance, il n’existe pas de statistiques sur le nombre de kinés en France qui souhaitent se reconvertir. En tout cas, le sujet revient régulièrement dans les discussions à peu prêt à tous les endroits que j’ai fréquenté comme kiné :
durant les pauses repas avec mes collègues kinés hospitaliers ou en centre de rééducation ;
dans les groupes Facebook entre kinés, sur les réseaux sociaux ;
dans mes discussions avec d’autres collègues kinés libéraux vers chez moi.
Et je fais le pari que chaque kiné a au moins un exemple de collègue qui s’est reconverti ! Je liste à ce sujet les expériences de reconversion de quelques amis et connaissances kiné 😁.
Autre élément : voici les expressions tapées quelques dizaines de fois sur Google par des kinés en France, chaque mois (certaines vous feront sans doute sourire !) :
Kiné en détresse reconversion ;
quelle reconversion possible pour un kiné
la kiné ne sert à rien
kiné métier fatiguant.
Des expressions tapées dans Google probablement par des kinés en désir de reconversion professionnelle !
Se reconvertir, changer de voie, n’est bien sûr pas propre aux kinés.
Je n’ai pas trouvé de données empiriques qui énumèrent les motivations principales à changer de métier quand on est kiné. Alors je liste simplement les avantages et inconvénients des métiers de kiné que je perçois.
Avantages du métier de kiné ☑️
Voici quelques-uns des avantages que je vois à la profession de kiné par rapport à d’autres professions.
La sécurité de l’emploi : à l’heure où j’écris ces lignes, il y a 1659 offres d’emploi de poste de kiné en France rien que sur Pôle-Emploi (France Travail). À titre de comparaison, il y a actuellement seulement 63 offres d’emploi pour ma seconde activité professionnelle, la rédaction web.
La mobilité géographique : si l’on souhaite changer de région, on rencontre peu de difficultés par rapport à d’autres métiers plus en tension. Rien que sur Pôle-Emploi, il y a des dizaines d’offres dans tous les départements, y compris les plus côtés comme la Côte d’Azur.
Le salaire : qu’on soit en salariat ou en libéral, on gagne en tant que kiné plutôt plus que le salaire médian en France (2 000 euros net pour un temps plein en 2020 ; Insee). On peut bien sûr trouver que ce n’est pas assez par rapport à d’autres professions où les études soient moins longues ou le travail jugé moins pénible ; néanmoins, cela reste un fait : on se situe, même ramené à l’heure, plutôt dans la moitié française plus aisée quand on est kiné. Voir mon article sur le salaire des kinés salariés en France.
Le feedback, la reconnaissance des patient(e)s, le sentiment d’avoir rendu service: c’est un critère bien sûr difficile à évaluer objectivement. Il me semble cependant qu’en tant que kiné, on a plus de retours fréquents de patients satisfaits que dans d’autres professions (par exemple, dans le digital, dans les ressources humaines, ou lorsqu’on fait de la prospection téléphonique).
Le capital sympathie : quand on dit qu’on est kiné, ça fait plutôt classe. Kiné revient assez fréquemment dans les sondages où l’on demande aux Françaises et Français quels sont les professionnels qu’ils préfèrent (source : Harris 2015).
La diversité des postes : trouver un poste en salariat tout comme en libéral est en général possible. On a donc le choix du statut (indépendant ou salariés). Mais aussi des types de population avec lesquelles on souhaite travailler : enfants, personnes âgées, sportifs. Et des structures : centres de rééducation, hôpital public ou privé, cabinet libéral, soins à domicile, établissement thermal, etc.
Inconvénients du métier de kiné ❌
Je trouve qu’il est encore plus difficile de lister des inconvénients qui font plutôt l’unanimité. Voici ma tentative !
La subordination aux médecins, chirurgiens ou à l’Assurance maladie : une étude menée sur des kinés autrichien(ne)s montre d’ailleurs qu’une source d’insatisfaction des kinés salariés est le manque d’autonomie et de reconnaissance (Latzke 2021). C’est d’ailleurs une des raisons qui m’a conduit à arrêter le salariat pour le libéral. En libéral, certains kinés sont insatisfaits du conventionnement avec l’Assurance maladie qui limite leur possibilité de pratiquer plus librement leurs tarifs, même quand le patient est prêt à payer de sa poche. Cela aussi m’insatisfait (d’autant plus que notre marge de manœuvre est très faible !), c’est pour cela que j’ai une autre activité professionnelle (la rédaction web santé) qui me permet de fixer mes tarifs directement avec les bénéficiaires, sans intermédiaire !
La fatigue mentale ou physique : il est reconnu que les kinés (et les professionnels de santé en général) sont exposés à des niveaux de stress élevés (Puhanic 2022). Des dizaines de kinés tapent chaque mois dans leur moteur de recherche « kiné métier fatiguant » ! (Il faudrait cependant regarder si c’est plus fréquent de trouver son métier fatiguant quand on est kiné, que dans d’autres secteurs.)
Le manque de stimulation intellectuelle au bout d’un certain temps, la routine ou l’impression d’avoir fait le tour du métier. C’est personnellement ce point précis qui a fait que j’ai toujours consacré une part importante de mes semaines à d’autres activités professionnelles ou associatives me permettant de ressentir une stimulation intellectuelle différente / plus importante.
L’impression de ne pas pouvoir répondre aux attentes des patient(e)s : certain(e)s patient(e)s sont très demandeurs et éternellement insatisfait(e)s. Cela n’est pas forcément de leur faute, eux les premiers aimeraient sans doute être différents… Mais on n’a parfois pas d’emprise là-dessus. On peut se mettre dans des situations désagréables voire intenables, qui débouchent parfois sur un burn-out à force de ne pas arriver à donner satisfaction aux personnes que l’on accompagne. Mais certain(e)s kinés ne ressentiront jamais cela.
L’isolement, le manque de contacts professionnels : c’est quelque chose de surtout décrit chez les kinés libéraux, dans l’étude dont j’ai déjà parlé sur la satisfaction des kinés autrichien(ne)s (Latzke 2021).
Dans les publications sur la satisfaction professionnelle des kinés et soignant(e)s, il est rapporté que les facteurs intrinsèques (l’environnement de travail) déterminent plus la satisfaction au travail que les facteurs extrinsèques (le salaire, la possibilité d’évoluer) (Puhanic 2022).
La balance avantages/inconvénients est défavorable pour vous ? J’énumère maintenant quelques alternatives à la profession de kiné. D’abord sans trop changer de voie ; puis en repartant complètement à 0 ou presque.
Je donne quelques éléments sur les différentes professions (salaires, formation nécessaire, missions). Je ferai peut-être du contenu plus détaillé sur celles que je connais le mieux si vous le souhaitez (faites-moi dans ce cas vos demandes en commentaire).
12 idées de professions où l’on conserve ses compétences de kiné
Vous n’avez pas envie de « repartir à 0 » ? Vous souhaitez ré-utiliser certaines de vos connaissances ou compétences acquises comme kiné ? Voici une sélection de métiers qui permettent cela ! Avec des idées de salaire, et quelques avantages et inconvénients.
Je vous mets aussi quelques notes personnelles pour les métiers que j’ai exercé ou envisagé.
Il n’y a pas que les soins hors nomenclature / déconventionnés comme solution pour quitter la kinésithérapie conventionnée auprès des patient(e)s !
Mission : délivrer des cours aux étudiant(e)s kiné quand ils sont à l’école, gérer des plannings, superviser le retour de stages, le mémoire.
Salaire : à partir de 2300 euros brut/mois. 6 semaines de congés payés pendant les périodes de vacances scolaires + 5 jours
Contrainte : vous devrez habiter à côté d’un des 51 IFMK en France (il n’y en n’a pas dans tous les départements).
Formation : il vous faudra un diplôme de cadre de santé (bac+5) ou un Master.
Certains kinés deviennent cadre de santé formateur en école d’infirmier (IFSI) ou dans des écoles pour d’autres paramédicaux (notamment les ergothérapeutes).
Il est aussi possible d’intervenir en IFMK pour donner ponctuellement des cours. Ce que j’ai fait pendant plusieurs années. L’heure de cours est rémunérée aux environs des 25 euros brut. Le temps de préparation n’est pas rémunéré. Autant dire que ramené à l’heure, c’est très mal payé si l’on prend le temps de bien préparer, mettre à jour et faire évoluer ses cours. Vous pouvez aussi être rémunéré pour faire passer l’oral du mémoire ou des examens. Là, c’est un peu mieux rémunéré, et le temps de préparation est moins important.
Mission : délivrer des cours en présentiel ou en distanciel à destination de professionnels (soignants le plus souvent). Parfois les cours sont déjà tout faits, parfois ce sera à vous de les créer
Contrainte : déplacements fréquents en région ou sur toute la France.
Formation : le DE de kiné peut suffire.
De nombreux kinés montent aussi leur propre organisme de formation continue pour délivrer des formations prises en charge par le DPC ou le FIF-PL. Celles et ceux que je connais continuent cependant à pratiquer en libéral ou en salariat en parallèle.
Dès le lycée, certains jeunes se spécialisent dans le secteur de la santé et du social (accompagnement, soins et services à la personne, etc.). Il s’agit des formations qui peuvent déboucher sur des bacs professionnels ou technologiques. Dans des lycées ou des Centres de formation pour apprentis (CFA).
Mission : préparer et enseigner des cours théoriques ou pratiques à des adolescents dans des matières plus ou moins en lien avec la santé. Organiser et corriger des examens. Gérer potentiellement des retours de stage.
Salaire : un professeur de lycée professionnel de classe normale commence à 1891 euros brut/mois et finit à 3264 euros brut/mois.
Contrainte : tous les élèves présents dans ces formations n’ont pas forcément choisi vraiment d’être là. Contrairement à la formation continue des adultes, il y a peut-être plus de risque de devoir faire de la discipline ou d’être confronté à certaines personnes moins motivées.
Formation : le DE de kiné peut suffire.
J’avais postulé pour être prof santé en lycée (pour le simple plaisir d’expérimenter autre chose). J’avais eu quelques touches, mais pour des tout petits contrats (quelques jours) à plus de 40 km de chez moi.
Intervenant(e) en entreprise
En France, l’État incite financièrement les entreprises à investir dans des actions en faveur de la santé et de la qualité de vie au travail. La plupart des entreprises ont donc des budgets (parfois très importants) pour cela. Et les kinés font partie des professionnels qui peuvent dispenser ce type d’action.
Mission : animer des conférences, des ateliers voire des consultations individuelles auprès des salariés d’une entreprise.
Salaire : il s’agit de prestations délivrées sous un statut de société, d’activité libérale secondaire ou d’auto-entrepreneur, sans salaire fixe. Les demi-journées d’intervention sont facturées généralement plusieurs centaines d’euros.
Contrainte : beaucoup de kinés et d’autres professionnels souhaitent développer cela. Il y a donc une forte concurrence, il faut savoir démarcher ou faire jouer le bouche à oreille pour obtenir des contrats.
Mission : le cadre de santé gère une équipe de kinés ou d’autres professionnels de santé dans un établissement de santé. Notamment les plannings, les absences imprévues, l’organisation du travail.
Salaire : un peu plus élevé que celui de kiné salarié.
Contrainte : il faut souhaiter occuper des fonctions de management, avec tout de même des supérieurs au-dessus de soi !
Formation : obtenir le diplôme de cadre de santé en institut de formation de cadre de santé.
Coach sportif
Possibilité de travailler dans des salles de sport, des associations ou même à son compte, par exemple en faisant des séances à domicile, en entreprise ou en extérieur.
Mission : délivrer des cours de sport ou superviser des entraînements avec des objectifs bien-être, santé, perte de poids ou sportif.
Salaire : les profs de sport en salle commencent souvent au SMIC. Il est possible de travailler comme indépendant et de facturer directement ses clients. Revenus très variables selon l’activité.
Contrainte : métier nécessitant de l’énergie physique et mentale.
Formation : le fait d’avoir le DE de kiné permet d’obtenir directement sa carte d’éducateur sportif. Il n’y a pas besoin de formations complémentaires au DE de kiné pour commencer à travailler comme coach sportif. Cf l’article L.212-8 du Code du sport pour plus d’informations sur ce qu’on a le droit de faire ou non en libéral ou salarié en tant que « coach sportif ».
Copywriter / Rédacteur rédactrice web santé
Mission : écrire des textes sur des sujets de santé pour des sites internet appartenant à des médias, des entreprises, des commerçants, des personnalités.
Salaire : en salarié, certains commencent au SMIC ou à peine plus. En freelance, les revenus sont très variables. Certains n’arrivent pas à s’en sortir, d’autres gagnent jusqu’à plus de 5 000 euros net/mois. Voir mon article plus complet sur mes revenus (et les salaires en général) en rédaction web.
Contrainte : métier qui se pratique essentiellement derrière son ordinateur.
Formation : le DE de kiné peut suffire, mais il faut avoir de l’expérience professionnelle ou bénévole dans la rédaction.
J’ai écrit un article complet sur la profession de rédacteur web santé, que j’ai exercé pendant presque 4 ans en parallèle de la kiné.
Autre professions de santé ou vétérinaire
Il existe de nombreuses passerelles pour accéder à des métiers de la santé humaine ou vétérinaire lorsqu’on a déjà un DE de kiné. En vrac, on peut citer : médecin, psychologue, diététicien, vétérinaire, assistant vétérinaire, sage-femme, infirmier, etc.
Mission : délivrer des examens, des soins et des actions de prévention pour la santé physique et/ou mentale.
Salaire : très variable selon le métier et le statut.
Contrainte : nécessite tout de même de reprendre quelques années d’études, même pour des profession comme celle d’infirmier(e) ou de psychologue.
Formation : il faut obligatoirement repasser par une formation à la faculté ou en école de quelques années, même si une partie de la formation peut être évitée grâce au DE. Et l’accès peut être facilité par rapport à des étudiant(e)s sortant du bac.
Maître de conférence / enseignant(e)-chercheur(e)
Il existe depuis quelques années une filière d’enseignants-chercheurs dans les disciplines maïeutique, sciences de la réadaptation et de la rééducation et sciences infirmières.
Mission : délivrer des cours à des étudiants en faculté et mener des projets de recherche (tout en cherchant des financements), encadrer des projets de recherche d’étudiant(e)s.
Salaire : un maître de conférence de classe normale commence à 2298 euros brut/mois et finit à 4026 euros brut/mois.
Formation : il faut disposer a minima d’un doctorat (BAC +8) donc faire une thèse. Et parfois derrière un post-doc (+2 ans) et/ou une qualification.
C’est une voie vers laquelle j’ai hésité à me tourner. J’ai d’ailleurs suivi un Master Recherche quelques années après mon DE de kiné. Puis j’ai envisage de faire une thèse avec un financement. Mais je n’avais pas envie de consacrer 3 ans de ma vie (voire plus) à un unique projet de recherche, et il est difficile de faire quelque chose à côté d’une thèse. J’ai découvert la rédaction web en santé et j’ai préféré abandonner la voie académique (où nos papiers rédigés pendant des années ne sont parfois jamais lu!).
Salarié d’une entreprise santé / marketing / commercial
De nombreuses entreprises privées du secteur de la santé (telles que Doctolib pour l’une des plus connues) ont besoin de salariés. Et ces entreprises sont parfois intéressées par des profils de professionnels de santé reconvertis, avec l’œil du terrain.
Mission : très variable selon le type de poste que vous visez. Ça pourra être de démarcher (virtuellement ou physiquement) des établissements ou des professionnels de santé. De rédiger du contenu santé pour la presse ou des sites internet. De concevoir des nouveaux produits (physiques ou digitaux), etc.
Salaire :variable, du SMIC jusqu’à plus de 3000 euros net/mois, et plus en évoluant.
Contrainte : vous êtes en concurrence avec des diplômés d’écoles de commerce ou de marketing. Ils et elles n’ont pas le background santé, mais d’autres points forts.
Formation : un diplôme ou une expérience professionnelle dans le marketing / le commerce sera sans doute nécessaire.
J’ai l’occasion de collaborer tous les mois avec des entreprises de ce secteur en tant que consultante ou rédactrice. C’est très enrichissant d’être confrontée à cet univers très différents de celui des établissements de santé. J’ai aussi régulièrement des propositions pour être embauchée comme salariée par ces entreprises, car le profil kiné du terrain les intéresse. Mais je ne souhaite pas me salarier à nouveau à l’heure actuelle.
Des exemples de noms de métiers de cette catégorie. Rassurez-vous, moi aussi avant de cotoyer ces milieux, je ne voyais aucune différence entre ces différents métiers !
De nombreux et nombreuses kinés créent des start-ups ou se lancent dans une activité secondaire en faisant une adjonction d’activité (freelancing, solopreunariat). Souvent en parallèle de leur métier de kiné : on parle dans ce cas de side-business.
Mission : infinie ! Tout dépend des idées que vous avez, d’avec qui vous collaborez, des financements que vous trouvez… Au début d’un projet entrepreneurial, on touche souvent un peu à tout : recherche et développement, vente, communication, recherche de partenariats et financement, comptabilité, etc.
Salaire : extrêmement variable. Certains chefs d’entreprises n’arriveront jamais à se sortir de salaires (voire auront des dettes), d’autres gagneront des milliers d’euros net. On parle d’ailleurs plutôt de revenu.
Contrainte : il faut avoir une idée et se sentir emballer par le lancement et le développement d’un projet entrepreneurial ! Et réussir à trouver non pas le produit parfait à ses yeux (ça s’est assez facile), mais le produit parfait pour des gens qui en ont besoin !
Formation : le DE de kiné suffit techniquement/réglementairement.
Praticien(ne) de santé ou du bien-être déconventionnés
J’ai volontairement mis en dernier cette alternative car c’est celle que je vois la plus souvent citée ! Il n’y a donc rien d’original à la suggérer. La liste des pratiques exercées en non conventionnés par des kinés est quasi infinie : acupuncture, massages bien-être, hypnothérapeute, microkiné, kinésiologue, ostéopathe, prof de pilates, prof de yoga etc.
Mission : accompagner physiquement ou psychiquement des personnes dans le but qu’elles se sentent mieux, qu’elles remplissent leur objectif de santé, de bien être ou autre.
Salaire : les praticiens de soins déconventionnés facturent souvent à 40-50 euros les 45 minutes ou l’heure brut, voire plus. Mais les plannings ne sont pas forcément aussi remplis que ceux des kinés, surtout en début d’exercice.
Contrainte : après avoir été habitué à gérer des patients qui ne payaient pas leurs soins, il faut arriver à passer à un modèle où leurs séances sont rarement voire prises en charge par l’assurance maladie/les mutuelles.
Formation : le DE peut suffire pour les soins non conventionnels mais les kinés font souvent des formations continues complémentaires. Pour des pratiques réglementées, il faut un diplôme, Master ou un DU. Par exemple, vous pouvez être psychopraticien rien qu’avec le DE de kiné, mais vous devrez avoir un Master ou d’autres diplômes si vous voulez vous appeler psychologue ou psychothérapeute.
J’ai moi-même eu une activité non conventionnée très « nichée ». J’ai proposé des téléconsultations individuelles facturées 100 euros l’heure (avec suivi derrière 1 mois par mail + envoi d’un bilan à destination du médecin traitant si besoin) à des personnes atteintes d’hyperhidrose. Pathologie au sujet de laquelle je crée des articles factuels basés sur la littérature scientifique internationale depuis 11 ans. J’avais 0 à 4 téléconsultation par mois, puis j’ai arrêté pour me consacrer plus pleinement à Fonto Media.
Il existe au moins 12 autres groupes de professions (sûrement beaucoup plus) pour lesquelles on peut mettre à profit son expérience en tant que kiné !
Des métiers de kiné qui ont complètement changé de voie
Je suis sûre que vous avez autour de vous des exemples de kinés qui ont complètement changé de voie. Qui exercent maintenant des jobs qui n’ont rien à voir avec la kiné (même si l’on peut toujours trouver des liens !).
En théorie, le fait d’avoir suivi des études de kiné et d’avoir exercé cette profession n’empêche aucunement de bifurquer totalement !
Voici la liste des professions qu’on choisit de faire des personnes de mon entourage qui ont été kiné à un moment de leur vie, et plus maintenant.
6 idées pour envisager de continuer le métier de kiné… autrement ?
Êtes-vous sûre(e) et certain(e) à 10 000 % d’avoir vraiment fait le tour de TOUTE la profession de kiné ? Dans cette partie, je détaille toutes les voies à explorer comme kiné. Au cas où certaines vous inspirent !
Basculer vers le libéral (ou salariat)
À ma connaissance, des kinés basculent à succès depuis le libéral vers le salariat, ou l’inverse. Les motivations sont multiples et on trouve des avantages et des inconvénients aux 2 !
En salariat, on peut travailler dans de nombreux endroits différents :
centres de rééducation / soins de suite et réadaptation généralistes ou spécialisés (sportifs, grands brûlés, pédiatrie, neurologie, gériatrie, éducation thérapeutique) ;
établissements thermaux. Dans certains, on fait exclusivement du massage, et parfois des cours de sport aquatique. Dans d’autres, les missions sont plus variées : éducation thérapeutique, coaching, sorties marche, etc ;
services de soins à domicile pour les enfants (SESSAD), où l’on intervient à leur domicile ou sur leur lieu de scolarisation.
Si l’on souhaite changer souvent d’emploi et de région, l’intérim est aussi une option à considérer.
💡 En plus de consulter les offres d’emploi sur les sites comme Pôle-Emploi / France Travail, Physiorama et FHF (liens en fin d’article), n’hésitez pas aussi à postuler directement auprès des établissements, via des candidatures spontanées. C’est ainsi que j’ai obtenu la plupart de mes posts salariés, en Corse, en Bretagne, dans le Jura ou en Savoie.
En libéral aussi, les possibilités sont multiples :
travailler seul en cabinet, ou à plusieurs. En tant que remplaçant, assistant/collaborateur ou titulaire. En maison de santé pluridisciplinaire, en solo, en gros cabinet très équipé (gymnase, balnéo) ou au contraire avec un minimum de choses ;
intervenir auprès d’équipes sportives (à temps partiel) ;
intervenir en SSR ou en clinique ;
développer des cours collectifs (Pilates, yoga, gym, marche, éducation thérapeutique, ateliers prénataux, etc.).
Se spécialiser
Certains kinés décident de se spécialiser dans un seul secteur. Pour différentes raisons : par passion, par désir intellectuel, pour être reconnu comme expert, pour se démarquer…
Certaines personnes apprécient leur métier de kiné clinicien. Mais à condition de ne pas y consacrer trop d’heures dans la semaine… C’est totalement mon cas ! Je me suis donc organisée ainsi :
quand j’étais en salariat, je travaillais à 80 % ;
quand j’ai eu mon deuxième enfant, le salariat même à 80 % n’était plus assez flexible pour conjuguer d’autres activités professionnelles. Je suis donc passée en libéral (aussi pour d’autres raisons) ;
je réalise 30 à 50 prises en charge/semaine maximum en libéral, avec 5 à 8 semaines sans patient(e)s/an. Uniquement comme kiné à domicile pour limiter les charges (et parce que j’aime bien ce mode d’exercice).
Je sais que de nombreuses personnes travaillent ainsi, à mi-temps kiné cabinet ou domicile, et :
à temps partiel en tant que cadre formateur en école de kiné ;
Des entreprises commencent à développer des services plus ciblés aux patient(e)s, en partenariat parfois avec des établissements de santé. Et recrutent des kinés pour superviser à distance des rééducations.
Cela se fait particulièrement aux États-Unis, mais on commence à voir cela un peu en France (lien en fin d’article dans les ressources).
Une piste à explorer si vous êtes attiré par l’idée de travailler depuis chez-vous, ce qu’on appelle le full-remote !
Attention cependant, si votre principale motivation à diversifier est de gagner plus, la téléconsultation n’est sûrement pas une bonne option. 30 minutes de téléconsultation prend en réalité beaucoup plus de temps que 30 minutes en face à face, même avec de bons outils : se connecter un peu avant, gérer les éventuels soucis techniques et difficultés de la personne, faire un compte-rendu derrière, etc. C’est en tout cas mon expérience !
Travailler comme kiné dans un autre pays
Certain(e)s kinés français(e)s partent travailler dans d’autres pays : Québec, Canada, Suisse, etc.. Il faut effectuer certaines démarches pour avoir une équivalence de diplôme.
Créer son blog ou média en ligne dédié à la kiné ?
Lorsque j’avais rédigé mon article pour la première fois, je n’avais pas évoqué cette possibilité. Mais 7 mois plus tard, je sais qu’avec beaucoup de travail (et probablement aussi une part de chance !) il est possible de vivre de ses connaissances de kiné en les diffusant sous une autre forme qu’après des patient(e)s en prise en charge individuelle ou collective, ou qu’en enseignant : en créant son propre média.
Bien sûr cela reste anecdotique, mais c’est une possibilité !
N’hésitez pas à me dire en commentaire si vous souhaitez que je développe plus ce point !
Comment financer sa reconversion professionnelle quand on est kiné ?
Le financement de votre reconversion professionnelle va dépendre de nombreuses choses :
votre statut actuel (libéral ou salarié ?) ;
votre statut depuis que vous avez commencé à exercer ;
si vous avez déjà obtenu certains financements dans le cadre de la formation continue ou non ;
l’année où vous décidez de vous reconvertir (les lois au sujet du financement de la formation professionnelle changent TRÈS souvent) ;
votre future activité : avez-vous besoin de suivre une formation ? Combien de temps ?
Voici quelques conseils. À suivre bien sûr une fois que vous avez déterminé quelle profession vous souhaitez exercer. Bien que parfois, le mode de financement soit un des éléments qui nous permet de trancher quand on hésite !
Si vous avez besoin de vous former, contactez les établissements qui dispensent la formation que vous visez. Rien qu’en visitant leurs sites internet, vous aurez déjà des informations sur les pistes de financement possible. Contactez-les dans tous les cas. Ils ont souvent des personnes dont le travail est justement d’aider les futurs étudiants à financer leur formation ! Ça peut être une faculté, une école ou un organisme privé.
Demandez également à des kinés de votre entourage qui se sont reconvertis comment ils s’y sont pris. Vous pouvez aussi trouver des exemples dans le Groupe Facebook des kinés qui veulent se reconvertir (lien en fin d’article).
Envisagez de vous auto-financer en mettant de l’argent de côté. Ou en continuant à travailler un peu comme kiné le temps que votre autre profession décolle ou que vous trouviez un emploi.
Contactez un organisme qui accompagne dans la reconversion professionnelle. Je ne sais pas cependant si ces organismes utilisent des méthodes vraiment efficaces. J’imagine qu’ils font du mieux qu’ils peuvent.
Voici également une liste (non exhaustive) des 10 financements possibles pour un kiné en reconversion :
prêt bancaire ;
congé de formation professionnelle (CFP), pour les salariés ;
financement d’une formation par Pôle-Emploi / France Travail (si vous êtes demandeur d’emploi, après la fin d’un CDD ou si vous avez eu une rupture conventionnelle) et rémunération des formations pôle-emploi ;
aide de retour à l’emploi (si vous êtes demandeur d’emploi) ;
FIF-PL (surtout pour les formations dans le secteur des soins non conventionnés) ;
formation en alternance (nom officiel : Pro A : reconversion ou promotion par l’alternance) ;
budget interne de l’établissement de santé dans lequel vous travaillez ;
bourse d’établissements de santé ou de l’ARS (pour les filières santé) ;
chèque formation (délivré par les Conseils régionaux).
J’ai moi-même bénéficié d’un congé de formation professionnelle (CFP) lorsque j’étais kiné hospitalière. J’ai pendant 1 an conservé 80 % de mon salaire sans travailler comme kiné, en suivant mon master 2 Recherche à l’université. Master intégralement financé dans le cadre du CFP (+ allers-retour jusqu’au lieu de formation). C’était très confortable. Mon projet était ensuite de continuer sur une thèse avec un financement CIFRE, mais j’ai finalement décidé de ne pas poursuivre.
Bien évidemment, ce n’est pas à moi de trancher à votre place sur est-ce qu’il faut ou non arrêter le métier de kiné !
Je crois qu’il est normal qu’un jour où l’autre on se pose la question. En tout cas, c’est le cas d’à peu prêt tous les kinés de mon réseau perso, moi compris 🙂 !
Pour des raisons intrinsèques, propres à l’activité de kiné. Mais aussi extrinsèques, par exemple en cas de gros changement dans sa vie personnelle (comme avoir un enfant ou un gros soucis de santé).
Vouloir arrêter le métier de kiné est une chose. Mais pour répondre à cette question, on est obligé de se demander quoi faire à la place : que faire de tout ce temps qui se libère ? Comment subvenir tout de même à ses besoins financiers (et ses engagements actuels) ?
J’espère vous avoir donné dans cet article quelques pistes ! Si vous avez une expérience à partager, des questions, n’hésitez pas à les laisser en commentaire. Je vous laisse également avec quelques liens et ressources complémentaires !
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Kiné Actu : Reconversion professionnelle, pourquoi ils semblent de plus en plus nombreux à y songer. 2020
Kinés devenus maîtres de conférence puis de nouveau cliniciens. Kiné Hurst KM. Experiences of new physiotherapy lecturers making the shift from clinical practice into academia. Physiotherapy. 2010 Sep;96(3):240-7. doi: 10.1016/j.physio.2009.11.009. Epub 2010 Jan 15. PMID: 20674657.
Le Groupe Facebook : Kinés en détresse, penser à une reconversion professionnelle, ainsi que mon groupe privé Facebook « Développer l’activité qui NOUS correspond » pour les personnes qui ont acheté un de mes ebooks
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Se faire poser une prothèse d’épaule peut être une solution pertinente à plusieurs problèmes ostéo-articulaires.
D’un autre côté, choisir de se faire opérer n’est jamais anodin. Il y a toujours des risques. Tout l’enjeu est de juger si les bénéfices que l’on peut tirer d’une pose de prothèse d’épaule dépassent les inconvénients possibles.
L’âge entre-t-il en compte pour bien apprécier cette balance entre risques et bénéfices potentiels ? Si oui, de quelle manière ? Traiter de ces questions est l’objet de cet article.
♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023. Rédigé par Albin Guillaud, kiné et docteur en santé publique. 👨⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Parmi les indications courantes à la pose d’une prothèse d’épaule, on trouve [1] :
une arthrose avancée de l’articulation entre l’humérus et la scapula (omoplate) ;
une ou plusieurs fractures de l’extrémité haute de l’humérus (en général chez la personne âgée) ;
la reprise d’une prothèse d’épaule existante (pour la remplacer ; motif principal : une rupture de la coiffe des rotateurs) ;
une tumeur osseuse de l’extrémité haute de l’humérus (sarcome).
Précision pour l’arthrose : sa présence seule, visible par exemple sur une radio, n’est jamais un motif suffisant de prothèse d’épaule. Il faut que cette arthrose ait aussi des conséquences douloureuses et fonctionnelles.
À quoi ressemble une prothèse d’épaule, une fois mise en place dans l’articulation
À quel âge se faire opérer d’une prothèse d’épaule ?
Il vous appartient de décider si oui ou non vous souhaitez vous faire installer une prothèse d’épaule.
À ce titre, vous pouvez être amené·e à vous poser des questions de timing : est-ce le bon moment ? Suis-je encore trop jeune ? Suis-je trop âgé·e ?
Suis-je trop jeune ?
Plus vous vous faites poser une prothèse d’épaule jeune, plus il y a de risques que vous ayez besoin d’une reprise par la suite (un remplacement de prothèse).
Il y a deux raisons à cela [2] :
la gravité du problème de départ ;
l’importance des contraintes que vous risquez de placer sur la prothèse.
Dans les deux cas, la question de l’âge est donc secondaire. Voyons pourquoi et quelles en sont les conséquences.
Gravité du problème de départ
Si on vous propose une prothèse d’épaule en dépit de votre jeune âge, il est possible que ce soit parce que la situation est délicate. Or plus le problème initial est sérieux, plus les risques de complications postopératoires sont élevés, indépendamment de votre âge.
C’est pourquoi, dans ce cas, la question la plus pertinente n’est pas tant « Suis-je trop jeune ? », que « Une prothèse d’épaule est-elle la solution la plus indiquée dans mon cas ? ».
Si vous avez un problème d’épaule complexe, il vous faut de toute façon trouver une solution (encore une fois, indépendamment de votre âge).
Vos exigences vis-à-vis de la prothèse
Plus on est jeune, plus on risque de reprendre des activités relativement exigeantes pour la prothèse (professionnelles, domestiques, sportives, etc.). On augmente ainsi les risques qu’elle ne tienne pas le choc.
C’est pourquoi ici la question la plus pertinente n’est encore pas tant « Suis-je trop jeune ? », que « En cas d’opération, comment reprendre mes activités en minimisant les risques de complications pour ma prothèse ? »
Suis-je trop âgé·e ?
Plus vous vous faites opérer à un âge avancé, plus il y a de risques que l’anesthésie générale se passe mal.
Plus on est âgé, plus on est susceptible d’avoir des problèmes de santé qui augmentent ces risques, des problèmes cardiaques notamment.
En pratique, en l’absence de tels problèmes de santé, il n’existe en principe aucune limite d’âge à la pose d’une prothèse d’épaule.
Encodre des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une prothèse d’épaule inversée :
…
Ces articles pourraient également vous intéresser :
[1] Kozak T, Bauer S, Walch G, Al-Karawi S, Blakeney W. An update on reverse total shoulder arthroplasty: current indications, new designs, same old problems. EFORT Open Rev. 2021 Mar 1;6(3):189-201. doi: 10.1302/2058-5241.6.200085. PMID: 33841918; PMCID: PMC8025709.
[2] Brewley, Earl & Christmas, Kaitlyn & Gorman, R. & Downes, Katheryne & Mighell, Mark & Frankle, Mark. (2020). Defining the younger patient: age as a predictive factor for outcomes in shoulder arthroplasty. Journal of Shoulder and Elbow Surgery. 29. 10.1016/j.jse.2019.09.016.
Rédigé par Albin Guillaud
Kiné et docteur en santé publique, j’ai à cœur de répondre au mieux possible à vos questions. Pour cela, je plonge volontiers au plus profond des abysses de la littérature scientifique internationale.
Entre deux immersions, j’aime arpenter les belles montagnes savoisiennes qui m’entourent ! 🌞❄️
Depuis quelques mois, je vois passer beaucoup de publicités pour les couvertures lestées. Habituellement, je suis assez sceptique sur les nouveaux produits santé de ce type arrivant à coût de fortes promotions sur le marché. Et avec beaucoup de prétentions quand à leurs bienfaits « naturels ».
Pour une fois cependant, mes a priori étaient plutôt positifs, ou plutôt disons, neutres, sur ces couvertures pondérées. Sans trop creuser le sujet, le principe d’action m’apparaissait potentiellement cohérent, si on ne s’attendait pas bien sûr à un traitement infaillible contre les insomnies.
J’ai donc voulu creuser un peu plus en profondeur le sujet. Pour moi-même, pour mes patient(e)s (je suis kiné) et pour mes lecteurs et lectrices !
Comme à mon habitude, j’ai donc cherché à savoir s’il y avait des études cliniques de qualité qui visaient à évaluer leur efficacité. Et si oui, sur quels paramètres ? Sur l’adulte, sur les bébés ?
D’autre part, est-ce que le mécanisme d’action théorique est cohérent avec ce qu’on sait à ce jour du sommeil ? Quels sont les avis des médecins et des autres professionnels de santé, si possible avec le moins de liens d’intérêt possible.
Enfin, qu’en pensent les utilisateurs ? Doit-on se fier aux avis dithyrambiques (ou au contraire, catastrophiques) qu’on trouve souvent sur internet ? Aux arguments délivrés par celles et ceux qui fabriquent et commercialisent ces couvertures ?
Vous trouverez (normalement !) les réponses à ces questions dans mon article. Si vous avez des questions, des remarques, l’espace commentaire est fait pour ça !
♻️ Dernière mise à jour : octobre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens Amazon affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Sommaire
Je résume cet article au format vidéo !
Qu’est-ce qu’une couverture lestée ?
Entendons-nous déjà sur ce dont nous parlons dans cet article : mettons-nous bien d’accord que ce qu’on met derrière « couverture lestée » !
Ses différents noms
Déjà, « couverture lestée » est le nom qu’on trouve le plus souvent. Mais d’autres noms désignent en fait le même type de produit. Voici la liste des noms que j’ai trouvé : tous désignent le même produit :
couverture lestée ;
couverture ou couette lourde ;
couverture pondérée ;
couverture de lestage ;
plaid lesté ;
couvertures thérapeutiques ;
couverture de lestage ;
couverture gravity (c’est une des marques qu’on retrouve le plus).
Les couvertures lestées prennent différents noms : couverture lourde, pondérée, etc. Il s’agit du même dispositif !
Depuis quand ça existe ?
Les couvertures lestées sous ce nom n’existaient selon moi pas depuis très longtemps quand j’ai écrit cet article en 2023. En tout cas, j’en entendais parlé que depuis quelques années, je dirais, mois de 5 ans.
Pourtant, les premières publications académiques (par des scientifiques) à leur sujet datent des années 2010 :
Les études sur les couvertures lestées indexées dans la plus grande base de donnée d’études médicales, PubMed/ la Medline.
En revanche, on en parlait déjà avant sur internet. Il y avait par exemple déjà ce livre publié pour la première fois en 2009. Sur les couvertures lestées pour les personnes atteintes d’autisme ou de douleurs chroniques :
Weighted Blanket veut dire couverture lestée en anglais.
Et j’ai même retrouvé dans les archives d’internet des marques qui commercialisaient des couvertures lestées depuis les années 1970… !
Pour preuve cet article du journal The New York Times du 27 janvier 1973 qui titrait :
Article du NewY ork Times qui parle des couvertures lestées déjà dans les années 1970 !
« Target Recalls Over 200,000 Children’s Weighted Blankets After 2 Girls Die. »
Ce qui se traduit par « Target rappelle plus de 200 000 couvertures alourdies pour enfants après le décès de deux fillettes. »
On peut sans doute aussi trouver des preuves d’utilisation de couvertures lestées bien avant en creusant un peu plus le sujet.
Les couvertures lestées étaient déjà commercialisées dans les années 1970 ! Mais les (rares) publications scientifiques à leur sujet datent des années 2010.
Comment ça fonctionne en théorie ?
Une couverture lestée est tout simplement une couverture (ou un plaid, une couette) beaucoup plus lourde qu’une couverture habituelle.
Elles peuvent être de poids différents et il est conseillé de les choisir justement en fonction de son propre poids : une personne de 55 kg n’utilisera pas une couverture du même poids qu’une personne pesant 120 kg. En général, on lit qu’il faut prendre une couverture qui fait 10 % de son poids de corps. Soit :
6 kg pour quelqu’un qui pèse 60 kg ;
12 kg pour quelqu’un qui pèse 120 kg.
En mettant une couverture lestée sur soi, selon les fabricants :
une pression est exercée sur notre corps. On parle parfois de pression de contact profonde, de toucher profond ;
grâce aux récepteurs présents sur notre peau, le cerveau perçoit cette sensation (qualifiée de sensation de câlin) ;
notre cerveau sécrète alors des hormones favorables au bien-être et au sommeil, la sérotonine, l’ocytocine et la mélatonine. Et réduit la sécrétion de l’hormone du stress, le cortisol ;
cela améliore le bien-être et le sommeil.
L’idée est bien sûr de dormir toute la nuit (même en plein été!) avec cette couverture pour en voir les effets bénéfiques. Et sur une partie suffisante du corps (si elle n’est que sur les pieds, il est logique de penser que cela n’aura pas le même effet que si elle est étalée des pieds jusqu’au cou !).
Couverture lestée : comment ça marche en théorie. La pression exercée sur notre corps fait que notre cerveau libère des hormones bénéfiques pour notre bien-être et notre sommeil. Mais c’est la théorie ! Nous allons voir dans la suite de l’article si cela se passe vraiment comme ça.
Ça, c’est la façon dont les fabricants présentent le mécanisme d’action des couvertures pondérées. Nous allons voir justement si les équipes de recherche qui ont cherché à évaluer l’effet des couvertures lestées valident ce mécanisme théorique (cohérent aux premiers abords) ou non.
Mais avant ça, voyons un peu ce que disent les utilisateurs, les médecins et autres professionnels de santé, et les fabricants sur les bienfaits (et les inconvénients) de ces couvertures.
En théorie, dormir avec une couverture lestée fait que notre cerveau sécrète plus d’hormones bénéfiques au sommeil et au bien-être que si on dormait sans.
Les avis des utilisateurs et du corps médical sur les couvertures lestées
Beaucoup de gens (j’en fais partie!) aiment s’appuyer sur des avis ou témoignages de leurs proches, voire même d’inconnus, pour évaluer a priori la qualité ou l’intérêt d’un produit de santé. Ou à l’avis des médecins, du corps médical ou paramédical.
Ceci a des limites (j’en parle plus loin dans la partie dédiée aux études sur les couvertures lestées). Il n’empêche qu’on a du mal à se passer de ça !
Alors, j’en dis quelques mots.
Les avis sur internet
Vous le savez sans doute aussi bien que moi : on trouve vraiment tout type d’avis sur un produit de santé sur internet. Mon réflexe est de regarder le ratio d’avis négatif/positif sur un site marchand qui n’est pas celui de l’entreprise.
Et de regarder les remarques négatives les plus fréquentes : est-ce que les points qui sont soulevés pourraient me gêner ? Par exemple, si c’est un problème de livraison et de carton abîmé, cela n’est pas très problématique pour moi.
Voici une sélection d’avis sur les couvertures pondérées :
Avis positif ; au bout de combien de temps d’utilisation ? Est-ce que l’effet décrit s’est maintenu dans le temps, y compris en été quand il fait très chaud ? Est-ce que la personne n’a pas mis en place en parallèle d’autres choses pour améliorer son sommeil ?
Un avis qui illustre que n’importe quel produit de santé peut avoir des effets secondaires : ici, empêcher de dormir au lieu de faciliter le sommeil !
Difficile selon moi se compter sur les avis, même potentiellement indépendants, pour se forger son opinion sur ce produit.
Pourquoi ? Pour au moins ces raisons :
on est rarement certain(e)s que ce soient de vrais avis ;
on ne sait pas combien de temps les couvertures ont été utilisées, et si l’avis a été déposé rapidement, alors qu’ensuite, les couvertures ont moins bien (ou mieux ?) marché ;
on ne sait pas si les personnes ont mis en place d’autres choses en même temps pour améliorer leur sommeil ;
on ne sait pas si le sommeil s’est amélioré naturellement de lui-même. Car le sommeil, l’anxiété ou les douleurs sont des phénomènes qui fluctuent quoi qu’on fasse. Des fois, on utilise quelque chose justement au pire moment, quand ça ne peut aller que mieux… quoi qu’on fasse !
Les avis du corps médical et paramédical
Est-ce que les avis du corps médical et paramédical ou scientifiques nous apportent des affirmations plus consistantes ?
Il est difficile de trouver des avis objectifs, indépendants et argumentés de médecins.
Quand vous vous baladez sur les sites des marques qui vendent des couvertures lestées, vous allez souvent trouver des pages consacrées aux « avis des experts », « avis des médecins ».
Le plus souvent, il s’agit cependant de l’avis de quelques professionnels (et donc pas l’avis DES médecins, mais de UN ou QUELQUES médecins).
De plus, il est raisonnable de penser que ces avis ont été sélectionnés : la marque ne va pas mettre en avant des avis négatifs, même s’ils existent.
Un exemple :
Un site vendant des couvertures lestées qui présente des avis de professionnels de santé ou du bien-être, qualifiés d’experts. On ne sait pas sur quoi se basent les professionnels pour donner ces avis : leur expérience professionnelle ? Personnelle ? Les ont-ils croisé avec ce qu’en disent les équipes de recherche qui s’intéressent aux effets du dispositif, en laboratoire comme sur des vraies personnes ? C’est ce qu’on devrait attendre selon moi de personnes qualifiées d’expertes. Notez que l’une d’entre-elles n’évoque d’ailleurs pas les couvertures lestées !
Beaucoup de marques paient aussi des professionnels pour qu’ils rendent publiquement un avis sur leur produit.
On trouve beaucoup d’avis d’utilisateurs (positifs comme négatifs). Les avis des médecins et spécialistes sont plus rares, et souvent sélectionnés par les marques qui vendent ces couvertures.
Y a-t-il des études cliniques qui évaluent les effets des couvertures lestées ?
Pour moi, il est important de s’intéresser aussi (surtout ?!) aux avis des personnes qui ont évalué l’effet des couvertures lestées pas seulement sur elles-même, ou sur quelques patient(e)s. Mais sur un ensemble le plus large possible de personnes.
Et surtout, qui ont mis en place des choses pour contrôler l’effet de ces couvertures par rapport à d’autres choses qui pourraient aussi entraîner les mêmes effets positifs ou négatifs : un changement de saison ou de mode de vie, de matelas, d’environnement de sommeil, etc.
Et ça, on l’a grâce aux études, publiées dans des revues scientifiques ou la qualité de chaque article est contrôlé. Ce n’est pas parfait (il y a plein de failles dans le système de publication) mais c’est selon moi ce que l’on a tout de même de plus performant.
D’autant plus si les personnes qui rédigent ou publient les articles n’ont pas de liens d’intérêt financier avec le sujet.
Bonne nouvelle : on a quelques publications scientifiques disponibles au sujet des couvertures lestées ! Une trentaine à l’heure où j’écris ces lignes.
Je les ai toutes lues ou parcourues pour la rédaction de cet article. Je vais vous les présenter de manière synthétique. Vous trouverez toutes leurs références en fin d’article.
Mon but ici est de vraiment vous donner une vue d’ensemble, sans mettre en avant celles qui vantent plus les bienfaits, comme peuvent avoir tendance à le faire les sites qui commercialisent les couvertures.
Je vais plutôt mettre en avant celles qui sont de meilleure qualité, plus fiables.
La couverture lestée contre l’anxiété ?
Il existe justement une publication scientifique qui évalue toutes les études évaluant l’effet des couvertures lestées sur l’anxiété. Elle date de 2020. Voici ses conclusions :
Les études concernant l’efficacité des couvertures lestées pour réduire l’anxiété sont rares. Elles pourraient cependant être utiles pour réduire l’anxiété dans des contextes et pour des populations spécifiques.
Eron 2020
Depuis sa parution, il y a eu quelques autres études sur l’anxiété. Les voici :
Population
Résultats
Référence
Personnes sous chimiothérapie : elles ont la couverture uniquement le temps de la délivrance du produit (pas la nuit pendant leur sommeil) !
L’anxiété était diminuée chez les personnes recouvertes par la couverture lestée par rapport à quand elles ne l’avaient pas.
Vinson 2020
Chez des personnes hospitalisées pour des troubles psychiatriques, mais non psychotiques au moment du port de la couverture. Port de la couverture pendant 20 minutes uniquement !
L’utilisation de couvertures alourdies est un moyen sûr et potentiellement efficace d’aider les personnes dans un établissement psychiatrique à gérer leur anxiété. Cette étude a révélé une baisse statistiquement significative de l’anxiété. Cette étude suggère une alternative possible aux médicaments, à l’isolement et à la contention physique, qui ne sont pas axés sur le patient ni sur les traumatismes.
Becklund 2021
Enfants à qui l’on faisait des soins dentaires sous sédation modérée. Donc couverture non portée pendant le sommeil !
L’utilisation de couvertures lestées a été associée à une réduction du besoin de mettre une contention aux enfants.
McBeain 2022
Effet sur des personnes consultant aux urgences et ayant des antécédents psychiatriques. Port pendant 15 ou 30 minutes.
La petite taille de l’échantillon de cette étude n’a pas permis de déterminer des différences entre les groupes sur les scores d’anxiété ou de colère qui pourraient être considérées comme un résultat significatif.
Dickson 2021
Les études parues depuis 2020 sur l’effet des couvertures lestées contre l’anxiété
Vous l’avez constaté par vous-même : l’efficacité des couvertures lestées sur l’anxiété n’est vraiment pas testée sur la plupart des personnes qui l’utilisent (des gens sans problème de santé particulier VS des personnes avec des problèmes de santé), ni dans les conditions habituelles (toute la nuit VS quelques dizaines de minutes ponctuellement).
L’anxiété est en plus un phénomène complexe, fluctuant, dépendant beaucoup de l’environnement.
Je ne crois donc pas vraiment en l’effet potentiel de ces couvertures sur l’anxiété dans la population générale, en dehors de conditions de soins ou d’état de santé bien spécifiques.
La couverture lestée pour mieux dormir ?
Il existe aussi une publication scientifique qui évalue toutes les études évaluant l’effet des couvertures lestées sur l’insomnie, les troubles du sommeil. Toujours la même publication de 2020. Voilà sa conclusion à ce sujet :
Les études concernant l’efficacité des couvertures lestées pour réduire les insomnies sont rares. Il n’y a pas assez de preuve pour suggérer qu’elles seraient efficace contre l’insomnie.
Eron 2020
Depuis sa parution, il y a eu quelques autres études sur le sujet. J’ai sélectionné uniquement les plus pertinentes. Celles qui ne sont pas inclues étaient des études sur une seule personne, ou sur un petit groupe de personne sans groupe contrôle.
Par exemple, sur 3 personnes atteintes de démence avancée à qui l’on mettait quelques dizaines de minutes une couverture pondérée pour tenter de limiter leurs cris (Dyon 2021).
Population
Résultats
Référence
Des personnes consultant des ergothérapeutes dans une région suédoise, atteints le plus souvent de trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité de l’enfant, d’anxiété, d’autisme, de dépression, de démences/troubles cognitifs
Le processus de prescription d’une couverture lestée était plus coûteux que le processus de prescription de médicaments pour le sommeil, et les coûts de personnel étaient le principal facteur de ces différences de coûts. L’efficacité des couvertures n’a pas été évaluée.
Odeus 2022
Adultes jeunes sans problèmes de santé
Déterminer si l’utilisation d’une couverture lestée (~12% du poids corporel) au moment du coucher entraînait des concentrations salivaires plus élevées de mélatonine et d’ocytocine par rapport à une couverture légère (~2,4% du poids corporel). Lors de l’utilisation d’une couverture lestée, l’augmentation d’une heure de la mélatonine salivaire entre la ligne de base (c’est-à-dire 22h00) et l’extinction des lumières (c’est-à-dire 23h00) était environ 32% plus élevée (p = 0,011). Aucune autre différence significative n’a été constatée (somnolence subjective, durée totale du sommeil, ocytocine, cortisol, activité salivaire de l’alpha-amylase).
Meth 2022
Adultes suédois avec pathologie psychiatrique
Association statistiquement significative entre l’utilisation de la couverture lestée et la diminution de l’utilisation des médicaments courants pour le sommeil, sauf la mélatonine qui a légèrement augmenté.
Steingrimsson 2022
Enfants et adolescents avec troubles du spectre autistique
Les cliniciens doivent indiquer qu’il n’existe actuellement aucune preuve à l’appui de l’utilisation systématique de couvertures lestées ou de matelas spécialisés pour améliorer le sommeil perturbé. S’ils sont interrogés sur les couvertures lestées, les cliniciens doivent indiquer que l’essai n’a rapporté aucun effet indésirable grave lié à l’utilisation de ces couvertures et que celles-ci pourraient constituer une approche non pharmacologique raisonnable pour certaines personnes.
Bucklet 2020
Enfants avec troubles du spectre autistique
L’utilisation d’une couverture lestée n’a pas aidé les enfants atteints de TSA à dormir plus longtemps, à s’endormir beaucoup plus vite ou à se réveiller moins souvent. Cependant, les enfants et les parents ont préféré la couverture lestée (par rapport à une couverture habituelle), et les couvertures ont été bien tolérées pendant cette période.
Gringras 2014
Adultes avec troubles psychiatriques (bipolarité, dépression sévère, syndrome d’anxiété généralisée, troubles de l’attention)
L’intervention par la couverture lestée a entraîné une amélioration significative du sommeil, un niveau d’activité diurne plus élevé et une réduction des symptômes diurnes de fatigue, de dépression et d’anxiété.Aucun événement indésirable grave n’est survenu. Au cours d’une phase de suivi ouvert de 12 mois de l’étude, les participants qui ont continué à utiliser des couvertures pondérées ont maintenu l’effet sur le sommeil, tandis que les patients qui sont passés d’une couverture légère à une couverture pondérée ont connu un effet sur les évaluations de l’indice de gravité de l’insomnie similaire à celui des participants utilisant la couverture pondérée depuis le début.
Ekholm 2020
Des études sur le lien entre qualité et durée du sommeil et couvertures lestées
Sur certains sites vendant des couvertures lestées, on peut lire la chose suivante :
Un site vendant des couvertures lestées et qui ne précise pas que l’étude suédoise porte uniquement sur des personnes avec des troubles psychiatriques. Elle le précise plus loin dans l’article. Mais omet de dire que si les personnes ont eu besoin de moins de médicaments, elles ont eu besoin de plus de mélatonine… Leur amélioration peut donc s’expliquer par d’autres facteurs que les couvertures de survie !
Or, cette étude suédoise porte uniquement chez des personnes ayant des troubles psychiatriques importants. Et il s’agit d’une étude isolée : ces propos devraient être selon moi plus mesurés.
Aussi, lorsqu’on regarde quelles hormones sont plus sécretées lorsqu’on a une couverture lestée sur soi…
On ne retrouve pas une stimulation de toutes les hormones décrites par les fabricants.
Et on ne sait pas si cela se produit la nuit, car on regarde cela la journée.
Enfin, on n’est pas sûr que même s’il y a plus de sécrétion, cela suffise pour améliorer les troubles du sommeil !
Les études futures devraient examiner si l’effet stimulant sur la sécrétion de mélatonine est observé sur une base nocturne lors de l’utilisation fréquente d’une couverture lestée pendant des semaines ou des mois. Il reste à déterminer si l’augmentation observée de la mélatonine peut être thérapeutiquement pertinente pour les effets précédemment décrits de la couverture alourdie sur l’insomnie et l’anxiété.
Meth 2022
Nous n’avons donc guère de preuve de l’effet des couvertures lestées sur le sommeil des personnes sans problème de santé particulier. Contrairement à ce que disent les fabricants, toutes les hormones favorables au sommeil et au bien-être ne sont pas plus secrétées.
La couverture lestée pour un bébé ou un enfant ?
J’ai déjà reporté quelques études menées sur les enfants dans des contextes particuliers (soins dentaires, troubles du spectre autistique, troubles de l’attention). Certains parents se demandent si ces couvertures lestées pourraient améliorer le sommeil de leur bébé sans pathologie particulière.
Une seule étude a été menée chez les bébés (Summe 2020).
Il s’agissait de nourrissons hospitalisés en soins intensifs en néonatalogie. Ils étaient nés avec un syndrome de sevrage (leur maman consommait des substances dangereuses durant la grossesse). 16 bébés recevaient des séances de 30 minutes avec des couvertures lestées.
Les résultats rapportés ?
aucun événement indésirable n’a été observé. Les couvertures alourdies n’ont jamais été retirées en raison de la détresse du nourrisson, et les nourrissons n’ont pas subi de changement de température significatif ;
on a constaté une diminution significative de la fréquence cardiaque du nourrisson et du score de Finnegan (un test pour voir si les nourrissons souffrent du sevrage) lorsqu’une couverture alourdie était utilisée. Il n’y a pas eu de changement significatif de la fréquence respiratoire avec l’utilisation d’une couverture alourdie.
Aucune étude n’a évalué l’efficacité et le risque sur des bébés à la maison, sans surveillance médicale.
Compte-tenu des recommandations actuelles pour éviter la mort subite de nourrisson ou l’étouffement, je ne m’aventurerais pas à utiliser des couvertures lestées chez les bébés ou les enfants en très bas-âge ou avec des problèmes de motricité.
Effet de la couverture lestée sur les douleurs chroniques
La dernière étude que j’aimerais vous évoquer est celle menée sur 94 adultes souffrant de douleurs chroniques (Baumgartner 2022). Deux groupes étaient constitués pour porter une couverture pendant un bref essai puis la nuit pendant une semaine :
un groupe portait une couverture lestée de 15 livres (lourde, 6kg) ;
l’autre groupe une de 5 livres (légère, 2 kg).
Résultats ?
Pas d’effet sur l’anxiété ou le sommeil.
Pas d’effet sur le critère principal de jugement qu’avaient retenu l’équipe de recherche, l’évaluation de la douleur sur une échelle (EVA). Donc pas de diminution de l’intensité de la douleur.
Effet positif sur « le fardeau de la douleur », la façon dont les personnes considèrent qu’elle impacte leur vie sociale ou affective. Surtout chez les personnes les plus anxieuses. La taille de l’effet est similaire aux autres traitements non médicamenteux des douleurs chroniques tels que l’exercice.
Cette (unique) étude sur l’impact des couvertures lestées sur la douleur chronique laisse penser que dormir avec une couverture lestée ne soulage pas vraiment des douleurs, mais peut-être leur impact.
Cependant, il faudrait un peu plus de recul que 7 jours d’utilisation. Peut-être que l’effet s’estompe au fil du temps ; il me semble plus raisonnable de penser cela que d’imaginer qu’il augmente.
Y a-t-il un danger à utiliser une couverture lestée ?
C’est une question tout à fait légitime. À partir du moment ou quelque chose peut procurer en théorie des effets positifs, il peut aussi procurer des effets négatifs. Même s’il est « naturel » !
Les études menées sur les couvertures lestées abordent cependant peu ce point. Certaines disent des choses comme « il n’y a pas eu d’effet indésirable grave » (Ekholm 2020) sans pour autant dire quels effets indésirables, même pas graves, étaient arrivés, et à quelle fréquence !
En théorie, il est possible que ces couvertures lestées provoquent chez certaines personnes ces inconvénients :
des difficultés pour dormir (par exemple parce qu’elles ont trop chaud).
Nous n’avons cependant aucune information précise et quantitative à ce sujet.
Il n’y a pas de danger connu à l’utiliser pendant la grossesse chez les femmes enceintes ou chez des enfants grands porteurs de scoliose (tant que cela ne cause pas d’inconfort).
Pour les gilets lestés, les risques en cas de déformation vertébrale (scoliose ou autres) ou de douleurs au dos sont selon moi un peu plus important. Car porter un gilet sollicite la musculature. Si l’on souhaite vraiment les essayer, il faudra les introduire très progressivement et surveiller l’apparition de douleurs selon moi.
Gilets lestés pour enfants Harkla ⭐⭐⭐⭐⭐ 4,6 – 969 Avis
Cependant, vu que les couvertures lourdes ont été utilisées dans des dizaines d’études différents, y compris chez des personnes plus fragiles (personnes âgées, nouveaux-nés), il est raisonnable de penser qu’il n’y a pas de risque important à les utiliser chez l’adulte ou l’enfant.
Quels sont les différents endroits où l’on peut acheter une couverture lestée ?
Je vais rapidement passer en revue les différents moyens d’acheter une couverture lestée. En gros, il faut compter de 40 à 300 euros pour une couverture pour 1 ou 2 personnes, lit normal ou king size.
Et il est recommandé de prendre une couverture qui fait 10 % de son poids de corps. Elles sont en différentes matières, notamment en bambou et coton pour être plus respirantes.
Je ne me lancerai pas dans un comparatif car je ne pense pas qu’il y ait de critères objectifs permettant de les départager, compte-tenu de nos connaissances actuelles sur leurs effets. L’UFC que choisir n’a pas encore fait de comparatif à ce jour.
Acheter en magasin ou d’occasion
De nombreux magasins de literie, tout comme des grandes surfaces, vendent des couvertures lestées. Voici une liste non exhaustive :
Action ;
Darty ;
Nature & Découverte ;
Ikéa ;
Gifi ;
Conforama ;
etc.
Les marques qui reviennent souvent (cela n’est cependant pas un gage de qualité !) : Gravity (voir sur Amazon), Wake Up Serenity, Dreamzie, Anjee, Emma, Life Comfort, Blanquil, tranquility, luxury, czzz, Hop toys, Endy, Lestee, dormeur.co, etc.
Il est probable qu’à produit égal, vous payez plus chez en magasin que par internet. Sauf dans des magasins très discounts tels que Action, mais il faut tomber au bon moment.
Acheter sur internet
Il existe un nombre quasi infini de sites vendant des couvertures lestées ! Et tout autant de plateformes intermédiaires.
Voici les 2 couvertures lestées adulte les mieux notées sur Amazon à l’heure où j’écris ces lignes (1 pour une personne, 1 pour deux personnes) :
Vous en trouverez aussi d’occasion sur Leboncoin ou Vinted.
Faire soi même
Certaines personnes les fabriquent elles-même, vous trouverez même des tuto sur internet pour cela. Tapez dans votre moteur de recherche « faire soi-même couverture lestée .pdf » ou « DIY couverture lestée ».
Ce sont souvent des granulés en plastique (billes de remplissage) qui sont utilisés pour faire le poids. Je ne suis pas certaine cependant que cela revienne moins cher (12,55 euros les 500g !).
Quelles sont les choses à mettre en place pour son sommeil en général ?
J’imagine qu’il faudrait dédier un article complet à ce sujet ! Mais certains l’ont déjà très bien faits, notamment en français l’Institut du sommeil et de la vigilance.
Voici leurs principales recommandations. Je suis d’accord avec vous, c’est souvent du bon sens. Et parfois, c’est coûteux à mettre en place par rapport à son mode de vie :
maintenez des horaires de levers et couchers réguliers, même le week-end et pendant les vacances ;
Voici mon avis de kiné sur les couvertures lestées résumé en 4 points :
chez l’adulte et l’enfant, les dangers à les utiliser sont faibles voire nuls. Les seuls risques plausibles sont qu’elles ne soient pas efficaces, qu’elles créent (ponctuellement) des douleurs ou qu’elles gênent le sommeil au lieu de le faciliter ;
chez les bébés qui ne sont pas sous surveillance médicale, mieux vaut les éviter compte tenu du risque d’étouffement et de mort subite du nourrisson ;
leur efficacité a surtout été testée sur des populations très spécifiques (comme des personnes atteintes de troubles du spectre autistique, de troubles psychiatrique ou de démence) et dans des contextes très particuliers (par exemple, pendant des soins dentaires). Souvent, il s’agissait de la porter que sur un temps très court, quelques dizaines de minutes. Les données dont on dispose ne sont pas de très bonne qualité. Mais pour les personnes qui cherchent des alternatives non médicamenteuses, c’est une piste à explorer si l’on est prêt à mettre quelques dizaines d’euros là-dedans ;
les vendeurs de ces couvertures surestiment les effets qu’on peut en attendre. Cependant, leur prix reste limité (il n’y a pas besoin d’en racheter tous les mois), tout comme le risque d’effets secondaires. Donc je comprends tout à fait que certaines personnes souhaitent les essayer.
Est-ce que j’utilise moi-même pour dormir une couverture lestée ? Non. Avant d’écrire cet article j’hésitais. Après m’être penchée sur le sujet, je doute de l’efficacité à long terme pour améliorer le sommeil. Et je pense que je n’aimerais pas la chaleur que cela procure.
Lorsque je travaillais avec des enfants autistes, je n’ai pas creusé plus que ça le sujet (peut-être à tort, je ne sais pas). Je sais que certaines familles l’utilisaient avec succès, d’autres étaient déçues. Certain(e)s psychomotricien(ne)s les utilisent beaucoup. Je rejoindrais donc ce qu’en disent la principale recommandation internationale : c’est une approche non pharmacologique raisonnable pour certaines personnes, compte-tenu du faible risque d’effets secondaires et des leviers d’action limités qu’on a pour ces enfants.
Encore des questions, des remarques ? Rendez-vous en commentaire !
Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :
Revue de littérature : Eron K, Kohnert L, Watters A, Logan C, Weisner-Rose M, Mehler PS. Weighted Blanket Use: A Systematic Review. Am J Occup Ther. 2020 Mar/Apr;74(2):7402205010p1-7402205010p14. doi: 10.5014/ajot.2020.037358. PMID: 32204779.
Anxiété
Ohene R, Logan C, Loresto F, Watters A, Eron K, Markovchick T, Mehler PS. Assessing the Impact of Weighted Blankets on Anxiety Among Patients With Anorexia Nervosa and Avoidant- Restrictive Food Intake Disorder: A Randomized Controlled Trial. Am J Occup Ther. 2022 Nov 1;76(6):7606205100. doi: 10.5014/ajot.2022.049295. PMID: 36622934.
Anxiété et troubles psychiatriques
Dickson DA, Gantt L, Swanson M. Effectiveness of the Weighted Blanket With Psychiatric Patients in the Emergency Department: A Pilot Study. J Am Psychiatr Nurses Assoc. 2021 Jun 24:10783903211026740. doi: 10.1177/10783903211026740. Epub ahead of print. PMID: 34166155.
Becklund AL, Rapp-McCall L, Nudo J. Using weighted blankets in an inpatient mental health hospital to decrease anxiety. J Integr Med. 2021 Mar;19(2):129-134. doi: 10.1016/j.joim.2020.11.004. Epub 2020 Nov 28. PMID: 33317955.
Anxiété soins dentaires
McBeain M, Malone S, Jones RS. Weighted Blanket Use as an Alternative to Protective Stabilization During Moderate Sedation. Pediatr Dent. 2022 Sep 15;44(5):340-344. PMID: 36309778.
Anxiété des patients sous chimiothérapie
Vinson J, Powers J, Mosesso K. Weighted Blankets: Anxiety Reduction in Adult Patients Receiving Chemotherapy. Clin J Oncol Nurs. 2020 Aug 1;24(4):360-368. doi: 10.1188/20.CJON.360-368. PMID: 32678376.
Effet sur les hormones et surtout la mélatonine chez l’adulte sans problème de santé ou de sommeil particulier
Meth EMS, Brandão LEM, van Egmond LT, Xue P, Grip A, Wu J, Adan A, Andersson F, Pacheco AP, Uvnäs-Moberg K, Cedernaes J, Benedict C. A weighted blanket increases pre-sleep salivary concentrations of melatonin in young, healthy adults. J Sleep Res. 2022 Oct 3:e13743. doi: 10.1111/jsr.13743. Epub ahead of print. PMID: 36184925.
Gilets lestés :
Reynolds S, Lane SJ, Mullen B. Effects of deep pressure stimulation on physiological arousal. Am J Occup Ther. 2015 May-Jun;69(3):6903350010p1-5. doi: 10.5014/ajot.2015.015560. PMID: 25871605.
Effet sur les personnes âgées (qualité de vie, sommeil, nutrition, etc.)
Hjort Telhede E, Arvidsson S, Karlsson S, Ivarsson A. Weighted Blankets’ Effect on the Health of Older People Living in Nursing Homes. Geriatrics (Basel). 2022 Jul 29;7(4):79. doi: 10.3390/geriatrics7040079. PMID: 36005255; PMCID: PMC9408528.
Hjort Telhede E, Arvidsson S, Karlsson S. Nursing staff’s experiences of how weighted blankets influence resident’s in nursing homes expressions of health.Int J Qual Stud Health Well-being. 2022 Dec;17(1):2009203. doi: 10.1080/17482631.2021.2009203. PMID: 34904541; PMCID: PMC8740773.
Effet chez les personnes atteintes de troubles cognitifs
Dyon NA, Sue JL, Tchakerian N, Fisher K. The use of weighted blankets as a novel approach for treatment of persistent vocalizations in late stage dementia. Geriatr Nurs. 2021 Nov-Dec;42(6):1253-1256. doi: 10.1016/j.gerinurse.2021.08.004. Epub 2021 Sep 21. PMID: 34555567.
Nakamura M, Yamauchi N. A case of effective usage of a weighted blanket for a person with severe dementia. Psychogeriatrics. 2021 Mar;21(2):239-242. doi: 10.1111/psyg.12656. Epub 2021 Jan 17. PMID: 33458912; PMCID: PMC7986422.
Effets sur le sommeil, l’insomnie
Odéus E, Pauli E, Steingrímsson S, Cederlund M, Franzén S, Helgesson C, Nyström K, Sondell J, Opheim A. Weighted blankets for sleep problems – prescription, use and cost analysis. Scand J Occup Ther. 2022 May 2:1-11. doi: 10.1080/11038128.2022.2066017. Epub ahead of print. PMID: 35500251.
Effets sur le sommeil d’adultes avec troubles psychiatriques
Steingrímsson S, Odéus E, Cederlund M, Franzén S, Helgesson C, Nyström K, Sondell J, Opheim A. Weighted blanket and sleep medication use among adults with psychiatric diagnosis – a population-based register study.Nord J Psychiatry. 2022 Jan;76(1):29-36. doi: 10.1080/08039488.2021.1931713. Epub 2021 Jun 9. PMID: 34106812.
Rosenberg K. Weighted Blankets for Insomnia in Patients with Psychiatric Disorders. Am J Nurs. 2021 Jan 1;121(1):55. doi: 10.1097/01.NAJ.0000731672.32508.dc. PMID: 33350699.
Effets sur le sommeil et les troubles du comportement d’enfants autistes
Williams Buckley A, Hirtz D, Oskoui M, Armstrong MJ, Batra A, Bridgemohan C, Coury D, Dawson G, Donley D, Findling RL, Gaughan T, Gloss D, Gronseth G, Kessler R, Merillat S, Michelson D, Owens J, Pringsheim T, Sikich L, Stahmer A, Thurm A, Tuchman R, Warren Z, Wetherby A, Wiznitzer M, Ashwal S. Practice guideline: Treatment for insomnia and disrupted sleep behavior in children and adolescents with autism spectrum disorder: Report of the Guideline Development, Dissemination, and Implementation Subcommittee of the American Academy of Neurology. Neurology. 2020 Mar 3;94(9):392-404. doi: 10.1212/WNL.0000000000009033. Epub 2020 Feb 12. PMID: 32051244; PMCID: PMC7238942.
Gringras P, Green D, Wright B, Rush C, Sparrowhawk M, Pratt K, Allgar V, Hooke N, Moore D, Zaiwalla Z, Wiggs L. Weighted blankets and sleep in autistic children–a randomized controlled trial. Pediatrics. 2014 Aug;134(2):298-306. doi: 10.1542/peds.2013-4285. Epub 2014 Jul 14. PMID: 25022743.
Larsson I, Aili K, Nygren JM, Jarbin H, Svedberg P. Parents’ Experiences of Weighted Blankets’ Impact on Children with Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD) and Sleep Problems-A Qualitative Study. Int J Environ Res Public Health. 2021 Dec 8;18(24):12959. doi: 10.3390/ijerph182412959. PMID: 34948571; PMCID: PMC8700927.
Tayyar Iravanlou F, Soltani M, Alsadat Rahnemaei F, Abdi F, Ilkhani M. Non- Pharmacological Approaches on the Improvement of Sleep Disturbances in Patients with Autism Spectrum Disorder (ASD). Iran J Child Neurol. 2021 Winter;15(1):79-91. doi: 10.22037/ijcn.v15i2.25539. PMID: 33558816; PMCID: PMC7856440.
Gee BM, Lloyd K, Sutton J, McOmber T. Weighted Blankets and Sleep Quality in Children with Autism Spectrum Disorders: A Single-Subject Design. Children (Basel). 2020 Dec 27;8(1):10. doi: 10.3390/children8010010. PMID: 33375406; PMCID: PMC7823442.
Sommeil des adultes avec troubles psychiatriques
Ekholm B, Spulber S, Adler M. A randomized controlled study of weighted chain blankets for insomnia in psychiatric disorders. J Clin Sleep Med. 2020 Sep 15;16(9):1567-1577. doi: 10.5664/jcsm.8636. PMID: 32536366; PMCID: PMC7970589.
Sommeil des enfants
France KG, McLay LK, Hunter JE, France MLS. Empirical research evaluating the effects of non-traditional approaches to enhancing sleep in typical and clinical children and young people. Sleep Med Rev. 2018 Jun;39:69-81. doi: 10.1016/j.smrv.2017.07.004. Epub 2017 Jul 29. PMID: 28918314.
Effets sur les enfants et adultes atteints d’autisme ou de troubles de l’attention et hyperactivité
Bolic Baric V, Skuthälla S, Pettersson M, Gustafsson PA, Kjellberg A. The effectiveness of weighted blankets on sleep and everyday activities – A retrospective follow-up study of children and adults with attention deficit hyperactivity disorder and/or autism spectrum disorder. Scand J Occup Ther. 2021 Jun 29:1-11. doi: 10.1080/11038128.2021.1939414. Epub ahead of print. PMID: 34184958.
Sommeil des adultes autistes
Surman CBH, Walsh DM. Managing Sleep in Adults with ADHD: From Science to Pragmatic Approaches. Brain Sci. 2021 Oct 16;11(10):1361. doi: 10.3390/brainsci11101361. PMID: 34679425; PMCID: PMC8534229.
Effets sur des enfants hospitalisés pour des problèmes psychiatriques après une opération
Eull D, Zachrison B, Nickel A. Feasibility trial of weighted blankets as an intervention for emergence delirium in postoperative pediatric patients. J Pediatr Nurs. 2022 Jan-Feb;62:30-35. doi: 10.1016/j.pedn.2021.11.022. Epub 2021 Dec 4. PMID: 34871946.
Effet sur les douleurs chroniques
Baumgartner JN, Quintana D, Leija L, Schuster NM, Bruno KA, Castellanos JP, Case LK. Widespread Pressure Delivered by a Weighted Blanket Reduces Chronic Pain: A Randomized Controlled Trial. J Pain. 2022 Jan;23(1):156-174. doi: 10.1016/j.jpain.2021.07.009. Epub 2021 Aug 20. PMID: 34425251.
Pour faciliter les examens d’imagerie longs (IRM) chez des enfants avec ou sans autisme
Horien C, Fontenelle S 4th, Joseph K, Powell N, Nutor C, Fortes D, Butler M, Powell K, Macris D, Lee K, Greene AS, McPartland JC, Volkmar FR, Scheinost D, Chawarska K, Constable RT. Low-motion fMRI data can be obtained in pediatric participants undergoing a 60-minute scan protocol. Sci Rep. 2020 Dec 14;10(1):21855. doi: 10.1038/s41598-020-78885-z. PMID: 33318557; PMCID: PMC7736342.
Effet chez les bébés nés avec un syndrome d’abstinence néonatale
Summe V, Baker RB, Eichel MM. Safety, Feasibility, and Effectiveness of Weighted Blankets in the Care of Infants With Neonatal Abstinence Syndrome: A Crossover Randomized Controlled Trial. Adv Neonatal Care. 2020 Oct;20(5):384-391. doi: 10.1097/ANC.0000000000000724. PMID: 32868588.
Sommeil des enfants atteints du syndrome de charge
Kennert BA, Harshorne TS, Kanouse S, Johnson C. Parent survey of sleep problems among children with CHARGE syndrome. Res Dev Disabil. 2020 Jun;101:103614. doi: 10.1016/j.ridd.2020.103614. Epub 2020 Apr 2. PMID: 32248059.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous avez une fracture de fatigue du tibia (appelée aussi fracture de stress), vous vous posez beaucoup de questions sur le temps de repos à respecter, le traitement, la durée de guérison ? Comment éviter la récidive ?
Je vais répondre à toutes ces questions sur la base de mon expérience de kinésithérapeute.
Vous verrez également que j’aime m’appuyer autant que possible sur les résultats des études cliniques menées sur le sujet et publiées dans la littérature scientifique internationale (toutes les références en fin d’article).
♻️ Dernière mise à jour : août 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : pas de liens affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de blessure, découvrez mon ebook.
Sommaire
Je synthétise le contenu de cet article au format vidéo !
Quels symptômes pour une fracture de fatigue du tibia ?
Les signes d’une fracture de fatigue du tibia(aussi appelée microfracture) sont :
une douleur à une partie bien précise le long du tibia, ou sur une bonne partie de sa longueur. Une fracture de fatigue du tibia fait mal la plupart du temps. Mais parfois, les personnes ne sentent pas tout de suite la douleur, voire jamais. La douleur s’aggrave au fil des activités et diminue au repos ;
un gonflement au niveau du tibia ;
des ecchymoses (bleus) ;
des difficultés à marcher ou à mettre du poids sur la jambe affectée.
Ces signes ne sont pas forcément tous présents.
Des tests cliniques sont parfois réalisés pour préciser le diagnostic :
le test du point d’appui au niveau du tibia, sur le genou du praticien (test de fulcrum tibial) ;
on fait sauter la personne et on voit si cela déclenche la douleur (hop test).
Mais ils ne sont pas forcément très fiables.
Des examens complémentaires par imagerie (radiographie, écographie, scanner, scintigraphie osseuse) sont parfois réalisés pour être plus sûr du diagnostic. Mais ils ne sont pas systématiques.
Une des classifications utilisées pour dire si la fracture de fatigue est plus ou moins grave et de bon pronostic. Source : Jasty 2021
On peut par exemple décider de les faire si les choses ne vont pas mieux après 2 ou 3 semaines de repos strict.
Source : Milgrom 2021
Peut-on confondre avec une périostite ?
Une périostite est une inflammation de la membrane qui entoure les os, tandis qu’une fracture du tibia est une rupture de l’os du tibia. Son autre nom : le syndrome de stress tibial médial.
La périostite est un problème qui concerne énormément de coureurs à pied. Et même de personnes qui ne font pas de sport, mais qui marchent par exemple beaucoup dans leur travail.
Les symptômes d’une périostite
Et il est vrai que ses symptômes ressemblent à ceux d’une fracture de fatigue :
douleur au toucher le long du tibia (et parfois au niveau du péroné), plutôt sur les 2/3 inférieur ;
douleur qui peut rester aussi au repos, sans toucher ;
douleur augmentée lors de l’effort sportif ;
gonflement.
L’intensité de la douleur n’est pas un bon indicateur. On peut avoir très mal et avoir simplement une périostite ou une tendinite. Et on peut avoir quasiment aucune douleur avec une fracture de stress (Milgrom 2021)
Diagnostic d’une périostite VS fracture de fatigue tibiale
Un médecin du sport ou kiné habitué à ce type de blessures peut tout de même assez facilement arriver à faire la différence entre une périostite et une fracture de fatigue. Ça s’appelle un diagnostic différentiel.
Déjà grâce à l’interrogatoire. Selon le type, la fréquence et l’intensité d’efforts que vous avez effectué ces derniers temps et vos symptômes, les professionnels de santé peuvent déjà faire une hypothèse. En cas de doute, les examens complémentaires (imagerie) viendront confirmer cela.
Mais les examens complémentaires n’est pas forcément indispensable, car le traitement d’une périostite et d’une fracture de fatigue suit les mêmes grandes lignes : la mise au repos et la remise en charge progressive.
Fracture de fatigue du milieu du tibia (diaphyse) de grade 4 (sévère) vue à la radiographie. Source : Jasty 2021
Erreur de diagnostic ?
Vous êtes inquiet parce qu’on vous a diagnostiqué une périostite, et vous avez peur que ce soit une fracture de fatigue ? Vous auriez aimé qu’on vous fasse plus d’examens ? Soyez rassuré par le fait que le traitement d’une périostite et d’une fracture de fatigue suit les mêmes grandes lignes.
IRM du tibia et du péroné de quelqu’un qui a une fracture de fatigue au milieu du tibia. Source : Jatsy 2021
Fréquence des périostites VS fractures de stress
Enfin, est-ce que les périostites sont plus fréquentes que les fractures de fatigue du tibia ? Oui, même s’il n’y a pas de chiffres très précis sur de larges échantillons pour les fractures de fatigue du tibia.
14 à 20 % des coureurs à pied ont au moins une fois dans leur vie une périostite (McClure 2022). La périostite peut également être causée par des facteurs tels que l’obésité, les maladies métaboliques et les infections, et peut donc être présente chez des personnes qui ne pratiquent pas d’activités sportives intenses ;
sur une population de militaires, 6/1000 avaient une fracture de fatigue sur une année. Et 40 % d’entre-eux une fracture de fatigue. C’est la localisation de fracture de fatigue la plus fréquente, mais elle reste tout de même moins fréquente qu’une périostite (Waterman 2016).
Petite anecdote : maintenant kiné depuis plus de 10 ans, j’ai découvert le métier de kiné pour la première fois lorsque j’avais… des périostites ! Ado, je faisais beaucoup d’athlétisme, et j’ai donc connu tôt cette pathologie. À l’époque, le traitement du kiné consistait à appuyer le dos d’une petite cuillère le long du tibia, et à me montrer des étirements des ischios-jambiers…
Peut-on confondre avec une tendinite ?
Une tendinite (ou tendinopathie) est une inflammation d’un tendon, qui est la bande de tissu solide qui relie le muscle à l’os.
La tendinite au niveau du tibia est relativement rare, mais elle peut se produire si vous avez des mouvements répétitifs qui sollicitent le tendon du muscle tibial postérieur ou antérieur.
Les symptômes courants incluent
douleur,
raideur,
et faiblesse dans la région de la cheville et de la partie inférieure de la jambe.
Mais en général les douleurs de tendinites se différencient vraiment bien des douleurs d’une fracture. Elles sont localisées plutôt plus bas au niveau du tibia. Et surtout, elles sont particulièrement fortes lorsqu’on fait contracter les muscles tibial antérieur ou postérieur.
Si besoin, l’imagerie peut permettre de préciser le diagnostic. Notamment l’échographie, qui permet de voir les tissus mous, comme les tendons.
Un professionnel de santé habitué à voir des fractures de stress, des périostites et des tendinites peut arriver à faire un diagnostic différentiel, parfois sans examen complémentaire. C’est plus compliqué en revanche d’arriver seul à faire son auto-diagnostic entre ces 3 problèmes.
Quelles sont les causes d’une fracture de stress au tibia ?
La fracture de fatigue est une lésion survenant dans l’immense majorité des cas chez les personnes qui font de la course à pied. On les appelle aussi fracture de stress. Pourquoi ? Parce qu’elle est due au stress. Pas au stress au sens « pression mentale », mais au stress mécanique.
Le stress mécanique, c’est le fait qu’il y a une charge importante et répétée sur votre os. Petit à petit, l’os est déformé par des microfissures, parce que la charge revient avant que l’os ait eu le temps de se réparer et de se remodeler.
Certaines personnes ont une moins bonne densité osseuse que d’autres (souvent à cause de prédispositions génétiques) et sont plus à risque.
Les sportifs, en particulier les coureurs et les sauteurs, sont particulièrement à risque de développer des fractures de stress, car ils mettent souvent leur tibia à rude épreuve en courant sur des surfaces dures et en sautant fréquemment.
Les activités qui impliquent des mouvements répétitifs, comme la danse, le ski alpin, et les sports de raquette peuvent également causer des fractures de stress. Tout comme le fait d’avoir de l’ostéoporose. (Bolthouse)
Mais elles peuvent se produire à tout âge et chez les personnes qui n’ont pas de facteurs de risque connus (qui ne font pas de sport).
Chez les coureurs et coureuses à pied, cela survient typiquement :
lorsqu’on débute le footing et qu’on court trop vite trop longtemps, trop fréquemment ou trop intensément ;
lorsqu’on se remet au running après une période d’arrêt ou de baisse d’activité, et qu’on reprend aussi trop fort ;
un nouveau chaussage inadapté ;
lorsqu’on augmente trop vite la charge d’entraînement en course à pied ;
lorsqu’on s’alimente et se repose mal ;
lorsqu’on court plus de 64 km par semaine (Bolthouse).
Il y a bien sûr comme toujours en médecine des grandes différences et inégalités entre chaque individu, d’origine génétique. Certaines personnes vont arriver à emmagasiner facilement l’augmentation de la charge, d’autres non.
Certaines études cherchent à voir s’il y a des différences dans la façon de courir (la biomécanique de la course) entre des personnes qui ont ce type de blessure et celles qui n’en n’ont pas. Apparemment, non. (Milner 2022)
La fracture de fatigue au niveau du tibia survient souvent lorsqu’on augmente trop vite, fréquemment, intensément, les charges, les contraintes sur les membres inférieurs.
Peut-on marcher avec une fracture de fatigue du tibia ?
Dans les premières semaines qui suivent le diagnostic d’une fracture de fatigue au tibia, la marche est limitée.
Il est possible de marcher avec des béquilles, mais en limitant fortement l’appui sur la jambe fracturée :
soit en ne posant pas du tout le pied par terre (marche à cloche-pied) ;
soit en le posant en « appui-contact ». On limite l’appui dessus, l’appui est surtout sur les cannes béquilles.
Pourquoi limiter ainsi la marche ? Pour :
limiter les douleurs ;
faciliter la consolidation et la guérison.
Quel est le traitement d’une fracture du tibia ?
Le traitement va dépendre de la gravité de la fracture (grade 1, 2, 3, 4), de vos objectifs et des habitudes de pratique des équipes vers qui vous vous tournez. Le but général du traitement est de :
protéger l’os blessé pour permettre la guérison,
de soulager la douleur
et de rétablir la fonction articulaire.
Voici les principaux traitements couramment utilisés pour les fractures de stress au tibia :
repos et immobilisation : c’est l’étape la plus importante du traitement d’une fracture de stress au tibia. Il est important de limiter les activités qui pourraient aggraver les dommages osseux, comme la marche, la course et le saut. Souvent, une attelle ou une botte de marche est prescrite pour immobiliser la jambe pendant une période de temps de repos déterminée par votre médecin. Souvent 1 à 6 semaines de repos strict ; parfois plus, surtout en cas de fracture localisée au niveau du bord antérieur du tibia. Suivies par plusieurs semaines sans activités à impact autre que la marche tranquille ;
rééducation en kinésithérapie : durant la phase de consolidation, elle n’est pas forcément prescrire. Une fois que l’os est consolidé, des séances sont souvent prescrites. Le but est de retrouver de manière progressive la force musculaire et l’intensité d’entraînement souhaitée, en limitant le risque de récidive ou d’autres blessures ;
physiothérapie, antalgie : différents dispositifs sont parfois utilisés par des kinés ou à domicile pour soulager les douleurs (et non accélérer la guérison) ou limiter l’œdème durant la phase de consolidation (TENS, cryothérapie, ultrasons, thérapie par ondes de choc, bottes de pressothérapie, etc.). Leur efficacité supérieure au placebo n’est cependant pas démontrée ;
médicaments : votre médecin peut vous prescrire des médicaments pour soulager la douleur. Mais rien pour « accélérer la guérison » !
chirurgie : dans les cas rares où la fracture ne guérit pas correctement avec des traitements conservateurs (ceux décrits précédemment), une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour aligner les morceaux d’os et maintenir la bonne position de l’os pendant la guérison. Mais pas en première intention.
En général, des examens de contrôle seront réalisés par le médecin qui a posé le diagnostic et le traitement. C’est suite à un de ces examens que l’appui progressif pourra être repris, si les examens sont bons.
Du repos, suivis d’une reprise d’activité progressive et contrôlée en fonction des symptômes du patient, constituent la prise en charge moderne de la fracture de fatigue tibiale. (Jatsy 2021)
Peut-on travailler avec une fracture de fatigue du tibia ?
Un arrêt de travail est souvent prescrit lorsqu’on a une fracture de fatigue au tibia.
Quelle durée d’arrêt de travail ?
Bien sûr, cela va dépendre de votre activité professionnelle.
Si vous travaillez toute la journée depuis chez vous derrière un ordinateur ou au téléphone, l’arrêt de travail ne sera pas nécessaire.
À l’inverse, si vous avez un métier très physique, nécessitant de beaucoup marcher ou porter des choses, l’arrêt de travail sera nécessaire quelques semaines voire mois pour les activités les plus physiques.
Qui fait l’arrêt de travail ?
L’arrêt de travail est souvent fait une première fois par le médecin qui pose le diagnostic. Puis renouvelé si besoin par votre médecin traitant, ou lors du rendez-vous de contrôle avec le médecin qui a posé le diagnostic.
Quel est le temps de guérison d’une fracture de fatigue du tibia ?
La plupart des gens qui ont une fracture de stress au tibia sont pressés de pouvoir reprendre leurs activités comme avant. Et vous faites sans doute partie de ces personnes !
Mais n’oublions pas que ce type de fracture est souvent due à une surcharge d’entraînement. La reprise très progressive est donc primordiale pour limiter le risque de récidive.
Quel temps de consolidation et de guérison ?
Tout dépend bien sûr de ce que l’on met derrière ces termes : la consolidation comme la guérison sont deux processus très longs et difficiles à objectiver.
La consolidation est souvent de plusieurs mois : la densité osseuse met jusqu’à 24 semaines (presque 6 mois) pour revenir à sa normale (Jatsy 2021).
Quand à la guérison, on peut considérer que l’on est guérit selon moi lorsqu’on reprend toutes ses activités d’avant la fracture.
Soit au bout de 2 mois à 1 ans : c’est une fourchette assez large, je vous l’accorde. Mais elle décrit une réalité.
Quand reprendre le sport, la course à pied ?
En moyenne, les gens reprennent le sport au bout de 14 semaines après une fracture de stress du tibia. Donc un peu plus de 3 mois (Jatsy 2021).
Les femmes reprennent un peu plus tardivement. Certains suggèrent d’attendre encore plus, car la densité osseuse met 24 semaines pour revenir à sa normale (Jasty 2021).
Il s’agit bien sûr d’une moyenne : certaines personnes reprendront beaucoup plus vite (quelques semaines), d’autres beaucoup moins (après 3, 6 mois de repos, voire plus lorsque la fracture est importante).
Une autre étude rapporte une reprise du sport :
au bout de 2 mois en moyenne, avec 100 % des gens qui reprennent comme avant pour une fracture au niveau postérieur ;
au bout de 7 mois en moyenne, avec 89 % des gens qui reprennent le sport pour une fracture au niveau antérieur (Robertson 2015).
Mais comme le risque de récidive est élevé, il faut vraiment peser le pour et le contre d’une reprise précoce !
Certaines fractures à haut risque peuvent nécessiter plus de 6 mois d’arrêt du sport ou de ré-entraînement progressif. Les retours au sports précoces reflètent impatience des sportifs et des professionnels de santé pour éviter de longues périodes d’inactivité sportive. Mais des protocoles trop ambitieux peuvent entraîner des blessures récurrentes si l’on ne laisse pas l’os blessé guérir complètement ou si l’on ne suit pas une progression appropriée de l’activité d’impact.
Jasty 2021
L’idée est de reprendre de manière progressive. On parle souvent d’augmenter la charge de 10 % par semaine, bien qu’il n’y ait rien vraiment pour appuyer empiriquement ce pourcentage (Bolthouse).
Est-ce que la récidive est fréquente ?
Les fractures du bord postéro-médial du tibia récupèrent en général mieux et récidivent moins que celles du bord antérieur. Celles du bord antérieur sont heureusement plus rares (environ 10%)(Jasty 2021).
Les seuls chiffres que j’ai trouvé concernant le taux de récidive sont les suivants : la récidive serait de 11 à 36 % dans une population de personnes très actives (militaires) (Rauh 2006).
Est-ce qu’on garde des séquelles ?
Dans la majorité des cas, les personnes reprennent le sport à la même intensité qu’avant. Certaines personnes, du fait de douleurs ou gênes chroniques, ne peuvent pas reprendre à la même intensité.
Les chiffres sont peu fiables sur le sujet, mais pourraient être de l’ordre de 45 % des personnes qui ont eu cette fracture de stress (Jasty 2021).
***
Voilà pour ce que je voulais vous dire au sujet des fracture de fatigue du tibia. Si vous avez encore des questions, ou un retour d’expérience à partager, vous pouvez le faire en commentaire 🙂. Je vous souhaite une bonne récupération !
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une fracture de fatigue, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Ces articles pourraient également vous intéresser :
Voici les études sur lesquelles je m’appuie. Je les ai trouvé via la plus grande base de donnée d’études en santé, la Medline/Pubmed. Vous constaterez qu’il y a des études spécifiques sur le sujet depuis les années 1970.
Nombre d’études publiées dans la littérature médicale internationale sur les fractures de fatigue du tibia
Milgrom C, Zloczower E, Fleischmann C, Spitzer E, Landau R, Bader T, Finestone AS. Medial tibial stress fracture diagnosis and treatment guidelines. J Sci Med Sport. 2021 Jun;24(6):526-530. doi: 10.1016/j.jsams.2020.11.015. Epub 2020 Dec 3. PMID: 33298373.
Jasty 2021. Evidence-Based Treatment and Outcomes of Tibial Bone Stress Injuries. Journal of posna
Milner CE, Foch E, Gonzales JM, Petersen D. Biomechanics associated with tibial stress fracture in runners: A systematic review and meta-analysis. J Sport Health Sci. 2022 Dec 5:S2095-2546(22)00116-8. doi: 10.1016/j.jshs.2022.12.002. Epub ahead of print. PMID: 36481573.
Périostite. McClure CJ, Oh R. Medial Tibial Stress Syndrome. [Updated 2022 Aug 8]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2022 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK538479/
Brian R. Waterman, MC USA, Baris Gun, MC USA, Julia O. Bader, PhD, Justin D. Orr, MC USA, Philip J. Belmont, Jr., MC USA (Ret.), Epidemiology of Lower Extremity Stress Fractures in the United States Military, Military Medicine, Volume 181, Issue 10, October 2016, Pages 1308–1313
Bolthouse, E., Hunt, A., Mandrachia, K., Monarski, L., & Lee, K. Return to Running After a Tibial Stress Fracture : A Suggested Protocol.
G. A. J. Robertson, A. M. Wood, Return to sports after stress fractures of the tibial diaphysis: a systematic review, British Medical Bulletin, Volume 114, Issue 1, June 2015, Pages 95–111, https://doi.org/10.1093/bmb/ldv006
Rauh MJ, Macera CA, Trone DW, Shaffer RA, Brodine SK. Epidemiology of stress fracture and lower-extremity overuse injury in female recruits. Med Sci Sports Exerc. 2006 Sep;38(9):1571-7. doi: 10.1249/01.mss.0000227543.51293.9d. PMID: 16960517.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.