Combien de temps dure une épine calcanéenne ? C’est une des questions que se posent le plus les personnes à qui on a diagnostiqué ce problème depuis quelques temps (ou quelques années…).
Et c’est tout à fait compréhensible ! Connaître le temps de guérison permet d’être rassuré, de se projeter vers une période de la vie où l’on ne sera plus gêné par cette épine sous le pied, au niveau du talon.
Je vous donne dans cet article les chiffres sur le temps de guérison de l’épine calcanéenne. Ils sont tirés de :
mes recherches et lectures approfondies dans les études publiées à l’international sur l’évolution naturelle et le pronostic de l’épine calcanéenne (toutes les références en fin d’article) ;
mon expérience de kiné depuis 2009.
Des questions encore en suspens ? Des commentaires ? Vous pouvez laisser un commentaire en fin d’article !
Bonne lecture 🙂 !
♻️ Dernière mise à jour : novembre 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de fracture, découvrez mon ebook.
Sommaire
Petit rappel sur ce qu’est l’épine calcanéenne
Qu’est-ce que c’est concrètement une épine calcanéenne ? C’est une petite excroissance osseuse (= exostose calcanéenne) qui se forme au fil du temps, au niveau de l’os du talon.
Quels sont les symptômes d’une épine calcanéenne ?
Les symptômes d’une épine calcanéenne sont :
une douleur vive et lancinante au niveau du talon, ;
surtout le matin au réveil ou après une période d’inactivité, à froid ;
la douleur peut être aggravée par la marche, la course, le saut ou la position debout prolongée.
Ces symptômes sont les mêmes que pour l’aponévrosite ou fasciite plantaire. C’est pour cela que le seul moyen de poser le diagnostic d’épine calcanéenne avec certitude et de recourir à une radiographie ou à une autre imagerie.
Quelle est la localisation d’une épine calcanéenne ?
L’épine calcanéenne est située sur l’os du talon : le calcanéum.
Et plus précisément, à l’endroit où l’aponévrose plantaire (une bande de tissu qui relie le talon aux orteils) s’insère sur cet os.
Le gros os en bas à gauche, c’est le calcanéum. Vous voyez qu’en bas, il y a comme une petite pointe : c’est une excroissance osseuse, et c’est ça qu’on appelle épine calcanéenne. C’est une radio d’un pied
Différence entre épine calcanéenne et aponévrosite plantaire
La différence se voit uniquement à l’imagerie. Qui est souvent inutile, car la prise en charge suit les mêmes grandes lignes.
Les structures anatomiques touchées ne sont pas les mêmes :
🦴 c’est l’os dans le cas de l’épine calcanéenne ;
➰ c’est un fascia (une sorte de tissu fibreux) pour l’aponévrosite.
Un IRM permet de visualiser l’aponévrosite plantaire (même si cela n’a pas vraiment d’intérêt pour la prise en charge). Il n’y a pas d’excroissance osseuse ici car il n’y a pas d’épine calcanéenne, mais juste une inflammation de l’aponévrose plantaire, la bande de tissu qu’on a sous le pied
Peut-on avoir une épine calcanéenne sans aponévrosite plantaire ?
Oui, on peut avoir une épine calcanéenne sans aponévrosite plantaire.
Pourquoi ? Car certaines personnes ont une épine calcanéenne lorsqu’on fait une radiographie du pied… mais n’ont en fait aucune douleur, ni au talon, ni le long de l’aponévrose plantaire ! On parle dans ce cas d’épine calcanéenne asymptomatique.
Par contre, si quelqu’un a :
des douleurs au niveau du talon ;
et une épine calcanéenne visible à l’imagerie ;
on dira souvent dans ce cas qu’elle a aussi une « aponévrosite plantaire » ou fasciite plantaire, parce qu’il n’est pas possible d’être certain de la structure à l’origine des douleurs : le fascia ou l’excroissance osseuse ?
Comment se forme une épine calcanéenne ?
On n’est pas certain des mécanismes à l’origine de la formation de l’épine calcanéenne. Une équipe de recherche a enquêté sur le sujet à l’aide d’études sur des radios et tissus de cadavres humains (Li, 2007).
L’équipe a trouvé que :
les épines calcanéennes ne se trouvent généralement pas dans la trajectoire de traction de l’aponévrose plantaire ou des muscles plantaires ;
elles sont plutôt associées de manière variable aux tissus mous, notamment au tissu conjonctif lâche, au fibrocartilage, au muscle et à l’aponévrose ;
les travées osseuses de l’épine ne sont pas alignées dans le sens de la traction des tissus mous, mais plutôt dans le sens de la contrainte exercée sur le calcanéum pendant la marche et la station debout ;
il est probable que l’épine calcanéenne au talon peut être une réponse squelettique au stress et peut servir à protéger l’os contre le développement de microfractures.
Un « mal » pour un bien, donc !
Comment on sait combien de temps dure une épine calcanéenne ?
Voici 3 façons de connaître le temps de guérison moyen d’une épine calcanéenne :
demander aux gens qu’on connaît autour de soi au bout de combien de temps la douleur est partie. Comme c’est une pathologie assez fréquente (1 personne sur 10 en aura une au cours de sa vie), on a des chances de connaître une ou plusieurs personnes qui a déjà eu ça ;
demander à des professionnel(le)s de santé (kinés, médecins, pharmacien(ne)s) leur avis sur la durée d’évolution. Comme ils et elles voient beaucoup de gens qui ont des problèmes de santé, il est possible qu’ils aient une idée plus précise, car ils ont accès à un échantillon plus large ;
regarder les statistiques sur les durées d’évolution dans les études qui suivent pendant longtemps des personnes qui ont eu une épine calcanéenne.
Personnellement, je préfère m’appuyer sur cette troisième option. Je trouve que c’est la plus fiable :
c’est celle qui permet d’accéder au plus grand nombre de personnes ;
c’est celle qui est la plus méthodique dans sa manière de récolter des informations et d’essayer d’être la plus fiable possible.
C’est pour cela que dans la suite de l’article, je m’appuierai sur ces données provenant des études cliniques, en plus de ma propre expérience professionnelle 🙂.
Combien de temps dure en moyenne une épine calcanéenne ?
On trouve plus d’études sur l’évolution d’une aponévrosite plantaire que sur l’évolution d’une épine calcanéenne.
Fait intéressant cependant : lorsque des équipes de recherche comparent la durée d’évolution de personnes ayant seulement une aponévrosite plantaire par rapport à celles ayant aponévrosite + épine calcanéenne, elles trouvent que la durée d’évolution n’est pas significativement différente (Hansen 2028) !
Autrement dit : le temps de guérison d’une épine calcanéenne est le même que le temps de guérison d’une aponévrosite plantaire !
Voici donc combien de temps dure une épine calcanéenne selon les études que j’ai recensé sur le sujet :
Étude
Nombre de personnes suivies
Temps de guérison
Hansen 2018
174 pendant 5 à 15 ans
▶️ 20 % ont totalement guérit 1 an après le début des symptômes ▶️ 50 % 5 ans après ▶️ 45 % 10 ans après
Wolgin 1994
100 personnes
▶️ 82 % ont totalement guérit 4 ans après le début du suivi médical ▶️ 82 % attendent environ 6 mois de symptômes pour consulter un professionnel de santé
Buchanan 2020
?
▶️ 75 % des personnes ont totalement guérit au bout d’1 an maximum ▶️ quelques semaines à quelques mois pour guérir même avec un traitement
Shea 2002
?
▶️ Rarement d’amélioration en moins de 8 semaines quelque soit le traitement ▶️ 70 % des patients voient une amélioration simplement en s’étirant régulièrement, en 8 à 10 semaines ▶️ 85 à 90 % ont une amélioration en 6 mois
Temps de guérison de l’aponévrosite plantaire constaté dans les études
Ces chiffres concernent le plus souvent la guérison totale d’une aponévrosite plantaire associée ou non avec une épine calcanéenne. C’est-à-dire la disparition totale des symptômes : douleur, gène, inflammation et excroissance osseuse objectivées à l’imagerie.
Vous pouvez voir une amélioration plus rapide de vos symptômes. Il faut rester optimiste et se dire que ces chiffres sont le pire scénario possible. Certains kinés ou médecin ont en effet pu constater que des personnes récupèrent beaucoup plus vite !
Le temps de guérison d’une épine calcanéenne est de quelques semaines à quelques mois. Entre 20 et 75 % des personnes n’ont plus aucun symptôme au bout d’un an maximum. Mais les symptomes peuvent diminuer ou disparaître en quelques semaines chez certaines personnes. Soyez optimiste 🙂!
Il n’est pas rare d’avoir une épine calcanéenne depuis 1 an, voire plus. Même si c’est embêtant, ce n’est pas un signe de quelque chose de plus grave.
Combien de temps dure au maximum d’une épine calcanéenne ?
Comme vous avez pu le constater dans le tableau précédent, certaines ayant une aponévrosite plantaire associée ou non à une épine calcanéenne n’ont pas complètement récupéré plusieurs années après le début de symptômes.
Il s’agit cependant d’une minorité de personnes.
Néanmons, il n’y a pas de durée « maximale » pour une épine calcanéenne. Les douleurs peuvent fluctuer au fil du temps, mais s’étaler sur plusieurs années, même si elles disparaissent en moins d’un an chez une majorité de personnes.
Combien d’arrêt de travail pour une épine calcanéenne ?
En France, l’Assurance maladie réalise des fiches à destination des médecins pour recommander des durées d’arrêt de travail en fonction des pathologies ou opérations. Ces fiches sont purement informatives : chaque médecin est libre de faire ou non un arrêt de travail, par rapport aux répercussions de la pathologie sur l’activité professionnelle de la personne.
Il n’existe pas de ficher sur l’épine calcanéenne.
Selon mon expérience, si vous avez un emploi sédentaire du type employé de bureau, il est peu probable que vous soyez en arrêt de travail.
En revanche, si vous avez une épine calcanéenne et que votre travail exige de beaucoup marcher ou d’être beaucoup debout (infirmier(e), serveur, manutentionnaire, aide-soignant(e), etc.), un arrêt de travail de quelques jours voir de quelques semaines peut parfois être nécessaire.
Le temps de calmer un peu l’inflammation et de reprendre plus progressivement les activités déclenchant ou accentuant les douleurs.
Peut-on marcher avec une épine calcanéenne ?
Il est bien sûr tout à fait possible de marcher avec une épine calcanéenne. Le repos strict, la marche avec des béquilles sans poser le pied par terre ne fait pas du tout partie des choses recommandées. Certes, les douleurs peuvent être soulagées, mais tout laisse penser qu’elles reviendront de plus belle une fois la marche reprise.
L’idéal est plutôt de trouver un juste compromis :
marcher avec ou sans béquilles, plus ou moins longtemps, même si cela réveille ou accentue un peu les douleurs ;
augmenter progressivement au fil des jours le temps passé à faire les activités qui déclenchent ou aggravent la douleur.
On peut marcher avec une épine calcanéenne, quitte à prendre des béquilles quelques temps pour soulager l’appui.
Quel est le traitement d’une épine calcanéenne ?
Le traitement médical, chirurgical ou paramédical d’une épine calcanéenne repose sur les mêmes grandes lignes que le traitement d’une aponévrosite plantaire.
Des dizaines de techniques différentes sont proposées :
traitements non médicamenteux ni chirurgicaux dans un premier temps :
prises en charge basée sur des conseils de reprise progressive d’activité et de remise en charge progressive de l’aponévrose plantaire (ce que je privilégie) ;
Traitement chirurgical par radiofréquence d’une épine calcanéenne. Image : Yüruk 2022
La plupart de ces traitements ne font pas l’objet d’évaluation dans des études cliniques permettant de comparer l’évolution de personnes qui ne font rien de particulier et/ou qui ont unt thérapie placebo à des personnes qui reçoivent le traitement. Le plus souvent, on regarde simplement comment vont les gens avant et après le traitement, sans pouvoir être sûr qu’il y a un effet propre du traitement (les personnes auraient pu s’améliorer avec le temps quoi qu’elles fassent).
À titre personnel, voici les critères sur lesquels je me base pour recommander un traitement plutôt qu’un autre en cas d’épine calcanéenne :
traitement le plus efficace possible (efficacité théorique ou empirique) ;
le moins coûteux en temps, en énergie et en argent ;
mettre au repos partiel le pied : trouver la bonne dose d’activité ;
porter des chaussures confortables, au talon épais ; éventuellement, des semelles épaisses, fabriquée en série ;
éventuellement, réaliser tous les jours quelques étirements, sous supervision ou non d’un-e kinésithérapeute.
Voici les recommandations qui émergent d’une équipe de médecins et kinés au Rotaume-Uni (). Pour émettre ces recommandations, l’équipe s’est appuyée sur :
les études sur le traitement de l’aponévrosite plantaire ;
les avis d’expert(e)s ;
des enquêtes auprès des patient(e)s souffrant de fasciite plantaire.
Les meilleures pratiques (…) suggèrent que le traitement de base pour les personnes souffrant d’aponvérosite plantaire devrait inclure le taping, l’étirement et l’éducation individualisée. Les patients dont l’état ne s’améliore pas de manière optimale peuvent se voir proposer une thérapie par ondes de choc, suivie d’orthèses sur mesure.
Morrisey 2021
Je vous laisse aussi découvrir mes ebooks conçus sur la base des questionnements les plus fréquent(e)s des patient(e)s qui consultent mon site internet :
Hansen L, Krogh TP, Ellingsen T, Bolvig L, Fredberg U. Long-Term Prognosis of Plantar Fasciitis: A 5- to 15-Year Follow-up Study of 174 Patients With Ultrasound Examination. Orthop J Sports Med. 2018 Mar 6;6(3):2325967118757983. doi: 10.1177/2325967118757983. PMID: 29536022; PMCID: PMC5844527.
Wolgin M, Cook C, Graham C, Mauldin D. Conservative treatment of plantar heel pain: long-term follow-up. Foot Ankle Int. 1994 Mar;15(3):97-102. doi: 10.1177/107110079401500303. PMID: 7951946.
Buchanan BK, Kushner D. Plantar Fasciitis.[Updated 2020 Jun 7]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2021 Jan-.
Shea M, Fields KB. Plantar fasciitis: prescribing effective treatments. Phys Sportsmed. 2002 Jul;30(7):21-5. doi: 10.3810/psm.2002.07.369. PMID: 20086531.
Mécanisme
Li J, Muehleman C. Anatomic relationship of heel spur to surrounding soft tissues: greater variability than previously reported. Clin Anat. 2007 Nov;20(8):950-5. doi: 10.1002/ca.20548. PMID: 17948294.
Traitement de l’épine calcanéenne et de la fasciite/aponévrosite plantaire
Yürük D, Aykurt Karlıbel İ, Kasapoğlu Aksoy M. The effectiveness of conventional radiofrequency ablation for chronic plantar heel pain due to heel spur. Agri. 2022 Apr;34(2):131-138. English. doi: 10.14744/agri.2021.82542. PMID: 35848814.
Piras A, Boldrini L, Rinaldi C, Sanfratello A, D’Aviero A, Toscano A, Angileri T, Spada M, Daidone A. Heel Spur and Radiotherapy: Case Report and Systematic Literature Review. J Am Podiatr Med Assoc. 2022 Jul-Aug;112(4):21-090. doi: 10.7547/21-090. PMID: 35994409.
Morrissey D, Cotchett M, Said J’Bari A, et al Management of plantar heel pain: a best practice guide informed by a systematic review, expert clinical reasoning and patient values. British Journal of Sports Medicine 2021;55:1106-1118.
Vohra PK, Giorgini RJ, Sobel E, Japour CJ, Villalba MA, Rostkowski T. Long-term follow-up of heel spur surgery. A 10-year retrospective study. J Am Podiatr Med Assoc. 1999 Feb;89(2):81-8. doi: 10.7547/87507315-89-2-81. PMID: 10063778.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Votre cheville est gonflée (avec ou sans douleur associée) et vous vous demandez pourquoi et ce que vous pouvez faire ?
Des milliers de personnes en France sont confrontées chaque mois à ce problème. Parfois sans raison particulière, parfois suite à une opération, un choc, une chute, des problèmes de circulation du sang.
Et c’est source de vraiment beaucoup de questionnements, parfois d’inquiétude aussi.
Kiné, je vais répondre aux questions les plus fréquentes de mes patient(e)s qui se plaignent d’une enflure au niveau des malléoles de la cheville.
J’espère ainsi que ces informations pourront vous permettre d’être plus serein(e) et de trouver des actions simples et concrètes à mettre en place contre l’oedème et ses conséquences.
Vous trouverez en fin d’article les références des publications scientifiques internationales sur lesquelles je m’appuie, pour compléter mon expérience professionnelle.
Encore des questions après avoir lu cet article ? Rendez-vous dans ce cas en commentaire 🙂 !
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Je résume cet article au format vidéo pour les personnes qui préfèrent ce format 🙂
Quels sont les symptômes d’une cheville gonflée ?
S’interroger sur ses symptômes est déjà un bon moyen d’y voir un peu plus clair.
Voici une liste de symptômes qui peuvent être ressentis quand on a une ou deux chevilles gonflées.
Gonflement = enflure = œdème : ces mots renvoient au même phénomène. Une cheville dont le diamètre est plus important que d’habitude.
L’œdème peut parfois remonter le long de la jambe et toucher aussi le genou voire la cuisse.
Il peut toucher seulement la cheville droite ou gauche, ou les deux.
Rougeur et chaleur sur la zone touchée. Ces 2 phénomènes sont souvent associés quand on a une cheville gonflée.
Douleur ou raideur lors du mouvement de la cheville, voire au repos. Je vais détailler justement un peu plus la douleur.
Sensation de déchirement ou de craquement lors du mouvement
Instabilité ou faiblesse de la cheville : vous avez l’impression qu’elle lâche ou se tord quand vous marchez ou descendez les escaliers, voire elle lâche vraiment?
Difficulté à plier (flexion dorsale) ou à étendre (extension) la cheville. Le liquide empêche en effet l’articulation de bien bouger.
C’est purement mécanique, le liquide est incompressible.
Inutile de forcer, la flexion reviendra lorsque l’oedème partira.
Cheville gonflée sans douleur
Cela surprend souvent, mais une cheville peut être gonflée et chaude sans qu’on ressente de douleur !
La douleur est un phénomène très complexe, qu’on dit multifactoriel. Car elle ne se déclenche pas seulement à cause d’un problème physique, biologique, mais aussi à cause de facteurs cognitifs et environnementaux.
Voici quelques situations pour lesquelles il est tout à fait possible d’avoir la cheville, les malléoles gonflées sans douleur :
Arthrose (20 à 60% des gens qui ont de l’arthrose au genou n’ont aucune douleur)
Infection
Réaction allergique
Lésion ou blessure musculaire sans douleur immédiate.
Problème de circulation.
C’est un élément à prendre en compte pour mieux identifier la cause des douleurs.
Face dorsale du pied enflée en plus de la cheville chez une personne ayant des lymphoedèmes. Image: Muszynski 2014
Cheville enflée et douloureuse
Attardons-nous un peu plus sur la douleur qui est parfois associée à une cheville gonflée.
Elle peut être localisée partout :
sur le côté de la cheville, au niveau de la malléole interne ou externe ;
au niveau de l’avant pied ;
partout ;
derrière la cheville, vers le tendon d’achille ;
remonter dans le mollet ;
etc.
Voici le type de douleur que vous pouvez ressentir.
Une douleur plutôt de type inflammatoire. Elle est souvent associée à une cheville rouge et chaude.
Les symptômes peuvent empirer en deuxième partie de nuit. Et au contraire être moins fort en bougeant.
Une douleur plutôt de type mécanique.
La douleur sera plus intense en activité : en marchant ou en faisant du sport, ou en pliant ou tendant la cheville.
Elle aura tendance à se calmer au repos.
Bien sûr, on peut aussi avoir à la fois des douleurs mécaniques et inflammatoires.
Le fait que vous ayez des douleurs n’est pas un signe de gravité en soi.
Une seule cheville enflée ou les deux ?
Le fait qu’une seule cheville soit enflée est que l’autre ne le soit pas du tout est un élément à prendre en compte pour le diagnostic.
Il est plus probable par exemple que cela dû à un traumatisme ou à de l’arthrose plutôt qu’à un problème d’origine cardiaque.
Même si bien sûr ce signe isolé ne suffit pas pour faire le diagnostic !
Cheville enflée le soir
Quelque soit la cause de l’oedème de la cheville, il est fréquent que les chevilles gonflent plus le soir. Voici 2 explications possibles :
Position debout ou assise (par rapport à allongée) : pendant la journée, nous passons du temps en position debout ou assise, ce qui peut causer une accumulation de liquide dans les pieds et les chevilles.
Le liquide s’accumule dans les zones les plus basses de notre corps en raison de la gravité.
Donc, à la fin de la journée, les pieds et les chevilles peuvent paraître plus enflés.
Insuffisance veineuse : si vous avez de l’insuffisance veineuse (vos veines ont du mal à pomper le sang vers le cœur), le gonflement est souvent plus important en fin de journée.
Le sang stagne dans les veines et peut causer une accumulation de liquide dans les tissus environnants, ce qui les fait gonfler.
Cheville enflée et rouge
Certaines personnes trouvent aussi que leur cheville est enflée ET rouge : toute la peau est rouge, où il y a seulement des plaques rouges.
Lorsqu’il y a de la rougeur, de la chaleur peut aussi être présente.
Quelles sont les causes fréquentes d’une cheville enflée ?
Une cheville gonflée (en entier ou seulement sur une partie) est dû dans l’immense majorité des cas à une accumulation de liquide dans l’articulation de la cheville.
Ce liquide peut être de 2 sortes :
du sang. On parle dans ce cas d’hémarthrose.
C’est souvent suite à un accident, un choc. Parfois, il provient d’une simple inflammation ;
du liquide synovial. On parle dans ce cas de synovite ou d’épanchement de synovie.
C’est un liquide qui est présent dans toutes les articulations, tout le temps. Il permet à l’articulation de mieux glisser et bouger.
Mais parfois, il est produit en plus grande quantité, et cause donc un gonflement en s’accumulant dans l’articulation.
Lorsqu’une blessure ou une inflammation survient, les parois des vaisseaux sanguins peuvent devenir plus perméables.
Cela veut dire qu’elles permettent plus aux liquides de passer dans l’articulation, en sortant des vaisseaux.
Cette accumulation de liquide peut causer un gonflement.
Chevilles enflées chez une personne ayant une maladie rare, le syndrome de Löfgren. Image : Scully 2014
Cheville gonflée suite à un choc, une chute, un accident
Vous avez eu un choc sur votre cheville ? Vous vous êtes “tordu” la cheville en faisant du sport, en glissant, en tombant ?
Voici les causes les plus fréquentes de gonflement de la cheville dans ce cas.
Une simple contusion ou un hématome. Ce sont certains vaisseaux sanguins qui sont rompus.
Une entorse. Un ou plusieurs ligaments (ligaments latéral interne ou externe (LLE), ou ligament deltoïde) se sont distendus ou rompus.
C’est souvent le LLE qui est le plus en cause : un ou plusieurs de ses faiseaux : ligament talofibulaire antérieur, le ligament calcaneofibulaire et le ligament talofibulaire postérieur. Voir mon article sur le gonflement après l’entorse de cheville
Un simple interrogatoire et examen pourra parfois suffire pour diagnostiquer le problème. Parfois, il faudra recourir à des examens complémentaires, comme une radiographie.
Entorse de cheville latérale, gonflement et hématome
Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type de fracture, découvrez mon ebook.
Cheville gonflée suite à une opération
Toute opération sous anesthésie locale ou générale peut faire gonfler la cheville, même si elle ne concerne pas le membre inférieur. Notamment :
une arthroscopie (et même une simple infiltration, qui n’est pas une opération) ;
une reconstruction d’un ligament de la cheville ;
une prothèse de cheville ;
une arthrodèse de cheville ;
une ostéotomie de la cheville.
Gonflement au niveau de la malléole externe de cheville suite à une lésion du tendon fibulaire
Cheville gonflée à cause de la chaleur
Une équipe de médecins généralistes canadienne a fait le constat suivant : chaque été, de nombreux patient(e)s les consultent suite à une inquiétude à cause d’un gonflement de leurs chevilles, alors qu’il y en a moins au cours des autres saisons.
Et ces patient(e)s n’ont souvent pas de problème cardiaque, qui pourrait expliquer ce gonflement.
Ces médecins ont décidé d’objectiver un peu plus ce phénomène.
Ils ont regardé combien de fois été tapées dans Googles des expressions telles que « gonflement de cheville », « oedème de cheville », « enflure de cheville », « cheville enflée », en fonction des saisons.
Chaque année, on observe grâce à ce graphique qu’il y a un pic de recherches sur le gonflement de cheville l’été, particulièrement autour du mois de juin. À l’inverse, les gens se préoccupent le moins de cela au mois de décembre.
plus de recherche des étudiant(e)s en santé. Mais les recherches devraient diminuer l’été pendant les vacances, ce qui n’est pas le cas ;
les tenues vestimentaires plus courtes l’été, rendant les personnes plus conscientes de leur oedème de cheville.
L’hypothèse la plus probable retenue par l’équipe de recherche est que la rétention d’eau et de liquide est plus importante l’été.
La rétention de liquide pendant les mois les plus chauds de l’année peut également être un avantage évolutif : cela pouvait permettre de maintenir une hydratation suffisante lorsque les ressources en eau sont limitées.
Comme il y a plus de liquide que d’habitude dans l’articulation et les tissus autour : elle gonfle !
Si vous lisez cet article au printemps ou en été, que vous n’avez pas eu de traumatisme sur votre cheville, et que vous n’avez a priori pas de maladie connue… vous avez peut-être votre explication sur la cause de votre oedème 🙂 !
Cheville gonflée et rétention d’eau
Est-ce que la rétention d’eau est forcément liée à une maladie sous-jacente ? Non, pas forcément.
En fait, quand on parle de rétention d’eau au niveau de la cheville, on parle tout simplement du gonflement, de l’oedème !
Rétention d’eau de la cheville = oedème dela cheville = gonflement de la cheville
S’interroger sur les causes possibles de rétention d’eau au niveau de la chevielle revient en fait à s’interroger sur les causes du gonflement de la cheville.
Ce tableau récapitule les causes les plus fréquentes de rétention d’eau et de gonflement des jambes
Cheville gonflée sans raison
Le cheville enfle parfois « sans raison ». J’entends par là que ça ne fait pas suite à un événement particulier comme un accident, une chute, une opération.
Cela peut dans ce cas être lié à votre état de santé, à l’environnement dans lequel vous êtes, à une maladie, à une condition physique particulière qui n’est pas forcément une maladie.
Voici une liste non exhaustive des causes d’oedème de la cheville sans traumatisme :
tendinopathie ou tendinite. Un ou plusieurs tendons de muscles qui s’insèrent sur l’articulation de la cheville sont enflammés. C’est en général plutôt lié à des mouvements répétés de manière trop rapprochés ou intensive, ou un surmenage. Les tendinopathies de la cheville les plus fréquentes sont :
tendinite du tendon d’Achille
tendinopathie du tibial postérieur
La tendinopathie du muscle péronier / fibulaire
tendinopathie des fléchisseurs des orteils ;
gonflement des chevilles d’origine cardiaque, liée à un problème au coeur : insuffisance cardiaque.
Le cœur n’est plus capable de pomper efficacement le sang dans le corps, ce qui provoque une accumulation de liquide dans les tissus.
Les chevilles sont souvent les premières à enfler car elles sont situées dans la partie inférieure du corps et sont donc plus vulnérables à l’accumulation de liquide ;
Cheville gauche enflée dans un contexte de neurofibromatose de type 1. Image : Thomas 2022
Comment savoir la cause d’une cheville gonflée ?
Voici les propos d’une équipe de recherche des États-Unis qui a tenté de dresser les causes les plus probables d’un oedème du membre inférieur sans notion de traumatisme :
La rétention de liquide peut résulter de nombreuses causes, notamment différents troubles locaux ou systémiques, tels que le reflux veineux superficiel et profond infra-inguinal, l’obstruction veineuse profonde supra et infra-inguinale, et les maladies lymphatiques primaires et secondaires.
Bien que la cause la plus probable d’un œdème unilatéral des membres inférieurs chez les personnes de plus de 50 ans soit une maladie veineuse, l’étiologie est souvent multifactorielle.
Gasparis 2020
Ces propos illustrent le fait qu’il est difficile, même pour un professionnel de santé, d’être certain de tout ce qui cause précisément un oedème de cheville.
Ce qui compte, c’est surtout de ne pas passer à côté de quelque chose de « grave », qui nécessiterait un traitement spécifique pour un autre problème que simplement l’oedème.
Mais dans ce cas là, il y a souvent d’autres signes associés, qu’on appelle des drapeaux rouges : fièvre, perte de poids, etc.
Voici une liste de questions à vous poser qui vous aideront à mieux déterminer l’origine possible de ce gonflement.
Bien sûr, il est possible de prendre l’avis d’un professionnel de santé habitué à voir tous les jours ce type de problème pour être plus certain du diagnostic.
Depuis quand le gonflement (et les autres symptômes) sont apparus ?
Est-ce que c’est suite à quelque chose de particulier ? Chute, choc, pratique sportive, changement de chaussures, augmentation de la charge d’entraînement, etc.
En cas de douleur, elle survient surtout en faisant quelque chose ou sans rien faire ? Elle est plus forte la nuit ?
Est-ce que vous avez déjà eu ce problème ou un problème similaire, et dans quel contexte ?
Est-ce que vous avez l’impression que la cheville gonfle de plus en plus, ou est-ce stable, ou en train de diminuer ?
Est-ce que vous avez des maladies (arthrose, maladie rhumatismale, etc.) ou une condition physique (surpoids, faiblesse musculaire) qui peuvent en partie explique ce gonflement ?
L’algorythme proposé pour le diagnostic médical d’un gonflement au niveau des jambes (chevilles comprises). Source : Gasparis 2020
Que faire face à une cheville gonflée, avec ou sans douleur ?
À ce stade, vous avez normalement pu mieux comprendre l’origine de ce gonflement.
Voyons donc maintenant ce que vous pouvez faire concrètement si ce gonflement vous gêne.
Quand consulter un(e) médecin ou kiné ?
Vous n’avez pas encore consulté de professionnel de santé pour ce problème ?
Les informations contenus dans cet article ou dans d’autres que vous avez trouvé sur internet n’ont pas suffit à vous rassurer ?
Dans ce cas, vous pouvez prendre rendez-vous avec votre médecin traitant. Vous aurez ainsi un avis plus personnalisé sur le problème que vous rencontrez.
Vous avez déjà consulté un professionnel de santé qui vous a rassuré par rapport à la cause de votre œdème de la cheville ?
Dans cette situation, certaines personnes sont tentées de prendre d’autres avis, jusqu’à tomber sur un professionnel qui identifie une cause et un traitement spécifique.
C’est ce qu’on appelle “l’errance médicale” ou “l’errance diagnostique”. Il y a tout un champ de recherche qui est consacré à ce phénomène.
Une autre attitude face à cette situation est de faire confiance à ce premier avis reçu. C’est personnellement l’option que je choisis le plus souvent.
Que la gêne soit importante ou non, vous pouvez décider d’attendre quelques semaines avant de prendre un autre avis. Pour voir comment les choses évaluent ainsi.
Car solliciter un autre avis n’est pas anodin : cela peut vous coûter du temps, de l’anxiété et de l’argent. Sans garantie d’un avis différent, ou d’un avis qui correspondra plus à vos attentes.
De plus, les professionnels que vous sollicitez pour un autre avis peuvent être tentés de vous proposer à tout prix une “solution”, un “traitement” face à votre désarroi.
Même s’ils ne sont pas vraiment convaincus de l’efficacité propre de ce traitement. Parce qu’il est parfois plus facile et rapide de “proposer quelque chose”, plutôt que de rassurer et dire d’attendre.
C’est vraiment quelque chose que j’observe au quotidien en tant que kiné. Particulièrement dans le cas d’œdèmes des membres inférieurs, liés ou non à une opération ou une maladie.
Solliciter l’avis d’un ou plusieurs professionnel(le)s de santé pour un diagnostic et un traitement est possible. Multiplier les avis n’est pas toujours pertinent.
Que faire pour faire dégonfler la cheville ?
Dans certains cas (par exemple en cas de maladie rhumatismale comme la polyarthrite rhumatoïde ou d’insuffisance veineuse) un traitement spécifique pourra être instauré, et pourra avoir pour effet de diminuer ou supprimer l’oedème.
Mais quelque soit la cause du gonflement, les moyens dont on dispose pour traiter spécialement ce gonflement restent les mêmes.
Il existe une quasi-infinité de traitements ou remèdes de grand mère proposés pour lutter contre un œdème de la cheville.
Certains font l’objet d’évaluation dans des études cliniques sur l’adulte ou sain ou dans le cadre de pathologies, d’autres non.
Liste des traitements possibles
Voici un aperçu de ces traitements souvent suggérés par des professionnels :
Voici comment j’ai l’habitude de raisonner pour moi-même et mes patient(e)s dans ces situations où il y a beaucoup de traitements possibles, mais peu qui semblent se démarquer de manière significative.
Je choisis en fonction de ces 4 critères :
☑️ maximum d’efficacité (théorique / empirique) ; ☑️ minimum d’effets secondaires ; ☑️ minimum de coût (en temps, en énergie, en argent) ; ☑️ minimum de dépendance d’une tierce personne ou d’un matériel.
Cela me fait par exemple d’office éliminer les gestes chirurgicaux comme la ponction : aucune garantie à long terme que le liquide ne revienne pas dans l’articulation, geste coûteux à mettre en place et risque d’effet secondaire comme l’infection.
J’élimine aussi les ondes de choc car le mécanisme d’action théorique sur l’oedème est peu cohérent, et que cela nécessite d’aller chez un professionnel équipé, ou de s’équiper soi même avec un matériel coûteux.
Ainsi, mon appréciation de chacun des traitements énumérés (et de la littérature scientifique qui leur est consacrée) me fait privilégier cette conduite en cas de gonflement de la cheville :
prendre un (et un seul) avis médical pour affiner le diagnostic si le gonflement dure plus de quelques jours et m’inquiète ;
Il existe des dizaines d’études publiées dans des revues scientifiques qui traitent spécifiquement de l’oedème de cheville :
Les études sur l’oedème de cheville indexées dans une des plus grandes bases de données d’études médicales
Les publications sur lesquelles je me suis appuyée pour cet article :
Causes et diagnostic
Gasparis AP, Kim PS, Dean SM, Khilnani NM, Labropoulos N. Diagnostic approach to lower limb edema. Phlebology. 2020 Oct;35(9):650-655. doi: 10.1177/0268355520938283. Epub 2020 Jul 6. PMID: 32631171; PMCID: PMC7536506.
Han KH, Maitra AK. Ankle swelling is not always ‘medical’. Arch Emerg Med. 1989 Mar;6(1):56-8. doi: 10.1136/emj.6.1.56. PMID: 2712990; PMCID: PMC1285559.
Herrera-Pérez M, González-Martín D, Vallejo-Márquez M, Godoy-Santos AL, Valderrabano V, Tejero S. Ankle Osteoarthritis Aetiology. J Clin Med. 2021 Sep 29;10(19):4489. doi: 10.3390/jcm10194489. PMID: 34640504; PMCID: PMC8509242.
Liu F, Allan GM, Korownyk C, Kolber M, Flook N, Sternberg H, Garrison S. Seasonality of Ankle Swelling: Population Symptom Reporting Using Google Trends. Ann Fam Med. 2016 Jul;14(4):356-8. doi: 10.1370/afm.1953. PMID: 27401424; PMCID: PMC4940466.
Thomas IN Sr, Balasundaram A, James JJ, Shanmugam NP. Ankle Swelling in Patients With Type 1 Neurofibromatosis: A Report of Two Cases With Rare Presentation of Common Genodermatosis. Cureus. 2022 Sep 8;14(9):e28938. doi: 10.7759/cureus.28938. PMID: 36237736; PMCID: PMC9547610.
Kang RW, McGill KC, Lin J, Gitelis S. Chronic ankle pain and swelling in a 25-year-old woman: an unusual case. Clin Orthop Relat Res. 2011 May;469(5):1517-21. doi: 10.1007/s11999-011-1851-9. Epub 2011 Mar 15. PMID: 21403987; PMCID: PMC3069290.
Bergquist ER, Wu JS, Goldsmith JD, Anderson ME. Orthopaedic case of the month: ankle pain and swelling in a 23-year-old man. Clin Orthop Relat Res. 2010 Sep;468(9):2556-60. doi: 10.1007/s11999-010-1446-x. Epub 2010 Jun 29. PMID: 20585910; PMCID: PMC2919868.
Declerq J, Dobbelaere A, Baelde N, De Bo T. Spontaneous swelling of the ankle in a child : a difficult diagnosis. Acta Orthop Belg. 2020 Jun;86(2):342-346. PMID: 33418627.
Butcher RO, Kinsey L, Lee HY, Foster L, McGrath SM, Willert RP. An unusual cause of ankle swelling. Endosc Int Open. 2014 Dec;2(4):E262-4. doi: 10.1055/s-0034-1377382. Epub 2014 Aug 1. PMID: 26135105; PMCID: PMC4423299.
Traitement
Lin YH, Chen CY, Cho MH. Effectiveness of leg movement in reducing leg swelling and discomfort in lower extremities. Appl Ergon. 2012 Nov;43(6):1033-7. doi: 10.1016/j.apergo.2012.03.002. Epub 2012 Apr 1. PMID: 22472344.
Guex JJ, Enrici E, Boussetta S, Avril L, Lis C, Taieb C. Correlations between ankle circumference, symptoms, and quality of life demonstrate the clinical relevance of minimal leg swelling reduction: results of a study in 1,036 Argentinean patients. Dermatol Surg. 2008 Dec;34(12):1666-75. doi: 10.1111/j.1524-4725.2008.34344.x. Epub 2008 Oct 13. PMID: 19018827.
Sugahara I, Doi M, Nakayama R, Sasaki K. Acute effect of wearing compression stockings on lower leg swelling and muscle stiffness in healthy young women. Clin Physiol Funct Imaging. 2018 Jun 3. doi: 10.1111/cpf.12527. Epub ahead of print. PMID: 29862634.
Images : Scully C. Respiratory medicine. Scully’s Medical Problems in Dentistry. 2014:405–26. doi: 10.1016/B978-0-7020-5401-3.00015-1. Epub 2014 Jun 25. PMCID: PMC7184221 ; Muszynski MA, Zerbe CS, Holland SM, Kong HH. A woman with warts, leg swelling, and deafness. J Am Acad Dermatol. 2014 Sep;71(3):577-80. doi: 10.1016/j.jaad.2014.04.027. PMID: 25128101; PMCID: PMC4134806.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous même, une personne de votre entourage, ou l’un(e) de vos patient(e)s a une fracture de l’os du pouce (le premier métacarpien), une fracture de Bennett ou un autre type ?
Vous vous posez sans doute de nombreuses questions sur le traitement, les éventuelles complications, le temps de guérison de ce type de fracture de la main.
Kinésithérapeute, je m’appuie sur mon expérience professionnelle et des recherches documentaires dans les publications médicales internationales pour répondre aux questions les plus fréquentes sur le pouce cassé.
Si vous avez encore des questions après avoir lu cet article, je pourrais y répondre : il suffit de les lancer en commentaire !
♻️ Dernière mise à jour : août 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : liens Amazon affiliés. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Je résume tout ça au format vidéo !
Sommaire
Quels sont les différents types de fracture du pouce ?
Ce qu’on appelle le pouce est composé de :
2 phalanges (= 2 os) :
P1 : la plus proche du poignet = phalange proximale
P2 : la plus proche de l’extrémité du doigt = distale.
1 métacarpe : la base du pouce, l’os en rouge sur l’image ci-dessous. C’est la partie qui s’articule avec les os du poignet. Le métacarpe est composé de plusieurs parties :
la tête du mécarpe du pouce ;
le corps du métacarpe du pouce ;
la base du métacarpe du pouce.
Une fracture peut survenir tout le long des différentes phalanges ou du métacarpe, mais survient plus souvent à la base du pouce, au niveau du métacarpe.
Ce schéma montre que le pouce, contrairement aux autres doigts, a seulement 2 phalanges (en gris). La partie en rouge, c’est le métacarpe. Image : Wikipédia
On nomme donc différemment les fractures du pouce selon leur localisation, mais aussi d’autres caractéristiques.
Fractures de la base du pouce (= du métacarpe) : souvent causée par une chute sur la main ou par un coup direct sur le pouce. Tout métacarpe confondus, 2,5 % des gens auront au moins une fracture du métacarpe dans leur vie, et dans 1/4 des cas, c’est une fracture du métacarpe du pouce (Goru 2022)
Fracture de Bennet +++ : c’est la fracture de la base du pouce la plus fréquente. Elle implique aussi l’os trapèze et entraîne un déplacement de l’articulation (= luxation). On l’appelle aussi fracture (+- luxation) de l’articulation carpométacarpienne. Elle est située sur le côté ulnaire de l’os. Elle est moins grave qu’une fracture de rolando.
Fracture (+- luxation) de l’articulation métacarpophalangienne (entre la base du pouce et P1).
Fracture de Rolando. C’est une fracture articulaire (= qui touche l’articulation), comminutive et multifragmentée, avec des lignes de fracture en forme de Y ou de T,. Elle est située sur le côté radial de l’os.
À gauche, radiographie montrant une fracture de la base du métacarpe du pouce, le type de fracture du pouce le plus fréquent. À droite, une représentation schématique de cette fracture. Image : Lior Marcovici 2021
Et comme toute fracture quelque soit l’os concerné, ces fractures peuvent être :
déplacées (il y a un grand écart entre les 2 fragments d’os) ou non déplacées ;
ouvertes (la peau et les différents types de tissu s’ouvrent et laissent apercevoir l’os) ou fermées ;
simple, complexes ou comminutives (l’os est cassé en plein de fragments) ;
associées ou non à des lésions ligamentaires ou nerveuses.
Double fracture luxation (rare) du pouce, au niveau des 2 articulations entre la phalange et le métacarpe, et le métacarpe et le carpe, main gauche. Image: Singh 2013
Ce sont les fractures articulaires (celles qui touchent l’articulation du poignet, via l’os du trapèze) qui peuvent être un peu plus embêtantes que les autres.
Le type de fracture précis que vous avez est souvent écrit sur votre compte rendu d’imagerie médicale, ou sur votre compte rendu de consultation médicale, de passage aux urgences ou d’hospitalisation.
Radio d’une fracture de Rolando (fracture de la base du métacarpe du pouce), main droite. Fracture comminutive et articulaire Image : Windsor 2019 :
Pouce cassé ou foulé ? Diagnostic
Comme souvent, on utilise des termes différents dans le language courant ou médical, pour désigner les mêmes choses :
fracture du pouce = coude cassée ;
pouce foulé = entorse ou rupture d’un ou plusieurs ligaments du pouce. Le plus souvent, c’est l’entorse du ligament collatéral ulnaire du pouce.
Les symptômes d’une fracture du pouce sont à peu prêt les mêmes que ceux d’une lésion ligamentaire :
Traumatisme à l’origine : chute sur la main ou traumatisme direct sur le pouce.
Douleur vive
Gonflement, oedème,
Ecchymose (= un bleu)
Difficulté à utiliser le pouce, à plier les phalanges.
C’est pour cela qu’on fait souvent une radiographie face à tous ces symptômes. Pour faire ce qu’on appelle un diagnostic « différentiel » entre l’entorse et la fracture.
Surtout si la douleur est localisée près de l’articulation du poignet, ce qui nécessite un traitement plus spécifiques qu’une fracture d’une phalange distale, non articulaire.
La radiographie ne permet pas de visualier l’entorse ou la rupture ligamentaire, mais permet normalement de voir fracture.
Pour visualiser l’entorse, d’autres examens d’imagerie peuvent être réalisés, mais ne sont pas forcément indispensable, car le traitement ne sera pas forcément différent derrière.
Et surtout, la précision de ces examens (radio compris) n’est pas forcément optimale pour être sûr d’un diagnostic de fracture d’une phalange :
Les tests d’imagerie (radiographie conventionnelle, IRM, TDM et scintigraphie osseuse) n’ont été jugés que modérément précis pour le diagnostic définitif en milieu hospitalier (pour des fractures des phalanges, des métacarpes ou du carpe).
Krastman 2020
Personnellement, après un traumatisme sur le pouce, je n’encourage pas mes patient(e)s à pousser l’investigation plus loin par des IRMs ou des échographies, si la radio était ok. Chaque professionnel(le) et patient(e) peut avoir une posture différente à ce sujet.
Une fois que vous avez fait votre radio, elle sera normalement montré à un médecin urgentiste, un médecin du sport ou un chirurgien orthopédiste (spécialisé ou non dans la main) pour déterminer le traitement le plus pertinent selon :
le tye de fracture du pouce que vous avez et sa localisation ;
les lésions associées ;
votre état général ;
votre activité professionnelle, vos loisirs.
Idéalement, et si vous le souhaitez, les pros de santé vous incluent dans cette prise de décision, en pesant les avantages et les inconvénients des traitements possibles pour une fracture du pouce :
simples conseils de prudence sans immobilisation,
immobilisation par attelle ou syndactylie ;
opération.
Concernant les fractures de Bennett, il n’y a pas de consensus dans leur traitement. Voici ce que dit une publication récente à ce sujet :
Il n’y a pas de consensus parmi les chirurgiens orthopédistes quant au traitement de cette fracture. Bennett lui-même (celui à qui ont doit le nom de fracture de Bennett) était insatisfait du résultat de ces fractures, qui laissait ses patients incapables de saisir ou de soulever des objets avec leurs mains deux ans après la blessure.
Goru 2022
Immobilisation, attelle du pouce ?
En général, les fractures non déplacées et non-articulaires du pouce peuvent être traitées par une simple immobilisation avec une attelle ou une orthèse (plus rarement un plâtre). Elles sont parfois faites sur mesure, parfois achetées en série (voir sur Amazon).
Parfois, on propose simplement de faire un strapping ou une syndactylie quelques jours, puis simplement d’être prudent.
Des médicaments ou des approches non médicamenteuses peuvent être recommandés pour soulager la douleur, surtout les premiers jours.
On fait dans ce cas une radio quelques semaines après pour voir si tout est bien consolidé, puis on peut ré-utiliser le pouce progressivement « comme avant ».
Comment de temps garder l’attelle, l’immobilisation après une fracture du pouce ? En général, moins longtemps que pour une autre partie du corps, pour éviter l’enraidissement de l’articulation. Donc plutôt 2/3 semaines, parfois 4/5 semaines, rarement plus. On parle de « mobilisation précoce ».
Opération d’une fracture du pouce ?
Si la fracture du pouce est luxée et/ou très déplacée, un traitement chirurgical est parfois préconisé.
Plein de techniques chirurgicales différentes peuvent être réalisées. Souvent sous arthroscopie : cela laisse de toutes petites incisions, il n’y a pas besoin d’ouvrir via une grande cicatrice.
Le chirurgien ou la chirurgienne, sous anesthésie :
réduit la fracture : il mobilise les os pour les ré aligner dans le bon axe ;
stabilise la fracture : avec du matériel : vis, plaque, etc.
Traitement d’une fracture de Bennett sous arthroscopie avec réduction et ostéosynthèse par vis. Image : Lior Marcovici 2021
Voici les conclusions d’une équipe de recherche qui a synthétisé les connaissances des études comparant l’efficacité d’une prise en charge chirurgicale versus conservatrice (sans chirurgie) après une fracture de Bennett :
Comme cette revue comprend principalement des études rétrospectives, notre principal critère de jugement concernant l’arthrose post-traumatique est similaire dans le groupe opéré et non opéré.
Notre mesure de critère de jugement secondaire (douleur résiduelle) était significativement plus élevée chez les patients traités sans chirurgie. Cependant, en raison de la taille d’échantillon plus petite et de l’hétérogénéité de ces études, la solidité de ces résultats est faible.
Goru 2022
Le traitement d’un pouce cassé se fait souvent par une simple immobilisation. Parfois, une opération est nécessaire / proposée pour faciliter la consolidation et la récupération.
Rééducation, kinésithérapie et exercices ?
Quelque soit le traitement que vous avez eu, suite à votre fracture du pouce, votre pouce va généralement être, dans les semaines qui suivent :
un peu plus raide ;
un peu douloureux ;
un peu moins musclé.
Pour récupérer de la force, de la souplesse, de la mobilité dans le pouce, le principal axe de traitement est tout simplement de ré-utiliser votre pouce dans toutes les activités du quotidien de manière progressive, en fonction des douleurs et des consignes que vous avez eu.
C’est pour cela qu’on vous prescrit parfois des séances de kinésithérapie. Les kinés sont les professionnel(le)s habitués à superviser la rééducation de la main. Certain(e)s kinés sont spécialisés en rééducation de la main, mais tous les kinés sont formés initialement a minima pour ce type de prise en charge.
Exemples d’exercices de mobilisation active du coude à réaliser après une fracture consolidée. Cela montre aussi tous les mouvements permis par le pouce, qu’on peut récupérer après une fracture. La personne sur les photos étaient à 3 mois d’une fracture de Bennett traitée par chirurgie avec une vis. Il est fréquent qu’on mette plus longtemps à récupérer d’aussi bonnes amplitudes. Image : Lior Marcovici 2021
Votre kiné réalise un bilan, vous pose des questions, puis définit avec vous un axe de prise en charge. Les façons de pratiquer des kinés peuvent être très différentes.
Certain(e)s vous disent de venir plusieurs fois par semaine pour faire des exercices au cabinet et/ou être mobilisés passivement par eux
Certains font avec beaucoup de matériel, d’autres sans matériel
Si vous avez été opéré, certain(e)s vont masser, mobiliser vos cicatrices pour tenter de limiter les adhérences, d’autres n’y toucheront pas, les adhérences étant étirées et mobilisées lors des mouvements que vous réalisez
D’autres privilégient la réalisation de courts exercices (quelques dizaines de secondes) par vous-même plusieurs fois par jour, ou la simple reprise des activités du quotidienne de manière progressive, et une supervision très ponctuelle pour voir si vous ta bien, répondre à vos questions et vous rassurer. C’est ce type de prise en charge que je privilégie.
C’est à vous de discuter avec votre kiné du type de prise en charge que vous privilégiez, en fonction bien sûr aussi de sa propre façon de pratiquer 🙂.
La rééducation et les exercices kiné après une fracture du pouce vont plus dépendre de la mobilité actuelle de votre articulation que du type de fracture que vous avez eux.
Combien de temps pour récupérer après une fracture du pouce ?
Le temps de consolidation osseuse après une fracture est souvent estimé à 6 semaines, bien qu’il y ait bien sûr de grandes variabilités selon les individus, la localisation et le type de fracture, etc.
Temps de consolidation ne veut pas dire « temps de récupération ».
Votre fracture du pouce peut avoir très bien consolidée en quelques semaines. Mais vous n’aurez pas forcément retrouvé toute la fonctionnalité d’avant du pouce.
Pour étayer cet article, j’ai identifié les publications scientifiques sur le diagnostic, le traitements et le temps de guérison d’une fracture du pouce :
Il existe des centaines d’études sur les fractures du pouce, publiées dans des revues scientifiques internationales
Voici les publications sur lesquelles je me suis appuyée, en plus de mon expérience professionnelle.
Traitement : Goru P, Haque S, Verma GG, Mustafa A, Ebinesan A. Bennett’s Fracture Management: A Systematic Review of Literature. Cureus. 2022 Nov 10;14(11):e31340. doi: 10.7759/cureus.31340. PMID: 36514567; PMCID: PMC9733783.
Faruqui S, Stern PJ, Kiefhaber TR. Percutaneous pinning of fractures in the proximal third of the proximal phalanx: complications and outcomes. J Hand Surg Am. 2012 Jul;37(7):1342-8. doi: 10.1016/j.jhsa.2012.04.019. PMID: 22721457.
Diagnostic : Krastman P, Mathijssen NM, Bierma-Zeinstra SMA, Kraan G, Runhaar J. Diagnostic accuracy of history taking, physical examination and imaging for phalangeal, metacarpal and carpal fractures: a systematic review update. BMC Musculoskelet Disord. 2020 Jan 7;21(1):12. doi: 10.1186/s12891-019-2988-z. PMID: 31910838; PMCID: PMC6947988.
Chez l’enfant : Boyer JS, London DA, Stepan JG, Goldfarb CA. Pediatric proximal phalanx fractures: outcomes and complications after the surgical treatment of displaced fractures. J Pediatr Orthop. 2015 Apr-May;35(3):219-23. doi: 10.1097/BPO.0000000000000253. PMID: 24992352; PMCID: PMC4282632.
Fracture de Rolando. Windsor TA, Blosser KM, Richardson AC. Rolando fracture. Clin Case Rep. 2019 Nov 19;7(12):2603-2604. doi: 10.1002/ccr3.2544. PMID: 31893116; PMCID: PMC6935654.
Images : Wikipédia, Singh D, Krishna LG, Dhaka S, Kumar S, Arora S. Rare double fracture-dislocation of the thumb: a case report and review of the literature. Chin J Traumatol. 2013;16(4):240-2. PMID: 23910679, Marcovici LL, Atzei A, Cozzolino R, Luchetti R. Arthroscopic Assisted Treatment of Thumb Metacarpal Base Articular Fractures. Arthrosc Tech. 2021 Jun 20;10(7):e1783-e1792. doi: 10.1016/j.eats.2021.03.022.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Que vous soyez en profession libérale (en auto-entreprise ou non) ou salarié, que vous soyez soitkiné, infirmier, médecin, notaire, architecte, photographe, consultant, ou autre, vous pouvez souhaiter un jour avoir une autre activité professionnelle en parallèle.
En language administratif : cumuler 2 activités indépendantes, exercice d’une activité simultané.
Et là, les choses se compliquent tout de suite quand on essaie de savoir sous quel statut juridique faire cette seconde activité, en France…
À qui la déclarer ? Est-ce bien légal d’être une profession libérale réglementée, et d’avoir à côté une activité commerciale ou artisanale ?
Peut-on être auto-entrepreneur ? Doit-on monter une société ? Rester ou devenir une entreprise individuelle ?
Doit-on faire une adjonction d’activité ? Est-ce une activité mixte ? Quand déclarer cette activité secondaire ?
Auprès de qui, dans quel ordre ?
Je suis au contact quasi-quotidien de professionnel(le)s qui essaient d’y comprendre quelque chose. Mais qui sont confrontés à des informations contradictoires.
Et à des administrations qui se renvoient la balle, ou délivrent des informations discordantes.
Je fais dans cet article le point sur le sujet.
Sur la base de :
✔️ mes recherches documentaires approfondies dans les textes réglementaires, législatifs et déontologiques (toutes les références en fin d’article) ;
✔️ ma propre expérience : j’ai été kiné libérale (profession réglementée) entre 2019 et 2023, et je cumulais d’autres activités avec ET sans lien direct avec la kiné à côté.
Depuis 2023, j’ai éte en auto-entreprise (= micro-entreprise) puis actuellement en EI au réel en BNC, car j’exerce plusieurs activités / non réglementées.
J’ai donc eu le privilège d’avoir régulièrement à faire à l’URSSAF 😁 ;
✔️ mes échanges avec des kinés qui souhaitent cumuler plusieurs activités, ou qui cumulent déjà. Je vous donnerai ainsi des exemples concrets.
Si vous avez des précisions à apporter, des erreurs à pointer, des questions : l’espace commentaire est là pour ça !
Je mettrai à jour l’article autant que possible, afin qu’il reste utile et fiable pour le plus grand nombre !
♻️ Dernière mise à jour : 17 février 2024. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Comment lire cet article sur le cumul d’activité quand on est profession libérale ?
Pour (essayer de) simplifier les choses, j’ai articulé cet article en 2 parties, que vous pouvez lire dans l’ordre que vous voulez :
✔️ une première partie avec la liste des étapes à suivre lorsqu’on s’interroge sur comment cumuler plusieurs activités ;
✔️ une seconde partie avec de vrais exemples de kinés qui se sont questionnés sur le cumul d’activités, et comment ils ont fait finalement.
J’ai essayé d’être la plus claire et précise possible, sur ce sujet assez délicat.
Je ne peux pas vous garantir que mon article ne contient pas d’erreurs : il y a une grande interprétation possible différente dans le domaine administratif/réglementaire/déontologique.
Néanmoins, cet article devrait je l’espère vous servir de base pour mener s’il le faut vos propres recherches complémentaires par rapport à vos propres problématiques.
Dernier point important avant de rentrer dans le vif du sujet : je pense qu’il vaut mieux ne pas trop se prendre la tête sur ces histoires de comment on va cumuler nos activités avant d’avoir vraiment commencé.
Car vous allez peut-être passer des heures à comprendre comment cumuler la nouvelle activité que vous avez en tête avec l’actuelle.
Et finalement décider de partir sur autre chose, parce que ça ne vous plaît pas, ou que ça ne marche pas.
Donc je vous conseille d’avoir fait au moins un devis / une vente avant de vous lancer dans ces démarches réflexives et administratives.
Sauf bien ŝur si votre seconde activité vous expose à un risque très important qui nécessite d’être bien couvert.
💡 Pour en savoir plus à ce sujet, j’ai conçu un eBook sur le développement d’activités annexes chez les kinés.
Et l’exercice d’une activité simultané quand on est salarié ?
Initialement j’ai écrit cet article uniquement pour les travailleurs et travailleuses indépendant(e)s, les non salarié(e)s.
Mais j’ai eu assi des demandes plus spécifiques sur le cumul d’activité quand on est salarié. Notamment kiné salarié.
En attendant un article plus complet dédié à ce sujet, voici les 3 principaux points à avoir en tête.
Même si vous êtes fonctionnaire à temps plein, vous pouvez cumuler des activités. C’est encore plus simple et « facile » si vous êtes contractuel de la fonction publique, ou salarié dans le privé.
Vous devez avoir une autorisation de votre employeur.
Sauf rares exceptions, vous pouvez être salarié et en micro-entreprise/ auto-entreprise. Vous pouvez aussi faire des vacations.
Dans la suite de l’article, je me concentre donc sur le cumul d’activité quand on n’est pas salarié. Mais vous trouverez en fin d’article un petit récap de mon parcours où j’explique aussi comment j’ai cumulé plusieurs activités quand j’étais salariée.
Étape 1 : connaître son statut juridique actuel et sa situation administrative/déontologique/fiscale
Ça normalement, ça ne devrait pas trop vous poser de problème 🙂.
Posez déjà clairement ce que vous êtes aujourd’hui :
profession libérale réglementée ou non ? Si vous êtes kiné, vous êtes une profession libérale réglementée, identifiée sous le code APE/NAF86.90E— Activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues.
vous êtes en titulaire ou remplaçant(e) en entreprise individuelle (EI) ? Ou vous exercez en société ? Quel type de société : SCM, SARL, etc. ?
auprès de qui vous cotisez ? (URSSAF et CARPIMKO si vous êtes kiné)
comment vous déclarez vos revenus : BNC (déclaration contrôlée) ou micro-BNC ?
De qui vous dépendez pour ce qui est déontologique (Conseil de l’Ordre des kinés si vous êtes kiné).
Être clair déjà sur votre statut actuel est la première étape pour avancer sereinement !
Parfois on a du mal si notre profession fait partie des professions réglementées ou non !
Voici la liste la plus complète que j’ai pu trouver (source : URSSAF) :
Architecte ;
Avocat ;
Chirurgien-dentiste ;
Expert-comptable ;
Géomètre-expert ;
Infirmier ;
Médecin ;
Pédicure-podologue ;
Sage-femme ;
Vétérinaire ;
Diététicien ;
Ergothérapeute
Masseur-kinésithérapeute ;
Directeur de laboratoire d’analyses médicales ;
Orthophoniste ;
Orthoptiste ;
Pédicure-podologue ;
Psychomotricien ;
Commissaire aux comptes ;
Expert agricole, foncier et expert forestier ;
Mandataire judiciaire ;
Psychothérapeute
et autres !
Étape 2 : connaître les modalités d’exercice de la seconde activité qu’on souhaite cumuler
Cherchez déjà à savoir comment vous devriez enregistrer et déclarer votre seconde activité si vous n’étiez « que » ça.
✔️ Privilégiez comme source des sites institutionnels comme la CCI ou le site de l’URSSAF.
Si vous trouvez que cette activité s’exerce aussi en auto-entreprise (= micro-entreprise), oubliez cette option.
L’auto-entreprise n’est jamais cumulable avec l’exercice de kiné libéral, ou de toute autre profession libéraleréglementée.
Mais il existe forcément une alternative pour exercer cette activité sous un autre statut.
✔️ Vous devrez arriver à identifier le code APE/NAF : comment votre activité est classée.
Parfois, plusieurs codes peuvent correspondre, ce n’est pas grave, choisissez celui qui vous convient le mieux. Il en existe plus de 700 à l’heure où j’écris ces lignes !
Grâce au code APE, vous saurez si votre activité relève du BIC ou BNC (voir lien en fin d’article).
✔️ À ce stade, vous saurez ainsi de quel régime fiscal/ régime d’imposition cette activité dépend. C’est à dire comment vous allez devoir la déclarer aux impôts :
BNC : tout ce qui est activité libérale et les agents commerciaux
Exemples : kiné, infirmier(e), médecin, photographe, traducteur/traductrice, community manager, gardien(ne) de reduge de montagne, formateur/formatrice, graphiste, webdesigner, conférencier(e) en entreprise, conseil, gestion de portefeuilles, monteur vidéo, pigiste, hypnothérapeute, etc.
BIC : tout ce qui est commerce, artisanat, industriel
Exemples : fabrication de savon, fabrication et vente de pain, paysagiste, gestion et vente via un site e-commerce de produits physiques (jouets, compléments alimentaires, etc.), location de logements, courtier d’assurance, ébéniste, charpentier, menuisier, dropshipping, couture, etc.
Chez les kinés, médecins et infirmiers et infirmières, j’ai remarqué qu’il y a souvent une confusion sur ce que veut dire concrètement BNC / activité commerciale. (Confusion que j’avais aussi avant de creuser le sujet, je vous rassure !)
BNC = Bénéfices non commerciaux.
BIC= Bénéfices industriels et commerciaux
Mais cela ne veut pas dire que lorsqu’on fait payer un(e) patient pour un soin (dans le cadre d’activités hors nomenclature/hors convention), ou un client(e) pour un prestation (comme de la prévention des TMS en entreprise), on bascule dans le BIC/une activité commerciale juste parce qu’ils paient de leur poche !
Ce n’est pas ça qui détermine si on est BIC ou BNC, mais bien la nature de l’activité.
Vous verrez que parfois, plusieurs statuts sont possibles. Il vous faudra choisir celui qui vous semble plus pertinent dans votre cas.
Par exemple, un(e) kiné + photographe peut être profession libérale + artisan au BIC ou profession libérale +auteur photographe précompte/affilié ou profession libérale au BNC tout court (kiné + adjonction d’activité de photographe).
J’ai mis quelques exemples fréquents chez les kinés et infirmiers libéraux de ma connaissance qui cumulent plusieurs activités.
Je vous mets en fin d’article un lien d’une source permettant d’avoir accès à une liste exhaustive de toutes les activités possibles et qui indique si on est BIC ou BNC.
Étape 3 : s’interroger sur la possibilité de cumuler deux activités ou plus
Cette étape est la plus difficile (vous serez très content(e) quand elle sera passée !).
Il s’agit de savoir comment vous allez articuler votre nouvelle activité professionnelle avec l’actuelle.
Rassurez-vous : il y a toujours un montage possible, même si on vous dit que « c’est impossible » ! Il faut juste arriver à le trouver !
Vous allez devoir prendre en compte plusieurs choses pour ça :
✔️ des choses d’ordre déontologique : récapitulées dans le code de déontologie de votre profession. Vous n’aurez par exemple pas le droit de faire certains types de publicité pour développer votre patientèle ou clientèle ;
✔️ des choses d’ordre administratif : auprès de qui vous allez devoir déclarer cette nouvelle activité, est-ce que ça va changer quelque chose pour vos cotisations et vos caisses de cotisation ? Est-ce que vous devez déclarer cette activité à votre mairie, ou autre ? ;
✔️ des choses d’ordre fiscal et comptable : comment vous allez déclarer cette nouvelle activité en fin d’année ?
✔️ des choses d’ordre assurantiel : vous avez une assurance de responsabilité civile professionnelle actuellement ? Devrez-vous déclarer votre nouvelle activité pour être couvert ? Devrez-vous changer de contrat d’assurance ?
Vous allez donc devoir potentiellement faire des démarches auprès de plusieurs interlocuteurs.
Les 3 démarches les plus fréquentes quand on démarre une activité secondaire
Voici en gros les 2 principales situations possibles pour l’exercice de cette nouvelle activité.
1️⃣ Vous n’avez pas besoin de faire de démarche particulière pour déclarer cette nouvelle activité, car elle entre dans le décret de compétence de votre profession (kiné, par exemple), et que vous souhaitez continuer à exercer en entreprise individuelle.
Cela arrive plus souvent qu’on ne le croit.
Dans ce cas, vous n’avez rien à déclarer à l’URSSAF ou autre. Vous allez simplement mettre en gain divers les revenus tirés de cette activité (comme ceux tirés des redevances de collaboration).
Vous pouvez éventuellement contacter votre RCP pour savoir comment ça se passe pour la couverture de cette activité.
On parlera dans ce cas d’activité secondaire.
2️⃣ Vous devez faire une adjonction d’activité (=ajouter une activité), parce que votre activité ne fait pas partie du décret de compétences des kinés. Vous serez alors en activité mixte.
La démarche se fait en ligne, il y a des formulaires à remplir.
Vous devez notamment renseigner le code NAF/APE de cette nouvelle activité. Ce qui déterminera si elle relève du BNC ou du BIC.
3️⃣ Vous gardez votre entreprise individuelle pour kiné, et vous créez à côté une société pour votre seconde activité : SCI, SASU, SAS, etc.
Vous devez faire les démarches prévues pour créer une société, indépendamment de votre statut actuel.
Vous trouverez plus loin dans cet article des exemples concrets pour les cas 1 et 2 (que j’ai moi-même expérimenté).
Pour le 3, je cite quelques exemples dans mon ebook sur développer le HN en kiné.
Cumuler profession libérale et auto-entrepreneur / micro-entreprise
Très souvent quand on souhaite tester une nouvelle activité professionnelle en tant qu’indépendant, à son compte, on se met en auto-entreprise (ou micro-entreprise, c’est la même chose).
Les démarches sont rapides et faciles, et on paie des cotisations que par rapport au chiffre d’éffaires qu’on génère, sans forfait minimal par an.
Certain(e)s kinés sont donc tentés de créer une auto-entreprise/micro-entreprise pour leur seconde activité.
Mais c’est impossible. Pourquoi ?
Car il est impossible de cumuler :
l’exercice d’une profession libérale réglementée (comme kiné, médecin, IDE, podologue, ergothérapeute, psychologue, expert(e)-comptable, etc.), qu’on soit en entreprise individuelle ou en société ;
l’auto-entreprise / la micro-entreprise.
C’est impossible car une personne physique ne peut avoir qu’une seule entreprise individuelle. Et on ne peut pas exercer une activité réglementée en auto-entreprise/micro-entreprise.
Source : bpi-france
Vous ne pouvez pas cumuler une activité de profession libérale réglementée (comme kiné) avec une auto-entreprise/micro-entreprise.
Par contre, vous pouvez être en auto-entreprise/micro-entreprise si vous êtes en profession libérale non réglementée (mais une seule auto-entreprise/micro-entreprise : on ne peut pas avoir plusieurs micro-entreprise/auto-entreprise, mais une double activité d’auto-entrepreneur sous la même auto-entreprise).
Ne confondez pas entrepreneur individuel (ce qu’on peut être en tant que kiné) et auto-entrepreneur/micro-entrepreneur (ce qu’on ne peut pas être en étant kiné libéral, même dans le cadre d’une seconde activité).
Si vous êtes kiné salarié, vous pouvez cependant créer une auto-entreprise et devenir auto-entrepreneur(e). Je vous illustre cela plus loin, car ça a été mon cas par le passé.
Cumul activité BNC et BIC
Il est possible de cumuler une activité BNC et BIC. Vous verrez des exemples plus loin.
C’est par exemple le cas de kinés qui sont titulaires ou assistant(e)s en libéral, et qui à côté font de la location d’un de leur logement via AirBNB. En terme plus administratif, c’est de la « location de meublé de tourisme de courte durée ».
Dans ce cas, vous devez déclarer uniquement à la mairie cette activité si les sommes générées ne dépassent pas 23 000 euros. Si plus, il faudra faire une adjonction d’activité.
Découvrez aussi ma checklist de toutes les charges/dépenses que vous pouvez déduire chaque mois ou année de votre chiffre d’affaires.
Cumul profession libérale et activité commerciale
Vous trouverez sur certains sites (institutionnels ou non) que « il est interdit de cumuler une activité commerciale avec une profession libérale réglementée ». Par exemple :
Sur le site interieur.gouv.fr
Cette affirmation est imprécise. Il faudrait plutôt écrire « il est interdit de cumuler certaines activités commerciales avec une profession libérale réglementée » ou « Il est interdit de cumuler une activité dite commerciale sous le même statut que celui de profession libérale réglementée.
Et cela paraît logique : pourquoi les kinés exerçant en cabinet la semaine ne pourraient pas vendre si ça leur chante des légumes le week-end sur les marchés ?
Voici d’ailleurs ce que dit l’Ordre des kinés à ce sujet :
Ce que dit l’Ordre des kinés sur le cumul d’une activité de masseur-kinésithérapeute avec une activité commerciale
Ce qui est interdit, c’est de vendre vos légumes au cabinet.
Et si vous voulez vendre vos légumes le week-end, vous n’êtes pas obligé de demander l’autorisation à l’Ordre : c’est seulement si vous voulez utiliser votre titre de kiné pour faire ça (situation qui n’arrive pas souvent je pense 😁).
Donc, oui, on peut cumuler une activité commerciale (ex : vente de produits physiques) avec une activité libérale (ex : kiné) !
Il faudra simplement faire attention aux modalités de vente et de communication sur cette activité, et la déclarer différemment.
Cumul profession libérale et gérant SARL ou d’autres sociétés
C’est possible d’être profession libérale en entreprise individuelle, et gérant d’une SARL à côté. Cela dépend de votre régime social au sein de la société.
Et donc de votre taux de participation sociale au sein de la société.
Vous devrez être assimilé salarié et donc gérant minoritaire de votre SARL si vous souhaitez aussi continuer à être profession libérale à côté.
Vous ne pourrez pas être gérant majoritaire d’une SARL et profession libérale
Vous pouvez aussi avoir votre activité libérale et à côté être assimilé salarié en tant que chef d’entreprise d’autres types de société :
✔️ Président rémunéré d’une Société par Actions Simplifiée (SAS) ou de SASU (SAS unipersonnelle)
✔️ Gérant minoritaire, égalitaire ou non associé rémunéré de Société À Responsabilité Limitée (SARL) ou d’une Société d’Exercice Libéral À Responsabilité Limitée (SELARL)
✔️ Gérant non associé rémunéré d’une Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL). Vous gérez la société sans investir dans son capital social.
✔️ Directeur général d’une Société Anonyme (SA) ou de Société d’Exercice Libéral À Forme Anonyme (SELAFA)
Source : portail-autoentrepreneur.fr (cf fin d’article)
Cumul de plusieurs activités indépendantes
Vous l’aurez normalement compris arrivé à ce stade de l’article : c’est possible de cumuler plusieurs activités indépendantes !
Il faut cependant arriver à bien déterminer dans quelle catégorie se rangent ces activités :
réglementées ou non ;
libérales, commerciales (= achat-revente) ou artisanales ;
pour savoir comment on a le droit de les cumuler.
Peut-on avoir deux numéros SIRET ?
On peut avoir un seul numéro SIREN. Mais on peut avoir plusieurs numéros SIRET = plusieurs établissements.
Votre établissement siège correspondra à votre première activité chronologique, sauf dans certains cas où vous pouvez inverser au bout de 3 ans.
Ça peut être utile si le réglement des cotisations n’est pas du tout calculé de la même façon pour votre seconde activité (voir l’exemple plus loin d’une kiné & auteur-photographe).
Source : economie.gouv.fr
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Vous savez normalement à ce stade si vous devez déclarer cette nouvelle activité à quelqu’un, à qui et comment.
Parfois, vous n’avez pas besoin, vous devrez simplement déclarer vos revenus liée à cette seconde activité sur votre feuille d’imposition.
Si vous devez déclarer cette activité, le plus souvent pour les kinés, c’est au Portail INPI / guichet unique. Et parfois, à l’Ordre des kinés, à votre commune, à votre assurance RCP.
Guide pas à pas pour une adjonction d’activité sur le site de l’INPI / guichet unique
Voici comment procéder pour une adjonction d’activité quand on a déjà une entreprise individuelle en profession libérale :
2. Une fois fonnecté, cliquez sur « Déposer une formalité de modification d’entreprise (sur le guichet entreprises) ». Ne vous trompez pas, sinon vous serez bloqué ensuite ! Cf ci-dessous :
Il ne faut pas créer une nouvelle entreprise mais modifier votre entreprise existante (rappelez vous : 1 personne = 1 entreprise individuelle seulement)
3. Cliquez ensuite sur « Je modifie les informations de mon entreprise individuelle »
4.Cliquez ensuite sur j’exerce une activité libérale. Sur cet écran, on vous demande bien votre activité actuelle.
Donc même si vous voulez faire une activité commerciale, il faut à ce stade cliquer sur activité libérale (si vous êtes bien actuellement en exercice libéral !).
Cliquez sur J’exerce une activité libérale. À ce stade, c’est votre activité actuelle qu’on vous demande, pas celle à venir
5. Ensuite vous devez accepter les conditions du site, puis remplir des cases sur votre activité actuelle :
Un aperçu des cases à remplir. On parle à ca stade toujours de votre activité actuelle. On vous demandera votre numéro de SIREN actuel
6. Vous arrivez ensuite à l’écran Objet de la déclaration de modification. Cliquez sur « modification d’un établissement » :
Puis :
7. Enfin, vous allez pouvoir mettre quelle nouvelle activité vous allez faire. Voici ce qui faut cocher et renseigner :
Dans la/les activités exercées, indiquez de la manière la plus englobante possible votre nouvelle activité.
Vous pouvez aussi mettre le code APE/NAF que vous avez relevé comme le plus pertinent dans cette cas.
Exemple de ce qu’on peut écrire dans « indiquez les activités exercées » :
conseil d’aménagement intérieur ;
pet-sitting ;
fabrication et vente de poteries ;
conseil immobilier ;
conseil en communication digitale, conception-rédaction ;
(ce que j’ai moi-même indiqué, cf plus loin) : conseil et rédaction.
Comme vous le pouvez, on peut être assez vague ! L’URSSAF vous contactera derrière si elle voit des incohérences ou s’il y a des précisions à apporter.
8. Vous n’avez plus qu’à finaliser le reste de la procédure, il n’y a rien de compliqué et spécifique ensuite.
Juste des démarches un peu barbantes, mais à faire qu’une fois !
Exemples concrets et réels de professions libérales qui cumulent d’autres activités
Pour rendre les choses plus concrètes, voici 3 exemples réels de kiné en profession libérale qui ont une activité mixte.
Kiné libérale et consultante en stratégie digitale pour des entreprises et professionnels de tout secteur d’activité
Je vous présente cette fois mon propre parcours professionnel qui est pile dans la thématique de cet article :
1️⃣ juillet 2012- juillet 2019 : kiné salariée ;
2️⃣ juillet 2019 – octobre 2019 : cumul de 3 activités = activité mixte :
✔️ kiné salariée à 80 % (hôpital et centre)
✔️ auto-entreprise en rédaction web santé. Déclaration de l’auto-entreprise en ligne sur le site de l’URSSAF. Déclaration de chiffre d’affaires en ligne
✔️ vacations en école de kiné
3️⃣ novembre 2019- décembre 2019 : cumul de 3 activités ;
✔️ kiné salairée à temps partiel (centre de rééducation)
✔️ début de mon activité de kiné libérale à domicile, en entreprise individuelle, comme titulaire, seule ;
❌ arrêt de mon activité en auto-entreprise (incompatible avec le statut de kiné en profession libérale, car la kinésithérapie est une profession réglementée en France).
✔️ Je continue mes activités de rédaction web en santé sous le même numéro SIRET que celui de kiné, en activité secondaire, sans avoir à déclarer quoi que ce soit à l’URSSAF (puisque cela fait partie de notre champ de compétence, en hors nomenclature). Je déclare simplement en gain divers mes revenus liés à la rédaction web.
4️⃣ janvier 2019 – janvier 2023 : cumul de 2 activités (j’arrête la kiné salariée) :
✔️ kiné libérale ;
✔️ avec une activité secondaire en conseil et rédaction santé. Au fur et à mesure, mon activité s’est transformée par rapport aux besoins et demandes des entreprises avec qui j’ai collaboré.
Je fais aussi du conseil.
Je reste toujours sous le même statut, sans démarche particulière.
Je cotise toujours à l’URSSAF et la CARPIMKO ;
5️⃣ janvier 2023 – août 2023 : cumul de 2 activités (adjonction d’activité)
✔️ je suis toujours kiné libérale, environ 30 % de mon temps pro. Cette activité reste mon activité principale, car la première historiquement.
Je cotise donc toujours sur tous mes revenus y compris ceux liés à mes autres activités à la CARPIMKO ;
le reste de mon temps, je suis :
✔️ rédactrice santé uniquement pour mon propre site (monétisé par différents moyens), dans le cadre d’une activité secondaire de kiné ;
J’ai fait une adjonction d’activité (en ligne sur le site INPI- Portail e-procédures appelé aussi Guichet unique, comme je l’indique dans le guide pas à pas). C’est une profession libérale.
J’ai toujours le même SIRET. Mais je sous aussi enregistrée sous le code APE 5819Z « autres métiers de l’édition » (cela n’apparaît cependant pas sur internet).
J’ai appelé mon activité « conseil et rédaction », ce qui a été validé par quelqu’un de l’URSSAF qui m’a appelé lorsque j’ai enregistré mon activité.
Je n’ai pas fait tout de suite mon adjonction d’activité : je n’étais pas sûre de maintenir cette activité. J’ai attendu plusieurs mois que cette activité soit régulière. J’ai tout de même bien sûr déclaré les revenus liés à cette activité, en gain divers.
Je n’ai pas fait de démarche particulière auprès de mon assurance RCP (la MACSF) : la RCP est obligatoire uniquement pour les professions réglementées.
J’utilise Indy (voir mon avis détaillé sur Indy pour les professions libérales) pour faciliter ma comptabilité, en version gratuite, ça me convient parfaitement.Je n’ai pas d’AGA / d’expert(e)-comptable / de comptable. Je suis en micro-BNC, je mets tous mes revenus dans des cases séparés sur ma 2042-pro lors des déclarations pour les impôts.
J’aurais aussi pu faire le choix de créer une société. Je préfère limiter au maximum l’administratif, l’entreprise individuelle me correspond donc mieux.
Cela peut paraître beaucoup de démarches vu comme ça. Mais le plus dur est de trouver quelle démarche faire. Ensuite, tout se fait assez facilement et rapidement en ligne, depuis chez soi, quand on veut.
Résumé en inconographie, c’est toujours plus simple :
Cumul d’activité en micro-entreprise / auto-entreprise
Encore un exemple basé aussi cette fois sur ma propre expérience professionnelle !
J’ai tout de suite ouvert une micro-entreprise (= auto-entreprise), chose que je ne pouvais pas faire en tant que kiné.
Au sein de ma micro-entreprise je continue mais activités que je faisais à côté de la kiné. C’était plus intéressant pour moi d’être en micro-entreprise car :
✔️ je cotise en fonction de ce que je déclare le mois d’avant : c’est plus facile de savoir où on en est ;
✔️ je paie moins de cotisations obligatoires ;
❌ je ne peux pas déclarer/déduire mes charges, mais c’était déjà le cas avant car j’étais en micro-BNC ;
activité principale : Conseil en relations publiques et communication (Code APE/NAF 7021Z)
activité secondaire : Édition de revues et périodiques (= mon site, sur lequel vous êtes) (Code APE/NAF 5814Z).
J’ai ensuite basculé en EI au régime réel une fois les quotas de chiffre d’affaire annuel dépassés, en gardant la double activité.
Kiné libéral et ébéniste
Votre activité d’ébénisterie sera rattachée à un des codes NAF suivant (à vous de choisir) :
1629 Z Fabrication d’objets divers en bois
3109 B Fabrication d’autres meubles et industries connexes de l’ameublement
4332 A Travaux de menuiserie bois et PVC.
Vous releverez d’un point de vue imposition du BIC.
L’ébénisterie ne fait pas partie du champ de compétence des kinés, vous devez donc soit :
créer une société,
soit faire une adjonction d’activité. Sur le site Guichet unique / INPI (procedures.inpi.fr), comme décrit dans mon guide pas à pas d’adjonction d’activité.
Comme vous releverez du BIC, votre taux de cotisation aux caisses sera différent sur vos revenus tirés de l’ébénisterie. Le taux de cotisations sociales qui va s’appliquer à vos revenus d’activité est de 22 % du chiffre d’affaires déclaré.
Côté assurance, à vous de voir en fonction des spécificités de votre exercice.
Vous lirez peut-être que vous devez obligatoirement vous enregistrer au répertoire des métiers, géré par la chambre des métiers et de l’artisanat (CMA). Depuis janvier 2023, ce registre des métiers n’existe plus, il est remplacé par le registre national des entreprises (RNE). Si vous êtes artisan commerçant, vous serez aussi immatriculé au RCS: RCS : Registre du commerce et des sociétés.
Tout est fait directement et automatiquement via le Guichet unique de formalité des entreprises / le site de l’INPI, procédure que je vous ai décrite pas à pas précédemment.
Vous remplirez une 2042 pro pour ces 2 activités si votre chiffre d’affaires total (activité 1 + activité 2) reste en dessous du seuil du micro-BNC / micro-BIC.
Que vous ayez une ou 2 activités, la règle reste la même pour le choix d’une déclaration contrôlée ou non.
Dans vos déclarations, vous remplirez les bonnes cases pour les revenus tirés de l’activité de kiné en BNC vs l’activité d’ébéniste en BIC.
Si vous êtes en déclaration contrôlée, vous remplirez la 2035 et ses annexes pour l’activité de kiné en BNC, et la 2031/2033 et leurs annexes pour l’activité d’ébéniste en BIC.
Kiné libérale et fabricante de bougies artisanales
Voici le message que m’a envoyé une kiné récemment :
j’ai besoin de ton aide stp….je suis kinésithérapeute depuis 19 ans et je crée des bougies .
je souhaite me déclarer pour les vendre mais impossible de créer un statut commercial ou artisanale car je suis déjà en profession libérale.
on me dit que les kines sont des professions réglementées et que nous n’avons pas le droit de cumuler avec une activité artisanale ou commerciale (surtout si celle ci n’est pas en rapport avec la santé).
sur le site INPI je n’arrive pas a me créer une activité BIC
Témoignage d’une collègue (je préfère ce mot à « consoeur » !) kiné qui sollicite mon aide pour s’y retrouver
Confusion parfois entretenue par des personnels des administrations ! La réglementation étant très dense et mouvante, il est compréhensible que même eux et elles soient parfois confus !
Pourtant ici, aucun soucis pour lancer l’activité de fabrication artisanale de bougie. Il suffit de suivre le même processus que pour celui d’ébéniste.
On est dans le même cas de figure : cumul d’une profession libérale (BNC) avec une activité en BIC relevant de l’artisanat.
Je donne plus d’exemples dans mon ebook dédié aux activités annexes chez les kinés / pros de santé.
****
Encore des questions ? Des remarques, des compléments d’info, des erreurs à pointer ?
Je serais ravie de lire tout ça en commentaire (et non par mail, je privilégie les échanges en commentaire qui profitent ainsi à tout le monde et évitent les redites) !
Je souhaite vraiment faire évoluer cet article pour qu’il réponde le plus possible et le plus simplement possible (sans trop de jargon administratif) aux questions des personnes qui passent par là 🙂.
Je peux avoir fait des erreurs d’interprétation ou de compréhension : c’est grâce à vos remarques que j’améliorerai la qualité de cet article !
PS : sans doute comme vous, je déteste la lourdeur administrative et bureaucratique.
Obligations quand on déclare son activité d’artisan, ici
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous avez eu une fracture de la cheville, du poignet, du tibia péroné, du métatarse, ou d’une autre partie du corps ? Ou vous avez eu une prothèse ou une opération au niveau des membres, et vous vous demandez quand est-ce que vous pouvez reconduire une voiture ?
Je suis kiné, et mes patient(e)s me posent très souvent cette question. Parfois dès les premiers jours après un accident ou une opération. Parfois au bout de quelques semaines.
J’ai compilé dans cet article toutes les informationsque j’estime utiles pour que vous sachiez mieux dans votre cas quand est-ce que vous pouvez conduire à nouveau ou non.
À la fois sur le plan réglementaire, en France
Mais surtout par rapport à vos capacités pour conduire en sécurité pour vous et les autres, sans risquer d’aggraver votre problème ou vos douleurs (ou tout du moins, en minimisant ce risque !)
Vous trouverez les références sur lesquelles je m’appuie en fin d’article.
Bonne lecture 🙂 ! Je reste disponible en commentaire si vous avez des remarques, des correctifs à faireou des questions.
♻️ Dernière mise à jour : août 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites d’une fracture ou d’une opération,découvrez mon ebook.
Sommaire
Je vous explique tout ça aussi au format vidéo, si vous préférez !
Pourquoi se questionner sur quand c’est le bon moment pour reconduire ?
Après une fracture ou une opération au niveau des membres inférieurs ou supérieurs ou de la colonne vertébrale, vous avez probablement des gestes que vous faites plus difficilement.
Que vous ayez ou non une attelle, un plâtre ou un corset, votre médecin, chirurgien(ne) ou kiné vous a peut-être contre-indiqué certains mouvements ou positions.
Vous ressentez peut-être de la douleur pour faire certains gestes, ou rester dans une même position.
Ou alors, vous ne vous sentez pas particulièrement géné pour bouger ou conduire, mais un(e) professionnel(le) de santé ou quelqu’un de votre entourage vous a « interdit » ou « déconseillé » de conduire une voiture (ou un autre véhicule).
C’est pour une ou plusieurs de ces raisons que mes patient(e)s se demandent quand et comment renconduire après s’être cassé un os ou avoir été opéré. Et si vous tombez sur cet article, c’est probablement que vous êtes aussi dans ce cas de figure !
Voyons dans un premier temps ce que dit la loi, la réglementation française à ce sujet.
Quelle loi dit si on peut conduire ou non après une fracture ou opération ?
En France, c’est le Code de la route qui dit dans quelles conditions on a le droit de conduire ou non, une fois le permis en poche.
Voici ce qu’il dit concernant la santé et la mobilité des conducteurs et conductrices :
Tout conducteur de véhicule doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent
L’article R. 412-6 du code de la route
En gros : c’est à vous même de déterminer si vous êtes en état de conduire ou non.
On trouve aussi un arrêté du 21 décembre 2005 qui en dit un peu plus en cas de « déficit moteur post-traumatique ». Ce qu’on peut traduire en plus simple en : problème pour bouger suite à une fracture, une opération, une blessure.
Cet arrêté dit que dans certains cas, il y a impossibilité du maintien du permis de conduire.
Ces textes sont assez flous. Cela laisse donc une marge de manoeuvre d’interprération aux compagnies d’assurance en cas d’accident.
Vous devrez prouver que vous étiez bien en état de conduire. Il y a toute une jurisprudence à ce sujet.
Si ces questions d’assurance vous interpellent, vous pouvez :
regarder ce qui est écrit sur votre contrat d’assurance responsabilité civile automobile ;
contacter votre assureur pour en savoir plus.
Peut-on légalement conduire avec une attelle ou un plâtre ?
Le Code de la route ne dit rien de particulier et spécifique en France par rapport à l’autorisation ou non de conduire avec un plâtre.
Avec un plâtre au bras, il est tout de même fort probable qu’on puisse supposer que vous n’étiez pas en mesure de bien tenir le volant en cas de problème.
Pour l’attelle, par définition, celle-ci est amovible. Si vous la portez uniquement à visée antalgique, pour soulager de temps en temps vos douleurs, la conduite peut peut être passer tout de même.
La loi française n’interdit pas strictement de conduire avec une attelle, une orthèse ou un plâtre. Cependant, le Code de la route indique que le conducteur doit s’assurer de constamment être en mesure d’effectuer toute manoeuvre.
Quel risque à conduire trop tôt après une fracture ou opération ?
Voici les risques à reprendre trop vite la voiture après une fracture, une prothèse ou une autre opération des membres ou du dos :
Le principal risque à reprendre la conduite trop tôt est de ne pas être assez bien physiquement pour votre sécurité et celle des autres que vous croiserez sur votre route.
Vous pourriez ausis avoir des problèmes avec votre assurance en cas d’accident.
Vous pouvez réveiller des douleurs, à court ou moyen terme.
Mais il y a aussi des avantages à reprendre la conduite d’une voiture !
Vous reprenez plus rapidement votre vie normale pour vos activités profesionnelles comme personnelles.
Vous êtes potentiellement plus actif, si vous vous servez de la voiture pour aller faire des choses nécessitant d’être en mouvement.
Vous pensez à autre chose qu’au problème que vous avez eu.
C’est pour cela qu’il y a un juste équilibre à trouver entre trop et pas assez de précaution pour décider de quand reconduire !
Une équipe de recherche a justement cherché à savoir qu’est-ce qui freinait le plus les personnes à reprendre la conduite, après une fracture opérée des membres inférieurs.
Voici dans l’ordre ce à quoi les patient(e)s accordaient le plus d’importance avant de conduire à nouveau :
le risque que ça augmente les douleurs (62 %),
le risque que ça abime la prothèse ou le matériel chirurgical (17 %),
le délai de reprise de la conduite indiqué par leurs professionnels (13 %),
Au bout de combien de temps reconduire après une prothèse ou opération ?
Une équipe de recherche états-unienne et italienne a justement fait le constat qu’il existait de grandes différences de pratiques chez les chirurgien(ne)s qui autorisaient ou non à reprendre la conduite après une opération orthopédique des membres inférieurs ou supérieurs.
L’équipe a donc compilé toute la littérature académique sur le sujet.
En voici une synthèse, au regard des questions les plus fréquentes des patient(e)s et des soignant(e)s sur le sujet.
Source : MacKenzie 2019
Un extrait de cette publication. Ce tableau résume toutes les études qui indiquent des délais recommandés pour attendre avant de reconduire une voiture après une arthroscopie du genou
Je résume sous forme de tableau les principaux enseignements de cette publication. En fonction des pathologies les plus prises en charge en kiné, qu’on connaît le mieux. Vous trouverez en fin d’article le lien vers la publication (en anglais, en accès libre) si vous souhaitez creuser encore plus le sujet :
Motif de l’opération
Recommandations trouvées sur le délais avant de conduire à nouveau après l’opération
Prothèse totale de genou
Prothèse de genou gauche : de 0 à 3 mois. Prothèse de genou droite : de 2 semaines à 8 semaines.
Prothèse unicompartimentale de genou
À gauche : sans délais À droite : 6 semaines
Prothèse totale de hanche
Prothèse de hanche gauche : de 6 jours à 8 semaines. Une étude rapporte que 84 % ont repris à 6 semaines Prothèse de hanche droite : de 6 jours à 8 semaines
Reconstruction du ligament croisé antérieur du genou
À gauche : le plus souvent pas de délais À droite : 3 à 6 semaines
Ménisectomie partielle du genou
À gauche : le plus souvent pas de délais À droite : 1 jour à 3 semaines
Fracture de cheville opérée ou non opérée, à droite
6 à 9 semaines ou 8 jours après avoir enlevé l’attelle
Fracture du plateau tibial opérée, ou du calcanéum, du pilion tibial ou de l’acétabulum, à droite
18 semaines (6 semaines après l’autorisation de l’appui complet)
Clou centre-médullaire au tibia ou au fémur, à droite
12 semaines (6 semaines après l’autorisation de l’appui complet)
Opération en ambulatoire des tissus mous de la main (type ligament, tendon)
50% ont conduit immédiatement dans la semaine qui suit, le reste la première semaine qui a suivit
Les délais indiqués pour conduire à nouveau après une fracture opérée ou une intervention chirurgicale, dans la publication de MacKenzie et al. 2018
Vous pourrez aussi retrouver des informations plus détaillées sur la reprise de la conduite dans mes articles dédiés à la récupération après une fracture, une prothèse ou une opération :
Au début, vous allez probablement sentir que vous n’êtes pas prêt(e) du tout à conduire. Puis au bout de quelques jours ou quelques semaines, vous aurez l’impression de pouvoir peut-être.
Dans ce cas, installez-vous au volant, à l’arrêt. Faites-toutes les manoeuvres courantes à l’arrêt :
appuyer plus ou moins vite sur les pédales de frein, d’embrayage et d’accélération ;
passer toutes les vitesses, y compris la marche arrière ;
vous retourner comme pour fiare une manoeuvre ;
appuyer sur les boutons du tableau de bord ;
tourner le volant à fond, plus ou moins vite.
Restez assis quelques minutes également.
Si tout est ok, alors vous pouvez envisager de conduire sur un court trajet, une dizaine de minutes. Puis augmenter progressivement le temps passé à conduire.
Vérifiez aussi comment vous vous sentez après avoir conduit : dans les heures et la nuit qui suivent : vos douleurs sont-elles à peu près identiques à la normales ?
Si oui, alors c’est probablement que la reprise de la conduite est adaptée pour vous !
Ces conseils sont aussi valables si vous reprennez la conduite après une longue pause, quelque soit le motif.
Peut-on faire de la voiture comme passager après une prothèse ou une fracture ?
Sur le plan réglementaire, ce n’est pas interdit d’être passager d’une voiture avec une prothèse ou un autre problème. Tant que vous respectez la réglementaton générale sur le port de la ceinture, etc.
Par contre, il est parfois difficile de s’installer dans une voiture lorsqu’on vient d’avoir une opération ou une fracture. Particulièrement lorsque l’articulation de la hanche ou du genou ont été touchées, suite à :
une prothèse de hanche. Certaines personnes ont peur de se luxer leur prothèse de hanche en s’installant dans une voiture. Soyez rassuré, le risque est très faible. Cela arrive surtout lors d’une chute, et surtout chez des personnes avec des troubles cognitifs ;
Les personnes dont la position assise est contre-indiquée suite à un tassement vertébral, une fracture du bassin, ou une opération d’hernie discale peuvent aussi être limitées pour voyager en voiture.
Si la position assise ne vous est pas formellement contre-indiquée, vous pouvez tester.
Dans ce cas, mieux vaut tester déjà tranquillement si :
vous arrivez ou non à rentrer dans la voiture ;
la position est sufissament confortable à l’arrêt,
avant d’envisager un trajet. Et commencez dans tous les cas par un court trajet.
Pensez à bien :
vous installer plutôt à l’avant, coté passager ;
reculer le siège au maximum, pour avoir plus d’amplitude pour tendre les jambes ;
changer régulièrement de position, autant que vous le permet l’espace.
Les vibrations de la voiture ne sont pas dangeureuses pour la prothèse ou la consolidation d’une fracture.
C’est plutôt le fait de rester longtemps assis immobile qui n’est pas une très bonne chose pour la récupération. D’où l’intérêt de limiter les trajets en voiture même comme passager au strict nécessaire après une fracture ou une opération.
Arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée
MacKenzie JS, Bitzer AM, Familiari F, Papalia R, McFarland EG. Driving after Upper or Lower Extremity Orthopaedic Surgery. Joints. 2019 Feb 1;6(4):232-240. doi: 10.1055/s-0039-1678562. PMID: 31879720; PMCID: PMC6930129.
DeLeon GA, Rolle NP, Burke CE, McKegg PC, Hannan ZD, Ghulam QM, Gupta J, Bangura A, O’Connor KC, Slobogean GP, O’Toole RV, O’Hara NN. Patients value their own pain over braking safety when deciding when to return to driving: a discrete choice experiment on lower extremity injuries. OTA Int. 2022 Jul 7;5(3):e206. doi: 10.1097/OI9.0000000000000206. PMID: 36425089; PMCID: PMC9580261.
Danilkowicz, Richard MD; Tainter, David MD; Gage, Mark MD. Return to driving after fracture an overview of current recommendations. Current Orthopaedic Practice 31(4):p 408-411, July/August 2020. | DOI: 10.1097/BCO.0000000000000877
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous avez une raideur au genou probablement à cause d’adhérences et on vous a parlé d’arthrolyse du genou ou de mobilisation sous anesthésie générale (AG) ?
Ou vous êtes kiné ou médecin et vous recherchez des données sur les résultats, les suites et la rééducation après ces gestes chirurgicaux ?
Kiné, je suis régulièrement ammenée à conseiller des personnes sur l’intérêt dans leur cas de l’arthrolyse. Je partage ici mon avis et expérience à ce sujet, en m’appuyant également sur les résultats des études cliniques qui suivent des personnes à qui on a réalisé cette mobilisation « forcée » ou une forme d’arthrolyse .
Vous trouverez en fin d’article toutes les sources sur lesquelles je m’appuie, ainsi qu’un espace commentaire pour laisser vos remarques ou questions 🙂 !
♻️ Dernière mise à jour : 22 juillet 2024. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Si vous souhaitez plus d’informations sur les suites de ce type d’intervention découvrez mon ebook.
Sommaire
Qu’est-ce qu’une d’arthrolyse du genou ?
L’arthrolyse du genou est un ensemble de gestes pratiqués par un(e) chirurgien(ne) orthopédiste. Ce sont les chirurgien(ne)s spécialisé(e)s dans le traitement des os, des muscles, des articulations et des ligaments.
Le but d’une arthrolyse du genou est d’améliorer la mobilité, la souplesse du genou. Le plus souvent la mobilité en flexion du genou (quand on le plie), plus rarement en extension (quand on le tend).
Les chirurgien(ne)s cherchent via l’arthrolyse à éliminer les adhérences ou les cicatrices qui se sont formées dans l’articulation, sous la peau.
Point étymologie : le mot « arthrolyse » vient du grec ancien « arthron » qui signifie « articulation » et « lysis » qui signifie « libération ». « Arthrolyse » signifie donc littéralement « libération de l’articulation« . C’est donc un terme approprié pour décrire une intervention chirurgicale visant à libérer une articulation raide ou fixée.
Il existe différentes techniques d’arthrolyse utilisées par les chirurgien(ne)s. Voici les 3 grands principaux types d’arthrolyse du genou :
la mobilisation du genou sous anesthésie loco-régionale ou générale ;
l’arthrolyse du genou sous arthroscopie ;
l’arthrolyse du genou à ciel ouvert.
Mobilisation sous anesthésie générale (AG)
La mobilisation du genou sous anesthésie générale ou locale est une procédure moins invasive qu’une arthrolyse où l’on pénètre dans le genou.
Les chirurgien(ne)s mobilisent simplement manuellement le genou. Comme un(e) kiné peut le faire en séance de kiné.
Simplement, les chirurgien(ne)s « forcent » un peu plus. On parle d’ailleurs parfois de « mobilisation forcée » du genou.
Et pour pouvoir forcer plus sans que cela soit douloureux sur le moment, vous êtes endormi (sous anesthésie générale) ou anesthésié (sous anesthésie loco-régionale ou rachianesthésie).
Parfois, on propose aussi des mobilisations « forcées » réalisées par des kinés (à l’hôpîtal, en clinique ou en centre de rééducation) simplement avec du Méopa (un gaz qui vous détend, délivré par un masque). Mais cela permet d’aller moins loin dans les amplitudes.
Arthrolyse arthroscopique du genou
L’arthrolyse du genou sous arthroscopie est un peu plus invasive que la mobilisation forcée, mais un peu moins invasive que l’arthrolyse à ciel ouvert.
Cette intervention chirurgicale nécessite :
une anesthésie locale ou générale ;
l’utilisation par les chirurgien(ne)s d’un arthroscope, un petit instrument optique qui est inséré dans l’articulation du genou à travers de petites incisions cutanées (minuscules). Grâce à ça, le chirurgien voit bien sur des écrans l’intérieur de l’articulation du genou ;
l’utilisation d’instruments spéciaux pour éliminer les adhérences et les cicatrices qui limitent la mobilité de l’articulation.
Arthrolyse du genou ciel à ouvert
L’arthrolyse du genou à ciel ouvert est la procédure la plus invasive qui nécessite une incision plus importante dans la peau pour permettre au chirurgien d’accéder directement à l’articulation.
Elle nécessite aussi une anesthésie.
Quand est-ce qu’une arthrolyse du genou est proposée ?
En tant que kiné, on voit des personnes à qui des chirurgien(ne)s proposent une arthrolyse ou mobilisation sous AG du genou principalement après :
La plupart des gens arrivent à retrouver en 1 à 3 mois de bonnes amplitudes : 0° en extension et 110 à 120° en flexion. Et cela suffit amplement dans la vie de tous les jours.
Mais chez certaines personnes (entre 1 à 2 sur 10), le genou a du mal à plier ou se tendre. À tel point que parfois, la flexion n’est que de 10, 20 ou 30° 1 mois après l’opération. Le plus souvent elle bloque autour des 60 à 80°.
Dans ce cas, les chirurgien(ne)s proposent parfois une mobilisation sous AG ou une arthrolyse.
Source : Rodriguez 2019
Raideur du genou suite à une fracture
Plusieurs fractures du fémur ou du tibia peuvent entrainer une raideur du genou. Mais cela reste l’exception : la plupart des gens récupèrent et n’ont pas de problème de raideur du genou.
Raideur du genou suite à des adhérences, peu importe la cause
Quand quelqu’un a un genou très raide suite à une prothèse, une fracture ou une opération du genou, on suspecte souvent que c’est à cause d’adhérences ou de fibrose au niveau du genou, sous la peau. Appelées aussi « arthrofibrose » ou « fibrose articulaire ».
Qu’est-ce qu’une adhérence au genou ?
On désigne par « adhérence » le fait que les tissus autour du genou, tels que les muscles, les ligaments, les tendons et les fascias, collent ensemble, limitant ainsi la mobilité de l’articulation du genou.
Au niveau anatomique, les adhérences sont causées par la formation de tissu cicatriciel, qui peut se former à la suite d’une blessure, d’une chirurgie ou d’une inflammation chronique. Ce tissu cicatriciel se forme lorsque les cellules du corps produisent des fibres de collagène pour réparer les tissus endommagés.
Mais dans certains cas, ces fibres de collagène peuvent se développer de manière anarchique et former des adhérences.
Adhérence dans l’articulation du genou vue part arthroscopie (en haut). En bas, on voit le matériel qu’utilise l’équipe chirurgicale pour venir libérer l’adhérence. Image : Abdul N, Dixon D, Walker A, Horabin J, Smith N, Weir DJ, Brewster NT, Deehan DJ, Mann DA, Borthwick LA. Fibrosis is a common outcome following total knee arthroplasty. Sci Rep. 2015 Nov 10;5:16469. doi: 10.1038/srep16469. PMID: 26553967; PMCID: PMC4639721.
Comment savoir si on a des adhérences au genou ?
En fait, dès qu’on a un genou raide suite à une opération ou un traumatisme, et que cela dure depuis quelques semaines, on parle d’adhérence au genou.
Il n’y a pas vraiment de moyen d’objectiver par l’observation ou l’examen physique qu’il y a vraiment des adhérences.
On peut faire des échographies, des IRMs ou des arthroscopies pour tenter de mieux visualiser ces adhérences. Mais il est difficile d’objectiver précisément leur quantité et l’impact qu’elles ont sur la raideur du genou.
Et surtout, cela ne nous donne pas forcément plus de pistes d’action derrière pour un traitement.
Pour ces raisons, je n’encourage pas mes patient(e)s à faire des examens par imagerie ou arthroscopie pour investiguer la présence ou non d ‘adhérence dans le genou.
Comment éviter, prévenir les adhérences au genou ?
Deux choses sont principalement faites ou préconisées pour éviter l’apparition d’adhérences au genou :
entretenir la mobilité en flexion et en extension du genou : soit simplement en vacant à ses occupations et en restant le plus actif possible, soit en faisant des exercices, soit en se faisant mobiliser le genou passivement par un(e) kiné ou un appareil (arthromoteur) ;
masser la cicatrice au niveau du genou quand on en a une.
Personnellement, je recommande effectivement d’entretenir les mouvements (surtout actifs = en faisant soi même) du genou. En revanche, je ne pense pas qu’il y a un intérêt à masser la cicatrice pour éviter les adhérences.
La cicatrice est superficielle. Et même si parfois des adhérences se forment plus profondémment, je pense qu’il est mécaniquement impossible d’arriver à les limiter simplement en massant manuellement la cicatrice à la surface de la peau !
Certain(e)s professionnel(le)s de santé ne partagent pas mon avis. Bien sûr, chaque personne est libre de se masser elle-même sa cicatrice si elle juge que le ratio bénéfice/risque est pertinent dans son cas 🙂 !
L’arthrolyse permet-elle de traiter les adhérences du genou ?
En théorie, il est légitime de penser qu’une mobilisation sous anesthésie ou une arthrolyse sous arthroscopie ou à ciel ouvert permettent de « casser », « libérer » ces adhérences.
Quelle rééducation après une arthrolyse du genou ?
Pour récupérer de la flexion du genou (ou de l’extension), il ne suffit pas de recourir à la mobilisation forcée ou à l’arthrolyse. Il faut dans les suites de l’opération ou du geste chirurgical entretenir la mobilité du genou retrouvée.
Différents protocoles sont proposés selon l’équipe chirurgicale ou de rééducation :
certain(e)s vous font utiliser un arthromoteur (aussi appelé Kinétek), un appareil qui permet de plier et tendre passivement le genou. Tout de suite après l’opération en continu (plusieurs heures par jour), ou dans les jours qui suivent, à raison de 20 ou 30 minutes tous les jours. L’arthromoteur est en général installé et supervisé par un(e) kiné, plus rarement des infirmiers ou infirmières ;
certain(e)s prescrivent des séances de kiné. Les kinés vous montrent des exercices à faire en autonomie, vous conseillent sur les activités à faire au quotidien, et/ou vous mobilisent eux-même le genou dans différentes positions ;
certain(e)s ne prescrivent pas de séances de kiné mais vous recommandent de faire des exercices d’entretien de la flexion ou de l’extension du genou, ou de rester actif au quotidien (marche, escalier, vélo, etc.).
Je travaille depuis 11 ans comme kiné (+ 3 ans comme stagiaire kiné), en libéral comme à l’hôpital ou en centre de rééducation. Je n’ai pas constaté que selon le protocole suivi, la récupération était significativement meilleure ou moins bonne. À court terme comme à long terme.
Pour mes patient(e)s qui ont choisir de recourir à l’arthroscopie, j’expose donc les choses comme je le fais dans cet article. Puis nous discutons de ce qui semble le plus adapté dans leur cas, par rapport à leurs attentes, leur motivation, leurs a priori.
En général, je leur recommande :
de changer très régulièrement de position au fil de la journée (assis genou fléchit, assis genou tendu, allongé genou allongé) ;
de marcher et être actif autant que possible ;
de réaliser tous les jours 3×2 min des exercices de flexion et d’extension de genou dans une ou plusieurs positions que nous identifions comme les plus pertinentes dans leur cas (assis sur une chaise avec un skate, debout avec le pied sur une marche, allongé sur le ventre, allongé sur le dos, etc.) ;
de faire du vélo d’appartement si l’amplitude et les douleurs le permettent. En mettant d’abord très haut la selle et en pédalant à l’envers (cela est plus facile et permet de moins plier le genou). En augmentant très progressivement la durée : souvent, on commence par seulement 30 secondes/1 minute.
Quels sont les résultats d’une arthrolyse du genou ?
Pour répondre à la questions des résultats d’une arthrolyse du genou, je préfère m’appuyer en priorité sur les données provenant d’études cliniques plutôt que sur ma propre expérience.
Pour cela, je suis allée chercher toutes les études parues sur le sujet et référencées dans le « Google » des études médicales, Pubmed/la Medline.
Il existe quelques dizaines d’études pour l’arthrolysedu genou et les mobilisations sous anesthésie, menées sur quelques dizaines de patient(e)s. Et elles ne comparent pas leur évolution à l’évolution de personnes dans la même situatio mais n’ayant pas eu d’arthrolyse.
La colonne Preop motion indique les amplitudes d’extension et de flexion du genou de ces personnes avant leur arthrolyse du genou. C’était des personnes qui avaient développé une raideur du genou suite à la pose d’une prothèse totale de genou. Ttoutes avaient entre 85 et 90° de flexion, et un flexum (manque de flexion de 15 à 60°). Source : Hegazy 2011
Voici les conclusions de la principale et plus récente synthèse d’études sur le sujet (Haffar, 2022). Elle s’est focalisée sur les études dans un contexte de raideur après prothèse de genou, car c’est le motif le plus fréquent d’arthrolyse et de mobilisation sous anesthésie.
Elle a cherché les études portant sur :
les manipulations du genou sous anesthésie (21 études trouvées) ;
l’arthrolyse du genou sous arthroscopie (7 études trouvées) ;
la révision / reprise de la prothèse de genou (14 études trouvées).
Voici ses principaux résultats :
la valeur médiane ou moyenne de la flexion du genou après l’opération était égale ou supérieur à 90° :
dans 30 % des études sur les manipulations du genou sous anesthésie ;
dans 71 % des études sur l’arthrolyse ;
dans 70 % des études sur la prise de prothèse ;
les scores à des tests évaluant la douleur et la fonction du genou étaient meilleurs pour les personnes ayant eu une mobilisation ou une arthrolyse ;
43 % des personnes ayant eu une reprise de la prothèse ont dû avoir derrière encore d’autres soins, contre 25 % de ceux mobilisés, et 17 % de ceux ayant eu l’arthrolyse du genou.
Qu’en retenir ? La mobilisation sous anesthésie ou l’arthrolyse du genou ne sont pas des « remèdes miracles » contre la raideur du genou. Plus de la moitié des personnes ont derrière moins de 90° de flexion du genou.
Une autre synthèse d’études mentionne qu’il est plus intéressant de procéder à ces techniques en cas de raideur du genou 3 à 6 mois après l’évènement traumatique (la fracture, l’opération, etc.), pas plus (Vaish 2021).
Et lorsqu’on demande l’avis à des dizaines de chirurgien(ne)s de tous les pays, 1 sur 2 recommandent de le faire plutôt entre 6 et 12 mois après l’événement traumatique (Kumar 2021).
56 % des 315 chirurgien(ne)s opérés dans cette étude recommandent la mobilisation sous anesthésie en cas de raideur après prothèse totale de genou 6 à 12 mois après la pose de la prothèse. Et 10 % ne recommandent pas la mobilisation sous anesthsie. Source : Kumar 2021
Quels sont les complications et risques possibles d’une arthrolyse du genou ?
Le principal risque après mobilisation sous anesthésie ou arthrolyse est que l’opération ait été réalisée « pour rien ». Dans certains cas (rares), la situation peut être pire derrière.
Aboutissant parfois sur le diagnostic d’algodystrophie du genou. Ce qui veut en fait dire « genou raide et douloureux », mais qui n’est pas forcément un problème en plus.
Les complications sont plus fréquentes après une arthrolyse du genou qu’après une mobilisation sous anesthésie. Mais elles restent rares tout de même (moins d’1 personne sur 100).
Lorsqu’elles surviennent, il peut s’agir :
d’une infection du genou ;
de détérioration de la prothèse ou du matériel en place dans le genou.
On peut effectivement avoir une algodystrophie du genou suite à une mobilisation sous AG ou à une arthrolyse. Mais souvent, l’algodystrophie était en fait déjà là, simplement personne n’avait posé ce diagnostic.
Source : Hegazy 2011
Comment savoir si une arthrolyse du genou est pertinente dans mon cas ? Mon avis
Il est toujours très délicat de conseiller quelqu’un sur l’intérêt d’avoir recours à une mobilisation sous anesthésie ou à une arthrolyse en cas de genou très raide.
Car il est difficile :
de savoir a priori si l’opération ou le geste va réussir ;
d’évaluer à la place de quelqu’un d’autre la balance bénéfice risque.
En général, les personnes à qui on suggère le recours à une mobilisation forcée ou une arthrolyse ont eu l’avis de différentes personnes : kinés, médecins de réadaptation, généraliste, chirurgien(ne). Et les avis sont parfois discordants, comme l’illustre ce témoignage déposé sur un autre de mes articles :
À l’heure actuelle, ma flexion est à peine de 100degrés.
Mon chirurgien veut me débloquer le genou sous anesthésie générale, il pense que ce sont des adhérences qui empêchent la flexion.
Mon kiné pense que ce n’est pas une bonne idée, que l’oedème va se reformer et qu’il faut juste être patiente.
Mon médecin traitant me dit de faire confiance à mon chirurgien.
Au total j’avoue que je suis un peu perdue et je ne sais pas que décider Le chirurgien que j’ai revu hier me dit que si on ne n’agit pas maintenant, je ne récupérerai jamais ma flexion. Qu’en pensez-vous ? Merci.
Une personne dont le genou est raide après une fracture complexe de la rotule. Cette situation est très représentative de comment se passent les choses en général. Sauf que le plus souvent, la mobilisation est proposée en cas de raideur plus importante (30 à 80°).
Je vous recommande de vous poser ces questions :
est-ce que vous êtes bloqué sans aucun progrès (même d’1 ou 2 degrés) depuis plus de 4, 5 semaines, malgré un mode de vie actif et des exercices quotidiens ?
Est-ce que la limitation d’amplitude (et pas la douleur ou un autre problème) vous gêne pour faire des choses importantes pour vous ? Quoi précisément : faire du vélo ? Monter les escaliers ? Vous chaussez ?
Avez-vous essayé d’augmenter la fréquence et l’intensité d’exercices de mobilisation du genou, quitte à prendre plus d’antalgiques pour les réaliser ?
Êtes-vous conscient(e) qu’après le geste chirrugical, vous devrez encore continuer la rééducation (ou l’autorééducation) ?
Je pense que les réponses à ces questions devraient vous guider dans votre choix.
J’espère que vous arriverez à être plus sûr de la meilleure option pour vous ! Si vous avez des remarques, des questions, vous pouvez les partager en commentaire, j’y répondrai 🙂.
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération, j’ai conçu ce guide au format ebook :
…
Ces contenus pourraient également vous intéresser :
Sur une des complications possibles après la pose d’une prothèse de genou, la raideur du genou : Rodríguez-Merchán EC. The stiff total knee arthroplasty: causes, treatment modalities and results. EFORT Open Rev. 2019;4(10):602–610. Published 2019 Oct 7. doi:10.1302/2058-5241.4.180105
Efficacité de la mobilisation sous anesthésie et de l’arthrolyse. Haffar A, Goh GS, Fillingham YA, Torchia MT, Lonner JH. Treatment of arthrofibrosis and stiffness after total knee arthroplasty: an updated review of the literature. Int Orthop. 2022 Jun;46(6):1253-1279. doi: 10.1007/s00264-022-05344-x. Epub 2022 Mar 18. PMID: 35301559.
Quand faire l’arthrolyse. Vaish A, Vaishya R, Bhasin VB. Etiopathology and Management of Stiff Knees: A Current Concept Review. Indian J Orthop. 2020 Oct 20;55(2):276-284. doi: 10.1007/s43465-020-00287-0. PMID: 33927806; PMCID: PMC8046887.
Complications en cas d’arthrolyse. Hegazy AM, Elsoufy MA. Arthroscopic arthrolysis for arthrofibrosis of the knee after total knee replacement. HSS J. 2011 Jul;7(2):130-3. doi: 10.1007/s11420-011-9202-7. Epub 2011 May 19. PMID: 22754412; PMCID: PMC3145854.
Rédigé par Nelly Darbois
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Vous souhaitez travailler comme kinésithérapeute (physiothérapeute) en Suisse ? Savoir quel est le salaire des kinés là-bas, ou les revenus des kinés indépendant(e)s ? Ou vous former dans une école de kinésithérapie en Suisse ?
Dans cet article, je fais le point sur tout ce qui touche à la kinésithérapie en Suisse, notamment lorsqu’on a fait ses études dans un autre pays comme la France.
Pour cela, je m’appuie sur des recherches documentaires fouillées (toutes les références en fin d’article).
Et sur l’expérience de certaines de mes connaissances, qui ont déjà travaillé en Suisse🇨🇭 comme kiné (j’habite en Savoie, tout prêt de la Suisse ; et je suis surtout une fan du système politique suisse, où les citoyen(ne)s ont beaucoup plus de contrôle sur leurs institutions).
Vous trouverez en fin d’article un espace commentaire pour toute remarque ou question !
Dernière mise à jour : 7 février 2024. Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales. Rédigé par Nelly Darbois, kiné et rédactrice scientifique
Si vous préférez m’entendre blablater sur le sujet (je vous recommande plutôt l’article, plus précis !)
Combien gagne un kiné en Suisse ?
Déjà, l’Association nationale des kinés Suisses (physioswiss) communique en 2021 sur un revenu net mensuel moyen de 5500 à 6500 CHF par mois pour une charge de travail de 100%.
La durée de travail légale en Suisse est plus élevée qu’en France : elle est comprise entre 42 heures et 50 heures par semaine.
Cela nous fait donc un « salaire » moyen mensuel net pour les kinés Suisses de 5 600 euros à 6 623 euros pour minimum 42 heures de travail.
Ce chiffre est à mettre en relation avec le SMIC suisse, plus élevé qu’en France. Tout comme le coût de la vie.
Le SMIC suisse est différent selon les cantons. Dans le canton où il est le plus bas (Tessin), il est de 2960 euros net pour 42h de travail par semaine.
L’avis des Suisses sur le niveau de revenus des kinés suisses : trop bas, trop élevé, adéquat ? Baromètre de la pysiothérapie, Physioswiss, 2022
J’ai essayé de trouver des informations plus détaillées et précises sur les revenus et salaires pour les kinés suisses employés ou libéraux.
Salaire des kinés en Suisse : hôpital, clinique, centre de rééducation
Il est difficile de trouver des informations sourcées/fiables à ce sujet.
Certains sites parlent de salaires suisses (donc potentiellement de revenus tirés d’une activité salariée) ainsi :
Sans indication précise sur l’origine de cette estimation. Qui correspond probablement à un salaire/revenu brut. Cela correspondrait à 7 437 francs suisses par mois, ce qui est une estimation supérieure à celle de Physioswiss.
Selon jobup.ch, le salaire médian d’un kiné suisse est de 74 999 CHF (chiffre de 2023). Soit 6 250 CHF par mois, 6 376 euros par mois. On se rapproche plus des chiffres donnés par PhysioSwiss.
Salaire médian suisse selon jobup.ch
Il est probable que les salaires soient assez différents selon les cantons : la Suisse fonctionne de manière beaucoup plus régionale/locale/décentralisée que la France.
Pour avoir une autre estimation, je suis allée regardée les salaires proposés aux kinés Suisses sur les offres d’emploi sur Indeed (un des principaux site international de recherche d’emploi) et LinkedIn.
On trouve beaucoup d’annonces, mais très peu indiquent des salaires (contrairement aux offres d’emploi en France). Même choses sur des sites d’offres d’emploi spécialisés pour la Suisse tels que Jobéo ou Jobs.ch.
Il existe des grilles de salaire pour les hôpitaux et cliniques en Suisse mais qui sont fixées par canton (il y en a 26 en Suisse). Par exemple, dans le canton de Vaud, les physiothérapeutes sont classés parmis les soignant(e)s diplômés avec spécialisation (fonction) avec des classes différentes selon les taches qu’ils occupent.
Grille de salaire des cliniques privées du Canton de Genève en 2012. Le salaire mensuel minimum des physiothérapeutes était de 5 093 CHF. Source : Le trait d’union franco-suisse, 2017
Il existe un outil très bien fait réalisé par la Confédération Suisse (= l’État) permettant d’estimer votre salaire en Suisse selon de nombreuses caractéristiques :
L’État Suisse vous permet d’estimer votre salaire en Suisse via l’outil Salarium
Vous pourrez ainsi faire votre propre estimation par rapport au canton visé, à votre âge, au volume horaire, etc. Le lien est en fin d’article.
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Déjà, contrairement à la France, on trouve « beaucoup » d’offres d’emploi de kiné salarié dans des établissements « libéraux » (cabinets de kiné), et pas seulement à l’hôpital ou en centre de rééducation. On en voit d’ailleurs régulièrement sur des sites français tels que Physiorama.
Lorsque les montant des salaires sont donnés (rarement), ils sont similaires à ceux évoqués précédemment pour les hôpitaux et cliniques.
Les caisses d’assurance maladie Suisses paient en moyenne 48 francs par séance de 30 minutes (source : Baromètre Physioswiss 2021). Soit 49 euros.
Encore une fois, ce tarif est à mettre en relation avec le coût de la vie en Suisse. Mais également avec le montant des cotisations et des impôts des kinés Suisses, et les éventuels dépassements pratiqués, permettant une prise en charge par les assurances complémentaires.
Les prestations de physiothérapie ambulatoire se voient attribuer des points tarifaires sur la base de tarifs forfaitaires pour les séances, de prestations complémentaires et de règles de combinaison ; la valeur du point tarifaire est ensuite déterminée par les partenaires tarifaires pour chaque canton.
Il est probable que vos revenus nets mensuels de kiné en Suisse tournent autour de 5 600 euros à 6 623 euros pour minimum 42 heures de travail. Avec probablement de grandes variabilités selon l’expérience, le canton, le nombre d’heures de travail, etc.
Comment exercer comme kiné français (ou autre) en Suisse ?
En Suisse, la kinésithérapie / physiothérapie est une profession réglementée. C’est-à-dire qu’il y a certaines conditions pour pouvoir l’exercer, sinon, on est hors la loi.
Soit :
obtenir un Bachelor of Science en physiothérapie Suisse ;
obtenir une équivalence de la Croix Rouge Suisse si vous avez obtenu un diplôme de kiné dans un autre pays que la Suisse.
Avoir obtenu un diplôme de kiné dans l’Union européenne (en France ou ailleurs) ou hors de l’union européenne, ailleurs qu’en Suisse, ne suffit pas pour travailler en Suisse.
Les conditions : obtenir l’équivalence de la Croix Rouge
Vous devez obtenir une équivalence de votre diplôme de kiné étranger pour travailler comme kiné en Suisse. Cette équivalence est délivrée par la Croix-Rouge suisse.
Pour cela, la première étape est de réaliser un PreCheck. Vous pouvez le réaliser en français, en allemand ou en italien, en ligne (lien en fin d’article). Il suffit de répondre à des questions et de fournir des documents.
Sous 4 semaines, vous saurez si vous pouvez ou non en l’état faire les démarches pour obtenir une reconnaissance. Vous connaîtrez aussi le coût de cette démarche dans votre cas, et comment procéder.
Vous devrez alors réunir tous les documents exigés, payer la facture, et renvoyez la demande d’équivalence signée avec l’ensemble des documents par la poste.
Vous obtenez l’équivalence si tout les documents sont ok sous 3 à 4 mois.
Entre l’étape du PreCheck et l’étape de la demande de reconnaissance, il est possible que vous ayez besoin de faire :
un stage d’adaptation;
un stage d’adaptation associé à une formation complémentaire;
une épreuve d’aptitude.
Cela dépend de si le programme de la formation de kiné que vous avez suivi diffère beaucoup du Bachelor of Science en physiothérapie Suisse (la formation qui donne accès en Suisse à la pratique réglementée de kiné).
Le coût pour l’obtention de l’équivalence de la Croix Rouge Suisse est d’environ 1000 CHF (environ 1020 euros). Si vous avez besoin de faire des stages ou autres mesures de compensation, vous aurez de l’argent à débourser en plus.
Ces modalités sont valables quelque soit le pays dans lequel vous avez obtenu votre diplôme de kiné/physiothérapeute (hormis la Suisse bien sûr !).
Une fois que vous avez votre équivalence Croix Rouge, vous devez encore effectuer une démarche pour travailler comme kiné libéral indépendant en Suisse. Vous devez demander une autorisation de pratiquer auprès de la Direction de la santé du canton compétent.
Cette autorisation vous permet d’obtenir un numéro de décompte (numéro RCC) auprès de la SASIS SA. Avec ce numéro vous avez le droit de réaliser des décomptes avec les caisses-maladie, les assurances-accidents, militaire et invalidité.
📣 Scoop pour les kinés français(e)s : les Suisses ont une politique très souvent plus libérale que par chez nous (et considérablement plus démocratique). Les kinés Suisses ne sont pas obligés de cotiser à un Ordre des kinés ! Il existe des associations de kinés libéraux et salariés mais l’adhésion est facultative 🙂 (PhysioSwiss et ASPI, Association Suisse des Physiothérapeutes Indépendants, à ma connaissance).
Source : Redcross.ch et Physioswiss.ch
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Documents requis pour obtenir l’équivalence de la Croix Rouge Suisse
Le principal document administratif demandé quand vous soumettez votre demande de reconnaissance est le Certificate of Current Professional Status/Letter of Good Standing.
C’est un document que vous pouvez obtenir auprès de l’autorité compétente locale ou nationale dans la régulation de la profession de kiné, dans le dernier pays dans lequel vous avez travaillé. Donc, auprès des Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) pour la France.
Ce document montre que :
vous avez bien suivi une formation et obtenu votre diplôme d’État de kiné ;
que vous êtes habilité(e) à exercer votre profession dans ce pays et que vous n’êtes pas sous le coup de sanctions. C’est-à-dire que l’autorisation d’exercer la kiné ne vous a jamais été retirée de façon provisoire ou définitive.
Si le dernier État où vous avez travaillé ne tient pas de registre, ou si vous n’avez jamais pratiqué dans l’État où vous vous êtes formés, vous devrez à la place fournir :
une attestation de NON-enregistrement (Certificate of Non-Registration) établie par les autorités compétentes (toujours la DREETS pour la France) ;
un extrait de votre casier judiciaire de moins de trois mois.
Comment trouver un emploi comme kiné en Suisse ?
On trouve un emploi en Suisse de la même façon qu’en France. Soit :
en consultant les sites d’offres d’emploi comme LinkedIn ou Indeed, ou d’autres plus spécifiques pour la Suisse (listés en fin d’article). Ou des annonces sur les réseaux sociaux ;
en sollicitant directement les établissements de santé où l’on souhaite travailler, en faisant des candidatures spontanées ;
en faisant marcher le bouche à oreille.
On postule ensuite comme pour n’importe quel emploi. En envoyant un CV etune lettre de motivation (et souvent d’autres papiers). Puis en passant souvent un entretien.
Comment faire ses études de kiné en Suisse ?
Que vous ayez ou non un diplôme de kiné dans un autre pays que la Suisse, un des moyens de travailler comme kiné en Suisse est aussi d’obtenir votre diplome de kiné Suisse. Appelé Bachelor of Science en physiothérapie.
Voici comment l’obtenir.
Comment rentrer dans une école de kiné en Suisse ?
Les écoles publiques de kiné en Suisse s’appellent les Hautes Ecoles Spécialisées (HES). Il en existe dans différents cantons.
La durée des études est de :
3 ans si vous avez déjà un diplôme secondaire supérieur dans le domaine Santé/social, en Suisse ;
1 année préparatoire en plus soit 4 ans si vous avez le bac Suisse appelé diplôme secondaire général (Maturité gymnasiale suisse) (ou un équivalent).
La reconnaissance du baccalauréat général français pour l’admission peut varier selon la Haute école considérée et vos spécialités au Bac. Cela dépend aussi des notes que vous avez eu. Cf ressources complémentaires en fin d’article.
Actuellement, la condition est d’avoir obtenu au moins 12/20 au Bac général français. De plus : avoir suivi la Spécialité « Mathématiques » ou l’option « Mathématiques complémentaires » + la Spécialité « Sciences de la vie et de la terre » ou la spécialité « Physique Chimie ».
Il faut s’inscrire pour une année préparatoire appelée Module complémentaire santé directement auprès de l’école de son choix, entre février et mai, pour une rentrée en septembre.
À l’issue de cette année préparatoire, il faut passer un examen (coût : 135 €). Puis postuler dans une école. Seulement quelques dizaines de places par an : c’est trsè sélectif, et réservé en priorité aux Suisses.
Il existe également une école privée en Suisse : Campus Ludes à Lugano. Cursus en français ou italien, en 4 ans. L’entrée se fait avec le Baccalauréat et test d’admission évaluatif, non sélectif.
École de kiné en Suisse : quel prix ?
Le coût pour l’année préparatoire est d’environ 15 000 euros. Sauf pour les personnes qui paient leur impôts dans le canton : dans ce cas, le tarif est moins élevé.
Ensuite, les 3 années à l’école publique sont aussi payantes : plusieurs milliers d’euros par an.
Les coûts de l’école de kiné suisse privée sont de :
autour de 14 000 Frs suisses la 1ère année,
12 000 CHF les deux suivantes,
et 20 000 CHF la dernière année.
Ces tarifs incluent seulement le coût de la scolarité. Mais pas le logement et les frais annexes.
Comment facturer des soins de kiné à un patient suisse en France ?
Un confrère kiné en France m’a déjà posé en privé cette question : comment facturer des séances de kiné réalisées en France à un patient Suisse ?
Il faut bien distinguer selon s’il s’agit de soins effectués :
dans un établissement de santé ;
en cabinet de kiné (ou à domicile, ou dans un autre cadre en libéral).
Ces soins vont pouvoir être pris en charge par l’assurance de la personne. Mais tout dépend bien sûr du type d’assurance dont elle dispose (assurance publique obligatoire, la LAMal, et assurance privée/facultative).
Par exemple, certaines assurances de santé internationales facultatives Suisses remboursent jusqu’à CHF 100’000 par personne assurée et par année civile pour les traitements ambulatoires chez des praticiens reconnus par l’Etat.
Dans le cadre de la kinésithérapie en France, on est rarement dans des soins d’urgence, puisque les patient(e)s ne peuvent pas consulter les kinés sans ordonnance d’un médecin. Les patient(e)s qui vous consultent auront normalement le temps de se renseigner par eux-même auprès de leur assurance santé obligatoire et facultative pour savoir comment leurs soins peuvent être remboursés.
Ce sera donc directement au patient de payer (par chèque, virement, espèce, carte bancaire, selon les modes de paiement que vous accepter.
Puis vous lui fournirez une facture pour qu’il puisse se faire rembourser. N’importe quel logiciel de kiné permet normalement d’éditer une facture pour des actes pratiqués sans faire le tiers-payant sur la part sécu ni mutuelle.
Pour des séances de kiné effectuées en centre de rééducation, vu les sommes engagées, il est indispensable que le patient (ou ses proches) se renseigne auprès de son assurance pour savoir ce qui est couvert ou non. Et si un rapatriement n’est pas plus approprié.
Comment un physiothérapeute Suisse peut travailler en France ?
Un(e) kiné diplômé en Suisse doit obtenir une équivalence de son diplôme pour travailler comme kiné salarié ou libéral en France.
L’équivalence est délivrée par le Conseil national de l’Ordre des kinés. Il suffit de le contacter et de renvoyer des documents. Parfois, il faudra refaire des stages en France. Selon mon expérience, c’est rarement le cas pour les kinés diplômés d’une école publique Suisse.
En 2019, environ 70 % des personnes qui ont demandé une équivalence pour exercer en France l’ont obtenu (Cnomk, 2021), tout pays confondu.
***
Bonnes réflexions à vous… et démarches administratives 😉 !
Des remarques, des questions ? Rendez-vous en commentaire !
Sujets qui reviennent toujours dans les discussions entre kinés, j’ai crée ces ebooks et e-learnings :
L’association nationale Suisse de kinésithérapie (physiothérapie) : https://www.physioswiss.ch/ et notamment son baromètre de la physiothérapie en Suisse 2022 ici. Il existe aussi une autre association, l’ASPI.
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Can you walk with a fractured hip? You’re most likely asking yourself this question if you’ve recently experienced a broken femur (or if someone you know or a patient of yours is in this situation).
Or perhaps you’ve « simply » fallen, have hip pain, but can still walk. And you’re wondering whether being able to walk is a sign that your femur isn’t broken.
I will answer all these questions that you have. I am a physiotherapist, and for the past 10 years, I have been treating individuals for their rehabilitation after a hip fracture.
To answer these questions, I will rely on:
My experience as a physiotherapist.
My extensive research and readings in the international medical literature (all references are provided at the end of the article).
After reading this article, if you still have questions or want to share your experiences, feel free to leave them in the comments section 🙂.
Good reading!
Last update: June 2023 Disclaimer: Amazon Affiliate links Written by Nelly Darbois, physical therapist and scientific writer
If you would like more information about this rehabilitation period, I have dedicated an eBook to this topic 🙂!
Summary
A brief overview of hip fractures
Fractures of the femur occur most frequently following a fall from its height, especially in the elderly. In younger people, it often occurs during a traffic accident or while playing sports.
This picture shows the top of the femur, the thigh bone. The purple part represents the neck of the femur. Above, in white, is the head of the femur (also called the femoral head). Below, the trochanter. In this article we focus on femoral neck fractures, although most of the information applies to other hip fractures as well.
The diagnosis is made with the help of an x-ray, after a doctor has examined you. The X-ray is then often shown to an orthopedic surgeon. This professional will give his or her opinion on the most appropriate treatment based on:
a return home the same day with a follow-up appointment for a consultation and an X-ray 6 weeks later. And possibly a prescription for physiotherapy sessions at home or elsewhere ;
a hospitalization of a few days in an orthopedic and traumatology department;
a stay in a follow-up care and rehabilitation center.
X-ray of a femur fracture (left). On the right, the same person, a few hours after a surgeon placed a gamma nail. The gamma nail is used for various fractures of the femur, especially those involving the trochanter
Usually, by this point, the medical professionals who took care of you have explained if and how you are allowed to walk…. That’s what we’ll see now 🙂 .
What do we mean by « walking » after a hip fracture?
Let’s agree on one thing right away: « walking » means moving on one or more of one’s legs, whether or not one uses a technical aid. One can walk even :
on one foot only ;
with a limp ;
with a splint;
with a walker or crutches;
between parallel bars in a physical therapy room.
In short: there are many different ways to walk!
After a hip fracture, in the vast majority of cases (more than 99% in my experience) people will be able to walk the same day or in the following days. It’s just that the way they walk will be different depending on the instructions they receive!
3 types of walking after a hip fracture
In the days following a fractured hip, you will be able to walk. But not immediately as before: without a cane, without a limp. You will have to adapt the way you walk, to :
avoid pain ;
compensate for the loss of muscle strength due to the fracture or the surgery;
in some cases, to facilitate bone healing.
Here are the 3 main types of walking adopted after a broken leg. From the most frequent to the least frequent. We will see in the next part how to know if in your case you should rather « walk » this way or that way.
Full weight bearing: You walk with both feet on the ground. You use crutches or a walker to relieve some of the weight on the fractured side. However, you press on it as much as you want. What limits you is simply your possible pain. As the days go by, you put less and less pressure on the crutches or walker. Until you gradually stop using them. Generally, after 4 to 10 weeks. We talk about « full support », because you press as much as you want on the fractured leg.
Partial weight bearing: You walk with both feet on the ground. You use crutches or a walker to relieve a lot of pressure on the fractured side. In fact, you put a lot of weight on the canes or the walker. You barely put your foot on the ground, and you don’t put your full body weight on it. This is called partial support, or contact support. Usually, a physiotherapist will explain to you how to walk this way. After a few minutes or days, it will become intuitive for you. In general, you will have to walk like this until the control X-ray, 6 weeks after the fracture.
No weight bearing: You walk without putting your fractured foot on the ground at all. With or without a splint. You can still walk with crutches or a walker (or walking frame), if you are comfortable. You will walk without weight bearing to the control radio most of the time.
What will determine whether you will be allowed to walk with or without weight bearing? It’s the stability of your fracture (not the consolidation: nobody consolidates in a few days).
💡 You can use a scale to see if you are putting a lot of weight on the fractured leg or not. Put the operated foot on a scale, the other foot on a flat surface at the same height as the scale (take old books or solid wooden boards to be at the same height; see classic scales on Amazon). If you are only allowed contact support, you should theoretically put less than 5-10% of your body weight. Say, 10-20 kg maximum.
Stand on a weigh scale, with the foot of the fractured leg on the scale, the other on a stack of books (in this case, Peppa Pig, great support 😉 ). Look at how many kilograms you press on the fractured side. See scale on Amazon
Can elderly (or younger) walk after hip fracture? How to know?
Didn’t the health professionals you saw tell you anything specific about walking? They never « forbade » you to put your foot on the ground, or told you that you should no weight bearing?
In this case, the probability is extremely high that you have the right to walk in full support: you press as much as you want, only the pain limits you. There is no need to go looking for « the little beast further ». If you have any doubts, you can possibly :
look at the surgical report (if you have been operated) and all the documents that you have had following your treatment: report of the passage to the emergency room or hospitalization, prescription for the physiotherapists/nurses, letter to the attending physician, report of the X-ray. If there is nothing written on it regarding walking, or if it is written « full weight bearing authorized », it means that it is good, you can walk « freely ». Only the pain should guide you;
call your attending physician or the secretary of the physician who diagnosed the fracture to ask for clarification on this subject.
Did your professionals « warn » you about walking? Did they talk to you about partial weight bearing, or no weight bearing? Respect their instructions. If this seems too difficult or inappropriate, discuss it with the physiotherapists or doctors who are following you to consider alternatives.
If you are not allowed to put much (or any) weight bearing on the fractured hip, this will be marked somewhere in your discharge letters. Something like « no walking » (even if you can hobble), « partial weight bearing » or « no weight bearing ».
How long does it take to walk normally after hip fracture?
Regardless of the type of fracture and management you received, you will have a follow-up x-ray at a distance from the fracture. The purpose of this X-ray is to see if bone healing is well underway. If a surgery has been performed, it also allows us to check that the surgical material has not moved.
This X-ray is often performed 1.5 months after the fracture. Sometimes, 2 or even 3 months later.
In general, the results of this X-ray are good: you are beginning to healing well. In this case, you will be able to :
gradually let go of the crutches (or walker) if you still have them ;
gradually start to support yourself a little more over the days or weeks, if you were in contact support or partial support.
In the latter case, during the follow-up appointment, the surgeon will indicate on a prescription intended for the physiotherapist how the gradual resumption of support should take place. He will indicate something like :
Progressive weight bearing, +10 kg per week, or +10% of body weight per week;
Progressive weight-bearing according to pain;
Full weight bearing
Your physiotherapist will be there to help you interpret this information if it is not clear enough for you.
Over the weeks and months after hip fracture, you will learn to walk normally again,unaided, without limping or technical assistance!
If you would like more information about this rehabilitation period, I have dedicated an eBook to this topic 🙂!
Is it possible to have a hip fracture and still be able to walk?
Another situation in which you may find yourself is that you have fallen, and your hip is very sore. But you can still walk. You didn’t go for an X-ray. Or you did, but they didn’t give you an x-ray, or they did, but you’re afraid they might have missed something.
And you’re wondering, does walking mean I don’t have anything broken? Clearly, no, that’s not good enough. I have several examples of people who have managed to walk after breaking their femur (often only to call for help).
What to do?
If you have already consulted a health professional, he or she has ruled out a fracture. You should gradually be able to walk more normally. Wait a few more days, and reconsult if there is really no improvement.
If you have not consulted a health professional following your fall or accident, and the pain makes it difficult for you to walk, it is probably best to seek medical advice to be reassured.
***
Here’s what I wanted to tell you about this! I wish you a very good recovery! Do you have any comments or questions? Your comments are welcome 🙂 !
If you feel the need to learn more about the recovery period after a hip fracture, I wrote this guide in eBook format:
Handoll HHG, Sherrington C, Mak JCS. Interventions for improving mobility after hip fracture surgery in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 3. Art. No.: CD001704. DOI: 10.1002/14651858.CD001704.pub4.
Dyer SM, Crotty M, Fairhall N, et al. A critical review of the long-term disability outcomes following hip fracture. BMC Geriatr. 2016;16(1):158. Published 2016 Sep 2. doi:10.1186/s12877-016-0332-0
Verone et Maggi. Epidemiology and social costs of hip fracture. Injury. 2018 Volume 49, Issue 8, Pages 1458–1460
Written by Nelly Darbois
I enjoy writing articles that answer your questions, drawing on my experience as a physiotherapist and scientific writer, as well as extensive research in international scientific literature.
I live in the French Alps☀️🏔️, where I enjoy the simple pleasures of life (+ I’m a Wikipedia consultant and the founder of Wikiconsult).
Vous avez vous-même (ou l’un(e)de vos proches, patient(e)s ou salarié(e)) une névralgie cervico brachiale, vous vous demandez si on peut travailler malgré les douleurs et la gène liée à ce trouble musculo-squelettique ?
Je vous partage dans cet article mon expérience de kinésithérapeute à ce sujet.
Je me suis aussi documentée sur les chiffres disponibles sur la fréquence d’arrêt de travail en cas de NCB, sur la durée moyenne, sur le taux d’invalidité, l’indemnisation, les démarches auprès de la MPDH, etc.
Vous trouverez en fin d’article les références des études et documents administratifs sur lesquels je m’appuie.
Bonne lecture ! Je reste disponible en commentaire pour toute remarque ou question.
♻️ Dernière mise à jour : août 2023. 👩⚖️ Déclaration de liens d’intérêts financiers : aucun en lien direct avec le sujet. Ma déclaration de liens d’intérêt complète est en mentions légales.
Sommmaire
Je résume cet article en vidéo 🙂 Je vous recommande plutôt l’article, plus précis et fluide (je ne suis pas à l’aise en vidéo et en fais simplement pour que les contenus que je crée soient accessibles aussi aux personnes qui n’ont pas l’habitude de lire des sites internet 🙂)
Peut-on parfois travailler avec une névralgie cervico brachiale ?
Il est souvent possible de travailler avec une névralgie cervico brachiale. Que ce soit en phasie aigü (quand le diagnostic vient juste d’être fait) comme plus à distance, même si la pathologie devient chronique.
Pourquoi c’est souvent possible de travailler malgré une NCB ? Pour au moins ces 4 raisons :
le fait de travailler n’augmente pas forcément les douleurs ou d’autres symptômes ;
le fait de s’arrêter complétement de travailler n’améliore pas forcément les symptômes ;
continuer à travailler (quitte à adapter son travail) permet de rester probablement plus actif, ce qui est favorable à une névralgie cervico brachiale (et plus généralement à toute douleur chronique) ;
continuer à exercer son métier peut permettre de penser à autre chose qu’aux problèmes rencontrés.
Voyons maintenant quelques critères qui peuvent aider à savoir si on peut ou non travailler avec une névralgie cervico brachiale.
Pourcentage de personnes en arrêt de travail à cause d’une NCB
Une étude suédoise mentionné que 37 % des personnes qui se présentent pour être opérées d’une névralcie cervico brachiale dans leur hopital étaient en arrêt de travail avant se faire opérer.
Soit plus d’1 personne sur 3, chez des personnes en phase chronique de NCB.
Il est probable que ce chiffre soit bien inférieur dans la population plus générale, car les personnes qui se font opéré sont souvent celles qui souffrent le plus, ou ont le plus de symptômes.
Source : Peolsson 2022
Comment savoir si on peut travailler malgré la névralgie cervico brachiale ?
Voici les questions à vous poser selon moi pour savoir si continuer à travailler est envisageable ou non avec votre névralgie.
Question à se poser
Attitude qu’il est possible d’adapter
Est-ce que vous douleurs sont augmentées de manière significative pendant que vous travaillez (par rapport à quand vous rentrez chez vous ou sur vos jours de repos) ? Au point de devoir prendre des antalgiques, que vous ne prenez pas les jours sans travail ?
Un arrêt temporaire ou une adaptation du travail peut être pertinente si vous répondez oui à ces 2 questions
Est-ce qu’il y a des gestes importants pour votre sécurité ou pour mener vos taches à bien que vous n’arrivez pas à fair à cause de la NCB ?
Un arrêt temporaire ou une adaptation du travail peut être pertinente si vous répondez oui à cette question
Vous êtes gêné et douloureux au travail et il n’y a aucun moyen d’adapter vos taches
Un arrêt temporaire peut être pertinent si vous répondez oui à cette question
Vous avez ponctuellement des douleurs et des gênes dans la journée liée à la NCB, mais vous arrivez bien à faire avec en changeant de position ou d’activité
L’arrêt de travail ne semble pas adapté
Les questions à se poser (souvent avec son médecin ou kiné) pour savoir si continuer à travailler est pertinent ou non en cas de névralgie cervico brachiale
Comme vous le voyez, il n’y a pas de critère très précis à cocher disant qu’un arrêt de travail est adapté ou non. C’est valable pour la névralgie cervico brachiale comme pour n’importe quel autre problème de santé.
Facteurs qui font que certaines personnes continuent de travailler
Une étude australienne a cherché si certaines choses faisaient que d’autres personnes continuaient à travailler malgré une névralgie cervico brachiale, alors que d’autres non. Cela portait sur des personnes qui avaient décidé de se faire opérer de leur névralgie.
Voici les facteurs qui sont plus souvent retrouvés chez les personnes avec NCB qui continuent à travailler :
plus grande capacité à se prendre en charge par elles-même,
moins de charge physique sur le cou au travail,
plus grande probabilité autodéclarée de pouvoir travailler dans les six mois,
plus grande utilisation de stratégies d’adaptation actives,
plus faible fréquence de faiblesse de la main,
une meilleure qualité de vie liée à la santé.
Source : Ng 2015
Quelle est la durée d’arrêt de travail habituelle avec une névralgie cervico brachiale ?
De la même manière qu’il n’y a pas de critères précis garantissant la pertinence de l’arrêt de travail, il n’y a pas forcément de durée type d’arrêt de travail en cas de névralgie cervico brachiale.
C’est avant tout l’ampleur de vos symptômes et leur impact sur votre activité pro qui va déterminer la durée adéquate. Tout comme la possibilité d’adapter ou non votre métier, ou disposer d’un mi-temps thérapeutique.
En France, l’Assurance maladie édite tout de même des référentiels indiquant la durée d’arrêt de travail suggérée en cas de différentes maladies, troubles musculo-squelettiques ou opération. Et il y a un référentiel pour la NCB, classée dans la catégorie des rachialgies.
Le document a été mis à jour pour la dernière fois en 2015. Voici le détail des durées d’arrêt de travail indiquées :
Le document fournit par la Caisse primaire d’Assurance maladie
En l’absence d’opération, la durée d’arrêt de travail pour une névralgie cervico brachiale est de 0 à 15 jours pour un travail sédentaire. Et cela peut aller jusqu’à 42 jours pour un travail nécessitant d’être beaucoup debout et de porter du poids.
En cas d’opération de la névralgie (exérèse de la hernie discale cervicale) la durée d’arrêt de travail est plutôt de 42 à 112 jours.
La névralgie cervico-brachiale fait partie du tableau des maladies professionnelles ?
En France, certaines maladies peuvent être reconnues comme des maladies professionnelles. Cette reconnaissance est écrite dans des textes de loi, publiés au journal officiel.
L’Institut national de recherche et de sécurité recense sous forme de tableau toutes les maladies professionnelles.
La névralgie cervico brachiale n’est pas inscrite dans le tableau des maladies professionnelles.
Source : site de l’INRS
Par contre, des troubles musculo-squelettiques parfois associés à la névralgie font partie du tableau des maladies professionnelles. C’est par exemple le cas de certaines tendinopathies (tendinite) ou de sciatique sur hernie discale lombaire L5 S1.
Quand contacter la MDPH en cas de névralgie cervico brachiale ?
On peut parfois être en invalidité ou reconnu comme travailleur handicapé à cause d’une NCB.
Cela arrive seulement au bout de plusieurs mois voire année d’évolution, et cela reste l’exception plutôt que la règle.
Dans ce cas, des démarches administratives sont effectuées auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). De nombreux documents doivent être remplis, dont certains par des médecins.
Quelle est l’indemnisation en cas de névralgie cervico brachiale ?
Vous pouvez recevoir différentes indemnisations en cas d’arrêt maladie ou d’incapacité liée à votre névralgie cervico brachiale.
Le montant et les modalités de ces indemnisations ne sont pas liées au type de maladie qui vous es diagnostiqué. Mais bien à ses conséquences sur votre capacité professionnelle.
L’indemnisation est donc la même en cas de NCB que pour n’importe quelle autre maladie. Elle va dépendre de votre statut, de votre situation familiale, et de nombreux autres paramètres.
Ces indemnisations sont les indemnités journalières de l’assurance maladie, l’indemnisation de l’incapacité temporaire, l’allocation adulte handicapés, etc.
Peut-on être en inaptitude à cause d’une névralgie cervico brachiale ?
Oui, il est possible d’être déclaré inapte au travail en France en raison d’une névralgie cervico-brachiale. Et donc d’être classé « en inaptitude ».
Cependant, cela dépendra de l’impact de la pathologie sur votre capacité à exercer votre travail. Si la douleur et les limitations physiques causées par la névralgie cervico-brachiale vous empêchent de réaliser les tâches requises par votre emploi, votre médecin pourra vous déclarer inapte.
Dans ce cas, vous pourrez peut-être bénéficier :
d’une indemnisation pour invalidité,
d’un reclassement professionnel,
ou encore d’un arrêt de travail.
Quel est le taux d’invalidité d’une névralgie cervico brachiale ?
Le calcul du taux d’invalidité ne dépend pas de la maladie ou du problème de santé en question. Mais plutôt des répercussions de ces derniers sur votre vie quotidienne.
C’est pourquoi il n’existe pas de taux d’invalidité standard pour les personnes souffrant d’une névralgie cervicobrachiale.
Certaines ne seront jamais en invalidité ou en arrêt de travail à cause de cette pathologie.
Tandis que d’autres pourront être classées en première catégorie d’invalidité à 30%, voire à 50% ou plus (souvent en raison de l’association de la névralgie cervicobrachiale à d’autres problèmes de santé).
Toutefois, il est rare qu’une névralgie cervicobrachiale entraîne un taux d’invalidité, et encore plus rare qu’il soit élevé.
Est-ce que la névralgie cervico brachiale est considérée comme un handicap ?
Il n’existe pas de liste finie de problème de santé qui entrent dans la catégorie du « handicap ». Le handicap est un concept large qui englobe beaucoup de choses. Ça ne se limite pas à des diagnostics médicaux spécifiques, mais plutôt à l’impact des problèmes d’une personne sur sa capacité à fonctionner dans divers aspects de la vie.
La définition collective du « handicap » pour la névralgie cervico brachiale, ainsi que la perception individuelle de celle-ci, peuvent être influencées par plein de facteurs.
Pour certaines personnes atteintes de névralgie cervico brachiale, les symptômes et les limitations peuvent avoir un impact significatif sur leur vie quotidienne et leur capacité à travailler, ce qui les amène à considérer cela comme un handicap.
D’autres peuvent éprouver des symptômes plus légers ou avoir des mécanismes d’adaptation efficaces qui leur permettent de gérer leur condition sans la considérer comme un handicap.
Dans ma pratique de kinésithérapie, j’ai rencontré les deux extrêmes.
Quelqu’un dans la vingtaine qui, en raison de sa radiculopathie cervicale, utilisait un fauteuil roulant électrique. Elle était en invalidité chronique, avec un taux d’invalidité à 80 % (en lien avec la NCB). Cependant, elle avait également un trouble bipolaire et pensait que cela avait un impact sur sa santé physique et sa capacité à faire face à la douleur et à l’inconfort.
D’un autre côté, j’ai aussi vu des exemples de collègues aides-soignantes qui ont continué à travailler malgré leur névralgie. Elles venaient parfois au travail avec un collier cervical, mais la gêne avait très peu d’impact sur leur capacité à accomplir leurs tâches ou leur moral.
L’idée ici n’est pas de valoriser une situation plutôt qu’une autre : ma patiente en fauteuil aurait probablement voulu aussi faire partie de la catégorie de celles et ceux qui arrivent à travailler. Mais je veux seulement illustrer à quel point un même problème physique peut avoir un impact différent selon plein de paramètres.
***
Si vous ressentez le besoin d’en savoir plus sur la période de récupération après une névralgie cervico-brachiale, j’ai conçu ce guide au format ebook :
Peolsson A, Wibault J, Löfgren H, Dedering Å, Öberg B, Zsigmond P, Wåhlin C. Work Ability After Anterior Cervical Decompression and Fusion Followed by a Structured Postoperative Rehabilitation: Secondary Outcomes of a Prospective Randomized Controlled Multi-Centre Trial with a 2-year Follow-up. J Occup Rehabil. 2022 Sep;32(3):473-482. doi: 10.1007/s10926-021-10015-6. Epub 2021 Dec 11. PMID: 34894316; PMCID: PMC9576644.
Cause arrêt travail
Ng E, Johnston V, Wibault J, Löfgren H, Dedering Å, Öberg B, Zsigmond P, Peolsson A. Factors Associated With Work Ability in Patients Undergoing Surgery for Cervical Radiculopathy. Spine (Phila Pa 1976). 2015 Aug 15;40(16):1270-6. doi: 10.1097/BRS.0000000000001010. PMID: 26076434.
Durée arrêt de travail
Ameli.fr. Avis sur la durée d’arrêt de travail en cas de névralgie cervico-brachiale commune
J’ai exercé la profession de kinésithérapeute. J’ai créé Fonto Media en 2019 alors que j’étais encore kiné. Aujourd’hui, je continue à gérer Fonto Media tout en accompagnant les professionnels sur Wikipédia avec Wikiconsult.
Do you, an elderly person in your circle, or one of your patients have a pelvic fracture? You likely have many questions about treatment, prognosis, and recovery time after a broken pelvis…
As a physical therapist, I rely on my professional experience and research in international medical publications to answer the most common questions about a fractured pelvis.
Good reading 🙂!
Last update: September 2023 Disclaimer: noaffiliate links Written by Nelly Darbois, physical therapist and scientific writer
If you would like more information about this rehabilitation period, I have dedicated an eBook to this topic 🙂!
Summary
What are the different types of pelvic fractures in the elderly?
Pelvic fractures (= fractures of the pelvis)g in the elderly are relatively common, particularly among women over 60 years of age.
Here are the three most common types of pelvic fractures:
pelvic ring fractures (74%),
acetabular fractures (20%);
and combined pelvic ring/acetabular fractures (6%).
Other types and names of pelvic fractures:
Diagram of a pelvis (also called pelvic ring). In pink, the parts that are most often fractured in elderly individuals. a) fracture with injury of the anterior ring or the iliac crest or the sacral bone beneath the SI joints. b) fracture with injury of the anterior ring and partial lesion of the posterior ring. c) fracture with complete interruption of the posterior ring and possibly injury of the anterior ring Source: Küper 2019.
Pubic rami fracture, at the level of the pubis.
Sacral pelvic fractures. These fractures occur when the sacrum, located at the base of the spine, is damaged. They can cause pain in the lower back, which is the main symptom.
Iliac bone fractures. The iliac bone is the upper part of the pelvis. Fractures of the iliac bone are often associated with fractures of the spine (such as compression vertebral fractures).
Sometimes the fracture line affects multiple bones. That’s why you might sometimes read on your X-ray report « sacroiliac fracture, » « ilioischial fracture, » or similar terms.
Other terms used include:
« Double pelvic fracture » when two bones of the pelvis are fractured, when you break your pelvis in two places.
« Crack » or « fissure »: The fracture line is more subtle, less severe than in the case of a complete fracture.
« Spontaneous fracture »: A fracture that occurs without a fall, trauma, or accident. This is often due to osteoporosis in elderly individuals.
All of these fractures can be displaced or non-displaced (less severe). The treatment will partly depend on whether the fracture is displaced or not. Displaced means that there is a significant gap between the two ends of the bone fragments where the fracture line is located.
Pubic rami fracture
Fracture of the pubic rami is the most common fracture in elderly individuals. It often occurs as a result of a fall on the side and causes pain in the groin area.
Superior and inferior pubic rami fracture can be broken.
These are parts of the pelvis that connect the pubic bone to the iliac bone.
They are often categorized as simple fractures, as opposed to other complex fractures (Wu 2020).
Age when pelvic fractures are most common. Source: Morris 2000
Obturator ring pelvis fracture
The obturator ring is a small, hole-shaped opening in the pelvic bone, located near the hip joint. Obturator ringfractures occur when there is a fracture of the bone surrounding the opening, usually caused by a fall or direct trauma.
***
Fractures of pubic rami are most common in elderly individuals. It is common for the pelvis to be fractured in multiple places, but this does not necessarily mean that the recovery will be longer or more difficult.
Acetabular fractures also exist but are rarer in elderly individuals than in younger individuals (Küper 2019).
a) Plain pelvic radiography shows a dislocated fracture of the anterior pelvic ring ; b) the same fracture with CT-scan. Source: Küper 2019.
What is the treatment for a pelvic fracture in an elderly person?
In an elderly person, it is important to strike a balance between two aspects:
Preventing complications associated with surgery or loss of physical function due to immobilization.
That’s why, for the same fracture, the approach can vary significantly depending on age, overall health, and functional status prior to the fracture.
What is the fastest way to heal a broken pelvis?
A doctor or surgeon has reviewed and interpreted the results of your X-ray. Based on the X-ray (or a CT scan or MRI), as well as a clinical examination and review of your medical history, the healthcare professional will try to determine:
The stability of your fracture: Whether the bone fragments are at risk of shifting if you move or walk a lot in the coming weeks. Is surgery necessary (rare in elderly individuals) to stabilize or fix the fracture? Bed rest? A restriction on sitting?
The risks you may face if you remain bedridden for several weeks after the fracture. Strict bed rest for 10-12 weeks (2 to 3 months) is often recommended for significant pelvic fractures in younger individuals, typically after a major accident. However, this is much less common in older individuals due to the higher risk of deconditioning.
The orthopedic doctor or surgeon will provide recommendations on the course of action, whether you have undergone surgery or not:
Are you allowed to walk? If yes, are you permitted to bear full weight on the leg based on pain tolerance, or do you need to avoid putting too much weight on it?
Do you need to remain bedridden in a strict supine position (or with the head elevated up to 30°)? For how long (often several weeks)?
Should you review or initiate treatment for osteoporosis?
These recommendations are typically provided verbally. They are also documented in your examination or hospitalization report and sent to your primary care physician, often your physiotherapist as well.
If the recommendations seem inappropriate for your situation, you can discuss them with your primary care physician or physiotherapist.
Often, there is no surgery for a pelvic fracture in an elderly person. The treatment is then referred to as « conservative » and primarily focuses on gradually resuming mobility as quickly as possible.
How doctors decide on treatment for pelvic fractures.
What is the rehabilitation process for a pelvic fracture?
To my knowledge, most elderly individuals with a pelvic fracture receive a prescription for rehabilitation sessions provided by a physiotherapist.
Sometimes, people are admitted to a rehabilitation center or a post-acute care facility.
Here are the most frequently asked questions by my patients or their loved ones regarding this matter, along with my responses!
When should rehabilitation begin?
After a pelvic fracture in an elderly person, I recommend consulting with a physiotherapist as soon as you return home.
Initially, it may not be for immediately starting regular and active sessions. But rather to assess what you can currently do throughout the day:
How to move safely without excessive pain
How to get out of bed or a seated position
How to use the bathroom and maintain personal hygiene
Is it better to walk or perform occasional exercises?
And simply, to provide reassurance. Feeling supported and surrounded by care is an important criterion for a successful recovery and overall good health.
Elderly people who already had difficulties before the fall that resulted in the fracture may experience post-fall syndrome. This can involve significant difficulties in standing and walking, with a backward imbalance. Therefore, it is essential to consult a physiotherapist promptly to assess the possibilities.
Begin physical therapy upon returning home after a pelvic fracture.
What does physiotherapy rehabilitation involve?
The goal of physiotherapy is to help you regain your previous lifestyle as quickly as possible (to the extent possible). Together with your physiotherapist, you will identify your priority goals and work on strategies to achieve them, either independently or with their assistance:
Relieving pain Walking a few steps Climbing and descending stairs Going outside Reducing reliance on walking frames, walkers, or crutches In some cases, maintaining mobility, strength, and flexibility during the immobilization period (which can last several weeks)
Physiotherapists assist you in setting realistic goals and timelines. By encouraging early mobilization, they help minimize the risk of complications associated with immobility (such as pressure ulcers, muscle atrophy, and blood clots).
Physiotherapists, along with nurses and primary care physicians, are experienced in providing daily care to individuals in your situation. These professionals can address your questions and provide reassurance. Offering reassurance is a significant part of their role as healthcare providers!
There is no standardized protocol or specific muscle strengthening or balance exercises that must be performed. The essence of the treatment lies in gradually resuming your activities.
Step by step, the idea is to increase your daily physical activity until you regain your previous level of functioning!
If you would like more information about this rehabilitation period, I have dedicated an eBook to this topic 🙂!
I can’t find a physiotherapist… Is it serious?
Depending on where you live, you may encounter difficulties in finding a physiotherapist in a clinic or for home visits.
Are you certain that you have explored all avenues to find a physiotherapist, yet you still don’t have an appointment or can only secure one several weeks later?
Please read this article carefully; it should provide you with numerous options for self-rehabilitation. If you have any concerns, reach out to your nurse or primary care physician.
Many people do not undergo physiotherapy sessions after a pelvic fracture (either due to lack of prescription or their ownh choice) and do not necessarily experience a slower or less complete recovery.
Therefore, please be reassured; if you are reading this article, even if you haven’t been able to find a physiotherapist, you likely have all the resources to manage on your own 💪!
Is it normal to experience pain after a pelvic fracture?
Even a « small » crack or fracture in the pelvis is generally quite painful (unless you’re one of the exceptions!). Good news: the intensity of the pain is not necessarily linked to the time it will take for you to recover.
The pain usually decreases over the course of days, sometimes weeks, and rarely months.
Several things can be implemented to limit, prevent, or relieve the pain:
Proper positioning in bed and in the chair. Don’t hesitate to use a lot of pillows for support.
Regular movement.
Using a walker, crutches, or a walking frame to relieve pressure. Also, using armrests and handles for sitting and getting up.
Applying cold packs to the painful area.
Taking pain medication.
Pain is common after a pelvic fracture and is not necessarily a sign of complications or concern. It usually diminishes within the first few days or first month.
When can one start walking again after a pelvic fracture?
When you have been diagnosed with a pelvic fracture, you are typically informed whether you are allowed to walk immediately or not. If you have been instructed not to walk, you were likely given a specific duration for this restriction (often at least one month, and sometimes 2 or 3 months).
Alternatively, you may be instructed to wait for a scheduled follow-up X-ray to assess the progress of healing and determine if weight-bearing is possible.
Once you are given permission to walk, you can gradually resume walking to recondition your lower limb and muscles. Initially, you may rely on crutches or a walker for support.
The return to walking « as before » generally takes at least one month, sometimes 2 or 3 months.
If you were not given any specific instructions regarding walking, it means that walking is possible once you are back home, depending on the level of pain. You may still need crutches or a walker for a few days (sometimes weeks) to alleviate pain.
100% of elderly people hospitalized after a pelvic fracture require crutches or a walker, and over half of them also need additional human assistance to be able to walk (Morris 2000). 84% of them require external assistance once they are at home.
Broken pelvis recovery: Can elderly recover from a pelvic fracture?
The prognosis for the quality and speed of recovery does not depend so much on the location of the fracture or the anatomical structure of the pelvis affected but rather on the presence or absence of associated vascular damage. This refers to a significant hematoma (Wu 2020).
Typical Timeframe
Bone healing
6-12 weeks
Reduction in pain
Few days to a few weeks
Resumption of walking with crutches or walker
Immediately – Sometimes as early as 2 months
Length of hospital stay
Few days (although a study conducted in the United Kingdom indicates that the average hospital stay after a pelvic fracture in elderly individuals was 18 days, but this data is from the 1990s! (Source: Morris 2000). A study published in 2020 provides shorter average durations of 10 to 13 days depending on the severity of the fracture (Source: Wu 2020).
Full functional and muscular recovery
2 months – 1 year
Broken pelvis recovery time in elderly
The recovery time for a pelvic fracture in elderlyranges from a few weeks to a few months.
What are the complications after a pelvic fracture in the elderly?
The most common complications following a pelvic fracture in an elderly person are not so much due to the fracture itself but rather to the consequences of immobilization and loss of mobility.
However, these complications are more of an exception than the rule. Here are the most frequent ones:
Osteopenia: the bones lose density and become more fragile.
Pulmonary infection.
Deep vein thrombosis and the risk of blood clots. (Küper 2019)
The primary action to prevent these complications? Move as much as possible, considering any contraindications and your abilities.
If there are no contraindications, compression stockings may also be recommended to prevent the risk of thrombosis.
Some elderly people may need to live in institutional settings (nursing homes, assisted living facilities, housing facilities) following the pelvis fracture due to loss of autonomy. Approximately 10% according to older data from the United Kingdom based on a small sample (Morris 2000).
What should be avoided during pelvis fractures?
Some people with a pelvic fracture must strictly remain bedridden. Therefore, they cannot get up to take a shower. In such cases, here are some tips for still maintaining personal hygiene:
If you are in the hospital or a rehabilitation center, there are sometimes bathrooms and stretchers adapted to allow for occasional proper showers.
At home, a sponge bath is often necessary, using a washcloth. You can usually roll onto your side as a whole unit. Your physiotherapist, nurse, or caregiver can show you how to turn. You will likely need the assistance of another person to clean yourself everywhere, at least initially.
For elderly individuals who theoretically have the ability to stand but are not stable enough, there are shower chairs that can be adapted even in small spaces, or seats that can be adjusted for bathtubs.
These devices can be purchased online, but you can also obtain them for purchase (and sometimes for rent) from medical supply stores. They are also available, albeit less commonly, at pharmacies.
What is the life expectancy after a pelvic fracture?
Hundreds of people in United-States alone wonder each month about the life expectancy of someone who has broken their pelvis.
Different studies follow individuals diagnosed with a pelvic fracture and examine how many of them pass away in the days, weeks, or months that follow. This is the mortality rate.
Ideally, this data should be compared to the number of deaths in people of the same age who have not experienced a pelvic fracture because people also pass away in these populations.
Here are some figures from this type of study:
🇦🇹 Austria – Data from the 2010s (Behanova 2022): The mortality rate one year after the fracture was higher in men than in women (13.0% and 11.1%, respectively). Patients with pelvic fractures aged ≥65 years had a high risk of mortality compared to controls.
🇺🇸 United States – Data from the 2010s (Siada 2017): The mortality rate at 3 months for open pelvic fractures decreased between the 2000s and 2010s, from 44% to 16%.
🇰🇷 South Korea – Data from the 1990s (Chong 1997): The overall mortality of patients with pelvic fractures was 10.5%, which is 1.4 times higher than that of other trauma patients during the same period without pelvic fractures. Mortality was significantly higher in patients over 60 years old (37% mortality vs. 8%).
🇫🇮 Finland – Data from the 2010s (Reito 2019): Compared to the general population, a pelvic fracture was associated with a 8.5- and 11.0-fold increased risk of mortality at 90 days for women and men, respectively (95% CI: 5.4-22.3). The risk of mortality at 90 days is the same for patients with a femoral neck fracture and those with a pelvic fracture.
These charts show that individuals who have had a pelvic fracture (in yellow) have a higher risk of mortality (all causes combined) than people of the same age without a pelvic fracture (in purple). Source: Behanova 2022.
***
Here’s what I wanted to tell you about this! I wish you a very good recovery! Do you have any comments or questions? Your comments are welcome 🙂 !
If you feel the need to learn more about the recovery period after pelvic fracture, I wrote this guide in eBook format:
Remise en charge précoce vs attitude plus conservatrice (plutôt chez les personnes jeunes). Murena L, Canton G, Hoxhaj B, Sborgia A, Fattori R, Gulli S, Vaienti E. Early weight bearing in acetabular and pelvic fractures. Acta Biomed. 2021 Sep 2;92(4):e2021236. doi: 10.23750/abm.v92i4.10787. PMID: 34487095; PMCID: PMC8477081.
Pronostic. Wu YT, Cheng CT, Tee YS, Fu CY, Liao CH, Hsieh CH. Pelvic injury prognosis is more closely related to vascular injury severity than anatomical fracture complexity: the WSES classification for pelvic trauma makes sense. World J Emerg Surg. 2020 Aug 17;15(1):48. doi: 10.1186/s13017-020-00328-x. PMID: 32807185; PMCID: PMC7433075.
Morris RO, Sonibare A, Green DJ, et al. Closed pelvic fractures: characteristics and outcomes in older patients admitted to medical and geriatric wards. Postgraduate Medical ournal 2000;76:646-650.
I enjoy writing articles that answer your questions, drawing on my experience as a physiotherapist and scientific writer, as well as extensive research in international scientific literature.
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